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Ce chant chilien devient un hymne mondial contre les violences faites aux femmes, ses symboles cachés…

Au Chili comme au Soudan et dans d’autres pays, la présence des femmes, leur action physique même est devenu une réalité, à l’inverse de la Bolivie où l’extrême droite raciste a réussi à dissocier la lutte des femmes de celle d’une société entière pour le droit à la vie, à la dignité, l’entrée des femmes dans le mouvement de classe est fondamental, espérons qu’il en sera de même en France.  « Le patriarcat est un juge / Qui nous reproche d’être nées / Et notre punition / C’est la violence du moment / Ce sont les féminicides / L’impunité pour mon assassin / C’est la disparition / C’est le viol », scande la première strophe, avant d’asséner : « Le violeur, c’était toi / Le violeur, c’était toi / C’est la police / Les juges / L’État / Le Président. / L’État oppressif est un violeur masculin. » Parce que, comme nous l’explique la vidéo ci-dessous en espagnol, ce chant et sa chorégraphie  contiennent beaucoup de symboles cachés en particulier le policier est interpelé comme celui qui a juré de protéger la nation, comme un amant et qui la viole à travers ses femmes. Le sort réservé aux femmes est alors le symbole de ce que cette société réserve aux plus faibles et en quoi elle a perdu toute légitimité, c’est ici que l’apport de Marx est important pour comprendre ce qui se joue dans la société chilienne et dans le monde à travers cette entrée des femmes dans les luttes, phénomène que l’on a constaté chez les gilets jaunes (note de Danielle Bleitrach).
  1. COMMENT CETTE CHANSON EST NÉE AU CHILI 
La contestation sociale qui fait rage au Chili depuis plus d’un mois a vu émerger un chant chorégraphié dénonçant les violences faites aux femmes. Devenu viral sur internet, il a été repris par les militantes féministes du monde entier.

« Ce n’était pas de ma faute, ce n’était pas non plus à cause de l’endroit où je me trouvais ni à cause de la façon dont j’étais habillée. Le violeur, c’était toi. » Ce chant est né à Valparaíso, au Chili, au cœur du mouvement de contestation sociale qui monte en puissance depuis plusieurs semaines dans le pays.

La hausse du prix du ticket de métro a mis le feu aux poudres, entraînant une remise en question de toute la société chilienne, où persistent et s’accroissent de profondes inégalités. Une crise sociale émaillée de violences, lors des manifestations, mais aussi de chansons.

Une véritable « playlist » a fini par se constituer, accompagnant la lutte sociale. S’y mêlent des chansons du répertoire populaire chilien que l’on chantait à l’époque de la résistance à la dictature de Pinochet (1973-1990), comme le célèbre El pueblo unido, et des tubes d’aujourd’hui.

Une nouvelle chanson a surgi lors des récentes manifestations. Et ce cri de ralliement ayant fait vibrer les rues chiliennes a rapidement dépassé les frontières du pays. Intitulée Un violador en tu camino (Un violeur sur ton chemin), cette chanson a été créée par un collectif féministe, LasTesis.

Elle entend dénoncer les violences faites aux femmes et les causes systémiques qui les entretiennent : « Le patriarcat est un juge / Qui nous reproche d’être nées / Et notre punition / C’est la violence du moment / Ce sont les féminicides / L’impunité pour mon assassin / C’est la disparition / C’est le viol », scande la première strophe, avant d’asséner : « Le violeur, c’était toi / Le violeur, c’était toi / C’est la police / Les juges / L’État / Le Président. / L’État oppressif est un violeur masculin. »

Rendre intelligibles les messages féministes

Accompagnées d’une chorégraphie simple et efficace, ces paroles ont été entonnées pour la première fois par des centaines de femmes aux yeux bandés, le 20 novembre 2019, sur la place Aníbal Pinto, à Valparaíso.

« Nous avons décidé de regrouper les théories féministes dans un format scénique de manière simple et délicate afin que leurs messages atteignent davantage de personnes qui n’ont peut-être pas eu l’occasion de les lire ou de les analyser », a expliqué l’une des quatre membres du collectif Dafne Valdés au site d’information chilien Interferencia.

Les quatre membres du collectif féministe LasTesis. (Photo : capture d’écran Instagram)

La vidéo de leur chorégraphie chantée est rapidement devenue virale, inspirant d’autres militantes à travers le pays, puis à travers le monde, en Argentine, en Colombie, au Mexique…

L’hymne féministe a ensuite traversé l’Atlantique, pour se répandre en Espagne, en Belgique et en France, comme par exemple vendredi 29 novembre, au Trocadéro, à Paris : « On a répondu à l’appel de nos sœurs chiliennes. Après qu’elles ont interpellé le monde entier avec leur chanson et leur danse, on a voulu dénoncer ce qu’il se passait pour elle », a indiqué l’une des participantes françaises à l’Agence France Presse

Laura DANIEL

2. LE SENS DE LA CHANSON CHILIENNE

Au Chili, les violences policières se multiplient contre les femmes

Car à travers cette mise en scène, les militantes chiliennes ont aussi voulu alerter sur les violences policières qu’elles subissent depuis le début de la contestation dans le pays.

Les plaintes contre les violences sexuelles commises par des forces de l’ordre ont explosé depuis le début de la lutte chilienne, comme le dénoncent les organisations de défense des droits de l’homme : 93 personnes, dont 23 mineures, ont assuré en avoir été victimes durant le premier mois de contestation, selon les chiffres de l’Institut national des droits humains (INDH).

Comme nous l’explique la vidéo ci-dessous en espagnol, ce chant et sa chorégraphie  contiennent beaucoup de symboles cachés en particulier le policier est interpelé comme celui qui a juré de protéger la nation, comme un amant et qui la viole à travers ses femmes. Le sort résrvé aux femmes est alors le symbole de ce que cette société réserve aux plus faibles et en quoi elle a perdu toute légitimité. On retrouve à travers la référence au patriarcat ce que Marx et Engels affirmaient pour le premier dans l’origine , de la famille, de la propriété et de l’Etat et le second dans les manuscrits de 1844, à savoir que la manière dont une société traite les femmes reflète la manière dont les êtres humains dans cette société se conçoivent eux mêmes, parce que l’être humain n’est pas un mais au moins deux l’homme et la femme et ceux-ci sont pris dans des rapports de production que l’exploitation teinte de sa couleur (son ether). 

Dans ses Manuscrits parisiens (1844), Marx écrit ce passage qui éclaire la condition des femmes dans la longue durée des sociétés humaines:

« Dans le comportement à l’égard de la femme, proie et servante de la volupté commune, s’exprime l’infinie dégradation de l’homme vis-à-vis de lui-même, car le secret de ce comportement trouve sa manifestation non équivoque, décisive, évidente, nue, dans le rapport de l’homme à la femme, et dans la manière dont le rapport direct et naturel des sexes est conçu. Le rapport immédiat, naturel, nécessaire de l’homme à l’homme est le rapport de l’homme à la femme. Dans le rapport naturel des sexes, le rapport de l’homme à la nature est immédiatement son rapport à l’homme; de même, celui-ci est son rapport immédiat à la nature, sa propre vocation naturelle. Il est la manifestation sensible, la démonstration concrète du degré jusqu’où l’essence humaine est devenue la nature, ou celle-ci l’essence de celle-là. Il permet de juger de tout le degré du développement humain. Du caractère de ce rapport, on peut conclure jusqu’à quel point l’homme est devenu pour lui-même un être générique, humain, et conscient de l’être devenu. Le rapport de l’homme à la femme est le rapport le plus naturel de l’humain à l’humain; c’est là que l’on apprend dans quelle mesure le comportement naturel de l’homme est devenu humain, ou dans quelle mesure l’essence humaine lui est devenue essence naturelle, dans quelle mesure sa nature humaine lui est devenue chose naturelle. »

Ce passage, comme l’analyse de Engels sur les sociétés patriarcales et sur le matriarcat d’origine on été interprétés dans un sens qui met à mal le primat des rapports de production chers à Marx. C’est une erreur non seulement comme le dit Engels dans sa lettre à Joseph Bloch, ces rapports de production agissent en dernière instance mais jamais Marx et Engels n’ont nié l’importance des formations sociales, des civilisations sur l’expression de ces rapports de production, mais ils nous permettent au contraire de mieux comprendre ce que ce féminisme tel que l’expriment les femmes chiliennes dit de fondamental.

Si le capitalisme en est arrivé aujourd’hui à un tel niveau d’exploitation que c’est la vie humaine qui est menacée, l’intervention des femmes, la manière dont elles s’adressent au coeur même de leur intimité de leur corps à la violence sociale est au contraire fondamentale et elle apporte chacun le sent bien une force tellurique, venue du fond des âges et de l’humanité à la dénonciation de cette société. ce n’est pas un hasard si c’est au Chili, là où des femmes ont vu leurs enfants torturés devant elle pour les forcer à parler, là où depuis le début du mouvement il y a réellement féminicide que 30 ans de silence et de peur s’exprime… C’est la jeunesse, les femmes qui disent leur refus.

 

 

Soudan, l’histoire révolutionnaire des femmes : Fatima Ahmed Ibrahim, féministe, communiste et musulmane

Depuis le début des manifestations contre le régime d’Omar el-Béchir qui défendait une stricte application de la charia et qui appartenait aux frères musulmans, des images montrant la participation des femmes dans le mouvement se sont multipliées. Certaines s’engagent même physiquement dans les affrontements avec les forces de l’ordre. Des centaines de Soudanaises ont manifesté encore ce lundi à Khartoum à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, premier rassemblement de ce genre au Soudan depuis des décennies, mais peut-être est-ce que vous ignorez le rôle joué par les communistes dans ce combat. Encore aujourd’hui le parti communiste soudanais qui a été le seul parti à avoir dès le début des femmes au plus haut niveau de responsabilité continue à œuvrer dans le sens de cette révolution dans laquelle les femmes jouent un si grand rôle en refusant qu’elle leur soit une fois de plus enlevée par un coup d’Etat militaire réactionnaire. Avant d’aller encourager en France les menées des frères musulmans renseignez vous sur les combats des femmes dans le monde (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société).

Fatima Ahmed Ibrahim, première femme élue au Parlement soudanais, est décédée le 12 août 2017.

Fatima Ahmed Ibrahim, première femme élue au Parlement soudanais, est décédée le 12 août 2017.
(c) Capture d’écran vidéo Youtube AlJazeera

Première soudanaise élue au parlement en 1965, Fatima Ahmed Ibrahim, féministe et communiste, a œuvré toute sa vie en faveur des droits des femmes et remporté de nombreuses victoires politiques. Elle s’est éteinte, le 12 août dernier, dans un silence lourd de sens.

