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Archives de Catégorie: Congrès du parti 2018

Je vous avais promis un bilan sur le PCF à Marseille, en voici quelques données

 

Cette amorce de bilan tient à l’observation du fonctionnement du PCF par rapport à divers événements que sont les bons résultats de la CGT aux élections, la participation du parti communiste au diverses manifestations qui ont eu lieu à Marseille autant que les débuts de la mise en mouvement du parti. Nous sommes dans une période où la lutte des classes s’intensifie et où l’urgence d’un parti en phase avec le monde du travail, un parti révolutionnaire c’est-à-dire qui vise à la fin de la domination d’une classe qui a fait son temps, est nécessaire. Un parti qui s’appuie sur le rôle révolutionnaire de ceux qui sont exploités et qui ont toujours représenté le mouvement de l’histoire, un parti  qui en marque l’autonomie y compris par rapport à la petite bourgeoisie dont le discours tend à devenir de plus en plus hargneux à défaut d’être révolutionnaire. Dans une telle période  que se passe-t-il dans ce haut lieu de la lutte des classes que sont les bouches du rhône et cette ville prolétarienne qu’est Marseille?

Je mets ces quelques remarques sous le haut parrainage de Karl Marx qui considérait que nous étions une nation d’émeutiers, incapables de mesurer les conséquences politiques et idéologiques d’une situation mais qui nous donnait en exemple aux Allemands à cause du refus du prolétariat français de se mettre sous la direction de la bourgeoisie, petite ou grande. Nous avons les défauts de nos qualités et les capacités de rébellion de notre peuple sont grandes, notre égalitarisme irréductible. Le mouvement français dit des « gilets jaunes » mais qui ne se limite pas à ce mouvement et qui secoue notre pays depuis pas mal de temps est très suivi en Europe et partout dans le monde. Le renouveau du PCF est également apprécié.

D’abord qu’il soit  affirmé hautement que je me réjouis des changements qu’a apporté le Congrès aux orientations du PCF, comme je me réjouis des interventions -entre autres- de Fabien Roussel et de Ian Brossat dans les médias, enfin des gens qui ont l’air convaincus de ce qu’ils disent et qui recentrent le discours du parti sur l’essentiel, loin de la politique politicienne. Voilà des gens fiers d’être communistes et qui le revendiquent au lieu de périodiquement nous inviter à changer de nom. Je partage également le souci qu’a eu cette nouvelle direction de ne pas diviser le parti. Comme bien sûr je partage leur volonté de non effacement du parti, de leur capacité à marquer l’autonomie pour mieux inviter tous ceux qui le veulent à frapper ensemble contre les adversaires du monde du travail.

Qu’en est-il pour Marseille, même si le congrès y a été mené dans des mœurs de spadassins visant à donner la majorité à Pierre Laurent et aux refondateurs et à nier de fait tout espace de direction aux militants du manifeste, le parti dans sa masse a cru au discours sur l’unité et se conduit aujourd’hui comme tel. Disons qu’à la base, les communistes se sont mis à distribuer des tracts et qu’ils apprécient à la fois que le parti n’ait pas été divisé et la combativité de la nouvelle direction nationale. Le légitimisme marseillais crée des conditions favorables et le dévouement des militants existe. Les tracts qui sont distribués sont bons qu’il s’agisse des propositions du candidat Ian Brossat ou de ceux sur le pouvoir d’achat. Il n’y a aucune autre force qui bénéficie de cette capacité obstinée d’être présents partout et quel que soit son état de faiblesse le PCF demeure sans équivalent en capacité militante. Tout cela n’a fait que renforcer ma conviction que si l’on veut éviter une situation à l’italienne, il n’y a pas d’autre issue que d’œuvrer dans le sens de la transformation du parti avec tous les militants.

Mais car il y a un mais,  je pense que nous avons hérité de la préparation du Congrès de situation inégales suivant les départements. Dans les bouches du Rhône, nous avons une combativité prolétarienne et du monde du travail indéniable et une direction fédérale qui est incapable de profiter de toutes ces opportunités, c’est du moins mon diagnostic. Elle va perdre beaucoup de temps alors qu’il y a urgence dans la survie, il y a un certain ébranlement lié à ce potentiel mais il manque de prendre la mesure politique de l’urgence, en particulier celle de renouer avec le monde du travail, l’entreprise mais aussi ce qui s’est désagrégé avec la transformation du port et d’autres centres industriels. Il est bon que les communistes soient là, prêts à distribuer des tracts, voire à coller des affiches, mais il faudrait un véritable effort pour qu’ils s’approprient une stratégie, y participent, tous les communistes cela signifie que l’action et le débat se poursuive avec la conscience du but recherché. Nous en sommes loin.

Je redis que quand je parle de la direction locale du PCF je parle de la fédération des Bouches du Rhône, et en particulier de Marseille et pas de la direction nationale que je soutiens pleinement.

D’abord cette direction fédérale est incapable de mesurer l’état réel du parti et le fait que les communistes ont littéralement disparu des références de l’immense majorité du prolétariat tel qu’il existe aujourd’hui à Marseille et dans notre département. Le communisme est une idée que la plupart des moins de 20 ans ne peuvent pas connaître sauf s’ils ont des grands-parents communistes. Ce n’est pas plus mal parce que ceux qui se souviennent de leurs cours d’histoire en gardent l’idée que nazisme et communisme c’est la même chose.

Nous avons eu depuis Robert Hue des gens qui loin de combattre ces idées les ont entretenues y compris chez les militants, ont adopté au plan international des visions social-démocrates et qui ont renié successivement Cuba, l’ex-URSS et maintenant la Chine, identifiés à l’impérialisme, celui-ci n’a cessé d’être excusé au nom de la lutte nécessaire contre des dictatures. Au plan intérieur, non seulement le marxisme a été abandonné au profit de vagues références sociologiques mal maîtrisées, mais tout a été fait pour que depuis plus de 15 ans nous nous effacions derrière des sociaux-démocrates. Ces idées sont majoritaires au niveau de la direction fédérale, la responsable à la formation est à la pointe de ces inepties.

Il est clair que nous n’allons pas mener les combats qui sont les nôtres dans l’immédiat en tentant de refaire le terrain, mais pourtant il y a urgence à le refaire chez les communistes eux-mêmes, comme d’ailleurs si l’on considère la question de l’Europe, et de l’attitude des communistes.

Comme ma fédération n’a qu’une obsession l’électoralisme, ce qui ne l’a pas empêché d’ailleurs de perdre position après position, la soumission à toutes ces « idées » y a été plus forte qu’ailleurs. Tandis que la combativité réelle du monde du travail était partiellement récupérée par l’anarchosyndicalisme. Tout une partie de la classe ouvrière s’auto-exploitant ou vivant chez de petits artisans a été abandonnée à son sort, et c’est elle que l’on retrouve chez les gilets jaunes.

On reste enfermé entre soi dans un milieu vieillissant ou on se réjouit d’enfin avoir touché la jeunesse quand on rencontre celle qui vit du socio-culturel dans les quartiers du cours julien. Etudiants, animateurs en voie de suspension de subventions, tous ces gens sont dynamiques et on peut se réjouir que le PCF les rencontre, mais ils ne mordent pas plus sur le prolétariat même s’ils en partagent le faible niveau de ressources. C’est le public de nuit debout. Il ne faut pas négliger le rôle de caisse de résonance qu’il peut y avoir face au crime impuni de ces pauvres gens enfouis sous les décombres de l’habitat insalubre. Le système municipal, clientéliste et corrompu est en train de s’effondrer et le maire Gaudin devient le bouc émissaire d’un système qui espère perdurer. La question du logement, l’habitat insalubre est une des plus sensibles et pourtant là encore on peine à y rallier toutes les principales victimes. Comment là encore avancer, tenir compte de cette forme spontanée qui a surgi, des atouts existants pour bousculer le clientélisme marseillais, l’apparente inertie de ce monde en souffrance.

