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Archives de Catégorie: femmes

ELLE, la revue française soutient les nazis à Kiev

La revue française  ELLE s’est lancée dans un reportage sur les  nazis.Dans son numéro du 14 au 20 novembre 2014 (N°3594), en page 150, les lecteurs peuvent découvrir Sveta (Vita Zaverukha), une jeune et charmante Ukrainienne de 19 ans, que l’hebdomadaire nous présente comme une « secrétaire, engagée volontaire dans un groupe d’autodéfense ».

Cette femme est Vita Zaviryuha, nazie ukrainienne qui appartient au bataillon punitif Aydar ; elle a fait un appel  public au génocide des habitants du Donbass. Elle a participé à la torture et à l’assassinat des prisonniers et des civils.

La rédaction de la revue ELLE devrait savoir que cet « individu »  confesse appartenir à un parti national socialiste et aux assassins de masse. Par conséquent la revue ELLE a choisi de faire la propagande du nazisme.

Cet acte n’est pas une simple erreur, est-il destiné à préparer la société occidentale (spécialement les français) à accepter les tentatives de réhabiliter le nazisme en Europe?

PS; j’ai été également frappé par un sketch de scènes de ménage sur la 6, l’enseignant un tantinet babacool plutôt à gauche explique à sa compagne qu’il a fait la description de la seconde guerre mondiale à ses élèves en mettant d’un côté les bons, Roosvelt , De Gaulle, et de l’autre les méchants, Hitler, Mussollini … et Staline… Il y a de tout côté un révisionnisme historique, celui de certains fachos qui prennent parti pour Poutine au nom de la race blanche et de l’autorité du chef, il y a ceux qui au nom de la démocratie, voire de la gaypride et de la défense d’Israël (sous entendu la toute puissance du capitalisme nord-américain) prennent partie pour des nazis génocidaires en Ukraine… et leur consacrent un reportage apologique… ils ont une seule chose en commun la défense du capital et la division des victimes de l’exploitation. (note de Danielle Bleitrach)

 
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Publié par le décembre 29, 2014 dans actualités, extrême-droite, femmes

 

Qiú Jǐn, poétesse féministe et révolutionnaire

Qiú Jǐn, poétesse féministe et révolutionnaire  Fille de fonctionnaires originaires de la ville de Shaoxing (à l’est de la Chine), Qiú Jǐn nait le 8 novembre 1875. On connait peu de choses de sa vie jusqu’à son mariage, 1896, et son arrivée à Pékin pour suivre son mari. Là, elle entre en contact avec de nouvelles idées et commence à faire preuve d’indépendance. Après le mouvement des Boxers, pour exprimer sa désapprobation quant au traitement réservé aux femmes sous la dynastie Qing, elle s’habille en homme occidental et pratique les arts martiaux. En 1904, laissant ses deux enfants derrière elle, Qiú Jǐn part étudier au Japon et rejoint plusieurs groupes prônant le renversement de la dynastie Qing. Avec un cousin, elle travaille à unir ces mouvements secrets. A son retour en Chine, en 1905, elle publie la revue Femmes de Chine (Zhongguo nubao), préconisant notamment aux femmes d’acquérir leur indépendance financière par les études et le travail. à Shanghai. Elle les encourage à résister à l’oppression familiale et gouvernementale et s’élève contre des pratiques coutumières comme celle des pieds bandés. Poétesse féministe, Qiú Jǐn est également une excellente oratrice et parle en faveur des droits des femmes, de la liberté de se marier à l’accès à l’éducation. En 1907, de retour à Shaoxing, elle devient directrice de la Datong School, officiellement une école pour enseignements sportifs et officieusement un lieu d’entrainement pour les révolutionnaires. Depuis Shaoxing, elle tente d’organiser un coup d’État mais le complot est découvert et Qiú Jǐn est arrêtée le 12 juillet 1907. Sous la torture, elle n’admet rien, mais des preuves sont découvertes et elle est condamnée à mort. Qiú Jǐn est exécutée le 15 juillet 1907. Un monument est érigé en sa mémoire dans la ville de Hangzhou, à l’est du pays. En Chine, Qiú Jǐn est une icône symbolique en particulier de la lutte pour les droits des femmes.

Fille de fonctionnaires originaires de la ville de Shaoxing (à l’est de la Chine), Qiú Jǐn nait le 8 novembre 1875. On connait peu de choses de sa vie jusqu’à son mariage, 1896, et son arrivée à Pékin pour suivre son mari. Là, elle entre en contact avec de nouvelles idées et commence à faire preuve d’indépendance. Après le mouvement des Boxers, pour exprimer sa désapprobation quant au traitement réservé aux femmes sous la dynastie Qing, elle s’habille en homme occidental et pratique les arts martiaux.

