RSS

Archives de Catégorie: medias

Derniers sondages: Record d’impopularité pour Valls. Juppé rattrapé par Sarkozy…

Interrogé en marge du sommet du G7 qui se tient actuellement au Japon, le président s’est montré très clair à propos de son Premier ministre : « il a dit ce qu’il fallait dire ». Une posture que confirme au Point.fr un hollandais historique : « ces trois derniers jours, le président a été totalement en phase avec Manuel Valls».

Qui sera le plus impopulaire des prétendants en situation de l’emporter? 

Mélenchon dans sa nouvelle métamorphose prétend occuper une position entre Mitterrand et Bernie Sanders, qui en France représenterait un candidat de centre gauche, mais qui a avec Mitterrand le trait commun de jouer au-dessus des partis. On peut s’interroger sur la parenté de la situation américaine et française. Au titre des ressemblances,  il y a  l’impopularité caricaturale des candidats « officiels », sélectionnés par le « système » y compris des primaires, mais qui ne sont que des filtres pour l’Etablissement, c’est-à-dire en clair le capital. De ce point de vue effectivement à la veille des présidentielles, nous avons une situation comparable à celle des Etats-Unis où celui qui a des chances d’être élu président, Clinton et Trump, bat des records d’impopularité, . Cependant comparaison n’est pas raison et la France n’est pas les Etats-Unis. C’est à la lumière de la grande colère ouvrière qu’il faut analyser les sondages: le refus d’une politique néo-libérale prônée par tous les prétendants officiels, des Républicains au PS, et le flou plus ou moins marqué des autres. Une politique symbolisée par la loi khomri dans lequel le rôle de l’Europe est essentiel. Il me semble qu’on le veuille ou non que la situation politique française continue à articuler nation et lutte des classes, et dans une certaine mesure c’est ce qui en fait un « modèle  » européen, aussi irritant que fascinant. Supprimer l’un des termes est impossible. C’est pourquoi au-delà des Institutions en crise, d’un présidentialisme et d’un bi-partisme qui fait eau de toute part, il y a vraiment une résistance qui dépasse l’opposition entre les intellos de Bernie et les couches populaires, les petits blancs de Donald, voire la clientèle afro-américaine de Clinton. Il y a au contraire dans le mouvement de résistance français, un refus non communautariste, national mais qui pointe encore et toujours les  intérêts de classe opposés, cela donne une adhésion à un mouvement contre une politique  antisociale, un autoritarisme non démocratique. C’est ça qui est en cause et qui n’a pas encore trouvé sa perspective politique et aucun candidat alternatif à la gauche officielle ne parait en situation de faire de ces élections présidentielles l’enjeu politique central qu’institutionnellement elle devrait être. Donc attention aux analogies et il faut au contraire prendre garde à la fascination qu’exerce sur nos médias la situation américaine et la tentation permanente à  l’analogie.  Mais voici quelques sondages tombés aujourd’hui 28 mai 2016.

Sondage BVA mai 2016
©Orange.fr
BVA, publié le samedi 28 mai 2016 à 18h00
Seuls 24% des Français ont une bonne opinion de Manuel Valls comme Premier ministre, soit 6 points de moins qu’en avril et 15 points de moins qu’en janvier. C’est son plus mauvais score depuis son arrivée à Matignon.
Dans un contexte de tension sociale, Manuel Valls perd surtout des points auprès des sympathisants de la gauche non socialiste (8%; -13).

Popularité: Valls au plus bas à Matignon, Sarkozy gagne 10 points chez Les Républicains (sondage BVA)
Politique
Sondage : Hollande baisse encore
Il continue en revanche de bénéficier du soutien majoritaire des sympathisants PS (59%), même si sa popularité s’érode également auprès de cette population (-3 points depuis avril, -5 points depuis mars).

La cote de popularité de François Hollande se stabilise à son plus bas niveau
La cote de popularité du président de la République demeure très faible (19%). Comme pour son Premier ministre, la cote de popularité du Président résiste auprès des sympathisants PS (57%; +1) mais recule chez les sympathisants de la gauche non socialiste (16% ; -6).

Probable cause de cette impopularité massive de l’exécutif, la politique gouvernementale n’a jamais paru aux yeux des Français aussi peu juste (17%; -4) et efficace (9%; -1).
Des sympathisants de la gauche toujours divisés
A gauche, la hiérarchie des personnalités que l’on souhaite le plus voir jouer un rôle à l’avenir est toujours très différente selon sa proximité partisane détaillée, au point que le classement général, qui place Christiane Taubira en première ligne, peut paraître réducteur. Une popularité par défaut peu susceptible de satisfaire l’électorat et surtout ceux qui aujourd’hui refusent en priorité la politique néo-libérale du gouvernement.

Les sympathisants PS continuent de plébisciter des personnalités gouvernementales (Bernard Cazeneuve : 65%, Najat Vallaud Belkacem : 60% et Jean-Yves le Drian : 58%) tandis que les sympathisants de la gauche non socialiste mettent en avant Jean-Luc Mélenchon (62%), Christiane Taubira (60%) et Martine Aubry (55%).

A droite, Alain Juppé est rattrapé par Nicolas Sarkozy. Après ses déclarations dans le sens là encore du néo-libéralisme, de l’austérité et son rapprochement avec la politique gouvernementale, il perd son aura d’homme d’Etat quasi gaullien.

Si Alain Juppé conserve la tête de notre classement des cotes d’influence auprès de l’ensemble des Français (46%; -4) et auprès des seuls sympathisants de droite (69%; -2), il apparaît en retrait par rapport à notre précédente vague d’enquête. Il perd notamment des points auprès des personnes se disant proches des Républicains (69%; -7), tout comme Bruno Le Maire (62%; -5). Il est clair que si une certaine « gauche » à la Cohn-Bendit pouvait il y a peu proclamer son intention de voter pour Juppé comme une alternative, le mouvement de résistance à la loi khomri ne peut pas se reconnaître dans le petit jeu mené par les Républicains pour savoir qui ira le plus loin dans la « réforme ».

A l’inverse, Nicolas Sarkozy bénéficie d’une dynamique positive, aussi bien auprès des sympathisants de son parti (63%; +10) qu’auprès de l’ensemble des sympathisants de droite (44%; +8). S’il ne parvient pas à dépasser Alain Juppé, il se rapproche de l’ancien Premier ministre auprès de cette cible stratégique dans la perspective de la primaire. Bref, la droite fait le plein de sa clientèle mais est en train de perdre de sa capacité à rassembler au-delà.

Et  une majorité de français ne souhaite, selon divers sondages, pas plus qu’il se représente qu’il ne souhaite voir François Hollande se représenter.

Il reste donc à approfondir ces caractéristiques de la société française si l’on veut se poser la seule vraie question qui devrait concerner des communistes, des gens de gauche; quel parti, quelle force politique peut-elle aujourd’hui non pas seulement sélectionner un candidat aux présidentielles et aux élections qui suivront, mais quelle est la force politique la plus appropriée pour favoriser l’intervention populaire…

Danielle Bleitrach

 

 
1 commentaire

Publié par le mai 28, 2016 dans medias

 

Les sources de la série ‘Apocalypse Staline’ de France 2, par Annie Lacroix-Riz

Afficher l'image d'origine

L’histoire de Guerre froide entre Göbbels et l’ère américaine

Les trois heures de diffusion de la série « Apocalypse Staline » diffusée le 3 novembre 2015 sur France 2 battent des records de contrevérité historique, rapidement résumés ci-dessous.

Une bande de sauvages ivres de représailles (on ignore pour quel motif) ont ravagé la Russie, dont la famille régnante, qui se baignait vaillamment, avant 1914, dans les eaux glacées de la Baltique, était pourtant si sympathique. « Tels les cavaliers de l’apocalypse, les bolcheviques sèment la mort et la désolation pour se maintenir au pouvoir. Ils vont continuer pendant 20 ans, jusqu’à ce que les Allemands soient aux portes de Moscou. […] Lénine et une poignée d’hommes ont plongé Russie dans le chaos » (1 er épisode, « Le possédé »).

Ces fous sanguinaires ont inventé une « guerre civile » (on ignore entre qui et qui, dans cette riante Russie tsariste). L’enfer s’étend sous la houlette du barbare Lénine, quasi dément qui prétend changer la nature humaine, et de ses acolytes monstrueux dont Staline, pire que tous les autres réunis, « ni juif ni russe », géorgien, élevé dans l’orthodoxie mais « de mentalité proche des tyrans du Moyen-Orient » (la barbarie, comprend-on, est incompatible avec le christianisme). Fils d’alcoolique, taré, contrefait, boiteux et bourré de complexes (surtout face au si brillant Trotski, intelligent et populaire), dépourvu de sens de l’honneur et de tout sentiment, hypocrite, obsédé sexuel, honteux de sa pitoyable famille, Staline hait et rackette les riches, pille les banques, etc. (j’arrête l’énumération). On reconnaît dans le tableau de cet « asiate » les poncifs de classe ou racistes auxquels le colonialisme « occidental » recourt depuis ses origines.

Vingt ans de souffrances indicibles infligées à un pays contre lequel aucune puissance étrangère ne leva jamais le petit doigt. Il y a bien une allusion sibylline aux années de guerre 1918-1920 qui auraient fait « dix millions de morts » : les ennemis bolcheviques sont encerclés partout par une « armée de gardes blancs ». On n’aperçoit pas la moindre armée étrangère sur place, bien qu’une cinquantaine de pays impérialistes étrangers eussent fondu, de tous les points cardinaux sur la Russie, dont la France, l’Angleterre, l’Allemagne, les États-Unis, etc. (c’est au 2 e épisode seulement, « L’homme rouge », qu’on apprend que Churchill a détesté et combattu l’URSS naissante : quand? comment?).

Pour échapper à cette intoxication sonore et colorée, le spectateur aura intérêt à lire l’excellente synthèsese de l’historien Arno Mayer, sympathisant trotskiste auquel son éventuelle antipathie contre Staline n’a jamais fait oublier les règles de son métier : Les Furies, terreur, vengeance et violence, 1789, 1917 , Paris, Fayard, 2002. L’ouvrage, traduit par un gros éditeur pour des raisons que je ne m’explique pas, vu les habitudes régissant la traduction en France, compare aussi les révolutions française et bolchevique. Comparaison particulièrement utile après une ère Furet où la française a été aussi malmenée que la russe [1] . Pour Mme Clarke et M. Costelle comme pour les historiens et publicistes qui ont occupé la sphère médiatique depuis les années 1980, la Terreur est endogène, et dépourvue de tout rapport avec l’invasion du territoire par l’aristocratie européenne. Et, de 1789 à 1799, expérience atroce heureusement interrompue par le coup d’État, civilisé, du 18 Brumaire (9 novembre 1799), la France a vécu sous les tortures des extrémistes français (jacobins), mauvaise graine des bolcheviques.

« Le peuple soviétique » est soumis sans répit aux tourments de la faim notamment à « la famine organisée par Staline au début des années trente, catastrophique surtout en Ukraine », où elle aurait fait « 5 millions de morts de faim », victimes de l’« Holodomor » [2] , à la répression permanente, incluant les viols systématiques, aux camps de concentration « du Goulag » (« enfer pour les Russes du désert glacé », où toutes les femmes sont violées aussi) si semblables à ceux de l’Allemagne nazie (un des nombreux moments où les séquences soviétique et allemande sont « collées », pour qu’on saisisse bien les similitudes du « totalitarisme »). Mais il gagne la guerre en mai 1945. On comprend d’ailleurs mal par quelle aberration ce peuple martyrisé pendant plus de vingt ans a pu se montrer sensible, à partir du 3 juillet 1941, à l’appel « patriotique » du bourreau barbare qui l’écrase depuis les années 1920. Et qui a, entre autres forfaits, conclu « le 23 août 1939 » avec les nazis une « alliance » qui a sidéré le monde, l’indigne pacte germano-soviétique, responsable, en dernière analyse, de la défaite française de 1940 : « Staline avait tout fait pour éviter la guerre, il avait été jusqu’à fournir à Hitler le pétrole et les métaux rares qui avaient aidé Hitler à vaincre la France ».