Comme trop souvent encore, un écart infini sépare l’immense œuvre accomplie par des femmes et leur niveau de notoriété. La disparition de Fatima Ahmed Ibrahim  nous le rappelle. Pionnière dans la lutte pour le droit des femmes au Soudan, elle est décédée, le 12 août 2017 à Londres, à l’âge de 88 ans dans un silence assourdissant.

Yves-Gonzales Quijano enseignant-chercheur à l’université Lumière Lyon 2 – GREMMO n’a pas manqué de le souligner sur son blog. « Alors qu’en Grande-Bretagne, le Guardian et le Times lui ont chacun consacré une longue nécrologie, écrit-il, on ne trouve pas une ligne dans la presse francophone – si j’en crois Google – pour évoquer la Soudanaise Fatima Ahmed Ibrahim (…) » Il n’a pas été « aisé » pour ce chercheur de rédiger une biographie sur cette figure du féminisme, tant le peu de sources existantes sur elle, essentiellement en langues arabe et anglaise, sont ténues. Pour lui « cette absence totale d’intérêt pour l’une des plus grandes féministes arabes du XXe siècle en dit long sur le sérieux de ceux et celles qui prétendent si souvent s’intéresser au sort des « malheureuses femmes voilées ».

Activiste précoce, alliant féminisme et foi

Dans son article publié sur le site sudantribune.com, Magdi El Gizouli,
rapporte cette déclaration de Fatima Ahmed Ibrahim qui résume sa vision du féminisme et le combat qui sera le sien : « L’émancipation ne signifie pas se débarrasser de nos bonnes traditions et valeurs nationales, ou que les femmes soudanaises deviennent une autre copie de la femme occidentale. C’est lutter contre l’analphabétisme, la maladie, le chômage, la pauvreté et la discrimination au sein du foyer et dans la société. L’égalité ne signifie pas que les femmes soudanaises deviennent une autre copie de l’homme. Cela signifie que les femmes soient complètement égales aux hommes dans les droits et dans la prise de décision à tous les niveaux. Les hommes, en tant qu’ hommes ne sont pas responsables de la discrimination à l’égard des femmes. La plupart d’entre eux sont également exploités et discriminés. Pour cela, les femmes et les hommes devraient travailler ensemble pour aboutir aux changements sociaux qui préservont la démocratie, fondée sur la justice sociale et les droits de l’homme ». Pour lui, « elle avait un rêve d’émancipation collective, un rêve communiste.»

Fatima Ahmed Ibrahim est née en 1929 selon ses proches (1934 d’après l’inscription à l’Etat civil) à Omdurman, la plus grande ville du Soudan, située en face de la capitale Karthoum. Elle occupe la quatrième place d’une fratrie de huit enfants. Ses parents étaient instruits, sa mère a en effet suivi une scolarité et son père était enseignant et imam. Son engagement en faveur des femmes survient tôt. Dès le lycée, elle crée un journal intitulé « Elra’edda » (La pionnière) pour se dresser contre le gouvernement colonial britannique de l’époque. Elle signera sa première victoire en menant une grève contre l’annulation des cours de sciences pour les filles. Et à 14 ans tout juste, elle fonde l’Association des femmes intellectuelles toujours dans l’idée de défier la domination coloniale. Elle poursuivra ce travail en écrivant sous pseudonyme dans la presse locale.

On a décidé d’apprendre l’Islam pour montrer aux fondamentalistes que cette religion ne contenait pas l’exploitation de la femme.

Fatima Ahmed Ibrahim 

A l’orée de la vingtaine, elle co-fonde l’Union des femmes du Soudan, qu’elle présidera en 1956. «Notre première revendication a été de demander des droits politiques pour la femme car nous pensions – avec raison – que tout découlerait de là, confie-t-elle dans l’HumanitéAu nom du Coran, on nous les refusait. Alors, on a décidé d’apprendre l’Islam pour montrer aux fondamentalistes que cette religion ne contenait pas l’exploitation de la femme.» Elle milite alors pour les droits civiques, l’égalité salariale et le congé maternité, l’éradication de l’analphabétisme chez les femmes, le droit des femmes à intégrer tous les corps de métiers et l’abrogation de la loi obligeant les femmes victimes de violences conjugales à retourner auprès de leur mari.

Cumuler les victoires politiques

Deux ans plus tard, en 1954, elle exerce comme rédactrice en chef de son magazine, Sawt al-Mara (Voix des femmes). Une publication qui favorise l’empowerment féminin et qui aura un poids dans la révolution. La même année, elle devient membre du parti communiste soudanais.

Après la révolution d’octobre 1964, qui a abattu le régime d’Abbou  – arrivé à la suite d’un putsch militaire en 1958 et contre qui la féministe s’était dressée – les femmes gagnent le droit de vote et de se présenter aux élections. En 1965 Fatima Ahmed Ibrahim devient alors la première femme élue députée. Elle accomplira en quelques années ce que d’autres ont accompli en plus d’un demi-siècle.

En 1968, la plupart des droits pour lesquels elle s’était battue ont été adoptés : le droit pour les femmes de travailler dans n’importe quel domaine, l’égalité salariale, l’accès à l’enseignement supérieur pour les filles, le droit à des congés maternité rémunérés. « Fatima était une figure de premier plan, confirme Ibrahim Elnur, professeur au département de sciences politiques de l’Université américaine du Caire. Mais toute une génération de femmes instruites s’engageaient dans une lutte anti-coloniale obligeant même la droite conservatrice à faire de l’espace pour les femmes dans leurs organisations, y compris les Frères musulmans. Ce rôle de premier plan des femmes au Soudan explique pourquoi les droits politiques des femmes étaient bien avancés.​»

Une partie de la jeunesse lui a rendu un dernier hommage via Twitter où les posts certes émouvants sont bien peu nombreux au regard du long combat qu’elle a mené.L’une écrit en un jeu de mot, ou un lapsus, son admiration aimante : »Rest in power, – repose au pouvoir –  Fatima Ahmed Ibrahim. Tu as construit un nouveau chemin pour les femmes. C’est bon pour nous que ce fut toi. » « RIP… Fatima Ahmed Ibrahim… Première femme soudanaise à être entrée au parlement et à nous ouvrir le chemin à tous les niveaux« , rappelle une autre.

« Fatima était bien reconnue, assure Ibrahim Elnur. Mais sa disparition de l’espace politique et, en particulier, celle de la gauche, explique peut-être en grande partie la raison pour laquelle les nouvelles générations ne se rappellent guère les antécédents dynamiques des années 1960 et 1970.»

Ces extrémistes islamiques ne sont que des parasites. Ils prétendent gouverner en faveur de Dieu et pourtant ils ne font que s’enrichir eux-mêmes
Fatima Ahmed Ibrahim

En 1969, alors que Jaafar Nimeiri renverse le gouvernement en place et rompt une brève alliance avec les communistes, il ordonne plusieurs exécutions. Parmi, les exécutés, il y aura le syndicaliste Alshafie Ahmed Alshiekh, le mari de Fatima, rencontré au parti communiste et qui avait refusé un poste dans les rangs de Nimeiri. Refus qu’il a payé au prix de sa vie.

Exilée au Royaume-Uni

Comme l’écrit The Guardian, Fatima Ibrahim passe les années suivantes, en résidence surveillée ou en prison, jusqu’au renversement de Nimeiri en 1985. Mais en 1989, un autre coup d’Etat, d’Omar al-Bashir cette fois, installe une dictature militaire qui a pour effet de démanteler violemment la société civile et de réduire à néant les acquis des femmes. Fatima Ibrahim est encore arrêtée. En 1990, elle finit par obtenir l’asile en Grande-Bretagne. Elle y rejoindra son fils unique, Ahmed, médecin, tout en continuant à militer. Elle emploiera son énergie à fonder une branche londonienne de l’Organisation des femmes soudanaises. La femme pieuse poursuivra sa lutte contre le fondamentalisme. Elle dit, comme le rapporte le Times que « ces extrémistes islamiques ne sont que des parasites. Ils prétendent gouverner en faveur de Dieu et pourtant ils ne font que s’enrichir eux-mêmes» .

En 1993, l’ONU lui remet le prix des droits de l’Homme. Autrice de plusieurs livres, elle retourne au Soudan en 2005 et est à nouveau élue au parlement. En 2006, elle reçoit une seconde récompense, le prix Ibn Rushd pour la liberté de pensée. Elle abandonnera, un an plus tard, la vie politique. Affaiblie par un grave diabète, elle est décédée dans une petite chambre londonienne, entourée de photographies de son époux et d’ornements soudanais.
Suivez Lynda Zerouk sur Twitter : @lylyzerouk

PHOTO AFP

Les femmes ont été en première ligne des manifestations contre l’ancien président Omar el-Béchir, puis contre les militaires lui ayant succédé.

mmes ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «La révolution des femmes continue» et «Nous sommes la révolution, nous sommes le changement».

D’autres pancartes ont appelé à l’«arrêt du viol des femmes du Darfour», région de l’ouest du Soudan qui a été le théâtre d’une guerre sanglante.

«Il y a une atmosphère de liberté maintenant», s’est réjouie Fatima, une étudiante de 21 ans. «Il y a moins de violence mais nous devons toujours changer les lois» jugés discriminatoires envers les femmes. Derrière elle, des manifestantes sifflent et tapent des mains.

Durant les 30 ans de règne d’Omar el-Béchir, le Soudan a appliqué une version très rigoriste de la charia, la loi islamique. Des milliers de Soudanaises ont été condamnées à de lourdes amendes et flagellées, pour «tenue indécente» ou consommation d’alcool, selon des membres de la société civile.

Les femmes ont été en première ligne des manifestations contre M. Béchir puis contre les militaires lui ayant succédé. L’arrivée d’un nouveau pouvoir, en août, a soulevé l’espoir chez de nombreux militants des droits humains que ces autorités se débarrasseront des lois encourageant la violence contre les femmes.

Abdallah Hamdok, le nouveau premier ministre, a donné de premiers signes encourageants en nommant quatre femmes ministres et en promettant de défendre les droits des femmes.

À Khartoum, Adila Farouk dit être venue manifester «pour réclamer la fin des violences contre les femmes». «J’ai été victime de harcèlement sexuel, mais c’est rien par rapport à ce que d’autres femmes ont subi».