Le paradoxe qui veut qu’un maire de droite et son clientélisme soit élu avec 15% des inscrits, est-il réellement mis en cause? Comme au plan national, les notables expliquent à Macron qu’il a eu tort de les négliger pour faire appliquer ses réformes et donc que le capital a encore besoin d’eux, est-ce que le PCF est en situation de dénoncer ce compromis que la droite est toujours disposée à passer pour que la révolte passée rien ne change ? Il faut un parti communiste capable de bousculer le système d’offrir d’autres perspectives.

Ce que je constate donc c’est que cette fédération du PCF en particulier à Marseille demeure dans les ornières de l’ancienne stratégie et va poursuivre dans l’effacement à la fois idéologique et sur le terrain, se contentant d’un rapprochement avec le milieu des animateurs et socio-culturels plus proches d’ailleurs de Ruffin et de ses coups de gueule, que des rassemblement prolétariens tentés dans les Hauts de France. Non pour renoncer à combattre avec eux mais pour élargir le combat.

J’ose affirmer que c’est cette fédération, les Marseillais surtout, qui a mené le congrès pour aboutir aux pires résultats dans l’immobilisme, puisque c’est la seule à avoir envoyé uniquement des représentants de l’ancienne équipe et des refondateurs au CN, alors que le manifeste avait 38% des exprimés (malgré le bourrage d’urnes)… Sous prétexte de « préserver l’unité du parti et refuser les tendances » (alors qu’ils s’étaient constitués en tendance contre le manifeste), ces tricheurs ont accompli ce qui ne s’est accompli dans aucune autre fédération, même pas la Seine saint Denis, il n’y a pas un seul représentant du manifeste des bouches du Rhône au CN, ce sont tous des bons petits soldats de l’ancienne stratégie. Il ne faudrait d’ailleurs pas que la référence à l’ancien secrétaire masque la réalité de ce qui est entretenu, à savoir l’adhésion de fait à un certain nombre d’idées: la dénonciation de fait de tous les communismes confondus avec le totalitarisme, le refuge dans un communisme idéal n’ayant existé nulle part ce qui économise sous la vague visée communiste toute mesure concrète du socialisme réel et nous aligne derrière la social démocratie, voire un retour au congrès de Tours, le tout avec l’idée que la classe ouvrière n’existe plus. C’est cette idéologie là qui est à l’oeuvre non seulement dans les membres du CN des Bouches du rhône, mais dans la direction. Et il ne s’agit en aucun cas de laisser naître une réflexion qui la contredise… L’activisme militant, la formation, tout doit entretenir des idées pourtant battues au Congrès, mais pas suffisamment débattues. Recréer une relation avec le monde du travail, l’entreprise, le prolétariat devrait être au centre de cette démarche.

Pourtant il existe encore des liens avec le monde du travail, les gens de la fonction publique mais ce sont chez des retraités qui voient encore leurs anciens collègues, comme il y a dans la JC une exigence de marxisme, une connaissance réelle de l’histoire et du communisme vivant, mais je vois mal comment cette fédération va y répondre telle qu’elle est.

De même au Comité départemental, n’y sont présents à de rares exceptions près que de fait que ceux qui acceptent l’union sacrée autour des suppôts de l’ancienne stratégie et les refondateurs. La formation des militants est confiée à l’une d’entre eux. Donc je parle d’une situation particulière, celle d’un département ouvrier, combatif, avec d’excellents résultats de la CGT et dont le parti est dirigé, animé, dans sa quasi totalité par ceux qui viennent de l’ancienne stratégie et selon moi continuent à être incapables de mener autre chose.

Cela n’est pas inspiré par le ressentiment mais par le regret de la perte de temps alors que nous en avons peu pour reconquérir une population qui a besoin de nous mais dont les jeunes ont perdu jusqu’à la mémoire de notre existence.

Autant je partage la prudence de l’actuelle direction nationale, le refus de diviser autant je suis pessimiste sur ce que cette nécessité entretient, la force d’inertie qui est encouragée et le découragement de tous ceux qui aspirent à la mise en oeuvre du Manifeste tel qu’il a été soutenu dans la préparation du congrès. Pour faire simple disons que la principale question à savoir la nécessité d’un parti révolutionnaire qui était derrière celle du refus de l’effacement a peu de chance d’être murie, pensée… Il faudrait une prise de conscience de cette nécessité d’un parti révolutionnaire dont nous sommes loin.

Je suis convaincue que cette fédération telle qu’elle est du moins à Marseille est incapable d’être en capacité d’utiliser le renouveau du parti et le mouvement qui se déploie sous nos yeux.

Personnellement j’ai renoncé à aller expliquer cela à ma cellule, à ma section, la préparation du congrès m’ayant montré le peu d’audience et de compréhension que je peux attendre de gens qui n’ont cessé d’affirmer des contre-vérités sur le simple plan de la connaissance de la société française pour maintenir en place des gens qui pourtant n’avaient cessé de faire la preuve de leur nocivité. Je n’ai plus la force de guerroyer telle une don quichotte octogénaire. Je crains que nous soyons quelques uns à être découragés.

On me dira que ce sera pour le prochain congrès, c’est possible mais je n’ai pas l’âge, ni la patience de supporter cette force d’inertie alors je vais continuer à agir parallèlement dans ce que j’estime être le bon sens… sans perdre plus de temps et d’énergie que la situation ne l’exige. Si des forces se lèvent dans le sens du renouvellement du congrès je m’y associerai dans la mesure de mes moyens, mais prétendre autre chose dans le cadre des structures existantes est vain. Il faudrait des adhésions massives pour transformer la situation et pour recréer un parti qui correspondrait aux exigences de l’heure alors que celui-ci ne pense qu’aux municipales.

deux propositions constructives : un pour la prochaine manif les communistes se mêlent aux gilets jaunes dés le début, et le député des Bouches du rhone vient comme d’autres se méler à eux… Enfin la formation des militants s’ouvre à des gens qui ont autre chose à raconter que la messe des refondateurs … sans exlure, ouvrir à d’autres ce qui n’est pas dans les moeurs de la fédération…

Je suis par ailleurs plus que jamais convaincue qu’il n’y a pas d’autres voies que celle d’une reconquête du parti communiste et plus que jamais hostile aux égarements groupusculaires, ne serait-ce que parce que j’ai vu la plupart d’entre eux vicieusement opposés à tous mes efforts durant cette préparation du congrès et pesant de tous leurs poids de fait pour renforcer à la fois l’ancienne direction et Jean Luc Mélenchon comme unique issue à laquelle s’associerait leurs militants.

Danielle Bleitrach

 

Fabien Roussel : «Il faut que le parti communiste soit plus combatif !»

>Politique|Quentin Laurent|25 novembre 2018, 21h27|MAJ : 25 novembre 2018, 21h28|11
Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), dimanche 25 novembre. Fabien Roussel vient d’être désigné secrétaire national du PCF. LP/Olivier Corsan

Fabien Roussel, élu ce dimanche à la tête du Parti communiste (PCF), soutient les Gilets jaunes et souhaite que son parti passe de « l’opposition » à la « proposition ».

