RSS

Archives de Catégorie: Russie

Poutine a présenté la signification des amendements à la Constitution. Les avocats expliquent le véritable objectif du changement

Le KPRF qui fait l’analyse suivante et qui s’est abstenu sur les propositions de révision constitutionnelle proposées par le Président continue de s’interroger sur le sens des déclarations présidentielles et consulte des avocats constitutionnels. L’article considère qu’il s’agit de leurres, les pouvoirs concédés à la Douma en matière d’approbation du gouvernement sont contredits par d’autres dispositions, la verticalité du système est renforcée et en filigrane est dénoncée la possible instauration d’un super pouvoir, qu’en sera-t-il du « Conseil d’Etat »? également le fait que la Douma qui a approuvé les dispositions n’a pas vocation à modifier la Constitution. L’affirmation de souveraineté contre certaines dispositions internationales existait déjà. Le KPRF poursuit donc sa ligne politique qui est de ne pas nécessairement s’opposer au Président, en particulier en matière de souveraineté internationale mais de surveiller l’autoritarisme intérieur et surtout au profit de qui il s’exerce. Le 21 janvier, de nombreuses cérémonies en l’honneur de Lénine ont eu lieu et le KPRF en a profité pour inviter Poutine à s’inspirer du fondateur de l’URSS et de résoudre les problèmes sociaux internes. Le 21 janvier, lors d’une réunion plénière de la Douma d’État, au nom du Parti communiste, un membre du Comité de la Douma d’État sur la protection de la santé, Alexei Kurinny, a pris la parole, il a qualifié les amendements constitutionnels de «cosmétiques», rapporte kprf.ru. «Ces amendements ont été préparés en peu de temps. Ils ont un caractère cosmétique. Ils n’affecteront pas la situation socio-économique de notre pays et de ses citoyens », a déclaré Alexei Kurinniy (note et traduction de Danielle Bleitrach).

17 janvier 2020 18:00

Poutine a parlé de la signification des amendements à la Constitution. Les avocats expliquent le véritable objectif du changement

Le président russe Vladimir Poutine lors d’un discours avec le message annuel à l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie au Manege Central Exhibition Hall. Photo: Alexei Nikolsky / service de presse présidentiel / TASS

Les amendements à la Constitution visent à faire de la Russie un État social de droit, a déclaré le président russe Vladimir Poutine. Il est certain que les Russes soutiendront les amendements, écrit Kommersant.

« Le sens de ces amendements est d’assurer le développement ultérieur de la Russie en tant qu’État de  droit et social, afin d’accroître l’efficacité des institutions de notre pays », a déclaré le président lors d’une réunion avec les membres du groupe de travail pour préparer des propositions d’amendement de la Constitution (citation Interfax). Il a déclaré que les amendements proposés hier n’affectaient pas les principes fondamentaux de la Constitution. Selon le président, la Russie devrait rester une république présidentielle et cela sera approuvé par les citoyens du pays. « Le président devrait conserver d’importants  pouvoirs liés à la possible révocation de ceux qui enfreignent la loi, ceux qui exercent malhonnêtement leurs fonctions officielles et ceci en relation avec la perte de confiance », a-t-il ajouté.

Vladimir Poutine a qualifié certaines des décisions de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) comme  inacceptables et «manifestement illégales». Selon le président, une telle approche témoigne de la volonté à l’étranger de «gouverner la Russie par un biais quelconque».

Selon lui, «certains ont toujours la tentation» de telles actions. «Nous sommes confrontés à cela, je l’observe moi-même. Parfois, la même Cour européenne – nous exécutons toutes ses décisions –  malheureusement, rend des décisions clairement illégales. C’est inacceptable », a expliqué M. Poutine lors d’une réunion avec un groupe de travail chargé de préparer des amendements à la Constitution (l’émission a été diffusée sur la chaîne Russia 24).

Le président a déclaré que même si de telles décisions de la CEDH sont mises en œuvre par les autorités russes, elles n’ont pas l’intention de tolérer «les interprétations imposées de l’extérieur».

« C’est déjà trop, c’est trop », a déclaré Poutine, répondant aux propos du membre du Conseil de la Fédération Andrei Klishas selon lequel la CEDH rend parfois inacceptable pour la Russie d’interpréter les accords internationaux. Selon le président, ce sont précisément ces cas qui l’ont amené, dans son discours devant l’Assemblée fédérale, à abandonner le principe de primauté du droit international consacré par la Constitution.

« Je suis d’accord, vous devez aborder cela attentivement, mais, bien sûr, y compris le sens de ma proposition », a déclaré Poutine.

La veille le président russe Vladimir Poutine, lors de l’annonce de son message, a proposé de modifier la Constitution du pays. Parmi les amendements constitutionnels proposés par le président figurent la consolidation du statut et du rôle du Conseil d’État, la restriction du mandat d’une personne à la présidence, le droit de la Douma d’État  d’approuver la nomination du chef du gouvernement ainsi que les candidatures des vice-premiers ministres et des ministres fédéraux.

Elena Lukyanova, avocate, professeur à la Higher School of Economics, a déclaré dans un commentaire à Meduza qu’en raison des modifications, les fondements du système constitutionnel sont en danger. En dépit du fait qu’il est proposé de ne pas modifier directement les premier et deuxième chapitres, les amendements aux autres chapitres veulent les priver de leur force.

«Par exemple, il est proposé de redistribuer une partie des pouvoirs du personnel de la Fédération au centre. En fait, il s’agit d’abolir les pouvoirs du Conseil de la Fédération par la création du Conseil d’État, car [cet] organe directeur [se tiendra] au-dessus de la chambre du Parlement. L’ajout de cet organe incompréhensible est au détriment du principe de séparation des pouvoirs, qui est consacré dans le premier chapitre de la [Constitution] – comme le fédéralisme et les principes de l’autonomie locale. Il est maintenant proposé que les gouvernements locaux soient intégrés dans la verticale du pouvoir. Dans le même temps, la Charte européenne de l’autonomie locale, signée par nous, suggère qu’elle devrait être indépendante et non intégrée à la verticale. Il s’agit de l’un des principes démocratiques les plus importants posés dans les fondements de l’ordre constitutionnel », a déclaré Lukyanova.

«L’extension des pouvoirs réels de la Douma et du Conseil de la Fédération n’est qu’un leurre, car tout cela n’est qu’un jeu de mots: coordination, nomination, etc. Le président peut révoquer tout juge ou procureur, donc tout cela ne fonctionne pas. Un gouvernement vraiment responsable ne se réalisera pas plus. En fait, ils nommeront quelqu’un, et demain le président le démettra de ses fonctions par manque de confiance. C’est la même chose pour le Premier ministre: la Douma l’approuve et le président en fait le nomme. C’est encore un jeu sur les mots. Le véritable contrôle parlementaire n’a pas lieu, la responsabilité du gouvernement pas plus», a ajouté l’avocat.

«Tout cela aboutit un renforcement de la verticale du pouvoir. Il s’agit de construire une seule verticale non démocratique non fédérale – sans séparation des pouvoirs et indépendance du pouvoir judiciaire, mais avec une atteinte aux droits des citoyens. On ne sait pas encore comment ces «souhaits» se réaliseront, mais après ce que nous avons entendu hier, je l’évalue de cette façon, et la suite – nous l’évaluerons en cours de route. [En outre,] ce qui s’est passé hier ne constitue en rien une procédure générale de modification de la Constitution. Le président ne peut pas déclarer un référendum sur la Constitution – et ils ont déjà dit qu’il n’y aurait pas de référendum. Seule l’Assemblée constitutionnelle, que nous n’avons pas, peut le déclarer. Ce vote n’a également rien à voir avec la loi sur la procédure de modification de la Constitution. Il n’aura aucune force juridique », a déclaré Lukyanova.

L’avocat, professeur au HSE Vladimir Mazayev estime que la suprématie de la Constitution sur le droit international en Russie existe déjà.

«Quant à l’affirmation  de la supériorité du droit national sur le droit international, la Cour constitutionnelle a interprété cela à plusieurs reprises avec nous. Il a été dit que la Constitution a la suprématie, et tous les autres actes sont déjà  dans notre système, s’ils ne contredisent pas la Constitution. Et puis il y a eu des amendements à la loi sur la Cour constitutionnelle, où ils ont dit que nous reconnaissons tous [les lois internationales], mais ne pouvons mettre en œuvre que des décisions qui ne contredisent pas la Constitution. Ce tampon a été créé depuis longtemps dans notre pays, donc rien ne changera concernant la mise en œuvre des décisions de la CEDH. Je pense que du côté de Poutine, ce n’était qu’un message politique supplémentaire sur la souveraineté », a déclaré Mazaev.

Experts sur les amendements constitutionnels de Poutine: Poutine restera pour toujours. Détails

21 janvier 2020 13:30

Experts sur les amendements constitutionnels de Poutine: Poutine restera pour toujours.  Détails

Le président russe Vladimir Poutine s’exprimant lors de son discours annuel à l’Assemblée fédérale. Photo: EPA / Yuri Kochetkov / TASS

Après avoir modifié la Constitution pour discussion à la Douma, les experts estiment que Vladimir Poutine ne transférera jamais son pouvoir

Le 20 janvier, le président russe Vladimir Poutine a présenté à la Douma d’État un projet de loi «portant modification de la Constitution de la Fédération de Russie», qui laisse entrevoir ses idées sur une réforme constitutionnelle radicale. Le 15 janvier, Vladimir Poutine, dans son discours à l’Assemblée fédérale, a proposé de modifier la Constitution, pour laquelle il lui paraissait nécessaire de créer un groupe de travail pour discuter des amendements à la Constitution. Cependant, le 17 janvier, lors de la toute première réunion du groupe de travail, il s’est avéré que tous les amendements constitutionnels avaient déjà été élaborés par le service juridique de l’administration présidentielle. En fait, le groupe de travail n’a fait que donner l’impression de discuter d’amendements constitutionnels. Dimanche 19 janvier, les agences de presse nationales ont diffusé des rapports sur l’état de préparation des amendements à la Constitution.

« Les propositions étaient déjà prêtes, pourquoi les retirer », a expliqué la source de Vedomosti au sein du groupe de travail, expliquant l’accélération du processus. Elle-même va maintenant affiner la procédure de «vote panrusse» sur les amendements, les préparer pour une deuxième lecture et déterminer la période de transition, a déclaré la coprésidente du groupe de travail Pavel Krasheninnikov. Parmi les éclaircissements possibles, il pointe la question de la dissolution de la Douma d’État en cas de retard dans l’approbation des membres du gouvernement.

