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Archives de Catégorie: SYNDICATS et LUTTES SOCIALES

« La domination au travail est beaucoup plus dure qu’avant »

Oui cela continue et la situation devient toujours plus difficile… Il faut inverser le rapport de forces pour que cela change, cela passe par les luttes, mais aussi par le retour vers les organisations qui se battent avec les salariés, ne cèdent pas comme le CGT et aussi par les élections. Il faut de la cohérence et reconstruire la force des salariés contre un capital de plus en plus inhumain. L’analyse du professeur Christophe desjours (note de danielle bleitrach)

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« Aujourd’hui les gens sont soumis » constate Christophe Dejours pour qui la majorité des travailleurs vivent dans une situation de servitude volontaire. ©BELGAIMAGE

Psychiatre et psychanalyste, Christophe Dejours est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM, Paris), titulaire de la chaire Psychanalyse-Santé-Travail et directeur de recherche à l’Université Paris V. Auteur d’une œuvre abondante sur le monde du travail et les pathologies associées, il dénonce l’avènement des « gestionnaires » dans les années 1980, qui a, dit-il, eu des effets catastrophiques sur la qualité du travail et les pathologies qui en découlent. « En entreprise, si l’exigence de performance devient insoutenable, le risque d’effondrement collectif existe », prévient-il.

Vous êtes un spécialiste des rapports entre l’homme et le travail. Et notamment de la psychodynamique du travail. De quoi s’agit-il?

C’est une discipline née de la rencontre entre la psychopathologie du travail et l’ergonomie. Elle cherche à comprendre comment les travailleurs parviennent à maintenir intègre leur santé mentale malgré une organisation du travail souvent nuisible… On a ainsi découvert que la normalité est le résultat d’un compromis entre, d’un côté, des contraintes délétères pour le psychisme – qui peuvent conduire à la maladie mentale – et, de l’autre, la construction de stratégies de défense.

Cette conception de l’organisation du travail basée sur la domination, le contrôle, la sanction (donc la peur), est évidemment nuisible pour la santé mentale car le travailleur y perd sa subjectivité, sa créativité, sa maîtrise des moyens, le sens de ce qu’il fait.

Ce qui est néfaste pour le psychisme, c’est la contrainte venant de l’organisation du travail. Et cette contrainte est double. Il y a d’un côté la division technique des tâches qui font l’objet de prescriptions très strictes. Et de l’autre une division politique du travail, à savoir un système de surveillance et de sanctions qui est une nouvelle contrainte.

Depuis Taylor et Ford, l’organisation du travail est essentiellement politique. Taylor compare littéralement l’ouvrier à un chimpanzé qui doit se conduire comme tel. C’est l’obéissance absolue. Cette conception de l’organisation du travail basée sur la domination, le contrôle, la sanction (donc la peur), est évidemment nuisible pour la santé mentale car le travailleur y perd sa subjectivité, sa créativité, sa maîtrise des moyens, le sens de ce qu’il fait. Travailler, c’est bien plus qu’exécuter des tâches. C’est une transformation de soi.

Mais depuis Taylor et Ford, l’organisation du travail a sacrément évolué…

Une nouvelle forme d’organisation du travail apparaît dans les années 1980, celle des gestionnaires. Jusque-là, l’organisation du travail était l’apanage des gens du métier. Les directeurs d’hôpitaux, par exemple, étaient médecins.

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Mais ils ont été remplacés par des gestionnaires qui ne connaissent rien des métiers. Ils réduisent le travail à un ensemble de tâches purement quantifiables et dont la performance est chiffrable. À travers ces dispositifs, ils ont instauré ce que le juriste Alain Supiot appelle la « gouvernance par les nombres« . Celle-ci détruit tout ce qui était vital au travailleur: les règles et valeurs propres de son métier. Cette méthode gestionnaire détruit aussi volontairement toute coopération. Ce qui a pour conséquence une dégradation de la qualité et de l’efficacité.