A 49 ans, le député du Nord Fabien Roussel succède à Pierre Laurent. Le tout nouveau secrétaire national du Parti communiste – qui nous accorde sa toute première interview – a la lourde tâche de redonner de l’élan à un parti en déclin.

Le mouvement des Gilets jaunes ne semble pas s’essouffler. Le soutenez-vous ?

FABIEN ROUSSEL. On les soutient, même s’il y a dans le mouvement des gens avec des agissements condamnables mais ça, les Gilets jaunes eux-mêmes le dénoncent ! Nous demandons au gouvernement d’entendre les demandes qu’ils formulent. La hausse des taxes sur l’essence et le diesel, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Si Emmanuel Macron n’entend pas que les Français en ont marre de travailler pour des clopinettes, que les retraités ne supportent pas de perdre du pouvoir d’achat, ils continueront à manifester. Ils auront le soutien du Parti communiste, qui demande qu’il revienne sur les hausses de taxes pour le début de l’année.

Comment répondre à cette colère des Gilets jaunes ?

Il faut des réponses concrètes sur le pouvoir d’achat ! Et commencer par augmenter le smic et les pensions ! Relever le défi climatique est crucial, mais on ne peut pas le faire en France avec 9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, avec des smicards qui ne peuvent pas s’acheter des voitures non polluantes, avec des transports qui sont toujours plus chers.

Que pensez-vous de la proposition de Laurent Berger (CFDT) de réunir syndicats, associations et organisations patronales pour construire un « pacte social de conversion écologique » ?

L’idée est bonne. Il y a besoin d’un Grenelle social et écologique. On ne doit pas opposer la fin du monde et les fins de mois difficiles.

LIRE AUSSI >Laurent Berger : « Les inégalités vont faire crever notre démocratie »

Vous venez d’être élu secrétaire national du PCF. Qu’est-ce qui va changer avec vous ?

Il faut que nous soyons un parti plus combatif, tourné vers l’action. Toujours la tête dans les étoiles mais les pieds plus ancrés dans la glaise ! Et que l’on continue à se battre sur le pouvoir d’achat pour faire bouger les choses. C’est un PCF qui va se tourner résolument vers le monde du travail, les salariés, les ouvriers, les infirmiers, les enseignants. Nous devons partir de leur colère et leur redonner de l’espoir.

Comment comptez-vous faire pour moderniser l’image du parti ?

Désolé d’avoir 100 ans d’existence ! Nous avons participé à la résistance, au Front populaire, à Mai 68, à la reconstruction de la France avec le général De Gaulle. Nous avons peut-être une image qui n’est pas jugée assez moderne, mais nous sommes connus et nous pouvons être jugés à partir de cette histoire-là. Je la porte et j’en suis fier. Maintenant, il y en a une autre à écrire.

Vous avez axé une bonne partie de votre discours sur l’écologie. On a longtemps reproché au PCF de ne pas être assez « vert »…

Le parti a beaucoup travaillé sur ce sujet ces dernières années. Je ne dis pas qu’on a toujours été à la pointe, mais oui, le Parti communiste du XXIe siècle doit davantage s’emparer de la question écologique.

Quel est votre rôle dans l’opposition à Macron ?

Nous devons redonner de l’espoir aux Français. Car la colère qui s’exprime aujourd’hui, si elle n’est pas nourrie, peut être dangereuse. La colère seule ne produit rien de bon. Le PCF est dans l’opposition mais il doit être dans la proposition. Etre le parti du « pour ».

Les communistes peuvent-ils aller seuls aux élections européennes ?

On n’est jamais seul quand on construit une liste de 79 noms ! Je souhaite que Ian Brossat puisse conduire cette liste, et qu’on continue de discuter avec les forces de gauche qui s’engagent sur la remise en cause des traités européens actuels. Mais cette discussion ne peut pas s’éterniser.

Quelles seront les alliances du PCF aux municipales ? Plutôt PS, plutôt France insoumise ?

Ce sont les élections où il est possible de construire les rassemblements les plus larges. Ce ne sera pas le PS ou LFI, ce sera parfois peut-être les deux ! Nous porterons des propositions qui seront liées aux réalités locales. Il ne faut rien s’interdire si c’est dans l’intérêt des habitants. Soyons ouverts, ouverts, ouverts !

Les rapports ont été tendus avec Jean-Luc Mélenchon ces dernières années. Cela va-t-il changer ?

Je ne nie pas qu’il y ait eu des tensions ici et là, notamment au moment des élections législatives. Mais aujourd’hui, nous, les députés communistes, travaillons bien avec les Insoumis à l’Assemblée nationale. Il n’y a pas de rapport conflictuel. On se parle, on se le dit quand on n’est pas d’accord. Il faut regarder devant. Le passé est un œuf cassé, l’avenir est un œuf qu’on couve. Couvons l’avenir !

 
 

Un symbole déplaisant certes, mais prendre bien conscience des véritables obstacles que nous avons à affronter…

Résultat de recherche d'images pour "la faucille et le marteau dans l'étoile rouge."

Un ami dit à propos du symbole de l’étoile avec sa houppe,  assez unanimement refusé, que  le rapport des forces n’était pas assez bon au Congrès, il a fallu pour conserver l’unité avaliser bien des choses. En ce qui concerne donc cet « héritage » symbolique il faut que le prochain congrès l’annule ajoute-t-il parce que le parti sera plus fort. Je suis assez d’accord. Je me souviens qu’alors que Marchais était à l’hôpital il y a eu une brève tentative pour supprimer la faucille et le marteau… Les communistes allaient à la tribune le dessiner et il a été rétabli. Comme quoi l’histoire remonte à loin et ce n’est pas d’aujourd’hui que dans le parti s’affrontent des conceptions, la caractéritique des gens du manifeste et de Fabien Roussel, c’est qu’ils ont souhaité ne pas diviser le parti.

Donc la question importante c’est le rapport des forces, à commencer par le pari difficile, mais le seul viable pris pour les européennes, c’est-à-dire faire de Ian Brossat le candidat d’une liste de rassemblement qui non seulement parlera de la souffrance des ouvriers, des paysans et plus encore, mais leur accordera une place éligible, les enverra dire ce qu’ils ont à dire à Strasbourg. Si quelque chose démontre le caractère extraordinaire de ce congrès c’est ça comme l’orientation vers le pouvoir d’achat, la dénonciation de l’évasion fiscale pour que l’on voie ce qu’est le capital. Cela commence à se dire. Hier à la télévision, l’art de prendre les problèmes dont a témoigné sur BMTV Fabien Roussel, montraient la différence sans ostentation… Fort heureusement, il ne sera pas obligé de se faire prendre en photo comme au congrès avec ce machin partout où il ira et nous rien ne nous interdit un autre logo.

Surtout il ne faut pas tarder pour lancer cette campagne, pour que les communistes comprennent bien qu’à partir du moment où on a un langage de classe, les rapports avec d’autres forces de gauche peuvent s’apaiser, on voit ce qu’on peut faire ensemble, sans faire disparaitre notre drapeau et nos propositions parce qu’ils sont ceux de la classe ouvrière et de toutes les victimes de ce président et de son gouvernement. A BMTV, Fabien Roussel a dit qu’il ne s’agissait pas seulement d’entendre mais de répondre, il a dit qu’il y avait les gilets jaunes à soutenir mais tous les autres, les blouses blanches, les tenues de l’avocat… Il n’a pas été provocateur envers les policiers, mais il a montré comment on les piégeait et comment le pouvoir se débrouillait pour qu’il y ait de la casse. C’était direct franc et il faut que ça continue sur ce ton là pour reconquérir. 


