RSS

Archives de Catégorie: femmes

Un livre et des rendez-vous avec vous…

Un livre sur l’URSS et l’Ukraine qui vous donne la sensation d’avoir vécu dans une comédie américaine de Vincente Minnelli… Et tout cela parce qu’on est communiste…

Nous avons fini Marianne et moi de mettre la dernière main à la maquette de notre livre URSS, vingt ans après, retour de l’Ukraine en guerre, chez Delga éditeur. Le livre est parti à l’imprimerie avec ce quatrième de couverture :

Qu’est-il advenu de l’Union Soviétique vingt ans après ? Loin de tout discours officiel, de la gloriole des « élites », c’est la parole des petites gens que nous avons recueillie dans toute une série de reportages en Crimée, au moment de son rattachement à la Russie en mai et juin 2014. Puis l’aventure s’est poursuivie à Odessa en octobre et novembre, peu de temps après le massacre dans la maison des Syndicats, puis en Moldavie, en Transnistrie et en Gagaouzie. Nous voulions connaître l’opinion de ceux dont les seules victoires, provisoirement acquises, se nomment « pain » et « abri pour dormir », étant entendu que tout est remis en cause le matin de chaque jour qui naît quand la guerre est là, la pire des guerres la guerre civile… Ils ont dit ce que représentait l’Union Soviétique pour eux, comment ils avaient vécu le Maïdan, la rébellion dans le Donbass et la catastrophe actuelle. En partageant avec eux le pain et le sel, nous avons commencé à entrevoir une autre réalité que celle rapportée par nos médias…

Déjà notre carnet de bal est en train de se remplir, des débats sont prévus, nous vous dirons où et quand.

Marianne sera au salon du livre à Arras le premier mai et probablement à la fête de l’Humanité (Fête de Liberté-hebdo) d’Avion vers le 13 mai

je vous annonce déjà Vendredi 5 juin, nous serons à Béziers

le vendredi 26 juin nous serons à Aix-en-Provence, pour un débat à la librairie de Provence, sur le Cours Mirabeau , à 18 heures, suivi d’un apéritif amical…

mais aujourd’hui 9 avril, je vous dis simplement : bonne grève et bonne manifestation…

Danielle Bleitrach

 

Valentina Lisitsa, la pianiste qui valait 80 millions de vues sur YouTube et qui est interdite à Toronto

voici un article de la pianiste qui a été interdite au festival de Toronto à cause de ses opinions sur ce qui se passe en Ukraine

Publié le 01/12/2014 à 14H24, mis à jour le 02/12/2014 à 10H48

Valentina Lisitsa dans les locaux d'Universal à Paris</p><br />
<p>

Valentina Lisitsa dans les locaux d’Universal à Paris

© LCA/Culturebox

CULTUREBOXCette pianiste ukrainienne installée aux Etats-Unis s’est fait un nom grâce aux dizaines de millions de vues recueillies sur sa chaîne YouTube. Véritable phénomène, elle a fini par signer avec le label Decca, grâce auquel elle se produit désormais dans les plus grandes salles de par le monde. Elle publie un nouveau disque d’études de Chopin et de Schumann. Rencontre.

