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Archives de Catégorie: mythe et légendes

La Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé de France métropolitaine

  •  et maintenant retournons à nos propres tentatives identitaires face à une crise que nous sommes désormais incapables de résoudre, parce que sur le fond nous cherchons ce qui nous permet de rien changer, sans nous apercevoir à quel point le monde s’est mis en branle. panique vers le passé mythifié. L’incapacité de la gauche et surtout du parti communiste à offrir une perspective révolutionnaire ne peut qu’entretenir les repliements, y compris vers les aspects les plus réactionnaires de l’utopie et la peur de l’autre. (note de Danielle Bleitrach)
ILLUSTRATION- Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît inadapté aux demandes insulaires, d'après une étude réalisée par l'INSEE. / © FTViaStella
ILLUSTRATION- Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît inadapté aux demandes insulaires, d’après une étude réalisée par l’INSEE. / © FTViaStella

Avec 20% de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, la Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé des régions métropolitaines, selon un rapport de l’INSEE, publié fin juillet.

Par France 3 Corse ViaStella 

La Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé de toutes les régions métropolitaines d’après une enquête, réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en partenariat avec la Plate-forme régionale d’observation sanitaire et sociale de Corse (POSS) et conduite par la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) de Corse.

L’étude révèle que 20% de la population corse vit sous le seuil de pauvreté. Les familles les plus touchées sont, comme au niveau national, les familles monoparentales et les jeunes, mais aussi spécifiquement en Corse, les personnes âgées.

Cette pauvreté s’inscrit dans un marché du travail dégradé avec un taux de chômage de 10,9 % en moyenne annuelle en 2015 (le 4e plus important de France métropolitaine).

Les modes de garde des enfants de moins de 3 ans restent en retrait et le taux de retard à l’entrée en sixième est le plus élevé des régions métropolitaines.

En matière de santé, les dispositifs d’aides aux complémentaires sont moins sollicités qu’au niveau national et l’offre d’accueil des personnes défavorisées encore en structuration.

Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît de surcroît inadapté aux demandes insulaires. Pour autant, les expulsions locatives restent proportionnellement moins nombreuses qu’au niveau national et le recours au droit au logement opposable s’inscrit dans la moyenne.

Le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a réagi sur Twitter à la publication de cette étude :

Il a également annoncé « la mise en oeuvre dès octobre 2016 d’un grand plan de lutte contre la précarité et l’exclusion ».

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Le génie est-il voisin de la folie ? un texte de Jean-Philippe Catonné

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ce texte  pris sur le blog d’Olivier  douvielle ne fait pas référence à Aby Waburg, mais on ne peut s’empêcher d’y penser en le lisant… Cet apaisement de l’extrême tension d’un état inconstant et fragile par la discipline artistique qui est moins un résultat de « la folie » qu’un soulagement. tel qu’il fait sortir de l’incapacité à être par une reconstruction . Une fois de plus les approximations de Michel Foucault ont conduit la réflexion dans une impasse, quel que soit la sympathie que l’on peut avoir pour Michel Foucault, il a accompagne tous les mouvements issus de 1968 vers des aspects « rétro » et souvent réactionnaires. cette analyse par ailleurs complète également notre réflexion sur ce qu’on peut attendre de la littérature, du cinéma comme éclairage d’un époque, il faut savoir qu’à aucun moment « le génie » ne dit la vérité », mais il dit quelque chose qui doit être sans cesse recréé entre ce qu’il choisit comme matériau pour reconstruire sa propre subjectivité. L’art n’est pas simple « reflet » d’une époque, il doit être analysé selon ses propres objectifs mais aussi en lien avec la dite époque comme fait politique, agissant…  (note de danielle Bleitrach)

Le génie est-il voisin de la folie ?

Jean-Philippe Catonné[1]

http://olivierdouville.blogspot.com/2017/08/le-genie-est-il-voisin-de-la-folie-un.html

Résumé

Nous considérons la parenté entre génie et folie comme une idée reçue, un rapprochement hâtif qui n’avait pas échappé à la finesse ironique de Proust. Dans son Histoire de la folie, Michel Foucault associe justement la folie et l’absence d’œuvre. Reprenant, à la lumière des travaux actuels, l’examen des troubles ayant affecté Nietzsche, Van Gogh et Artaud, il apparaît cependant que la brillante analyse de Foucault manque de rigueur. Or, dès l’Antiquité, Platon et un élève d’Aristote avaient utilement éclairé cette relation entre le génie et la folie.

Mots clés

Génie ; folie ; créativité ; troubles de l’humeur ; Proust ; Foucault ; Nietzsche ; Van Gogh ; Artaud ; mélancolie antique.

Summary

We regard the link between genius and madness as a stereotyped idea, a hasty connection that hadn’t escaped Proust’s ironical sharpness. In his History of Madness, Michel Foucault associates properly madness and the lack of works. According to contempory studies, the disorders affecting Nietzsche, Van Gogh and Artaud, it appears, however, that Foucault’s brilliant analysis lacks rigour. And yet, as early as the Antiquity, Plato and a disciple of Aristotle’s had cast an interesting light on this relationship between genius and madness.

Key words

Genius ; madness ; creativity ; mood disorders ; Proust ; Foucault ; Nietzsche ; Van Gogh ; Artaud ; ancient melancholia.

