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Archives de Catégorie: Asie

13 des plus belles mosaïques de rue vestiges de l’URSS

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Inde : record historique de mobilisation pour une grève générale contre la précarité

L’Inde vient de battre son propre record, 200 Millions de travailleurs étaient dans la rue le Mardi 8 Janvier, soit 50 millions de plus que la journée du 2 septembre 2016. La grève a été lancé sous l’appel de 10 syndicats, notamment le « Centre of Indian Trade Unions » affilié aux parti communiste Indien.

Depuis 2016, les revendications n’ont pas changé. Elles s’inscrivent dans la continuité de la lutte contre la précarité des travailleurs indiens. Parmi lesquelles : la hausse du salaire minimum qui est actuellement de 150 roupis par jour – soit 2€ pour une semaine de 48h de travail, ce qui ne permet pas de vivre dans des conditions descente et oblige les travailleurs à vivre dans des lieux insalubres, faute de moyens. Ainsi qu’une augmentation de la sécurité sociale universelle, même si le gouvernement a mis en place une réforme du système de santé, le « Modicare » en septembre dernier, le problème subsiste. La majorité de la population indienne n’a aucune couverture en cas de maladie de cela s’accompagne des frais médicaux extrêmement élevés, qui sont notamment dus à la privatisation quasi total du système de santé, avec 93% d’hôpitaux privés qui emploient 85% des docteurs (selon l’ONG Oxfam). Dans un pays où le salaire moyen est de 121€ par mois, il est impossible pour la majorité des Indiens d’accéder aux soins, ce qui entraîne un taux de mortalité infantile 10 fois supérieur à la France et une espérance de vie de 15 ans inférieur. Les revendications qui ressortent de la grève portaient aussi sur la lutte contre le chômage, notamment chez les jeunes où il est de 10%. Mais aussi contre les privatisations à tout vas, notamment du système de banque Indien en proie à des fusions et privatisations qui détruiront des centaines de milliers d’emplois et en précariseront encore bien d’autres.

La mobilisation fut bien plus forte dans les Etats du Kerala et du Karnataka qui sont des bastions où le Parti communiste Indien a une forte influence. Notamment le Kerala où le niveau de vie est le plus élevé de toutes les régions de l’Inde, avec 80% des foyers reliés au réseau électrique et 78% à l’eau courante, un taux d’alphabétisation de 94% contre 64% en Inde, une espérance de vie de 10 ans supérieur à la moyenne nationale. Signe de la bonne gestion du Parti Communiste sur cette région face à la précarisation toujours grandissante que provoque la politique néolibérale dans tout le reste du pays.

Cette grève s’inscrit également dans la lutte des classes. Comme toute grève générale de grande ampleur, elle permet de modifier le rapport de forces. En bloquant l’économie, en faisant chuter le taux de profits des grands bourgeois, les prolétaires reprennent le pouvoir économique, social mais aussi politique. Le fait que la grève se tienne ce mercredi 9 Janvier montre aussi la volonté de faire plier le gouvernement a l’approche des élections législatives pour qu’il cède sous le rapport de forces qui devient écrasant en faveur des travailleurs.

La Cours suprême indienne avait rendu des jugements contre les syndicats, voulant affaiblir la puissance de mobilisation du prolétariat. Cependant, nous avons pu nous apercevoir que cela était inutile. Tant que des travailleurs souffriront de leur condition, ils se révolteront contre leur oppresseurs.

S.A

 

Inde: l’opposition rassemble 500.000 manifestants contre Modi à Calcutta

Depuis que j’ai entrepris d’écrire mes mémoires je découvre à quel point la seule manière pour moi de reconstituer le passé est de le faire sous les coups de boutoir du présent, une version passonaria de la madeleine de Proust. Ces foules indiennes me font songer à ce meeting à Chandighar où j’ai pris la parole devant 500.000 personnes qui ne comprenaient pas un mot de ce que je racontais, la découverte de cet autre géant qu’est l’Inde avec ses forces communistes, ses femmes surtout… Alors je vais m’asseoir dans un café et je couvre un cahier de notes en me disant qu’il est compréhensible que je ne trouve pas le langage pour me faire comprendre, c’est très encombrant d’avoir une expérience dans l’espace et dans le temps différente de celle de vos compatriotes.. (Danielle Bleitrach)

mediaUn manifestant tient le portrait de Mamata Banerjee, la ministre en chef de l’Etat du Bengale occidental, pendant le rassemblement de l’opposition intitulé «Unissons l’Inde». Calcutta, le 19 janvier 2019.REUTERS/Rupak De Chowdhuri

