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Le fiasco diplomatique des médiations françaises – Par Jean Daspry

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par Les-crises.fr DT

l’incapacité est sans rivage et n’a d’égale que la volonté du personnage d’imposer à tous ses errances…

Source : Proche & Moyen-Orient, Jean Daspry, 06-01-2020

« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde » nous rappelle toujours avec autant de pertinence le prix Nobel de littérature, Albert Camus. Et, c’est en partie, pour cette raison, que la diplomatie française se fourvoie régulièrement sur des chemins de traverse, au mieux ; s’enferme dans des impasses, au pire. À titre d’exemple, elle semble ignorer la signification des principaux concepts que l’on enseigne aux étudiants dans leurs premiers enseignements de relations internationales. Un terme, celui de médiation vaut le détour diplomatique. « Entremise destiné à mettre d’accord, à concilier ou à réconcilier des personnes, des parties ». Telle est la définition du terme médiation que nous livre le petit Robert 1. Il précise qu’il renvoie à d’autres concepts tels ceux d’arbitrage, de conciliation, d’entremise, d’intermédiaire, d’intervention. Il poursuit par Offrirproposer une médiation. Il évoque ensuite la procédure de conciliation organisée par le pacte de la SDN, puis par la charte de l’ONU1.

De manière didactique, il renvoie au fait de servir d’intermédiaire. Depuis qu’Emmanuel Macron a pris en main la conduite de la diplomatie française – au passage, relevons que ce n’est pas son rôle qui devrait se cantonner à la détermination de la politique étrangère -, il s’est mis en tête de régler une multitude de différends internationaux du haut de ses quarante-deux ans. L’inspecteur des Finances de formation qu’il est, semble éprouver quelques difficultés à manier la langue diplomatique et à jongler avec ses subtilités. Il se voit en médiateur universel des crises de la planète. Force est de constater que ces entreprises – fort louables au demeurant dans l’absolu – font régulièrement flop. Lancées au rythme de la cavalerie, elles s’achèvent au pas de la Légion. Quatre exemples très concrets (Libye, Syrie, Liban, Iran) éclairent utilement notre lanterne de béotien de la diplomatie de la dentelle.

L’ÉCHEC DE LA MÉDIATION LIBYENNE : BRAVO EMMANUEL MACRON

Qui se souvient encore des deux happenings organisés par le président de la République lui-même pour mettre un terme à la guerre sans fin en Libye déclenchée par l’un de ses vibrionants prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, inspiré par le philosophe-stratège, BHL2 ? Il nous expliquait avec force conviction que la présence à Paris des deux frères ennemis libyens qui avaient accepté le principe de la tenue d’élections avant la fin de l’année 2018 constituait le gage d’une fin imminente de la guerre civile dans ce pays. Tout va très bien madame la marquise mais à part cela, il n’y a jamais eu d’élections et le cauchemar se poursuit à l’échelle 10. Le pays se transforme en champ clos de règlements de comptes, non seulement entre multiples factions libyennes, mais aussi entre supergrands (États-Unis, Chine, Russie) et entre puissances régionales (Arabie saoudite, Egypte, Turquie récemment). Ne parlons pas de l’incapacité de l’ONU3 à y ramener la paix et à l’Union européenne4 d’y apporter sa pierre à l’édifice ! Le moins que l’on puisse dire est que l’on ne voit pas qui pourrait faire avancer la cause de la sécurité et de la paix dans le pays et dans son voisinage immédiat. Ce ne sera certainement pas la France arrogante et incompétente de nos diplomates amateurs.

Résultat : Où en est aujourd’hui la Libye après la médiation jupitérienne ? Au cœur d’un chaos aussi indescriptible qu’inextricable5. Emmanuel Macron en est contraint d’en appeler à la retenue d’Ankara qui envisage de dépêcher sur place un corps expéditionnaire pour mettre de l’ordre dans la pétaudière libyenne. Bravo Manu pour cette diplomatie de gribouille.

L’ÉCHEC DE LA MÉDIATION SYRIENNE : BRAVO FRANÇOIS SÉNÉMAUD

Qui se souvient encore de l’annonce jupitérienne en pleine conférence des ambassadeurs et des ambassadrices (parité oblige) en un beau mois d’août 2017) sur la Syrie ? Ce ne sont certainement pas les perroquets du service de la com’(édie) de l’Élysée qui s’en chargeront pour le bien de l’humanité. Emmanuel Macron déclarait à la face du monde qu’il voulait en finir, une bonne fois pour toutes, avec les errements coupables de ses deux prédécesseurs incompétents en Syrie. Nous allions voir ce que nous allions voir. La France allait redevenir la puissance médiatrice incontournable pour régler définitivement l’interminable conflit syrien. Pour cela, il disposait d’un joker auquel aucun diplomate n’avait pensé. Il désignait notre ex-ambassadeur à Téhéran, l’excellent François Sénémaud comme son représentant personnel pour le dossier syrien. Une sorte de missi dominici, de plénipotentiaire chargé de sillonner la planète pour porter la bonne parole jupitérienne, pour apaiser les maux du peuple syrien et causer d’égal à égal avec Russes, Turcs et iraniens qui monopolisaient la lumière dans ce pays martyrisé, outragé mais pas encore libéré. Finis les rigolos d’ambassadeur en charge de la Syrie du nom d’Éric Chevallier (recasé comme ambassadeur au Qatar puis au centre de crises) ou de Franck Gellet (recasé comme ambassadeur au Qatar). Les mouches allaient changer d’âne. Le perroquet du président allait faire bouger les lignes en Syrie. Depuis, François Sénémaud est aussi invisible qu’inaudible. Il doit s’activer dans l’ombre lui qui occupa d’importantes fonctions à la DGSE et tirer quelques ficelles derrière les rideaux. Or, nous en sommes toujours au même point, la France n’ayant toujours pas décidé de rouvrir son ambassade à Damas.

Résultat : On l’aura compris, la France ne pèse toujours rien dans le règlement du dossier syrien. Et, elle n’est prête de rejouer le rôle qui fut le sien en raison de son mandat de l’après première guerre mondiale. À défaut de faire de la diplomatie, de jouer dans la cour des grands, il faut sauver d’urgence le soldat Sénémaud, prisonnier derrière les lignes étrangères et dont l’électroencéphalogramme diplomatique est plat. Nous sommes à l’évidence dans l’urgence sanitaire et dans la farce jupitérienne. Pas très glorieux pour notre nouveau Pic de la Mirandole du XXIe siècle.

L’ÉCHEC DE LA MÉDIATION LIBANAISE : BRAVO CHRISTOPHE FARNAUD

En pleine crise de la rue arabe à Beyrouth, qui a conduit à la démission du premier ministre libanais, Saad Hariri, héritier d’une richissime famille de bienfaiteurs de feu l’économiquement faible, Jacques Chirac dont Emmanuel Macron chantait, il y a peu encore, les louanges dans la Cour de l’hôtel national des Invalides, la France éternelle s’active. Tout va mal à Beyrouth, on délègue un pompier de qualité pour éteindre le feu et ramener les hordes sauvages de manifestants à la raison. On y expédie séance tenante un grand homme par la taille (Cf. son personnage parfaitement croqué dans la bande dessinée Quai d’Orsay), par l’intelligence (énarque, normalien), par les réseaux (villepiniste), par la plume (dans la meilleure tradition des diplomates écrivains) … pour y conduire une brillante médiation entre les parties concernées… qui n’ont, du reste, rien demandé à la France. Un Talleyrand des temps modernes ne peut que réussir ce qu’il entreprend. Manque de chance, la rue arabe n’apprécie pas trop qu’on s’ingère dans ses affaires de famille. Elle le fait savoir en allant crier sa colère, sa réprobation devant les locaux de l’ambassade de France dirigée par un certain Foucher (cela ne s’invente pas !). Le grand homme prend ses jambes à son cou et reprend le chemin de Paris après avoir connu son chemin de Damas passant par Canossa. Exit la médiation bidon de la France au Liban !