Ces gestionnaires ont inventé des techniques nuisibles pour la santé psychique. C’est le cas de l’évaluation individualisée des performances qui introduit la compétition entre les travailleurs et détruit la solidarité. C’est le cas aussi de la précarisation de l’emploi: partout des contrats durables sont remplacés par des CDD et l’intérim. Cette précarité qui augmente développe aussi un sentiment de précarisation chez ceux qui ont une position stable: ils comprennent qu’ils sont menacés eux aussi.

Il y a aussi la standardisation des modes opératoires qui facilitent le contrôle quantitatif. Or une infirmière, par exemple, ne peut pas traiter de la même manière deux patients atteints d’une même maladie. Si elle s’y trouve contrainte par la standardisation, son travail perd son sens.

Il y aurait également beaucoup à critiquer sur la prétendue « qualité totale » car dans les faits elle est impossible. Dans le but d’obtenir le graal de la certification, on fait pression sur les travailleurs pour qu’ils mentent dans leurs rapports…

Le tournant gestionnaire a donc des effets catastrophiques sur la qualité du travail. Mais la communication officielle travestit la réalité avec une telle efficacité que cette dégradation est masquée.

Ce qui fait la force incroyable du système, c’est que la majorité des travailleurs vivent dans cette situation de servitude volontaire – et donc de malheur – parce qu’ils y consentent, pensant que c’est la seule bonne façon de faire.

La domination au travail est donc beaucoup plus dure qu’avant. Elle a changé complètement le monde du travail et même toute la société. Pour le dire autrement, les gens sont soumis. En Europe, les contre-pouvoirs, les syndicats, ont fondu. Ce qui fait la force incroyable du système, c’est que la majorité des travailleurs vivent dans cette situation de servitude volontaire – et donc de malheur – parce qu’ils y consentent, pensant que c’est la seule bonne façon de faire. On nous apprend dès l’école primaire que le bien et le vrai, c’est ce qui est scientifiquement quantifiable. Mais c’est faux.

Et donc ce « tournant gestionnaire » comme vous dites génère de nouvelles pathologies?

Oui, les impacts psychopathologiques sont colossaux, jusqu’au suicide sur le lieu de travail. Ca n’existait pas avant. Il y en a même dans le secteur public, y compris à l’Inspection du Travail! Ils existent partout dans le monde et sont en croissance mais ils font l’objet d’une conspiration du silence.

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Il est difficile d’expliquer un suicide. La souffrance éthique en est l’une des causes principales. Soumis à ces impératifs d’objectifs, le sujet doit brader la qualité au profit de la quantité. Mais dans de nombreux métiers, brader la qualité, c’est très grave. Pensez au magistrat qui doit juger cinquante affaires en quelques heures alors que sa décision engage la vie des gens. Il en vient à faire le contraire de ce pour quoi il est devenu juge.

Partout, on est rendu à cette situation où il faut concourir à des actes et à une organisation que le sens moral réprouve. Cette souffrance éthique est celle qu’on éprouve à trahir les règles du métier, ses propres collègues et le client. Et finalement on se trahit soi-même. Cette trahison de soi dégénère en haine de soi, ce qui peut déboucher en suicide sur le lieu de travail.

Le suicide représente le stade ultime de la souffrance au travail mais les pathologies liées au travail sont devenues très nombreuses et variées…

De fait. On assiste à l’explosion des pathologies de surcharge. En France, plus de 500. 000 personnes sont indemnisées pour troubles musculo-squelettiques. Mais il y a aussi le burn-out; ou encore le karôshi, « la mort subite par surcharge de travail« . Il s’agit d’une hémorragie cérébrale chez des gens qui n’ont aucun facteur de risque. Ils meurent à 35-45 ans, sur le lieu de travail, le plus souvent par rupture d’anévrisme ou accident vasculaire cérébral. C’est fréquent.