En Inde, plus d’un demi-million de personnes étaient présentes pour assister au grand rassemblement des partis d’opposition à Calcutta dans l’est de l’Inde, ce samedi. Ce meeting, qui a réuni une multitude de partis et de responsables politiques hostiles au Premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi, pourrait marquer la naissance d’une grande alliance d’opposition, à quatre mois des élections législatives.

Avec notre correspondant à New Delhi,  Antoine Guinard

C’est une véritable  démonstration de force dont ont fait preuve les opposants au Bharatiya Janata Party (BJP) de Narendra Modi ce samedi à Calcutta. Les leaders de 18 partis d’oppositions en provenance de 14 Etats indiens se sont réunis dans la capitale du Bengale occidental, à l’initiative de la chef du gouvernement de l’Etat Mamata Banerjee.

L’objectif était de trouver ensemble une stratégie pour évincer du pouvoir le parti nationaliste de M. Modi. « Le BJP a dépassé sa date de péremption », a déclaré Mamata Banerjee, qui a dénoncé une « gouvernance fasciste » du Premier ministre et de son parti.

L’ex-Premier ministre Deve Gowda a  insisté sur l’urgence de rédiger un programme électoral commun et de s’accorder sur une stratégie de répartition des circonscriptions entre les différents partis d’opposition, alors que les législatives de mai approchent à grands pas.

De son côté, Narendra Modi a réagi en accusant les différents partis d’opposition de s’être unis pour «  se sauver de la campagne anticorruption » menée par son gouvernement. L’opposition a prévu d’organiser deux rassemblements similaires dans les prochaines semaines. L’un d’entre eux devrait avoir lieu dans la capitale indienne.

► (Re) lire : Inde: le BJP veut s’attirer les faveurs des électeurs de hau

 

Erdogan et Trump acceptent d’accélérer les discussions sur la zone de sécurité en Syrie – Ankara

Rencontre du président américain Donald Trump avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à Washington le 16 mai 2017Encore une confirmation de ce que nous ne cessons de dire à propos des kurdes et du piège qu’a été leur alliance avec les Etats-Unis. Comme nous l’avions affirmé à nos amis kurdes, ils n’ont rien à attendre de cette alliance et ils doivent au contraire se retourner vers les Russes et la Syrie. Etre amis des Kurdes, ça aurait leur tenir ce’ discours dès le début, mais pour cela il aurait fallu être clair sur l’ingérence inadmissible de la france en Syrie et donc facher les sociaux démocrates à la remorque desquels le pCF a toujours été dans sa politique extérieure et ça a toute chance de continuer…  (note de danielle Bleitrach)

© REUTERS / Kevin Lamarque
MOYEN-ORIENT

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ANKARA (Spoutnik) – Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue américain Donald Trump ont convenu lors d’un entretien téléphonique d’accélérer les négociations sur la création d’une zone de sécurité dans le nord-est de la Syrie, a annoncé dimanche l’administration du dirigeant turc.

«Aujourd’hui, notre président a eu une conversation téléphonique avec son homologue américain Donald Trump. Le président Erdogan a déclaré que la Turquie était prête à prendre des mesures de sécurité urgentes dans la région de Manbij pour empêcher le PKK-YPG [Parti des travailleurs du Kurdistan – Unités de protection du peuple kurde] de déstabiliser la situation…. Les dirigeants ont également convenu d’accélérer les négociations entamées par les chefs du siège des deux pays afin de créer une zone de sécurité en Syrie « , indique le communiqué.

Les parties ont convenu de prendre des mesures pour éliminer les vestiges du groupe terroriste Daesh * en Syrie et pour empêcher son rétablissement, a-t-il ajouté.