Un conte de fées, celui de Valentina Lisitsa ? Pas vraiment, au moins si l’on considère que la pianiste ukrainienne, aujourd’hui âgée de 41 ans, a dû attendre près de vingt ans pour se produire dans une salle digne de ce nom. Sa biographie évoque une formation au conservatoire de Kiev et le premier prix, à l’âge de 18 ans, en 1991, du concours « Murray, Dranoff Two Pïano Competition » avec Alexei Zuznetsoff. Installée aux Etats-Unis, dans l’Etat de Caroline du Nord, c’est sur YouTube qu’elle joue ses morceaux à partir de 2007, après avoir auto-édité un DVD d’études de Chopin, aussitôt piraté.Ce n’est qu’après un flamboyant succès de ses vidéos postées sur YouTube qu’elle est enfin invitée à se produire dans de prestigieuses salles comme le Carnegie Hall et l’Avery Fischer Hall de New York, ainsi que le Musikverein de Vienne. Et, en mai 2011, elle se produit pour la première fois avec l’Orquestra Sinfonica Brasileira sous la direction de Lorin Maazel. En juin 2012, son concert au Royal Albert Hall de Londres est capté et diffusé en direct sur YouTube, pour la première fois.Que représente le succès que vous a apporté internet ?
On peut mesurer le succès à deux niveaux. A celui de la musicienne que je suis, c’est simple : j’ai trouvé sur internet le public que je n’avais pas. Parce qu’une partie des gens qui m’ont découverte sur YouTube, surtout les jeunes, viennent maintenant à mes concerts. En revanche, au niveau des dirigeants des maisons discographiques, l’appréciation est différente. J’avais 30 millions de vues et je n’étais personne. Puis j’en ai eu 40 millions, ils ont commencé à me considérer. A 50 millions, ils ont eu un réel intérêt et à 80 millions, que j’ai dépassés, c’est le succès. En réalité le nombre ne veut pas dire grand-chose. Je peux jouer les « Nocturnes » de Chopin, la « Sonate au clair de lune » de Beethoven et j’aurai 10 millions de vues, mais quelqu’un mettra une vidéo de chat et obtiendra autant de vues sinon plus. Le succès en nombre est relatif… Donc pour l’industrie musicale, la signification est autre : ils se disent que parmi les 80 millions, il y en aura certains pour acheter des disques et donc ce n’est pas important de savoir pourquoi j’ai obtenu autant de vues. Je suis un nom, une célébrité. Quand j’ai réussi à sortir du cadre de l’écran de l’ordinateur pour jouer en concert, j’ai eu droit à un gros concert à Londres, au Royal Albert Hall. On ne m’a pas mis là pour mon talent ou pour ce que j’allais interpréter, mais parce que j’étais une célébrité sur internet. Si j’avais sauté sur mon piano ou si j’avais fait d’autres pitreries, ça aurait tout aussi bien fait l’affaire !

Disque Valentina Lisitsa
© Universal Music

Quelle est votre plus grande satisfaction : le fait d’avoir su emmener certains internautes dans une salle de concert ou d’avoir attiré un public différent qui vous écoute mais sur la toile ?
Un mot d’abord pour rappeler comment est née ma relation à YouTube : je ne pensais pas, en y mettant mes vidéos, rencontrer un public. Je n’avais évidemment pas de « plan » : je serai célèbre puis j’aurai des concerts ! J’habitais loin de tout dans la campagne en Caroline du Nord, aux Etats-Unis, et n’ayant personne à qui montrer ce que je jouais, j’ai utilisé Youtube. Mais idéalement, le seul réceptacle pour la musique est le concert, le jeu « en live ». C’est là qu’advient la magie. Rien ne peut l’égaler, ni le CD, ni la haute définition et  encore moins YouTube, qui est de moins bonne qualité. Mais ces instruments peuvent inciter les gens à se déplacer à un concert. Or, souvent, une fois qu’ils ont goûté à la qualité du concert, ces gens, surtout des jeunes, paraissent étonnés de la supériorité de ce type d’écoute. Le contraire m’aurait horrifié ! Mais ce n’est pas si étonnant car ils sont attirés par ce qui est « retravaillé », comme les images sur papier glacé passées par photoshop. En musique, l’industrie discographique a vanté la « perfection » qu’offre la technologie car elle permet de nettoyer chaque note jouée ou chantée ! Ces jeunes sont encore très influencés par ça et ils s’attendent à cette même « perfection » dans une salle de concert alors que c’est de l’émotion qu’on trouve.

 https://www.youtube.com/watch?v=w-Zcc-OvzA8&feature=player_embedded

Vous semblez bien connaître votre public…
Internet offre ses statistiques ! On sait que la majorité de ceux qui écoutent sur YouTube ont entre 25 et 35 ans. Au dessus de 60 ans, c’est 7%. Alors que j’ai entendu que la moyenne d’âge du public en concert classique à Paris est de 61 ans ! Aujourd’hui, même si je joue quasiment tous les jours partout dans le monde, je sais qu’il restera beaucoup de ces gens tombés amoureux de la musique classique en partie à cause de moi que je ne peux pas aller voir. Je ne peux pas être partout et c’est évidemment frustrant.