Parallèlement, le dopage s’est considérablement développé. Cocaïne et amphétamines sont utilisées dans de très nombreux métiers, y compris chez les avocats d’affaire, les banquiers, les cadres. Beaucoup ne peuvent tenir qu’en se dopant. Sur les chaînes de montage, des ouvriers sniffent devant tout le monde pour tenir les cadences. Et personne ne dit rien.

On peut se demander si un tel système ne risque pas de s’effondrer – puisqu’il ne fonctionne que par le concours des travailleurs.

N’oublions pas également que comme il n’y a pas d’étanchéité entre travail et non-travail, les souffrances professionnelles ont des conséquences dommageables immédiates sur la vie de famille, les loisirs et même la vie dans la Cité dans la mesure où l’on a tendance à s’y comporter comme au travail: chacun pour soi.

En outre, les stratégies de déni ont un effet de désensibilisation qui conduit à une banalisation de l’injustice: si je nie ma propre souffrance, je ne peux pas reconnaître celle des autres. C’est un retournement sinistre: pour tenir individuellement, on aggrave le malheur social.

Dans ce contexte, on peut se demander si un tel système ne risque pas de s’effondrer – puisqu’il ne fonctionne que par le concours des travailleurs. Les cas d’effondrement moral existent. Durant la guerre du Vietnam, par exemple, des régiments entiers ont dit: « Fini! On n’avance plus!« , quitte à être tués – quand ils ne tuaient pas leurs propres officiers. En entreprise, si l’exigence de performance devient insoutenable, le risque d’effondrement collectif existe aussi.

Vous militez d’autant plus pour une politique émancipatrice du travail…

Il faut passer d’une politique de l’emploi à une politique du travail.

Oui, souffrir au travail n’est pas une fatalité. Le travail peut clairement être un médiateur dans l’accomplissement de soi. Pensez au pilote de chasse ou au reporter: la réalisation de leur mission repose entièrement sur leur génie. C’est le cas aussi pour les métiers, les fonctions où le travailleur contrôle à la fois les moyens et les conditions de sa tâche, voire l’intégralité du processus. Le travail de l’artiste l’illustre fort bien, mais on peut aussi citer les professions libérales.

La coopération est un autre facteur clé. Naguère, dans les services hospitaliers, des réunions hebdomadaires conviaient tout le personnel – y compris les femmes de ménage – à s’exprimer sur la manière d’aider, de traiter les patients. L’émancipation par le travail dépend donc de son organisation. Il faut des collectifs de travail mais aussi une autonomie de penser.

J’ai accompagné des entreprises qui voulaient aller dans ce sens. Les managers ont délaissé les systèmes d’évaluation quantitative pour mettre en avant le travail vivant et la coopération. Eh bien, je peux prouver que ces entreprises ont gagné en productivité, en compétitivité et bien sûr en plaisir à travailler! Et aucune naïveté là-dedans.

Il faut donc passer d’une politique de l’emploi à une politique du travail – si l’on veut, notamment, réduire les coûts croissants de ces pathologies qui atteignent jusqu’à 3% du PIB selon des études internationales. Mais aussi pour réenchanter la vie des travailleurs!

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France Telecom : « Mon père s’est immolé par le feu et les responsables ne risquent presque rien »

A la fin des années 2000, des dizaines de salariés s’étaient donné la mort à la suite de la restructuration brutale de France Telecom. Le fils de l’un d’entre eux témoigne à la veille du procès de l’entreprise et d’une partie de ses anciens hauts dirigeants pour « harcèlement moral ». ce procés nous rapelle opportunément dans ces temps d »hypocrisie où il n’est question que de violences des manifestants, à quellle torture massive ont été soumise les salariés et le sont toujours, sans parler de tous ces suicidés et vie détruites par des licenciements massifs dans des entreprises qui avaient reçu l’argent de nos impots et encore aujourd’hui par exemple chez Auchan. Le seul parti qui s’oppose réellement depuis toujours à cet état de chose est le parti communiste, son affaiblissment est celui de la voix de toutes ces victimes. Tirez en les conséquences pour votre vote. (note de Danielle Bleitrach)