Résultat : La médiation Farnaud a fait pschitt et le grand diplomate s’en est retourné, comme il était venu, à ses chères études, à savoir celle de directeur de la direction Afrique du Nord-Moyen-Orient, ANMO pour les connaisseurs. Comme en Syrie, la France ne pèse plus rien au pays du cèdre. Encore, un immense succès diplomatique à mettre au crédit de notre diplomatie d’influence, le « soft power » à la française. Mais, Christophe Farnaud n’a pas encore dit son dernier mot. On pourrait le renvoyer à Beyrouth pour tenter une délicate médiation entre le Liban et le Japon dans l’affaire Carlos Ghosn ! Qui sait, tout est possible dans une République en marche vers le chaos intérieur dont se moque Donald Trump.

L’ÉCHEC DE LA MÉDIATION IRANIENNE : BRAVO EMMANUEL BONNE

On connait les conditions dans lesquelles Donald Trump a déchiré l’accord nucléaire avec l’Iran du 14 juillet 2015, a décidé de sanctionner Téhéran pour le développement de son programme de missiles, pour son ingérence au Moyen-Orient (aucun de ses sujets ne figurant dans l’accord de Vienne). Après quelques borborygmes inaudibles, les Européens se sont allongés devant le maître de la Maison Blanche, reprenant à leur compte le nouveau Diktat de l’Oncle Sam en dépit d’un pseudo-mécanisme pour continuer à commercer avec l’Iran. Les entreprises européennes présentes sur le territoire iranien se sont empressées de plier armes et bagages pour ne pas subir les foudres de l’extraterritorialité du droit américain. Mais, heureusement, Zorro-Macron est arrivé avec sa médiation bidon entre Téhéran et Washington et son médiateur de haut vol, Emmanuel Bonne (ex-ambassadeur à Beyrouth, ex-directeur de cabinet du ministre des étranges affaires et, désormais, conseiller de Jupiter pour les affaires extérieures). Et, la machine médiatique tourne à plein régime. On fait venir le ministre iranien des Affaires étrangères à Biarritz en marge du G7 pour l’amener a quia. Il aurait compris qu’il n’avait d’autre choix que de plier. Quelques semaines plus tard, les barbouzes françaises s’activent à Manhattan, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, pour tirer des lignes téléphoniques entre les hôtels – vraisemblablement truffés de micros de la CIA – des présidents américain et iranien. Mais rien n’y fait, il y a toujours de la friture sur la ligne et la conversation ne peut avoir lieu. Encore, une nouvelle médiation foireuse pour la diplomatie française. Alléluia. Mais, les Iraniens ne nous en veulent pas, considérant que nous sommes les paillassons de l’Amérique. Pour se rappeler à notre bon souvenir, ils continuent à retenir dans leurs geôles hospitalières un chercheur (français, Roland Marchal) et une chercheuse (franco-iranienne, Fariba Adelkhah) accusés d’espionnage6. On appuie où cela fait mal. La convocation de l’ambassadeur de Perse à Paris n’y change pas grand-chose, pas plus qu’un vulgaire éditorial du Monde7.

Résultat : le clergé médiatique en est contraint de sonner l’halali, de constater le piteux échec de ce qui nous était annoncé depuis Biarritz comme un coup de maître diplomatique Jupitérien8. On avait oublié, du côté du château de l’Élysée, qu’il ne fallait jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. La médiation française a fait flop pour une raison simple qui est la suivante : l’agitation française brouillonne sur le dossier iranien ne remplissait aucune des conditions d’une médiation stricto sensu. Quant au camarade syndiqué République qui marche sur la tête et en arrière, Emmanuel Bonne, il va très bien. Il continue de diriger d’une main de fer la cellule diplomatique de la présidence de la République. Une grande ambassade lui est promise à l’issue de son séjour à l’Élysée. Il l’a méritée de la patrie toujours très reconnaissante pour ses zélés serviteurs.

Ce festival de fiascos des médiations françaises qui affecte Emmanuel Macron et sa cohorte de diplomates courtisans ne l’interpelle pas. Il est vrai que « le macronisme es une politique de l’insensible »9. On pourrait même ajouter que le macronisme pratique avec maestria la diplomatie du vibrionisme. Plus spécifiquement, nos grands esprits ne savent manifestement de quoi ils parlent lorsqu’ils utilisent le terme de « médiation »10. C’est une pratique qui vise à définir l’intervention d’un tiers pour faciliter la circulation d’information, éclaircir ou rétablir des relations. Ce tiers neutre, indépendant et impartial, est appelé médiateur. La définition de cette activité varie selon les contextes d’application. Néanmoins, des constantes existent à chaque fois qu’un tiers intervient pour faciliter une relation ou la compréhension d’une situation et des éléments de pédagogie et de qualité relationnelle se retrouvent dans les pratiques de la médiation11. Dans le domaine des relations internationales, elle a pour objectif de mettre fin à un différend entre deux ou plusieurs États grâce à l’intervention d’un État tiers qui tente de rapprocher des points de vue antagonistes. À titre d’exemple récent, on peut citer la médiation particulièrement discrète du Saint-Siège, durant plusieurs années, qui a conduit au rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis. Quelles sont les conditions objectives d’une bonne médiation ? Pour être promise à quelque chance de succès, une médiation internationale obéit à plusieurs règles : la discrétion si ce n’est le secret pour permettre aux différentes parties de ne pas perdre la face en cas d’échec et aussi le plus grand silence sur les pensées personnelles du médiateur ; la confiance absolue des parties en conflit au médiateur ; et par voie de conséquence, l’impartialité absolue du médiateur dans le traitement du litige et des parties ; la grande habileté du médiateur en termes de méthode qu’il entend adopter et d’objectif qu’il entend poursuivre pour parvenir à ses fins ; la persévérance et la ténacité pour ne pas céder au risque d’abattement consécutif aux critiques croisées des parties au conflit… Tels sont les ingrédients indispensables au succès du cocktail nommé médiation ! La vaste opération française tous azimuts peut-elle être qualifiée de médiation ? La réponse est clairement négative. Ceci explique parfaitement la diplomatie du fiasco des médiations françaises. Dans un monde où règne l’irrationnel, il faut savoir rester modéré avec passion.