Dans À la recherche du temps perdu, Proust met en scène des médecins aux propos savoureux. La fascination du docteur du Boulbon pour le « nervosisme » semble indéniable. Charcot aurait prédit qu’un jour ce confrère régnerait sur la neurologie et la psychiatrie. Il le leur rend bien si l’on en juge par ses déclarations : « Tout ce que nous connaissons de grand nous vient des nerveux… sans maladie nerveuse, il n’est pas de grand artiste… il n’y a pas de grand savant ». Le docteur Cottard franchit un pas de plus. Ce médecin, familier de Mme Verdurin, n’hésite pas à affirmer : « Le génie peut être proche de la folie »[2]. Une telle affirmation mérite une discussion et, en premier lieu, un bref rappel historique. À la fin du XIX° siècle, paraissaient plusieurs ouvrages sur la parenté entre le génie et la folie, dont le célèbre Genio e follia du psychiatre Lombroso. Issu d’une tradition d’esthètes romantiques, ce thème n’est pas inconnu des salons alors fréquentés par Marcel Proust. Aujourd’hui, et depuis la deuxième partie du XX° siècle, certains associent plus spontanément, dans cette même veine, la folie à la « créativité ». Notons que cette évolution sémantique actuelle du terme de génie apparaît adéquate à un de ses deux sens fondamentaux, à savoir une « aptitude créatrice, portée à un degré supérieur », tout en précisant que la notion de génie reste un concept majeur de l’esthétique contemporaine[3]. Son acception moderne date du XVIII° siècle, théorie lisible, par exemple, dans l’esthétique d’Emmanuel Kant, lequel conçoit le génie comme un talent, don de la nature pour produire des œuvres d’art originales, exemplaires[4]. Or, il semble que Michel Foucault, sans pourtant reprendre à son compte des affirmations semblables à celles des médecins imaginés par Proust, ait lui-même succombé à une certaine esthétisation de la folie. Ni son exceptionnelle intelligence, ni la lucidité de nombre de ses analyses, sans parler de son style fulgurant ne l’ont mis à l’abri de ce rapprochement ambigu, comme nous allons le montrer. Voyons son Histoire de la folie : trois figures exemplaires apparaissent, celles du philosophe, du peintre et du poète, une trilogie de fous. « La folie de Nietzsche, la folie de Van Gogh ou celle d’Artaud appartiennent à leur œuvre, ni plus ni moins profondément peut-être, mais sur un tout autre monde »[5]. Certes, Foucault admet un « affrontement » entre la folie et l’œuvre. Ainsi « le dernier cri de Nietzsche… c’est bien l’anéantissement même de l’œuvre… où il lui faut se taire ; le marteau vient de tomber des mains du philosophe ». Après l’effondrement final du philosophe vient le drame du peintre automutilé : « Van Gogh savait bien que son œuvre et sa folie étaient incompatibles ». Même chose pour le poète puisque « la folie d’Artaud est précisément absence d’œuvre ». Cependant, la folie contraindrait à s’interroger et le monde serait requis à s’ordonner à son langage. La folie inaugurerait le temps de la vérité de notre monde, puisqu’il « se mesure à la démesure d’œuvres comme celle de Nietzsche, de Van Gogh, d’Artaud. Et rien en lui, surtout pas ce qu’il peut connaître de la folie ne l’assure que ces œuvres de folie le justifient ». Il nous reste donc à évaluer la « folie » de ces trois modèles et la relation qu’ils entretiennent avec leurs œuvres en recourant à leurs dossiers médicaux.

L’ambiguïté de Foucault

Nietzsche s’effondre le 3 janvier 1889 et entre alors dans un processus déficitaire sans retour, au sujet duquel on peut avancer le diagnostic de démence syphilitique comme le plus vraisemblable. Dans une étude récente, Fernandez-Zoïla reprend toute la documentation médicale disponible[6]. Il considère le diagnostic de syphilis avec méningo-encéphalo-vascularite inflammatoire comme certain, rendant compte de la paralysie générale progressive qui se développe chez Nietzsche jusqu’à sa mort, survenue en août 1900. L’entrée dans la démence fut contemporaine d’une moria, joie morbide qui, chez Nietzsche, se manifesta par un état d’excitation, entrecoupé par des moments de prostration, tableau clinique qui, déjà, inaugurait l’évolution déficitaire. L’A. écarte donc la simulation, une comédie d’emprunt de masques de la folie. Surtout, il exclut la folie elle-même et rappelle que Foucault aurait gagné à distinguer plus rigoureusement la folie et la démence. Alors que la première peut s’accompagner d’une capacité productrice, psychopathologique ou autre, la seconde se traduit bien par une absence d’œuvre, en raison d’un déficit progressif et irréversible. L’analyse mériterait d’être nuancée, puisque certaines formes de folie ont pu évoluer vers la démence et, qu’à l’inverse, une démence peut être précédée par une période pré-moriatique, productive et expansive. Pour Nietzsche, elle fut contemporaine de la composition de Ecce Homo et de Nietzsche contre Wagner. L’excitation euphorique ne s’est alors accompagnée d’aucun signe d’affaiblissement intellectuel. L’A. ne relève aucune incorrection manifeste et conclut à bon droit en acceptant ces deux dernières œuvres comme authentiquement philosophiques.

Voyons maintenant le peintre : Van Gogh n’était certainement pas dément, mais peut-on parler pour autant de « sa folie » ? À l’asile de Saint Rémy, les médecins diagnostiquent une épilepsie, plus exactement un état dit de « petit mal », lié à un foyer épileptogène du lobe temporal du cerveau, lésion qui donne des accès de désorientation appelés « absences ». Mais avant tout, Van Gogh serait affecté de mélancolie avec sentiments d’indignité et de culpabilité, état pouvant alterner avec des phases d’agitation maniaque accompagnées d’hallucinations visuelles, en particulier lors de l’épisode où il se tranche l’oreille. Sa peinture devient une acte créateur s’opposant aux accès mélancoliques, relation à la création dont Van Gogh est manifestement conscient. Karl Jaspers, non seulement remarquable philosophe mais aussi savant psychiatre, avait l’impression de se trouver en face d’un schizophrène, en contemplant les toiles de Van Gogh. À l’inverse, tout récemment, François-Bernard Michel réfute l’hypothèse de la folie, sachant qu’il vise à exclure chez le peintre une psychose dissociative. L’A. regrette que Van Gogh soit une référence obligée sur le thème « folie et créativité » ; il déplore que « les livres sur le folie utilisent sans scrupule en couverture ses autoportraits »[7]. Comme Artaud, il dénonce donc la thèse de la folie de Van Gogh, en exaltant cependant sa face humaine plus que son génie. Soumettons Artaud lui-même à cet examen. Quand il subit un internement psychiatrique à la fin des années trente, son délire mystique avec hallucinations et persécutions empêche toute forme de création, incapacité qui durera quatre à cinq ans. À partir de 1943, à l’asile de Rodez, il se remet à écrire, encouragé par le docteur Ferdière, et recommence à dessiner avec l’aide de Frédéric Delanglade, logé chez Ferdière[8]. Artaud quitte Rodez en 1946, départ qui sera suivi par deux types de mythe autour de sa personnalité. Les uns s’emparent de sa folie comme le symbole de la révolte et de l’inspiration créatrice. Les autres la nient purement et simplement : tel fut le cas de Henri Parisot, l’artisan de la publication des Lettres de Rodez. La position d’André Breton semble plus clairvoyante : il admet la folie et, pourtant, l’envisage comme compatible avec le processus de création, dès lors que la période aiguë est dépassée.