En 1904, laissant ses deux enfants derrière elle, Qiú Jǐn part étudier au Japon et rejoint plusieurs groupes prônant le renversement de la dynastie Qing. Avec un cousin, elle travaille à unir ces mouvements secrets. A son retour en Chine, en 1905, elle publie la revue Femmes de Chine (Zhongguo nubao), préconisant notamment aux femmes d’acquérir leur indépendance financière par les études et le travail. à Shanghai. Elle les encourage à résister à l’oppression familiale et gouvernementale et s’élève contre des pratiques coutumières comme celle des pieds bandés.

Poétesse féministe, Qiú Jǐn est également une excellente oratrice et parle en faveur des droits des femmes, de la liberté de se marier à l’accès à l’éducation. En 1907, de retour à Shaoxing, elle devient directrice de la Datong School, officiellement une école pour enseignements sportifs et officieusement un lieu d’entrainement pour les révolutionnaires. Depuis Shaoxing, elle tente d’organiser un coup d’État mais le complot est découvert et Qiú Jǐn est arrêtée le 12 juillet 1907. Sous la torture, elle n’admet rien, mais des preuves sont découvertes et elle est condamnée à mort. Qiú Jǐn est exécutée le 15 juillet 1907.

Un monument est érigé en sa mémoire dans la ville de Hangzhou, à l’est du pays. En Chine, Qiú Jǐn est une icône symbolique en particulier de la lutte pour les droits des femmes.

 
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Publié par le décembre 20, 2014 dans Asie, femmes

 

Judith Butler : Il est très important en tant que Juive de m’élever contre l’injustice et de lutter contre toutes formes de racisme.

4-sebastopol-marine-russe-cassini“Lettre ouverte de Judith Butler

Judith Butler, née le  24 février 1956, philosophe américaine et théoricienne du genre, domaine qui fait couler beaucoup d’encre ces temps-ci, est une intellectuelle complexe qui laisse peu de monde indifférent. Lauréate du Prix Adorno en 2012*, elle fut violemment attaquée pour ses positons critiques et antisionistes sur le conflit israélo-palestinien. Elle s’explique dans cette lettre : autoportrait épistolaire d’une des grandes figures intellectuelles de notre temps.

* Son discours de réception est à lire ici: http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/28/pour-une-morale-a-l-ere-precaire_1767449_3232.html

 

27 août 2012

Le Jérusalem Post a récemment publié un article, rapportant que certaines organisations s’opposent à ce que je reçoive le prix Adorno, un prix décerné tous les trois ans à quelqu’un qui travaille dans la tradition de la théorie critique au sens large. Les accusations portées contre moi disent que je soutiens le Hamas et le Hezbollah (ce qui n’est pas vrai), que je soutiens BDS (partiellement vrai), et que je suis antisémite (manifestement faux). Peut-être ne devrais-je pas être aussi surprise du fait que ceux qui s’opposent à ce que je reçoive le prix Adorno aient recours à des accusations aussi calomnieuses, sans fondements, sans preuves, pour faire valoir leur point de vue. Je suis une intellectuelle, une chercheuse, initiée à la philosophie à travers la pensée juive, et je me situe en tant que défenderesse et dans la perpétration, la continuité d’une tradition éthique juive comme le furent des personnalités tel que Martin Buber et Hannah Arendt. J’ai reçu une éducation juive au Temple à Cleveland, dans l’Ohio sous la tutelle du Rabbin Daniel Silver où j’ai développé de solides fondements éthiques sur la base de la pensée philosophique juive.

J’ai appris, et j’accepte, que nous sommes appelés par d’autres et par nous-mêmes, à répondre à la souffrance et à réclamer, à œuvrer afin qu’elle soit soulagée. Mais pour ce faire, nous devons entendre l’appel, trouver les ressources permettant d’y répondre, et parfois subir les conséquences d’avoir parlé comme nous le faisons. On m’a enseigné à chaque étape de mon éducation juive qu’il n’est pas acceptable de rester silencieux face à l’injustice. Une telle injonction est difficile à mettre en œuvre, car elle n’indique pas exactement quand, ni comment parler, ni comment parler de manière à ne pas produire une nouvelle injustice, ou encore comment parler de façon à être entendue et compris clairement et justement. Ma position actuelle n’est pas entendue par ces détracteurs, et peut-être cela ne devrait-il pas me surprendre, car leur tactique consiste à détruire les conditions d’audibilité.