Erdogan a également exprimé ses condoléances à Trump pour la mort des troupes américaines à la suite de l’attaque terroriste à Manbij, ajoutant que cette provocation visait à influencer la décision du président américain de retirer les troupes américaines de la Syrie.

Erdogan a déclaré mardi, à l’issue d’une conversation téléphonique avec Trump, que celui-ci avait proposé de créer une zone tampon de 30 km (18 milles) en Syrie. Le dirigeant turc a rappelé qu’il avait présenté une initiative similaire dès l’époque où Barack Obama était président, mais la proposition n’a jamais abouti. Selon Erdogan, la future zone de sécurité sera contrôlée par l’armée du pays.

En décembre, Erdogan a annoncé qu’Ankara était prête à lancer une opération militaire contre les combattants kurdes sur la rive est de l’Euphrate ainsi que dans le Manbij en Syrie, situé près de la frontière turque, si les États-Unis n’en retiraient pas la milice.Le Turc a ensuite annoncé qu’il avait décidé de reporter le début de l’opération militaire en Syrie après une conversation téléphonique avec Trump le 14 décembre, au cours de laquelle le président américain a également révélé son intention de retirer ses troupes de la Syrie.

Mercredi, près de deux douzaines de personnes, y compris des soldats américains, ont été tuées à Manbij dans une explosion dont le groupe terroriste Daesh a revendiqué la responsabilité.

READ MORE: Le Kremlin confirme les informations selon lesquelles l’armée syrienne prend le contrôle de Manbij

Les unités de protection du peuple kurde (YPG) ont quitté Manbij à la fin de l’année dernière, craignant qu’Ankara ne lance une opération militaire à leur encontre. La ville est contrôlée par Damas pour le moment.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé en décembre que près de 2 000 soldats des forces terrestres américaines en Syrie seraient retirés d’ici un mois. La décision a incité le secrétaire à la Défense de l’époque, James Mattis, à démissionner.Suite à l’annonce de Trump, des conseillers de son gouvernement auraient tenté de ralentir ou de faire dérailler le retrait en avertissant Daech de ne pas avoir été vaincu, malgré la perte d’environ 99% du territoire que les militants avaient précédemment rassemblé en Syrie et en Irak.

* Daesh (également connu sous le nom d’ISIS / ISIL / IS) est une organisation terroriste interdite en Russie.

 

LVSL : DE PÉKIN À LYON : LA NOUVELLE ROUTE DE LA SOIE CHINOISE Par Arnaud Apffel

cet article a le mérite de nous présenter une réalité en train de se construire sous nos yeux, à notre porte alors que nous faisons comme si tout cela n’existait pas, pour mieux reprendre à notre compte d’ailleurs toutes les manières impérialistes de nous méfier du « péril jaune » sans chercher le moins du monde à savoir de quoi il s’agit. je dois dire qu’une telle cécité belliqueuse et colonialiste est normale de la part des partis de droite, de la gauche social démocrate qui se déploie sur la même ligne, celle de la défense du droit au pillage sous couvert d’excellence démocratique de l’occident, elle l’est moins de la part de ce qui reste du PCF. Malheureusement ce congrès parait bien avoir été un coup d’épée dans l’eau, le mêmes ayant seul le droit de s’exprimer dans la presse communiste pour mieux détruire notre passé de communistes et notre position réelle dans le monde. Il en est des partis comme des individus, si on les coupe de leur mémoire et de leur positionnement dans l’espace, ils sont incapables d’agir et ne sont plus qu’objet de dérision. (note de Danielle Bleitrach)

http://en.kremlin.ru/events/president/news/49899/photos/41076
© Ufa

Jeudi 21 avril 2016, gare de Vénissieux. Prochaine arrivée : le premier train direct en provenance de Chine. Transportant des marchandises, il aura mis seulement seize jours pour franchir les six pays [1] et 11 500 km qui séparent Wuhan, située dans la province du Hubei dans le centre de la Chine, de Lyon. Alors que 164 convois en provenance de Wuhan ont desservi l’Europe depuis 2015, cette ligne prévoit deux trains par semaine. 