Il est vrai que l’hiver 1941-1942 fut exceptionnellement glacé, ce qui explique largement les malheurs allemands (en revanche, « le général Hiver » devait être en grève entre 1914 et 1917, où la Russie tsariste fut vaincue avant que les bolcheviques ne décrétassent « la paix »). Il est vrai aussi que l’aide matérielle alliée a été « décisive » dès 1942 (épisodes 2 et 3), avions, matériel moderne, etc. (4% du PNB, versés presque exclusivement après la victoire soviétique de Stalingrad).

Il n’empêche, quel mystère que ce dévouement à l’ignoble Staline, qui vit dans le luxe et la luxure depuis sa victoire politique contre Trotski, alors que « le peuple soviétique » continue d’être torturé : non pas par les Allemands, qu’on aperçoit à peine dans la liquidation de près de 30 millions de Soviétiques, sauf signalement de leur persécution des juifs d’URSS, mais par Staline et ses sbires. Ainsi, « les paysans ukrainiens victimes des famines staliniennes bénissent les envahisseurs allemands ». Ce n’est pas la Wehrmacht qui brûle, fusille et pend : ces Ukrainiens « seront pendus par les Soviétiques revenus, » et filmés à titre d’exemples comme collabos. Staline fait tuer aussi les soldats tentés de reculer, tendance bien naturelle puisque le monstre « déclare la guerre à son peuple » depuis 1934 (depuis lors seulement?), qu’il a abattu son armée en faisant fusiller des milliers d’officiers en 1937, etc.

La critique mot à mot de ce « documentaire » grotesque s’avérant impossible, on consultera sur l’avant-guerre et la guerre l’ouvrage fondamental de Geoffrey Roberts, Stalin’s Wars : From World War to Cold War, 1939-1953 . New Haven & London: Yale University Press, 2006, accessible désormais au public français : Les guerres de Staline, 1939-1953 , Paris, Delga, 2014 [3] . La politique d’« Apaisement » à l’égard du Reich hitlérien fut l’unique cause du pacte germano-soviétique, que les « Apaiseurs » français, britanniques et américain avaient prévue sereinement depuis 1933 comme la seule voie ouverte à l’URSS qu’ils avaient décidé de priver d’« alliance de revers ». Cette réalité, cause majeure de la Débâcle française, qui ne dut strictement rien à l’URSS, est absente des roulements de tambour de Mme Clarke et de M. Costelle. On en prendra connaissance en lisant Michael Jabara Carley, 1939, the alliance that never was and the coming of World War 2 , Chicago, Ivan R. Dee, 1999, traduit peu après : 1939, l’alliance de la dernière chance. Une réinterprétation des origines de la Seconde Guerre mondiale , Les presses de l’université de Montréal, 2001; et mes travaux sur les années 1930, Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930 , Paris, Armand Colin, 2010 (2 e édition) et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3 e République, 1938-1940 , Paris, Armand Colin, 2008.

Les réalisateurs, leurs objectifs publics et leur conception de l’histoire

La seule émission de France Inter du 30 octobre au matin (disponible sur Internet jusqu’au 28 juillet 2018) a donné une idée des conditions du lancement « apocalyptique », tous médias déployés, de cette série Staline qui rappelle, par les moyens déployés, l’opération Livre noir du communisme en 1997. Elle éclaire aussi sur les intentions des réalisateurs installés depuis 2009 dans la lucrative série « Apocalypse ».

La musique et le son de ces trois heures éprouvantes sont adaptés à leurs objectifs. La « colorisation », qui viole les sources photographiques, porte la marque de fabrique de la série « Apocalypse » : elle s’impose pour attirer « les jeunes gens », faire sortir l’histoire de la case poussiéreuse où elle était confinée, argue Isabelle Clarke, éperdue de gratitude (bien compréhensible) à l’égard de France 2 qui « a remis la grande histoire en prime time (sic) »; aussi modestement, le coauteur Daniel Costelle attribue cette place d’honneur sur nos écrans domestiques à la qualité du travail accompli par le tandem depuis les origines de la série (2009). La « voix de Mathieu Kassovitz » est jugée « formidable » par les auteurs et leur hôtesse, Sonia Devillers : l’acteur débite, sur un ton sinistre et grandiloquent, le » scénario de film d’horreur » soviétique et stalinien qui fascine tant Mme Clarke.

Pour que la chose soit plus vivante, les auteurs, qui font « des films pour [s’]enthousiasmer [eux]-mêmes », ont décidé qu’ils n’auraient « pas de parti pris chronologique » : ils ont plus exactement pris le parti de casser la chronologie, par de permanents retours en arrière supposés rendre le « travail un peu plus interactif ». La méthode empêche toute compréhension des événements et des décisions prises, 1936 ou 1941 précédant l’avant Première Guerre mondiale, le conflit et 1917, une de ses conséquences. On sautille sans arrêt d’avant 1914 à 1945 dans chaque épisode et en tous sens : il est d’autant plus impossible de reconstituer le puzzle des événement morcelés que les faits historiques sont soigneusement épurés, sélectionnés ou transformés en leur exact contraire (c’est ainsi que les perfides bolcheviques auraient attaqué la Pologne en 1920, alors que c’est Varsovie qui assaillit la Russie déjà envahie de toutes parts). On nous explique souvent que le montage d’un film est fondamental, l’escroquerie « Apocalypse Staline », qui y ajoute le mensonge permanent et les ciseaux du censeur, le confirme.

La conjoncture est au surplus du côté des auteurs :

1° la propagande antisoviétique est depuis 1917 obsédante en France comme ailleurs en « Occident », mais elle a été infléchie pendant quelques décennies, à la fois par une fraction du mouvement ouvrier (surtout) et des intellectuels et par les circonstances, en particulier celles qui ont précédé et accompagné la Deuxième Guerre mondiale. Ce n’est plus le cas depuis les années 1990 où le mouvement ouvrier, toutes tendances confondues, s’est aligné sur les développements du Livre noir du communisme : seul défenseur de l’URSS depuis la naissance de la Russie soviétique, le PCF ne cesse depuis 1997 d’expier ses affreuses années staliniennes et de déplorer sa non-condamnation du si funeste pacte germano-soviétique. Rappelons que sa mise en œuvre offrit aux Soviets un répit de près de deux ans et leur permit de doubler les effectifs de l’armée rouge à leurs frontières occidentales (portés de 1,5 à 3 millions d’hommes). Jérôme Joffrin, dans un article qui se veut nuancé sur le « bourreau » Staline, auquel cependant « nous devons beaucoup », a légitimement relevé qu’il était délicat naguère de raconter en France absolument n’importe quoi sur l’URSS mais que l’obstacle a été levé par les rapports de forces internationaux et intérieurs .

2° La liquidation de l’histoire scientifique française de l’URSS a été d’autant plus aisée depuis les années 1980 que l’offensive antisoviétique et anticommuniste s’est accompagnée d’une entreprise de démolition de l’enseignement général de l’histoire, soumis à une série de « réformes » toutes plus calamiteuses les unes que les autres. Le corps enseignant du secondaire l’a déploré, mais sa protestation n’est plus guère soutenue par des organisations autrefois combatives sur le terrain scientifique comme sur les autres. « Les jeunes gens », auxquels la casse de l’enseignement historique inflige désormais 1° la suppression de pans entiers de la connaissance, 2° l’abandon de la chronologie, sans laquelle on ne peut pas saisir les origines des faits et événements, et 3° le sacrifice des archives originales au fameux « témoignage », se sont trouvés, s’ils ont eu le courage de supporter les trois heures de ce gavage, en terrain particulièrement familier.

3° L’histoire scientifique relative à la Russie, anglophone notamment, est en fort développement depuis une vingtaine d’années mais elle est en général inaccessible au public français : les ouvrages idoines sont traduits dans les six mois, les autres pratiquement jamais, sauf exception. Quelques-uns de ces « trous » percés dans le Rideau de Fer de l’ignorance historique du monde russe ont été mentionnés ci-dessus. Quoi qu’il en soit, quand les ouvrages sérieux sont traduits, ils sont ensevelis dans le néant, tous médias confondus.

De l’histoire, quelle histoire ?

Svetlana Aleksievitch, conseillère en « témoignages »

Isabelle Clarke admet qu’« Apocalypse Staline » ne relève pas de la catégorie de l’histoire, elle le revendique même. Elle se déclare fascinée par l’immense travail de Svetlana Alexievitch, dont l’attribution du prix Nobel de littérature d’octobre 2015 rappelle le couronnement « occidental » de l’œuvre d’Alexandre Soljenitsyne , lauréat de 1970, avec des motivations semblables. Quelles que soient ses éventuelles qualités littéraires, Mme Alexievitch n’a été promue que pour des raisons idéologico-politiques, conformément à une tradition d’après-guerre que la documentariste et historienne britannique Frances Stonor Saunders a exposée en 1999, dans un ouvrage essentiel sur la Guerre froide culturelle : c’est l’intervention expresse des États-Unis, via l’action clandestine pratiquée sur les questions culturelles (comme sur les opérations politiques et même militaires) par le truchement de la CIA ou d’institutions financées par elle. Ce fut en l’occurrence via le Congress for Cultural Freedom (CCF) fondé, après une série d’initiatives préalables, en juin 1950, et qui bloqua l’attribution du prix Nobel de littérature à Pablo Neruda au début des années 1960 : Neruda fut écarté en 1964, au profit de Jean-Paul Sartre, dont Washington suivait de près et appréciait les démêlés avec le PCF, mais qui eut l’élégance de le décliner [4] . Le pouvoir positif de soutien des États-Unis, depuis 1945, aux « dissidents » ou à des anticommunistes très divers a été aussi efficace que leur capacité de nuisance contre les intellectuels combattus : le Nobel de littérature a récompensé un nombre tout à fait disproportionné d’adversaires notoires du communisme en général et de l’URSS ou de la Russie en particulier : la consultation systématique est éclairante :

Isabelle Clarke se félicite du « travail de témoignage » réalisé par Svetlana Alexievitch, grâce à laquelle « les crimes communistes », jamais jugés, ont enfin pu être recensés : en l’absence d’instruction et d’accès aux faits, il a fallu compter sur les témoignages, très longs à obtenir, et autrement plus éclairants que la recherche historique. Ces témoignages égrenés au fil des trois films, jamais liés à l’établissement des faits, forment donc la trame historique du « scénario de film d’horreur ». Svetlana Alexievitch ne prétend pas, elle, faire œuvre d’historienne. Obsédée par la quête de l’ Homo sovieticus , concept proclamé impossible, puisqu’on ne saurait changer les humains en changeant le mode de production, l’auteur de La Fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement (traduction publiée en 2013 chez Actes Sud) « enregistre sur magnétophone les récits des personnes rencontrées, et collecte ainsi la matière dont elle tire ses livres : “Je pose des questions non sur le socialisme, mais sur l’amour, la jalousie, l’enfance, la vieillesse. Sur la musique, les danses, les coupes de cheveux. Sur les milliers de détails d’une vie qui a disparu. C’est la seule façon d’insérer la catastrophe dans un cadre familier et d’essayer de raconter quelque chose. De deviner quelque chose… L’Histoire ne s’intéresse qu’aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. Ce n’est pas l’usage de les laisser entrer dans l’histoire. Moi, je regarde le monde avec les yeux d’une littéraire et non d’une historienne” ».

Nous sommes donc avisés que ce spectacle « émotionnel » et « occidental », organisé à grand tapage par les responsables de la série « Apocalypse Staline », est fondé sur de la littérature antisoviétique larmoyante, appréciée et récompensée comme telle par « l’Occident » civilisé.