[…] Il est faux, absurde et pénible que quiconque puisse prétendre que ceux qui formulent une critique envers l’Etat d’Israël sont antisémites ou, si juifs, victimes de la haine de soi. De telles accusations cherchent à diaboliser la personne qui articule un point de vue critique et à disqualifier ainsi, à l’avance son point de vue. C’est une tactique pour faire taire : cette personne est inqualifiable, innommable, et tout ce qu’elle dira doit être rejeté à l’avance ou perverti de telle façon que la validité de sa parole soit niée. Une telle attitude se refuse à considérer, à examiner le point de vue exposé, se refuse à débattre de sa validité, à tenir compte des preuves apportées, et à en tirer une conclusion solide sur les bases de l’écoute et du raisonnement. De telles accusations ne sont pas seulement une attaque contre les personnes qui ont des opinions inacceptables aux yeux de certains, mais c’est une attaque contre l’échange raisonnable, sur la possibilité même d’écouter et de parler dans un contexte où l’on pourrait effectivement envisager ce que l’autre a à dire. Quand un groupe de Juifs qualifie un autre groupe de Juifs d’ « antisémite », il tente de monopoliser le droit de parler au nom des Juifs.

Ainsi, l’allégation d’antisémitisme recouvre en fait une querelle intra juive.

Aux États-Unis, j’ai été alarmée par le nombre de Juifs qui, consternés par la politique israélienne, y compris l’occupation, les pratiques de détention à durée indéterminée, le bombardement des populations civiles dans la bande de Gaza, cherchent à désavouer leur judéité. Ils font l’erreur de croire que l’Etat juif d’Israël représente la judéité de notre époque, et que s’identifier comme juif signifie un soutien inconditionnel à Israël. Et pourtant, il y a toujours eu des traditions juives qui s’opposent aux violences des Etats, qui prônent une cohabitation multiculturelle et défendent les principes d’égalité ; et cette tradition éthique vitale est oubliée ou écartée lorsque l’un d’entre nous accepte Israël comme étant le fondement de l’identité et ou des valeurs juives. Nous avons donc d’une part, les juifs qui critiquent Israël et pensent qu’ils ne peuvent plus être juif puisqu’Israël représente la judéité, et d’autre part, ceux qui pour qui Israël représente le judaïsme et ses valeurs, cherchant à démolir quiconque critique Israël en concluant que toute critique est anti-sémite ou, si juive, issue de la haine de soi.

Je m’efforce, tant dans la sphère intellectuelle que dans la sphère publique de sortir de cette impasse, de cet emprisonnement.

À mon avis, il y a de fortes traditions juives, et même des traditions sionistes initiales, qui attachent une grande importance à la cohabitation et offrent une panoplie de moyens pour s’opposer aux violences de toutes sortes, y compris la violence d’Etat. Il est très important en ce moment, pour notre époque que ces traditions soient soutenues, mise à l’honneur, vivifiées, inspirées – elles représentent des valeurs de la diaspora, les luttes pour la justice sociale, et la valeur juive extrêmement importante, celle de « réparer le monde » (Tikkun).

Il est clair pour moi que les passions soulevées par ces questions rendent la parole et l’écoute très difficiles. Quelques mots sont sortis de leur contexte, leurs sens déformés, et ils étiquettent, labellisent un individu. C’est ce qui arrive à beaucoup de gens qui émettent un point de vue critiquant Israël – ils sont stigmatisés comme antisémites ou même comme collaborateurs nazis ; ces formes d’accusations visent à établir les formes les plus durables et les plus toxiques de la stigmatisation et de diabolisation. La personne est ciblée, en sélectionnant des mots hors contexte, en inversant leurs significations et en les collant à la personne : annulant en effet les propos de cette personne, sans égard pour la teneur de ses opinions, de sa pensée.

Pour ceux d’entre nous, qui sommes des descendants de Juifs Européens, détruits, exterminés par le génocide nazi (la famille de ma grand-mère a été anéantie dans un petit village au sud de Budapest), c’est l’insulte la plus douloureuse et une véritable blessure que d’être désigné comme complice de la haine des Juifs ou d’être défini comme ayant la haine de soi. Et il est d’autant plus difficile d’endurer la douleur d’une telle allégation lorsqu’on cherche à promouvoir ce qu’il y a de plus précieux dans le judaïsme, cette réflexion sur l’éthique contemporaine, y compris la relation éthique à ceux qui sont dépossédés de leurs terres et de leurs droits à l’autodétermination, à ceux qui cherchent à garder vivante la mémoire de leur oppression, à ceux qui cherchent à vivre une vie qui sera, et doit être, digne de faire son deuil. Je soutiens le fait que ces valeurs soient issues d’importantes sources juives, ce qui ne veut pas dire que ces valeurs soient spécifiquement juives. Mais pour moi, étant donné l’histoire à laquelle je suis liée, il est très important en tant que Juive de m’élever contre l’injustice et de lutter contre toutes formes de racisme. Cela ne fait pas de moi une Juive qui a la haine de soi ; cela fait de moi une personne qui souhaite clamer un judaïsme qui ne s’identifie pas à la violence d’Etat mais qui s’identifie à une lutte élargie pour la justice sociale.