 

Que la rébelion chilienne ne s’arrête pas là, qu’elle s’empare de toute l’Amérique latine et au-delà…

Nous reproduisons  et traduisons ci-dessous le magnifique discours de Beatriz Bravo, jeune ouvrière de Correos Chili (les poste). Il dit a force qui s’est réveillée chez les jeunes et les travailleurs chiliens, une rébellion si profonde qu’elle peut contamnier toute l’Amérique latine et non seulement mettre fin au gouvernement Piñera et à l’impunité de la répression, mais également aux inégalités du capitalisme. Il s’agit d’un groupe d’extrême-gauche mais le parti communiste chilien qui a gagné en force et qui a été à l’avant des luttes, y compris celle des lycéens et étudiants dont il est question ici fait partie des forces qui refuse le piège de la constitution destinée à maintenir le système par une alliance des forces politiques, du capital oligarchique, de l’impérialisme et du système répressif. Il faut noter l’importance que les jeunes femmes ont prise dans ce mouvement, la répression particulière qu’elles subissent.  A la veille en France du 5 décembre, nous ne pouvons qu’être frappés par le parrallélisme de ce que proclame cette jeune chilienne avec notre propre situation (note et traduction de danielle Bleitrach)

Samedi 16 novembre | 17h30

Beatriz Bravo | Chili Post Worker – YouTube

Compagnons et compagnes. Comme l’ont dit les camarades qui nous ont présentés, il y a un mois que nous avons commencé la révolte populaire au Chili. Alors que pouvons-nous en dire ? Dites que le cri qui annonce le réveil du Chili a réveillé est vrai. Dites que la colère, la rage et la haine profonde que nous accumulions au fil des ans a commencé à s’exprimer dans la lutte contre l’augmentation du transport, mais  que rapidement il a été prouvé que c’était contre l’ensemble de l’héritage  de la dictature de Pinochet. C’est l’héritage du dictateur Pinochet qui a préservé tous les gouvernements  pendant 30 ans, et c’est pourquoi notre cri et notre devise ont été transformés: notre colère ne se limite pas 30 pesos, elle a 30 ans!

Je suis une jeune travailleuse, j’ai 30 ans et vous vous rendez compte que je n’ai jamais vécu autrement que sous l’héritage de la dictature. Un régime au Chili qui ne nous offre que la misère, qui ne nous offre que la précarité. Pour nous jeunes,  on nous dit que nous n’aurons absolument droit à rien. Que si nous voulons étudier, nous devons emprunter et payer des millions de dollars aux banques privées et que nous n’aurons plus la possibilité de faire une demande de logement. Un système de santé si misérable, où les membres de notre famille meurent dans les salles d’urgence des hôpitaux, où ils meurent sur des listes d’attente sans fin, faute de médicaments pour les soigner. Et aussi, dans un pays où nos anciens ont le  taux de suicide le plus élevé, car après 40, 50 ou même plus de travail, les hommes d’affaires prennent toutes leurs pensions et les laissent à la rue. C’est le Chili des hommes d’affaires, c’est le véritable oasis de l’Amérique latine dont les capitalistes ont si fièrement parlé, où 1% des plus riches détiennent 27% de la richesse. Et il est également vrai que ces vrais pillards pilleurs jouissent  de l’impunité, ce sont les vrais pillards qui nous ont volé tout volé à  les travailleurs, les jeunes et les citoyens.

Nous avons des forces armées qui jouissent d’une profonde impunité et une police sans foi ni loi c’est l’héritage de la dictature. C’est pourquoi j’insiste là-dessus et je crie avec force que nous répudions ce coup d’État orchestré par les forces armées, des hommes d’affaires, l’Église et la droite de la Bolivie, cette droita à laquelle nous sommes également confrontés au Chili, et nous crions de toutes nos forces: Sortez l’impérialisme de l’Amérique latine!

Ceux d’entre nous qui ont 30 ans ont déjà passé plusieurs années à se battre. En 2006, nous avons participé , en tant qu’élèves du secondaire,à  la révolution des manchots, comme on dit ici. Dès le plus jeune âge, nous savions déjà que l’éducation vendue au marché n’était qu’un filtre de classe qui profite aux plus riches. Nous sommes revenus avec beaucoup de force en 2011, en mettant en vedette des arrêts de travail et des coups depuis des mois, en nous battant pour une éducation gratuite et aujourd’hui, avec une grande fierté, nous avec conscience d’appartenir à une jeunesse courageuse. Cette jeunesse sans crainte face à laquelle  nos générations précédentes, qui ont été profondément battues et traumatisées par ces années de transition  et cette foutue dictature, nous disent aujourd’hui « merci de nous avoir rendu l’espoir et l’envie de combattre », Nous avons réussi à unir  la lutte des étudiants, des travailleurs et des citoyens au Chili.

Cette force énorme est exprimée partout. De toute façon, ils ont essayé de nous sortir de la rue, parce que nous les avons fait trembler. Avec ces pacos qui répriment et tuent, ces mêmes pacos qui jouissent de l’impunité.

Savez-vous que Piñera nous a déclaré la guerre? Il nous a déclaré la guerre lorsque nous étions dans les premiers jours de la mobilisation, puis a offert des miettes dans un pacte social. Tandis que nous étions simultanément réprimés, torturés, violés, nos camarades combattants étaient aveuglés. Mais le plus extraordinaire, c’est que nous n’en avons pas peur. Nous et nous sommes aujourd’hui déterminés à rendre la vie utile. Nous n’allons pas trahir nos compagnons morts ou blessés, car ce sont également eux qui nous disent que cela doit servir à quelque chose et que cette lutte ne peut pas se terminer, qu’elle doit continuer. Et pourquoi? Parce que nous allons continuer dans les rues pour mettre fin à cet héritage de la dictature de Pinochet et avec nos morts, il n’est pas possible de négocier!

Si vous ne le savez pas, il se passe actuellement quelque chose de très important au Chili. Nous avons un concept pour nommer les accords des partis politiques ci-dessus, dans les parlements du Parlement et au Congrès. Et comme vous le savez aussi, notre congrès est l’un des plus coûteux au monde, où les parlementaires gagnent 35 fois plus que les travailleurs. Ils n’ont pas honte! Pour nous, jeunes travailleurs, personne ne doit venir nous expliquer comment les choses se passent. Nous avons les salaires les plus bas pour des travailleurs par rapport aux salaires des parlementaires. Et c’est pourquoi, comme je l’ai dit, nous dénonçons la  «cuisine parlementaire» face à tout accord qui tente de passer outre notre mobilisation, et c’est ce qu’ils font aujourd’hui.

Ce jeudi il est arrivé ceci. Depuis la droite de Pinochet, tous les politiciens de l’ancienne Concertación et les personnalités des partis du Front élargi se sont réunis et ont négocié. Et comment ont-il appelé ce qu’ils faisaient ? « Un accord pour la paix. » Mais cette paix, c’est sauver Piñera et le maintenir au pouvoir, c’est une paix pour les hommes d’affaires et l’héritage de la dictature et de toutes ces 30 années que nous voulons anéantir, car nous ne voulons pas de ces alliances.

Ils veulent nous faire taire. Le slogan de l’Assemblée constituante a bien été accueilli par divers  secteurs de la mobilisation et c’est parce qu’il exprime le désir sincère que le peuple chilien a aujourd’hui de décider. Cela a été converti en un congrès ou une convention constitutionnelle garantissant qu’ils continuent à gouverner comme d’habitude. L’un des premiers pièges est qu’il reste impuni et maintienne au pouvoir le meurtrier Piñera. Et bien sûr, pendant que nous crions tous les jours et posons partout, dehors Piñera! Ils négocient pour sauver sa tête et le garder au pouvoir.

Et ensuite, dans ce constituant, les règles qui seront définies seront votées par un quorum de deux tiers. Et qu’est-ce que ça veut dire? Que ce soient les politiciens du monde des affaires et les hommes d’affaires eux-mêmes qui pourront opposer leur veto à tous les débats qui s’y déroulent. Ils veulent contourner la souveraineté que nous réclamons en tant que travailleurs. Pourquoi? Pour qu’il n’y ait pas de changement profond. Mais en plus de cela, nous sommes appelés à voter lors d’un plébiscite en avril, pour voter uniquement pour les représentants en octobre de l’année prochaine et selon les formes électorales actuelles. Ils veulent nous rire au nez , mais nous ne croyons pas en leurs mensonges et c’est pourquoi hier, nous étions des dizaines de milliers dans les rues du pays à dénoncer ce piège et à faire face à la répression!

Presque tous les partis du régime et les médias cherchent désespérément à nous faire prendre ce détour. Mais nous sommes convaincus que le processus révolutionnaire que nous avons entamé au Chili est là pour rester. Ce ne sera pas linéaire, nous avons aussi cela clair. Mais nous savons que nous ne voulons pas que notre pays continue à être l’exemple des capitalistes sur la scène internationale. Nous voulons que le Chili soit la tombe du néolibéralisme! Et nous voulons que la rébellion populaire au Chili ne se termine pas là. Puisse cette force inspirer tous les jeunes et tous les peuples d’Amérique latine et que cela arrive, que nous puissions nous révéler contre ce système de merde que les capitalistes nous ont imposé de vivre!

Nous  les révolutionnaires du PTR, sommes très clairs: une grève générale est nécessaire jusqu’à ce que Piñera soit mise à la porte, paralysant toute la production. Et sur les ruines de ce régime pourri, on lève déjà une assemblée constituante, mais pas une assemblée constituante. Une liberté et une souveraineté, où tous les plus de 14 ans peuvent participer, quelque chose de complètement différent de ce qu’ils décident dans cette cuisine parlementaire, où ils veulent pouvoir participer seulement à partir de 20 ans. Ils ont le culot d’essayer de laisser de côté notre jeunesse, moteur principal de cette révolte.

Pour nous, leur constituante ne fonctionne pas, elle ne répond pas aux demandes que nous avons aujourd’hui dans les rues et partout. Nous voulons voter pour des représentants, qui soient révocables et qui gagnent le même salaire qu’un enseignant et non les salaires des millionnaires que gagnent les parlementaires aujourd’hui. Nous et nous disons qu’ils doivent être élus démocratiquement et qu’ils peuvent être des représentants syndicaux et des organisations de travailleurs, d’étudiants et d’organisations sociales. Une Assemblée constituante, libre et souveraine qui peut voter sur toutes les mesures d’urgence dont ont besoin les grandes majorités sans respecter les institutions qui protègent les hommes politiques dans les couloirs du Parlement, sans aucun droit de veto.

Et nous ne serons pas naïfs non plus. Nous savons que pour vaincre nos revendications, nous devons nous attaquer au pouvoir des capitalistes. C’est pourquoi nous disons que nous devons nationaliser le cuivre et le placer sous la gestion des travailleurs, mettre fin à la privatisation, exproprier les ports et tout ce profit, au lieu de laisser une poignée de capitalistes, nous mettre au service de nos revendications fondamentales. Non seulement ces problèmes sont résolus: nous voulons une santé et une éducation gratuites, mais également des exigences fondamentales telles que le droit à l’avortement ou l’autodétermination du peuple Mapuche, pillé et réprimé depuis des années par l’État chilien.