Jean Daspry
6 janvier 2020

1CHAPITRE VI : RÈGLEMENT PACIFIQUE DES DIFFÉRENDS

Article 33 1. Les parties à tout différend dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales doivent en rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation, d’enquête, de médiation, de conciliation, d’arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux, ou par d’autres moyens pacifiques de leur choix. 2.Le Conseil de sécurité, s’il le juge nécessaire, invite les parties à régler leur différend par de tels moyens.
2Bernard-Henri Lévy, La guerre sans l’aimer. Journal d’un écrivain au cœur du printemps libyen, Grasset, 2011.
3Frédéric Bobin (propos recueillis par), Ghassan Salamé : « La crédibilité des Nations unies est en jeu en Libye », Le Monde, 31 décembre 2019, p. 4.
4Éditorial, En Libye, un échec européen, Le Monde, 31 décembre 2019, p. 25.
5René Backmann, Libye : en violation de l’embargo de l’ONU, les alliés des deux camps alimentent la guerrewww.mediapart.fr , 21 décembre 2019.
6D.J., Les perses murailles, Le Canard enchaîné, 31 décembre 2019, p. 8.
7Éditorial, L’Iran doit libérer les chercheurs étrangers, Le Monde, 1er – 2 janvier 2019, p. 24.
8Allan Kaval/Piotr Smolar, Iran : échec de la médiation française, Le Monde, 22-23 décembre 2019, p. 2.
9Myriam Revault d’Allonnes, « Le macronisme est une politique de l’insensible », Le Monde, 17 décembre 2019, p. 32.
10Jean Daspry, Médiation : de quoi parle-t-on ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 27 novembre 2017.
11www.wikipedia.org/wiki/Mediation

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Jean Daspry, 06-01-2020

 
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Publié par le janvier 19, 2020 dans France, INTERNATIONAL

 

TRIBUNE. « Municipales : Emmanuel Macron manipule le scrutin »

non content de créer les conditions de « l’insurrection » de la société, il casse le baromètre des élections…Tous les mécanismes de régulation « démocratique » sont totalement abolis avec une morgue  digne d’une monarchie finissante… Il y a le personnage mais il y a aussi l’usure d’une constitution avec le présidentialisme dans des mains inexpérimentées et un esprit capricieux. (note de danielle Bleitrach)
Les sénateurs Patrick Kanner, Jérôme Durain, Eric Kerrouche et Didier Marie estiment dans cette tribune que la majorité "s’attelle à rendre illisibles les résultats" des municipales.© ReutersLes sénateurs Patrick Kanner, Jérôme Durain, Eric Kerrouche et Didier Marie estiment dans cette tribune que la majorité « s’attelle à rendre illisibles les résultats » des municipales.

Voici leur tribune : « Alors que les sondages décourageants s’enchaînent, le gouvernement et les dirigeants de La République En Marche ont décidé d’enjamber le scrutin des municipales : depuis plusieurs semaines ils s’attèlent à rendre illisibles les résultats de mars, en changeant les règles de comptabilisation des candidatures, des votes et donc les scores de chaque parti politique. A défaut de pouvoir revendiquer une victoire, tachons que personne ne le puisse, telle semble être la stratégie mise en œuvre par le président de la République et le parti au pouvoir. Il s’agit ni plus ni moins que d’organiser la disparition des oppositions, d’installer artificiellement une parole unique et de dissimuler une éventuelle sanction électorale.

Devant l’impossibilité manifeste d’investir en nombre suffisant des candidats aptes à mener une campagne et à bâtir des majorités municipales, LREM a d’abord introduit une subtilité sémantique distinguant « investitures » et « soutiens ». Ainsi, la stratégie du « coucou » a été privilégiée en multipliant ces soutiens à des maires sortants ; le plus souvent de droite. Ces choix opportunistes sont avant tout destinés à brouiller les cartes, et si possible, à pouvoir revendiquer d’éventuelles victoires acquises par d’autres. L’objectif est donc bien d’obtenir un résultat électoral par tous les moyens et non pas de porter une vision, des valeurs, ou un programme proposé aux citoyens pour les six années à venir.

« Avec 484 candidats LREM officialisés à ce stade, atteindre l’objectif des 10.000 élus locaux fixés par le parti présidentiel s’annonce ardu

« 

Cette stratégie ne s’encombre pas de principes. Tous les jours nous découvrons que figurent parmi les candidats investis par LREM des élus qui hier défilaient dans les cortèges de la Manif pour tous. Avec 484 candidats LREM officialisés à ce stade (240 investitures et 244 soutiens), atteindre l’objectif des 10.000 élus locaux fixés par le parti présidentiel s’annonce ardu. Une nouvelle étape vient donc d’être franchie par une circulaire du ministre de l’Intérieur. Elle donne instruction aux préfets de n’attribuer de nuances politiques qu’aux candidats des communes de plus de 9.000 habitants et non plus à partir de 1.000 habitants, quand bien même ils auraient déclaré une étiquette lors de leur candidature.

En présentant les résultats électoraux sur la base qui l’avantage le plus, le gouvernement surévalue volontairement et de façon artificielle les votes qu’aura obtenus LREM. Les 8.754 communes de France qui comptent entre 1.000 et 9.000 habitants seraient ainsi dépourvues d’enjeux électoraux. Elles disparaissent littéralement. Tout comme leurs 23 millions d’habitants. On le voit, ce ne sont pas ici quelques communes rurales qui seront gommées! Ce sont désormais 96% des 35.000 communes de France et 50% des électeurs qui échapperont aux résultats électoraux. Leur tort? Appartenir à des territoires dans lesquels LREM n’a pas ou si peu d’existence et qui sont les perdants de la politique menée par le gouvernement.

« Le gouvernement a créé sur mesure pour les partis de la majorité présidentielle une nouvelle catégorie politique : les listes « Divers centre »

« 

Le moins que l’on puisse dire c’est que la circulaire constitue une vraie volonté de dépolitiser les élections municipales, ou, plus exactement de nier la diversité des opinions locales pour masquer la faiblesse du parti présidentiel dans les territoires. C’est organiser sciemment l’assèchement du débat démocratique. Les choses vont encore plus loin. Ce qui s’opère est inédit. Il s’agit ni plus ni moins d’une violation alarmante de nos principes démocratiques pour une raison simple : les nouvelles règles édictées par le ministère de l’Intérieur permettront de comptabiliser au profit de LREM des votes qui ne leur sont pas directement destinés!

Pour cela, le gouvernement a créé sur mesure pour les partis de la majorité présidentielle une nouvelle catégorie politique : les listes « Divers centre ». Cette étiquette sera attribuée aux listes officiellement investies par LREM et ses alliés, mais surtout, – et c’est là que réside le scandale de cette circulaire – elle pourra l’être aussi aux listes qui n’ont pas été investies par la majorité présidentielle mais qui auront reçu son simple soutien, ou celui du Modem. Une règle qui bénéficie au seul parti au pouvoir et qui explique pourquoi la République en marche multiplie les déclarations de soutien.

Il suffit en effet à la direction de LREM d’affirmer son soutien à une liste pour que celle-ci soit demain enregistrée comme « divers centre » et peu importe qu’elle ne compte aucun candidat LREM. Et l’électeur dans tout ça? Ce n’est ni plus ni moins que le sens véritable de son vote qui pourra être détourné au profit de la majorité présidentielle. C’est un piétinement de l’expression du suffrage des électeurs. »

 
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Publié par le janvier 19, 2020 dans actualités, France, POLITIQUE

 

Le Conseil de l’Europe réclame « plus de transparence » entre l’exécutif français et les lobbys

Le Greco a estimé qu’il y avait encore des « zones grises » et a jugé nécessaire que « le président de la République » ainsi que les membres du gouvernement rendent compte publiquement de leurs rencontres avec les lobbyistes.

POOL NEW / REUTERS
Le Conseil de l’Europe réclame « plus de transparence » entre l’exécutif français – « y compris le président de la République- et les lobbys (photo d’illustration d’Emmanuel Macron et Édouard Philippe le 11 novembre 2019 à Paris)

POLITIQUE – Le Groupe d’États contre la Corruption (Greco) du Conseil de l’Europe a pointé jeudi 9 janvier la persistance en France de “zones grises” dans la lutte contre la corruption et appelé Paris à plus d’efforts pour prévenir la corruption “au sein de l’exécutif”.

“L’attente croissante des citoyens quant à l’exemplarité des membres de l’exécutif (…) est palpable en France”, insiste dans son dernier rapport de 71 pages l’organe anti-corruption du Conseil de l’Europe, basé à Strasbourg.