Par Lucas Burel

Le matin du 26 avril 2011, Rémy Louvradoux, un fonctionnaire de 56 ans entré chez France Telecom en 1979, se donnait la mort sur le parking d’un local de l’entreprise posé au milieu d’une zone industrielle à Mérignac, en Gironde. Un suicide par le feu, d’une violence extrême, sans témoin. Au pied d’un immeuble austère dont la façade dessine une étrange forme de croix. Comme lui, à la fin des années 2000, une soixantaine de salariés de l’opérateur de téléphonie se tueront, à la suite de la mise en place d’un plan de restructuration brutal baptisé « NeXT » qui devait permettre la suppression de 22 000 postes. « Le résultat du sentiment d’impunité totale des dirigeants », témoigne aujourd’hui pour « l’Obs », Raphaël Louvradoux, l’aîné de la fratrie de quatre enfants, parfaitement lucide sur la mécanique infernale mise en place par l’ancienne direction pour pousser à bout son père et l’ensemble des salariés. Et qui vaut à partir de ce lundi 6 mai à la personne morale France Telecom et à sept de ses cadres et dirigeants, dont Didier Lombard, l’ancien PDG, d’être jugés pour « harcèlement moral » et complicité de ce délit. Ils risquent un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.

« J’ai du mal à me réjouir de ça »

Une maigre consolation après dix ans de procédure, juge le jeune homme de 30 ans, développeur dans le secteur du tourisme. Les poursuites pour « homicide involontaire » et « mise en danger de la vie d’autrui » – sanctionnée plus lourdement – que visait la plainte déposée par la famille en décembre 2011 n’ont pas été retenues par la justice. Seuls les cas de 39 salariés, dont 19 suicidés, ont été étudiés par la justice.

« Il faudrait presque se féliciter qu’on ait réussi à mettre en examen le patron de France Telecom parce qu’il a planifié de supprimer 22 000 postes, quitte à pousser 22 000 personnes au suicide ? J’ai du mal à me réjouir de ça. […] Mon père s’est immolé par le feu et les responsables ne risquent presque rien. […] La vérité est qu’ils vont arriver et partir libre de ce procès sans passer par la case prison, même s’ils sont condamnés. Peut-être aurait-il fallu que les dirigeants de France Telecom tiennent le briquet qui a mis le feu à mon père pour être véritablement mis face à leurs responsabilités. »Rémy Louvradoux avait pourtant donné l’alerte dans un courrier de six pages adressé à la direction dès septembre 2009. Il y expliquait ses difficultés professionnelles au quotidien et le sentiment d’avoir été mis « à la poubelle ». « C’est une machine à fabriquer des déséquilibrés, ensuite il suffira d’agiter un peu […] le suicide reste comme étant LA SOLUTION ! », écrivait-il. Délégué du personnel, il dénonçait plus largement dans sa « lettre ouverte » le sentiment d’être « de trop » ressenti par sa génération chez France Telecom, celle des quinquagénaires, des « techniciens », contrainte par le plan de restructuration à se reconvertir ou à quitter l’entreprise. Les techniques de management odieuses pour les dégoûter.

Au cours des dernières années de sa carrière, il avait lui aussi dû accepter des missions à l’opposé de ses qualifications et aspirations, puis enfin un « faux poste », sans aucun véritable moyen pour atteindre ses objectifs.