En conséquence, revenons à Foucault : nous ne saurions partager ni son analyse sur Nietzsche, ni sur Van Gogh, ni même sur Artaud, puisque, le plus probablement, si les travaux scientifiques sur lesquels nous nous appuyons s’avèrent exacts, les deux premiers n’étaient pas fous et que la folie du dernier lui a permis d’accéder à une certaine vérité qu’après avoir été traitée, apaisée. Et pourtant une liaison entre le génie et le trouble mental pourrait bien être mise en évidence. Quelle est-elle ?

La juste intuition des Anciens

Elle concerne les variabilités de l’humeur que les psychiatres actuels désignent sous le nom de troubles bipolaires de l’humeur de type II, associant une dépression majeure et des phases d’hyperactivité, dites hypomaniaques. Ainsi, on a pu calculer que 10 % de ceux affectés par cet état étaient des artistes, proportion de dysfonctionnement thymique d’ailleurs plus élevée parmi les écrivains, car 17 % d’entre eux présentaient des épisodes maniaques et 33 % des épisodes dépressifs[9]. Or une telle corrélation avait été déjà observée, dès l’Antiquité, en particulier par un élève d’Aristote, probablement Théophraste[10]. Selon l’auteur péripatéticien, les hommes d’exception, qu’ils soient philosophes, politiciens ou artistes sont des mélancoliques. Précisons qu’« être d’exception » traduit le grec per-ittos ou per-issos, c’est-à-dire en excès, qui dépasse la mesure. En effet, tout un chacun aurait une humeur inconstante (que les Anciens rapportaient à la bile noire ou melagcholia, c’est-à-dire la mélancolie), mais les êtres d’exception en auraient plus que la moyenne. Pour l’A., de ce fait, ils sont particulièrement créatifs et en même temps fragiles. Car, si le bon mélange de cette humeur inconstante vient à se rompre, ils basculent, soit dans des phases de ralentissement avec risque suicidaire, ce qui correspond à notre moderne mélancolie, dépression majeure, soit, au contraire, dans des états d’excessive confiance en soi, ce qui correspond à notre actuel état maniaque. Le créateur sera donc hors norme, tout en présentant un équilibre lui-même fragile. Cette intuition de l’auteur antique apparaît d’autant plus remarquable qu’il a la finesse de n’établir qu’une liaison contingente entre génie et mélancolie ainsi définie. Qui plus est, le pseudo-Aristote n’ignorait sans doute pas la pensée de Platon sur la création.

Les poètes sont inspirés par les Muses, par conséquent possédés par une force divine qui échappe à la raison. « La poésie composée de sang-froid est éclipsée par la poésie de ceux qui délirent »[11], écrit Platon dans le Phèdre, après avoir exposé la même idée dans l’Ion. Ainsi, pour expliquer le génie, à la gratuité platonicienne d’un don divin conférant un délire créateur, l’élève d’Aristote a substitué le hasard d’un mélange réussi dans une humeur variable. Pourtant l’un comme l’autre ont assez de lucidité et de bon sens pour distinguer le génie et la folie, au sens moderne de processus pathologique. L’aristotélicien considère le génie comme une personne dotée d’un mélange inné, envisage une bonne santé du mélancolique et sépare cet état d’un accident qui fait sombrer dans la folie. Quant à Platon, il distingue deux types de délires : ceux causés par impulsion divine, créateurs, et ceux causés par les maladies humaines[12].

Depuis au moins vingt-quatre siècles, par conséquent, on a su identifier un état de santé créateur, quoique inconstant et fragile ; on a su le distinguer d’un état pathologique. Le pseudo-Aristote savait reconnaître une mélancolie inadéquate à la création, tout comme Platon excluait de l’inspiration féconde certaines affections morbides. Les Anciens savaient bien que le la folie en tant qu’état pathologique aigu se caractérisait par une souffrance invalidante pour le génie créateur. Qu’en est-il alors de notre moderne « art des fous » ? Pensons à Aloïse Corbaz, découverte par Jean Dubuffet ou encore à Guillaume Pujolle, pour lequel Gaston Ferdière avait incité un de ses élèves à écrire une thèse. Chez ces êtres inspirés, dotés d’un authentique génie, la création accompagne le processus de reconstruction psychique, phase favorable à laquelle l’œuvre participe intensivement. Dans ces conditions, elle s’avère compatible avec un délire chronique, tel que celui d’Artaud. La stabilisation a mis à distance la folie en tant que crise. Ainsi donc, docteur Cottard, si le génie peut être voisin de la folie, il en est le plus souvent éloigné. Voilà qui n’avait sans doute pas échappé à l’ironie de Marcel Proust.

[1]Université de Paris I Panthéon-Sorbonne.

[2]Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, Bibliothèque de la Pléiade, Editions Gallimard, 1954, pp. 305, 306 et 1041.

[3]Cf. art. « génie » in Etienne Souriau, Vocabulaire de l’esthétique, Paris, PUF, 1990, pp. 785-788.

[4]E. Kant, Critique de la faculté de juger, trad. A. Philonenko, Paris, Vrin, 1989, § 46, pp. 138-139.