Les « conseillers historiques » d’« Apocalypse Staline » : l’institut d’histoire sociale, de Boris Souvarine à Pierre Rigoulot

Quand on passe à « l’histoire » stricto sensu , le bilan est pire, et caractérisé par des pratiques malhonnêtes et non explicitées. Isabelle Clarke se flatte d’avoir « remis en prime time (sic) la grande histoire » et de ne pas avoir négligé l’histoire qu’elle aime moins que la littérature : elle aurait étudié tous les ouvrages « recommandés par nos conseillers historiques » : « Robert Service, Jean-Jacques Marie, Simon Sebag Montefiore » (ce dernier toujours traduit dans les mois qui suivent ses publications anglophones), dont les travaux sont caractérisés par une vision à peu près caricaturale du monstre, avec des nuances dont le lecteur de leurs travaux peut seul juger. Quels « conseillers historiques »? On a pourtant le choix parmi les historiens français de l’URSS, presque également soviétophobes et médiatiques : aucune carrière académique n’étant depuis trente ans ouverte à un spécialiste de l’URSS soviétophile, il n’en existe pas.

Dans la rubrique « crédits » du 3 e épisode, figure la mention de citation(s) d’un seul ouvrage d’historien, le Staline de Jean-Jacques Marie, spécialiste du monstre sur la base d’ouvrages de seconde main (les seules autres citations proviennent de Mme Alexievitch). Les « conseillers historiques » allégués n’ont pas été mentionnés, mais on relève, parmi les sept personnalités qui ont fait l’objet de « remerciements », juste nommées mais non présentées, un seul « historien » présumé : Pierre Rigoulot (les six autres sont artistes ou spécialistes techniques [5] ).

M. Rigoulot dirige l’institut d’histoire sociale, fondé en 1935 par Boris Souvarine, célèbre et précoce transfuge du communisme (1924) qui, fut, selon une tradition née en même temps que le PCF, embauché par le grand patronat français Souvarine, trotskiste proclamé antistalinien (catégorie de « gauche» très appréciée pour la lutte spécifique contre les partis communistes [6] ), fut employé comme propagandiste par la banque Worms. Il fut un des rédacteurs de la revue les Nouveaux Cahiers , fondée en 1937 en vue de la scission de la CGT, financée et tuteurée par le directeur général de la banque Jacques Barnaud, futur délégué général aux relations économiques franco-allemandes (1941-1943). La revue, qui chanta sans répit les louanges d’une « Europe » sous tutelle allemande, fut publiée entre la phase cruciale de la scission, d’origine patronale, de la CGT (n° 1, 15 mars 1937) [7] , et la Débâcle organisée de la France (n° 57, mai 1940). Souvarine y voisinait avec la fine fleur de la « synarchie » issue de l’extrême droite classique (Action française) qui allait peupler les ministères de Vichy : il n’y était requis qu’en tant que spécialiste de (l’insulte contre) l’URSS et de la croisade contre la république espagnole assaillie par l’Axe Rome-Berlin [8] .

Cette « petite revue jaune », qui attira bien des « collaborations », selon l’expression du synarque et ami de Barnaud, Henri Du Moulin de Labarthète, chef de cabinet civil de Pétain [9] , est annonciatrice de presque tous les aspects de la Collaboration. Elle est conservée dans les fonds d’instruction de la Haute Cour de Justice des Archives nationales (W3, vol. 51, en consultation libre : régime de la dérogation générale, série complète jusqu’au n° de décembre 1938) et des archives de la Préfecture de police (série PJ, vol. 40, sous dérogation quand je l’ai consultée). Le lecteur curieux constatera que « Boris Souvarine, historien » (ainsi qualifié au 3 e épisode, « Staline. Le maître du monde »), dans ses articles, réguliers, dresse entre 1937 et 1940 un portrait de l’URSS (et) de Staline en tout point conforme à ce que le spectateur français a appris, le 3 novembre 2015, sur le cauchemar bolchevique. Souvarine partit pour New York en 1940, y passa la guerre, et prit alors contact avec les services de renseignements alors officiellement voués à la seule guerre contre l’Axe (notamment l’ Office of Strategic Services (OSS), ancêtre de la CIA, mais fort antisoviétiques. Il ne revint en France qu’en 1947 C’est le soutien financier clandestin du tandem CCF -CIA qui lui permit d’éditer et de faire triompher son Staline : en panne d’éditeur et de public de la Libération à la fin des années 1940, le chef de l’« Institut d’Histoire sociale et de Soviétologie » (définitivement reconstitué en mars 1954) accéda ainsi au statut d’« historien » que lui accorde « Apocalypse Staline » [10] .

Deuxième « historien », non signalé comme tel, mais « remercié » dans les crédits, Pierre Rigoulot, présumé cheville ouvrière des films sur Staline, fait peser sur les trois épisodes de la ssérie une triple hypothèque.

1°. M. Rigoulot n’est pas un historien mais un idéologue, militant au service de la politique extérieure des États-Unis, officiellement apparenté depuis les années 1980 aux « néo-conservateurs », selon Wikipedia, qu’on ne saurait taxer d’excessive complaisance pour le communisme : aucun des ouvrages qu’il a rédigés sur l’URSS, la Corée du Nord (sa nouvelle marotte depuis sa contribution sur le sujet dans Le Livre noir du communisme ), Cuba, ne répond aux exigences minimales du travail scientifique.

2°. Faussaire avéré sous couvert de prendre la défense « des juifs », il a été, pour son ouvrage L’Antiaméricanisme (éditions Robert Laffont, 2005), condamné en diffamation par jugement de la 17 e chambre du TGI de Paris, le 13 avril 2005, « ayant inventé de toutes pièces [une] fausse citation » antisémite (absente) d’un ouvrage de Thierry Meyssan , adversaire manifestement jugé sans péril (même référence en ligne).

3°. L’IHS, que M. Rigoulot a rejoint en 1984 comme bibliothécaire, puis « chargé des recherches et publications », et dont il est le directeur, n’est pas une institution scientifique : c’est une officine de Guerre froide et, après la Libération, de recyclage des collaborationnistes de sang et/ou de plume issus de l’extrême droite classique et de la gauche anticommuniste. Cet organisme a été depuis la Libération financé par la banque Worms, le CNPF et, quasi officiellement, par la CIA. Il a été intimement lié à Georges Albertini, second de Marcel Déat déjà employé avant-guerre par la banque Worms et recyclé à sa sortie de prison (1948) dans la propagande anticommuniste et antisoviétique de tous ces bailleurs de fonds. On trouvera sur tous ces points une ample bibliographie, fondée à la fois sur les archives policières françaises (de la Préfecture de police) et sur les fonds américains qui établit la convergence de tous les auteurs [11]

Les trois volets d’« Apocalypse Staline » traitent, et sur le même ton haineux, tous les thèmes serinés depuis sa fondation par l’IHS, notamment ceux du Goulag (« la terreur et le goulag sont la principale activité du Politburo », 3 e épisode, « Staline. Le maître du monde »), dont M. Rigoulot a fait depuis 1984, date de son entrée dans cette officine, un des thèmes privilégiés de ses travaux, et de l’« Holodomor », « organisé » par Staline.

Conclusion

On pourrait proposer au spectateur de visionner, en supprimant le son de cette projection grotesque, les bandes de « rushes » (les auteurs des films prétendent avoir livré du pur document brut, particulièrement authentique, mais le film de fiction, soviétique d’ailleurs, y occupe une part non négligeable). Il percevrait ainsi immédiatement qu’on pourrait faire une toute autre histoire de l’URSS sous Staline que celle qui s’appuie sur un matériau frelaté.

Là n’est pas l’essentiel. Le service public de télévision français a une fois de plus, en matière d’histoire, bafoué les principes minimaux de précaution scientifique et ridiculisé les spectateurs français, en leur servant un brouet de pure propagande antisoviétique : il avait déjà ouvert, entre 2011 et 2013, le service public aux seuls héritiers de Louis Renault, venus se lamenter, avec ou sans historiens complices, sur la spoliation de leur grand-père quasi résistant. Est-il normal que la société France Télévisions, financée par la redevance versée par tous les contribuables, se prête à une opération digne du « ministèrere de l’information et de la propagande » de Göbbels? On attend le « débat » qu’impose la malhonnêteté avérée de l’entreprise. J’y participerai(s) volontiers.

Annie Lacroix-Riz, Professeur émérite d’Histoire contemporaine, Paris VII.

Notes:

[1] Atmosphère historiographique générale depuis l’ère Furet, Lacroix-Riz, L ’ histoire contemporaine toujours sous influence , Delga-Le Temps des cerises, 2012

[2] À propos de ce concept emprunté, non pas à l’Ukraine soviétique de l’entre-deux-guerres mais né dans la Galicie polonaise, et devenu un thème allemand et américaine de la stratégie de scission URSS ou « Russie »-Ukraine depuis 1933, ma mise au point archivistique et bibliographique « Ukraine 1933 mise à jour de novembre-décembre 2008 »; et Mark Tauger, ouvrage à paraître chez Delga en 2016 sur les famines en Russie tsariste et en Union Soviétique, dont je rédigerai la préface.

[3] Voir aussi Lacroix-Riz, « Le rôle de l’URSS dans la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) », mai 2015,

[4] Frances Stonor Saunders, Qui m è ne la danse, la Guerre froide culturelle Denoël, 2004; traduction de The cultural Cold War : the CIA and the world of art and letters , New York, The New Press, 1999, origine de la pagination présente, p. 347-351 sur Neruda; sur Sartre, souvent citéé, index.

[5] Seuls les noms des sept sont cités, pas leur qualité : Emi Okubo est musicien ; Sonia Romero, artiste ; Karine Bach, monteuse sur France Télévisions; Thomas Marlier, réalisateur; Kévin Accart, assistant monteur; Philippe Sinibaldi, gérant de société de production.

[6] Frédéric Charpier , Histoire de l ’ extr ê me gauche trotskiste: De 1929 à nos jours , Paris, ééditions 1, 2002.

[7] Lacroix-Riz, Impé rialismes dominants, ré formisme et scissions syndicales, 1939-1949 , Montreuil, Le Temps des cerises, 2015, chap. 1, et De Munich à Vichy, l ’ assassinat de la 3 e Ré publique, 1938-1940 , Paris, Armand Colin, 2008, chap. 3 et 6.

[8] Sur Jacques Barnaud, tuteur depuis 1933-1934 de l’héritier présomptif de Jouhaux René Belin, directeur de cabinet de Belin (juillet 1940-février 1941) et véritable ministre du Travail quand son pupille occupait officiellement le poste; sur les Nouveaux Cahiers , Lacroix-Riz, Le choix de la d é faite , De Munich à Vichy et Industriels et banquiers fran ç ais sous l ’ Occupation , Paris, Armand Colin, 2013.

[9] Du Moulin de Labarthète, « La synarchie française », article publié le 25 mai 1944 dans la revue helvétique Le Curieux , sous le pseudonyme de Philippe Magne, joint au rapport de « l’inspecteur spécial » de la PJ Vilatte, chargé à la Libération de l’enquête « sur la synarchie », 1 er juin 1947, PJ 40, Barnaud, APP.

[10] Roger Faligot et Rémi Kauffer, « La revanche de M. Georges » (Albertini), in É minences grises , Paris, Fayard, 199, p. 150 (p. 135-170); Emmanuelle Loyer, Paris à New York. Intellectuels et artistes franç ais en exil (1940-1947) , Paris, Hachette, 2007; Peter Coleman, The Liberal Conspiracy: the Congress for Cultural Freedom and the Struggle for the Mind of Postwar Europe , New York, Free Press, 1989, index, ouvrage non traduit dans lequel Pierre Grémion, Intelligence de l ’ Anticommunisme: Le Congr è s pour la Liberté de la Culture à Paris 1950-1975 , Paris: Fayard, 1997, a tr è s largement puisé; Lacroix-Riz, « La Banque Worms et l’Institut d’histoire sociale » et « Des champions de l’Ukraine indépendante et martyre à l’institut d’histoire sociale ».