Selon un sondage YouGov pour Le HuffPost réalisé en septembre 2018 après la démission fracassante de Nicolas Hulot qui avait pointé du doigt le rôle des lobbys, près de 4 Français sur 5 estimaient que ces derniers avaient trop d’influence dans la politique française.

Pourtant, des “zones grises où des efforts supplémentaires sont nécessaires” demeurent, en dépit d’évolutions “positives”, comme les créations de l’Agence française anticorruption (AFA), de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) ou encore celle du parquet national financier, relève le rapport.

“Une plus grande transparence s’impose”, notamment en ce qui concerne les “contacts entre l’exécutif et les groupes d’intérêts afin que leur influence” sur les décisions “soit plus claire”, estime le Greco, qui préconise que “les membres de l’exécutif, y compris le président de la République”, fassent ”état publiquement et à intervalles réguliers des lobbyistes rencontrés et des questions abordées”.

Le Greco salue l’adoption récente d’un plan de détection et de prévention des risques de corruption “au sein des ministères” mais recommande son extension “au cabinet du Président de la République (…), pas exempt de risques de corruption”.

Les déclarations de patrimoine et d’intérêts du président de la République devraient également être “examinées à son entrée en fonction afin de désamorcer tout éventuel conflit d’intérêts”, suggère le rapport, selon lequel les ministres soupçonnés de corruption ne devraient plus être jugés par la Cour de justice de la République, “composée pour moitié de parlementaires”, mais par “une autre juridiction (…) indépendante et impartiale”.

Le Greco appelle ”à l’élaboration d’une stratégie globale de prévention de la corruption” au sein de la police et de la gendarmerie, avec des “contrôles de sécurité” organisés tout au long des carrières afin d’évaluer la “situation personnelle” des agents, susceptible de les rendre “plus vulnérables” à la corruption.

Selon le rapport, la législation française sur la protection des lanceurs d’alerte devrait également être améliorée, la pratique ayant montré que sa mise en œuvre était “complexe” et “pas entièrement efficace”.

Composé de 48 États européens plus les États-Unis, le Greco a été créé en 1999 pour améliorer la capacité de ses membres à lutter contre la corruption.

À voir également sur Le HuffPost: Les méthodes utilisées par les lobbies agroalimentaires similaires à celles de l’industrie du tabac

 
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Publié par le janvier 13, 2020 dans actualités, France, POLITIQUE

 

Les USA répondent à la demande de l’Irak concernant le retrait de ses troupes

Malgré le chaos apparent décrit ici de leurs déclarations, en fait les USA et leur atrabilaire président semblent partagés par la volonté de continuer à gérer la situation et dans le même temps par le désir de faire partager le coût de leur domination au reste de la planète, en particulier leurs alliés européens. Ce qui ne peut que rendre inquiet sur ce qu’il attend de Macron après l’enthousiasme inconditionnel dont il a fait preuve. Ce qui risque de nous coûter un maximum d’argent au moment où on prétend ne plus en avoir assez pour nos retraites. Je propose donc que nos politiques daignent faire le lien entre la destruction de nos services publics et le poids de nos expéditions militaires. Par parenthèses si le service public de santé, d’éducation licencie, l’armée recrute (note et traduction de Danielle Bleitrach)

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Le Premier ministre irakien, Adel Abdul Mahdi, a demandé jeudi dernier  9 janvier 2020 au secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, d’envoyer une délégation afin que ses troupes quittent le pays arabe.

En réponse à la demande de l’Irak concernant le retrait des troupes américaines, le Département d’État américain  a répondu vendredi en déclarant que toute délégation américaine envoyée dans le pays arabe aurait à approfondir   l’alliance stratégique entre Washington et Bagdad, et non de retirer ses troupes, rapporte Reuters .

Depuis le pays nord-américain, ils soutiennent que la présence de leurs forces dans la région est « appropriée » . « Cependant, il est nécessaire d’avoir une conversation entre les gouvernements américain et l’Irak, non seulement sur la sécurité, mais aussi sur notre partenariat financier, économique et diplomatique », a déclaré le porte-parole Morgan Ortagus dans un communiqué qui a déclaré département.

« Le Premier ministre irakien a déclaré que les forces américaines étaient entrées en Irak et que des drones volaient dans leur espace aérien sans l’autorisation des autorités irakiennes, ce qui constituait une violation des accords bilatéraux », a déclaré un communiqué du gouvernement irakien adressée à Pompeo

Dans le même esprit, Abdul Mahdi a souligné que l’Iraq rejetait toutes les violations de sa souveraineté, y compris l’attaque du Pentagone qui s’est terminée jeudi avec la vie du général iranien Qassem Soleimani à l’aéroport de Bagdad ou le lancement de 22 missiles par partie de Téhéran contre des bases irakiennes qui abritent des soldats américains.

Une semaine de tension

L'Irak exige les États-Unis de retirer ses troupes du pays

La situation dans la région est devenue explosive depuis jeudi dernier, une frappe aérienne  lancée  par le Pentagone à Bagdad a mis fin à la vie de 12 personnes, dont Soleimani et le chef du Kataib Hezbollah et des Forces de mobilisation populaire, Abu Mahdi à Muhandis.

Trois jours après l’assassinat de Solimani, le Parlement irakien a adopté une résolution qui met  fin à la présence de troupes étrangères  sur le sol irakien et leur interdit « d’utiliser leur terre, leur espace aérien ou leur eau pour quelque raison que ce soit ». En réponse, le président américain Donald Trump a menacé d’imposer « des sanctions comme jamais auparavant » au pays arabe en cas de retrait forcé des militaires du territoire irakien.

Peu de temps après,  il est diffusé   une lettre du commandant de la mission militaire spéciale des États – Unis en Irak, William Seely, dans lequel il a informé le chef du Commandement des opérations conjointes du pays arabe du prochain retrait des troupes de la coalition internationale dirigée par Washington commençait à démmenager..

Aucun plan de retrait

Cependant, le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a  déclaré  lundi « qu’il n’y avait aucune décision de quitter l’Irak ». En outre, le chef des chefs d’état-major interarmées, Mark Milley, a confirmé qu’il n’était pas prévu de quitter l’Irak par Washington.

De son côté, Abdul Mahdi a  confirmé  un jour après avoir reçu des USA. une lettre sur le retrait possible de ses troupes du territoire du pays arabe, bien qu’il ait expliqué que les versions en anglais et en  arabe ne soient pas identiques, le Gouvernement iraquien a donc demandé des explications.

On estime qu’il y a actuellement  environ  5 200 soldats américains sur le territoire irakien . Si l’usa retire enfin ses troupes, il mettra fin à une présence militaire de 17 ans dans le pays arabe. En 2011, Washington a déjà retiré ses forces militaires d’Irak, mais ils sont revenus en 2014 à l’invitation du gouvernement de Bagdad pour aider leurs forces à combattre l’État islamique.

  • A l’aube de mercredi, l’Iran a  lancé  22 missiles balistiques à courte portée contre deux bases aériennes irakiennes qui abritent des troupes américaines en réponse au  meurtre  de Soleimani.
  • Les médias iraniens ont déclaré que 80 personnes seraient mortes, tandis que Trump a écrit un tweet avec un appel au calme: « Tout va bien! »
  • Quelques heures plus tard, Trump a  prononcé  un discours dans lequel il a déclaré que les États-Unis continuera d’exercer une « pression maximale » sur l’Iran et d’imposer des « sanctions économiques supplémentaires ». Il a également demandé à l’OTAN de s’impliquer davantage dans le processus de pacification du Moyen-Orient et a demandé au Royaume-Uni, à la France, à l’Allemagne, à la Chine et à la Russie de rompre l’accord nucléaire conclu en 2015 avec Téhéran pour renégocier un nouveau pacte.
 