Pour eux, il y a toujours internet et YouTube…
Oui, évidemment, mais pas un vrai concert et c’est celui qui compte.

Jouez-vous toujours vos morceaux sur internet ?
Oui, je le fais toujours, car je joue pour les gens. Je suis devenue le porte drapeau de ces auditeurs sur YouTube bien malgré moi, mais je pense que je dois plus que jamais continuer à le faire.

Est-ce vrai que vous laissez le choix de votre programmation de concert aux internautes ?
C’est une idée que j’ai eue au départ pour un seul concert, celui au Royal Albert Hall, et ça a fonctionné, parce que c’était une nouveauté. Le programme, très hétéroclite, avait été choisi parmi des vidéos YouTube. Mais, évidemment, quand une idée marche on veut la reproduire à l’envie et c’est là qu’intervient encore le business de la musique classique. On m’a demandé de le refaire encore et encore et c’est devenu comme un « gimmick ».

En quoi cela vous dérange ?
Parce que ça devient prévisible… et populiste ! Les gens choisiront ce qui est le plus connu ! Donc maintenant j’ai arrêté.

Vous pouvez toujours profiter d’internet pour promouvoir des morceaux moins connus…
Je n’ai pas mis que des vidéos avec des morceaux connus sur YouTube ! J’ai toujours fait un mélange. Et je vais plus loin : je propose maintenant de longues séquences YouTube d’une demi-heure environ, ce qui me permet de faire de la pédagogie auprès du public qui vient et me fait confiance. Donc j’accompagne toujours des mélodies connues de morceaux de découverte.

Quels sont les morceaux qui marchent le plus ?
« La danse macabre » de Liszt est le morceau le plus connu que j’ai joué : une « chanson » comme ils disent, qu’ils aiment passer en boucle… J’ai fini par l’enlever de mon répertoire parce que j’ai envie qu’ils connaissent autre chose ! En ce moment, je suis complètement immergée dans Brahms, qui est le compositeur anti-YouTube par excellence. Car YouTube est visuel, donc il privilégie des morceaux mettant en avant la virtuosité du jeu de doigté plutôt que ce qui est lent et triste. Dans mon nouveau programme, je propose donc 50 minutes de Brahms, avec Beethoven, Schuman et Rachmaninov.  De ce dernier, le public de ma chaîne YouTube est très friand, mais cette fois il s’agit d’une nouvelle sonate. De Beethoven, ce n’est pas « Le clair de lune » (qui est un must sur internet), mais « La Tempête »…  Ça reste du Beethoven, qui marche toujours. Schumann est moins connu, mais mon dernier CD lui est en partie consacré. Mais Brahms ? Je me demande comment un garçon ou une jeune fille de 13 ans vont recevoir Brahms…

On a pu vous voir souvent participer aux opérations « Des pianos dans la ville », notamment à Paris, et donc jouer longtemps au milieu de la foule. C’est quelque chose que vous aimez…
Ce n’est pas que j’aime jouer dans la rue, j’aime jouer tout court, où que ce soit !  J’ai été amenée à jouer sur YouTube quand j’habitais loin de tout, mais je me sens plus à l’aise encore au milieu de la Gare de Lyon ! Je joue où que ce soit, sur de bons ou de mauvais pianos, peu importe… Et puis je joue pour tous ceux qui ne peuvent pas nécessairement  s’offrir l’entrée à Pleyel, ou dans d’autres grandes salles…