[11] N. 10, et Jean Lévy , Le Dossier Georges Albertini. Une intelligence avec l ’ ennemi . L’Harmattan-Le Pavillon 1992 ; Charpier , G é n é ration Occident , Paris, Seuil, 2005; La CIA en France: 60 ans d ’ ing é rence dans les affaires fran ç aises Paris, Seuil, 2008; Les valets de la guerre froide : comment la R é publique a recycl é les collabos , Paris, François Bourin éd., Paris, 2013; Benoît Collombat et David Servenay , dir., Histoire secr è te du patronat : de 1945 à nos jours . Paris, La Découverte, Arte éditions, 2 e édition, 2014 (dont article de Charpier); Lacroix-Riz, tous les op. cit. supra ; Saunders, op. cit. , etc.

marquer comme non lu
 
6 Commentaires

Publié par le novembre 7, 2015 dans histoire, medias

 

Vatileaks : Le Pape aurait-il choisi de faire éclater le scandale?

Afficher l'image d'origine

Il n’y a pas que le gouvernement français qui pique l’argent des pauvres pour le donner aux riches, l’exemple vient d’en haut, du Vatican soi-même si on en croit deux livres qui paraîtront ce jeudi 5 novembre. Selon le quotidien belge Le Soir :

Deux livres à paraître ce jeudi révèlent des frasques financières derrière les murs épais du Vatican, où, selon leurs auteurs, une partie par exemple de dons faits aux pauvres finance en réalité les dépenses excessives de certains cardinaux. Confronté aux résistances des pontes de l’Eglise, le pape aurait-il laissé fuiter ces révélations ? Une manière de gouverner qui a déjà été inaugurée à la fin du règne de benoit XVI.
Patricia Labar avec AFP

Ces révélations interviennent en effet après l’arrestation ce week-end d’un prélat espagnol, Mgr Lucio Angel Vallejo Balda, et d’une laïque italienne, Francesca Chaouqui, accusés d’avoir divulgué des documents économiques du petit Etat. Mme Chaouqui a été remise en liberté, mais a à nouveau été interrogée mardi.
Les livres « Avarice » d’Emiliano Fittipaldi, de l’hebdomadaire de gauche L’Espresso , et « Via crucis » de Gianluigi Nuzzi, du groupe télévisé Mediaset, seront en librairie ce jeudi 5 novembre.

Ils rapportent que les dons reçus par le Saint-Siège à l’intention des plus pauvres ne sont pas tous destinés à des œuvres de bienfaisance. Ces ouvrages contiennent aussi des photocopies de documents réservés qui mettent en évidence « le manque de transparence, de clarté et de propreté » dans l’Eglise.
Gianluigi Nuzzi doit présenter son livre « Via crucis » ce mercredi matin. Le journaliste italien qui fut aussi impliqué lors de la précédente fuite de documents à la fin du pontificat de Benoît XVI, fait état «  de pertes dues à des différences d’inventaire  », avec des « trous » de 700.000 euros au supermarché du Vatican et de 300.000 euros à la pharmacie vaticane.

«  Au cœur même de l’Eglise, il existe un trou noir que François découvre au prix de nombreuses difficultés : une mauvaise gestion qui finit par se transformer en escroquerie et en machination. Grâce à l’unité opérationnelle qu’il a imposée avec une énergie sans précédent, il parvient à acquérir la certitude que les fonds destinés aux indigents servent à couvrir les frais de la curie. Un véritable scandale. L’argent que des catholiques du monde entier envoient au Vatican pour contribuer à des œuvres de charité, loin d’être versé aux pauvres, est utilisé pour combler les déficits financiers dus à certains cardinaux et aux hommes qui contrôlent l’appareil bureaucratique du Saint-Siège. Or, Jorge Bergoglio a choisi le prénom François parce que la mission de son Eglise était censée correspondre exactement à celle de saint François d’Assise : aider les pauvres », écrit notamment Gianluigi Nuzzi dans son livre.

Toujours selon ce journaliste, le pape aurait présidé une réunion à huis clos en 2013, déplorant que « les frais soient hors de contrôle  », relevant une augmentation de 30 % du nombre des employés en cinq ans.

« Le nombre des salariés du Vatican a augmenté de 30 % en 5 ans, c’est beaucoup trop ». Ou encore : « Il ne faut en aucun cas payer des factures qui ne correspondent pas à un devis ». Et enfin : «  Si nous ne savons pas nous occuper de l’argent, que l’on voit, comment pourrons-nous nous occuper des âmes des fidèles, que nous ne voyons pas ? »

Sans mentionner Mgr Vallejo Balda et Mme Chaouqui, Gianluigi Nuzzi affirme que « ses sources » ont souhaité « aider le pape », en publiant des documents auxquels ils avaient pleinement droit d’accès dans la Commission d’experts économiques où ils travaillaient.

400 millions d’euros détournés

Dans « Avarice », Emiliano Fittipaldi écrit que 400 millions d’euros auraient été ainsi détournés de la caisse du « Denier de Saint-Pierre » pour les besoins de la Curie.

L’auteur prend en exemple quelque 200.000 euros détournés d’une fondation dépendant de l’hôpital catholique Bambino Gesu (l’enfant Jésus) pour financer la rénovation de l’appartement du cardinal Tarcisio Bertone, ex-numéro deux du Vatican. Ce luxueux appartement de 700 m2 est nettement plus modeste que celui qu’occupe le pape François à la résidence Sainte-Marthe.

Le journaliste italien affirme aussi que ce même cardinal a utilisé un hélicoptère pour se rendre en Basilicate (sud de l’Italie) dans le cadre d’une opération de « marketing » pour le compte de cette fondation. Coût de ce vol, selon Emiliano Fittipaldi : 23.800 euros.

Cela «  n’est absolument pas une façon d’aider la mission du pape  », avertissait lundi le Vatican dans un communiqué, en parlant de « grave trahison de sa confiance ».

 
1 commentaire

Publié par le novembre 4, 2015 dans civilisation, medias

 

L’industrie des médias censure le rapport du Pentagone qui révèle le rôle des États-Unis dans la création de l’État Islamique. Par Jay Syrmopoulos

http://www.les-crises.fr/lindustrie-des-medias-censure-le-rapport-du-pentagone-qui-revele-le-role-des-etats-unis-dans-la-creation-de-letat-islamique-par-jay-syrmopoulos/

Source : The Free Thought Project.com, le 02/06/2015

Dans un article répercuté à travers le monde, le journaliste primé la semaine dernière et chercheur docteur Nafeez Ahmed a révélé des informations ahurissantes sur la complicité américaine dans la création et l’ascension de l’État Islamique, ainsi qu’elles ont été trouvées dans un rapport des Services de Renseignements de la Défense (DIA) récemment déclassé.

Lisez l’article censuré par l’industrie des médias sur le rapport secret du renseignement américain révélant qui a réellement créé Daech http://www.middleeasteye.net/columns/pentagon-confirms-west-gulf-states-and-turkey-created-islamic-state-608321312

Le rapport du Pentagone dit que les pays occidentaux, du golfe et la Turquie avaient prévu l’émergence de l’État Islamique

Un rapport de l’intelligence américaine révèle que l’aide occidentale aux rebelles syriens a favorisé et encouragé la naissance de l’”État Islamique”, ce que le Pentagone ne nie pas.

Une chose peut-être plus terrifiante que le rapport lui-même est que cette information a été occultée par tous les media grand public du monde.

Ce silence en dit long sur l’importance de cette information. Il illustre la complicité des média anglophones, en collusion avec les gouvernements, pour garder les populations dans l’ignorance de la violence de la realpolitik américaine.

J’ai discuté avec les journaux nationaux intéressés par cette réalité, ils conclurent que c’était trop ‘difficile’ d’en parler à un stade aussi tardif.

Ce rapport stupéfiant, daté d’août 2012, a prouvé que la croissance et l’expansion de Daech était un résultat direct des armes envoyées aux islamistes anti-Assad par les États-Unis, dans le cadre de leur objectif stratégique de renversement du régime d’Assad en Syrie.

Le rapport affirme que “les principales forces conduisant l’insurrection en Syrie” sont composées “des Salafistes, des Frères Musulmans, et d’al-Qaïda en Irak”, et montre explicitement quels étaient les éléments qui donnaient vraiment son impulsion à l’insurrection.

Quoique les États-Unis aient gardé leur ligne officielle selon laquelle, en Syrie, seuls des rebelles modérés reçoivent des armes, des personnalités politiques, du candidat à la présidence Rand Paul déclarant que les “faucons” du Congrès étaient responsables de la montée de Daech au vice président Joe Biden affirmant (à partir de 1:30:00) qu’il n’y avait pas de “rebelles modérés” en Syrie, disent autre chose.

Ahmed déclare que “le document secret du Pentagone donne la confirmation extraordinaire que la coalition menée par les États-Unis contre Daech s’était réjouie trois ans auparavant de l’émergence d’une ‘principauté salafiste’ extrémiste dans la région, ce qui constituait un moyen d’affaiblir Assad.”

Dans un entretien avec Josh Cook de Truth In Media, Ahmed déclare :

“J’ai parlé à un des principaux journaux ici au Royaume-Uni et ce qui était intéressant c’est qu’ils étaient assez favorables à l’idée d’une enquête sur le sujet, mais qu’ils ne se sentaient pas en état de la réaliser. On ne les a pas non plus dissuadés de la publier. Le journaliste auquel j’ai parlé est un journaliste expérimenté, pour lequel j’ai beaucoup de respect, et il était très intéressé par ce que je lui disais. Il m’a écouté intensément – je pouvais vraiment sentir sa peur, que je n’aurais pas dû parler de ça, les choses allaient trop loin – le document est-il vraiment solide ? Il n’était pas confiant.

“Il y a, je pense, comme une acceptation tacite dans les média grand public, qu’il y a certaines choses que nous ne sommes pas autorisés à dire. En l’occurrence l’idée que quelque chose d’aussi abject que Daech ait vraiment pu être prévu ou favorisé délibérément, c’est ce que le rapport implique assez clairement.

“C’est presque trop”, a t-il dit. Ça va à l’encontre de tant de choses que l’on considère comme acquises. Tant de suppositions sur la sorte de suprématie, non seulement américaine, mais de tout l’Occident, et sur la bienveillance de notre gouvernement assurant que nous ne ferions jamais de pareilles choses… C’est un grand saut.”

“D’une certaine manière je pense que les journalistes ont peur et s’inquiètent de repousser les limites à un tel point. Il est préoccupant que règne un silence absolu sur cette question, spécialement dans les médias anglophones. Ce qui pose de vraies questions sur ce qui se cache derrière ce silence.”

Les gens ont le droit d’être informés des agissements d’un gouvernement qui agit en leur nom et la presse a le devoir de dévoiler ce qui est intentionnellement caché au public par ceux qui sont au pouvoir.

Lorsque la presse a peur ou est complice en cachant ces faits au public américain, alors nous, en tant que nation, courons de bien plus grands dangers que tout ce que peut représenter Daech.

S’il vous plaît partagez cet article afin d’aider à ce que cette information vitale soit connue du plus de personnes possible, car les gens ont le droit de savoir ce que leur gouvernement entreprend en leur nom.

Ecoutez l’interview complète avec le Dr Nafeez Ahmed ci-dessous.

Joshua Cook Interviews Investigative Journalist Dr. Nafeez Ahmed On DIA Report And Media Cover – Up

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

=======================================================

Un rapport du Pentagone prédisait que le soutien des Occidentaux aux rebelles islamiques créerait l’État Islamique (Daech) par Naafez Ahmed

Par Naafez Ahmed

Source : Medium, le 22/05/2015

La coalition anti-Daech a soutenu sciemment des extrémistes violents afin d’isoler Assad et de renverser l’expansion chiite.