[…]

J’ai toujours été en faveur de l’action politique non-violente, principe auquel je n’ai jamais dérogé. Il y a quelques années une personne dans un public universitaire m’a demandé si je pensais que le Hamas et le Hezbollah appartenait à « la gauche mondiale » et j’ai répondu sur deux points :

Mon premier point était purement descriptif : les organisations politiques se définissant comme anti-impérialistes et l’anti-impérialisme étant une des caractéristiques de la gauche mondiale, on peut alors sur cette base, les décrire comme faisant partie de la gauche mondiale.

Mon deuxième point était critique : comme avec n’importe quel groupe de gauche, il faut décider si l’on est pour ou contre ce groupe, et il faut alors évaluer de façon critique leurs positions.

[…]

A mon avis, les peuples de ces terres, juive et palestinienne, doivent trouver un moyen de vivre ensemble sur la base de l’égalité. Comme tant d’autres, j’aspire à un régime politique véritablement démocratique sur ces terres et je défends les principes de l’autodétermination et de la cohabitation des deux peuples, en fait, pour tous les peuples. Et mon souhait est, ce que souhaitent un nombre croissant de juifs et non juifs, celui que l’occupation prenne fin, que cesse la violence sous toutes ses formes, et que les droits politiques de chaque habitant soient assurés par une nouvelle structure politique.

 

Odessa : les mères de mai

Похороны погибших в результате трагических событий в Одессе 2 мая  Hier soir, nous avons vécu un moment infiniment douloureux, nous avons rencontré une dizaine de mères de jeunes gens qui ont péri dans les événements du 2 mai. Au-delà de toute politique, je ressentais personnellement avec une terrible intensité leur gouffre intérieur, cette impression lue dans leurs yeux que plus rien n’avait d’importance. Il ne leur restait plus qu’une obsession, leur tenant lieu de raison de vivre: empêcher l’oubli. Dire  l’injustice subie et qui se renouvelle chaque jour.. Le fascisme insidieux et qui prétend les faire taire.
Avec une infinie pudeur, elles nous tendaient des photos, celles d’ hommes dans la force de l’âge, avec leur famille, en vacances, et même un adolescent. Vous savez cet enfant, ce komsomol que vous avez vu avec son grand drapeau rouge. Il le portait la veille, lors de la manifestation du premier mai 2014. Sa mère, à peine plus âgée que lui, nous a dit en balbutiant la bouche tordue pour retenir les larmes qu’une cellule communiste d’Italie avait pris son nom. On lui disait combien on l’admirait pour avoir élevé un pareil fils et elle avait la moue d’un bébé et l’oeil embué en balbutiant ces mots. Elle nous a tendu  une photo avec un poème, il avait un regard d’archange. A côté d’elle, pendant toute la discussion, une autre femme ne cessait de prendre et reprendre les images d’un fils à tous les âges, l’une d’elle était encore dans son cadre et elle les battait comme une cartomancienne sans destin, comme si elle cherchait à comprendre seulement ce qui s’était passé. Et puis elles ont parlé et elles ont dit la réalité du fascisme qui s’est abattu sur Odessa, la peur qui avec la mort de leurs enfants s’est mise à planer sur cette ville, un brouillard épais fait de silence, de mensonges, de regards qui se détournent et qui les isole du reste du monde qui ne veut pas voir ce qui se passe dans ce port réputé pour son humeur joyeuse.Pensez à Marseille sur lequel tomberait un silence apeuré.
Helena, qui parle français et qui l’enseigne, nous a expliqué qu’elles n’étaient pas toutes là : c’est  une toute petite partie des mères, des familles.. Elles ont voulu dire chacune leur tour qui étaient leurs enfants. Elles insistaient sur leurs diplômes, leur profession, leurs talents, c’étaient des ingénieurs en bâtiment ; un marin, un étudiant… Il fallait que l’on sache!   » Ils ont dit d’eux que c’étaient des voyous, des SDF, ce n’était pas vrai, ils avaient une vie pleine d’avenir.  Simplement ils n’avaient pas voulu tolérer le fascisme, l’avaient combattu. Je l’ai supplié de ne pas y aller, il m’a dit, il le faut! »  Ces mères  multiplient en vain les interventions pour que la Cour pénale dise et reconnaisse quelles personnes de qualité le pays a perdu.