Alors revenons à à l’essentiel : par rapport à ces élections dans le fief de Valls, la candidate insoumise battue, incontestablement la confiance n’est pas là… Est-ce que nous serons capables sans nous opposer à eux, ni au PS, de faire comprendre que nous sommes différents, que nous sommes le parti né de cette classe ouvrière, de ceux qu’on prive du droit à dire leur misère, leur impossibilité à vivre comme ça, nous sommes eux.? C’est pas gagné même si le choix de notre secrétaire est un atout, il faut rattraper des choix erronés, notre effacement et nous prenons tout ça dans cette campagne, il n’y a pas une minute à perdre.

Certes il y aura des fédérations plus dynamiques que d’autres, vu l’état des forces organisées et de leur conviction, mais le principal ennemi c’est l’abstention des nôtres, de la difficulté à remonter l’état de dégradation de la situation..


Ce qui s’est passé dans l’ancien fief de Manuel Valls est caractéristique comme l’est l’attitude de gilets jaunes, le sentiment que les gens du pouvoir, Macron en tête,  sont trop forts, qu’ils font ce qu’ils veulent, que cela ne sert à rien de voter, de s’organiser puisqu’on est dupé par tous. C’est le propre des jacqueries, un mélange de colère et de résignation. Des mouvements mêmes, c’est d’ailleurs pour ça que l’on a besoin de syndicat de classe et du parti communiste. 


C’est d’abord à cause de cela que la campagne va être difficile et que si le logo nous touche, ne nous plaît pas parce qu’il est représentatif de ce contre quoi s’est élevée la masse des communistes, ce qui est essentiel c’est le véritable combat pour redonner à la classe ouvrière, la paysannerie, les employés, tous ceux qui n’en peuvent plus devant la politique de Macron, une espérance, rien n’est gagné mais nous devons nous y mettre. pour qu’ils soient en mesure de poser le problème de leur pouvoir politique.

Danielle Bleitrach

 
 

Est-ce sous la pression de l’UE que nous avons changé de symbole?

 

j’ai présenté sur mon blog dernièrement un article de The guardian qui analyse comment l’uE interdit la faucille et le marteau, mis à la mode par des stylist russe. le géant amazon a ainsi été invité à ne plus diffuser de signes de ce types. Certains pays qui ne craignent pas de favoriser en leur sein le retour aux symboles nazis sous couvert de libération de l’emprise russe comme la lituanie s’étant émus du recours de plus en plus fréquents par la mode à ces symboles que sont la faucille et le marteau.

cela fait partie de la manière dont l’UE a tout fait pour diffuser la thèse des deux totalitarismes, identifiant URSS et nazisme.

la question est donc de savoir si c’est sous la pression de l’uE que l’ancienne équipe dirigeante du parti, plus ou moins adepte par ailleurs de la thèse des deux totalitarismes; a commandé ce logo ridicule et qui a coûté un maximum.

je signale que c’est un symbole français et qu’au moment où le gilet jaune nous parlent de la crise de la ruralité et de la classe ouvrière de ces zones rurales, prétendre imposer ce machin, ce n’est pas contribuer à la lutte contre l’effacement… certes empêcher la division du parti en avalisant ce qui peut paraître secondaire est peut-être compréhensible, mais il faut peut-être ne pas prendre tous les héritages qui ont une incidence sur le fond, en particulier au moment où nous allons mener une campagne européenne et où notre congrès a choisi de faire de Iann Brossat non pas un chef de file dans l’attente d’une liste de confusion, mais bien une liste offenive qui reocnquiert notre identité et notre présence quelles qu’en soient les diffricultés.

sans prêter à l’ancienne équipe un machiavélisme excessif, il est problable que ce slogan convenait mieux congrès que leur base préparait , mais l’avoir imposé sans débat à celui-ci c’est peut-être plomber inutilement le sens de ce que la majorité des communistes a voulu.

 

danielle Bleitrahc

 
 

Ils m’auront gâché jusqu’à ce qui aurait pu être un moment de bonheur…Il faut que je prenne une décision

le monde entier sera à nous….

l faut que je prenne une décision, je ne peux plus militer là où j’ai vécu la préparation abominable de ce congrès, ni même à Marseille et peut-être dans le 13. Au moment même où de toute côté on me téléphone pour me dire la joie devant ce changement, le désir d’adhérer ou de ré-adhérer, il m’est impossible de vivre ce moment d’enthousiasme avec ceux qui se sont conduits si mal, pas seulement avec moi, ça j’ai l’habitude… Pourquoi tant de dégâts? Ils m’auront gâché jusqu’à ce moment où j’ai l’impression d’enfin sortir de 20 ans de diffamation, de rumeurs, de censure, et de voir le parti peut-être connaitre un nouvel essor. je devrais être joyeuse mais ils sont là, rien ne les changera jamais, mesquins, minables, incapable de percevoir le mouvement du monde… Il faut que je prenne une décision…

ces gens là tels qu’ils sont n’ont aucune perception de la réalité autre que celle des manoeuvres du sérail, ils traitent les communistes en adversaires, ils ne voient plus rien de ce qui se met en mouvement, ils disent la messe.

je me donne jusqu’au premier janvier de 2019, il est clair que je ne puis remettre les pieds dans cette cellule et cette section? Savoir que grâce à de véritables tordus nous sortons de ce congrès en ayant sélectionné comme cadres fédéraux d’abord une espèce de psychorigide septuagénaire au conseil départemental, quelqu’un incapable de porter une ligne offensive, une bigote, elle est flanquée d’un machiste mutant qui nous expliquait doctement que désormais la question sociale n’interessait plus les Français. Ce sont des gens qui se sont montrés de véritables spadassins pour attaquer le manifeste, des manipulateurs que j’ai retrouvé au niveau de la section et de la fédération, comme d’ailleurs aucun membre du conseil national n’a voté autre chose que la base de l’ancienne direction battue. Ce sont eux qui sont censés porter le renouveau du parti?

Combien d’années faudra-t-il pour qu’avec des gens pareils, le parti ait une chance de vraiment renaître de la mutation.Pourtant dans l’abstrait, je pense que nous avons avancé aussi loin qu’il était possible.  Je peux comprendre la stratégie de Fabien Roussel, quand Robert Hue a pris le pouvoir il a paru un temps se situer dans la continuité de Marchais, puis peu à peu il nous a imposé sa mutation, il a détruit le parti,on peut concevoir que la même démarche soit appliquée pour le reconstruire, pour éviter les divisions, pour qu’il soit plus apte à agir sur les réalités d’aujourd’hui.  Il y a peut-être une volonté mais surtout il y a la réalité, la colère, la révolte… Bien des questions à commencer par l’Europe seront traitées par la réalité avant que nos analyses aient tranché. C’est de là qu’il faut partir., déjà à propos de l’Europe, Ian Brossat est passé de chef de file à tête de liste et il poursuit la campagne bien entamée dans le Nord et le Pas de calais.

Lénine disait que malgré la révolution, le cadavre de l’anicenne société continuait à pourrir au milieu de nous, ce qui a eu lieu à ce Congrès n’est pas une révolution, c’est simplement la tentative de commencer à remettre un parti révolutionnaire sur ses rails alors même que tout dit à quel point notre pays comme le reste du monde a effectivement besoin d’un changement de société. Quelques idées forces se sont imposées, la première a été d’affirmer l’autonomie du parti, ce qui loin de l’isoler rend rassemblement et alliances pour frapper ensemble au profit du monde du travail plus aisé. Une réalité déjà posée par Marx dans son adresse au comité central de la ligue des communistes, ne jamais être à la remorque de la petite bourgeoisie. Une ré_orientation vers ce monde du travail dont la mutation nous a coupés. Pour la première fois depuis des années un certain nombre de communistes ont eu le courage de s’unir pour qu’il en soit ainsi, pour la première fois le pied a été mis dans la porte et a été dénoncé la pédagogie du renoncement, l’idée que tout était équivalent. Il faudra encore plus d’efforts, j’en suis consciente et ceux-ci exigeront une pratique politique..