Un cabinet d’avocats proche des conservateurs, Judicial Watch, a obtenu la déclassification d’un document secret du gouvernement américain qui démontre que les Occidentaux se sont alliés délibérément avec al-Qaïda et avec d’autres groupes extrémistes pour renverser le dictateur syrien Bachar al-Assad.

Le document révèle qu’en collaboration avec les pays du Golfe et la Turquie, les Occidentaux ont délibérément soutenu des groupes islamistes violents afin de déstabiliser Assad, et que ces “sponsors” voulaient la création d’une “Principauté Salafiste” pour “isoler le régime syrien”.

D’après ce document, déclassifié depuis peu, le Pentagone avait anticipé l’émergence probable de l’État Islamique en tant que conséquence directe de cette stratégie et mis en garde sur le risque de déstabilisation de l’Irak. Bien que le soutien à l’”opposition syrienne” – qui inclut al-Qaïda en Irak – par les Occidentaux, les pays du Golfe et la Turquie ait été pressenti comme susceptible de provoquer l’émergence d’un “État Islamique” en Irak et en Syrie (ISIS), ce document ne fait nulle part état d’une quelconque décision pour arrêter cette politique de soutien aux rebelles syriens. Au contraire, l’émergence d’une “Principauté Salafiste” affiliée à al-Qaïda est décrite comme une opportunité stratégique pour isoler Assad.

Hypocrisie

Ces révélations contredisent la ligne officielle des gouvernements occidentaux en ce qui concerne leur politique en Syrie et soulèvent des questions quant au soutien secret par les Occidentaux à ces groupes extrémistes violents à l’étranger, alors qu’ils utilisent la peur du terrorisme pour justifier l’instauration de la surveillance de masse excessive et la réduction des libertés individuelles dans leurs pays.

Parmi la liasse de documents obtenus par Judicial Watch, et ce au terme d’une bataille juridique, dévoilée plus tôt cette semaine, figure celui émanant de la DIA [Defense Intelligence Agency, Agence du renseignement de la Défense, NdT] classé “secret” du 12 août 2012.

La DIA produit des synthèses de renseignements destinées aux planificateurs, aux responsables politiques et pour les opérations du ministère de la Défense américain et à la communauté du renseignement.

Jusqu’ici, les médias se sont concentrés sur le fait que l’administration Obama était forcément au courant que les rebelles syriens recevaient des armes du bastion terroriste libyen.

Quelques journaux ont parlé de cette prédiction propre à la communauté américaine du renseignement concernant l’émergence de ISIS. Jusqu’à présent, aucun n’a exposé les faits détaillés et troublants qui montrent comment les Occidentaux ont sciemment encouragé cette rébellion sectaire dirigée par al-Qaïda.

Charles Shoebridge, un ancien agent du renseignement de l’armée britannique et de la police anti-terroriste londonienne, a déclaré :

“Étant donné la tendance politique de l’association qui a obtenu ces documents, il n’est pas surprenant de constater que toute la communication qu’on leur a accordée jusqu’à aujourd’hui concerne leur tentative d’embarrasser Hillary Clinton à propos de l’attaque du consulat américain à Benghazi en 2012. Pourtant, ces documents-là ont suscité bien moins de publicité alors qu’ils posent des questions cruciales a propos des gouvernements et des médias de l’Ouest, et sur leur soutien à la rébellion en Syrie.”

Les Islamistes occidentaux

Le document de 2012 récemment déclassifié par la DIA confirme que le composant principal des forces rebelles anti-Assad à ce moment (2012) sont les insurgés islamistes affiliés à des groupes qui conduiront à l’émergence de ISIS. Malgré tout, ces groupes continueront de recevoir le soutien des militaires occidentaux et de leurs alliés régionaux.

Notant que “les Salafistes (sic), les Frères Musulmans et AQI [al-Qaïda en Irak] sont les principales forces dirigeant l’insurrection en Syrie”, le document dit aussi : “l’Ouest, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent l’opposition, alors que la Russie la Chine et l’Iran “soutiennent le régime” [de Assad].

Le document de 7 pages de la DIA établit que al-Qaïda en Irak (AQI), précurseur de “l’État Islamique en Irak” (ISI), qui est devenu “État Islamique en Irak et Syrie”, “soutient l’opposition syrienne depuis le début, idéologiquement et à travers les médias.”

Le rapport du Pentagone resté secret jusqu’alors notait que “l’émergence de l’insurrection en Syrie” a pris une “direction de plus en plus sectaire”, attirant le soutien de “puissances sunnites tribales” dans la région.

Dans un paragraphe titré “Futures hypothèses sur la crise” le rapport de la DIA prédit que tant que le régime d’Assad survivra, conservant le contrôle du territoire, la crise continuera à croitre vers une guerre par procuration” (“proxy war”).

Le document recommande aussi la création de “zones de sécurité assurées par la communauté internationale, similaires à ce qui s’est établi en Libye à Benghazi, choisi pour abriter le centre de commandement du gouvernement temporaire.”

En Libye, des rebelles anti-Kadhafi, la majorité étant affiliée à al-Qaïda, étaient protégés par ces zones de sécurité de l’OTAN (autrement dénommées “zones d’exclusion aérienne”).

“Sponsors cherchent entité ISIS”

Néanmoins, “les pays Occidentaux, les États du Golfe et la Turquie soutiennent les efforts “des forces d’opposition syriennes” qui luttent pour “contrôler les zones orientales (Hasaka et Der Zor), adjacentes aux provinces de l’Ouest irakien (Mosul et Anbar)” :

“… il y a la possibilité d’établir une Principauté Salafiste déclarée ou non déclarée en Syrie orientale (Hasaka et Der Zor) et ceci est exactement ce que les puissances qui soutiennent l’opposition veulent, pour isoler le régime syrien, qui est considéré comme un prolongement stratégique pour l’expansion Chiite (l’Irak et l’Iran).”

Le document secret du Pentagone fournit ainsi la confirmation extraordinaire que la coalition menée par les États-Unis combattant actuellement ISIS, avait il y a trois ans accueilli l’apparition d’une “Principauté Salafiste” extrémiste dans la région comme une façon de fragiliser Assad et de bloquer l’expansion stratégique de l’Iran. D’une façon cruciale, l’Irak est considéré comme une partie intégrante de cette “expansion chiite.”

L’établissement d’une telle “Principauté Salafiste” en Syrie orientale, affirme le document de la DIA, est “exactement” ce que “les puissances qui soutiennent l’opposition [syrienne] veulent.” Plus tôt, le document décrit à plusieurs reprises ces “puissances” comme “l’Ouest, les pays du Golfe et la Turquie.”

Plus loin, le document révèle que les analystes du Pentagone étaient parfaitement conscients des risques sinistres de cette stratégie, pourtant ils ont continué.

L’établissement d’une telle “Principauté Salafiste” en Syrie orientale, selon eux, créerait “les conditions idéales pour que AQI retourne dans ses vieilles bases de Mosoul et Ramadi.” L’été dernier, ISIS a conquis Mosoul en Irak et ce mois-ci vient aussi de prendre le contrôle de Ramadi.

Une telle entité quasi-étatique fournira :

“… un élan renouvelé de la possibilité d’unifier le jihad parmi les Sunnites d’Irak et de Syrie et le reste des Sunnites dans le monde arabe contre ce qu’il considère leur ennemi. ISI pourrait aussi déclarer un État Islamique par son union avec d’autres organisations terroristes en Irak et la Syrie, qui créera un grave danger pour l’unité de l’Irak et la protection de son territoire.” Ce document (DIA 2012) est un Rapport d’actualisation du Renseignement (IIR), pas une “Evaluation finale du renseignement” établie, mais son  contenu est contrôlé avant la distribution. Le rapport a été distribué partout dans la communauté du renseignement des USA, y compris au  Département d’État, à l’État-major, au ministère de la Sécurité Intérieure, la CIA, au FBI, parmi d’autres agences.

En réponse aux nombreuses questions sur sa stratégie, le gouvernement anglais a simplement nié toute connaissance du rapport du Pentagone révélant le soutien délibéré par les Occidentaux aux groupes violents extrémistes en Syrie. Un porte-parole des affaires étrangères a dit :

“al-Qaïda et ISIL sont des organisations terroristes proscrites. Le Royaume-Uni s’oppose à toutes les formes de terrorisme. AQ et ISIL et leurs filiales représentent une menace pour la sécurité nationale du Royaume-Uni. Nous prenons part militairement et politiquement à la coalition qui combat ISIL en Syrie et en Irak, et nous travaillons avec nos partenaires internationaux pour contrer la menace par AQ et autres groupes terroristes de la région. En Syrie nous avons toujours soutenu les groupes modérés qui s’opposent à la tyrannie d’Assad et à la brutalité des extrémistes.”

La DIA n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Adéquation stratégique pour un changement de régime

Analyste des enjeux de sécurité, Shoebridge, qui a enquêté sur le soutien par les Occidentaux aux groupes islamiques terroristes en Syrie depuis le début de la guerre, a montré que le rapport secret du Pentagone recèle des contradictions flagrantes au cœur même des déclarations officielles.

“Depuis les premières années de la crise en Syrie, les gouvernements américain et anglais et presque tous les principaux médias occidentaux ont présenté les rebelles en Syrie comme modérés, libéraux, laïques, démocratiques, et donc méritant le soutien des Occidentaux. Etant donné que ces documents décrédibilisent le bien fondé de ces affirmations, le fait que maintenant ces médias n’en rendent pas compte, malgré leur immense importance, est significatif.”

D’après Brad Hoff, un ancien Marine engagé lors des premières années de la guerre en Irak, l’un des premiers intervenants après le 11 septembre au quartier général des Marines à Quantico de 2000 à 2004, le rapport du Pentagone tout juste sorti contient un incroyable aveu :

“Le renseignement américain avait prédit l’émergence de l’État Islamique en Irak et au Levant (ISIL ou ISIS) mais au lieu d’identifier clairement le groupe en tant qu’ennemi, le rapport définit ce groupe terroriste comme faisant partie du dispositif stratégique américain.”

Hoff, rédacteur en chef de “Levant Report” – journal en ligne animé par des éducateurs, professeurs résidant au Texas et ayant une expérience directe du Proche-Orient – remarque que le rapport de la DIA établit que l’émergence d’une telle entité politique extrémiste salafiste dans la région constitue un “outil pour changer le régime en Syrie”.

Le rapport de la DIA montre, dit-il, que l’émergence de ISIS n’a été rendue possible que dans le contexte de l’insurrection syrienne – “Aucune mention n’est faite du retrait des troupes américaines d’Irak, évènement catalyseur pour l’émergence de l’État Islamique, et qui fait l’objet d’une polémique entre d’innombrables politiciens et autres pontes.” Le rapport démontre que :

“L’instauration d’une ‘Principauté Salafiste’ dans l’est de la Syrie est ‘exactement’ ce que souhaitent les puissances extérieures (les occidentaux, les pays du Golfe et la Turquie) soutenant l’opposition et ce pour affaiblir le gouvernement Assad.”

L’émergence d’un quasi État Salafiste qui pourrait se développer en Irak, fracturant le pays, était donc clairement prévu par le renseignement américain comme probable – mais néanmoins stratégiquement utile – et constitue la contrepartie négative de l’engagement des Occidentaux afin d’”isoler la Syrie”.

Complicité

Des observateurs critiques de la stratégie conduite par les États-Unis dans la région n’ont cessé de soulever des questions quant au rôle des alliés occidentaux fournissant un soutien considérable aux groupes islamistes terroristes pour déstabiliser le régime Assad.