Celle qui les organisait avait encore son fils en vie mais il était prisonnier pour avoir défendu ceux que l’on battait dans la rue Grecque. Il n’avait pas d’arme, même pas un bâton. Depuis il est en prison, sans le moindre jugement.  Il y a ainsi 80 prisonniers retenus depuis ce jour sans avocat, sans jugement. Cela fait partie du no man’s land juridique dans lequel elles se débattent toutes.  Il n’y a eu aucune déclaration officielle ni sur le nombre de morts, ni de disparus. 82 ou 92 personnes sont ainsi portées disparues et le chiffre de 217 morts est avancé. L’une des femmes travaille dans les services judiciaires et elle a su que ce jour là, dans ce quartier de la ville, ont été recensés sur les registres officiels 61 décès. » Ils ne le disent pas parce qu’à partir de 50 c’est un génocide et ils ne veulent pas le reconnaître. »
Depuis, tous les 2 de chaque mois, elles commémorent leurs morts, la police et la municipalité tentent de les en empêcher. Le mois dernier, ils ont franchi un nouveau seuil, ils ont traîné certaines d’entre elles et des hommes à la police. Dans la nuit, à quatre heures du matin, ils ont perquisitionné chez elles. Elles avaient déposé des fleurs, des photos, des couronnes envoyées de toutes les villes d’Ukraine, la même nuit Pravy Sektor est venu a tout saccagé et emporté les fleurs, les couronnes, les photos et même une croix. Ils ont tout brûlé. Le lendemain, elles sont revenues et avec elles un grand nombre d’anonymes et il y avait encore plus de fleurs, mais la nuit suivante ils ont recommencé. Les gens ont peur et se taisent. Cette institutrice dans une école rurale nous dit en serrant les dents que dans son village personne n’a osé lui présenter ses condoléances. Elle a une coiffe, une résille noire dont s’échappent des mèches grises, elle a l’âge passé de la retraite, elle continue. Elle proteste à la fois contre l’oubli de son enfant et la manière dont on invente l’histoire, les programmes qui changent les faits.
Le cauchemar est ainsi renouvelé et le deuil est impossible, parce que tout est incompréhensible. Ce soir-là, ce fut  l’horreur, souvent apprise sur les chaînes de télé qui commençaient déjà à mentir en inventant que des Russes, des gens venus de Transnistrie avaient attaqué des Odessites. Le cœur battant les jambes ne les portant plus, elles ont couru à la recherche de leur enfant, d’autres de leur mari ou frère, elles se sont jetées devant les assaillants pour sauver ceux qui pouvaient l’être. Helena s’interposait, sauvait des gens sur lesquels ces brutes s’acharnaient elle ignorait qu’à quelques mètres d’elle sont fils agonisait, quand elle l’a retrouvé il était trop tard.

Беспорядки в Одессе

L’une nous explique comment elle a crié aux pompiers : « Pourquoi vous ne sauvez pas les gens dans cet incendie ». Des silhouettes étaient aux fenêtres et ils redescendaient leurs grandes échelles. « Mais pourquoi ? » a-t-elle hurlé et elle refait le geste de leur réponse, ils ont haussé les épaules pour dire qu’ils n’y pouvaient rien, ils avaient des ordres. Elle est convaincue qu’on aurait pu sauver tout le monde.

Пожар в Доме профсоюзов в Одессе
Un autre fils qui accompagnait sa mère nous décrit aussi ce qu’il a vu, ces gens enveloppés dans un drapeau ukrainien dansant une infernale sarabande au milieu des corps étendus et criant leur joie, leur ivresse de la mort… A quoi les mères répondent en écho avec l’exemple de cette femme qui sur un plateau de télévision a applaudi à l’annonce de ce tragique autodafé de leurs enfants.