« Quand les policiers se sont rendus sur son lieu de travail pour récupérer ses affaires, ils nous ont expliqué n’avoir presque rien trouvé. Avant de mourir, mon père n’avait même pas un téléphone sur son bureau pour travailler correctement. »

Déni de responsabilité de la direction

Interrogé par les juges d’instruction sur le cas de Rémy Louvradoux, Didier Lombard avait semblé balayer le dossier d’un revers de main, indiquant que les faits étaient « survenus quatorze mois après son départ [Didier Lombard avait cédé les rênes du groupe à Stéphane Richard en 2010, NDLR], vingt-sept mois après la fin du plan NeXT ». L’ancien numéro deux de l’entreprise, Louis-Pierre Wenes, et l’ex-DRH, Olivier Barberot, n’ont pas eu beaucoup plus d’égards et ont refusé de lier le suicide au plan de restructuration. France Telecom a estimé que les postes proposés à Rémy Louvradoux pendant les dernières années de sa carrière étaient d’ailleurs « parfaitement » cohérents avec son profil.

De leur côté, les magistrats ont relevé que « la détérioration de ses conditions de travail est ainsi exposée avec clarté dans le courrier qu’il adresse en mars 2009 à sa hiérarchie directe. Sa souffrance et sa détresse aussi… Il n’aura pas de réponse ». Et de noter : « On cherche en vain avant 2010 l’accompagnement “continu et vigilant” dont fait état le conseil de France Telecom. » Immédiatement après le suicide, la famille avait été la cible de rumeurs dans le but de dissocier l’acte du père de sa souffrance au travail. « Ils avaient laissé courir le bruit que mes parents allaient divorcer. Qu’on avait des problèmes d’argent », raconte Raphaël Louvradoux. Hélène, sa mère, avait dû intervenir afin d’y mettre un terme. Lors des obsèques, il se souvient aussi avoir vu arriver une foule d’inconnus venus de toute la France, dont beaucoup de salariés de France Telecom. La plupart n’étaient pas des collègues directs.

« Beaucoup de gens se sont reconnus dans ce qui est arrivé à notre famille. Ils sont venus pour témoigner de leur solidarité mais aussi, peut-être, pour se rassembler et se prouver qu’ils n’étaient pas seuls. La responsabilité de ce procès, c’est aussi d’amener une réponse à la hauteur de cette souffrance silencieuse. Il faut une véritable condamnation pour que la peur change de camp. »

Lucas Burel

 

Communiqué de la CGT police sur les événements du premier mai

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Ce 1er mai 2019, alors que notre secrétaire général tentait de tenir son point presse traditionnel dans le « carré de tête » du cortège syndical, partie de la manifestation particulièrement bien identifiée en raison de la présence de camionnette revêtue du sigle CGT ainsi des camarades assurant la sécurité du cortège, une brigade de policiers a fait le choix inouï de gazer abondamment l’ensemble des personnes présentes avant de les charger. Un échange de coups s’en est suivi entre les camarades de l’ALS et les policiers pour tenter de protéger les personnes présentes.
 
Incident isolé lié à la nouvelle politique irresponsable de maintien de l’ordre consistant à favoriser des initiatives intempestives des brigades de terrain sans mesurer le contexte de tensions qu’elles contribuent à exacerber jusqu’à de tels débordements de brutalité totalement inacceptables, ou volonté politique d’afficher la violence d’état comme seule réponse aux revendications du mouvement populaire ?
Nous sommes en droit de poser la question, d’autant qu’un peu plus tard un nouvel épisode bien plus gravissime s’est déroulé peu avant le passage du cortège devant l’Hôpital des gardien de la paix. Là, alors que les échauffourées avaient lieu plusieurs centaines de mètres en amont et que le cortège était parfaitement pacifique, vos policiers ont fait le choix d’utiliser massivement les grenades lacrymogène, les grenades de désencerclement, le canon à eau, pour enfin finir par charger le service ALS de la CGT et le « carré de tête », coupant au passage le cortège en 2 !!!! Les forces de l’ordre souffriraient-elles d’une déficit visuel au point de ne pas distinguer les brassards de notre service d’ordre ? Et nous le répétons une nouvelle fois, sans qu’aucune menace sur elles-mêmes ou contre des biens publics puissent justifier une attitude délibérément provocatrice à l’égard de notre confédération et les militants en assurant la sécurité.
Ce sont autant de raisons qui justifient que nous interpellions le Préfet de Police en l’invitant à ne pas traiter par le mépris notre organisation syndicale.
 