Il est communément admis que le gouvernement américain n’avait pas une compréhension suffisante de l’origine des groupes rebelles anti-Assad, qui étaient supposés être contrôlés et scrupuleusement sélectionnés afin que seuls les “modérés” soient soutenus.

Cependant, le rapport du Pentagone récemment révélé prouve sans ambiguïté que des années avant que ISIS ne lance son offensive en Irak, le renseignement américain était parfaitement conscient que les militants islamistes constituent le cœur de l’insurrection sectaire syrienne.

Malgré cela, le Pentagone a continué à soutenir l’insurrection islamiste, même en sachant que cela provoquerait probablement l’établissement d’un bastion salafiste extrémiste en Syrie et en Irak.

Shoedbridge m’a dit, “Les documents montrent que non seulement le gouvernement américain connaissait au moins depuis août 2012 la nature extrémiste résultant de la rébellion en Syrie” – soit l’émergence de ISIS – “mais que ceci était considéré comme un atout pour les affaires étrangères des États-Unis. Ce qui suppose aussi de consacrer des années d’efforts afin de tromper délibérément l’opinion publique occidentale, via la complaisance médiatique, qui firent croire que l’opposition syrienne est majoritairement ‘modérée’.”

Annie Machon, une ex-agente du renseignement au MI5 qui avait vendu la mèche dans les années 90, révélant que le MI6 avait financé al-Qaïda pour tuer l’ancien dirigeant Kadhafi, a commenté ces révélations :

“Ce n’est pas une surprise pour moi. Dans chaque pays il existe plusieurs agences de renseignement qui s’affrontent pour des objectifs différents.”

Elle a expliqué que l’opération du MI6 en Libye en 1996, qui provoqua la mort de civils innocents, “s’est déroulée au moment précis où le MI5 montait une nouvelle section chargée d’enquêter sur al-Qaïda.”

Machon a ajouté que cette stratégie s’est répétée à grande échelle lors de l’intervention de l’OTAN en 2011 en Libye où la CIA et le MI6 :

“… soutenaient ces mêmes groupes libyens qui provoquèrent la faillite de l’État, des meurtres de masse, l’exode et l’anarchie. Donc l’idée selon laquelle des personnes provenant de l’institution militaire et du renseignement américain auraient empêché le développement de ISIS après qu’ils eurent échoué à faire intervenir l’OTAN une nouvelle fois fait partie d’un modèle bien établi. Et ils restent indifférents à l’ampleur des souffrances humaines provoquées, considérées comme faisant partie du jeu.”

Diviser pour mieux régner

Plusieurs membres du gouvernement américain ont avoué que leurs alliés les plus proches dans la coalition anti-ISIS financent des groupes extrémistes islamistes violents, groupes faisant maintenant partie intégrante d’ISIS.

Joe Biden, actuel vice-président US, a admis il y a tout juste un an que l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Qatar et la Turquie avaient fourni des centaines de millions de dollars aux rebelles islamistes en Syrie, et que ceux-ci se sont métamorphosés en ISIS.

Mais il a refusé d’admettre ce que ce document confidentiel du Pentagone prouve – à savoir que l’entière stratégie était dirigée, appliquée et contrôlée par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, Israël et d’autres puissances occidentales.

La stratégie paraît correspondre au scénario annoncé récemment par un rapport de la Rand Corp commandité par l’armée américaine.

Le rapport, publié 4 ans avant celui de la DIA, appelé “Profiter du conflit entre Chiites et Sunnites en prenant parti pour les régimes sunnites conservateurs de façon décisive et en travaillant avec eux et contre tous les mouvements chiites dans le monde musulman.”

Les États-Unis auraient besoin de contenir “la puissance iranienne” dans le Golfe “en renforçant les régimes traditionnels sunnites comme l’Arabie Saoudite, l’Égypte et le Pakistan.” Simultanément les États-Unis doivent maintenir “une relation forte et stratégique avec le gouvernement irakien Chiite” malgré son alliance avec l’Iran.

Le rapport RAND confirma que la stratégie du “Diviser pour Régner” était déjà à l’œuvre, “créant des divisions dans le camp jihadiste. De nos jours cette stratégie s’applique à nouveau en Irak au niveau tactique.”

Le rapport relève que les USA ont conclu une “alliance provisoire”avec des groupes de rebelles nationalistes affilés à al-Qaïda – qui les ont combattus pendant quatre ans – par la fourniture d’armes et de financement. Bien que ces nationalistes “aient coopéré avec al-Qaïda contre les forces US”, ils sont maintenant soutenus pour exploiter “la menace commune qu’al-Qaïda fait maintenant peser sur tout le monde.”

Le document DIA 2012, cependant, démontre plus loin que, tout en payant d’ex-membres d’al-Qaïda en Irak prétendument renégats pour justement combattre al-Qaïda, les gouvernements occidentaux armaient dans le même temps les insurgés d’al-Qaïda en Syrie.

La révélation d’un document interne des renseignements US selon lequel la coalition menée par les États-Unis, supposée combattre “l’État islamique” aujourd’hui, a sciemment permis l’émergence d’ISIS, soulève des questions troublantes sur les récents efforts du gouvernement pour justifier l’extension des mesures anti-terroristes.

A l’aube de la montée d’ISIS, de nouvelles mesures intrusives pour combattre l’extrémisme, comprenant la surveillance de masse, un plan orwellien de “prévention des risques” et même le projet d’autoriser les gouvernements à censurer les stations de radio, sont mis en place des deux côtés de l’Atlantique. Sont ainsi ciblés, de manière disproportionnée, les activistes, les journalistes et les minorités ethniques, particulièrement les minorités musulmanes.

Et pourtant le nouveau rapport du Pentagone révèle que, contrairement aux affirmations des gouvernements occidentaux, la cause fondamentale de la menace est la conséquence de leur politique profondément inepte consistant à financer secrètement le terrorisme islamique pour des objectifs géopolitiques douteux.

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Une réponse à L’industrie des médias censure le rapport du Pentagone qui révèle le rôle des États-Unis dans la création de l’État Islamique. Par Jay Syrmopoulos

 
 

The New-York Times opinion : le mythe du génie stratégique de Poutine par MICHAEL A. McFAULOCT.

Afficher l'image d'origine

Cet article est fantastique, on croit rêver, il étouffe la cause qu’il embrasse en mettant en évidence la naïveté du « leadership américain », la manière dont il exige la vassalité et prétend punir qui ne s’y résoud pas. Rarement la définition de la communauté internationale n’a autant coincidé avec une vision impériale.  Au passage, il y a quelques perles que je vous recommande, on ne saurait dire plus clairement que les USA comptent sur Medvedev et sur la clique d’oligarques pour en finir avec Poutine.Au passage on voit que Poutine dans le fond refuse le néolibéralisme et renforce le secteur d’Etat, d’où l’appel du pied aux oligarques emêchés dans leurs affaires.  C’est un appel à la destitution.  Sont également éclairés les mouvement dits « démocratiques » dans les pays arabes comme en Ukraine, mais la perle est dans la description de l’OTAN qui cherchait justement une mission et qui l’a trouvé grâce à la paranoïa de Poutine. j’ai une proposition à faire à son auteur: et si « le génie » de Poutine n’était tout simplement que la comparaison avec votre connerie?  (note de danielle Bleitrach)
le 23, 2015
Le président russe, Vladimir V. Poutine, continue à étonner. L’intervention militaire de la Russie en Syrie, suivie par une réunion face à face à Moscou cette semaine avec le président de ce pays, Bashar Al-Assad, a fait sursauter le monde.

Comme cela s’était passé  après M. l’action de Poutine en Ukraine l’année dernière, il y a eu un choeur de commentaire sur son génie stratégique supposé. Il agit de manière décisive, prenant l’initiative et créant des faits sur le terrain – donc on en décide de son génie, par contraste avec les poursuites irresponsables de l’Ouest en Syrie.

L’opposé est vrai.

Il y a cinq ans, la Russie était dans une position beaucoup plus forte, tant au plan intérieur que dans le monde. Aujourd’hui, M. Poutine joue la défensive, doublant la mise sur de mauvaises décisions guidées par une théorie périmée de politique internationale.

La reconnaissance des erreurs de la Russie, cependant, ne garantit pas l’échec futur. Les États-Unis et nos alliés ne peuvent pas rester les bras croisés et attendre la Russie pour échouer. Au lieu de cela, nous devons adopter une stratégie compréhensive qui nous permettrait  de minimiser les conséquences négatives des actions de la Russie et  de maximiser les aspects  positifs pour nous.

Il y a cinq ans, la Russie était en mouvement dans le monde. En 2010 en Ukraine, le Kremlin avait aidé à installer son allié, Viktor F. Yanukovych. Ailleurs dans l’ancien espace soviétique, les leaders de la Russie faisaient des progrès sur ce qui deviendrait l’Union Économique Eurasienne, en réponse à l’Européenne

Moscou avait aussi amélioré ses relations avec l’Europe et les États-Unis. Le  Président Dmitri A. Medvedev était même présent à la rencontre au sommet de Lisbonne de l’OTAN  en 2010 et il a parlé de  développer « un partenariat stratégique » qui mettrait  » maintenant la période difficile dans nos relations derrière nous . » Le sujet principal était la coopération sur la défense des missiles, pas l’expansion de L’OTAN.

Le public tant américain que russe a remarqué le progrès. En 2010, les deux tiers des russes avait une vue positive des États-Unis, tandis qu’une proportion semblable des Américains voyait la Russie comme un allié ou un partenaire.

L’économie russe renouait avec la croissance après la crise financière 2008. Le Commerce avec les États-Unis s’étendait, il y avait des liens plus proches avec des économies européennes et la Russie était  en bonne voie pour rejoindre l’Organisation Mondiale du Commerce.

En 2010, la Russie a aussi joué un rôle essentiel dans la garantie de nouvelles sanctions contre l’Iran. De cette manière, elle a démontré un  leadership internationale audacieux même au prix de  la tension de ses relations avec un allié important.

Et ensuite, en 2011, les peuples ont commencé à gêner.

Pour des raisons différentes, les sociétés dans le monde arabe, l’Ukraine et la Russie ont commencé à mobiliser contre leurs leaders. Initialement, le Président Medvedev s’est rallié le peuple au  Moyen-Orient, notamment en  s’abstenant de, plutôt que d’utiliser son veto, devant la résolution de Conseil de sécurité qui a autorisé l’utilisation de force en Libye. M. Medvedev s’est aussi engagé avec des leaders d’opposition en Russie et a présenté quelques réformes politiques modestes avant sa sortie du Kremlin en mai 2012.

M. Poutine, cependant, avait une approche opposée. Il a cru que derrière ces protestatairesil y avait  une main américaine et que la réponse  – aussi  bien  en Syrie, en Égypte, en Russie ou qu’en Ukraine – devraient être la contrainte et la force.

Après son élection comme le président, M. Poutine est intervenu avec dureté contre les manifestants en Russie, les étiquetant comme des traîtres. Sa tactique a fait dérailler l’élan de l’opposition.

Mais ses succès à court terme ont produit des coûts à long terme.  La paranoïa de M.Poutine devant des acteurs politiques indépendants a créé une crainte croissante à l’extérieur pertubant à l’extérieur les intérêts d’affaires de sa clique oligarchique. La réforme économique a calé, l’investissement privé a été refusé et celui d’état a grandi.

En Ukraine, cependant les mesures de répression sur les manifestants ont échoué. Au moment où M. Yanukovych a essayé de dégager les rues par la force, comme le Kremlin le préconisait, sa tentative tiède pour suivre la tactique de l’homme fort a provoqué des ennuis, le contraignant à fuir.

Irrité par ce qu’il a vu comme une autre opération C.I.A. renverser un allié russe, M. Poutine a rendu les coups : Il a annexé la Crimée et a essayé une usurpation de terre encore plus grande en Ukraine orientale, appelée Novorossiya par des enthousiastes de l’expansion.