Mais nous n’allons pas non plus nous faire d’illusions, nous savons que les capitalistes feront tout leur possible pour nous empêcher de retirer leurs privilèges. C’est pourquoi, dans le PTR, nous faisons la promotion auprès de toutes nos assemblées de forces et de nos coordonnateurs à la base, où les étudiants, les travailleurs et les villageois peuvent s’organiser pour sortir avec force afin de faire sortir Piñera du pouvoir et mettre fin à son gouvernement meurtrier et criminel et à l’héritage de la dictature. . Ils opposeront une résistance si ou si et déchaîneront leur fureur lorsque nous voudrons mettre ces mesures en place. Et c’est pour nous que cela jette les bases d’un gouvernement de travailleurs, de rupture avec le capitalisme, qui peut effectivement donner une réponse intégrale à nos revendications, fondées sur l’auto-organisation et la force des masses.

Camarades et compagnons, pour finir: ceux qui sont responsables de nos souffrances et ceux qu’on appelle « de gauche », qui sauvent aujourd’hui le visage de Piñera et tout son gouvernement et ce régime, veulent nous amener à refaire la même cuisine qu’eux Ils ont répété pendant des années. Ils veulent que nous fassions leur détour et que nous refassions la même chose que nous voulons nous retrouver dans ce régime. Et à tous, nous disons non! Parce que rien de bon ne viendra pour nous. Nous ne vaincrons aucune revendication démocratique s’ils continuent à gouverner comme d’habitude. Mais ni sur la base de l’impunité pour ceux qui ont tué, torturé, violé ou battu nos partenaires. C’est pourquoi je m’arrête ici pour dénoncer le fait qu’ils se remplissent la bouche en parlant de paix hypocrite, hier, ils ont réprimé nos travailleurs au Chili. Les pacos et ce gouvernement sont les responsables politiques et matériels de notre partenaireAbel , un combattant, est mort parce que les pacos empêchaient ceux qui venaient de le sauver. C’est pourquoi nous ne partirons pas tant que nous n’aurons pas réussi à juger et punir tous les dirigeants politiques et matériels de la répression!

Merci beaucoup, compagnons et partenaires!

 

De la merde dans un bas de soie …

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la présidente autoproclamée de la Bolivie, Jeanine Áñez, a publié une vidéo sur ses réseaux sociaux dans laquelle elle se prononce contre la violence sexiste et appelle l’ensemble du peuple bolivien à promouvoir une Bolivie « unie et sans violence ».Ne pas oublier que pour elle les indiens et les indiennes, sans parler des communistes, ne sont pas des êtres humains.. Voir la vidéo ci-dessous extrait du journal mexicain la Jornada, intitulée, « au nom de dieu, ils massacrent en Bolivie, au nom de Dieu et pour « leur féminisme » et leur conception de « la nation »inégalitaire, anti-populaire…

view-source:https://www.jornada.com.mx/ultimas/mundo/2019/11/19/201cen-nombre-de-dios-nos-balean-y-masacran-en-bolivia201d-6525.html?fbclid=IwAR1Iy0thP_Ct639HyCaTj4buMjHWQlo6BzX6yeUMNxL

C’est comme Mario Vargas Llosa défendant le « despotisme éclairé » et le libéralisme économique en référence à l’idéal du XVIII ème siècle pour mieux soutenir le coup d’Etat en Bolivie et appeler à la destitution du président mexicain coupable d’avoir accueilli Evo Morales …. Appelant sciemment à des drames semblables à celui vécu par la Bolivie et les attribuant déjà aux victimes. Que penser d’un tel individu ? de sa conception de l’élite ? Dans des temps où l’on traque abusivement au nom des moeurs supposés moralement  incorrect des écrivains, des cinéastes mais où l’on absout aussi aisément les choix politiques d’extreme-droite de Céline à mario Vargas Llosa sans jamais pardonner à Aragon d’avoir été antifasciste et communiste, je propose que l’on dissocie l’oeuvre et les choix politiques, ceux-ci demeurant soumis à la critique citoyenne, quant aux atteintes aux bonnes moeurs, soit ils relèvent du privé, soit ils tombent sous le coup de la justice,et agissons en conséquence, mais en tous les cas évitons les confusions historiques, politiques.

Déja à la fin du XVIIIème siècle , celui où le siècle des lumières trouvait en France son aboutissement politique, celui où Kant devenait Robespierre, Marat qui conseillait « aux nègres des colonies d’assassiner leurs maîtres esclavagistes » était considéré par cette gourde de Charlotte Corday comme l’ennemi des libertés. Alors que Marat était journaliste et n’avait pas d’autres responsabilité que celle de sa clairvoyance sur ce dont était capable les rois, les aristocrates mais aussi déjà ceux qui vivaient de l’exploitation d’autres être humains.

Comme quoi être femme n’est en rien une garantie pas plus que d’être homme, écrivain et prix nobel de littérature. Cela ne doit pas être ni une circonstance aggravante, ni au contraire mériter de l’indulgence dans l’estimation des comportements politiques.

Qu’il me soit permis une mention spéciale à cette héroïne de la social démocratie, cette non moins réactionnaire d’Olympe de Gouges qui dénonçait le caractère criminel des révolutionnaires et qui fut raccourcie non pour son féminisme mais avec les autres royalistes, même si elle a accompli pas mal de romans de piètres qualités, son oeuvre était et demeura politique, avec quelques lumières sur un fond de réaction qui l’interroge.

Là encore jugeons de qui doit être jugé et n’entretenons pas des confusions qui comme par hasard sont toujours au profit des puissants contre les révolutionnaires.

La nouveauté du libéralisme libertaire est qu’il combine idéaux du XVIIIème, moeurs considérées comme progressiste avec l’acceptation de la violence la plus réactionnaire contre le peuple . Résultat on a les féministes et les élites qui conviennent au capital, on a oublié qu’il n’y a pas de progrès pour les femmes quand la régression sociale est la loi. On invite les intellectuels, les artistes, les scientifiques à recouvrer leur statut de domestiques et de ne plus avoir à se mêler aux combats du peuple.

C’est la nouvelle contribution libertaire à la lutte des classes.et pour bien souligner l’hérésie qu’il y a à prétendre concilier une telle conception du féminisme, du rôle des intellectuels, artistes avec la haine du peuple, je propose de retenir  pour déigner le phénomène ce  disait napoléon de Talleyrand « de la merde dans un bas de soie ».

Danielle Bleitrach

 

Une commission de « solidarité » venue d’Argentine se rendra en Bolivie aujourd’hui jeudi pour témoigner

L’annonce de cette délégation qui se rend en Bolivie pour témoigner de ce qui s’y passe doit nous interpeller car il s’agit bien là d’un enjeu qui nous concerne aussi, la bataille de l’information est essentielle et nous ne devons pas les laisser en paix parce qu’eux se solidarisent et le gouvernement français va aider la répression au Chili pendant que leurs médias font silence sur les crimes. qui se commettent  (note et traduction de Danielle Bleitrach)
Grabois se rend en Bolivie: « Si les gouvernements ne font rien, nous devons le faire »
Une délégation composée de responsables des droits de l’homme et des droits sociaux se rendra dans le pays voisin pour diffuser des informations et recevoir des plaintes concernant la répression et les violations de la loi du gouvernement de facto présidée par la présidente autoproclamée Jeanine Áñez.
Le voyage a été annoncé lors d'une conférence de presse à Piedras 370, siège du Service de la paix et de la justice (Serpaj).
Le voyage a été annoncé lors d’une conférence de presse à Piedras 370, siège du Service de la paix et de la justice (Serpaj). 


Image: Bernardino Avila

« Si les gouvernements ne font rien, nous devons  faire. » C’est ainsi que le leader, Juan Grabois, a annoncé le voyage d’une commission de solidarité avec le peuple bolivien , composée de dirigeants d’organisations de défense des droits de l’homme et de la société.  « La Bolivie est sous un gouvernement de facto , une dictature civique militaire et il empêche les communications, que nous sachions  ce qui se passe. C’est pourquoi la tâche que nous allons accomplir est fondamentale », a déclaré M. Grabois accompagné de l’un des dirigeants qui voyageront. « Les compagnons de Pollera ont été méprisés, de même que les Wiphala », a déclaré Marisa Llanos Cruz, une descendante de migrants boliviens installée en Argentine. 

« Nous essayons de nous substituer à la position en retrait  de l’Argentine à l’international. Nous voulons montrer au monde que nous ne sommes pas d’accord sur ce que notre gouvernement fait pour appuyer tacitement ou explicitement la dictature », a déclaré Grabois à PaginaI12 Grabois à l’issue de la conférence de presse. Le coup d’État qui a contraint le président Evo Morales à démissionner a donné naissance à un gouvernement faible qui utilise la violence pour maintenir un pouvoir sans assise, visant principalement les peuples autochtones et leurs organisations. « Non seulement il y a eu un coup d’État, mais il existe maintenant une dictature civique militaire en Bolivie qui doit être rapidement abolie, non seulement par les Boliviens, mais par tous les Latino-Américains.En raison de la convention démocratique du Mercosur et de la sécurité nationale de notre pays, nous ne pouvons avoir une dictature à notre frontière et rester silencieux « , a ajouté le leader social. 

La commission est composée de l’avocat et référent de la Confédération des travailleurs de l’économie populaire (CTEP), Marisa Llanos Cruz et Marianela Navarro du Front des organisations en lutte (FOL), de l’avocat et membre du Patria Grande Front, Gabriela Carpinetti, Pablo. Graciarena de l’organisation Xumek, Cristina Livitsanos de l’Association américaine des juristes, Leo Pérez Esquivel de l’APDH, Pablo Pimentel de l’APDH La Matanza, Hall Ismael de CORREPI, Carlos Zaidman de l’Association des ex-détenus et disparus, Mario Andrés Lopez de l’APDH , Luis Arias, ancien juge de la PLAta, Natalia Zaracho, dirigeante du Mouvement des travailleurs exclus, et Victoria Freire, sociologue et directrice de l’Observatoire de l’égalité des sexes et des politiques publiques, entre autres.Une fois en Bolivie, ils rencontreront le bureau du médiateur et différentes églises, où ils rencontreront des membres de leur famille et des victimes de la violence de l’État déployée après le coup d’État.

Avec un drapeau de la Bolivie sur la table et un grand Wiphala tenu par des militants derrière elle, Marisa Llanos Cruz a indiqué qu’avec ce voyage elle souhaitait « transmettre aux paysans et aux travailleurs de la Bolivie,qu’ ils ne sont pas seuls.Ceux qui ont fait le coup d’Etat veulent éliminer le Whipala qui représente les peuples d’origine et nos symboles « , a ajouté que » nous ne négligeons pas le drapeau de la Bolivie. Mais il est vrai qu’ils nous ont colonisés et nous ont donné des drapeaux de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de la Bolivie, mais les frères des peuples autochtones sont toujours sur nos terres et doivent les respecter. « La militante FOL, avec une voix brisée par l’émotion,  a souligné que « fondamentalement, nous allons dire au peuple bolivien qu’il n’est pas seul. Le peuple argentin s’est mobilisé pour le soutenir et nous allons maintenant voyager jusque là-bas », et elle a rappelé qu’il y avait  » un  manqué de respect face aux jupes boliviennes et au Wiphala « .