[5]Michel Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Gallimard, 1972, p.555 et pour la suite des citations, passim, pp.554-557. Il est bien entendu que, dans mon esprit, la présente critique adressée à l’Histoire de la folie de Foucault ne prétend pas remettre en cause l’ensemble de l’ouvrage, à savoir une originale et admirable réflexion pour relativiser le concept de folie et l’inscrire dans une historicité, faite de périodes successives et singulières.

[6]Adolfo Fernandez-Zoïla, « Nietzsche et ses maladies », in Didier Raymond (sous le dir. de), Nietzsche ou la grande santé, Paris, L’Harmattan, 1999, pp. 97-131. Ajoutons que Bertrand de Toffol va dans le même sens que Fernandez-Zoïla. Au terme d’une magistrale leçon de neurologie, il retient le diagnostic de syphilis comme « hautement vraisemblable », in « Les yeux de Friedrich Nietzsche », op. cit., pp. 85-96.

[7]François-Bernard Michel, la face humaine de Van Gogh, Editions Grasset et Fasquelle, Paris, 1999, p. 46.

[8]Sur cette question, je renvoie à l’étude du dossier médical d’Artaud par André Roumieux et de l’analyse de la correspondance de Ferdière par Laurent Danchin, suivies d’entretiens recueillis en particulier par Jean-Claude Fosse, in Artaud et l’asile, Paris, Séguier, 1996, 2 vols.

[9]Philippe Brenot, Le génie et la folie, en peinture, musique et littérature, Paris, Plon, 1997, pp. 181 et 196.

[10]Aristote, L’homme de génie et la mélancolie, Paris, Editions Rivages, 1988, présentation de J. Pigeaud, p.56.

[11]Platon, Phèdre, 245a, trad. Paul Vicaire, Paris, Société d’édition « Les Belles Lettres », 1985.

[12]Ibid., 265a.

 

Dans le ciel nous n’avons trouvé ni dieux , ni anges…

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« We’ve inspected the sky inside and outside. No gods or angels were found. » Mayakovsky.

 » Nous avons inspecté le ciel à l’intérieur et à l’extérieur. Ni dieux ni anges n’y  ont été trouvés. » maïakovski.
 

Voici pourquoi il est tenté de substituer le terme de commun à celui de communiste pour éviter d’exproprier le capital

  1. Communs, ce terme a fleuri dans la littérature du PCF ou du moins de sa direction à la recherche d’un modèle qui évite la remise en cause du capital. C’est une vision totalement réactionnaire et qui témoigne bien de la base sociale réelle du parti communiste. Celui-ci a renoncé à la classe ouvrière, aux salariés, aux exploités pour devenir le parti des « doctorants »‘. Un retour aux utopies de 1848, où c’était la révolte des « capacités », celle des artisans comme Proudhon, qui ne voyaient d’avenir que dans le retour vers le passé.Sous couvert d’utopie on préserve la capacité des directions aux petites manoeuvres électoralistes et aux bradages des biens.  C’est l’avenir dans les groupuscules, le capital ne peut que se réjouir de voir le parti communiste finir dans les latrines et il a sans doute placé aux manettes ceux qui accompliront cette tâche à son profit. (autre sens du mot communs) de l’histoire (note de Danielle Bleitrach)
Ressources partagées, gérées collectivement par une communauté, selon des règles et une gouvernance dans le but de préserver et pérenniser cette ressource tout en ayant le droit de l’utilise
 Ne doit pas être confondu avec la notion de bien commun en philosophie ou la notion de biens communs en économie.

Exemple de bibliothèque partagée libre et gratuite, construite par les élèves d’un lycée pour y entreposer des livres librement apportés et librement empruntés (ici en 2016 sur le Port de Saint-Goustan, à Auray dans le Morbihan).

Un commun est un système ouvert avec, au centre, une ou plusieurs ressources partagées, gérées collectivement par une communauté ; celle-ci établit des règles et une gouvernance dans le but de préserver et pérenniser cette ressource tout en ayant le droit de l’utiliser[1]. Ces ressources peuvent être naturelles : une forêt, une rivière ; matérielles : une machine-outil, une maison, une centrale électrique ; immatérielles : une connaissance, un logiciel.

Les communs impliquent que la propriété n’est pas conçue comme une appropriation mais comme un usage[2]. Entre la propriété publique et la propriété privée, les communs forment une troisième voie.

Elinor Ostrom a obtenu un Prix Nobel d’économie pour ses travaux sur les biens communs. Elle parle de faisceaux de droits pour caractériser la propriété commune[3].

Il ne faut pas confondre un « commun » avec un « bien commun ». Un bien commun est quelque chose qui appartient à tous mais qui n’est pas forcément géré comme un commun ; ainsi, « […] l’atmosphère appartient à tous. C’est un « bien commun », mais pour autant ce n’est pas (encore) un commun. Car, malgré les quelques réglementations mises en place, il n’y a pas de gouvernance permettant de gérer les effets de serre et les émissions de CO2[4] »[5].

Wikipédia est parfois cité comme un exemple de commun[4].

Sommaire

HistoireModifier

Le terme « communs » (commons en anglais) dérive du terme juridique anglais traditionnel de la « terre commune » (common lands). Cependant, si les common land étaient probablement possédées collectivement par une entité légale, la couronne ou une personne seule, ils étaient soumis à différentes règles de gestion et d’usage concernant par exemple le pâturage, la chasse, la coupe de bois, de branchages, la collecte de résine, etc.

Le terme « communs » dans la théorie économique moderne en est venu à désigner une ressource naturelle ou culturelle accessible à tous les membres d’une société : air, eau, terres habitables…

L’échec dit de la « tragédie des communs » est une métaphore qui s’est répandue aux débuts des sciences économiques, au xviiie siècle. Les premiers écrivains et scientifiques économistes soutenaient la Révolution Agricole Britannique et les lois de la réforme agraire étaient en faveur d’une propriété unifiée de la terre. Ils tentèrent de se débarrasser des droits d’usage traditionnels des commoners et utilisèrent la tragédie des communs qui se trouva être une métaphore adaptée. Ils citèrent entre autres la polémique d’Aristote contre la Polis de Platon dans le sens où « la propriété de tout le monde n’est la propriété de personne » et respectivement « le bien le plus partagé est le moins gardé ». Le conflit autour de la dissolution des communs traditionnels a joué un rôle clé sur l’aménagement du paysage et les modèles de propriété et d’utilisation coopérative des terres[6].