C’était voulu affirment-elles. Une des femmes, blonde, coupe au carré, encore belle sous le masque de souffrance,  n’a plus de larmes à verser.  Quand je leur demande si je peux publier leur nom, elle m’interpelle au nom de mon pays et de l’Europe qui se tait. « Je n’ai pas peur. Il faut parler : le fascisme c’est une tumeur maligne et si vous ne l’arrêtez pas ici, il reviendra jusqu’à vous comme jadis à Berlin. J’ai été élevée comme quelqu’un de bien, j’ai élevé mon fils de la même manière, avec des principes. Les gens qui sont morts auraient pu être utiles à leur pays. Pourquoi vous taisez-vous ? Pourquoi la France que nous avons libérée, nous les Russes, fait silence sur nous ? Comment vous expliquer par quel enfer nous passons. Pouvez-vous le comprendre?  » Elle n’a même pas de papiers officiels, elle ne sait toujours pas pourquoi et comment est mort son enfant. Ses blessures n’étaient pas thermiques mais chimiques. Il en est ainsi de toutes ces femmes qui font le siège de la commission d’enquête qui n’agit pas. Les mères et les survivants ont même reçu des lettres, dans lesquelles il était écrit « Vous n’avez pas été tués, nous allons réparer cette erreur ! » Ce sont des bêtes. Le fils de Tamara qui était handicapé, un déficient mental…  était au troisième étage quand les assassins l’ont cerné, il était venu à leur rencontre avec pour seule arme une icône, ils l’ont abattu. Ce sont des bêtes féroces à qui l’on croyait pouvoir parler comme à des êtres humains, un innocent…
Et elles poursuivent inlassablement, déroulent le fil de ce qu’elles subissent encore et encore: « Alors imaginez ce que nous avons ressenti quand le président Porochenko se félicite de cette action à Odessa en disant : « Nous voyons le prix payé dans le Donbass pour n’avoir pas arrêté à temps les séparatistes comme nous l’avons fait à Odessa ».  Dans son clip de propagande électorale Porochenko à un moment disait : « Nous construisons un état fort ! », et c’était illustré d’une photo de la maison des syndicats en train de brûler !

Пожар в Доме профсоюзов в Одессе

Le même Porochenko a prétendu que désormais Odessa est une ville bandériste. Ce n’est pas vrai, il ne sait pas ce que les Odessites pensent même s’ils se taisent, s’ils sont figés par la peur, et ils arrivent même parfois à refuser l’ordre fasciste, comme cette pétition par laquelle nous exigions une plaque commémorative là où étaient morts nos enfants, ils sont venus la signer par milliers, silencieusement.

Похороны погибших в результате трагических событий в Одессе 2 мая

Le gouverneur a dit que cela concernait la ville, le maire a dit qu’ils en parleraient au Conseil, mais ils n’ont toujours pas répondu et quand nous allons faire pression pour que tout ne soit pas enterré nos interlocuteurs détournent les yeux et nous disent « laissez tomber ! » « C’est pour ça que nous avons besoin de vous, pour qu’ils se rendent compte que le monde s’émeut de ce qu’ils ont fait… Ils craignent l’opinion européenne, qu’elle s’aperçoive de qui ils sont réellement. » Elles ont fait un livre avec des poèmes de gens émus, d’inconnus, avec la biographie de ceux qui sont morts, disparus. Elles ont fait une exposition sur ce qui s’est passé à Odessa. Cette exposition a été présentée dans la plupart des grandes villes européennes, les fascistes soutenus par l’ambassade d’Ukraine l’ont perturbée en Espagne et au Portugal, en Pologne, mais en France, elles n’ont trouvé personne pour l’accueillir. Elles ont organisé une conférence de presse, il est venu des journaux, elles attendent encore les articles.
Marianne et moi leur promettons que nous allons faire l’impossible pour que cette exposition de photos passe en France, même si nos moyens sont limités. Marianne a commencé à retraduire les légendes des photos de l’exposition, d’en corriger les quelques fautes. Il y a encore tant de choses à rapporter qui prouvent à quel point l’opération a été planifiée, voulue dans son horreur pour faire taire Odessa. Il faut dire encore comment cela s’accompagne aujourd’hui de la « lustration », une purge. La moitié des mères présentes sont des enseignantes, elles savent que des listes sont prêtes, demain elles seront chassées de leur poste. Les critères sont faciles, il ne faut pas avoir été komsomol ni membre du parti communiste, mais tout le monde a été komsomol et Porochenko aussi, il a même été communiste… mais c’est choisi simplement comme un prétexte. « En première ligne sont les Russes ethniques, pas les russophones, Tous les ukrainiens sont russophones et les plus excités des nationalistes ukrainiens se débrouillent mal en ukrainien. Mais ils sont la proie d’une folie russophobe, il faut chasser les communistes, les Russes… Nous sommes des sous-hommes et il faut en purger l’Ukraine… C’est ça le fascisme ! Nous avons perdu nos enfants, on va nous enlever nos emplois… pour nous forcer à partir… C’est fait à grande échelle et c’est pour ça qu’Odessa a peur. »
Voilà, peut-être que le lecteur de cet article comprendra mieux les résultats des élections à Odessa. L’abstention massive malgré le bourrage des urnes, Odessa a été après le Donbass l’endroit où on a le moins voté… Les votes exprimés se sont dirigés vers les partis d’opposition, le parti des région, les communistes, même si les immenses bulletins jetés dans les urnes transparentes sont visibles. Oui Odessa a donné un coup de pied à Porochenko et à son affirmation que la ville était bandériste et vu ce qui se passe ici, c’est une manière d’exploit.
Danielle et Marianne

 
 

‘Sisters in arms': les femmes kurdes combattantes prêtes « à envoyer ISIS en enfer » (vidéo)

.http://rt.com/news/193972-kurdish-women-fighters-isis/

Publié RT: 7 octobre 2014 18:30
Édité fois: 8 octobre 2014 05:55

RT Photo / Paula Slier

Photo de RT / Paula sournoise

 Les femmes combattantes kurdes déclenchent la peur des militants de l’État islamique, qui croient qu’ils iront tout droit en enfer s’ils sont tués par une femme. RT s’est rendu à la frontière irako-syrienne pour rencontrer le GPJ, le bataillon féminin qui combat IS.