Violences policières : France 2 et BFMTV, zélées auxiliaires de la préfecture

Violences policières : France 2 et BFMTV, zélées auxiliaires de la préfecture

Qu’elles s’exercent contre les manifestants opposés à la réforme des retraites ou contre un coursier mort à la suite d’un contrôle routier, les violences policières sont légitimées ou édulcorées par le JT de France 2 et par BFMTV. Étonnamment, dans l’affaire du décès de Cédric Chouviat, c’est TF1 qui présente la version la plus équilibrée.

« On revient sur la mobilisation hier contre la réforme des retraites et sur les incidents assez sérieux en fin de cortège à Paris, propose la présentatrice de BFMTV vendredi matin. Seize blessés parmi les forces de l’ordre, vingt du côté des manifestants. » Presque un match nul. « C’est la première fois depuis le début du mouvement que la question de la violence s’invite comme ça dans le débat. » Elle « s’invite » toute seule, vraiment ? Quant à la « première fois », on voit que le présentateur de BFMTV n’était pas dans le cortège du 5 décembre dernier, resté bloqué près de trois heures boulevard Magenta pendant que les forces de l’ordre nassaient la place de la République et l’inondaient de gaz, au point que l’impressionnant nuage de lacrymogènes atteignait deux fois la taille des immeubles.

 

« LFI demande la démission du préfet de police de Paris, Didier Lallement », rapporte le présentateur. « Ils veulent briser le mouvement social par le pourrissement et par la force, s’indigne le député Alexis Corbière. On n’a pas le droit d’utiliser des fonctionnaires de police pour frapper sur d’autres fonctionnaires. » Ni pour frapper sur quelque manifestant pacifique que ce soit, qu’il soit fonctionnaire ou pas.

La présentatrice fait appel à un témoin de première main. « Raphaël Maillochon, vous étiez hier au cœur du dispositif mobile du maintien de l’ordre. » C’est-à-dire embedded avec les policiers, comme à l’accoutumée. « Est-ce que vous avez constaté une violence supérieure de la part des manifestants et une réponse différente des forces de l’ordre ? » « Il n’y a pas eu de changement de doctrine de maintien de l’ordre… » D’où la survenue des habituelles violences. « … Ce qui a pu créer de la violence de la part des manifestants et de la violence légitime de la part des forces de l’ordre puisqu’elle est encadrée légalement. » Légitimes, les coups de matraque et le coup de pied (filmés par Marcel Aiphan) infligées à une paisible manifestante qui cherchait à ramasser son téléphone et qui a fini à l’hôpital ? Pour les dévoués propagandistes de BFMTV, toute violence policière est donc « légitime ».

Selon Raphaël Maillochon, la survenue de violences est due à la configuration du parcours de la manif. Au lieu de larges avenues et de vastes places, « hier, nous sommes passés dans des petites rues ». Pour le reporter, la rue de Chateaudun est une « petite rue », la place Saint-Augustin une mini-placette. « … Avec des policiers de la BRAV que j’ai suivis et qui étaient de chaque côté du trottoir avec les manifestants au milieu. » Le meilleur moyen de créer un climat serein et apaisé, l’extrême violence de ces unités de la Brigade de répression des actions violentes (récente résurrection des « voltigeurs ») ayant été maintes fois documentée, notamment par une enquête de Libération revenant sur leurs méfaits le 5 décembre dernier.

 

« A chaque fois qu’un black bloc se constituait, poursuit le reporter, il y avait obligatoirement une charge des policiers. Je le rappelle, les charges ne se font pas forcément après des sommations de la part des commissaires. S’ils sont témoins d’actions violentes, ils peuvent intervenir directement, c’est légalement écrit dans le code de la sécurité intérieure. » Selon BFMTV, ils peuvent donc « légalement » rouer de coups un homme qui se couche sur une amie infirmière pour la protéger de la violence des policiers, comme sur cette vidéo de Brice Ivanovic.

« J’ai pu voir des actions des forces de l’ordre qui peuvent paraître beaucoup plus violentes à l’image. » C’est juste une question d’image, dans la réalité, leurs actions étaient très câlines. « Mais ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a un contexte. Hier, j’ai vu énormément de pavés voler dans le ciel parisien, atterrir sur les forces de l’ordre. Dans la compagnie que j’ai suivie, il y a eu seize blessés, des personnes qui se sont pris des pavés. » Mais alors, pourquoi ce tir de LBD à bout portant (filmé par Laurent Bigot et Hugo Murail) alors que les policiers ne subissent aucune agression, aucun jet de pavé ? Deux solutions : soit Raphaël Maillochon ment délibérément, soit son regard est altéré par son choix de se placer du côté policier, sans contrepoint. Dans les deux cas, il ne s’agit pas de journalisme mais de propagande.

« A chaque fois, ils allaient au contact des manifestants avec leurs matraques », insiste le reporter avant de conclure : « Ce sont les ordres données par l’état-major à la direction de l’ordre publique et de la circulation et le préfet de police. » Des ordres forcément légitimes, qu’il serait criminel de remettre en cause. Au passage, merci et bravo aux reporters indépendants (et à leur collectif Reporters en colère) qui mettent leur sécurité en danger pour documenter ce que BFMTV ne montre jamais. Ce 9 janvier, certains ont eux-mêmes subi les violences policières (comme sur cette vidéo de Marcel Aiphan) et deux ont fini au poste, dont le célèbre Remy Buisine, de Brut… Hier soir, Laurent Bigot écrivait : « Je suis sur le mouvement des Gilets jaunes depuis un an, j’en ai vu, filmé et subi des violences policières mais là ça dépassait l’entendement. Arrivé place Saint-Augustin, je me suis assis et j’ai pleuré. C’est au-delà de la colère. »

Pendant ce temps, comme à son habitude, BFMTV joue donc son rôle d’auxiliaire de police. Sans parler de la jubilation de Dominique Rizet et consorts à commenter la violente répression du mouvement des Gilets jaunes, un exemple récent est venu rappeler son goût pour le journalisme de préfecture. Dimanche dernier, on apprenait la mort de Cédric Chouviat, coursier à scooter décédé après un contrôle routier le vendredi précédent à Paris. BFMTV publie alors sur son site un article qui reprend en tous points la version policière, sans jamais la remettre en cause ni même employer le conditionnel.

 

On y apprend dès le « chapô » que « l’homme avait été interpellé alors qu’il téléphonait au volant (sic) de son scooter ». L’information est répétée dès la première phrase de l’article, « les forces de l’ordre arrêtent un homme qui téléphonait alors qu’il conduisait son scooter ». La phrase suivante indique que l’article est bâti à partir de « sources policières ». Selon lesquelles toute la faute repose sur Cédric, « irrespectueux et violent ». Après quoi, sans aucun lien de cause à effet, « les forces de l’ordre remarquent que le visage du pilote du scooter est bleu ». Sans doute un schtroumpf déguisé en livreur.

Mardi matin, les avocats de la victime (Arié Alimi et William Bourdon) et sa famille tiennent une conférence de presse dans les locaux de la Ligue des droits de l’Homme. Grâce à un appel à témoins, ils présentent des témoignages et des vidéos accablants pour les policiers. Cédric Chouviat n’a nullement été « violent », comme le prétend BFMTV. C’est parce qu’il filme les policiers que ces derniers deviennent, eux, particulièrement violents. Ils le projettent au sol au moyen d’une clé d’étranglement puis effectuent un placage ventral en se mettant à quatre sur son dos, sans lui avoir retiré son casque. L’interpellé s’agite désespérément jusqu’à s’immobiliser totalement, inconscient.