De nouveau, les coûts de ces  gains qui ne durent pas se sont accumulés. En conséquence des sanctions et des prix de l’énergie tombants, l’économie russe a diminué à 1.2 trillions de $ de 2 trillions de $ en 2014. Et l’OTAN, qui était  une alliance à la recherche d’une mission, est maintenant concentrée de nouveau sur la dissuasion de la Russie.

M. Poutine a aussi été contraint d’abandonner le projet de Novorossiya : Ses protégés en Ukraine orientale ne jouissent pas du  soutien populaire en Russie, ni ne dirigent  un gouvernement efficace. Et ses actions ont garanti que l’Ukraine ne rejoindra jamais son Union Économique Eurasienne ou s’alignera sur la Russie de nouveau.

Sa politique envers un autre allié, M. Assad, a échoué, aussi. Malgré le blocage de résolutions de Conseil de sécurité contre le gouvernement de M. Assad, la fourniture d’armes à Damas et les alliés de la Syrie encourags à venir défendre  le régime,  les efforts de m.Poutine n’ont pas réussi à renforcer l’autorité de M. Assad. Après quatre ans de guerre civile, M. Assad dirige de moins en moins de territoire et fait face aux adversaires de plus en plus formidables. C’est pourquoi M. Poutine a dû intervenir – pour sauver son allié autocratique de la défaite.

À court terme,  la Russie en bombardant le territoire syrien   a stimulé l’Armée syrienne et ses alliés pour lancer une contre-offensive contre l’opposition des rebelles  – c’est-à-dire contre tout le monde sauf l’État Islamique. Mais à long terme, les attaques aériennes russes seules ne peuvent pas rétablir l’autorité de M. Assad sur le pays entier.

M. Poutine est expert en réponses tactiques à court terme aux échecs, mais il est moins doué pour la stratégie à long terme. Même sans réponse de l’Ouest, les aventures étrangères de M.Poutine échoueront finalement, d’autant plus que des problèmes économiques domestiques continuent à suppurer.

Mais les États-Unis et ses alliés devraient chercher à raccourcir ce temps en repoussant en arrière contre la Russie sur des fronts multiples. Comme M. Poutine va  étayer son allié en Syrie, nous devrions faire le même avec nos partenaires et alliés – non seulement en Syrie, mais en Europe et partout dans le monde.

En Syrie, les États-Unis ne peuvent pas permettre à la Russie d’éliminer tous les acteurs sauf M. Assad et l’État Islamique. Nous devons fournir plus de d’armes et d’assistance à d’autres groupes rebelles. Nous devrions avertir M. Poutine que de nouvelles attaques contre des rebelles n’étant pas l’Etat islamique nous contraindront à les protéger, en faisant respecter une zone d’exclusion aérienne ou en les armant avec des armes antiaériennes.

Les États-Unis et les alliés Occidentaux devraient exploiter le fait que  l’attention de m.Poutine étant détournée en Syrie pour approfondir l’assistance à  l’Ukraine. En échange de progrès sur la réforme économique, particulièrement des mesures d’anti-corruption, nous pouvons offrir une aide financière plus grande pour l’infrastructure et les programmes de service sociaux. Et c’est maintenant le moment de soutenir l’Armée ukrainienne en fournissant plus de formation à l’armée et des armes défensives.

Ailleurs en Europe, l’OTAN devrait placer des forces terrestres sur le territoire d’alliés les plus menacé par la Russie. L’annexion par la Russie de la Crimée et l’intervention en Ukraine orientale a violé la loi fondatrice de L’OTAN  et d’autres traités. En réponse, nos alliés de L’OTAN méritent des nouveaux engagements crédibles de nous.

Commentaires

Finalement, nous devons continuer à poursuivre les objectifs de politique étrangère à long terme qui démontrent le leadership américaine et soulignent l’isolement de la Russie. La ratification de l’Accord de partenariat Transpacifique, sanctionnant  un accord climatique multilatéral d’ici à la fin de l’année, en approfondissant des liens avec l’Inde et des relations avec la Chine est à la base d’une grande stratégie  de l’Amérique.

Les États-Unis ont clairement un intérêt dans l’apparition d’une Russie forte, riche et démocratique, entièrement intégrée dans la communauté internationale des Etats. Finalement, des nouveaux leaders russes peuvent aussi se rendre compte que le chemin de la Russie vers la grandeur exige la réforme intérieure et un leadership responsable à l’étranger. Le soutien à  des dictateurs en échc en usant  de la force n’est pas une grande stratégie.

Tout de suite, cependant la seule façon de pousser du coude la Russie dans une direction différente est de le contenir et  de  renverse le cours actuel de M. Poutine, non seulement par notre réponse immédiate en Syrie, mais en façon soutenue, stratégique dans le monde entier.
Michael A. McFaul, directeur de the Freeman Spogli Institute for International Studies at Stanford University et senior fellow at the Hoover Institution, il a servi dans l’administration Obama sur le Conseil de Sécurité nationale et comme ambassadeur en Fédération de Russie.
Michael A. McFaul, director of the Freeman Spogli Institute for International Studies at Stanford University and a senior fellow at the Hoover Institution, served in the Obama administration on the National Security Council and as ambassador to the Russian Federation.

A version of this op-ed appears in print on October 23, 2015, on page A31 of the New York edition with the headline: The Myth of Putin’s Strategic Genius. Today’s Paper|Subscribe

 
Poster un commentaire

Publié par le octobre 24, 2015 dans Amérique, humour, medias

 

Svetlana Alexievitch : l’Homo Poutinus est arrivé

http://www.les-crises.fr/svetlana-alexievitch-lhomo-poutinus-est-arrive/

je me souviens du temps où Sartre refusait le Nobel … Remarquez quand on donne celui de la paix à Obama et quand nos médias aux ordres réussissent à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, à savoir BHL et Onfray pour des philosophes pour mieux nous convaincre que Sartre n’était qu’une fausse gloire et que seul Aron avait le génie, le vrai, celui d’un Finfkelkraut et Alain Minc, pourquoi pas Zemmour? Les chiens sont lâchés sur toute idée de révolution, il n’y a pas d’autre transformation possible que celle du libre renard dans le libre poulailler et du PDG d’Air France, dont la liquette vaut deux mille neuf cent fois un travailleur de l’entreprise. le tout au nom de ces vertueux défenseurs des droits de l’homme du libre Qatar.  (note de danielle Bleitrach)

Le Nobel de littérature 2015 récompense l’auteur de “la Fin de l’homme rouge”, une enquête majeure dont Svetlana Alexievitch nous avait parlé à sa sortie, en 2013

  • Le prix Nobel de littérature 2015 s’appelle Svetlana Alexievitch.
  • Depuis des années, elle recueille la mémoire des citoyens de l’ex-URSS. En 2013, elle avait ainsi publié une vaste enquête sur “la fin de l’homme rouge” à l’ère Poutine, qui lui avait valu de remporter, en France, le prix Médicis essai.
  • Svetlana Alexievitch avait alors donné un passionnant entretien au “Nouvel Observateur”, pour s’expliquer sur l’évolution de la Russie contemporaine. Le voici.

Le Nouvel Observateur. Depuis plus de trente ans, vous interrogez des milliers de citoyens de l’ex-URSS, de toutes conditions, sur leur vie quotidienne, leurs amours, leurs rêves, leurs déceptions… et vous rapportez leurs propos dans des livres qui ont toujours un grand succès. Le but de ce travail considérable est de «consigner les traces de la civilisation soviétique», écrivez-vous dans «la Fin de l’homme rouge». Comment décririez-vous aujourd’hui cette «civilisation» disparue?

Svetlana Alexievitch. C’était un monde à part, avec sa propre définition du bien et du mal, un monde où tout était différent de l’Ouest. Faites discuter deux personnes de 60 ans, l’une ex-soviétique, l’autre occidentale. Elles constateront que, depuis le premier jour de leur vie, leurs existences ont eu peu de choses en commun, comme si elles avaient vécu sur deux planètes. Leur nourriture, leurs sujets de conversation, les films et les livres qui les ont bouleversées, leurs vacances, leur habitat, leurs héros, leur vision de la carrière professionnelle et des rapports humains, tout était différent. A l’école, on ne leur a pas enseigné les mêmes choses. En fait, pour le meilleur et pour le pire, les communistes ont réussi à créer un homme particulier, l’Homo sovieticus, avec une culture, une morale et des habitudes, très différentes de celles des Occidentaux. Si on oublie cela, on ne comprend rien à la Russie d’aujourd’hui.

Vous-même avez grandi en Union soviétique.

Oui, et je me souviens, par exemple, que, de l’école primaire à la fac, j’ai appris que l’essentiel dans la vie était de se sacrifier voire de mourir pour la patrie et l’Etat. Comme beaucoup de mes camarades, je rêvais d’exploits au service de la communauté, de participer à la construction du BAM, la ligne ferroviaire qui traverse la Sibérie jusqu’en Extrême-Orient. J’ai appris aussi que nous étions entourés d’ennemis qui menaçaient sans cesse de nous envahir, et que tous les autres peuples nous enviaient.

 

J’ADORE ! Bien entendu, c’est sans AUCUN rapport avec une situation actuelle dans certains pays occidentaux…

Et les gens le croyaient ?

Beaucoup, oui. C’était un monde où, du fait de la propagande et de la menace du goulag, les gens ne savaient pas penser par eux-mêmes ou avaient peur de le faire.

C’est vrai qu’il nous manque le goulag, mais il suffit d’attendre encore un peu

A la fin des années 1970, je suis allée, avec un groupe d’écrivains soviétiques, en RDA. A l’arrivée à Berlin-Est, nos hôtes nous ont proposé des glaces pour nous rafraîchir. Tout le groupe s’est alors retourné vers notre accompagnateur, un officier du KGB, pour savoir que répondre. Celui-ci a hoché la tête et tous ont dit «oui»«Quel parfum ?», ont demandé les Allemands. «Banane», a répondu le KGBiste. Alors tous les écrivains ont dit «banane».

C’était cela aussi la civilisation soviétique, un mélange de prison et de jardin d’enfants. C’était un monde fascinant où régnait une oppression brutale mais où presque tout le monde vivait de la même façon et où parler d’argent était indécent. Un monde pauvre, violent, mais dans lequel on pouvait parler pendant des heures de littérature. Un monde qui, dans les années 1990, s’est effondré du jour au lendemain.

Et dont beaucoup sont nostalgiques aujourd’hui.

Oui, il y a une nostalgie très forte pour l’époque soviétique, même chez les jeunes qui lisent de nouveau Marx et parlent de révolution. C’est pourquoi il est très important de leur parler du passé, de l’engouement des premiers révolutionnaires, de leur rêve de fabriquer un monde nouveau organisé sur d’autres bases, mais aussi de l’échec sanglant auquel cette illusion romantique a abouti. Il faut raconter tout cela, le digérer, afin de pouvoir enfin construire une société libre.

Comment expliquez-vous cette nostalgie?

C’est simple : la société russe actuelle, où les voleurs et l’argent font la loi, est épouvantable. Nous avons été tellement naïfs à la fin des années 1980 sous Gorbatchev ! Pendant que nous discutions à perte de vue sur la meilleure façon d’instituer un socialisme à visage humain, les bandits et les dirigeants des jeunesses communistes se sont emparés du pays, se sont partagés les hydrocarbures et ont imposé une société de rapaces à laquelle personne n’était préparé. Aujourd’hui beaucoup de gens vivent plus mal que sous le pouvoir soviétique. Désormais, si l’on n’a pas d’argent, on ne peut pas faire étudier ses enfants, ni être soigné. Avant c’était possible, gratuitement.