En effet, Mr. Le Préfet de Police, inutile de nier ces faits, ni de chercher en amoindrir la portée, des camarades de notre organisation y étaient afin d’assurer la sécurité de manifestants pacifiques, venus en ce premier mai crier haut et fort leurs revendications légitimes et leurs aspirations en matière de justice sociale De surcroît, les vidéos qui commencent à être diffusées sur les réseaux sociaux sont également une preuve accablante supplémentaire de cette politique de maintien de l’ordre dangereuse et arbitraire que vous ne sauriez relever d’un revers de main ou noyer par une propagande lénifiante et inconsistante.
 
Quelle haine de classe anime donc l’ensemble de l’exécutif pour faire le choix de lancer ainsi les forces de répression contre le peuple, un peuple mobilisé et portant des exigences de démocratie, de justice, de liberté, et notamment celle de manifester sans risquer d’être blessé par des policiers dont au demeurant il contribue au financement par l’ impôts. Car oui, la police doit être au service du peuple et non des puissants, sans quoi elle n’est plus qu’une milice dévouée au service des intérêts particuliers d’une minorité privilégiée !!!!
 
Avec notre confédération, nous exigeons que de tels comportements cessent sans délai et que les politiques de maintien de l’ordre cessent d’être d’être forces de désordre, avec ce flux continu de blessés et de maltraitance. En tout état de cause, il vous appartient Monsieur le Préfet de vous exprimer sur les dérapages commis à notre encontre et de les sanctionner.
 
La CGT Préfecture de Police
 

La censure ne porte pas sur un individu mais sur ses combats

 

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Dernièrement, un « bon » camarade s’est étonné de ma protestation contre la censure dont je suis victime depuis plus de 20 ans dans la presse communiste. Dans l’Humanité dont son directeur me poursuit d’une haine personnelle, mais pas seulement. Deux exemples, j’ai essuyé la même censure dans la Marseillaise en avril 2018, j’ai voulu leur présenter un court sujet sur la Chine et l’intelligence artificielle, comme mon nom est interdit je leur ai proposé d’écrire sous un pseudonyme, je n’ai même pas eu droit à une réponse. Autre exemple, récemment en janvier 2019, j’ai proposé un article sur la République des Conseils de Hongrie  (c’était le centenaire) et le cinéma, article qui venait d’être traduit en hongrois pour les éditions du Monde diplomatique. Je l’ai proposé à Cause Commune qui s’était honoré en faisant une critique honnête et non caricaturale de mon dernier livre. Son directeur embarrassé a allégué que l’article était trop long et il  m’a proposé de le couper. J’ai refusé et je l’ai réduit moi-même, cela ne faisait pas leur affaire parce que j’avais conservé ce dont ils ne voulaient pas : le positionnement de Lukacs sur l’Union soviétique et son rôle dans la paix mondiale. Ce n’était pas moi mais Lukacs, c’est dire…

La presse communiste, comme le secteur international, la culture, sont restés aux mains de l’ancienne équipe rejetée par le Congrès. Nous sommes à la croisée des chemins entre poursuite  de l’effacement et reconquête de notre autonomie. Il faudra du temps, mais il ne faut pas non plus ne pas voir la réalité des handicaps. Dans une France où la droite, l’extrême-droite, toutes les forces vassalisées au capitalisme ne laissent que peu d’espace aux forces progressistes et encore moins à ceux qui œuvrent pour une transformation en profondeur. Décourager de l’idée même de Révolution est la ligne générale.