Avez-vous le sentiment d’avoir changé votre public ?
Je suis en train de changer mon public. Il y a 80 millions de personnes qui m’écoutent sur YouTube, mais il n’y en a pas autant qui peuvent se permettre de venir à mes concerts pour diverses raisons : trop jeunes, pas assez riches, souvent sans travail… Mais tous ces gens à l’avenir auront un bon travail, feront partie de la middle class, ils arriveront à cette catégorie des 61 ans dont on parlait (!) et viendront à mes concerts. De mon côté, j’ai besoin de les accompagner dans leur évolution avec ma musique qui, elle aussi, change. Il y a dix ans, je n’aurais pas pensé jouer du Brahms : il me paraissait étrange et un peu ennuyeux. Je préférais jouer du Liszt. Mais j’ai mûri et ai fait mûrir mon public fidèle avec moi.

Est-ce important d’être sur internet pour exister culturellement ?
Oui absolument. Il faut y être sinon on n’existe pas. Mais avec quel degré d’implication personnelle, ça c’est une autre histoire…

 
 

Le modèle nazi à l’œuvre en Ukraine…

Le médecin qui a traité les femmes violées par des combattants « Azov », est décédé d’un accident vasculaire cérébral à Marioupol

Dans son actu-Ukraine, le site les crises note que le chef actuel du SBU (service de sécurité ukrainien) (wikipedia), Nalivaychenko, veut purger les échelons subalternes du SBU des agents du FSB qui y seraient encore… Et, dans la foulée, il veut réorganiser le SBU selon le modèle du contre-espionnage du OUN-UPA entre 1930 et 1950, ce qui implique la formation d’une police secrète politique et politisée… En Allemagne, à la même époque, cela s’appelait la Gestapo… (politnews.net via fortruss, vzgliad). Pour mémoire, voilà le genre de méthodes utilisées par OUN-UPA à l’époque : écrasement de boîte crânienne, exécution à la hache ou la scie, arrachage de cheveux,… (fortruss). Information parallèle, un médecin ayant soigné des femmes violées et torturés par le bataillon Azov à Marioupol est mort apparemment de cause naturelle. L’article suivant donne plus de détails sur ce qui pourrait se généraliser en Ukraine (fortruss). Nous avons donc traduit mais aussi censuré les aspects les plus atroces de l’article parce que dans ce blog nous refusons le sensationnel et attendons des preuves supplémentaires, mais malheureusement la tendance générale de la situation de ces bataillons néonazis et leurs chefs nous paraît bien celle qui est en train de l’emporter en Ukraine dans les zones de combat (note de Danielle Bleitrach) 30 mars 2015 Varjag2007 Traduit par Kristina Rus Un médecin de Marioupol, qui a fréquemment traité les femmes violées par des soldats des bataillons punitifs, meurt d’un accident vasculaire cérébral. L’Agence de presse « Kharkov » a rapporté des atrocités commises par les soldats des bataillons punitifs stationnés à Marioupol. Les résidents dit qu’ils vivent comme sous l’occupation durant la guerre patriotique grande (WWII). La seule différence est qu’à l’époque, c’était l’envahisseur allemand, qui se livrait au saccage, mais maintenant ils sont ukrainiens. Des femmes violées ou battues se sont présentées à l’hôpital. Heureusement, les cliniques de Marioupol ont des médecins hautement qualifiés, ils ont réussi à sauver la vie et la santé de femmes qui ont été non seulement violées, mais abusées de manière particulièrement brutale. (ici description d’atrocités) Les faits des atrocités des punisseurs ont été confirmés par l’Agence de presse « Kharkov » et un employé de la colonie pénitentiaire féminine de Marioupol, rapports que les soldats des bataillons stationnés ici ont des jeunes femmes détenues qu’ils violent. Les Commandants du bataillon  Azov prennent tous les jours des femmes de 15-20  et moins de 35 ans dans la colonie pénitentiaire féminine 107e Azov. Les détenues sont violées et le matin, retournées à la colonie à peine vivantes. Beaucoup d’entre elles ont dû être traitées par des médecins de Marioupol. L’un des médecins qui a sauvé la vie des femmes victimes est mort d’un accident vasculaire cérébral, incapable de faire face au stress. Vivre et travailler dans de telles conditions est un véritable drame. KR : Marioupol est une ville largement pro-russe, qui a organisé un référendum en mai 2014, comme les zones de RMR et LPR, tandis que le bataillon d’Azov est notoirement rempli de ces néo-nazis, russophobes et ultranationalistes, qui se portent volontaires pour amener la guerre au Donbass.