Ce qui change dans la Constitution

Les avocats de Vedomosti, Medusa, Kommersant, Znak.com ont analysé les amendements à la Constitution.

Habilitation du président

L’ajustement le plus sérieux devrait concerner l’art. 83, qui énumère les pouvoirs du président: sept nouveaux points y figureront, et trois existants sont présentés dans une nouvelle édition. Parmi les nouvelles normes figure le droit du chef de l’État de former le Conseil d’État, qui est en cours de création « afin d’assurer le fonctionnement coordonné et l’interaction des autorités de l’État, afin de déterminer les principales orientations de la politique intérieure et extérieure de la Fédération de Russie et les domaines prioritaires du développement socio-économique de l’État ». Jusqu’à présent, ces fonctions étaient considérées comme la prérogative du président, et les paragraphes pertinents sont contenus dans l’art. 80, que Poutine ne propose pas de modifier. Dans le même temps, il n’y a aucune clause dans les amendements qui indique que le président non seulement forme, mais dirige également le Conseil d’État (comme le Conseil de sécurité).

Les pouvoirs du président à l’égard du gouvernement ont été encore élargis. Pour nommer le Premier ministre, ses députés et ministres « civils », comme aujourd’hui, ce sera le président, mais seulement après leur approbation par la Douma d’Etat. De plus, il résulte des amendements que le président pourra destituer le Premier ministre sans destituer simultanément l’ensemble du gouvernement, comme l’exige la Constitution actuelle. Le président nommera les chefs des services du pouvoir, le ministère des Affaires étrangères et le ministère des Situations d’Urgences contournant la Douma, mais après consultations avec le Conseil de la Fédération. Le fait de l’existence de ministères et de départements dirigés personnellement par le chef de l’État est d’abord fixé au niveau de la Constitution.

Le veto du président est presque impossible à surmonter

Si le président met son veto à la loi qui aurait été votée au Parlement et si celui-ci parvient à surmonter ce veto, le chef de l’Etat pourra faire appel devant la Cour constitutionnelle. Après cela, tout dépendra des juges de la Cour constitutionnelle. S’ils décident que la loi est contraire à la Constitution, le président ne doit pas la signer. Et seulement s’ils en décident autrement, il sera obligé.

Le Président pourra désormais, avec l’aide de la Cour constitutionnelle, tenter de bloquer la signature et l’entrée en vigueur de la loi constitutionnelle fédérale. Avant, le chef de l’Etat, en principe, ne pouvait pas le rejeter, car l’adoption de la FKZ nécessite tellement de votes de sénateurs et de députés qu’il suffirait évidemment pour surmonter le veto du président.

Dans les réalités actuelles, un tel conflit est difficile à imaginer, mais en 1996-2004, le parlement russe a surmonté un veto imposé par le président.

La Cour constitutionnelle sera contrôlée par le président

Le président aura une occasion supplémentaire d’influencer les juges en demandant au Conseil de la Fédération de démissionner – seule la Cour constitutionnelle peut actuellement le faire. Dans le même temps, la Cour constitutionnelle deviendra le dernier recours pour résoudre les différends législatifs entre le Parlement et le président – et, dans l’ensemble, cela signifie que l’influence du chef de l’État augmentera.

Poutine a proposé de réduire le nombre de juges de la Cour constitutionnelle de 19 à 11. En fait, cette cour ne fonctionne pas dans son intégralité depuis plusieurs années: il y a maintenant 15 juges, les anciens cadres quittent progressivement après avoir atteint la limite d’âge (70 ans), et le président n’en a pas nommé de nouveaux depuis longtemps. Par conséquent, il peut ne pas être nécessaire de réduire spécifiquement les juges: en 2020, Nikolai Bondar, Alexander Boytsov et Yuri Danilov auront 70 ans, et en 2021, Sergei Mavrin et Yuri Rudkin.

Refus de la priorité du droit international et de l’exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH)

Vladimir Poutine, lors d’une réunion avec un groupe de travail sur la préparation des amendements à la Constitution, a expliqué que le principal point de l’amendement est le rejet de la priorité du droit international est le refus de mettre en œuvre les décisions de la CEDH.

Vladimir Poutine a qualifié certaines décisions de la Cour EDH d’inacceptables et «manifestement illégales». Selon le président, une telle approche témoigne de la volonté à l’étranger de «gouverner la Russie de l’extérieur».

Selon lui, «quelqu’un a toujours la tentation» de telles actions. «Nous sommes confrontés à cela, je l’observe moi-même. Parfois, la même Cour européenne – nous exécutons toutes ses décisions – mais, malheureusement, rend des décisions clairement illégales. C’est inacceptable », a expliqué Poutine.

Le président a déclaré que même quand de telles décisions de la CEDH sont mises en œuvre par les autorités russes, elles n’ont pas l’intention de tolérer «les interprétations imposées de l’extérieur».

« C’est déjà trop, c’est trop », a déclaré Poutine, répondant aux propos du membre du Conseil de la Fédération Andrei Klishas selon lequel la CEDH juge parfois inacceptable pour la Russie d’interpréter les accords internationaux. Selon le président, ce sont précisément ces cas qui l’ont amené, dans son discours devant l’Assemblée fédérale, à abandonner le principe de primauté du droit international consacré par la Constitution.

« Je suis d’accord, vous devez aborder cela attentivement, mais, bien sûr, y compris le sens de ma proposition », a déclaré Poutine.

Kommersant a publié une étude de l’Institut de droit et de politique publique (STI) avec une analyse de la manière dont les décisions de la CEDH sont mises en œuvre en Russie.

Depuis 1998, la Cour européenne a rendu 2 790 arrêts contre la Russie, dans lesquels elle a dénoncé au moins 5 565 violations de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme (dans un des cas, il y a plusieurs violations). La plus fréquente est une violation du «droit à un procès équitable et public dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial» (1 161 décisions). En deuxième lieu, il y a une violation de «l’interdiction de la torture, des traitements inhumains et autres peines ou traitements dégradants» (1 079), en troisième est une violation du «droit à la liberté personnelle et à l’intégrité des citoyens en relation avec la détention et l’emprisonnement» (1 031 cas) . En outre, la CEDH a constaté 629 violations du droit des Russes au respect de la propriété et 614 – le droit à la vie.

Quant à l’affirmation de Vladimir Poutine selon laquelle la Russie met en œuvre toutes les décisions de la CEDH, au minimum il se trompe.

Au 17 décembre 2019 (dernières données), au moins 1 683 jugements de la CEDH contre la Russie «sont en attente d’exécution». Cela représente environ 62% de toutes les décisions rendues, et certaines d’entre elles ne seront jamais exécutées par la Russie, selon les auteurs de l’étude.

Conseil d’État – La capacité de Poutine à rester au pouvoir pour toujours?

«Le libellé contient de graves problèmes qui apparaissent dans la sphère de compétence du Conseil d’État, et il semble qu’il devienne un organe de planification stratégique. La formation du Conseil d’État est attribuée aux pouvoirs du président, mais quelle est sa composition et qui le dirige sera promu dans la loi fédérale », explique Dmitry Badovsky, chef de l’ISEPS.

Apparemment, les auteurs des amendements à la Constitution voulaient deux choses: inclure le Conseil d’État dans la Constitution, mais ne pas donner trop d’ambitions aux gouverneurs, soutient l’analyste politique Alexei Makarkin: «Le Conseil d’État est une structure régionale. Pour cela, les gouverneurs ont été expulsés du Conseil de la Fédération il y a près de 20 ans afin de les inclure à nouveau et de leur donner de grands droits. »

Le Conseil d’État est susceptible de devenir une plateforme pour l’actuel président s’il démissionne de son poste, et il sera possible de «l’étoffer» plus tard, estime l’expert. Dans le même temps, le Conseil d’État décrit dans les amendements pourrait bien devenir le lieu de travail de Poutine à l’avenir, admet Makarkin: « Comme on dit, ce n’est pas l’endroit qui agrémente une personne, mais une personne donne son sens à – un lieu ». Les pouvoirs du Conseil d’État dans les amendements sont décrits de manière très large, mais il est clair que cette structure approuvera les documents stratégiques, en particulier les bases de la politique étrangère, qui ont toujours été de la compétence du président, l’expert attire l’attention. Dans le même temps, les gouverneurs qui sont désormais membres du Conseil des Affaires d’Etat ne traiteront pas des fondamentaux de la politique étrangère, Makarkin en est sûr: « Ce n’est pas de leur compétence, très probablement, le président du Conseil des Affaires d’Etat traitera des questions de politique étrangère ».

Auparavant, les experts ont noté qu’il était trop tôt pour faire des prévisions et devraient attendre la formulation spécifique des amendements. Cependant, même après la publication du projet de loi, la situation n’est pas devenue plus claire. Le politologue Alexander Kynev note qu’il n’est toujours pas évident de savoir quel rôle Poutine jouera dans la nouvelle configuration du pouvoir. Jusqu’à hier, beaucoup supposaient que l’actuel président pourrait occuper le poste de chef du Conseil d’État, qui deviendrait un organe constitutionnel. La dernière partie des prévisions a eu lieu, cependant, selon le décret proposé, le chef du Conseil des affaires d’État sera nommé par le président. Kynev attire également l’attention sur le fait que, selon le projet d’amendements, le président reçoit encore plus de pouvoirs qu’auparavant.

L’analyste politique Yevgeny Minchenko est également d’accord avec Kinev: «Concernant le Conseil d’État et l’autonomie locale, les amendements à la Constitution ne deviennent pas plus clairs. Nous attendons l’apparition des lois pertinentes », a écrit l’expert.

Amendements sociaux – pour légitimer les amendements politiques?

Selon les experts, des amendements sociaux sont introduits dans la Constitution, afin que la population soutienne les amendements à la Constitution «en un seul paquet», afin que le Kremlin ait la possibilité de dire: vous-même en avez décidé ainsi!

Le fait est que les amendements doivent être adoptés en un seul paquet, a expliqué Vladimir Poutine lors de la réunion d’ouverture du groupe de travail.

La norme du salaire minimum est introduite dans la Constitution non inférieure au niveau de subsistance et à la consolidation de l’indexation des pensions.

Comme le rappellent les experts, il n’est guère possible de vivre avec ce salaire minimum, et s’il n’y a pas assez d’argent pour indexer les pensions, il est alors facile de relever à nouveau l’âge de la retraite.