Donc pour revenir à ce « bon » camarade qui m’accusait de me rebeller contre une censure qu’il considérait comme légitime et qui me demandait au nom de quoi j’avais de telles exigences…  il ne voyait dans mon attitude que l’orgueil d’une intellectuelle qui tenait à ce que sa production soit honorée. L’exemple de ma proposition à la Marseillaise dit assez à quel point cela m’importe peu et si j’avais voulu les honneurs et la gloire j’aurais choisi un autre positionnement politique.

Je lui ai répondu par ce que vous trouverez dans mes mémoires (1), à savoir le combat que nous sommes un certain nombre à avoir mené pour Cuba socialiste alors que la direction de l’Humanité entre autres soutenait un « dissident » de Robert Ménard contre Fidel Castro. Cela parait indigne aujourd’hui, mais ne croyez pas que cela soit terminé.

Mais l’article que je viens de publier sur le Donbass, l’article traduit par Marianne sur Odessa prouve à quel point ce qui est censuré ce n’est pas un individu mais bien des informations, on étouffe la voix des communistes. Ce qui se passe aujourd’hui en France est caractéristique, quand on parle de la libération et du rôle de la Résistance de l’intérieur, le nom de communiste ne doit pas être prononcé. Il en est de même de tout ce que nous avons réalisé et à quoi nous avons contribué.

J’ose affirmer que dans notre presse il y a encore aujourd’hui la même tentative de falsifier ce qui s’est passé hier même si parfois on assiste à quelques articles timides et on étouffe ce qui est plus grave ce qui se passe dans le monde, en Europe même.

Et à ce titre ce n’est pas moi qui suis censurée mais tous ceux qui comme moi dénoncent cette volonté de nous effacer nous communistes. Il ne s’agit plus seulement d’ailleurs dans cette société de défendre l’histoire d’un engagement, du marxisme, ou du socialisme tel qu’il s’est réalisé et se réalise, ce sont les fait qui sont niés, on peut parler d’un véritable négationnisme historique.

Et cela s’étend, ce sont les communistes que l’on efface, puis le syndicat qui ose lutter, les associations, les recherches universitaires, tout ce qui est rationnel et qui pousse à réfléchir pour agir.

Mes mémoires qui vont être publiées au début de l’été et qui seront à la fête de l’Humanité (mais pas dans la cité du livre) vont non pas régler des comptes mais restituer cette mémoire, ce positionnement dans le temps, dans l’espace sans lequel il n’y a pas d’action aujourd’hui et pour le futur. L’effacement est la stratégie du capital mais il a trouvé des complices dans nos rangs.

Danielle Bleitrach

(1) Danielle Bleitrach: mémoires d’une communiste, du passé pour le futur. éditions Delga à paraître en juin 2019.

 

L’augmentation des salaires n’a jamais été aussi faible dans le monde depuis dix ans

Comme quoi il y a urgence… « Notre ennemi dans cette élection, c’est l’abstention. Ne pas voter, c’est laisser Macron gagner », a déclaré hier  Fabien Roussel très applaudi. « Imaginez, si les ouvriers allaient voter. »; Il a raison. On ne peut que se féliciter que le parti communiste ait enfin décidé de renouer avec la question sociale, avec les salariés, la classe ouvrière… Reconquérir une population qui s’est sentie totalement abandonnée depuis des années et qui n’a cessé de voir sa condition dégradée malgré l’augmentation de la productivité… cela ne va pas être facile. On a laissé cette question au profit exclusif du sociétal et un fossé s’est creusé. Vingt ans d’errance, ce ne sera pas en un jour que l’on pourra compenser, mais nous avons repris pied dans la réalité, il faut continuer et arrêter de tout subordonner à la politique politicienne, aux accords de sommets. Partout les salariés, la classe ouvrière se réveille et réclame son dû, il y a la nécessité d’un débouché politique qui reste à construire sans manœuvre de coulisses, mais dans la clarté (note de Danielle Bleitrach)

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Marie-Hélène Boulard, ouvrière, femme et communiste : le parti communiste renoue dans sa liste avec la classe ouvrière mais pas seulement c’est toute la France salariée, retraitée, chômeur qui exprime une autre politique.