 

Les témoignages bouleversants de dignité et de courage du père, de l’épouse et d’une fille de la victime (voir ici l’intégralité de la conférence de presse captée par David Dufresne) attestent que Cédric ne pouvait avoir son téléphone à l’oreille en conduisant. En tant que coursier professionnel, il est équipé d’un casque « à 600 euros » muni d’un micro et d’un écouteur, un système qui décroche automatiquement le téléphone placé sur son torse. D’ailleurs, la première version qui leur est donnée quand ils viennent se renseigner au commissariat du 7e arrondissement est celle d’une interpellation pour une plaque minéralogique poussiéreuse, illisible… Pour ajouter à leur angoisse, les policiers ne leur disent qu’au bout d’environ six heures, sous la pression de son épouse, que Cédric est hospitalisé. Entretemps, ils ont appelé les urgences de tous les hôpitaux… en vain, puisque que Cédric était en réanimation.

 

L’article de BFMTV paru le dimanche est donc totalement mensonger. Les « sources policières » n’ont jamais été vérifiées, alors même que la chaîne diffuse en ce moment un spot d’autopromotion dans lequel elle s’enorgueillit de « vérifier l’information ». Comme d’habitude, BFMTV fait le contraire de ce qu’elle prétend et bafoue l’éthique journalistique. Le mardi, heureusement, la chaîne relaie honnêtement les déclarations des avocats et de la famille puis les résultats de l’autopsie tombés dans l’après-midi, et fait témoigner le père et l’épouse de Cédric. Mais le fallacieux article initial, malgré mon signalement, reste en ligne jusqu’à ce jour (10 janvier). Une véritable insulte à la mémoire de la victime et à la douleur de la famille.

 

Le sommet de l’ignominie — et le journalisme de préfecture le plus zélé — est atteint par le 20 heures de France 2 le mardi soir. Anne-Sophie Lapix annonce en titre : « Interpellé parce qu’il téléphonait en conduisant son scooter, un homme de 42 ans est mort dimanche à Paris. » La version policière reste de mise malgré les éléments contradictoires. Et la présentatrice de rappeler en développant : « Il avait été interpellé alors qu’il téléphonait en conduisant… » Je vais finir par croire que l’utilisation d’un téléphone pendant que l’on conduit est passible de la peine de mort. Par contraste, le sujet de TF1 est un modèle d’équilibre et de prudence. « Les raisons de son arrestation sont floues », indique le reporter.

« Sa famille dénonce une bavure, l’autopsie révèle qu’il a succombé à une asphyxie avec fracture du larynx », précise Anne-Sophie Lapix. La prétendue « enquête » des journalistes de France 2 ne fait qu’accroître le malaise suscité par la version de la présentatrice. « Les gestes pratiquées par ces policiers pour interpeller ce livreur plaqué au sol ont-ils provoqué sa mort ? » Ou bien Cédric a-t-il avalé une arête de travers ? « Selon le procureur de la République, les premiers résultats de l’autopsie établissent une “manifestation asphyxique avec une fracture du larynx”. »

 

Et la journaliste d’ajouter une phrase retranscrite en grand format à l’écran : « L’homme avait aussi “un état antérieur cardio-vasculaire”. » Une précision douteuse, insinuant que Cédric Chouviat a succombé à une prévisible crise cardiaque, comme si la fracture du larynx et l’étouffement n’étaient que des circonstances annexes. La famille de la victime a pourtant bien témoigné que, si Cédric faisait un peu d’hypertension, un récent examen cardiaque pratiqué pour l’autoriser à la pratique sportive ne révélait aucun souci.

De son côté, TF1 s’abstient de mentionner cette fausse piste et, au contraire, relaie un extrait du plaidoyer d’Arié Alimi dans lequel l’avocat explique les dangers de la technique du placage ventral, déjà cause de plusieurs décès en France et interdite dans de nombreux pays. Puis le reporter interroge un médecin urgentiste, Gérald Kierzec, qui précise : « Une fracture du larynx, c’est traumatique, c’est pas spontané. On n’a pas de fracture du larynx comme ça. C’est un choc violent [le placage ventral avec le casque, ndr] ou une strangulation [la clé d’étranglement, ndr] qui peuvent provoquer cette fracture, mais de manière relativement violente. » La piste de la cacahuète avalée de travers est donc démentie par TF1.

 

« Sur ces images filmées par un passant, poursuit la journaliste de France 2, l’échange entre ce livreur et ce policier semble virulent. » Ces images sont tellement floutées qu’on ne distingue pas qui est qui. Alors que celles de TF1, éclairées par le commentaire qui désigne la position de Cédric sont plus lisibles et prouvent que le coursier n’est pas « virulent ». « Selon la police, l’homme téléphonait en conduisant, insiste France 2, il était agressif et refusait d’être interpellé. » Toujours la même version, répétée pour la troisième fois, mais enfin sourcée.

 

Puis le seul extrait de la conférence de presse du matin choisi par France 2 renforce son parti-pris en faveur de la version policière. On y entend Doria Chouviat, l’épouse de Cédric : « Je réfute pas l’hypothèse qu’il ait pu être insultant, je le dis honnêtement. Est-ce que pour autant il mérite ce qui lui est arrivé ? » Voilà donc la cause du drame… Un homme « insultant ». France 2 passe totalement sous silence les autres parties des témoignages de son épouse et de son père (lequel était aussi son employeur en tant que patron d’une société de transports). Selon eux, les contrôles routiers étaient le lot quotidien de Cédric, puisqu’il était coursier, et s’il s’est parfois fait verbaliser, tous ces contrôles se sont toujours très bien passés. Il a donc fallu qu’il se passe quelque chose de grave pour que Cédric décide de filmer les policiers et leur adresse d’éventuels reproches.

 

TF1, à l’inverse, choisit un extrait du témoignage du père de Cédric où s’expriment la force de l’émotion et la gravité de l’injustice : « On a assassiné mon fils. Quand mon petit-fils me demande, je lui dis : “On a assassiné ton père.” » Cédric était en effet le père (aimant et aimé) de cinq enfants.

 

Pour finir, la journaliste de France 2 laisse la parole aux autorités compétentes. « Le ministre de l’Intérieur assure de son côté : “Les résultats de l’autopsie soulèvent des questions légitimes, auxquelles des réponses devront être apportées en toute transparence.” » Ben voyons. « L’IGPN a été saisie pour tenter de préciser les circonstances de l’intervention des policiers, conclut la reporter. Une information judiciaire pour homicide involontaire a été ouverte. » Elle ne précise pas qu’elle a été ouverte à la suite d’une plainte de la famille avec constitution de partie civile, les pièces de la procédure d’une enquête de l’IGPN n’étant jamais transmises aux avocats de la victime — sans parler de la propension de cette institution à classer sans suite les plus graves et les plus évidentes violences policières.

 

Ce mardi soir, pour bénéficier d’une information honnête, il valait mieux regarder la chaîne de Bouygues plutôt que celle du service public.