Mais moi il me reste peu d’années à vivre,  je ne peux pas continuer à les passer dans ce poison de la haine, des la bêtise, de la manipulation,ce que l’on m’a fait à moi n’était que dans la continuité, mais ce que je n’ai pas supporté c’est quand je les ai vu s’attaquer à une jeune femme qui pas plus que moi ne le méritait, s’unir pour l’écarter au profit de ces momies manipulatrices…S’il ne s’agissait que de moi, je pourrais pardonner et me dire comme je l’ai toujours fait que tout cela m’indiffère, qu’ils ne m’enléveront pas tout le souvenir de ces géants du communisme que j’ai cotoyés, mais savoir qu’ils étaient prêts à recommencer sur une jeune femme m’a été insupportable. Alors il me reste peu de temps, j’ai le droit de respirer. Depuis 20 ans je me bats pour sortir du congrès de Martigues et de la mutation, mais j’ai atteint un âge où je ne peux survivre dans le mépris, cotoyer des gens que je sais ignobles et incapables de porter le renouveau, dénués du minimum d’honneteté intellectuelle et de compétence.

Puisque j’ai parlé de quelques grands que j’ai pu connaître, je puis vous affirmer qu’aucun d’entre eux n’était cyniques. ils croyaient profondément à ce à quoi ils vouaient leur vie. Leur intelligence du monde s’accompagnait d’une bienveillance, ils avaient des principes mêmesi ils savaient trancher quand la lutte contre le véritable adversaire l’exigeait, rien ne leur paraissait plus méprisable que la mentalité de conspirateurs, ils s’adressaient aux masses, à l’histoire.

A cause de ce qu’ils m’auront appris, je n’agirai pas en gauchiste prête à tomber dans un groupuscule quelconque parce que je n’ai pas tout obtenu, parce que le logo du parti est sans intérêt, je conserverai cette image de la porte qu’il faut pousser et pourquoi il faut être très nombreux à le faire au lieu de jouer les censeurs sur le bord de la route. C’est dire combien me coûte la décision de rompre avec cette cellule, cette section, il faut vraiment que je sois à bout pour me mettre au niveau de ma pratique sur la touche.

Je resterai au parti,parce qu’il m’a permis de connaître le meilleur de l’humanité, parce qu’ il est autant le mien que ceux qui à mes les yeux le déshonorent dans leur médiocre batailles autant que dans leur ralliements dont j’ignorer encore la sincérité, mais je leur laisse ce qu’ils ont fait de l’organisation locale, fédérale… je sais à quel point cela leur fait plaisir, alors je veux bien reconnaître qu’ Ils sont trop forts pour moi, quand on a aucun principe on peut toujours gagner et on gagnera toujours sur quelqu’un comme moi, mais dans quel état. A partir de ce terrible constat, il faut que je réflechisse où je peux encore être utile sans avoir la nausée.

danielle Bleitrach

 
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un changement de ton…

Vote décisif à l’instant sur les élections européennes. Le congrès vient de décider à une large majorité que le PCF propose Ian Brossat comme Tête de Liste d’une liste de large rassemblement. La formulation « chef de file » disparaît, il était temps. Le second étage de la fusée est allumé. Envoyons Ian Brossat au plus haut ! Oui un candidat communiste peut être un rassembleur, cessons le jeu d’ombres de 2016 qui nous a fait tant de mal avec l’effacement. Il y a consensus sur la qualité du travail déjà engagé par Ian. Engageons nous dans la campagne. Relayons cette campagne ici sur Facebook, là sur le marché ou encore autour de la pause café ! C’est à nous de nous mobiliser.

 

PCF : « Il ne faut pas nous opposer » à LFI, estime Fabien Roussel, prochain secrétaire général du parti

un langage que j’avais envie d’entendre. Il ne s’agit pas de s’opposer systématiquement mais d’avoir son autonomie et se faire respecter, tout en frappant ensemble pour faire respecter le monde du travail. Une réaffirmation de la posqition de classe, beaucoup plus ouverte une fois de plus que les fausses unités-fusion qui ne mènent nulle part. Ma seule inquiétude est de savoir si à ce congrès d’Ivry les communistes donneront-ils à Fabien Roussel les moyens réels, une organisation et une équipe cohérente pour appliquer cette ré_orientation du parti. (note de danielle Bleitrach)Résultat de recherche d'images pour "Fabien Roussel"

Fabien Roussel, député PCF du Nord et prochain secrétaire général du parti, n’exclut pas, mercredi sur Europe 1, de « s’unir » avec La France insoumise pour « faire respecter le monde du travail » face à l’exécutif. 

INTERVIEWLe député du Nord Fabien Roussel, qui devrait être élu dimanche prochain secrétaire général du Parti communiste français (PCF), assure mercredi sur Europe 1 ne pas chercher à tourner le dos à La France insoumise, pour se rapprocher du Parti socialiste, comme l’affirment certaines voix chez les Insoumis. « C’est de la rigolade (…) Il ne faut pas nous opposer, au contraire. Je pense que si demain nous étions unis, nous serions certainement plus forts pour faire respecter le monde du travail dans le pays », fait valoir Fabien Roussel au micro de Matthieu Belliard.

« Nous tapons ensemble sur le même clou ». « Je suis membre de la commission des finances à l’Assemblée nationale, et je suis aux côtés du député LFI Éric Coquerel et de la députée PS Valérie Rabault, et bien souvent nous tapons ensemble sur le même clou, celui de la politique d’Emmanuel Macron et nous parlons bien souvent d’une même voix pour dénoncer cette politique et proposer d’autres choix », illustre le député.

 

Pour une augmentation des salaires. Fabien Roussel avait obtenu le soutien des adhérents du PCF début octobre face à l’actuel secrétaire général Pierre Laurent, avec son Manifeste pour un Parti communiste du 21ème siècle. Une notion qu’il a explicitée sur Europe 1 mercredi soir : « Les communistes du 21ème siècle portent un ‘gilet jaune‘ et portent surtout la colère qui s’exprime en ce moment. Ça fait des semaines que nous demandons au gouvernement de ne pas infliger cette nouvelle taxe (sur les carburants) et surtout que nous demandons l’augmentation des salaires et des pensions », détaille-t-il.

« Défendre le monde du travail ». Le prochain secrétaire général du PCF, dont l’élection doit être entérinée par un vote des adhérents au Congrès du parti dimanche, entend ainsi défendre le monde du travail face à l’exécutif. « Nous sommes des militants qui défendons le monde du travail, les salariés, le monde ouvrier… Plus que jamais il y a besoin d’un parti qui porte la voix du monde du travail. L’argent est concentré dans les mains de quelques-uns et il faut mieux répartir les richesses, et reprendre le pouvoir sur la finance », prône-t-il.

 

A propos de Fabien Roussel mis en tutelle par son « président », une stratégie à l’œuvre ?

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Ce qui fait le succès de ce blog, c’est la qualité de ses informations, leur sérieux autant que l’engagement clair de ceux qui y écrivent.