Certains experts ont qualifié le paquet social (« capital maternel », salaire minimum) et la promesse d’accroître l’influence de la Douma d’État de «couverture» pour renforcer le pouvoir de Vladimir Poutine.

 
Poster un commentaire

Publié par le janvier 22, 2020 dans INTERNATIONAL, Russie

 

Révolution de palais…URSS canada dry… suite.

Quand Marianne est momentanément indisponible pour traduire pour le blog (rassurez-vous elle va bientôt revenir), nous organisons un relais avec le blog de Jakline Boyer qui elle aussi parle russe et connais la Russie et nous évite l’enfumage médiatique ordinaire. (note de Danielle Bleitrach)
Alexey Malgavko/Sputnik

Publié le par Boyer Jakline

Si, ici, en France la lecture des propositions constitutionnelles et la démission du gouvernement Medvedev sont lues EXCLUSIVEMENT comme des manœuvres de Vladimir  Poutine pour se maintenir au pouvoir, telle n’est pas la réaction d’une large partie de la population russe. Bien sûr, certains élites politiques russes font la même analyse. Mais la plupart accueillent plutôt favorablement l’ensemble.

Peut-être conviendrait-il de faire une analyse politique de l’événement et non une approche psychologisante. Certes le profil du président peut nourrir ce point de vue. Mais s’arrêter à cela prive de vision globale. Le retour de la Russie sur la scène internationale est porté à son crédit massivement.

Parenthèses : entendre dans « C dans l’air » consacré à cet épisode russe la journaliste analyser comme suit :  » Poutine profite du désengagement des Américains… » juste après la nouvelle séquence iranienne, ou la permanence israélienne, abasourdit. De même sur la Libye, effacer la responsabilité des Occidentaux dans l’épouvantable situation du pays et passer directement   » au pragmatisme » (opportunisme ?) de la Russie est un peu léger, au minimum.

Le gouvernement Medvedev était complètement discrédité comme en échec sur toute la feuille de route fixée par le président pour la politique intérieure. Se souvenir aussi que Dmitrii Medvedev président s’est abstenu lors du vote de l’ONU sur la Libye, autorisant en-fine l’agression… tache indélébile sur son CV.

A noter que contrairement aux commentaires journalistiques ici, le nouveau premier ministre n’a pas été soutenu par tous les députés. Le groupe communiste s’est abstenu, 41 abstentions, (383 pour, aucun contre), ayant reçu des réponses négatives aux questions posées, en particulier sur l’abrogation de la réforme des retraites. La position du KPRF est de ne pas donner un blanc-seing. Voir qui composera le nouveau gouvernement et avec quels objectifs. Il est attendu au tournant sur les mesures pour lutter contre la corruption.

Très peu de commentaires ici sur l’avalanche de propositions sociales destinées d’abord aux plus démunis.  » Faukon, yaka. ».. à suivre pour voir la mise en oeuvre … ou non de ces propositions. Car ce n’est pas la première fois, même si c’est de plus grande ampleur, certains parlent  de virage, que le président indique une voie… non suivie. Effet d’annonce ? Ce qui ne fait aucun doute pour aucun commentateur, c’est que vouloir plus d’enfants et redresser la courbe démographique (le taux de natalité dans les années 90 était INFERIEUR à celui de 1943) implique nécessairement de modifier radicalement les politiques sociale et économique. Les orientations de ce pouvoir le permettent-elles ? (Voir le lien)

Du côté de Novossibirsk, très contestataire, on fait remarquer qu’à  côté d’augmentations substantielles des multiples prestations sociales, il faudrait augmenter substantiellement les salaires et créer des emplois, et  s’attaquer à l’alcoolisme : les problèmes démographiques, notent ils, tiennent  moins à un taux de natalité  insuffisant,  ce qui  est la situation de bien des pays  développés,  qu’à un taux de mortalité  vertigineux  chez les hommes. Il y a quelques années de telles politiques avaient été mises en place,  avec des résultats  probants.

Vladimir  Poutine a fait une autre proposition peu commentée ici.

Pourtant…

Il propose que tous les candidats à une responsabilité politique de haut niveau : président, députés, gouverneurs… aient vécu les 25 dernières années dans le pays et ne soient pas en possession d’un second passeport étranger ou d’un droit à l’installation à l’étranger…  » Servir le pays » justifie-t-il… Je ne sais pas ce qu’il adviendra de cette proposition qui écarte la quasi totalité des élus actuels…

 
Poster un commentaire

Publié par le janvier 20, 2020 dans INTERNATIONAL, Russie

 

RUSSIE, la position des communistes russes suite au changement de gouvernement : le KPRF n’appuie pas la candidature de Michoustine.

 

par Denis PARFIONOV, député

https://vk.com/al_feed.php?w=wall402213_11281

Résultat de recherche d'images pour "poutine nouvelles dispositions constitutionnelles"

Après la démission rapide du gouvernement Medvedev, immédiatement après le message du Président à l’Assemblée fédérale, la question d’une candidature au poste de Premier ministre a été soulevée. Comme chacun le sait déjà, le chef du Service fédéral des impôts Mikhaïl Michoustine a été proposé pour ce poste. Conformément à la loi, la Douma d’État doit donner son consentement à cette nomination. Avant de voter, Michoustine a donc rendu visite aux factions des partis parlementaires et a répondu aux questions des députés. Lors de sa rencontre avec la faction du KPRF, les députés communistes ont posé beaucoup de questions sur la voie socio-économique qu’il allait suivre. Je n’en citerai que quelques-unes.

 

Lorsque le député Alexandre Kravets lui a demandé si le candidat au poste de Premier ministre était prêt à soutenir l’introduction d’une échelle d’imposition progressive dans le pays – pour réduire les impôts des pauvres et en même temps faire payer davantage les riches et les super-riches, Michoustine a répondu qu’il ne soutenait pas cette idée, car il y a trop peu de riches en Russie et il n’y a personne à qui prélever un impôt progressif. Mais il y a beaucoup de pauvres, et s’ils sont exemptés de l’impôt, le Trésor public en souffrira sérieusement. En même temps, Michoustine considère comme riches les citoyens qui gagnent 3 millions de roubles (environ 45.000 €) par an.

 

En effet, il ne va quand même pas  s’infliger à lui-même un impôt progressif. Selon sa déclaration de revenus, M. Michoustine a reçu un revenu de 18 millions de roubles en 2018, alors que sa femme n’a reçu que 48 millions de roubles. Une bagatelle ! En 2014, l’épouse de Michoustine est entrée dans le classement des épouses les plus riches des fonctionnaires russes, avec un revenu de 160 millions de roubles ! Et selon certaines estimations publiées dans les médias, la famille Michoustine a officiellement gagné environ 1 milliard de roubles en 10 ans de travail dans le « service public ».

 

Le député Alexeï Kornienko a interrogé le candidat au poste de Premier ministre sur la réforme des pensions – la considère-t-il justifiée et n’est-il pas temps de l’abroger ? « Non, il ne faut pas toucher à cette question », a dit M. Michoustine.

En réponse à ma question sur son attitude à l’égard du projet de loi de KPRF » Sur les fondements de la nationalisation  » et s’il prévoit de lutter contre la domination des capitaux étrangers dans les industries clés, parce que 80 % de tout le commerce est entre des mains étrangères, les industries stratégiques sont contrôlées également par 75 à 95 % de capitaux étrangers,Michoustine a répondu que la nationalisation n’est pas nécessaire maintenant, car elle aura un mauvais impact sur l’économie russe, car le business a besoin de conditions de travail stables, et en général, selon lui, il n’y a pas de domination particulière du capital étranger dans l’économie (seulement quelque 1000 entreprises avec un capital dépassant 10 milliards de roubles), et donc personne contre qui se battre.

 

Lorsque je lui ai demandé si le gouvernement allait mettre fin à l’offensive rampante d’antisoviétisme et de russophobie, lorsque, par exemple, la place Lénine à Oulianovsk a été rebaptisée Sobornaya et la rue communiste à Moscou, rue Soljenitsyne, etc., Mikhaïl Michoustine a confirmé qu’il était contre la déformation de l’histoire russe et qu’il pensait que ces changements de noms « ne mènent à rien de bon ».

М.Michoustine a promis aux députés communistes qu’il serait attentif à la prochaine discussion du projet de loi du KPRF « Sur les enfants de la guerre » à la Douma d’Etat.

 

Ainsi, nous pouvons voir que, dans l’ensemble, Mikhaïl Michoustine n’a pas soutenu les principales dispositions du programme du KPRF. Oui, c’est un personnage moins odieux que, par exemple, Koudrine, que de nombreux analystes voyaient comme premier ministre. Mais en même temps, il reste un partisan de la préservation des fondements du cours économique libéral.

 

Trois factions – Russie Unie, LDPR et Russie Juste – ont déjà déclaré leur volonté de soutenir la candidature de Mikhaïl Michoustine proposée par Poutine.

 

Le KPRF n’appuiera PAS cette candidature.

Traduction MD pour H&S

 
2 Commentaires

Publié par le janvier 17, 2020 dans Russie

 

La Russie et l’Allemagne plaident pour la préservation de l’accord nucléaire avec l’Iran

C’est également la position de la Chine qui attribue la crise ouverte entre les Etats-Unis et l’Iran à la dénonciation par Trump de l’accord nucléaire (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Poutine et Merkel ont examiné le transit du gaz russe à travers l'Ukraine.

Poutine et Merkel ont examiné le transit du gaz russe à travers l’Ukraine. | Photo: Al Mayadeen

Publié le 11 janvier 2020

« Tous les moyens diplomatiques doivent être utilisés pour que cet accord international […] soit maintenu et que toutes les parties qui y participent s’acquittent de leurs obligations », a déclaré le chef de l’Etat russe.

Le président russe Vladimir Poutine a tenu une réunion à Moscou avec la chancelière allemande Angela Merkel, où ils ont convenu de la nécessité de préserver l’accord signé en 2015 par tous les moyens nécessaires.

 

« Tous les moyens diplomatiques doivent être utilisés pour garantir le maintien de cet accord international […] et le respect par toutes les parties impliquées », a déclaré le chef de l’Etat russe lors d’une conférence de presse conjointe avec Angela Merkel.

Merkel a déclaré qu’il était nécessaire de faire tout son possible pour maintenir l’accord entre l’Iran et le groupe 5 + 1. L’Allemagne a promis d’utiliser tous les outils diplomatiques possibles pour atteindre cet objectif.