Plus tard, d’autres économistes, et notamment Elinor Ostrom en travaillant sur la théorie de l’action collective et la gestion des biens communs et des biens publics (matériels ou immatériels), et dans le cadre de la « nouvelle économie institutionnelle », ont montré qu’en réalité depuis la préhistoire de par le monde, de nombreux groupes humains ont réussi à développer des systèmes de gestion collective de ressources pas, peu, difficilement, lentement ou coûteusement renouvelables (terres cultivables, ressources en gibier, en poissons, en bois, et en eau potable ou d’irrigation notamment). E. Ostrom a été en 2009, la première femme à recevoir le « prix Nobel » d’économie (avec Oliver Williamson) « pour son analyse de la gouvernance économique, et en particulier, des biens communs »[7],[8].

 

Pourquoi je suis ROBESPIERRISTE ? (par Michel Vovelle)

source: home.nordnet.fr

source: home.nordnet.fr

Cet article de Michel Vovelle, professeur honoraire à la Sorbonne, historien spécialiste de la Révolution française a été publié initialement le 27 juillet 2009.

ROBESPIERRE – 1758-1794. Il était la figure de proue de la Révolution, on lui a fait porter la responsabilité de la Terreur. Plus de deux siècles ont passé et justice ne lui a pas encore été rendue.

Je n’ai pas écrit le Robespierre dont on m’avait passé commande. Est-ce une excuse que de rappeler qu’Albert Mathiez avait lui aussi bronché devant l’obstacle ? Cela dit, nous ne manquons pas de biographies qui se comptent par milliers. Mais l’un des personnages les plus éminents de la Révolution, comme de notre histoire, vient encore de se voir refuser l’attribution d’un nom de rue à Paris, la municipalité estimant que « sa personnalité n’est pas incontestable ». Dans les sondages, La Fayette caracole en tête ; plus bas, Danton et Robespierre dépassent 30 % de jugements favorables mais avec autant d’avis hostiles pour Robespierre…

C’est le produit d’une longue histoire biséculaire, quand les Thermidoriens, après sa chute, l’ont anathématisé, associant son image à celle de terreur et de dictature. Depuis lors, dans l’historiographie comme dans l’opinion, Robespierre a été dénoncé par les ennemis de la Révolution, mais aussi bien par Michelet, comme l’hypocrite mégalomane « pontife de l’être suprême », défendu par l’aile gauche républicaine, partagée cependant, quand, au début du XXe siècle, l’historien radical Alphonse Aulard et Albert Mathiez s’affrontaient par héros interposés, Danton contre Robespierre. Jaurès, pour sa part, avait tranché, écrivant qu’aux Jacobins, il serait allé s’asseoir au côté de Robespierre. Le combat n’a pas désarmé depuis lors. En 1988, j’étais encore sur la brèche délivrant à Arras mon discours « Pourquoi nous sommes encore robespierristes ». Je ne le reprendrai pas ici, même si je persiste et signe, en évoquant la carrière de mon héros. Maximilien Robespierre est né à Arras en 1758 d’une famille de bourgeoisie modeste, délaissée par le père après la mort de la mère. Ce fils aîné studieux, après de brillantes études au collège d’Harcourt, a été à Arras un avocat connu, plaidant des causes philanthropiques. Cela lui a valu d’être élu député du tiers état d’Arras aux états généraux.

A la Constituante, où certains affectent de se moquer de son sérieux, il s’impose par sa conviction. « Il ira loin, il croit tout ce qu’il dit » (Mirabeau). Engagé dans tous les combats démocratiques, il réclame le suffrage universel, prône l’abolition de l’esclavage, et soutient un projet d’abolition de la peine de mort. Sa rectitude et son ombrageuse honnêteté l’imposent comme « l’Incorruptible ». S’il a obtenu que les Constituants ne puissent pas être réélus, il ne s’efface pas sous la Législative. à la tribune des Jacobins, il bataille contre Brissot, de l’hiver au printemps 1792, dénonçant les périls d’une entrée en guerre. Il n’est pas homme des journées révolutionnaires, mais au lendemain du 10 août 1792, il se retrouve en tête de la députation de Paris à la Convention nationale. Un des leaders du parti montagnard, il est l’objet de violentes accusations à aspirer à la dictature, dont il se lave avec hauteur. Lors du procès du roi, il tranche : « Louis n’est pas un accusé, vous n’êtes pas des juges… vous avez un acte de providence nationale à exercer. »

La mise en place du gouvernement révolutionnaire après la chute de la Gironde le voit entrer au Comité de salut public le 27 juillet 1793, après Couthon et Saint-Just, constituant avec eux une sorte de triumvirat au sein de la direction collégiale de douze membres. Et certes, il assume un magistère personnel. Une dictature ? On l’a trop répété. Acceptant la Terreur comme recours nécessaire, Robespierre ne la sépare pas de la vertu, clef de voûte de la Cité, qu’il fait cautionner par la proclamation de la croyance à l’être suprême lors de la fête du 20 prairial an II, apothéose personnelle mais aussi annonce de sa chute. Après l’élimination des factions du printemps 1794, à droite Danton et les Indulgents, à gauche, Hébert et les « exagérés », comme avec la mise au pas du mouvement populaire, Robespierre est confronté, dans une France reconquise et victorieuse sur ses frontières, au départ de la Terreur dont on lui fait porter la responsabilité, comme aux intrigues et aux tensions grandissantes à la Convention, aux comités mêmes.