Voici l’exemple concret du gigantesque projet de « Nouvelle route de la soie » qu’a officiellement lancé la Chine en 2013. Son but : la connecter directement à toutes les zones et pays nécessaires à son intérêt national et à son développement économique.

LA PREMIÈRE PUISSANCE MONDIALE ORGANISE ET ÉQUIPE SON ESPACE RÉGIONAL PROCHE ET LOINTAIN

La Chine ambitionne la création de véritables corridors économiques qui la connectent à ses partenaires commerciaux européens (pour le volet terrestre), arabes et africains (pour le volet maritime). En contrôlant ainsi ces nouvelles voies de communication, elle parviendra par là même à échapper à l’influence d’autres puissances qui pourraient vouloir la contrer, tels les États-Unis.

Ses moyens : la construction et la maîtrise de nombreuses infrastructures, qu’elles soient de transport (routes, voies ferrées, aéroports, ports), de réseaux énergétiques (gazoduc, oléoduc, électricité), dans tous les pays traversés par les flux commerciaux et humains en direction et vers la Chine.

Et l’argent est là : la nouvelle Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII) créée en 2015 sur impulsion chinoise est clairement destinée à financer ce projet. Elle est dotée de plus de 100 milliards de dollars et devrait en allouer en rythme de croisière plus de 15 milliards chaque année (3,5 milliards l’ont été en 2017). À cela, il faut ajouter d’autres fonds, dont le Silk Road Company Ltd doté de 40 milliards de dollars et ceux qui pourraient être mobilisés par la Nouvelle Banque de Développement des BRICS. En 2017, l’agence de notation Fitch Ratings a ainsi évalué à plus de 900 milliards de dollars le nombre de projets prévus ou en cours.

SON VOLET TERRESTRE : LA « GRANDE MARCHE » VERS LES CAPITALES EUROPÉENNES

La route terrestre partirait de la ville de Xi’An, également située dans la province du Hubei et rejoindrait l’Europe jusqu’en Belgique, à travers un réseau de plus de 13 000 kilomètres de routes, autoroutes et voies ferrées. Sur le seul plan ferroviaire, trois axes principaux sont prévus : Shenyang dans le Liaoning à Leipzig (en passant par la Russie), Yiwu également dans le Liaoning à Madrid et Chengdu dans le Sichuan à Duisbourg (en passant par l’Asie centrale). Illustration de cette importance stratégique de l’Europe du Nord : le géant chinois du commerce en ligne Alibaba vient d’annoncer mi-novembre la création d’un centre ou hublogistique européen à Liège – plus de 380 000 m2 – afin de se confronter directement à son concurrent américain Amazon.

Ce volet terrestre serait complété par des corridors économiques [2], tel celui acté en avril 2015 entre la Chine et le Pakistan. La Chine a ainsi promis plus de 46 milliards de dollars – 17% du PIB pakistanais… – pour construire un axe allant de l’Ouest chinois (de Kashgar dans la province du Xinjiang) au port de Gwadar [3] au Pakistan où la Chine construit un port en eau profondes. Exemple de projet en travaux : l’autoroute Karachi-Lahore-Peshawar de presque 400 km financée par la Chine.

Le président chinois Xi a aussi annoncé vouloir accompagner le volet terrestre par une « Route aérienne de la soie », pont aérien commercial aérien entre Zhengzhou, située dans le Henan, avec une liaison aérienne avec le Luxembourg, qui a concerné plus de 150 000 tonnes de fret en 2017.

SON VOLET MARITIME : CAP SUR VENISE ET ATHÈNES EN PASSANT PAR LE CANAL DE SUEZ

La route maritime s’inscrit, quant à elle, dans la stratégie du « collier des perles » des années 1990 et 2000 [4]  qu’elle poursuit et développe. La Chine se fonde ainsi sur sept « perles » [5] qui partent de la Chine du Sud, contournent la péninsule indochinoise, traversent le détroit de Malacca et longent l’océan Indien jusqu’à l’entrée du détroit d’Ormuz. Elle a ainsi modernisé ou créé de nombreuses infrastructures, notamment des ports en eau profonde – adaptés à des navires de grande taille [6] et [7].