Valeria A. Rodriguez@varodri19

Putin y Merkel se conocieron

Presidente ruso: Rusia y Alemania quieren una adhesión continua al acuerdo nuclear de Irán.
El canciller alemán insistió en que su país utilizaría todos los medios diplomáticos para preservar el mundo.

Ver imagen en Twitter

5

Pour sa part, le président russe a déclaré que l’Iran avait réduit ses engagements envers l’accord à cause de son abandon par le gouvernement des États-Unis (US) et l’inaction de l’Europe à cet égard. Il a également insisté sur le fait que les mesures prises par Téhéran dans le Plan d’action conjoint global (PIAC ou JCPOA) sont réversibles, comme les autorités perses l’ont assuré.

La visite de Merkel en Russie se déroule dans un contexte de tension entre la Maison Blanche et l’Iran, l’envoi de troupes turques en Libye et la réduction du pays perse de ses engagements envers le pacte nucléaire.

Les deux dirigeants prévoient de discuter de la situation en Syrie et en Ukraine. L’Allemagne et la Russie ont eu des liens économiques profonds, désormais renforcés par le développement du projet Nord Stream 2 qui acheminera le gaz russe dans les foyers allemands et d’Europe occidentale.

 

The National Interest : les vraies raisons de la Russie de s’associer à l’Iran

Résultat de recherche d'images pour "Poutine et l'Iran"

Moscou a un intérêt direct dans la situation dans le golfe Persique ; elle a fait de son mieux pour contenir l’impact que la crise américano-iranienne pourrait avoir sur sa propre sécurité nationale. Cet article repris par the National interest, la revue conservatrice consacrée aux situations militaires géopolitiques montre assez bien le rôle joué par la Russie qui à ce jour donne à la diplomatie russe largement héritée de la diplomatie soviétique une grande audience. Notons qu’aujourd’hui Téhéran a déclaré que l’avion civil ukrainien qui s’est récemment écrasé dans la capitale iranienne a été détruit en raison d’une «erreur humaine» après avoir volé trop près des installations de défense, déclenchant un lancement de missile accidentel. Cette déclaration militaire lue sur les canaux des médias d’État est venue comme la première confirmation des responsables iraniens qu’un missile, et non un incendie de moteur, a provoqué l’accident mercredi dernier. Le communiqué indiquait que la frappe n’était «pas intentionnelle» et affirmait que les responsables feraient face à des conséquences (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société).

L’Iran craquera-t-il sous la pression américaine? Ne comptez pas là-dessus. L’Iran s’est habitué à vivre sous les récentes sanctions économiques de l’Amérique et continue de mener ses propres politiques au pays et à l’étranger malgré les restrictions associées à la dernière crise américano-iranienne. Téhéran peut compter sur un soutien interne important et dispose d’une grande armée – y compris des forces auxiliaires paramilitaires Basij – avec accès à la flotte aérienne, aux forces lourdes et aux armes sous-marines. Il dispose également de gardes révolutionnaires formés à la guerre non conventionnelle. Malgré l’impact des sanctions américaines sur l’économie iranienne et le mécontentement des citoyens, il n’y a pas eu de contestation légitime de la théocratie dans le pays.

 

En fait, la tension entre les États-Unis et l’Iran pourrait s’éterniser, ce qui obligerait les acteurs régionaux et internationaux à rester en permanence en alerte. Par exemple, en raison de la proximité de l’Iran avec ses frontières, la Russie a un intérêt direct dans la situation en Asie occidentale ; il a fait de son mieux pour contenir l’impact que la crise américano-iranienne pourrait avoir sur sa propre sécurité nationale. En conséquence, la politique étrangère que la Russie a appliquée à l’égard de la crise peut être divisée en trois domaines principaux.

Le premier domaine d’intérêt est directement lié à la taille de la population musulmane de Russie et à sa capacité à influencer les processus politiques dans le pays. Aujourd’hui il y a environ vingt millions de musulmans en Russie, un chiffre qui a doublé en l’espace de trois décennies. La Russie doit empêcher cette population d’être divisée en groupes nationalistes radicaux tout en représentant ses intérêts. Ainsi, la Russie craint que l’Occident – ou même l’Iran – n’ait le pouvoir de provoquer des troubles politiques et sociaux au sein de différents groupes de cette population musulmane. Dans le passé, les pays occidentaux étaient soupçonnés de soutenir ces groupes radicaux et d’autres sur le territoire russe. Moscou est également préoccupée par la possibilité qu’une confrontation chiite et sunnite éclate sur son sol et que l’un de ces groupes reçoive le soutien de l’Iran. Il ne veut pas devenir un champ de bataille dans la lutte entre les différentes religions. Dans le même temps, la Russie ne veut pas ruiner ses relations avec les États-Unis.

Le deuxième domaine d’intérêt se concentre sur les domaines que la Russie considère comme faisant partie de sa sphère d’influence, tels que les pays post-soviétiques comme l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’Arménie et d’autres pays de la région où Moscou est très populaire, en particulier parmi certains politiciens et les élites économiques. Ces élites croient que la Russie peut les aider à combattre l’influence de l’islam politique radical. Dans le même temps, ces pays ont traditionnellement des liens étroits avec l’Iran. En raison de cette intersection de liens historiques, diplomatiques et économiques, la région est une zone d’intérêt mutuel pour les Russes et les Iraniens. La coopération entre les deux pays se concentre principalement autour des régions du Caucase, de la Caspienne et de l’Asie centrale. La Russie a un projet à long terme, connu sous le nom de partenariat pour la grande Eurasie, et l’Iran participe au projet.

Le troisième domaine d’intérêt est lié au chevauchement des préoccupations humanitaires et économiques qui affectent à la fois la Russie et l’Iran. Ces préoccupations sont ancrées dans l’histoire des relations mutuelles depuis l’époque des empires russe et perse. Aujourd’hui, les deux pays tentent de compenser leurs échecs en poursuivant des politiques qui promeuvent leurs civilisations propres et uniques. Dans cette situation, le domaine humanitaire est l’un des domaines stratégiques permettant de poursuivre des objectifs à long terme. Il convient de noter que les projets éducatifs et culturels russo-iraniens ont doublé depuis que l’administration Trump a annoncé sa stratégie pour l’Iran. Alors que les États-Unis se sont concentrés sur « la mise à genoux de l’Iran », la Russie s’est concentrée sur l’avenir. Les liens économiques entre ces deux pays se sont renforcés ces dernières années,

Espérons que la Russie et l’Iran maintiendront une relation positive malgré leurs différences et leurs difficultés passées. Par exemple, en 2016, les forces russes ont été expulsées d’une base militaire en Iran qu’elle avait utilisée pour mener des opérations militaires en Syrie. Le changement stratégique s’est produit après que les Iraniens se sont disputés pour savoir si les forces étrangères devaient être autorisées à utiliser une base militaire iranienne. En outre, les deux pays ont eu des différends sur le sort de la Syrie. Malgré ces problèmes, la Russie entretient des relations positives avec l’Iran, ce qu’elle a confirmé lors d’une réunion du 25 juin entre les conseillers à la sécurité nationale John Bolton, Meir Ben-Shabbat et Nikolaï Patrouchev. Au cours de la réunion, Patrouchev, le secrétaire du Conseil de sécurité russe, a déclaré que la Russie continuerait de tenir compte des intérêts de l’Iran au Moyen-Orient, car il reste « l’allié et le partenaire » de choix en Syrie. Les deux pays se concentrent sur la prévention d’une nouvelle déstabilisation dans la région, a-t-il déclaré.

En conclusion, la Russie veut conserver sa position d’acteur géopolitique et influencer le monde musulman, mais elle ne veut pas s’impliquer dans les conflits associés à ce monde. Ainsi, bien que les dirigeants de Moscou aient des préoccupations valables au sujet du Moyen-Orient, ils continuent de voir les avantages du maintien de partenariats stratégiques avec divers pays de la région. C’est à travers ces partenariats qu’ils espèrent mesurer combien l’administration Trump est prête à payer pour atteindre ses objectifs.

Nadya Glebova est membre de l’Institut d’études orientales de l’Académie russe des sciences, chercheuse dans la région MENA.

Image: Reuters

 
 

Des millions de Français ont protesté contre la réforme des retraites. Ministère des Finances a proposé des négociations

les communistes russes parlent de nos manifestations, mais maîtrisent mal l’orthographe de nos dirigeants de seconde zone…Chez nous on maitrise l’orthographe de « Poutine », mais on ne parle jamais des luttes en Russie. (note de Danielle Bleitrach)

10 janvier 2020 16:30
Des millions de Français ont protesté contre la réforme des retraites.  Ministère des Finances a proposé des négociations

Photo: Lafargue Raphael / ABACA

Environ 1,7 million de personnes ont participé à des manifestations contre la réforme des retraites, qui ont eu lieu dans 90 villes de France. Cela a été dit dans le plus grand syndicat français « Confédération générale du travail » (CGT), rapporte TASS

«Il s’agit d’une grève historique. Le nombre de manifestants s’est avéré encore plus important que ce qui avait été noté le premier jour de la grève (1,5 million de personnes – environ Ed) », a déclaré la CGT dans un communiqué. Le syndicat a appelé ses partisans à poursuivre la mobilisation du 10, puis du 11 janvier. « Samedi sera l’occasion d’élargir notre mouvement, en attirant tous ceux qui nous soutiennent », ont-ils déclaré.Selon le ministère français de l’Intérieur, 452 000 personnes ont participé à des manifestations à travers le pays, dont 56 000 manifestants ont été dénombrés par le ministère parisien.

En France, jeudi était le 36e jour de protestation contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement. Des milliers de manifestations et processions ont lieu ce jour à Toulouse, Marseille, Bordeaux et Lyon. Au total, plus de 200 manifestations et, en général, au moins 400 sortes de manifestations différentes auront eu lieu. Pour cette raison, la plupart des modes de transport ne fonctionnaient pas. Ce jour-là, le record de la grève des cheminots de 1986, considérée comme la plus longue, a été battu.

Une série de grèves contre la réforme des retraites a débuté en France à l’initiative des syndicats le 5 décembre. La grande majorité des manifestants sont des salariés de la Société nationale des chemins de fer français et de la régie des transports autonomes de Paris. L’une des principales raisons de leur mécontentement est la décision des autorités de supprimer les tarifs spéciaux de pension pour des dizaines de catégories de citoyens, ainsi que l’intention de porter à 64 ans l’âge auquel la pension est versée en totalité. Les syndicats ont annoncé leur intention de faire grève jusqu’à ce que le gouvernement français abandonne la réforme sous sa forme actuelle.