À son tour, Carpinetti a expliqué qu’une partie de sa tâche consistera à « préparer un registre des plaintes » , dont ils vont publier la méthode ces jours-ci pour la rendre la plus massive possible  « Le plus gros problème est qu’il n’y a même pas de garanties pour ceux qui veulent dénoncer des violations des droits de l’homme. Si vous voulez dénoncer, ils vous persécutent », a déclaré l’avocat. La présidente de l’APDH, María Elena Naddeo, a déclaré qu ‘ »il existe une très sérieuse avancée répressive à travers le continent dans les mains des gouvernements qui accordent plus d’impunité aux forces répressives ». Le membre de l’Association des personnes disparues, Carlos Zaidman, a également déclaré: « Nous savons que lorsqu’un coup d’État de cette nature se produit dans la région, il ne vient pas seul ou isolé, il est donc essentiel d’organiser et de rendre visible ce qui se passe rapidement ».

Si vous êtes arrivé ici …

 

Grave : Les Carabiniers chiliens dénudent une manifestante plaquée au sol, par Juan Contreras (Chili)

Cela donne le sentiment d’une montée croissante de pratiques sans foi ni loi de la part d’une police à qui on laisse la bride et dont la mission est de faire peur pour inciter à ne plus aller dans les manifestations, les femmes sont visées et la dimension sexuelle de leur répression est manifeste… On voit bien la relation qui existe entre ces pratiques et les nouvelles d’assassinat qui touchent celles qui prennent des preuves sur le terrain. Nous avons ici deux cas, celui de cette manifestante jetée à terre et déshabillée et celle de deux déshabillages institutionnalisés dans le cadre de ce qui n’est même pas une garde à vue (note et traduction de Danielle Bleitrach).

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Dans le cadre de « l’accord de paix » annoncé la semaine dernière par Sebastián Piñera, des centaines de plaintes ont été déposées dans les rapports d’organisations de défense des droits humains contre la police et la police d’investigation.

En outre, le gouvernement a lancé une ligne dure de persécution et de criminalisation contre les dirigeants sociaux et politiques. Le cas de la plainte déposée par la loi sur la sécurité intérieure de l’État contre Dauno Tótoro, dirigeant du Parti ouvrier révolutionnaire, a été l’un des cas les plus emblématiques de l’action gouvernementale.

* Source: The Left Daily
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Une femme obligée de se déshabiller deux fois par la police: « C’est un moyen d’intimider ceux qui manifestent »

Après le meurtre de Camilo Catrillanca par des policiers de GOPE il y a deux semaines, la violence et la répression se sont intensifiées en Araucanie. Les incursions dans les communautés de Coñomil Epuleo et Hueñaco Millao le week-end après le décès du comunero, un Mapuche âgé de 24 ans, illustrent ces accusations..

Un autre exemple de la violence croissante des carabiniers de Chili dans le Wallmapu est le déploiement brutal des carabiniers de FFEE mardi, juste après Victoria, où un mineur s’est retrouvé sérieusement à l’hôpital à cause des coups de feu tirés par des policiers, Plusieurs autres détenus ont été légèrement blessés. Trois d’entre eux appartenaient à la communauté traditionnelle Temucuicui, tout comme Camilo Catrillanca.

L’arbitraire et la violence des carabiniers ont également été enregistrés à Temuco. Jeudi dernier dans le centre de Temuquense et après l’une des nombreuses manifestations de dénonciation de la mort de Camilo, la responsable des communications du département des droits de l’homme de l’Université de la frontière (UFRO) a été arrêtée, Javiera a dénoncé le harcèlement dont elle était victime. Une partie des policiers, l’ont forcée sans raison à se déshabiller deux fois..

Javiera milite dans le domaine des droits de l’homme dans la maison d’études de Temuco, informant et documentant la situation des manifestants arrêtés par les carabiniers du Chili dans des contextes de protestation sociale. «J’étais sur le terrain quand j’ai vu une femme, qui était battue par un policier avec un bouclier, c’était une femme  âgée qui posait des questions sur son fils, l’enfant n’était pas impliqué dans les manifestations et ils étaient en train de l’emmener. C’était à ce moment-là que les carabiniers ont pénétré dans  l’hôpital ».

Les manifestants se trouvaient sur la place Dagoberto Muñoz, située dans les rues Blanco à Montt, en face de l’hôpital régional de Temuco, lorsqu’ils ont été violemment réprimés par la police des forces spéciales. La jeune femme concernée a raconté à Resumen «Toutes les personnes ont commencé à courir partout, terrorisées, et là, je défends cette femme et le carabinier me dit: debout, bien que je leur ais dit que j’étais un journaliste des droits de l’homme. Quand ils m’ont placée en détention jusqu’à ma libération, ils n’ont jamais reconnu que j’étais journaliste. Même au moment de mon arrestation, ils ont arrêté l’avocat Painavilo de Cidsur ».

Au moment de son arrestation, Javiera avait été emmenée dans un autobus de police entre cinq officiers de police. Ces troupes l’avaient assaillie à coups de poing . «comme je me débattais vigoureusement, l’un d’eux m’a étranglé le cou avec son bras et après cela, ils m’ont jeté comme un sac de pommes de terre  et ils m’ont dit que si je continuais à enregistrer, ils briseraient mon téléphone, me forceraient à me tenir  tranquille» .

La femme concernée a indiqué qu’elle avait toujours demandé aux responsables des carabiniers des explications sur le motif de sa détention, mais aucune n’avait répondu, ils se contentaient de garder le silence. Les détenus ont été transférés au deuxième poste de police de Temuco, où les vexations contre Javiera se sont intensifiées.

Sur place, c’était le premier contrôle, de nom et domicile, situation qui se répéterait inexplicablement deux fois de plus. «Nous étions sept femmes menottées, qui avons été transférées pour examen des blessures à Cesfam Miraflores depuis le deuxième commissaire. Quand j’arrive là-bas, je lui dis que ça fait mal à l’endroit où ils m’ont  frappée et l’infirmière me dit que si elle ne voyait rien, je ne pouvais pas le mettre dans le dossier, puis je lui ai dit de préciser que je suis avec des règles et que j’ai besoin d’un préduel ou quelque chose comme ça. Quand je sors, la carabinera, Romero me serre  le bras, là où j’ai des bleus, et me dit  marche correctement merde ».

Après avoir été transférés au deuxième commissaire, de retour du bureau de Miraflores à Temuco, les détenus, y compris Javiera, ont été informés qu’ils seraient transférés dans le huitième  commissaire de la même ville. Les responsables de la police ont fait valoir que ces trente personnes resteraient en détention dans le prochain commissariat, car elles devaient régler les formalités administratives de la première arrestation.

Dans ce bâtiment de carabiniers a commencé le harcèlement majeur contre ces sept femmes détenues, y compris de la part de la communicarrice. «Ils nous disent que nous irons au cachot et qu’ils devront faire la vérification du corps, à laquelle je réponds qu’ils ne m’ont pas lu mes droits et que ce gars-là me dit que je ne suis pas là en détention, sans la qualité de détenue et si je ne collabore pas Ils pourraient me laisser libre car il me manquait des papiers à examiner et je rentrerais chez moi sans accusation.

Javiera était en période menstruelle une situation qu’elle a exposé devant les hommes en uniforme, pour expliquer qu’elle ne se déshabillerait pas au poste de police. Les personnes concernées ont déclaré que les carabiniers responsables de cette procédure étaient Amigo, Ruiz et Muñoz, et l’un d’eux a demandé: «Comment puis-je savoir que vous avez des règles? et là j’ai dit que tu veux que je te montre? Et j’ai du lui montrer ma serviette de toilette tachée. Puis, dans le cachot, les autres ont raconté qu’ils  les ont été forcées à s’accroupir nues. C’était la première fois que j’ai été contrainte de  me déshabiller.

Les carabiniers ont dit aux personnes détenues qu’elles seraient à nouveau transférées au deuxième commissaire à Temuco, où elles seraient soumises à une supposée vérifications de leurs papiers, censément  de rigueur, bien qu’ils aient déjà pris les données à deux reprises. Les sept femmes détenues ont fait le trajet de retour vers le deuxième commissaire dans un camion surpeuplé. Elles étaient menottés et respiraient difficilement, se heurtant l’intérieur du véhicule par les mouvements brusques que les policiers faisaient exprès de faire.

 

De retour au deuxième commissariat de Temuco, les policiers les ont de nouveau consultés sur leurs noms et adresses. Javiera demande à la police de lui dire qu’ils ont déjà suivi ce processus à deux reprises. Javiera a été arrêtée à 22 heures jeudi soir et à 3 heures du matin, elle a de nouveau été obligée de se déshabiller, même si elle avait refusé  dès le début. En plus de ces heures, les carabiniers n’ont toujours pas administré de médicament à Javiera pour la soulager de ses douleurs menstruelles, ni ne lui ont permis d’aller à la salle de bain pour se changer.

Javiera a expliqué qu ‘«au moment du déshabillage la carabinera  m’a dit que le bureau du procureur avait donné l’ordre à 1 heure du matin de libérer toutes les personnes, de sorte que nous n’avions pas à suivre le même processus, car nous étions déjà en liberté alors que l’on nous gardait en prison. Plus tard, quand j’ai été capable d’aller à la salle de bain, c’était indigne, il y avait une odeur nauséabonde, il y avait de l’urine partout, c’était à côté de la cellule des hommes, une porte minuscule et  totalement insalubre.

Les carabineros a fait valoir qu’il n’avait pas libéré les détenus, car, du fait de leur quantité, le processus s’était prolongé plus longtemps que d’habitude. Réponse incohérente si l’on tient compte du fait qu’ils ont eux-mêmes décidé de contrôler trois fois leurs données personnelles.

Javiera a souligné que les policiers avaient pour objectif de susciter la peur parmi les personnes participant aux mobilisations, directement ou indirectement. «Ils se sentent libres de faire comme ils veulent, comme de te déshabiller deux fois. Ici, à Araucanía, ils effectuent toujours ces procédures et ce n’est qu’un moyen d’intimider ceux qui se manifestent pour une cause juste.

La victime a déclaré qu’elle rendrait son cas visible de toutes les manières possibles. Pour le moment, un avocat du South Research Centre (Cidsur) et de l’INDH conseille à Javiera de décider de déposer une plainte ou de faire appel à une protection en sa faveur,  des actions en justice devraient être menées dans les prochains jours.