Sur cette assise solide, la Chine souhaite désormais compléter sa route de la soie jusqu’à l’Europe. Il ne reste plus que quelques perles à aligner. Prochaine étape : la première base militaire chinoise à l’étranger a été construite à Djibouti en 2017 [8]. En Grèce, le port d’Athènes qu’est le Pirée a été racheté par l’armateur chinois Cosco [9] au début de l’année 2016 [10] et devrait doubler l’activité du port d’ici la mi-2019.

Enfin, le port d’arrivée de la nouvelle route de la soie serait Venise. La destination est particulièrement symbolique pour les Chinois : revenir à la ville de départ de Marco Polo, 800 ans après son voyage à la découverte de l’Orient !

VERS UNE ALTERNATIVE OU UNE CONCURRENCE DE LA ROUTE DE LA SOIE CHINOISE ?

L’importance stratégique de ce nouveau projet de routes commerciales n’a pas échappé aux États-Unis puisque le 17 novembre 2018, au dernier sommet de l’APEC (qui réunit les pays asiatiques et du continent américain), le vice-Président Mike Pence a affirmé que la puissance états-unienne ne soutiendrait pas « une route à sens unique » et a dénoncé l’opacité et l’importance de l’endettement qu’implique un tel projet. En effet, depuis 2013, d’importantes fragilités du projet chinois sont apparues.

Ainsi, dans une note d’octobre 2018, la direction générale du Trésor français se montrait vigilante, en pointant du doigt que ces investissements massifs « pourraient entraîner les États concernés dans des dérives d’endettement insoutenables ». D’autres signaux faibles de cette rébellion sont apparus dans des pays pivots : après le Premier ministre de la Malaisie qui a dénoncé un « néocolonialisme chinois » en août 2018 et reporté plusieurs grands projets d’infrastructure portés par Pékin – dont une ligne à grande vitesse devant relier le pays à Singapour, le Pakistan a annoncé souhaiter renégocier les conditions du « corridor économique » impulsé par Pékin sur son territoire.

Les États-Unis, le Japon et l’Inde vont probablement s’engouffrer dans ce mécontentement. Ainsi, dès 2015, face à la BAII, Shinzo Abe a annoncé que son pays était prêt à investir 100 milliards d’euros pour soutenir le développement d’infrastructures en Asie – soit le capital total de la BAII) et l’Inde a lancé une contre-offensive diplomatique : la blue diplomacy  dans l’océan indien aux Seychelles, à l’île Maurice et au Sri Lanka. Pour preuve, en février 2018, ces trois pays, aux côtés de l’Australie, travaillaient à une alternative à la route de la soie chinoise et ce, pour promouvoir une stratégie dite « indo-pacifique » libre et ouverte. Les jeux sont ouverts !

[1] Le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne et l’Allemagne

[2] Outre le corridor Chine – Pakistan, le corridor Chine – Singapour. Le but étant de créer une ligne à grande vitesse Kunming – Singapour. A cet effet la Chine a signé un accord de coopération avec la Thaïlande en 2014 pour construire une voie ferrée de 867 km (sa construction doit débuter en 2016).

[3] Ce port stratégique est en face du détroit d’Ormuz et à une cinquantaine de kilomètres de la frontière iranienne.

[4] Raffermissement des liens diplomatiques et investissements importants pour le développement de ports commerciaux et de zones supports pour la marine chinoise (Merguy et Sittwe en Birmanie, Chittatong au Bangladesh, Hambantota au Sri-Lana, Gwadar au Pakistan). Outre l’approvisionnement énergétique chinois qui  était sa priorité, la Chine « encerclait » ainsi dans l’Océan indien son rival régional qu’est l’Inde. Exemple : installation d’une base d’écoute et d’interception sur l’Île Coco (Birmanie).

[5] L’île de Hainan (Chine), l’île Woody (Paracels – territoires contestés mais sous domination chinoise), Sihanoukville (Cambodge), Mergui et Sittwe (Birmanie), Chittatong (Bangladesh), Hambantota (Sri-Lanka – depuis 2007) et Gwadar au Pakistan.

[6] Tels les cargos, les porte-conteneurs, les navires pétroliers et minéraliers.