Le 5 janvier, le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Mer, a appelé les grévistes opposés à la réforme des retraites à trouver un compromis dans les négociations avec le gouvernement.

Le Mer a souligné que « le moment est venu de trouver un compromis ». Selon lui, le Premier ministre français Eduard Philippe « a répondu à l’inquiétude » exprimée par les syndicats sur un certain nombre de principes proposés par les autorités du projet.

«La réforme que nous proposons est juste: elle bénéficiera aux mères célibataires, aux agriculteurs et aux hommes d’affaires», a déclaré le ministre.

 

Nos amis russes adressent aux grévistes français leur soutien

amis communistes russes

La photo est prise devant l’ambassade de France à Moscou. Ils  sont plusieurs à se relayer! Tatiana a envoyé 17 photos, où l’on voit entre autre l’intervention des vigiles, de la police, des journalistes, et les autres camarades qui se succèdent  dans un piquet devant l’ambassade de France. (note de Marianne)
Donc l’action des camarades russes du syndicat des transports et du KPRF (parti communiste de la fédération de Russie) est une vraie solidarité, des militants russes se succèdent pendant plusieurs heures devant l’ambassade de France et reçoivent des coups de la police pour dire leur soutien à la France contre Macron.

si cette photo vous plaît diffusez là, mais s’il vous plait ne faites pas comme certains qui n’en citent pas l’origine parce que c’est par ce blog histoire et societe et en particulier grâce au travail de contact de Marianne que ces photos nous sont envoyées. Les communistes russes ont découvert  qu’ils ont des amis en France et ils accomplissent cet acte de solidarité fantastique … 

Tatiana, les communistes de Moscou se souviennent aussi des rencontres de Vénissieux où ils ont pu prendre contact avec Laurent Brun, le responsable de la CGT SNCF qui alors, en octobre 2019) avait adressé un message de solidarité aux hôtesses de l’air en lutte et à d’autres . ils nous renvoient la solidarité. Nous avons été une pognée au sein du PC à développer cet internationalisme.

Si les directions du PCF, en particulier l’invraisemblable secteur international avec Pierre Laurent qui depuis des années méprise les partis  communistes pour suivre un Tsipras et pour cautinner toutes les bonnes oeuvres de l’OTAN et  continue son  travail de sape avec l’Humanité, donc si la direction du PCF faisait le centième en matière de relations internationales de ce que nous tentons d’accomplir ici au lieu de jouer aux donneurs de leçon incultes et pédants, les contacts seraient bien différents parce les communistes du monde entier sont prêts à des relations fraternelles et la France de 1789 , celle de la Commune de paris est toujours présente dans leur coeur..  (note de Danielle Bleitrach).

 

 

Trump aurait pu sauver l’URSS, mais il a commencé à se transformer en Hitler, par Anton Krylov

Voici le texte le plus pertinent et impertinent qui se se puisse imaginer, sur un ton à la Mark Twain pour parler de ce que fut l’URSS, de la part d’un Russe alors que la plupart des Russes pensent qu’on ne les reprendra pas à sauver le monde vu l’ingratitude… cela dit, la conclusion est  inquiétante vu ce qu’est le président des Français? même si les Allemands ont annoncé commencer à se retirer d’Irak. « Maintenant, l’alternative est extrêmement simple: soit la Russie, l’Union européenne et la Chine oublieront d’urgence leurs contradictions et s’uniront pour tenter d’empêcher pacifiquement les États-Unis de passer de leur statut de gendarme mondial à celui de terroriste néo-fasciste mondial, ou il faudra s’unir plus tard et dans des conditions de départ beaucoup plus difficiles. Comme ce fut le cas en 1941 après l’attaque allemande contre l’URSS ». Merci Marianne pour cette brillante traduction (note de Danielle Bleitrach).

6 janvier 2020

Le président des États-Unis, Donald Trump.

https://vz.ru/opinions/2020/1/6/1016981.html

Фото: Tom Bremer/Reuters

Donald Trump, bien sûr, a apporté beaucoup de nouveauté à la politique internationale. Et sa déclaration sur la volonté de retirer des troupes d’Irak uniquement en cas de paiement pour la construction de la base aérienne US ouvre de nombreuses opportunités pour tous les pays qui ont été forcés de quitter l’un ou l’autre territoire au cours des dernières décennies.

Nous ne remonterons pas très loin, par exemple aux années où les systèmes coloniaux de la Grande-Bretagne, de la France et d’autres pays européens, qui avaient investi des fonds très sérieux dans l’infrastructure de leurs colonies, se sont effondrés. Prenons plutôt la chute de l’URSS et le démantèlement de l’Organisation du Pacte de Varsovie, le bloc militaire soviétique opposé à l’OTAN.

 

Moscou avait construit de nombreuses bases militaires diverses en Europe de l’Est et dans les républiques de l’ex-URSS. Bien sûr, elle n’a reçu aucune compensation pour ces objets de qui que ce soit : la République fédérale d’Allemagne n’a sponsorisé que le retrait des troupes de la RDA, et encore pas complètement.

De plus, certaines des anciennes républiques soviétiques, principalement celles de la Baltique, ont tenté d’exiger une sorte de «compensation pour l’occupation» de la Russie, ne recevant en réponse bien entendu que les oreilles de l’âne mort.

 

Contrairement aux États-Unis, qui n’ont construit qu’une base militaire en Irak et ont activement pompé le pétrole irakien, la Russie n’a pas seulement investi dans l’infrastructure militaire des anciennes républiques soviétiques. Énergie, métallurgie lourde, construction de routes, villes construites et restaurées et bien plus encore… il est difficile de chiffrer le montant exact, mais il est clair qu’il ne s’agit pas de milliards, mais de trillions de dollars, sinon de dizaines de trillions.

 

Par conséquent, bien sûr, il est très regrettable qu’un politicien avec les idées de Donald Trump sur la justice ne se soit pas trouvé à la tête de l’URSS ou de la Russie lors de l’effondrement du pays.

 

« Voulez-vous que nous vous accordions l’indépendance? » Bien sûr, ce n’est pas un problème, il suffit de payer, s’il vous plaît … « – et là suit une liste des installations construites durant toutes les années d’existence dans l’Empire russe et l’URSS.

 

«Quoi, vos citoyens ont également participé à la construction? Eh bien, nous vous accorderons un rabais en pourcentage de votre contribution au PIB total de l’URSS l’an dernier. »

 

Bien sûr, l’Ukraine aurait obtenu le plus gros rabais. Mais le chèque à payer pour Kiev aurait également été le plus gros: les centrales nucléaires, les géants industriels du Donbass, les usines de Dniepropetrovsk, les ports de la mer Noire… auraient difficilement pu être remboursés, même s’ils avaient donné la Crimée tout de suite. Ils se seraient peut-être demandé, mais une telle indépendance est-elle vraiment nécessaire?

 

Les pays d’Europe de l’Est, eux aussi, auraient dû évidemment compenser le coût de tous les objets laissés par les troupes soviétiques.

 

L’occupation? Vous plaisantez, voici les décisions officielles de vos parlements, et d’ailleurs nous pourrions vous sanctionner pour diffamation!

 

En général, le monde serait complètement différent si un double de Donald Trump dans ces années avait été le président de l’URSS. Très probablement, aucun effondrement du pays ne se serait produit et les relations avec les États-Unis se seraient arrangées, nous épargnant une honteuse reddition, comme cela s’est produit dans l’histoire réelle.

 

Cependant, laissons les romans sur le thème «Donald Trump – Président de la Grande Union soviétique» aux auteurs de science-fiction de second niveau.

 

Si nous analysons sérieusement la déclaration sensationnelle du président américain, l’offre faite à l’Iraq de payer pour l’occupation perd tout son éclat dans le contexte d’une volonté exprimée clairement et sans équivoque de bombarder les biens culturels iraniens.

 

Ici, bien sûr, il est difficile d’ajouter quelque chose à la déclaration du ministre iranien des Affaires étrangères Azari-Jahromi: «Comme ISIS **, comme Hitler, comme Gengis Khan! Ils détestaient tous la culture. Trump est un terroriste en costume. »

 

Certes, je me souviens qu’Hitler n’a pas spécifiquement menacé les autres pays de destruction ciblée de sites culturels, et Daech et les talibans ont fait exploser des monuments préislamiques non par ordre de priorité, mais après avoir obtenu des succès militaires plus traditionnels.

 

Bien entendu, cette déclaration du président américain a provoqué l’indignation non seulement en Iran, mais aussi en Occident. Même la fille de Terry Anderson, un journaliste américain qui a passé six ans en captivité au Liban avec le Hezbollah pro-iranien, a fermement condamné la déclaration de Trump et a demandé aux anciens otages s’ils souhaitaient que leurs noms soient associés à des attaques contre des cibles civiles.

 

Cependant il est peu probable que la plupart des Américains soient horrifiés par la déclaration de Trump. Permettez-moi de vous rappeler que, selon les sondages d’opinion, plus de 60% des Américains soutiennent une frappe nucléaire contre l’Iran.

 

C’est difficile à réaliser, mais c’est un fait : la plupart des citoyens américains sont prêts à ce que des dizaines de millions d’Iraniens pacifiques meurent et que les habitants des pays voisins souffrent des effets du bombardement atomique. Et cela malgré le fait que l’Iran ne peut pas faire beaucoup de mal à la majorité des Américains et frapper les États-Unis : il n’a ni missiles ni bombardiers pour cela.

 

Trump n’est donc pas du tout un fasciste solitaire et fou, ni un taliban parvenu accidentellement à la tête d’une superpuissance. Il est chair de la chair de ses électeurs. La plupart des Américains sont également tout à fait prêts à détruire les valeurs culturelles iraniennes et les Iraniens eux-mêmes, juste pour s’assurer que l’Iran à l’avenir ne devienne pas une menace pour les États-Unis.

 

Par conséquent, la «nouvelle sincérité» de Trump ne peut qu’être saluée, contrairement au contenu de son discours. Plus les politiciens américains déclarent franchement et honnêtement qu’ils sont prêts à tuer des citoyens étrangers, à détruire les valeurs historiques et culturelles et à commettre d’autres crimes contre l’humanité, plus il est probable que les pays qui se considèrent comme des alliés de ce pays ouvriront enfin les yeux et comprendront que pour faire un petit tour sale à la Russie ou à un autre pays, il n’est pas nécessaire de se ranger du côté des principaux cannibales de la planète.

