Le Français Grégoire M., souvent mentionné sous le nom de Moutaux, arrêté le 6 juin à la frontière ukraino-polonaise en possession d’une grande quantité d’armes et d’explosifs, aurait pu, aux dires des autorités de Kiev, perpétrer plusieurs attentats en France pendant l’Euro 2016.

Le ministère français des Affaires étrangères confirme son arrestation. Cependant, comme le souligne le site d’information russe Vzgliad, il ne reprend pas à son compte les propos du chef du service de renseignement, le SBU, Vassyl Hrytsak, sur la préparation de 15 actes terroristes en France, ni ceux sur l’implication possible des services russes.

“Selon toute vraisemblance, avec ces déclarations, le directeur du SBU veut forger aux services ukrainiens une réputation de sauveur du monde face à la menace terroriste. Il faut savoir qu’elles interviennent dans le contexte d’un scandale impliquant le SBU”, estime Vzgliad.

En mai, les représentants du Comité de l’ONU chargé des droits de l’homme, en visite dans le pays, se sont vu refuser l’accès à certaines régions. Leur rapport, publié la semaine dernière, fait mention de centaines d’arrestations illégales et de cas de maltraitance à l’égard des détenus. L’Ukraine abriterait cinq prisons secrètes où se trouveraient des sympathisants des indépendantistes du Donbass, torturés par le SBU.

Le service contribue parfois à la propagation d’idées complotistes

“A vrai dire, les déclarations absolument folles du SBU ne m’étonnent plus, s’exclame le politologue Vladimir Kornilov, cité par Vzgliad. Une fois, Nalivaïtchenko [l’ex-directeur du SBU] a déclaré que ses services avaient évité un attentat contre le Premier ministre néerlandais. En réalité, le Premier ministre l’a appris par la presse. Le public européen a d’ailleurs réagi aux dernières déclarations du SBU avec scepticisme.”

Anahit Miridjanian