[7] Extension de l’aéroport de Malé aux Maldives, aérodrome de l’Île Woody dans les Paracels,

[8] La France, les Etats-Unis et le Japon (depuis 2011)

[9] Il détient désormais 51% de la société du port du Pirée, et 67% d’ici 2020 s’il respecte ses engagements.

[10] Pour 368,5 millions d’euros.

© President of Russia

 
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Publié par le janvier 14, 2019 dans Asie, Chine, INTERNATIONAL

 

Vyacheslav Tetekin: les événements en Inde sont le précurseur de bouleversements majeurs dans le monde entier, y compris en Russie

C’est ce que je vous disais : les Russes sont convaincus que la Révolution va arriver et les événements en Inde et en France les ont convaincu du caractère incontournable de cette révolution, ils espèrent simplement que maintenant ils ne sont pas les moujiks de 1917 et qu’ils pourront maitriser. Je ne serai pas aussi « optimistes » qu’eux, comme je l’expliquais dans un autre article, le véritable problème est l’absence d’objectifs. Le socialisme parait plus évident pour les Russes que d’autres peuples, mais il est vrai que l’Inde peut surpendre (note de Danielle Bleitrach)

11 janvier 2019 13h30 – le parti communiste

Vyacheslav Tetekin: les événements en Inde sont le précurseur de bouleversements majeurs dans le monde entier, y compris en Russie

Vyacheslav Tetekin

Ceux qui pensent que «tout est calme» en Russie courent de grands risques. Les manifestations en Inde sont directement liées aux problèmes mondiaux et non à la situation dans un seul pays.

11-01-2019

par V.N. Tetiokine, conseiller politique en chef auprès du président du comité central du parti communiste

https://kprf.ru/party-live/opinion/181704.html

 

La crise globale du capitalisme, dont tout le monde dit qu’elle n’arrive toujours pas, néanmoins, se prépare. Ce n’est pas sans raison que Marx, après avoir analysé l’essence du capitalisme, est venu à la réflexion sur l’impasse de cette voie au XIXe siècle. Il faut dire que Marx était un théoricien non pas du socialisme, mais du capitalisme, et Marx a utilisé le terme «socialisme» dans le sens où une formation complètement différente doit inévitablement remplacer le capitalisme – c’est la chose la plus importante. Et c’est exactement ce qui se passe maintenant sous nos yeux. Il y a quelque temps, le monde occidental a brusquement adopté une politique sociale visant à améliorer la vie des travailleurs et travailleuses, précisément sous l’influence de la Grande Révolution socialiste d’octobre. Lorsqu’un coup d’État contre-révolutionnaire a eu lieu en Russie en 1991, l’Occident a pensé que cet exemple brillant d’un ordre social différent avait disparu. Et il n’est plus nécessaire de se préoccuper des peuples et d’assurer le bien-être de la société bourgeoise occidentale – d’où les manifestations très puissantes en France. Et maintenant en Inde.

 

L’Inde est un exemple très important de résistance, car les forces de droite y sont maintenant au pouvoir. Le gouvernement du Congrès national indien avait adopté une politique plus raisonnable. Le gouvernement de droite poursuit actuellement une politique de « resserrement des vis » et a donc suscité une vive réaction sociale. Les idées de résistance à l’Inde sont très fortes, il y a deux partis communistes, ils sont très populaires et sont constamment représentés au parlement. L’Inde est un pays où les communistes jouent un rôle très important, les idées de justice sociale y sont très fortes, ce qui explique le grand mouvement de protestation, inattendu pour beaucoup.

 

Maintenant, l’Inde n’est plus le pays patriarcal qui est resté dans la culture et la mémoire de la période coloniale. Ce n’est pas la même Inde, fragmentée, pillée par les Britanniques, un pays avec une histoire brisée. Bien que la prospérité de l’Angleterre soit encore largement assurée grâce à la « perle » de la couronne britannique et à d’autres colonies « aspirées ». Au fil des années de liberté, l’Inde est devenue un État très puissant et industrialisé, on ne peut ignorer que la république est capable de produire les équipements les plus modernes. Et cette image d’Epinal des Indiens en tant que nation qui, dans leur long sari, labourent avec des charrues en bois tirées par des bœufs, est devenue obsolète depuis au moins 50 ans.