Il se replie dans l’isolement, ne revenant à l’Assemblée qu’à Thermidor, pour dénoncer en termes trop vagues les ennemis de la Révolution : le complot ourdi contre lui le voit décrété d’arrestation, lui et ses amis, le 8 thermidor. Il n’a pas voulu s’appuyer sur la mobilisation des sections fidèles. Blessé d’un coup de pistolet, Robespierre, son frère et ses amis, Couthon, Saint-Just, Lebas, sont guillotinés le 9 thermidor, dans l’indifférence parfois hostile de la foule.

Ce bout de chemin fait ensemble nous permet-il de comprendre à la fois le rayonnement de cette figure de proue et sa disgrâce ? S’impose la grandeur de l’homme d’état, à nous comme à ses contemporains, même les plus hostiles. La clairvoyance de celui qui a indiqué la ligne juste face au péril de guerre en 1792, la conduite de la politique d’alliance avec le mouvement populaire, la gestion du gouvernement révolutionnaire en l’an II, entre périls et lutte des factions…

Une pensée se reflète dans sa continuité, l’affirmation de l’amour du peuple. Dès 1789, le défenseur du peuple osera affirmer : « Nous sommes les sans-culottes et la canaille. » D’entrée, aux côtés de tous les déshérités, les exclus, les juifs, les comédiens, les esclaves, les soldats et leur famille, il a avec intransigeance énoncé les principes d’une démocratie en réclamant le suffrage universel puis en se faisant le défenseur de la République. Le pacifiste universaliste de 1792 s’est retrouvé sans contradiction à la pointe du patriotisme intransigeant. L’Incorruptible s’est imposé ainsi à la Convention, comme aux masses populaires mobilisées.

Voilà bien une hagiographie, dira-t-on ? Certes non, et pas plus que mes prédécesseurs en robespierrisme, de Georges Lefebvre à Albert Soboul, je n’ai l’intention de justifier ou d’excuser. On a dit les limites de la vision sociale de Robespierre, qui sont celles de son projet de déclaration des droits en 1793. Un droit de propriété confirmé mais borné par le respect de la propriété d’autrui et par le droit à l’existence de tous : « Il faut que l’homme vive indépendant. » On a pu dénoncer son « système » justifiant dans les grands rapports de l’an II la Terreur comme indissociable de la Vertu, valeur clef de la Cité qu’il aspire à reconstruire. Assumant sa responsabilité, il a certes envoyé à la mort des représentants de l’Ancien Régime comme aussi ses adversaires et anciens amis, Danton, Desmoulins. Mais l’emballement de la Grande Terreur de l’été 1794, en prairial, n’est point de son fait. Pour sortir de la Terreur, son rêve s’est exprimé à travers ses grands rapports dans la proclamation célèbre qui conduit à la fête du 20 prairial an II : « Le peuple français reconnait l’existence de l’être suprême et d’immortalité de l’âme. » Plus qu’une mesure de circonstance pour frapper l’hébertisme déchristianisateur ou l’habillage d’un culte patriotique, ce projet reflète la conviction profonde de Maximilien, croyance en un dieu dont le temple est la nature, comme chez Jean-Jacques Rousseau. Point n’est question de contester leur dimension religieuse sans pour autant aller jusqu’à un Robespierre « mystique ». Pour moi, à la base, s’inscrit l’angoisse de Robespierre telle qu’elle monte en lui dans la solitude des derniers temps : « Les bons et les méchants disparaissent de ce monde… » mais ce ne peut être dans le néant. Pour que la vertu ait un sens, l’immortalité – cette « illusion » peut être est nécessaire – et l’être suprême aussi. « Fuite en avant dans la métaphysique » ? Après Georges Lefebvre et Albert Soboul, qui l’ont esquissée, cette formule laconique de Claude Mazauric peut être admise comme l’argumentaire auquel elle s’associe : face à ses contradictions, Robespierre, incapable en son temps, en ces lieux et dans le cadre qui lui est imposé par l’histoire, d’une révolution bourgeoise, voit son rêve s’effondrer quand la révolution populaire se glace et quand ses ennemis triomphent. Il ne lui reste plus qu’à s’en remettre, le 8 thermidor, à ses fidèles comme à nous : « Je vous laisse ma mémoire, elle vous sera chère et vous la défendrez. » Voila pourquoi nous sommes encore quelques robespierristes.

 

l’impôt sur les feignants…

 

Difficile à classer celui-là : les socialistes le réclament comme étant un des leurs mais aussi les anarchistes, les juifs (et oui Leca, encore un) , les communistes, les antimilitaristes, les syndicalistes, les pro-choix, les anticléricaux, les radicaux, les gauchistes et tout le prolétariat. Il lui est ainsi arrivé de se faire crever les pneus de sa voiture par les ouvriers du quartier où il chantait, son public étant, ce soir-là, composé de bourgeois.

Ses chansons d’une lointaine actualité, de 1897 à circa 1928 sont presque toutes oubliées. La petite histoire a retenu « Gloire au 17e »« La grève des mères » et « La butte rouge ». – Il en écrit pourtant plusieurs autres : une bonne centaine sinon plus, en majeure partie mises en musique par son camarade Raoul Chantegrelet.

On sait qu’il est né à Paris, 10e, en 1872, le neuf juillet ; qu’il s’appelait Gaston Mordachée Brunschwig, qu’il était l’aîné d’une famille de 22 enfants, qu’il a débuté dans la chanson à 12 ans (sous le nom de Montéhus, déjà) ; qu’il fut tambour au 153e régiment de ligne à Toul, de 1892 à 1896,qu’il publia sa première chanson, « Au camarade du 153e », en 1897, à Châlons-sur-Marne ; qu’il se présenta aux élections législatives du 8 mars 1898, encore à Châlons-sur-Marne, sous l’étiquette « Républicain indépendant », qu’il fut engagé à la fin de l’année 1901 aux Ambassadeurs, (établissement du côté des Champs-Élysées) où son répertoire provoqua un scandale, que les hommes de Drumont distribuèrent des tracts contre « le juif Brunswick » qui « éructe des infamies à l’adresse des chefs de l’armée française », et provoquèrent des bagarres, que Montéhus dut retourner dans les faubourgs mais qu’il était lancé, qu’il fut admis à la S.A.C.E.M. en 1904 en soumettant « Du pain ou du plomb » (thème imposé : « L’heure de l’Angelus aux champs ») (sic) et qu’il devint presque mondialement connu en 1907 avec son « Gloire au 17e »suite à ce qui est aujourd’hui un fait divers, les soldats de ce régiment ayant refusé de tirer, en 1907, sur des vignerons en colère :