* Source: Summary.cl

Grave: Carabineros desnuda a manifestante reducida en manifestaciones
por Juan Carlos Contreras (Chile)

Publicado el 23 noviembre, 2019 , en Denuncia, Pueblos en lucha

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0:44 – 23 nov. 2019
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Féminisme ou fondamentalisme : Au risque de ne pas être en phase, je dois dire mon désaccord sur la « méthode ».

Toute ma vie j’ai été féministe, de même récemment un jeune chercheur qui fait une thèse sur l’homosexualité et le PCF m’a interviewée parce que dans les archives il retrouvait toujours mon nom dès qu’il était question de lutte contre l’homophobie, en particulier au niveau du Comité des libertés dont j’étais membre. De la même manière j’ai toujours combattu le néocolonialisme et souhaité que l’on foute la paix aux femmes qui voulaient se voiler, j’ai toujours considéré cela comme une leurre que l’on ressort au moment opportun pour faire monter l’extrême-droite.

C’est pourquoi aujourd’hui, je ressens une véritable répulsion face à la manière dont certains de ces combats sont menés, le sociétal contre la lutte des classes, l’espace entre l’émancipation supposé des individus et la lutte contre l’exploitation s’élargit et dans cet espace surgissent les monstruosités bigotes et haineuses. Ce qui se passe avec les islamistes, les évangélistes en Amérique latine, ce puritanisme néo-colonial finit par puer ce qui est révélé quelques années après dans les dossiers de la CIA que l’on ressort au moment opportun, que l’on invente si besoin est comme dans le cas d’Assange. La référence n’est pas seulement alors Marx et surtout Engels, un grand féministe, mais Max Weber: « l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme » ou encore le très beau livre « la lettre écarlate » , la chasse aux sorcières… les ligues de vertu dans le far west qui vont avec la loi du plus fort, celle du colt.

C’est parce que toute ma vie j’ai combattu toute les formes de stigmatisation sociétale, du racisme au sexisme en passant par l’homophobie, parce qu’effectivement il faut lutter contre toutes les formes de violence subies par les femmes que je ne peux tolérer les dévoiements qui ne font pas avancer le problème d’un iota au contraire. Simone de Beauvoir avait le mérite de lier l’émancipation féminine aux avancées de toute la société et de savoir à quel point quand la réaction triomphait la situation des femmes devenait périlleuse, ceci paraît oublié à travers tous les fondamentalismes.

Sur mon blog, j’ai relayé l’article qui faisait état du travail considérable de la manière dont la CIA avait infiltré les milieux intellectuels, le livre de Frances Saunders « quand la CIA menait le bal », en particulier le cas d’Orwell avec ses fiches sur les homosexuels, les noirs, tous susceptibles d’être des communistes. Les mœurs sont toujours été affaire de flic et dans ce domaine je crains plus que tout le déchaînement des foules qui souvent ne connaissent du dossier que l’émotion que l’on a suscitée à travers des allégations erronées.

Ainsi je voudrais reprendre à propos du cas Polanski puisque c’est lui qui suscite ces mobilisations (1) l’analyse que récemment Laura Laufer faisait brièvement de ce cas:  Il ne faut pas confondre les jugements médiatiques avec la loi. Et la solidarité à l’égard d’une victime présumée avec la mise au pilori d’un accusé… présumé innocent (c’est le principe du droit que l’accusation apporte la PREUVE de ce qu’elle avance et que l’accusé est présumé immolent). Il n’y a aucune PREUVE sur Polanski pour le reste des affaires dont il est accusé, à l’exception de celle de Samanta (la seule PROUVÉE et reconnue par lui pour laquelle il avait fait ses 90 jours et terminé sa mise à l’épreuve)… avant de fuir en Suisse car à sa sortie de prison, si le Juge Fiddler voulait le libérer, le deuxième juge qui reprenait l’affaire voulait lui coller 50 ans, oui cinquante ans !!!
La présomption d’innocence est niée. Le tribunal « populaire » du réseau social et de la rue se substitue au droit. L’appel à censure remplace le débat esthétique, moral et politique. Les atteintes aux libertés sont contagieuses : on ouvre la porte aux catholiques intégristes et réactionnaires (Manif pour tous, Promouvoir, Agrif …) autant qu’à ceux qui s’autoproclament agissant pour le progrès. Attaquer la représentation, plutôt que les rouages de la société et ses structures, détourne du lieu du combat politique à mener. L’indispensable lutte contre les discriminations et les violences ne passe pas par l’instrumentalisation de l’interprétation d’une œuvre à des fins militantes. On confond « libération de la parole » et nécessaire lutte pour que le crime soit dénoncé, argumenté et prouvé devant médecins, police et justice. Oui la victime doit être aidée par la solidarité nécessaire. «Solidarité nécessaire» et pas calomnie, règlement de compte, mythomanie, délation, toutes choses qui existent dans la production d’assertions sans preuve. Interdire de parler à la victime comme à l’accusé, mépriser l’enquête et la preuve n’est qu’un déni du droit. Que des élu-e-s,par pure démagogie, cautionnent cela : oui la démocratie est en danger.

Voilà quand on transforme la question du racisme en problème religieux, pour faire l’apologie des formes les plus réactionnaires de celles-ci, quand on ne voit plus la différence entre féminisme et hordes lâchées contre un individu sur la simple parole d’une femme, le tout à travers une masculinité jugée coupable ce qui bien évidemment fait passer la question des moyens matériels, éducatifs, y compris pour changer les mentalités, je ne suis plus cette évolution qui se croit progressiste et qui me parait frôler ce qu’il y a de plus réactionnaire en fait dans notre société.

Danielle Bleitrach

(1) pour moi elle demeure liée à un autre cas où avec toute la bonne volonté du monde, des militantes féministes se sont retrouvées derrière l’appel à manifester d’un groupe qui a des liens forts avec le Qatar, les islamistes et des gens comme Tariq Ramadam lui bel et bien convaincu de viol. Le tout parce que c’est gens-là acceptaient de substituer l’antiracisme  une question religieuse et s’étaient émus légitimement devant les assassinat dans une mosquée comme des provocations du Front National.

 
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Publié par le novembre 22, 2019 dans civilisation, femmes, SOCIETE

 

Cuba: Le socialisme doit être antiraciste

Oeuvre de l’artiste cubain Raúl Martínez

Sur l’étagère d’une foire aux livres, l’inscription gravée sur un t-shirt a retenu mon attention: «Les taces n’existent pas; le racisme oui ». Fernando Ortiz a écrit en 1946 The Deception of Races , un essai essentiel sur  l’évolution d’une pensée anthropologique qui l’a amené à penser l’ethnie cubaine en termes d’intégration complète. Les sages ont scientifiquement et conceptuellement démantelé l’application des normes raciales pour classifier les êtres humains et tenter de justifier la supériorité de l’un sur l’autre par la couleur de la peau.

Un demi-siècle plus tard, lorsque l’avant-garde de la communauté scientifique a déchiffré le génome humain, l’affirmation anticipée des orthodoxes a été une nouvelle fois confirmée: il n’y a qu’une seule race, celle des humains. Les traits physiques externes ne sont dus qu’à 0,01% des gènes, donc cela ne correspond pas et il est absolument non scientifique et fallacieux d’attribuer les capacités intellectuelles et les aptitudes aux femmes et aux hommes à une certaine pigmentation de la peau.

Déjà à cette époque, les études génétiques de la population cubaine avaient progressé dans la recherche des facteurs affectant la santé humaine. L’enquête rigoureuse menée par la Dre Beatriz Marcheco a permis d’obtenir, au-delà des objectifs initiaux proposés, un résultat révélateur. « Tous les Cubains – a souligné le médecin après avoir exposé des données irréfutables – sans aucun doute, nous sommes des métis, quelle que soit la couleur de la peau que nous avons. »

Le racisme est une construction culturelle qui, dans le cas cubain, s’inspire de l’héritage du passé colonial et de l’exploitation de la main-d’œuvre esclave africaine introduite avec force dans l’île. Les Blancs européens, qui occupaient le sommet de la pyramide sociale dans le système économique des plantations, non seulement ne se contentaient pas d’ exploiter et opprimer les esclaves, mais ils soulevaient également le mythe de l’infériorité raciale des Noirs et de leurs descendants. Un mythe naturalisé par la plupart des créoles à la peau claire et des pratiques sociales marquées à l’époque coloniale puis dans les années de la république néo-coloniale, phénomène lié aux divisions de classes.

Ortiz l’a également déclaré dans une conférence en 1950: «À Cuba, le racisme le plus grave est sans doute celui contre les Noirs. Les racismes s’aggravent davantage contre les Noirs, là où ils sont ou ont été socialement exploités et quand on veut  perpétuer leur condition. La chose la plus noire concernant  le noir n’est pas dans la noirceur de sa peau mais  celle de sa condition sociale. La définition du noir en tant que type humain, telle qu’elle est généralement connue et considérée par la cible des préjugés, laisse l’anthropologie entrer en politique; Eh bien, il faut faire plus dans l’analyse de son travail social qu’en  ce qui concerne  nature congénitale.Le  Black doit moins de noirceur à ses ancêtres bruns qu’aux Blancs qui ses contemporains. Le Noir ne l »est pas tant pour être né noir que pour être socialement privé de lumières. Être noir, ce n’est pas seulement être noir, mais stigmatisé.

Les transformations révolutionnaires qui ont commencé après le triomphe de janvier 1959 ont résolu cette situation et l’ont en grande partie inversée. Un grand nombre des mesures prises au cours de ces années ont porté un coup dévastateur aux composantes structurelles du racisme.

À plusieurs reprises, le commandant en chef Fidel Castro a publiquement abordé la question. Le 29 mars 1959, lors d’un acte tenu à Güines, il a déclaré: «Nous, peuple composé d’hommes de toutes les couleurs et sans couleur; nous qui sommes un peuple constitué de différentes composantes raciales, comment allons-nous commettre la stupidité et l’absurdité d’abriter le virus de la discrimination? Ici, dans cette foule, je vois des Blancs et je vois des Noirs, parce que ce sont les gens; La ville est composée de Blancs, de Noirs et de Jaunes, et ce doit être Cuba. C’est ce qui devrait prévaloir parmi nous ».

Cependant, la destruction des bases à l’origine d’un racisme institutionnalisé et structurel au stade prérévolutionnaire ne s’est pas accompagnée d’une transformation de la subjectivité. Il ne suffisait pas de proclamer l’égalité des droits et des chances, ni l’existence d’une société qui condamne les actes de discrimination, si l’on ne travaillait pas pour changer la mentalité.