La zone frontalière entre l’Irak et la Syrie est actuellement contrôlée par des bénévoles  kurdes après l’abandon des forces militaires irakiennes et syriennes des passages frontaliers.

Les femmes combattantes  occupent les postes d’observation sur la frontière, ce qui leur permet de surveiller toutes les activités de l’IS en Irak et en Syrie.

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Rosarine, une des femmes, a avoué qu’elle n’avait jamais tiré avec un pistolet dans sa vie avant que la guerre contre l’Etat islamique (IS, anciennement ISIS) ait commencé.


« La première fois que j’ai tiré, j’ai eu peur, mais mon amour pour mon pays était plus grand que ma peur »
elle a dit à Paula Slier de RT. « L’Etat islamique pense que des  femmes ne peuvent pas lutter contre eux, mais nous sommes ici. Nous n’avons pas peur parce que nous savons pourquoi nous nous battons  « 

 Celle-ci qui a 19 ans, qui avait quitté l’école pour rejoindre le GPJ, unités de Protection du peuple kurde, dit que maintenant, elle ouvre le feu « chaque fois que quelque chose bouge [côté IS]. »

Toutes les combattantes, le bataillon sont des bénévoles qui vont au combat sous la devise « Hava » (amitié). Rosarine a ajouté qu’elle et ses sœurs en « armes » ont reçu le plein appui et l’encouragement de leur famille  parce qu’elles  se battent pour protéger la terre kurde et son peuple.

La commandante des combattantes kurdes, Dalil Derki, a déclaré que son unité inspire la terreur chez les militants de l’État islamique, qui ont « déformé l’Islam. »

« Dans leur philosophie les femmes n’ont pas leur propre rôle dans la société. Leur philosophie et leur culture est qu’ils croient que s’ils sont tués par une femme, ils ne vont pas au ciel. Au lieu de cela, ils iront en enfer, » explique-t-elle à RT.

Selon le commandant de GPJ, la moitié des djihadistes sur la frontière ont été tués par les combattantes et « s’ils veulent aller en enfer, ils n’ont qu’à poursuivre la lutte avec  nous. »

Derki dit qu’elle est fière de ses troupes et leur action sur le champ de bataille, elles  « montrent l’exemple aux femmes partout dans le monde. »

Une autre femme soldat, Beritan, dit qu’elle a déjà été dans les nombreux « combats dangereux », dans  une seule bataille, qui a duré « pendant toute une nuit et un jour. »


« Je n’avais pas vraiment peur,  j’étais plus concentrée sur la nécessité de tuer les terroristes que sur ma propre mort »
elle a expliqué.

Beaucoup de filles ont dit à RT qu’elles vont rester des soldats après que la guerre avec l’IS soit terminée car le combat pour un Etat kurde,  un Kurdistan indépendant, est en cours.

Les Kurdes n’ont pas leur propre État, avec la région du Kurdistan s’étendant sur les régions adjacentes de l’Iran, Irak, Syrie et Turquie.

Le conflit kurde avec divers groupes djihadistes prenant part à la guerre civile syrienne, y compris IS, a commencé en juillet 2013 dans la ville syrienne de Ras al-Aïn.

Alors que les forces kurdes ont réussi récemment à avoir des victoires  militaires modestes contre IS dans le nord de l’Irak.

Toutefois, les djihadistes semblent prendre le dessus dans la bataille pour la ville stratégique de Kobani, sur la frontière syrienne

 
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Publié par le octobre 8, 2014 dans Asie, femmes, guerre et paix

 

Une babouchka donne des conseils à Obama

4 at Une grand-mère russe en appelle au Président Obama, Une vidéo drôle et touchante: les conseils d’une grand-mère russe à Obama

Russia Insider-TV., 27 septembre 2014

http://russia-insider.com/en/politics_ukraine_opinion_christianity_society/2014/09/27/03-11-04pm/funny_and_touching_russian

La Babouchka Russe – l’âme de la société russe.