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Et c’est encore en 1907, qu’il ouvre Le Pilori, son théâtre sur le Boulevard de Strasbourg, 10e. Il y déclame son répertoire (chansons, monologues et pièces), devant un public nombreux.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’il fut l’ami de Lénine – que l’on remarque au Pilori – lors de l’exil de ce dernier en France ; qu’il chantait en première partie de ses conférences, en 1911 et qu’il était franc-maçon.Lénine,ne tarissant pas d’éloges, lui demande de chanter pour les révolutionnaires russes. Montéhus décline.

Ce qu’on ne veut pas trop se rappeler, c’est qu’en 1914, lui, l’antimilitariste par excellence, composa des chansons pour l’emprunt de guerre, la victoire finale, l’union sacrée dont une célèbre « Lettre d’un socialo » sur – comble des combles –  l’air du  » Clairon«  de Déroulède :

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Pour ces chants patriotiques, il reçut, en 1918, la croix de guerre.

En 1919, il revient à ses premières convictions pour composer son chef-d’œuvre, « La butte rouge« , la seule chanson de lui qui nous soit vraiment restée – musique de Georges Krier – interprétée plus ou moins récemment par Yves Montand, Marc Ogeret, Renaud…

Chantre de toutes les revendications, de toutes les luttes sociales, « véritable polygraphe de la petite histoire » (Serge Dillaz – La chanson sous la IIIe république), sa popularité commença à décliner au début des années vingt : son costume, ses allusions à la Commune et aux conflits ouvriers d’avant-guerre  commencent à faire vieux jeu.

Dans les années trente, il passe du côté de la politique, devient membre du SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) puis du Front populaire – on se souvient de son « Vas-y Léon » – avant, en 1942, âgé de 70 ans, d’être contraint de porter l’étoile jaune. Durant la Seconde Guerre mondiale, il connut une vie particulièrement difficile, la SACEM, du fait de ses origines, ne lui payant plus ses droits d’auteur.

À la Libération, il créa « Le chant des gaullistes » et plusieurs drames dont « L’évadé de Büchenwald ». En 1947, le ministre de la guerre, Paul Ramadier, lui remet la Légion d’honneur. – Pauvre, malade, oublié de tous, il s’éteint à Paris, 15e, en 1952.

Ses cendres reposent au Père Lachaise.

 

The New Yorker : la notion de race mise à mal par la découverte de gènes pour la couleur de la peau, par Carl Zimmer

Il est clair – c’est le cas de le dire – que les Cubains qui ont une palette très variée de couleurs pour désigner la peau humaine sont plus proches de la réalité des bizarreries des gènes associées à l’évolution que les crétins suprématistes blancs, mais ça nous le savions déjà…  En revanche, je suis assez contente d’avoir toujours constaté la grande diversité des êtres humains indépendamment de la couleur de leur peau, mon ami Semou Pathé Gueye m’accusait injustement de ne pas voir la différence. Non, mais elle me semblait y compris sur le plan formel très secondaire par rapport à d’autres critères qui à la taille par exemple me faisait reconnaître un peuple du sud ou du nord ou des individus entre eux. Il n’y a pas d’ailleurs que les blancs pour imaginer que tous les noirs sont pareils, les enfants noirs en Afrique qui voyaient rarement des blancs pleuraient en me voyant, pour eux j’étais un fantôme, Semou me répondait que les enfants bretons venaient avec un doigt mouillé pour lui nettoyer la peau. Le caractère discriminant excessif accordé à la couleur de la peau est bel et bien une construction sociale, une base inventée à l’origine du racisme ( note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et societe).

Une galerie de bustes du XIXème siècle montrant la diversité humaine exposée au Musée de l’Homme à Paris. Les scientifiques ont constaté que les variations génétiques qui déterminent la couleur de la peau sont largement partagées. CréditRomuald Meigneux / SIPA, via Associated Press

Pendant des siècles, la couleur de la peau a eu une signification sociale puissante –  elle a représenté une caractéristique déterminante de la race et un point de départ pour le racisme.

« Si vous demandez à quelqu’un dans la rue, » Quelles sont les principales différences entre les races ?, « ils vont dire la couleur de la peau », a déclaré Sarah A. Tishkoff, un généticien à l’Université de Pennsylvanie.

Jeudi, le Dr Tishkoff et ses collègues ont montré qu’il s’agissait d’une erreur profonde. Dans la revue Science, les chercheurs ont publié la première étude à grande échelle de la génétique de la couleur de la peau chez les Africains.

Les chercheurs ont identifié huit variantes génétiques dans quatre régions proches du génome humain qui influencent fortement la pigmentation – certaines rendant la peau plus foncée et d’autres la rendant plus claire.

Ces gènes sont partagés à travers le monde, comme il s’avère ; l’un d’eux, par exemple, blanchit la peau des Européens et des chasseurs-cueilleurs au Botswana. Les variantes géniques étaient présentes chez les lointains ancêtres de l’humanité, avant même que notre espèce ait évolué en Afrique il y a 300 000 ans.

La distribution répandue de ces gènes et leur persistance au cours des millénaires montrent que les vieilles lignes de couleur sont sans signification essentielle, ont dit les scientifiques. La recherche « met à mal le concept biologique de la race », a déclaré le Dr Tishkoff.

Les humains développent la couleur essentiellement comme les autres mammifères. Des cellules spéciales dans la peau contiennent des poches, appelées mélanosomes, remplies de molécules pigmentaires. Plus il y a de pigments, plus la peau est foncée.

La couleur de la peau varie également avec le type de pigments : les mélanosomes peuvent contenir des mélanges d’un brun-noir appelé eumélanine et un jaune-rouge appelé phéomélanine.