Moi qui en suis l’animatrice principale, vous savez que je ne vous ai jamais menti, je vais donc poursuivre et lancer une alerte: au vu de la liste de membres du CN, présentée et sans doute acceptée par la commission des candidatures, je suis plus qu’inquiète sur les possibilités réelles de changement et sur l’avenir de l’espoir qui s’est levé. Je ne connais pas l’ensemble des candidats retenus pour le CN par la commission des candidatures et proposés au CN avec son aval sur une liste dite commune. Cette liste commune a été voulue légitimement pour éviter les divisions, mais elle ne doit pas devenir une arme pour les entretenir.

Parce que si comme n nous tous j’ignore qui sont bien des candidats au CN, je sais qui sont les candidats très nombreux des Bouches du Rhône, ce sont tous des petits soldats de Pierre Laurent ayant pratiqué et continuant à pratiquer la chasse aux sorcières dans le département contre ceux qui ont voté le manifeste. je sais que le secrétaire fédéral est issu de ce processus.

Les postulants des Bouches du Rhône étant exclusivement ceux qui ont voté la base 1, il y a un signataire de la tendance officielle des 5O et pas un représentant du manifeste qui a pourtant  fait 34%. Rien que cela aurait dû alerter la commission des candidatures. Mais il y a plus, il ne s’agit pas seulement de gens ayant voté la base 1, mais de gens recrutés sur leur capacité à écrémer les éléments considérés comme peu sûrs pour la conférence fédérale. Celle-ci a été une parodie complétement verrouillée, à laquelle on avait associé quelques éléments s’étant prononcés récemment pour le manifeste mais que l’on avait  invité à participer à la manœuvre sous couvert d’unité du parti. Le bilan a été totalement supprimé, amendements encouragés et votés par le secrétaire fédéral, qui n’intervenait que pour en appeler à l’unité. Mais le plus caractéristique a été que  cela s’est accompagné d’une véritable chasse aux sorcières d’éléments que l’on ne pouvait pas associer à la manœuvre. Il ne s’agit pas seulement de moi mais d’autres camarades., partout il a été agi ainsi en particulier à Marseille, c’était moins évident dans le département..Autre caratéristique, la question de la direction nationale a été interdite, elle ne devait pas être posée, ce qui laissait toute latitude à toutes les manoeuvres.

Je pense qu’il faut faire attention  si tout le reste de la liste est comme ça ou si la majorité tend à l’être, Fabien Roussel s’il fonctionnait en binome avec Pierre laurent, comme cela nous est répété à l’envie, va être mis sous tutelle avec un CN voire un exécutif aux ordres de son « président » et qui fera qu’à chaque séance du CN la partie se rejouera entre l’officiel secrétaire et son « président » soutenu non seulement par un « parlement » majoritairement de sa tendance mais appuyé par quelques fédérations vieillissantes mais avec fort pouvoir de nuisance. Après cet exercice accompli dans une période où nous avons deux élections importantes, s’il reste un parti celui-ci pourra être achevé rapidement.

C’est une stratégie qui poursuit le blocage que nous venons de connaitre et dans de telles conditions l’espoir de voir un changement s’amenuise et on ne peut pas la tolérer, les communistes ne peuvent pas se faire voler leur vote, l’énorme effort accompli.

. Que chacun regarde ceux que la commission des candidatures a retenu et qu’ils connaissent pour mesurer si mon alerte sur les Bouches du Rhône a un sens.

Je dis qu’en mon âme et conscience je ne puis approuver une telle liste et surtout ses chances de réussite s’il en était ainsi. Il est possible que le cas des Bouches du Rhône où tout a été soigneusement nettoyé avant d’être proposé à la nouvelle direction du parti soit exceptionnel, mais il est possible aussi qu’il y ait d’autres cas et que l’ensemble aboutisse de fait à remettre en cause le vote des communistes. L’attitude de Pierre Laurent la manière dont il s’est posé comme enjeu du Congrès et après le vote organisant ré-écriture et tendance pour contrôler les fédérations, imposer les siens et au final nous imposer ce duo qui rappelle étrangement celui dont il est issu, celui de Robert Hue et Marie Georges Buffet. la bataille porte encore là-dessus, est-ce que le parti va approuver ce duo, quitte à s’autodétruire, c’est ce que voudraient les partisans de Pierre Laurent, mais les communistes n’ont jamais été partisans de cette solution. Ils l’avaient déjà re’poussée à propos de Marie Georges et Robert hue. Le Congrès peut toujours la repousser.

Ceux qui pensaient que ce qui se déroulait à l’intérieur du PCF à l’occasion de ce Congrès était une simple révolution de palais, avaient tort. Les communistes ont constitué un véritable mouvement vers une ré-orientation, ils ont tenté partout de déjouer les manœuvres d’un appareil dont on finit par se demander qui l’anime et vu les pratiques de cette direction, ses relais, l’organisation de fait en tendance, le résultat est miraculeux. Mais nous voici à un moment important où tous leurs efforts risquent d’être vains. Les proches de la direction ne se cachent pas ils invitent à un rendez-vous celui du congrès qui pourra renverser le vote majoritaire des communistes et créer les conditions d’une « revanche » dont le parti ne se relèvera pas. La majorité des communistes ne veut pas de ces manœuvres, a soif d’unité pour mieux se battre contre le capital, contre Macron, pour soutenir leur candidat Ian Brossat. Le dernier piège est d’utiliser cette volonté d’unité pour diviser.

 

Danielle Bleitrach

 

La proposition de la commission des candidatures: le danger est que l’on change la tête pour ne rien changer

A priori la proposition de la commission des candidature prend acte de la volonté de changement, du refus de l’effacement du parti puisque Fabien Roussel devient le secrétaire du parti.Il ne faut pas minimiser l’importance d’un tel renouvellement. C’est llà une nouveauté dûe à la volonté des communistes, à la manière dont ils ont mis en minorité pas seulement une équipe mais surtout une ligne; Pas plus qu’il ne faut minimiser le choix de l’unité du parti.

Pourtant comme le dit fabien Roussel le danger est que l’on change de tête pour ne rien changer. La manière dont Pierre laurent a mené tout ce congrès en constituant une véritable tendance,  pour s’imposer et pour  l’obtention d’une direction bicéphale  peut hypothéquer l’avenir. Le parti a déjà connu une situation bicéphale avec le tandem Hue-Buffet, on ne peut pas dire que cela ait laissé un souvenir immortel et de toute façon le parti n’en voulait pas.Il faut donc qu’il y ait un secrétaire avec lui une équipe cohérente pour mettre en oeuvre.

Nous avons un nouveau secrétaire et plus perrsonne ne parle d’un changement de nom pour le parti…

Pierre laurent a souhaité un poste qui lui donne un poids réel et il a obtenu la présidence du Conseil national. Pourquoi pas? sauf si c’est au prix de l’imposition d’une tendance avec de fait un blocage permanent.. il faut bien poser ce problème parce qu’il est réel.

Il était sans doute difficile de faire autrement parce que ce « compromis » correspond à l’état réel du parti, aux manoeuvres que nous avons subi durant ce congrès. Vu l’état de ce parti, non pas de la masse des communistes mais de ceux qui sont à la manette et qui ont joué et continueront à jouer un rôle de filtrage, il était difficile de faire autrement puisqu’ils étaient prêts à détruire le pCF et malheureusement le danger est que cela se poursuive. Nous devons juger du compromis en ce qu’il nous préserve ou non de ce danger.