La France n’échappe pas à cette tendance.

En plein mouvement des « gilets jaunes », voilà une étude qui risque de jeter encore de l’huile sur le feu. Selon l’Organisation international du travail (OIT), depuis dix ans, les salaires augmentent peu voire pas dans tous les pays, malgré la reprise économique et la baisse du chômage. Pour réaliser son étude, l’OIT passe au crible chaque plus de 130 pays et sa conclusion est sans appel cette année.Selon l’Organisation, on est passé de 2,4% de hausse des salaires en 2016, à 1,8% en 2017, soit le taux le plus bas depuis la crise de 2008. Et ça, c’est au niveau mondial ! Quand on regarde les pays développés, c’est encore pire. Les rémunérations ont carrément stagné. La France n’échappe pas à cette tendance, car en 2017, les salaires ont augmenté d’à peine 0,1%.

Plusieurs explications

L’organisation internationale du travail avance plusieurs explications face à cette situation. Parmi elles, il y a le ralentissement de la productivité, mais aussi une concurrence mondiale de plus en plus intense qui réduit les marges des entreprises. En cause aussi, un rapport de force de plus en plus défavorable pour les travailleurs, ils ont moins de pouvoir de négociation qu’avant.

Bien sûr, derrière ces données générales, il y a des secteurs qui s’en sortent mieux que d’autres. En France, par exemple, la plupart des salaires stagnent, mais si vous prenez l’informatique, le digital, où il y a de telles pénuries de main-d’œuvre, là au contraire, les salariés sont plutôt en position de force et les rémunérations augmentent.

Peu d’améliorations attendues

Cela ne va pas nous remonter le moral, mais il ne faut pas s’attendre à des améliorations. L’OIT n’est pas très optimiste pour 2018, la tendance devrait rester la même. L’Organisation met en garde d’ailleurs les dirigeants et les patrons : des salaires qui n’évoluent pas, c’est un obstacle à la croissance économique et à la hausse des niveaux de vie. C’est aussi un élément qui peut gravement affecter la cohésion sociale d’un pays et déclencher des mouvements sociaux. On le voit d’ailleurs, actuellement avec la « gilets jaunes », la question du pouvoir d’achat est très sensible.

En matière de justice sociale, l’OIT souligne aussi les inégalités entre les hommes et les femmes. L’Organisation a tenu à faire un focus particulier sur ce sujet cette année. Là aussi, il y a de quoi avoir le moral plombé, car, en moyenne, les femmes gagnent toujours 20% de moins que les hommes. La France fait un peu mieux que la moyenne des pays développés avec 13% d’écart. Les éléments d’explication sont toujours les mêmes : la maternité qui pénalise les femmes dans leurs carrières, les préjugés et des stéréotypes qui ont la vie dure.

Et puis, c’est terrible, mais l’OIT montre que le niveau de qualification finalement intervient peu. Dans les pays et les secteurs où les femmes sont plus éduquées et plus diplômées que les hommes, et bien, elles restent moins payées. Pour l’OIT, il s’agit là d’une des plus grandes manifestations d’injustice de notre époque… qui n’est pas sans risque sur la cohésion sociale !

 

Le petit village de Forcalquier dit à celui qui n’est plus l’enfant du pays Castaner … 1er mai 2019

Castaner n’est plus persona grata dans son village dont les habitants en ce premier mai lui ont adressé une bronca sur la place du village…

Suite, par parenthèse il me semble que beaucoup de communistes du coin se sont reconvertis en gilets jaunes ? Est-ce que je me trompe ? voici la suite de la journée du village gaulois de provence dont on dit que son air est le plus pur de France…

 

Démission du ministre de l’intérieur

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