Pour trouver les gènes qui aident à produire des pigments, les scientifiques ont commencé par étudier les personnes d’ascendance européenne et ont découvert que les mutations d’un gène appelé SLC24A5 ont amené les cellules à produire moins de pigments, conduisant à une peau plus claire. Sans surprise, presque tous les Européens ont cette variante.

«Nous savions beaucoup de choses sur la raison pour laquelle les gens ont la peau pâle s’ils ont une ascendance européenne», a déclaré Nicholas G. Crawford, chercheur postdoctoral à l’Université de Pennsylvanie et co-auteur de la nouvelle étude. « Mais on savait très peu pourquoi les gens ont la peau foncée. »

Depuis le début des années 2000, le Dr Tishkoff a étudié les gènes en Afrique, découvrant des variantes importantes pour tout, de la résistance au paludisme à la taille.

Les populations africaines varient énormément dans la couleur de la peau, et le Dr Tishkoff a estimé que les variantes génétiques puissantes doivent en  être responsables.

Étudiant 1 570 personnes en Ethiopie, en Tanzanie et au Botswana, elle et ses collègues ont découvert un ensemble de variantes génétiques qui représentent 29% de la variation de la couleur de la peau. (La variation restante semble liée à des gènes encore à découvrir.)

Une variante, MFSD12, était particulièrement mystérieuse : personne ne savait à quoi elle aboutissait  dans le corps. Pour étudier sa fonction, les chercheurs ont modifié le gène chez des souris de laboratoire rougeâtres. En leur donnant la variante trouvée chez les Africains à la peau plus foncée, les souris grisonnaient.

Comme cela s’est avéré, le  MFSD12 peut affecter la production d’eumélanine brun-noir, produisant une couleur de peau plus foncée.

Les huit variantes de gènes que le Dr Tishkoff et ses collègues ont découvert chez les Africains se sont avérés être présents dans de nombreuses populations à l’extérieur du continent. En comparant l’ADN de ces personnes, les chercheurs ont pu estimer depuis combien de temps les gènes sont apparus.

Ils se sont révélés immensément vieux. Par exemple, une variante de la peau claire – que l’on trouve aussi bien chez les Européens que chez les chasseurs-cueilleurs de San du Botswana – est apparue il y a environ 900 000 ans.

Même avant Homo sapiens, nos lointains ancêtres avaient un mélange de gènes pour la peau claire et foncée. Certaines populations peuvent avoir eu la peau foncée et d’autres  la peau claire; ou peut-être qu’ils étaient tous de la même couleur, produite par un mélange de variantes.

Les Néandertaliens se sont séparés de nos ancêtres il y a environ 600 000 ans et se sont répandus en Europe et en Asie orientale. Alors qu’ils ont disparu il y a environ 40 000 ans, une partie de leur ADN a survécu.

Ces hominidés ont hérité de la même combinaison de variantes déterminant la couleur de la peau, ont également découvert le Dr Tishkoff et ses collègues. Il est possible que certaines populations de Néandertal, aussi, aient une peau claire et d’autres une peau foncée.

Les humains vivants se sont retrouvés avec un large éventail de teintes – de pâle et freckly en Irlande à brun foncé dans le sud de l’Inde, en Australie et en Nouvelle-Guinée. Les chercheurs ont soutenu que ces différentes couleurs ont évolué en partie en réponse à la lumière du soleil.

L’idée est que les personnes qui vivent avec une intense lumière ultraviolette ont bénéficié de la couleur sombre, des pigments qui ont protégé des molécules importantes dans leur peau. Dans les endroits moins ensoleillés, les gens avaient besoin d’une peau plus claire car ils étaient capables d’absorber plus de lumière du soleil pour fabriquer de la vitamine D.

Les nouvelles preuves génétiques appuient cette explication, mais ajoutent une complexité inattendue. Les populations à peau foncée du sud de l’Inde, de l’Australie et de la Nouvelle-Guinée, par exemple, n’ont pas évolué de façon indépendante simplement parce que l’évolution l’a favorisé.

Ils ont hérité des variantes sombres ancestrales que l’équipe du Dr Tishkoff a trouvées chez les Africains. « Ils devaient avoir pour origine une population africaine », a déclaré le Dr Tishkoff.

Pourtant, il en est de même pour certains gènes qui produisent une peau claire en Asie et en Europe. Ils sont également originaires d’Afrique et ont été transportés sur le continent par des migrants.

Comme les Africains ont déménagé en Europe et en Asie, ils se sont mélangés avec des Néandertaliens à plusieurs reprises. La semaine dernière, Michael Dannemann et Janet Kelso de l’Institut Max Planck pour l’anthropologie évolutionniste en Allemagne ont rapporté que les Britanniques portent encore un certain nombre de variantes néandertaliennes qui colorent la peau.

Certains des gènes récemment découverts sont apparus relativement récemment dans notre évolution.

La variante de la peau pâle de SLC24A5, très répandue en Europe, par exemple, est une addition récente au génome, apparue il y a seulement 29 000 ans, selon la nouvelle étude. Il s’est répandu seulement dans les quelques derniers milliers d’années.

Le Dr Tishkoff et ses collègues l’ont trouvé fréquemment non seulement en Europe, mais aussi dans certaines populations d’Africains à la peau claire en Afrique de l’Est et en Tanzanie. Des études d’ADN ancien récemment découvertes en Afrique suggèrent une explication.

Il y a plusieurs milliers d’années, semble-t-il, une migration des premiers agriculteurs du Proche-Orient a balayé l’Afrique de l’Est. Au cours de plusieurs générations de métissage, la variante pâle de SLC24A5 est devenue courante dans certaines populations africaines.

Dans l’ensemble, la nouvelle étude fournit « une appréciation plus profonde de la palette génétique qui a été mélangée et adaptée par l’évolution », a déclaré Nina Jablonski, un expert sur la couleur de la peau à l’Université de Pennsylvanie.

 
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Publié par le octobre 13, 2017 dans civilisation, mythe et légendes