Officiellement oui, mais il fallait payer des pots-de-vin…

C’est vrai. Mais au moins un retraité pouvait acheter des médicaments avec sa pension, ce qui n’est plus le cas. Aujourd’hui, une femme qui travaille dans une école maternelle ne peut pas payer des études universitaires à son propre enfant. Avant si. Et puis les gens ordinaires voient bien que les oligarques ont non seulement pillé le pays, mais qu’aujourd’hui ils n’investissent pas dans les usines qu’ils ont volées et dont les équipements tombent en ruine. Ils savent que leur pays, autrefois grande puissance, ne vit que de la rente, que les dirigeants de la Russie ne la préparent pas à l’économie moderne.

Les Russes veulent-ils revenir en arrière ?

La grande majorité, non. Ils savent que, désormais, on peut voyager, sortir librement du pays où pendant des décennies ils étaient enfermés. Même s’ils vivent très mal, les gens du peuple voient aussi qu’une classe moyenne s’est développée qui se débrouille bien, et ils espèrent que leurs enfants en feront partie. Mais personne n’aime la société d’aujourd’hui, d’où cette nostalgie, si incompréhensible pour vous, les Occidentaux, et dont Poutine joue à merveille.

Comment fait-il ?

Pour garder le pouvoir, il a réussi un tour de force : faire vibrer cette corde sensible, nostalgique, dans la partie de la population la plus humiliée par le capitalisme et l’économie de marché, dont lui-même et son clan sont pourtant les plus grands bénéficiaires ! Pendant la campagne électorale de 2012, Poutine a promis de créer un impôt sur la fortune afin que les oligarques participent à la rénovation du pays, il a même assuré qu’il exigerait que certains rendent les biens qu’ils ont volés. Mais évidemment, dès qu’il a été élu, il n’a rien fait.

Hallucinant (et tellement russe) cet homme politique qui promet des choses pour être élu et ne tient pas sa parole…

En revanche, il laisse proliférer dans les rues de Moscou des groupes de miliciens habillés en noir et portant la croix, qui affirment vouloir lutter contre les mécréants. Et le peuple ne dit rien.

Il y a eu les grandes manifestations de l’opposition, en décembre 2011.

Bien sûr, et elles sont porteuses d’un grand espoir. Mais j’ai souvent dit à mes amis qui veulent faire tomber Poutine par une nouvelle révolution et qui croient qu’après ce putsch pacifique tout se mettra en place harmonieusement : attention, la société russe n’est pas prête, elle n’a pas assez évolué, les lendemains pourraient être terribles. Le peuple dans son ensemble, si marqué par la civilisation soviétique, n’aspire pas, pas encore en tout cas, à cette vie nouvelle proposée par l’opposition, démocratique et ouverte. Si tel était le cas, Poutine, qui est le reflet de la société russe d’aujourd’hui, n’aurait pas si facilement fait passer ces lois honteuses sur le financement étranger des ONG ou sur la propagande homosexuelle.

Honteux… Ben c’est vrai quoi, on finance tranquillement des ONG pour qu’elles fomentent des révolutions dans un pays, et le pays réagit !

A vous entendre, on pourrait penser que Poutine convient finalement plutôt bien aux Russes…

Ce n’est pas du tout ce que je pense.

Ben a priori, c’est quand même ce qu’ont l’air de penser la plupart des Russes… Ce qui montre la représentativité de la dame…

Il pourrait faire avancer le pays, au lieu de quoi, pour garder le pouvoir, il le fait piétiner et même régresser en freinant tous les mouvements de la société civile.

Certains artistes proposent que l’Occident, à cause de l’homophobie du Kremlin, boycotte les jeux Olympiques de Sotchi l’an prochain. Qu’en pensez-vous?

Il me semble que multiplier les contacts entre la Russie et le reste du monde est plus important, plus efficace, que d’isoler le pays. De toute façon, on sait très bien que, pour toutes les raisons que l’on connaît dont bien sûr le pétrole et le gaz, aucun gouvernement occidental n’a intérêt à boycotter la Russie, et que, donc, cette campagne n’aboutira pas.

Propos recueillis par Vincent Jauvert

=============================================

Mais il y a mieux (merci de me l’avoir signalé)

Source : Le Huffington Post, 8/10/2015

La Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass

Svetlana Alexievitch: ce que le Nobel de littérature dit de Vladimir Poutine (ce n’est pas rassurant)

INTERNATIONAL – Écrivaine engagée née en 1948 en Ukraine à l’époque où le pays était sous la coupe de l’URSS, Svetlana Alexievitch a reçu ce jeudi 8 octobre le prix Nobel de littérature 2015. L’auteure russophone a suivi des études de journalisme en Biélorussie, pays dont elle a adopté la nationalité et qui se trouve -toujours- sous l’influence pesante de Moscou. Autant dire que celle qui a écrit sur “l’homo sovieticus” a un regard pour le moins avisé sur la politique russe. Et selon elle, Vladimir Poutine n’a vraiment rien à envier aux dictateurs qui se sont succédés à la tête de l’URSS.

“J’aime le monde russe, bon et humaniste, devant lequel tout le monde s’incline, celui du ballet, de la musique et de la littérature. Mais je n’aime pas celui de Béria, Staline, Poutine et Choïgou (le ministre russe de la Défense, ndlr),

bah oui, Poutine, Staline, même combat, même bilan… Équilibrée la Nobel à l’évidence

cette Russie qui en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass, à rire des Ukrainiens et à croire qu’on peut tout régler par la force”, a-t-elle déclaré ce jour lors d’une conférence de presse à Minsk.

c’est confirmé…

Souvent interrogée au sujet du chef du Kremlin, l’écrivaine a plusieurs fois dressé le portrait d’un despote populiste, n’hésitant pas à endoctriner son peuple à grands coups de “lavage de cerveau” (l’expression est la sienne) et nourrissant le projet à peine caché d’associer son nom à la réunification rêvée d’une grande Russie. Une description de Vladimir Poutine qui est donc très loin d’être rassurante.

“Guerre médiatique”

Dans une tribune publié dans Le Monde au mois de mars 2014, Svetlana Alexievitch décrit la méthode Poutine alors que l’annexion de la Crimée est imminente. Elle explique comment le président russe s’y est pris pour “monter en flèche” dans les sondages et pour s’assurer du soutien du peuple russe dans la guerre qu’il préparait contre l’Ukraine.

“La télévision et les journaux ont entamé docilement une guerre médiatique contre le nouveau pouvoir à Kiev : il s’est produit un coup d’Etat nazi, ce sont des fascistes qui gouvernent à Kiev, il y a des centaines de réfugiés aux frontières de l’Ukraine occidentale, partout, on assiste à des pogroms de juifs et à des destructions d’églises orthodoxes, il est interdit de parler russe (…) Voilà ce que le spectateur russe entend jour après jour. On est en train de faire du lavage de cerveaux”, expliquait-elle.

Autres objectifs, mais mêmes méthodes. Dans une interview accordée au Figaro, l’écrivaine revenait sur ce “bourrage de crâne” orchestré par le pouvoir russe, mais cette fois, adapté à des buts de politique intérieure. “Il a réussi par un bourrage de crâne massif à détourner l’attention et la violence sur les homosexuels et les Pussy Riot”, disait-elle à propos de ses promesses du candidat Poutine, sitôt enterrées une fois arrivé au pouvoir. Une faculté à s’adjoindre les services des médias que l’on a pu constater ici, ou encore ici.

À la recherche de la “grandeur disparue”

Mais outre des critiques portant sur les méthodes de l’homme fort de la Russie, Svetlana Alexievitch note que Vladimir Poutine incarne une volonté de renouveau pour le peuple russe. “Les gens voient en Poutine une figure qui incarne notre grandeur disparue”, détaillait-elle au Figaro.

“On a répété pendant vingt ans que l’on construisait un pays occidental, mais la fine couche de libéralisme a disparu en un clin d’œil. Fini de jouer à l’Occident. L’Occident manque de sensibilité, il est pragmatique, alors que la Russie, elle, c’est la bonté, la spiritualité. L’Occident est en pleine dégénérescence, et Poutine endosse le rôle de défenseur des valeurs traditionnelles”, écrivait-elle en juillet 2014 dans une autre tribune parue dans Le Monde et intitulée ‘Une Russie de moins en moins démocrate”. Un texte pour le moins saisissant alertant sur la dérive nationaliste qui gagne le pays et dont le Kremlin se sert pour rallumer la flamme d’un “rêve russe”.

“Le Kremlin déclare ouvertement que l’Occident a toujours été et reste toujours le principal ennemi de la Russie. On l’accuse de tout : de la chute de l’URSS, de la catastrophe de Tchernobyl, du naufrage du Koursk, le sous-marin nucléaire. Même Internet, ce sont les services secrets occidentaux qui l’ont inventé. Quant au dollar, c’est un bout de papier qui ne vaut rien. Et la Crimée est à nous !”, décrivait-elle.

=> OB : cette femme est hallucinante quand même…

Voilà comment Svetlana Alexievitch décrit cet “ancien colonel du KGB qui caresse l’idée de rester dans l’histoire comme le rassembleur des terres russes”. Autocrate assumé, prêt à tout rendre à la Russie son lustre d’antan, quitte à jouer sur les “bas instincts” du peuple pour parvenir à ses fins.

Belle conclusion, œuvrant à la paix universelle, merci.

 
Poster un commentaire

Publié par le octobre 10, 2015 dans litterature, medias

 

Les incohérences de la presse dite « libre » , entre Figaro et Freud

Tandis que Courrier occidental (dit International) publie force médias russes appartenant aux oligarques pro-occidentaux qui vilipendent l’action de la Russie en Syrie, d’autres médias occidentaux raisonnent comme des paniers percés (quelque chose entre le chaudron de Freud (1) et la rumeur de la calomnie de Figaro).

On peut en effet  se demander pourquoi les rapports sur leurs frappes en Syrie ne sont pas pris en compte.Pourquoi croire ces menteurs patentés d’Erdogan, les Saoudiens appuyant nos propres paltoquets sanglants Cameron et Hollande sont a priori paroles d’évangiles ?  La réponse est pour eux:  » Les  frappes aériennes russes contre Homs, hama et où il n’y a pas de terroristes, sont un fait incontestable, parce qu’il sont rapportés par la presse britannique libre, alors que tous les médias russes sont contrôlées par le Kremlin, donc ils ne vont pas livrer de tels renseignements . »

la presse de Murdoch est donc plus crédible que celle de Russie, voilà qui contredit toute la démonstration de Courrier occidental et les faits, parce qu’il existe bel et bien une presse d’opposition au Kremlin très active en Russie même si elle ne représente qu’une faible partie de l’opinion publique dont l’adhésion soit au Président, soit aux communistes se confirme.
Que pour les besoins de la cause, Al Qaida soit transformée en opposition modérée à Bachar El Assad, que la démonstration soit faite tous les jours que la coalition des USA qui prétend lutter contre « le terrorisme »soit inefficace, voir criminelle puisque avec son accord ses armes, les militaires qu’elle forme passent à l’Etat islamique, que le sieur Erdogan soit plus occupé à frapper les Kurdes qu’à éliminer les terroristes pour lesquels il recrute depuis des années, ne les intéresse pas. Il leur faut démontrer que la Russie est monstrueuse, qu’elle est à l’origine pourquoi pas du terrosiem international et de la destabilisation du Moyen orient.

Danielle Bleitrach

(1) on connait l’histoire du chaudron de freud:

A emprunte un chaudron de cuivre à B.
Une fois qu’il l’a rendu, B fait traduire A en justice en l’accusant d’être responsable du gros trou qui se trouve maintenant dans le chaudron, et qui rend l’ustensile inutilisable.
A présente sa défense en ces termes :

-Primo, je n’ai jamais emprunté de chaudron à B
-Secundo, le chaudron avait déjà un trou lorsque B me l’a donné
-Tertio, j’ai rendu le chaudron en parfait état.

Freud  (Le Mot d’esprit et sa relation à l’inconscient)

 
Poster un commentaire

Publié par le octobre 4, 2015 dans guerre et paix, medias