 

Même dans le domaine de la technologie informatique, les Indiens arrivent en tête des fabricants, ils sont également bien placés dans le domaine de l’ingénierie, ils n’achètent plus nos équipements militaires dans des quantités telles qu’ils les achètaient depuis plusieurs décennies.

 

Les Indiens arrivent à l’avant-garde de la science et de la technologie, et logiquement, la classe ouvrière s’y développe, une classe ouvrière moderne, organisée, hautement éduquée, hautement politisée – d’où les drapeaux rouges lors des manifestations, une longue tradition de lutte du Parti communiste. L’Inde est le précurseur de bouleversements majeurs dans le monde entier.

 

Ici, je voudrais attirer votre attention aux événements en France – ce sont des épisodes liés. Beaucoup ont dit qu’après le 25 décembre, les troubles se résorberaient et que le gouvernement bourgeois gagnerait encore – rien de la sorte. Regardez ce qui s’est passé samedi dernier à Paris et dans d’autres villes de France – un déchaînement encore plus important après une certaine accalmie. Partout dans le monde, il y a une lutte pour le rétablissement de la justice sociale et contre le dur pillage de la bourgeoisie, imposé au monde par le capitalisme.

 

C’est un signe que quelque chose dans le monde va radicalement changer. En outre, la plupart des économistes du monde entier affirment que l’économie entre dans une longue période de ralentissement et de récession et il est tout à fait naturel que l’ordre du jour social se réchauffe, car les capitalistes essaient toujours de transférer le fardeau de l’échec à l’homme du commun, lequel n’est pas prêt à l’accepter. De là, nous assistons aux plus fortes poussées de résistance sociale, à la fois en Asie et en Europe. Je suis convaincu que ce processus affectera inévitablement, tôt ou tard, la Russie.

 

En Russie maintenant, malgré le fait que nous n’ayons pas de telles manifestations de masse, la situation n’est pas aussi calme que le voudraient les autorités. Je reviens toujours à la même idée du philosophe, homme politique et diplomate du milieu du XIXe siècle, NikolaiDanilevsky, qui, après avoir étudié avec soin le comportement de la société en Russie et en Occident, est parvenu à une conclusion très intéressante: en Occident, le rapprochement d’importants changements sociaux est annoncé bien en avance dans certains bouleversements sociaux: manifestations, défilés, piquets et grèves. C’est exactement ce qui se passe en France.

 

En Russie, le mûrissement des changements sociaux majeurs échappe au regard extérieur. C’est avant tout une accumulation de mécontentement avec un refus de l’ordre existant dans l’âme des gens. À un certain stade, la quantité de mécontentement et de désaccord se transforme radicalement en une nouvelle qualité – c’était le cas en février 1917, en octobre 1917, et nous devons le reconnaître à regret, mais cela s’est également passé en août 1991. Même aujourd’hui, le gouvernement est fermement convaincu de sa solidité et demain, il sera déjà dépassé, ce sont des choses qui se produisent. Ceux qui se rassurent en pensant que «tout est calme» en Russie courent de grands risques – l’accumulation de mécontentement, le ressentiment dans l’âme des gens est très puissant, la seule question est de savoir quand ces changements fondamentaux se produiront.

 

Non, ce ne sera pas « une révolte russe, insensée et sans pitié », la Russie a beaucoup changé en 100 ans. C’est maintenant un pays éduqué dans lequel il y a beaucoup de politiciens talentueux, des gens capables de prendre des responsabilités, en ce sens, ce n’est pas une explosion spontanée, un « Maidan » qui nous guette. Nous avons une culture politique différente, une mentalité différente, mais traditionnellement tout se passera vite, c’est le caractère de notre peuple et ce sera efficace. Selon les sentiments de nombreux experts, pas seulement des experts de gauche, des transformations sociales majeures sont à venir. Et s’approchent rapidement. Et notre gouvernement, dans cette situation, coupe la branche sur laquelle il est assis.