Comme le dit bien Fabien Roussel, le danger est  que l’on change la tête pour ne rien changer. .c’est l’état réel du parti, l’immobilisme peut en être le prix, mais quelque chose est né, et le parti est désormais une autre réalité, celle-ci sera-t-elle ou non étouffée? Chacun reconnait que grâce au manifeste, c’est la première fois qu’un congrès donne lieu à un débat aussi fondamental, le manifeste a été un cri contre l’effacement, l’humiliation, le fait de ne plus se reconnaitre… Est-ce que cela prendra forme?

je l’ignore, mais j de toute manière il faut tabler sur ce qui est né et le faire grandir.

Ensuite, avant de prendre position, il faut d’abord voir le contenu du « compromis », qui ira à l’exécutif ? si il s’agit simplement de la présidence pour Pierre laurent, cela ne me gêne pas, mais si c’est pour le lester de tout le poids du cancer qui depuis des années ronge le parti, ;le refus de s’affirmer comme communiste avec notre programme,  ce n’est pas ce qu’il faudrait pour sortir le parti de l’effacement.

Surtout que les refondateurs vont probablement faire une liste pour tenter d’encore peser dans le sens de la droite et de l’effacement. Il y aurait donc le poids de ce que l’équipe de Laurent a obtenu et une fausse opposition qui vient encore droitiser le parti, en particulier dans notre manière d’aborder les échéances électorales. Nous aurions en fait un changement institutionnel vers un président du parti qui serait Fabien Roussel et un premier ministre qui conduirait la politique du parti en s’appuyant de fait sur une majorité parlementaire et sur quelques grandes fédérations. Le fait qu’il y ait eu voter unanime de la commission des candidatures peut laisser espérer une prise en compte de ce danger.

Cela dit nous sommes dans un processus et celui-ci a lieu dans un monde qui bouge et qui exige de notre part une évolution pour répondre à cette colère, il faut aussi tabler là-dessus. Le principal danger est l’écoeurement des militants qui ont subi le filtrage non démocratique du Congrès et qu’une telle perspective découragerait. Ce serait une erreur, ce que nous avons accompli nul ne l’imaginait et il faut au contraire une vague d’adhésion, c’est possible, la fête de l’humanité l’a montré. . L’effet d’annonce d’un changement à la tête du parti, d’un candidat jeune, issu du monde ouvrier du nord peut effectivement attirer vers le parti des gens qui souhaitent d’engager parce qu’ils n’en peuvent plus. Quel parti trouveront-ils pour les accueillir, cela dépend de nous aussi, de notre capacité à combattre le capital avec notre drapeau.

ce qui est né et qui exige un véritable changement dedans et dehors du parti ne pourra que croître. Pour le moment il faut voir le contenu du « compromis », ce que sera l’exécutif et le rôle du congrès lui-même. personnellement j’ai toujours pensé et je l’ai dit que pour que ce processus se développe, il fallait en mesurer les étapes, rechercher l’unité mais pas à n’importe quel prix donc il faut peser sur le prix. le congrès n’est pas terminé .La preuve vient d’être faite qu’une minorité organisée peut imposer ses volontés à la masse des communistes, il y a au sein du parti des gens qui ne veulent plus que notre parti s’efface dans des alliances de sommet et que soit affirmé son programme, la perspective proposée à notre pays. Fabien Roussel incontestablement représente cette exigence et nous pouvons nous féliciter de son élection, sera-t-il libre d’imposer cette volonté des communistes. C’est cela qu’il nous faut observer et surlequel il faut peser.  .

Ce qu’il en est de ce compromis, nous allons le voir dans le cadre de ce congrès, de la composition du comité national et de l’exécutif, de la manière dont le texte sera ou non dénaturé.

Mais nous allons surtout le voir avec les Européennes, le choix qui sera fait du rôle de Ian Brossat et de la liste de rassemblement qu’il conduira: est-ce que sera l’occasion d’un compromis avec génération écologie, avec des gens qui sur l’Europe ont la même position de Macron, c’est-à-dire ce que voulait l’équipe sortante, ou comme le disaitr le manifeste faut-il une liste qui avec des syndicalistes des gens issus du monde du travail, associatif,  nous pourrons faire entendre notre politique? C’est pareil pour les municipales.partout il faut tenir compte de la réalité du rapport des forces, mais sans  plus jamais nous effacer en tant que force de résitance et de propositions.

C’est au pied du mur que l’on attend le maçon, ceux qui ont betonné doivent faire la preuve qu’ils sont prêts à entendre les communistes. Nous avons confiance, mais la confiance c’est comme les allumettes ça ne sert qu’une fois et il faudra beaucoup pour faire oublier ce qui s’est passé dans certaines fédérations, mais sans rien oublier il faut tabler sur l’avenir et sur l’engagement de chacun ) adopter de nouvelles pratiques pour que tous les communistes aient leur place.

danielle Bleitrach

voici l’article de l’humanité

Pour Pierre Laurent comme Fabien Roussel, le défi est désormais de réunir l’ensemble de leur parti. Julien Jaulin/Hanslucas

Pour Pierre Laurent comme Fabien Roussel, le défi est désormais de réunir l’ensemble de leur parti. Julien Jaulin/Hanslucas

ACCORD AU PCF POUR QUE FABIEN ROUSSEL SUCCÈDE À PIERRE LAURENT

Mardi, 20 Novembre, 2018
À quelques jours du congrès du PCF, sa commission des candidatures a acté ce matin de proposer une liste rassemblant Fabien Roussel, présenté comme secrétaire national, et Pierre Laurent, qui pourrait devenir président de son conseil national.
Pas de bataille rangée en vue pour la tête du parti. À trois jours de l’ouverture du congrès du PCF, la commission des candidatures, réunie ce mardi, a voté à l’unanimité la présentation d’une liste commune emmenée par Fabien Roussel comme secrétaire national, avec une haute responsabilité pour Pierre Laurent, qui pourrait devenir président du conseil national. Sauf surprise, le député du Nord devrait donc succéder dimanche prochain au sénateur de Paris, répondant ainsi à l’attente de renouvellement exprimée par les communistes. Le binôme pourrait aussi rassembler des communistes dont l’unité a été mise à mal depuis quelques semaines.
En effet, début octobre, un vote inédit des adhérents de la formation avait placé en tête, avec 42 % des voix, un texte « alternatif » (« Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle ») à celui proposé par la direction sortante (38 %). À l’issue de ce scrutin, pour la première fois également, deux candidats s’étaient déclarés pour le poste de secrétaire national. Une issue a donc été trouvée ce mardi, sur la base de la proposition formulée la veille, dans nos colonnes, par Pierre Laurent. Prenant acte que le « désaccord ne (s’était) pas résorbé », « je fais une nouvelle proposition : que nous partagions la conduite de cette liste, avait-il annoncé. L’un de nous deux sera secrétaire national et l’autre pourra occuper une fonction de premier plan à ses côtés. Personnellement, j’accepterai le choix de la commission et du congrès sur la répartition proposée ».
Le risque de division  n’est pas totalement écarté
« Que l’on soit unis avec une seule liste qui nous rassemble était une exigence importante de beaucoup de communistes », a réagi Fabien Roussel. « On n’a pas les moyens d’être divisés. Même si nous ne sommes pas assez visibles et audibles, pas à la hauteur de notre réelle influence, jusqu’à maintenant nous avons su être unis et il est essentiel que nous le restions. C’est notre force, c’est grâce à cela que nous sommes encore présents dans le paysage politique », insiste-t-il. Pierre Laurent s’est lui aussi « félicit(é) que la commission des candidatures ait acté la possibilité que Fabien et moi travaillions en commun à la conduite d’une liste unique pour la direction de notre parti. C’est la décision la plus responsable face au débat qui le traverse et à la situation politique », a jugé le sénateur de Paris.
Mais le risque de division n’est pas totalement écarté. Après la proposition de la commission des candidatures, la possibilité demeure ouverte pour les congressistes de déposer une liste « alternative » à l’ouverture du congrès vendredi. Les signataires du texte « Pour un printemps du communisme », qui avait recueilli 12 % des votes en octobre, n’écartent pas pour l’heure cette hypothèse. « On y réfléchit encore. La difficulté, c’est que beaucoup de signataires du Printemps ont l’impression que les dés sont jetés, et que le congrès est réglé avant d’avoir eu lieu », explique l’historien Frédérick Genevée, animateur du texte. « Cette liste unique ne nous convient pas. C’est la double impasse du statu quo et du retour en arrière », estime-t-il.
De leur côté, Pierre Laurent comme Fabien Roussel espèrent parvenir au rassemblement. Le premier plaidant pour que « cette liste associe l’ensemble de la diversité (des communistes) quels qu’aient été les votes des uns et des autres ». Le second appelant de ses vœux cette unité « pour travailler dans la fraternité, dans le respect des idées des uns et des autres et surtout dans le respect des choix des militants ». Au cœur des crispations, des désaccords de fond ont aussi été exprimés sur le texte adopté en octobre et discuté ce week-end. Le chantier de l’unité semble avancer sur ce front-là aussi. « Des réécritures sont proposées et réintroduisent nombre de nos innovations récentes sur les mutations du travail, la révolution numérique, l’écologie, le féminisme », s’est félicité Pierre Laurent. Le texte « est vraiment enrichi, avec des idées nouvelles, des paragraphes qui ont été précisés, réécrits. L’effort d’amendements a été fait. On est en train de construire une direction à l’image de ce texte », estime de son côté Fabien Roussel, qui précise toutefois : « Il reste encore du travail. Car le risque c’est de changer la tête sans que rien ne change derrière. »
 