 

Et, probablement, de nombreux pays seraient maintenant prêts à faire quelque chose et à payer des scientifiques pour envoyer dans le passé un homme qui aurait pu empêcher l’effondrement de l’URSS : en effet, seule l’Union soviétique, avec toutes ses manières désagréables et semblable à la manie américaine d’interférer dans les affaires d’autres pays, était capable de maintenir autant que faire se peut les États-Unis dans le cadre relatif de la décence.

 

Maintenant, l’alternative est extrêmement simple: soit la Russie, l’Union européenne et la Chine oublieront d’urgence leurs contradictions et s’uniront pour tenter d’empêcher pacifiquement les États-Unis de passer de leur statut de gendarme mondial à celui de terroriste néo-fasciste mondial, ou il faudra s’unir plus tard et dans des conditions de départ beaucoup plus difficiles. Comme ce fut le cas en 1941 après l’attaque allemande contre l’URSS.

 

* Organisation à l’égard de laquelle le tribunal a adopté une décision définitive sur la liquidation ou l’interdiction d’activités pour les motifs prévus par la loi fédérale sur la lutte contre les activités extrémistes

 

 

Message de Moscou pour les grèvistes

Tatiana , notre amie du Parti communiste de la fédération de Russie   nous a envoyé  ce message: le Syndicat des transports de Russie exprime sa solidarité avec les grévistes de France, la CGT, les Gilets jaunes, et les syndicats qui se battent contre la réforme des retraites.

 

 

 

Comment  Vladimir Poutine a prononcé  un nouveau discours de Munich (1)

>Résultat de recherche d'images pour "Poutine et URSS""

Article publié dans le journal russe « Kommersant » (2) № 236  du Samedi  28 Décembre  2019

>

(Traduction COMAGUER à partir d’une version anglaise en circulation qui présente certaines faiblesses – Original en russe  https://www.kommersant.ru/doc/4205137 – les paragraphes en gras sont le choix de Comaguer)

>

Le 20 décembre, le président russe Vladimir Poutine a tenu à Saint-Pétersbourg un sommet informel de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) (3), entièrement consacré à la restauration de la justice historique, c’est-à-dire au rôle de l’Europe, et surtout de la Pologne, et non de l’Union soviétique, dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Le correspondant spécial de Kommersant, Andreï Kolesnikov (A.K.) n’avait jamais vu Vladimir Poutine en conférencier ou même en professeur d’histoire pour des élèves du primaire, car les dirigeants des pays de la CEI lui ont semblé se trouver  dans cette situation nouvelle, apparemment peu confortable pour eux.

>

Le correspondant  spécial de Kommersant dans la Bibliothèque Eltsine à Saint Petersburg  décrit  la façon dont la bataille engagée par Moscou à cette occasion a pris forme.

>

***

>

Aussitôt après le sommet de l’Union économique eurasiatique  à Saint-Pétersbourg, le sommet de la Communauté des Etats Indépendants  (CEI) (3) a commencé. Ce sommet mérite une description séparée. Le fait est qu’il était supposé que cette réunion ne serait pas ouverte à la presse et que les journalistes se contenteraient des discussions  avec  Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko au sortir su sommet de l’Union économique eurasiatique

>

 Mais en réalité, tout s’est passé différemment. Quelques autres dirigeants sont venus à la bibliothèque Eltsine en plus de ceux qui étaient disponibles, et ils étaient maintenant huit (d’Azerbaïdjan, d’Arménie, de Biélorussie, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de Moldavie, du Tadjikistan, du Turkménistan et de la Russie qui les a rejoints …).  Vladimir Poutine les a fait asseoir à une table ronde et a donné, de manière inattendue, une leçon d’histoire complète et même à grande échelle sur le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Et il est clair qu’avant cela, il avait été  choqué par la résolution du Parlement européen  « Sur l’importance de la préservation de la mémoire historique pour l’avenir de l’Europe ». Ces derniers jours, le président russe est revenu à plusieurs reprises sur ce document, selon lequel deux puissances totalitaires : l’Allemagne et la Russie, auraient déclenché la Seconde Guerre mondiale. Cette version menace de devenir instantanément canonique et s’enracinera bientôt comme la seule vraie dans tous les manuels d’histoire européens. On peut dire qu’elle était attendue depuis longtemps, car pour l’Europe elle expliquait  trop  bien   et aussi confortablement  que possible l’histoire, alors que  jusqu’à présent, l’Europe avait paru faible face à Hitler voire même soulagée de se rendre.

>

Peut-être Vladimir Poutine s’est-il rendu compte que si l’on n’intervient pas immédiatement dans l’histoire, alors des changements irréversibles peuvent se produire dans l’esprit d’un très grand nombre de personnes, et surtout  avant les cérémonies en l’honneur du 75e anniversaire de la Victoire  (en mai 2020).  Et les efforts des simples historiens, aussi titanesques soient-ils, n’ont pas suffi jusqu’ici : ils ne sont toujours pas écoutés.

>

Non, d’un côté de la  barricade se trouvait le Parlement européen, de l’autre : personne.

>

Et M. Poutine a évidemment décidé de rectifier la situation. Il a lui-même créé et fourni tout cela, selon Kommersant.  Il l’a fait en personne. C’est-à-dire qu’il a fait asseoir en cercle les dirigeants des pays de la CEI, qui représentaient plus ou moins fidèlement le vaste territoire de l’ex-Union soviétique, c’est-à-dire le principal accusé du tribunal qu’a essayé d’organiser le Parlement européen, et il leur a proposé de l’écouter. Il était probablement possible  de trouver n’importe quel autre public, par exemple, des journalistes. Ainsi lors d’une grande conférence de presse, le président russe a abordé ce sujet, mais avec désinvolture, et lui-même semblait un peu réservé par rapport au reste des nouvelles de là-bas, et il n’a pas alors développé sa  pensée. Mais il tenait là, sans aucun doute, le public idéal. Entouré pour commencer par Alexandre Loukachenko et Nikol Pashinyan (Ndt : respectivement premier ministre du Belarus et d’Arménie) il a poursuivi son intervention devant ce qui est devenu une réunion de la CEI.

>

J’ajoute que dans tout cela on a vu une écriture et un style. Qui a vu comment Vladimir Poutine parfois, quand on lui demande de prendre une photo avec lui, met un meilleur groupe de participants dans la prise de vue, évaluant très vite  l’arrière plan  et faisant savoir aux photographes quel angle sera avantageux pour eux (et tout cela en quelques secondes), il me comprendra.

>

 » Quand ils parlent de l’Union soviétique, ils parlent de nous « , a déclaré Vladimir Poutine à son auditoire :

>

 « Qu’est-ce qui est écrit ? »  « Selon cette résolution , le soi-disant Pacte Molotov-Ribbentrop … Permettez-moi de vous rappeler que ce sont les ministres des Affaires étrangères de l’Union soviétique et de l’Allemagne nazie … Comme ils l’écrivent plus loin, « l’Europe et les territoires d’états indépendants ont été divisés entre les deux régimes totalitaires, ce qui a ouvert la voie au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. »   « Le pacte Molotov-Ribbentrop a ouvert la voie au début de la Seconde … Eh bien, peut-être… « 

>

En réalité, le président russe était, bien sûr, farouchement en désaccord avec cela. « De plus, les députés européens exigent que la Russie cesse ses efforts visant à déformer les faits historiques et à faire de la propagande sur la thèse selon laquelle la Pologne, les pays baltes et l’Occident sont les véritables instigateurs de la guerre », a-t-il poursuivi.

>

 » Ils ont dit qu’un de ces pays répertoriés était l’instigateur ».  » A mon avis, nous n’avons jamais rien fait de tel »

>

Il s’est mis à commenter un peu, tout en restant très réservé, et cette retenue a même fait peur : tout simplement parce que cela ne présageait rien de bon. Vladimir Poutine a dit qu’il avait demandé à recourir à des documents d’archives. Sa demande a été satisfaite.

>

 « La première question qui se pose – tout le temps où nous parlons du pacte Molotov-Ribbentrop, nous le répétons pour nos collègues européens – est la suivante : était-ce le seul document signé par un des pays européens, à l’époque l’Union soviétique, avec l’Allemagne fasciste ? Il s’avère que ce n’est pas le cas ! Je vais simplement les énumérer avec votre permission. Ainsi, la déclaration sur le non-recours à la force entre l’Allemagne et la Pologne. C’est en fait le soi-disant pacte Pilsudski-Hitler, signé en 1934. En substance, c’est un pacte de non-agression. Puis l’accord naval anglo-allemand de 1935. La Grande-Bretagne a donné à Hitler la possibilité d’avoir sa propre marine, ce qui lui avait été interdit, en fait, ou minimisé par les résultats de la Première Guerre mondiale ».

>

Ses collègues l’ont écouté de différentes façons. Le plus attentif de tous, même avec une bouche légèrement ouverte, est Noursoultan Nazarbaïev. Nikol Pashinyan semblait plus troublé que les autres (peut-être a-t-il été épuisé lors d’une réunion étroite et prolongée de l’EAEU par un duel invisible avec Alexandre Loukachenko, qui lui n’était pas épuisé,

>

  » Puis « , poursuit le président russe,  » la déclaration conjointe anglo-allemande de Chamberlain et d’Hitler, signée le 30 septembre 1938, a été acceptée à  l’initiative de Chamberlain. Il a déclaré que l’Accord de Munich signé, ainsi que l’accord maritime anglo-allemand symbolisent » … Et ainsi de suite, et ainsi de suite… et que la création d’un cadre juridique entre les deux États se poursuit …  »  « Ce n’est pas tout… Déclaration franco-allemande, signée le 6 décembre 1938 ans à Paris, par les ministres des Affaires étrangères de France et d’Allemagne, Bonnet  et Ribbentrop ».

>

Le Président de la Russie a rappelé à la fois l’accord de 1939 entre la Lituanie et le Reich, selon lequel la région de Klaïpeda a été réunie avec l’Allemagne, et l’accord de non-agression entre le Reich allemand et la Lettonie du 7 juin 1939.