 

Jusqu’à la dernière minute, le pouvoir tsariste en Russie était sûr de son onction divine et de sa pérennité, il ne prêtait pas attention au mécontentement grandissant du peuple et, par conséquent, le coup d’Etat de février, qui a balayé en un instant un règne de 300 ans de la Maison Romanov, fut une surprise totale pour certains, alors qu’il était assez prévisible. Maintenant, nous avons assez d’expérience pour voir les signes d’une situation révolutionnaire croissante.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

 

 

 

 

 

En Inde, une grève d’ampleur nationale

Trade union members hold flags as they participate in a demonstration on the first day of a two-day general strike called by various trade unions in Mumbai, India, Tuesday, Jan. 8, 2019. The strike has been called against the government’s alleged anti-worker policies and unilateral labour reforms. (AP Photo/Rafiq Maqbool)/RMX104/19008376144393/1901081131

LES ECHOS Le 08/01 à 16:50
Quelque 200 millions personnes descendues rues l'ensemble Fédération. Ils recommencent mercredi.
Quelque 200 millions de personnes sont descendues dans les rues dans l’ensemble de la Fédération. Ils recommencent mercredi. – Rafiq Maqbool/AP/SIPA

A quelques mois à peine des élections générales, des millions de personnes ont manifesté leur grogne dans tout le pays. Et comptent redescendre dans les rues ce mercredi.

Des plantations de thé aux banques, de l’est du Bengale Occidental (est) à l’extrême pointe du Kerala (sud-ouest), ils seraient environ 200 millions d’Indiens à avoir répondu, mardi, à l’appel de dix syndicats de gauche. Selon ces chiffres avancés par les organisateurs, il s’agirait de l’une des plus grosses démonstrations de force depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Narendra Modi en 2014.

Les revendications, elles, arborent un air de déjà-vu : hausse du salaire minimum, sécurité sociale universelle , arrêt des privatisations mais aussi de la réforme du droit du travail en cours et lutte contre le chômage. Un enjeu de taille dans ce pays qui accueille chaque année 10 à 12 millions de nouveaux actifs sur le marché du travail. Des mots qui résonnaient déjà dans les rues en septembre 2016, lorsque 150 à 190 millions personnes s’étaient mobilisées. « Le gouvernement est resté sourd à nos demandes, nous avons annoncé cette grève générale dès le mois de septembre 2018 et il n’a même pas passé un coup de fil aux syndicats », regrette K Hemalata, la présidente du Centre of Indian Trade Unions, syndicat affilié au parti communiste.

Transports affectés

La grève a particulièrement affecté les transports mais elle aura aussi perturbé les services des banques publiques dans l’ensemble du pays. Deux syndicats des employés de banques ont en effet appelé leurs membres à se joindre à ce mouvement. Plusieurs syndicats du secteur bancaire avaient déjà appelé à la grève à deux reprises en décembre, notamment contre les fusions et les privatisations des banques publiques.

Les agriculteurs en renfort

Des agriculteurs sont également venus gonfler les rangs des manifestants. Le 30 novembre dernier, eux aussi étaient descendus dans les rues par milliers pour dire la dureté de leurs conditions de vie. « Les agriculteurs vont rejoindre les opérations sur les routes, les manifestations et les rassemblements pour faire en sorte que cette grève soit un succès et pour montrer leur désenchantement vis-à-vis de Narendra Modi et de ses politiques », avait déclaré la veille Atul Kumar Anjaan de la section des agriculteurs du Parti communiste indien à l’agence de presse indienne Press Trust of India (PTI).

Forte mobilisation au Kerala et au Karnataka

La mobilisation a été particulièrement marquée dans les Etats du Kerala et du Karnataka respectivement dirigés par le Parti communiste et par une coalition de l’opposition au BJP (Parti du peuple indien) de Narendra Modi. Mercredi, les Indiens seront à nouveau dans les rues pour une deuxième journée de grève. A quelques mois à peine des élections législatives, l’ampleur de ce mouvement sonne comme une alarme à laquelle le gouvernement aura, sans doute, du mal à rester insensible.

 
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Publié par le janvier 11, 2019 dans Asie, INTERNATIONAL