Dans son ouvrage essentiel, Cent heures avec Fidel (2006), le propre responsable historique de la Révolution a confessé beaucoup plus tard à Ignacio Ramonet: «Nous étions alors assez naïfs pour croire que l’instauration d’une égalité totale et absolue devant la loi mettait fin à la réalité. discrimination Parce qu’il y a deux discriminations, une subjective et une objective (…). La Révolution, au-delà des droits et garanties accordés à tous les citoyens de toutes les ethnies et de toutes origines, n’a pas connu le même succès dans la lutte pour éliminer les différences de statut social et économique de la population noire du pays. Les Noirs ne vivent pas dans les meilleures maisons, ils effectuent toujours des travaux pénibles, parfois moins rémunérés, et  reçoivent moins des envois de fonds familiaux en devises étrangères que leurs compatriotes blancs.

L’autre grand combat consiste à mettre en avant des méthodes éducatives et culturelles qui contribuent, le plus tôt possible, à une nouvelle subjectivité. En même temps, nous ne devons pas vivre avec des attitudes qui, consciemment ou inconsciemment, révèlent la persistance de préjugés et se manifestent dans divers espaces de notre vie quotidienne, du profil professionnel au programme télévisé.

Il est impossible d’admettre, par exemple, que pour l’embauche de personnel dans un centre appartenant au secteur essentiel des services non étatiques, l’emploi de jeunes filles et de filles blanches est encouragé. Dans ce cas, le sexisme et le racisme se sont serré la main.

On ne peut pas non plus ignorer, dans un dialogue diffusé à la télévision, qu’un danseur à la peau noire est dit « bleu » ou qualifié de « mastocratie » de l’accès des danseurs de différentes peaux dans les principales compagnies du pays. pays, parce qu’il ya des choses qui, prises à la légère, impensable et irresponsable, lacèrent les sensibilités.

La route est longue, nous le savons, mais vous devez la parcourir pas à pas, sans repos. À plusieurs reprises et au fil des ans, le général d’armée Raúl Castro a analysé la nécessité de stimuler et de promouvoir la place prépondérante occupée par les femmes, les Noirs et les métis dans la vie politique, sociale et économique du pays et dans le monde. amélioration de notre modèle social. Lors de la session constitutive de la neuvième législature de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, le 18 avril 2018, après avoir constaté les progrès accomplis, il a appelé à ne pas reculer et a lancé un appel au travail afin de résoudre définitivement les problèmes hérités du sujet. cela nous concerne: «Il faut penser, a-t-il affirmé, pour ne pas dire déjà le bien de Dieu, ils l’ont accompli ou ils ne l’ont pas accompli, insistant, recherchant de nouvelles méthodes,

Pensons et agissons en conséquence. Rappelez-vous un concept méridien exposé par cet intellectuel révolutionnaire remarquable, Fernando Martinez Heredia: « La lutte pour l’approfondissement du socialisme à Cuba est forcément antiraciste ».

 

NOTE DE LA COMMISSION DU PCP SUR LA LUTTE ET LE MOUVEMENT DES FEMMES

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25 novembre: Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, en attendant une déclaration du PCF qui me convienne autant que celle-là (note et traduction de Danielle Bleitrach)

La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes approche à grands pas et le PCP réaffirme son engagement à mettre en œuvre des mesures pour le prévenir et le combattre.

Prévenir et combattre la violence domestique

La violence domestique est un fléau social qui englobe des facteurs économiques, sociaux, psychologiques et culturels ainsi que divers contextes personnels et sociaux.

Il est nécessaire de renforcer les mesures menant à une réponse publique articulée et décentralisée dans ses différentes dimensions. D’abord, c’est important:

– Renforcer les ressources financières, techniques et humaines des services publics dans les centres de santé et les hôpitaux, les écoles et universités, les forces de sécurité, la police judiciaire, les procureurs, les tribunaux et les services de sécurité sociale, afin qu’ils puissent pleinement se conformer leur rôle dans la détection, la signalisation, l’orientation, la protection et la défense des femmes, en assurant un soutien psychologique, social et juridique adéquat;

– Fournir ces services avec les moyens nécessaires et adapter la formation spécialisée de ceux qui y participent est une condition nécessaire pour résoudre les problèmes et les faiblesses existants.

Ces objectifs, qui sont basiques, ne trouvent pas de réponse dans le transfert de responsabilités aux municipalités prévu dans le décret-loi n ° 101/2018 du 29 novembre ou dans le programme gouvernemental, malgré la déclaration selon laquelle il est prévu de mettre fin à la violence domestique.

Le transfert de compétences aux autorités locales dans le domaine de la justice, notamment en matière de prévention et de lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique et le soutien aux victimes d’infractions constitue une option permettant de dévaluer le rôle de l’État dans ces domaines en les autorités locales ne sont pas enétat de pouvoir assumer leurs responsabilités.

Une telle option est contraire à une réponse publique cohérente et articulée qui garantit, dans le domaine de la violence domestique, l’égalité sur tout le territoire national. Sous prétexte de proximité, l’objectif est de tenir l’État responsable en cherchant à associer les municipalités à l’exercice de compétences allant au-delà de la coopération qu’elles peuvent et doivent fournir.

Pour la PCP, il est nécessaire d’évaluer les instruments créés, ainsi que le degré de mise en œuvre de l’ensemble des mesures envisagées, en soulignant, entre autres, la résolution du Conseil des ministres. prévention et lutte contre la violence domestique.

Avec le renforcement indispensable de la protection des femmes, avant et après l’octroi du statut de victime, la PCP considère que la rapidité de l’évaluation des risques est essentielle.

Les programmes destinés aux agresseurs devraient être évalués afin de renforcer leur rôle dans la prévention de la récurrence de la violence domestique.

De même, il est important de réfléchir aux critères de la violence domestique et des décès tragiques de femmes, qui exposent de manière inacceptable les victimes et les membres de leur famille, dans les médias et les informations, dans une banalisation permanente de la violence contraire à sa prévention.

Critères dont les conséquences ont conduit l’ERC, sur la base d’une étude réalisée en 2018, à établir, sans résultat connu, des lignes directrices à suivre par les opérateurs de signal ouvert pour la couverture des crimes de violence domestique, à savoir: investir dans le cadre de reporting sur la réalité de la violence domestique et ne pas limiter sa représentation aux situations d’homicide; contextualiser les faits et mettre en évidence ce qui permet de comprendre le problème social; éviter les relations de cause à effet entre le crime et les caractéristiques des personnes impliquées, ainsi que les références aux causes possibles pouvant justifier une agression et simplifier le phénomène social; contribuer à la formation d’une opinion publique informée et rejeter le sensationnalisme dans l’actualité;

Rendre visibles d’autres dimensions importantes de la violence

La position du PCP est claire. La prostitution est une forme dégradante d’exploitation et de violence qui oblige les pouvoirs politiques à assumer la responsabilité de leur prévention et de leur combat en mettant en œuvre des programmes de sortie pour les femmes prostituées.

Il rejette la légitimation de la marchandisation du corps des femmes par le biais de la « maternité de substitution » et la transformation de l’enfant en objet contractuel et en produit négociable, en violation de ses droits fondamentaux.

Les situations de violence et de déni de droits dans les situations de conflit armé, y compris le viol de femmes et d’enfants, en particulier dans les guerres d’agression contre des pays et des peuples, soulignent l’importance de la lutte contre la guerre et de la défense de la paix solidarité et coopération entre peuples et États souverains, égaux en droits.

Le PCP continuera d’intervenir pour lutter contre le silence de la violence au travail, avec des conséquences très fortes pour les secteurs à forte concentration de femmes, en s’engageant à lutter contre l’exploitation du travail, la précarité, des rythmes de travail très élevés, la dérégulation du les femmes une double journée de travail douloureuse et inhumaine.

La violence au travail n’a pas de réponse dans le programme gouvernemental du PS concernant le harcèlement au travail, les situations de répression, l’intimidation des travailleurs et l’épuisement qui ont été successivement démasqués par les organisations de travailleurs de tous les secteurs. Le gouvernement choisit d’approuver la législation du travail et l’organisation du temps de travail au service des grandes entreprises, tout en proposant des solutions fausses et irréalistes pour concilier la vie familiale, professionnelle et personnelle.

Respecter les droits des femmes

Pour le PCP, la lutte contre la violence à l’égard des femmes est indissociable de l’élimination de l’exploitation par le travail, des inégalités et de la discrimination entre hommes et femmes, ainsi que de la réalisation de la politique patriotique et de gauche, résolue à faire respecter les droits des femmes, créer les conditions pour qu’ils vivent, travaillent et participent sur un pied d’égalité.

Le PCP considère qu’en plus de lutter contre les causes économiques et sociales de l’exploitation, des inégalités et de la discrimination (qui elles-mêmes nourrissent et reproduisent les diverses dimensions de la violence), il est essentiel de s’attaquer aux facteurs culturels, d’intervenir pour vaincre les préjugés et les stéréotypes, de stimuler changement de comportement et de mentalité, prise de conscience sociale que l’égalité dans la vie n’est pas seulement une aspiration juste des femmes, mais également une condition de progrès, de justice sociale et de démocratisation du pays.

La lutte des femmes est une lutte essentielle pour le progrès social

La PCP exprime sa confiance que la lutte des femmes pour l’exercice de leurs droits et contre l’exploitation et la discrimination sera victorieuse et que c’est grâce à cette lutte que l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes sera réalisée.

 
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Publié par le novembre 21, 2019 dans femmes, INTERNATIONAL

 

Le bilan de l’URSS en Asie centrale, socialisme et héritage colonialiste, contradictions…

Voici une autre expérience qui porte sur la question de socialisme et colonialisation avec ici aussi comme en Bolivie un modèle étatique qui se préoccupe de sortir de la misère mais aussi de la diversité culturelle avec la difficulté de faire s’exprimer ceux qui n’ont jamais eu le droit à la parole, les indigènes mais aussi les femmes. Les bolcheviks avaient hérité d’un immense empire des Romanov et les effets de 1917 ont été ressentis à des milliers de kilomètres de Pétrograd, mais comme l’a très bien vu Moshe Lewin, il y a eu interaction, création originale. À ce jour, les nations d’Asie centrale sont façonnées par ce qui s’est passé il y a un siècle. Alors, que peuvent-ils nous dire de l’histoire de la Révolution et de ses revendications d’émancipation? cet article est passionnant parce qu’il est loin des raccourcis sur ce que fut l’Union soviétique, la manière dont elle organisa une rupture avec le passé colonial avec l’empire tsariste, mais peut-être le fit dans une relation complexe avec les populations, de sorte que la nostalgie ici aussi à l’œuvre reste réactionnaire selon ce spécialiste de l’art et de la culture et il faut la dépasser pour retrouver ce que fut réellement l’élan révolutionnaire et sa créativité (note et traduction de Danielle Bleitrach).