Cette vidéo est très populaire sur l’Internet russe. Une babouchka russe (grand-mère), donne des conseils à Obama, en rimes ! dans la meilleure tradition russe. Elle l’appelle Obamashka, un terme affectueux de son nom en russe. Elle propose de prier pour lui, lui a préparé des blinis (crêpes) et des cakes, pour l’emmener à l’église afin de rencontrer son prêtre et qu’ils puissent ensemble prier pour l’Amérique, et elle déconseille l’acoquinement aux nazis, expliquant que cela finit toujours mal. Elle explique que la Crimée est russe, et a toujours combattu aux côtés de la Russie. Enfin, elle lui recommande vivement de lier d’amitié avec Volodia (nom affectueux pour Vladimir), et lui souhaite bonne chance. Nous sommes experts de la Russie, et nous pouvons vous assurer, il n’est aucune force sur terre qui puisse résister au charme et à la bonté de la babouchka russe.

La vidéo sur youtube

Lena Vasilek présente: Obama, ne va pas à la guerre! Une grand-mère russe en appelle au président des Etats-Unis.

Monsieur le Président Obama-mon petit!

Dear President Obama-child ! Cette grand-mère dit “Obamamuschka » en parlant à Obama. Elle exprime ainsi je crois l’empathie à son encontre, quelque chose comme « mon petit », non seulement comme une grand-mère à son petit-fils, mais comme l’aïeule de la société aux plus jeunes avec le souci de la perpétuation de l’humanité. C’est quelque chose de symboliquement fort.

C’est une humble grand-mère russe de la province d’Orenbourg qui vous parle.
Je m’adresse à votre conscience.
Pourquoi ne pouvez-vous pas vous arrêter, mes chéris, vous suffoquez de sang étranger, après tout.
Nos Petits ne sont pas à blâmer parce que la guerre a été lancée par les riches.
Le diable s’est glissé dans votre tête, mais les Russes devraient aimer les os coincés dans leur gorge.
Obama-mon petit, pardonnez-moi, mais j’ai des parents en Crimée aussi.
Vous pouvez crier tout ce que vous voulez, mais la Crimée a toujours été  Russe!
Vous persistez à parler de Démocratie, mais à vos côtés il y a un gang fasciste.
Vraiment, soyez prudent avec Bandera (Le Parti Svoboda), je connais moi-même ces visages. Comment ils sont venus dans nos villages (Seconde Guerre mondiale) et n’ont pas hésité à nous assassiner.
Je vous parle comme si j’étais votre propre grand-mère affectueuse, il y a trop de méchanceté en vous, Obama-mon petit!
Vous devez prier un peu, vous repentir et changer vos habitudes, vous ne seriez pas alors si tourmenté. Je vous promets, je vous le jure: je prierai pour vous dans la maison de Dieu. Je vais prier pour que ces fascistes disparaissent tous. Vous devriez vous réconcilier avec Vladimir.
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Publié par le octobre 1, 2014 dans Amérique, civilisation, dialogue, Europe, femmes

 

Les charniers de Donetsk seront-ils reconnus comme des crimes de guerre?

Место захоронения людей на территории лесного склада шахты № 22 "Коммунар"

Dans la région de Donetsk, les combattants ont trouvé plusieurs charniers, après le départ des troupes ukrainiennes, de la Garde nationale et de bataillons comme Aïdar.
Dans un premier temps, l’on a annoncé la découverte de 3 charniers, l’un avec les corps d’environ 40 civils, les deux autres avec des corps de combattants. Maintenant, les chiffres ne cessent d’augmenter, au fur et à mesure que les combattants mènent les recherches sur les territoires desquels l’armée ukrainienne s’est retirée. Actuellement, nous en sommes à 4 dans lesquels les habitants furent enterrés rapidement. Ce qui montre l’attitude globale du pouvoir ukrainien, même face à ses hommes, les combattants ont également découverts 6 endroits, où les corps des soldats ukrainiens ont été abandonnés dans des fosses communes creusées dans la nature.
Les corps des habitants de la région portent les marques de violences particulièrement graves. Certains n’ont plus d’organes à l’intérieur, on a retrouvé le corps d’une mère avec son bébé, les corps ont les mains attachées dans le dos, certains ont été exécutés d’une balle dans la tête après avoir été torturés.
Face à cette horreur, le silence de la communauté internationale est insupportable. La Russie demande une enquête internationale pour savoir ce qui s’est passé, qui a commis ces crimes. Une demande va être envoyée à l’ONU et à l’OSCE.
Jusqu’à quel point va-t-on encore s’abaisser et détourner le regard? Nous sommes en Europe. Çà se passe sur notre terre. Pourquoi aller bombarder des pays au loin, si l’on n’est pas capable de faire respecter ses valeurs chez soi?
 
 
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