>

Ainsi,  » a-t-il conclu,  » le traité entre l’Union soviétique et l’Allemagne a été le dernier parmi ceux qui ont été signés par d’autres pays européens, comme s’ils étaient intéressés à maintenir la paix en Europe. En même temps, je tiens à noter que l’Union soviétique n’a accepté de signer ce document qu’après avoir épuisé toutes les possibilités et rejeté toutes les propositions de l’Union soviétique visant à créer un système de sécurité unifié, une coalition antifasciste, en fait, en Europe. « 

>

Et il a proposé de revenir au cas des conditions dans lesquelles en 1919, « la soi-disant paix de Versailles a été conclue ».

>

Vladimir Poutine a rappelé à ses collègues, qui, à mon avis, ont commencé à l’écouter de plus en plus attentivement (et même Nikol Pashinyan s’est concentré) que  » pour l’Allemagne, la paix de Versailles est devenue un symbole de profonde injustice et d’humiliation nationale. En fait, il s’agissait d’un vol de l’Allemagne. Je vais juste donner quelques chiffres pour votre intérêt, ce sont des chiffres très intéressants.  » Les chiffres étaient convaincants pour tout le monde. Donner de tels chiffres est une joie, ils sont très impressionnants : – » L’Allemagne devait payer les pays de l’Entente … Et la Russie était parmi les gagnants et n’a pas participé à la signature du Traité de Versailles … l’Allemagne était censée payer la somme astronomique pour ces temps-là – 269 milliards de marks d’or, ce qui équivaut approximativement à 100 mille tonnes d’or ! A titre de comparaison, je dirai qu’en octobre 2019, à l’heure actuelle, les réserves d’or sont : aux USA – 8130 tonnes, en Allemagne – 3370 tonnes, en Russie – 2250 tonnes. Et l’Allemagne devait alors payer 100 mille tonnes ! Au prix actuel de l’or, 1 464 dollars l’once  les  réparations s’élevaient à environ 4,7 trillions de dollars ! En même temps, le PIB de l’Allemagne aux prix courants de 2018, si les données que j’ai reçues sont correctes, n’est que de 4 milliards de dollars. « 

>

Vladimir Poutine avait  à juste titre pensé et avait même décidé, de peser chaque mot avec  sérieux et de le vérifier dans l’espoir de détecter des erreurs et des inexactitudes, et s’est apparemment protégé avec la phrase « si les données que j’ai reçues sont correctes ». « Il suffit de dire », a-t-il ajouté, « que les derniers paiements de 70 millions d’euros ont été effectués relativement récemment, le 3 octobre 2010, l’Allemagne a payé pour la Première Guerre mondiale juste le jour du 20e anniversaire de l’unification de la République fédérale. Dans cette situation, il a été difficile de s’accommoder du seul fait que la Russie a quitté la liste des vainqueurs.

>

 Les nazis, selon le président russe, ont activement exploité le thème de Versailles dans leur propagande,  » promettant de sauver l’Allemagne de la honte nationale, et l’Occident lui-même a donné aux nazis carte blanche pour se venger « .

>

C’était maintenant une leçon d’histoire à part entière dans une école ordinaire : jusqu’ici sans données d’archives exclusives qu’un simple professeur ne peut pas avoir, mais avec des conclusions et des généralisations de grande portée, avec des ponts jetés d’un sujet à l’autre pour faciliter l’assimilation de la matière … Le président russe est passé à la crise des Sudètes créée par le monde de Versailles, a cité Winston Churchill et d’autres penseurs. « Les frontières ont été redistribuées », a-t-il dit. « Ainsi, cela a créé les conditions pour l’émergence de la soi-disant crise des Sudètes. » C’est la partie de la Tchécoslovaquie dans laquelle la population allemande vivait de façon compacte. Voici une explication de la crise des Sudètes et de la soi-disant conférence de Munich qui s’en est suivie. On pourrait croire qu’il s’agit d’une leçon d’histoire pour certains élèves déjà répétitifs. Mais peut-être était-ce exactement ce qu’il fallait faire. Les gens qui étaient assis devant Vladimir Poutine maintenant ne savaient peut-être pas tout cela :

>

  » En 1938, 14 millions de personnes vivaient en Tchécoslovaquie, dont 3,5 millions d’Allemands. Le 13 septembre 1938, une rébellion a éclaté là-bas, et immédiatement il y a eu des propositions de la Grande-Bretagne pour sauver le monde afin de négocier avec Hitler et de l’apaiser réellement. Je ne vous ennuierai pas ici avec diverses correspondances et négociations, mais la situation est arrivée à la signature bien connue de l’accord à Munich ! « 

>

 Le président russe a enfin commencé à sortir ses notes magiques de sa manche :

>

 « Nous avons, je le répète, sorti quelques documents des archives. Je voudrais vous en présenter quelques-uns. Nous avons ce document-ci :  » le cryptage de l’envoyé plénipotentiaire de l’URSS en France au ministre des affaires étrangères de l’URSS Litvinov  du 25 mai 1938, lors d’une conversation confidentielle avec le Premier ministre français Daladier ». Je vous lis ce document intéressant. « Le Premier ministre français, Edouard Daladier, a consacré les derniers jours à clarifier la position de la Pologne. » Il s’agit de l’accord de Munich, en vertu duquel les Sudètes, qui font partie du territoire tchécoslovaque, auraient dû quitter l’Allemagne.  » L’enquête en Pologne a donné le résultat le plus négatif « , – a déclaré le Premier ministre français.  Non seulement il ne faut pas compter sur le soutien polonais, mais il n’est pas certain que la Pologne ne frappera pas par l’arrière. Contrairement aux assurances polonaises, Daladier ne croit pas à la loyauté des Polonais, même en cas d’une attaque allemande directe sur la France. Il a exigé une réponse claire et sans ambiguïté des Polonais avec lesquels ses alliés  en temps de paix comme en temps  de guerre. À cet effet, il a posé un certain nombre de questions directes à l’ambassadeur de Pologne en France, M. Lukasevitch. Il lui a demandé si les Polonais laisseraient entrer les troupes soviétiques sur leur sol. Lukasevich a répondu par la négative. Daladier a ensuite demandé si au moins les avions soviétiques pourraient passer. Lukasevich a dit que les Polonais ouvriraient le feu sur eux. Lorsque Lukasevitch a répondu par la négative à la question de savoir si la Pologne viendrait à la rescousse si la France après l’attaque allemande de la Tchécoslovaquie …  alors  qu’il y avait un accord d’assistance mutuelle entre la France et la Tchécoslovaquie –et si l’Allemagne déclare la guerre à la France. Le représentant polonais a répondu par la négative. « Daladier a dit qu’il ne voit aucune raison à l’alliance franco-polonaise et aux sacrifices que la France faisait en son nom. « 

>

Vladimir Poutine s’est rapidement plongé lui-même et a plongé ses collègues dans les détails, et tout cela était étonnant. Nous n’avons jamais vu Vladimir Poutine comme cela : lisant avec enthousiasme à haute voix les cryptages archivés, les commentant et les expliquant en détail … Il était impossible de se détacher de ce spectacle.

>

Il ne s’est même pas battu avec le Parlement européen, mais avec le fascisme mondial et sa vengeance rampante. (souligné par nous)

>

Et notre conférencier a continué à lire et à lire, offrant de lui une image professionnelle stupéfiante :  » Alors de quoi parle-t-on ? Du fait que l’Union soviétique était prête à aider la Tchécoslovaquie, dont l’Allemagne nazie allait s’emparer. Mais l’accord entre l’Union soviétique et la Tchécoslovaquie stipulait que l’Union soviétique ne le ferait que si la France remplissait aussi ses obligations envers la Tchécoslovaquie ! La France a lié son aide à la Tchécoslovaquie au soutien de la Pologne. La Pologne a refusé ! « 

>

 Vladimir Poutine faisait le tri dans les papiers sur la table : – » Ca, c’est le document n° 5 que j’ai ici, dont je viens de parler … Passons au  sixième « 

>

Il était déjà clair qu’il allait se concentrer sur le rôle de la Pologne. Elle l’intéressait plus que les autres.

>

 « Qu’ont fait les autorités polonaises lorsque l’Allemagne a commencé à revendiquer une partie du territoire tchécoslovaque ? Elles ont exigé en même temps, comme l’Allemagne, leur part de « butin » lors de la division du territoire tchécoslovaque et ont exigé qu’une certaine partie de la Tchécoslovaquie leur soit également transférée. De plus, elles  étaient prêtes à utiliser la force ! Elles avaient formé tout un groupe militaire spécialisé appelé  » Silésie « , qui comprenait trois divisions d’infanterie, une brigade de cavalerie et d’autres unités ! « 

>

Vladimir Poutine s’est de nouveau tourné vers ses papiers, d’ailleurs, il les connaissait bien, car clairement il s’était  préparé, et pas en un quart d’heure :

>

 » Il y a aussi un document spécifique des archives – du rapport du commandant du groupe opérationnel séparé de Silésie, M. Bortnovsky, sur la préparation de l’offensive, la prise de la région de Cieszyn et la formation des troupes. Les autorités polonaises ont formé et envoyé des militants sur le territoire tchécoslovaque pour effectuer des sabotages et des attaques terroristes, qui préparaient activement  la partition et l’occupation de la Tchécoslovaquie. Le document suivant est l’enregistrement d’une conversation entre l’Ambassadeur d’Allemagne en Pologne, M. Moltke, et le Ministre polonais des affaires étrangères, M. Beck. Dans ce document, le Ministre des affaires étrangères de la Pologne, M. Beck, a exprimé l’espoir …  » Citation supplémentaire : « Dans les régions revendiquées par la Pologne, » dit-il directement, « il n’y aura pas de contradictions avec les intérêts allemands. » C’est-à-dire qu’il y a une division du territoire tchécoslovaque ! « 

>

Alors que la Pologne célébrait le 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale, il a informé que « la Pologne, simultanément avec l’Allemagne qui annexait les Sudètes, le 1er octobre 1938, commença à s’emparer directement du territoire tchécoslovaque, rompant ainsi l’accord qu’elle avait elle-même conclu auparavant avec la Tchécoslovaquie ».