 
 

Quand on me demande pourquoi à 83 ans je manifeste pour un système de retraite qui ne me concernerait pas, je réponds:

  • Être communiste mode d’emploi . Il me semble que j’ai l’air d’être un peu plus jeune que la photo, mais vu le nombre de jeunes qui m’interpellent dans les manifs ça doit pas être loin…

1) après la réforme des retraites, le système sera encore moins pérennisé qu’avant et nous irons de plus en plus vers un système à l’américaine, comme ça va très vite, les dommages collatéraux risquent de m’atteindre…
2) après la réforme des retraites, ils ne s’arrêteront pas en si bon chemin, ce sera la sécurité sociale leur prochain objectif de réforme.
Et là, non seulement ça me concerne mais je suis en première ligne parce que si à 83 ans je peux manifester, analyser ce qui se passe je le dois à l’excellent système de soin dont j’ai bénéficié et là:
3) ils vont vite rattraper le temps « gagné » et me le piquer pour me transformer en grabataire candidate à l’euthanasie pour ma dignité bien sûr…
4) et puis dans le peu de temps qui me reste je n’ai pas envie d’un Etat policier dans lequel comme aujourd’hui grâce à Castaner j’ai 8 fois plus de chance d’être tuée par un policier que par un terroriste, alors comme j’ai du mal à courir, euthanasie pour euthanasie, j’espère au moins en tombant freiner la charge… et comme je manie assez bien la canne, je peux aider…

 

5) en tant que communiste, enfin de ma génération, j’ai conscience de participer à un grand mouvement… Comme le disait le pape François, ce n’est pas une période de changement, c’est un changement d’époque et y participer pour moi c’est conquérir une manière d’éternité… Mais peut-êtere est-ce là quelque chose que les moins de vingt an ne peuvent pas connaitre mais le communisme ce fut et ça est encore une civilisation, un devenir de l’humanité, et il me semble que là c’est projet contre projet…

Danielle Bleitrach

 

 
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Publié par le janvier 11, 2020 dans France, pcf, SYNDICATS et LUTTES SOCIALES

 

Des millions de Français ont protesté contre la réforme des retraites. Ministère des Finances a proposé des négociations

les communistes russes parlent de nos manifestations, mais maîtrisent mal l’orthographe de nos dirigeants de seconde zone…Chez nous on maitrise l’orthographe de « Poutine », mais on ne parle jamais des luttes en Russie. (note de Danielle Bleitrach)

10 janvier 2020 16:30
Des millions de Français ont protesté contre la réforme des retraites.  Ministère des Finances a proposé des négociations

Photo: Lafargue Raphael / ABACA

Environ 1,7 million de personnes ont participé à des manifestations contre la réforme des retraites, qui ont eu lieu dans 90 villes de France. Cela a été dit dans le plus grand syndicat français « Confédération générale du travail » (CGT), rapporte TASS

«Il s’agit d’une grève historique. Le nombre de manifestants s’est avéré encore plus important que ce qui avait été noté le premier jour de la grève (1,5 million de personnes – environ Ed) », a déclaré la CGT dans un communiqué. Le syndicat a appelé ses partisans à poursuivre la mobilisation du 10, puis du 11 janvier. « Samedi sera l’occasion d’élargir notre mouvement, en attirant tous ceux qui nous soutiennent », ont-ils déclaré.Selon le ministère français de l’Intérieur, 452 000 personnes ont participé à des manifestations à travers le pays, dont 56 000 manifestants ont été dénombrés par le ministère parisien.

En France, jeudi était le 36e jour de protestation contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement. Des milliers de manifestations et processions ont lieu ce jour à Toulouse, Marseille, Bordeaux et Lyon. Au total, plus de 200 manifestations et, en général, au moins 400 sortes de manifestations différentes auront eu lieu. Pour cette raison, la plupart des modes de transport ne fonctionnaient pas. Ce jour-là, le record de la grève des cheminots de 1986, considérée comme la plus longue, a été battu.

Une série de grèves contre la réforme des retraites a débuté en France à l’initiative des syndicats le 5 décembre. La grande majorité des manifestants sont des salariés de la Société nationale des chemins de fer français et de la régie des transports autonomes de Paris. L’une des principales raisons de leur mécontentement est la décision des autorités de supprimer les tarifs spéciaux de pension pour des dizaines de catégories de citoyens, ainsi que l’intention de porter à 64 ans l’âge auquel la pension est versée en totalité. Les syndicats ont annoncé leur intention de faire grève jusqu’à ce que le gouvernement français abandonne la réforme sous sa forme actuelle.

Le 5 janvier, le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Mer, a appelé les grévistes opposés à la réforme des retraites à trouver un compromis dans les négociations avec le gouvernement.

Le Mer a souligné que « le moment est venu de trouver un compromis ». Selon lui, le Premier ministre français Eduard Philippe « a répondu à l’inquiétude » exprimée par les syndicats sur un certain nombre de principes proposés par les autorités du projet.

«La réforme que nous proposons est juste: elle bénéficiera aux mères célibataires, aux agriculteurs et aux hommes d’affaires», a déclaré le ministre.

 

Manifestation au Mali : Macron représenté en Hitler et des drapeaux français brûlés

On nous fait croire qu’il s’agit d’une mission humanitaire alors que les peuples ne veulent plus de nous, que nous agissons à un coût prohibitif, pour les multinationales. Il n’y a pas d’argent pour nos retraites, mais il y en a pour le néo-colonialisme (note de Danielle Bleitrach).

Répondant à plusieurs appels émis sur les réseaux sociaux, des centaines de manifestants ont investi ce 10 janvier la place de l’Indépendance à Bamako, au Mali, pour protester contre la présence française, incarnée notamment par la force Barkhane. Ils étaient 900 selon la police, «plusieurs milliers» pour les organisateurs.

Mali

Mali

«Emmanuel Hitler», «France dégage», pouvait-on lire sur des affiches brandies par les manifestants. Certains d’entre eux ont par ailleurs fustigé la présence de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). D’autres ont en revanche appelé au renforcement de la coopération avec la Russie alors que ce pays d’Afrique de l’Ouest reste à ce jour la cible de nombreuses attaques terroristes.

Des manifestants ont brûlé un drapeau français, a rapporté un correspondant de l’AFP.Mali

Ces nouvelles manifestations contre la présence française – des rassemblements avaient eu lieu dans la capitale malienne en avril et novembre 2019 pour le même motif – interviennent alors que la France entend «reclarifier le cadre et les conditions politiques» de l’intervention française, en concertation avec les Etats de la région.

 
 

Réforme des retraites : « Le mode de calcul mystérieux » de la valeur du point

La « réforme » et la logique « comptable » qui la sous-tend est de plus en plus obscure mais ce qui est clair c’est au profit de qui elle est faite. Certainement pas comme le montre le bref calcul ci-dessous pour le citoyen lambda, d’où la difficulté de le trouver pour lui faire raconter le bénéfice personnel qu’il en escompte. En cherchant bien on trouve l’usager excédé mais il vaut mieux ne pas trop lui demander contre qui… BMTV et les médias  ont bien du mérite de continuer à manifester une fidélité aussi aveugle sans même avoir été énuclés par un sbire de Castaner en proie à une pulsion sadique avec des armes létales à leur disposition (note de Danielle Bleitrach).

La réforme annonce une valeur de point de 0,55 euro pour 10 euros cotisés, soit un ratio de 1 sur 18. Or 18 est le nombre d’années entre l’âge « pivot » de 64 ans et l’espérance de vie moyenne, 82 ans, observe Yves Faucoup, spécialiste de l’action sociale. Un hasard ?