19 septembre 2019
Texte: Samuel Goff

La révolution russe n’était pas seulement russe. L’État impérial tsariste  dont  les bolcheviks s’emparèrent  régnait de l’Arctique au Bosphore et de l’Europe centrale au Pacifique. Pour le jeune État soviétique assiégé , ces propriétés impériales représentaient un cauchemar logistique et idéologique; parcourir les listes de minuscules et obscures Républiques et Oblastes autonomes autonomes , dont beaucoup ont surgi et ont été démantelées ou fusionnées en l’espace de quelques années seulement, donne une idée de l’hétérogénéité de la Révolution.

En tant que centre politique de cet ensemble, la «Russie» en est venue à représenter un éventail de peuples et d’histoires distinctement non russes. Cette sorte de myopie russo-centrique a fini par disparaître dans les anciens États européens de l’Union soviétique – personne ne risque de confondre si facilement l’Ukraine et la Russie. Cependant, de nombreux angles morts persistent, et le plus important d’entre eux est l’Asie centrale: la masse terrestre qui s’étend de la mer Caspienne à la Chine et qui comprenait cinq républiques soviétiques, désormais connues sous le nom de «stans»: Kazakh, Kirghize, Turkmène, Tadjik et Ouzbek .

Le Turkestan, l’émirat de Boukhara et le khanat de Khivan ont été envahis et conquis par la Russie dans la seconde moitié du XIXe siècle. Si les arguments au sujet de la révolution permettent souvent de déterminer si les modernisations politiques et politiques qu’elle a déclenchées étaient moralement justifiables compte tenu de la violence en jeu, l’Asie centrale a alors mis en scène ces questions à grande échelle.

 
 

Pour comprendre les effets de la révolution sur différentes cultures d’Asie centrale, je m’adresse à Georgy Mamedov, codirecteur artistique de ShTAB , une plateforme culturelle et militante régionale basée à Bichkek, la capitale du Kirghizistan. Avec Oksana Shatalova, Mamedov a récemment édité une collection d’essais intitulée Concepts du soviet en Asie centrale , qui aborde des questions qui ont longtemps celles  des tentatives visant à donner un sens à l’héritage révolutionnaire.

L’Asie centrale soviétique était-elle un projet colonial? A-t-il émancipé les femmes ou leur a-t-il simplement imposé de nouvelles normes sociales? At-il créé un nouvel art audacieux ou juste une décoration de fenêtre exotique?

« Il est très difficile de parler de l’Asie centrale dans son ensemble à cette époque », a-t-il averti. «Les territoires étaient vraiment vastes, avec différents mouvements nationalistes pro et anti-communistes. Tachkent était une très grande ville, avec une architecture européenne dans la partie coloniale. Samarkand était un grand centre islamique médiéval avec une belle architecture. Ce qui est maintenant Bichkek était alors une très petite ville, plutôt un fort militaire, principalement peuplé par les Russes. Alma-Ata [maintenant Almaty au Kazakhstan] était aussi un fort appelé Verny. ”

La propagation de l’idéologie bolchevique sur ce vaste terrain était loin d’être uniforme. Tachkent, le bastion militaire de l’ancien Empire, avait une population russe puissante et reprenait les idées de Pétrograd beaucoup plus rapidement. «À Tachkent, le premier musée public a été créé dès 1918, à partir des collections d’un duc exilé», explique Mamedov. «Un artiste ouzbek très célèbre, Aleksandr Volkov, travaillait déjà avec le commissariat soviétique sur l’éducation artistique des enfants en 1918.»

D’autres centres urbains ont rapidement été gagnés: «Au début des années 20, de sérieux projets d’industrialisation ont été initiés, les villes sont devenues plus internationales. Comme partout dans l’ancien empire russe, la vie était très dynamique. Le processus institutionnel était peut-être plus chaotique ici, mais l’idée que la situation politique était quelque peu figée en Asie centrale et en attente d’un ordre envoyée d’en haut n’est pas correcte.  »

 

Quand le pouvoir politique soviétique s’est consolidé dans les anciens territoires impériaux, l’attention s’est tournée vers l’art et son rôle dans les nouvelles structures sociales provisoires. Manquant des infrastructures nécessaires à une industrie cinématographique autochtone – le cinéma d’Asie centrale n’a pris son envol qu’après la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle les principaux studios de cinéma soviétiques ont été évacués vers le Kazakhstan – des militants du parti locaux se sont tournés vers la peinture pour diffuser leur message.

«Le principal défi [de l’art soviétique] était de représenter ceux qui n’avaient jamais été représentés auparavant: le prolétariat», affirme Mamedov. «Je pense que la peinture en Asie centrale, en Ouzbékistan et au Kirghizistan en particulier, dans les années 1920 et 1930, consiste à essayer d’élaborer de manière théorique et visuelle le nouveau sujet auquel la révolution a donné naissance. Non seulement l’ouvrière, mais aussi le sujet national et les femmes. ”L’art le plus connu de l’Asie centrale avait été produit par des tournées russes telles que Pavel Kuznetsov. «Une grande partie de la production exotique et dépolitisée de ces sujets. Le défi était sérieux: comment préserver et même célébrer les particularités, tout en évitant de faire de ces personnes, de ces sujets et de ces cultures une simple décoration. ”

Le principal défi de l’art soviétique était de représenter ceux qui n’avaient pas été représentés auparavant.

Mamedov met en vedette deux artistes représentatifs de son Kirghizistan natal qui ont contribué à inverser cette tendance: Semen Chuikov et Gapar Aitiev. «Chuikov était très fidèle à la vie», dit-il. «S’il peignait des yourtes, il ne peignait que les yourtes des pauvres. Étrangement, ces œuvres ne sont pas très favorisées par les historiens de l’art soviétiques et post-soviétiques, car elles ne sont pas très professionnelles, ni très avancées, pour ainsi dire. Mais ses premières œuvres sont importantes dans le débat sur la représentation des sujets d’Asie centrale. »Né à Bichkek au début du siècle, de parents de souche russe, Chuikov a grandi à une époque de tension raciale croissante et a étudié à la célèbre avant école vKhutemas à Moscou, mais est revenue pour se jeter dans la cause kirghize soviétique. «C’est intéressant, il trahit en quelque sorte son origine russe et se tient du côté des rebelles, ”Note Mamedov. Aitiev était plus jeune, un bénéficiaire plus direct de la politique soviétique: il était le premier Kirghiz à recevoir une éducation artistique nationale.

L’exemple le plus clair de l’évolution rapide de l’art soviétique en Asie centrale a eu lieu à Frunze en 1936 (lorsque les bolcheviks ont été implantés à Bichkek). Pour marquer le 20e anniversaire des manifestations de masse anticoloniales de 1916, l’Union des artistes de Frunze a organisé une exposition présentant le meilleur de l’art kirghize soviétique et de l’Asie centrale. Présentant 140 peintures d’artistes professionnels et amateurs, l’exposition a réuni 20 000 personnes en quelques mois seulement, un chiffre remarquable qui a prouvé à quelle vitesse la culture soviétique s’était développée dans la région. «Je ne peux pas imaginer qu’une exposition attirerait 20 000 personnes à Bichkek aujourd’hui», admet Mamedov. «Si nous regardons maintenant ces peintures, nous les considérerions comme radicales dans leurs critiques explicites du colonialisme et du chauvinisme dit« des grands russes ». »
 

Les représentations  de Chuikov constituent un élément important de toute réévaluation critique de l’héritage ambigu de la révolution en Asie centrale. L’Union soviétique n’était pas la continuation de l’Empire tsariste et s’est même présentée de manière explicitement anticoloniale; dans le même temps, les républiques d’Asie centrale ont été construites conformément aux principes élaborés dans les régions lointaines de Moscou et de Léningrad. Mamedov explique: «C’est ainsi que les nations modernes d’Asie centrale se sont créées. Et pourtant, il y a cette aliénation qui est rarement reflétée, du moins sérieusement. Pouvons-nous simplement parler de colonial et mettre fin à l’histoire? Non, il faut l’explorer différemment. Parce que la plupart des analyses ont été faites en Russie et en russe, où l’aspect colonial est généralement ignoré. ”

«Pour tenter de conceptualiser cette aliénation, nous l’appelons« émancipation sans sujet ». La révolution était émancipatrice, mais c’était une émancipation imposée aux sujets de l’Asie centrale. Cherchons donc ces sujets, pour  comprendre ces processus. Nous ne sommes pas si naïfs d’imaginer que tout a été imposé de l’extérieur et que les gens ont obéi en silence. Nous devrions rechercher les voix sur le terrain.  »

 
 

Tout cela est aussi pertinent aujourd’hui que jamais auparavant. Les liens historiques avec la Russie et jusqu’en 1917 façonnent fondamentalement les «postures» post-soviétiques. Le commerce avec Moscou est toujours crucial et la politique autocratique qui, malheureusement, définit ces pays désormais indépendants s’est développée à partir des noyaux du parti communiste. . Comme l’a souligné l’érudit Sergei Abashin, il est plus facile de dire que l’Asie centrale actuelle entretient une relation postcoloniale avec la Russie que de dire définitivement si l’Asie centrale soviétique était elle-même coloniale.

Les «postures» post-soviétiques sont fondamentalement façonnées par leurs liens historiques et géographiques avec la Russie et jusqu’en 1917.

Le désir de Mamedov de re-conceptualiser cette histoire est lié à son désir d’améliorer les conditions de l’ici et maintenant. Les idéaux progressistes ont-ils été affectés à jamais par leur association avec l’État soviétique? Les aspirations actuelles à l’égalité des sexes, aux soins de santé, aux droits des travailleurs et à l’internationalisme sont-elles équivalentes au projet soviétique abandonné de longue date? Après cent ans de révolution incomplète, Mamedov est convaincu que la simple nostalgie ne suffira pas.

«Les gens ici font appel à l’héritage soviétique de manière réactionnaire», dit-il. «Par exemple, il y a une nostalgie de la ville soviétique de Frounze: à quel point c’était propre, à quel point la population était instruite. Mais ces appels seront toujours contaminés par des sentiments xénophobes vis-à-vis des migrants qui arrivent maintenant à Bichkek en provenance d’autres régions du pays. C’est une déclaration protectionniste, réactionnaire et xénophobe qui en même temps fait appel à l’héritage de modernisation de l’Union soviétique. « 

Pour conclure, a-t-il conclu, la véritable voie à suivre consiste à célébrer les «aspects avant-gardistes» de la période soviétique. Pas pour reconstruire le passé, mais pour construire quelque chose de nouveau, sans avoir besoin de se tourner vers l’étranger pour obtenir des conseils: une émancipation sans aliénation.

Texte: Samuel Goff