>

Mais l’intérêt de la conférence réside surtout dans les documents exclusifs que de nombreux historiens (ou, plus précisément, tous) rêvent de recevoir. Mais seul Vladimir Poutine a eu cette chance : « En Pologne, bien sûr, on savait que sans le soutien de Hitler, les tentatives de prise d’une partie du territoire de la Tchécoslovaquie (la partie occidentale de la région de Cieszyn – A. K.) étaient vouées à l’échec. A ce propos, je voudrais vous citer le document très indicatif suivant – un enregistrement de la conversation de l’ambassadeur allemand à Varsovie, M. Moltke, avec Jozef Beck sur les relations polono-tchèques et la position de l’URSS sur cette question, daté du 1er octobre 1938. L’ambassadeur allemand en Pologne, M. Moltke, fait rapport à sa direction à Berlin. M. Beck … c’est le ministre des Affaires étrangères, je me souviens, la Pologne … d’ailleurs, a exprimé une grande gratitude pour l’interprétation loyale des intérêts polonais à la Conférence de Munich, ainsi que pour la sincérité des relations pendant le conflit tchèque. ‘Le gouvernement et le public polonais rendent pleinement hommage à la position du Führer et du Chancelier du Reich. » C’est-à-dire qu’il parle avec gratitude des actions d’Hitler lors de la conférence à Munich ! Il convient de mentionner que les représentants polonais n’ont pas été invités à la conférence de Munich et leurs intérêts ont été représentés, en fait par Hitler ». Le Président de la Russie a ajouté que la Pologne, en fait, a assumé le rôle d’instigateur : « elle entraînait la Hongrie dans la division de la Tchécoslovaquie, c’est-à-dire qu’elle cherchait délibérément à entrainer d’autres États dans la violation du droit international ».

>

Il s’en prenait maintenant à la Pologne, après quoi elle devrait réagir : par exemple, en rompant  les relations diplomatiques avec la Russie. Ou du moins rappeler  son ambassadeur. (4) Et on avait l’impression que Vladimir Poutine lui-même était prêt pour cela, et peut-être qu’il attendait, et que si la Pologne ne le faisait pas, il le ferait. Telle était l’impression qu’il donnait. « Le prochain, le dixième document … » le président de la Russie a continué à restaurer impitoyablement la justice historique.

>

Ces documents ont continué de couler les uns après les autres, avec eux le président russe a illustré l’histoire de la trahison de la Tchécoslovaquie par l’Europe et les conséquences pour l’Europe elle-même. Il en arriva ainsi à l’accord de Munich et au commentaire de Winston Churchill:  » Alors, qu’a dit Churchill?  » Ce qui s’est passé à Munich, c’est  que les soi-disant démocraties occidentales ont  abandonné  leur alliée, que ce fut le début de la guerre!

>

Vladimir Poutine s’est exprimé avec soin sur le rôle de Staline dans cette histoire: lui, il faut le comprendre, ne s’est pas mis en avant.

>

  » L’URSS, laissée seule, a été forcée d’accepter la réalité que les États occidentaux ont créée de leurs propres mains. La division de la Tchécoslovaquie était extrêmement cruelle et cynique, en fait, c’était un vol. On peut affirmer avec raison: c’est le complot de Munich qui a servi de tournant dans l’histoire, après quoi la Seconde Guerre mondiale est devenue inévitable … « 

>

Il s’agissait cependant de phrases tirées de manuels d’histoire soviétique. Aucun nouveau document n’était requis pour eux. Mais c’était une conférence dans laquelle rien ne pouvait être manqué et dans lequel tout devrait être interconnecté. Et finalement, c’est Vladimir Poutine lui-même qui a été le gardien  des intérêts de l’Union soviétique. Et il faut  entendre comment il l’a fait! Maintenant, presque dans chaque mot, une passion et une expressivité sans retenue se faisaient entendre. Oui, il lisait avec expression et semblait parfois se délecter de ses documents. Ses collègues apparemment un peu abrutis, l’écoutaient. Ils n’étaient pas prêts pour la leçon. Ils n’avaient qu’à espérer qu’on ne leur poserait aucune question, qu’ils ne seraient pas appelés au micro, car cela risquerait de devenir pour eux un moment de honte. Mais ils ont écouté très attentivement. Il leur a semblé qu’un Poutine complètement différent se découvrait maintenant. Peut-être que l’un d’eux s’est imaginé à sa place. Peut-être qu’ils aimeraient … Mais c’était lui, pas eux.

>

 » Je veux vous présenter un autre document: un enregistrement de la conversation d’Adolf Hitler avec le ministre polonais des Affaires étrangères Jozef Beck le 5 janvier 1939. Je ne donnerai que quelques extraits de ce 13 eme document. Tout est écrit en petits caractères ici. Ceci est une copie du document du 17 mai 1939. Alors, citation numéro un. Le Führer dit en clair: « Il s’est avéré que ce n’était pas si facile de se rendre à Munich avec le consentement des Français et des Britanniques pour inclure dans l’accord les revendications polonaises et hongroises contre la Tchécoslovaquie. » Autrement dit, Hitler travaillait alors dans l’intérêt des dirigeants de ces pays. En fait, Hitler a agi en tant qu’avocat des autorités polonaises à Munich … Hitler déclare que … suit le discours direct d’Adolf Hitler: « Dans toutes les circonstances, l’Allemagne sera intéressée à maintenir une Pologne nationale forte, indépendamment de la situation en Russie. Qu’elle la Russie soit bolchevik, tsariste ou quelque chose d’autre, l’Allemagne traitera toujours ce pays avec une extrême prudence. La présence d’une solide armée polonaise enlève une charge importante à l’Allemagne. Les divisions que la Pologne est obligée de maintenir à la frontière russe soulagent l’Allemagne de dépenses militaires supplémentaires. «Cela ressemble généralement à une alliance militaire contre l’Union soviétique. »

>

Cette référence de Vladimir Poutine à Adolf Hitler a fait forte impression.

>

Puis, il en est venu au rapport de l’ambassadeur de France à Varsovie, M. Noël, au ministre des Affaires étrangères de la France, M. Bonnet, au sujet des conversations avec des collègues polonais le 31 mai 1938:  « L’ambassadeur de France Léon Noel décrit les discours sans ambiguïté prononcés sans vergogne par les dirigeants polonais de l’époque lors d’une rencontre avec lui: « Si un Allemand reste un adversaire, il est néanmoins un Européen et un homme d’ordre ».

>

S’éloignant de la citation, Vladimir Poutine a conclu :

>

« La Pologne allait bientôt découvrir ce qu’est « un Européen et un homme d’ordre »! Le 1er septembre 1939, tout le monde allait le ressentir » (4)

>

-=-=-=-=-=-=-=-

>

 

>

Notes :

>

-1- Le 10 février 2007, le président Poutine avait lors du Forum annuel de Munich sur les politiques de défense fait une longue intervention de style direct et  sans euphémismes diplomatiques. Dans ce discours qui avait beaucoup impressionné un auditoire très relevé, il avait vivement critiqué l’organisation unipolaire du monde en place depuis la fin de la guerre froide, affirmant l’échec de ce modèle, et avait en outre insisté sur l’importance du droit international, des souverainetés nationales et de la nécessité de ne pas retomber dans la course aux armements. Ce discours est resté comme un jalon dans la politique étrangère russe et dans l’évolution des relations internationales.

>

Texte français intégral : https://www.mondialisation.ca/discours-de-vladimir-poutine-la-conf-rence-de-munich/12238

>

-2- Kommersant est un journal économique russe

>

-3- La CEI a été fondée après la dissolution  de l’URSS prononcée par Gorbatchev le 25.12.1991 Sorte de confédération très souple et qui n’a pas de reconnaissance comme organisation internationale maintient des liens politiques entre 9 des anciennes républiques socialistes soviétiques. Elle faisait suite à un projet formel de fédération des anciennes républiques socialistes soviétiques devenues  toutes souveraines qui fut soumis à référendum le 17 Mars 1991. Ce projet de fédération refusé par l’Arménie, la Géorgie et les républiques baltes  fut largement approuvé ailleurs 77,85 % des votants et taux de participation 80%, mais ne fut jamais mis en œuvre. La CEI est une forme dégradée de cette fédération avortée. Pour autant la plupart des états membres se retrouvent maintenant dans deux organisations internationales qui fonctionnent : l’Organisation du traité de sécurité collective (création 2002 – membres : ArménieBiélorussieKazakhstan,  KirghizistanRussieTadjikistan).  et l’Union économique eurasiatique (création 2014 – membres : ArménieBiélorussieKazakhstanKirghizistanRussie, Serbie  et Tadjikistan )

>

-4-La Pologne par la voix de son président a effectivement réagi en affirmant que tout dans ce discours de Poutine n’était que mensonge mais sans aucune démonstration.

>

***

>

A une autre occasion le 29.12.2019, rapportée par le site Sputnik,  Poutine est revenu sur la résolution du parlement européen

>

 

>

 Le Président russe a une nouvelle fois vivement critiqué la résolution du Parlement européen sur l’anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale et a rappelé qu’Hitler avait proposé d’expulser tous les juifs en Afrique, ce pour quoi l’ambassadeur de Pologne en Allemagne lui avait promis un monument.

En 1938, Hitler avait proposé d’expulser tous les juifs en Afrique. Une idée ardemment soutenue par l’ambassadeur de Pologne qui a proposé de lui élever un monument.

«Hitler avait annoncé à son ministre des Affaires étrangères, puis à l’ambassadeur de Pologne en Allemagne qu’il avait l’intention de déporter les juifs en Afrique, dans des colonies […]. Ce à quoi l’ambassadeur de Pologne lui a répondu et l’a cité dans un rapport au ministre polonais des Affaires étrangères, monsieur [Jozef, ndlr] Beck: « Quand j’ai entendu ces paroles, je lui ai dit que s’il le fait, nous lui érigerons un magnifique monument à Varsovie ». Le sal**d, la crapule antisémite. Je ne peux pas parler en d’autres termes», a lancé Vladimir Poutine.

Prenant la parole ce 24 décembre à une réunion de responsables du ministère de la Défense, il a rappelé dans ce contexte les tentatives pour altérer l’Histoire dans «plusieurs pays parmi nos voisins, ainsi qu’en Europe et outre-Atlantique».

«Certains inventent un scénario incroyable de développements dans le monde et en Europe avant l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale», a-t-il rappelé.

Dans ce contexte, il a constaté que ce processus avait connu «une fin logique» avec l’adoption, par le Parlement européen, de la résolution donnant une évaluation aux événements de la Seconde Guerre mondiale.

«Tout récemment […] le Parlement européen a adopté une résolution qui place presque sur le même plan l’Allemagne hitlérienne et l’Union soviétique, sous-entendant, voire déclarant directement, que c’est l’Union soviétique qui est responsable d’avoir déclenché la Seconde Guerre mondiale. Ce qui est évidemment un pur délire», a noté Vladimir Poutine.