Publié le 07 janvier 2020 à 14h10 – 

« Depuis que le débat est lancé sur cette réforme, ni Jean-Paul Delevoye, ni aucun ministre n’a expliqué de quelle manière cette valeur du point avait été calculée. » (Photo : Edouard Philippe à l’ouverture de la réunion multilatérale de concertation avec les organisations syndicales et patronales sur la réforme des retraites, mardi 7 janvier
.)
« Depuis que le débat est lancé sur cette réforme, ni Jean-Paul Delevoye, ni aucun ministre n’a expliqué de quelle manière cette valeur du point avait été calculée. » (Photo : Edouard Philippe à l’ouverture de la réunion multilatérale de concertation avec les organisations syndicales et patronales sur la réforme des retraites, mardi 7 janvier
.) JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »

Tribune. Le rapport Delevoye publié en juillet (« Pour un système universel de retraite », voir lien PDF) décrète que « la valeur du point servant au calcul de la retraite serait fixée à 0,55 euro au démarrage du système universel » (« Synthèse », page 7). Plus loin, page 18, il est dit qu’il y aura une valeur d’acquisition (un point pour 10 euros cotisés), et une valeur de service au moment du départ en retraite qui sera fixée « de sorte que 1 point soit égal à 0,55 euro de retraite annuelle ».

La seule justification, sur 132 pages de rapport, est la suivante : « En l’état des hypothèses actuelles (1,3 % de productivité du travail) », le rendement définitif ne sera acté qu’en 2024 « en fonction des hypothèses économiques qui prévaudront alors ». Quelques lignes plus loin, une phrase quasi identique est répétée.

Depuis que le débat est lancé sur cette réforme, ni Jean-Paul Delevoye ni aucun ministre n’a expliqué de quelle manière cette valeur du point avait été calculée. « Les hypothèses actuelles de la productivité » est une formule bien vague : en admettant que ce soit la vraie raison, il n’empêche que l’on devrait savoir comment on parvient à ce taux de 0,55 pour 10 euros cotisés. L’explication n’apparaît ni dans les documents des syndicats, ni dans les débats publiés par les journaux.

Lire aussi  Réforme des retraites : « La méfiance est renforcée par le fait que la valeur du point semble sortir d’une boîte noire, sujette à toutes les manipulations »

Pourtant, ce chiffre de 5,5 % correspond à un ratio de 1 sur 18. Et l’on a alors l’explication d’un calcul tout simple que les promoteurs de la réforme se sont bien gardés de révéler : il faut dix-huit ans pour que les sommes cotisées soient épuisées. En 2018, l’espérance de vie générale des hommes était à 79,5 ans et celle des femmes à 85,4 ans, soit une moyenne à 82,5 ans : dix-huit ans est la durée de vie entre 64 (le fameux « âge pivot ») et 82 ans (même si l’espérance de vie réelle à 64 ans est en réalité un peu supérieure).

 

Il y a journalistes et journalistes…

A Paris, la police arrête et violente des journalistes

Je me souviens de l’expédition américaine en Irak, c’était frappant, il y avait un groupe de journalistes chouchoutés, transportés dans les fourgons de l’armée américaine à qui on réservait quelques shows bien montés comme la destruction de la statue de Saddam Hussein et puis il y avait les autres, les free lance que l’on ne dédaignait pas tirer comme des lapins… Sommes-nous en état de guerre avec deux types de journalistes, les éditorialistes qui viennent confortablement expliquer que la grève est en baisse et le manifestations de moins en moins nombreuses… et puis il y a les malheureux sur le terrain qui se font frapper comme un vulgaire piquet de grève (note de Danielle Bleitrach).
Crédit photo / Imprimer écran de vidéo Taha 📷 @MTGphotographe

La manifestation contre la réforme des retraites a été de nouveau accompagnée de violences policières. De nombreuses vidéos montrent des policiers frapper des manifestants et arrêter des journalistes.

Les médias semblent avoir été ciblés par les forces de police comme le montrent plusieurs vidéos où l’ont voit des reporters se faire arrêter par la police parfois violemment.

Reporters En Colère 🔴@REC_Collectif

Selon nos sources, un JRI de @LinePress vient de se faire matraquer à l’intersection de rue Lafayette et rue Baudin https://twitter.com/linepress/status/1215262519813603334 

LINE PRESS@LinePress

Paris #manifestation contre la #reformedesretraites. De nouveaux journalistes interpellés ; un de notre agence clairement identifiable et @RemyBuisine de @brutofficiel. Ces méthodes d’un autre âge vous coûteront très cher politiquement @CCastaner @prefpolice

LINE PRESS@LinePress

Oui nous confirmons totalement votre information un de nos journalistes clairement identifié à été brutalement matraqué lors d’une charge de police inutile (aucun incident à ce moment là). Il sera conduit à l’hôpital dans quelques instants. Suite IGPN demain matin.

Voir les autres Tweets de LINE PRESS

LinePress, La Meute Photo ou encore Brut ont signalé l’arrestation de JRI. La raison souvent évoquée est le port d’un masque à gaz, élément essentiel de ces journalistes sur le terrain, pour filmer les heurts dans les rassemblements.

Pour certains internautes, cette nouvelle directive de la police, qui présente le masque à gaz comme une arme de guerre, permet aux forces de l’ordre d’empêcher les journalistes de filmer les violences policières.

Taha 📷@MTGphotographe

Urgent @REC_Collectif 🚨 plusieurs journaliste frappés par la police dont @SeguraJean1 .
Là ça va trop loin @prefpolice

Vidéo intégrée

1 091 personnes parlent à ce sujet

Nicolas Chapuis, journaliste reporter chez Le Monde, chargé de la rubrique police, a dénoncé ces nouvelles méthodes policières sur Twitter. Le Syndicat Indépendant des Commissaires de Police a rapidement pris la défense des forces de l’ordre appelant les journalistes à se désolidariser et à quitter les lieux.

Nicolas Chapuis

@nicolaschapuis

Un autre journaliste, de @Linepress cette fois-ci, interpellé pour port de masque à gaz. Direction le commissariat, mais pas de GAV. Il faut le redire : informer (au coeur de manifestations saturées en gaz lacrymogène) n’est toujours pas un délit. En revanche c’est une nécessité. https://twitter.com/nicolaschapuis/status/1215277253908729864 

Nicolas Chapuis

@nicolaschapuis

D’après une source police, le journaliste @RemyBuisine a été interpellé à cause de son masque à gaz, qui est assimilable…à un port d’arme. Il a été emmené au commissariat (pas de GAV a priori). Rappelons qu’il porte ce masque pour faire son métier. Et que ce n’est pas un délit.

241 personnes parlent à ce sujet

Nicolas Chapuis

@nicolaschapuis

Quand il y a des violences, les journalistes doivent se désolidariser et quitter les lieux ??? Là j’avoue que je ne sais pas quoi répondre. On ne doit pas avoir la même vision de la nécessité et de la liberté de l’information. https://twitter.com/SICPCommissaire/status/1215302776303034371 

Commissaires de Police – SICP@SICPCommissaire
En réponse à @nicolaschapuis

@SergePhotos vos propos péremptoires et assez prétentieux; on a compris.@nicolaschapuis si vous suivez les manifestations, il ne vous a pas échappé que la violence provient de groupes violents.
Se désolidariser et quitter les lieux est la meilleure chose.

437 personnes parlent à ce sujet

Ces derniers mois, la tension est montée d’un cran entre journalistes et syndicats de police. Les arrestations répétées de Gaspard Glanz ou de Taha Bouhafs dans l’exercice de leur fonction ont mis l’accent sur un problème de plus en plus présent : la liberté d’information dans les manifestations.

Le collectif « Reporters en Colère » (REC) a dénoncé à plusieurs reprises les violences que subissent les journalistes. Le 7 décembre, REC faisait état de 27 journalistes blessés en grande partie à cause des tirs de grenades lacrymogènes ou de désencerclement de la police.