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Publié par le novembre 21, 2018 dans Congrès du parti 2018, POLITIQUE

 

Les communistes du Rhône confortent  le manifeste… Au tour des délégués d’Ivry de réussir un congrès extraordinaire !

mille fois d’accord avec ces travaux et cette véritable recherche d’unité à laquelle aspirent tous les communistes (note de Danielle Bleitrach)

par  pamillet

 

Les 14 délégués des communistes de Vénissieux à la conférence départementale du PCF du Rhône ont pleinement contribué à une conférence qui conforte la base commune issue du manifeste qu’ils avaient très largement choisi. Le texte amendé a été adopté à 82% des exprimés, vote salué par une internationale symbolique de l’unité des communistes.

Comme le souhaitaient les initiateurs du manifeste, les communistes se sont emparés de ce projet dans une discussion qui a occupé l’essentiel de la conférence, une discussion construite à partir d’un travail important de la commission des textes qui avait reçu plus de 400 amendements des différentes sections. La grande majorité des propositions visaient à préciser et enrichir le manifeste. Ceux qui voulaient le remettre en cause n’ont pas été retenus, même quand ils étaient soumis au vote de la conférence à la demande de leur auteur ou de sa section.

Au total, ce sont 98 amendements, qui regroupaient souvent plusieurs amendements proches de sections différentes, qui ont été débattus du vendredi soir au samedi soir, plus de 12 heures de discussion. La plupart des amendements retenus par la commission ont été largement adoptés, avec des modifications discutées en séance, aboutissant à un texte que les initiateurs du manifeste initial ont salué comme un succès de leur démarche visant à l’unité la plus large des communistes pour une réorientation politique de leur parti.

La discussion a confirmé l’importance d’un bilan stratégique des choix de ces dernières années. Si beaucoup de discussions montrent la nécessité de mieux comprendre l’histoire du PCF, ses choix successifs, l’importance des socialismes du 20ème siècle et de la défaite finale de l’URSS, elles aboutissent au constat que nos difficultés sont bien actuelles, liées à notre difficulté à porter un choix communiste dans le monde actuel, celui du capitalisme mondialisé et de ses dérives fascistes et militaristes. De ce point de vue, les derniers congrès n’ont pas donné aux communistes une orientation leur permettant de jouer leur rôle dans les luttes et le rassemblement populaire et il est urgent d’ouvrir le chantier d’une réorientation.

Conférence fédérale du Rhône : 16, 17,18 novembre 2018, Vénissieux

Ce bilan est indispensable d’autant plus que tous les communistes ont conscience de l’affaiblissement de leur parti et de son influence. La conférence fédérale elle-même l’illustrait, avec 111 délégués motivés et engagés, mais avec une majorité d’hommes, un âge moyen au-delà de 40 ans, et peu d’ouvriers ou d’habitants des quartiers populaires. De ce point de vue, la délégation Vénissiane aurait pu être plus importante, d’abord parce-qu’elle était à parité, avec une composition sociale à l’image de la ville [1] mais surtout parce que sa place dans la conférence ne reflétait pas son poids politique dans le département, Michèle Picard apportant 27% des voix communistes du Rhône aux législatives de 2017, 20% sur la seule ville de Vénissieux.

S’il y a toujours des adhésions, notamment de jeunes ou de militants d’entreprises à la recherche d’un parti politique du monde du travail éclairant les luttes et menant la bataille d »idées pour l’unité du monde du travail, ce renforcement se traduit peu en renouvellement des directions, et c’est une partie importante du bilan nécessaire. Malgré les efforts de relance de la formation des militants, il reste difficile de relever le défi de l’éducation populaire face aux idées dominantes que portent toutes les autres forces politiques les institutions et les médias, face aux idées faciles des réseaux sociaux, à la perte de référence marxiste y compris dans le mouvement syndical.

Chacun comprend que c’est l’enjeu du congrès national qui s’ouvre ce 22 novembre à Ivry. Comme le montre l’interview de Pierre Laurent dans l’Humanité de ce 19 novembre, personne ne peut plus contester la forte demande militante d’une réorientation, et donc d’un changement visible dans le texte de congrès, dans les messages politiques qui seront mis en avant, et donc dans la direction qui sera élue. Mais Pierre Laurent continue à insister sur l’idée qu’il ne faudrait pas trop changer, qu’une continuité de direction serait nécessaire à l’unité des communistes. Pourtant, ce qui serait terrible pour l’unité des communistes, ce serait de casser l’élan qu’a créé le manifeste, de ne pas entendre la demande de réorientation à partir d’un vrai bilan.

La fin de la conférence fédérale a été marquée par ce débat sur les directions, et il a été plus difficile que sur le texte de trouver les décisions qui rassemblaient une large majorité. La proposition de la direction sortante pour la délégation au congrès a ainsi été refusée très nettement par la conférence (66% des exprimés contre), ce qui a conduit à un vote très juste sur une délégation modifiée, prenant mieux en compte le vote du texte de la veille.

Dans le débat, quelques communistes évoquaient le risque de « procès » de Pierre Laurent, proposant une direction « bicéphale ». Mais choisir un nouveau dirigeant ne nécessite aucun procès des anciens ! C’est la vie normale d’une organisation dans un congrès, et la seule chose qui devra guider les délégués à Ivry, c’est de réussir un congrès extraordinaire que les communistes pourront porter dans le monde du travail et les milieux populaires. Tout ce qui apparaitrait comme des logiques d’appareil, de places, de personnalité, est à rejeter avec détermination. Le congrès ne doit faire le procès de personne, n’exclure personne, mais il doit renouveler profondément la direction, de manière visible, pour réussir la réorientation nécessaire et demandée par les communistes.