 

5 avril 1919 : les troupes françaises et grecques sont chassées d’Odessa par les cosaques de l’ataman Grigoriev

 Jeanne Labourbe.jpg

Jeanne Labourde, une héroïne française à Odessa, voir son histoire ci-dessous dans le contexte de l’assaut français et grec contre les Bolcheviks d’Odessa.

http://www.bigler.ru/forum_vb/showthread.php?t=11099

Les troupes d’Intervention (contre la jeune République bolchévique) étaient constituées de représentants de 14 puissances étrangères, qui s’étaient réparti le territoire. Les Français, en autres, intervenaient dans le Sud du pays. En tout, le contingent des troupes étrangères dans le Sud de la Russie était de 60.000 soldats et officiers, dont deux divisions de Français, une division et demi de Grecs, les autres étant des Anglais, des Roumains, des Serbes et des Polonais. Sans compter la marine française de guerre en Mer Noire, dont on connaît les mutineries.

Au sein des troupes d’intervention, la propagande pacifiste et internationaliste est menée par un groupe de révolutionnaires lié au Parti communiste ukrainien, avec des détachements dans chacune des nationalités. Parmi eux, la française Jeanne Labourbe  dont la mémoire était bien connue à Odessa et dans toute l’Union soviétique. Un article de Wikipédia lui est consacré, mais seulement en russe. On peut y voir un timbre à son effigie. (https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9B%D1%8F%D0%B1%D1%83%D1%80%D0%B1,_%D0%96%D0%B0%D0%BD%D0%BD%D0%B0)

Cependant le 2 avril, le groupe des conspirateurs est découvert et passé par les armes, et seuls quelques uns de ses membres purent voir la libération de la ville par l’Armée Rouge.

Jeanne LABOURDE , une héroïne française se bat pour la Révolution Bolchevique à Odessa au nom des héritiers de la Révolution française et de la Commune… :

« A 19 ans, elle était en service comme repasseuse. Une annonce demandant une jeune fille pour enseigner le français à des jeunes filles polonaises lui tomba sous les yeux ; elle partit. C’était en 1896.

Installée dans une famille polonaise, près de la frontière allemande, elle y joua le rôle douloureux de gouvernante et de demi-servante. Mais en même temps qu’elle apprenait le français aux enfants, elle complétait et étendait sa petite instruction primaire. […] Elle fut reprise comme institutrice en Pologne, alors territoire russe. C’est alors qu’elle se lia avec la famille d’un déporté politique et, peu à peu, s’initia aux questions sociales, étudiant, apprenant toujours. Elle commença à passer le courrier révolutionnaire à la frontière […]

Lorsqu’éclata la révolution de 1905, son grand cœur, son courage viril, son dévouement absolu à la cause prolétarienne la lancèrent dans le mouvement libérateur […] à partir de ce moment, elle se consacra au travail du POSDR (b) […]

Militante de toutes les minutes de la grande Révolution socialiste d’Octobre 1917, […] Le 31 août 1918, elle fonda le « Groupe communiste français de Moscou » [1].

Jeanne Labourbe, aidée par Mme Barberet, commença dès 1917 à gagner à la fraternisation avec la Révolution les membres des missions militaires françaises et autres français envoyés en Russie. […] Elle était pour tous ses camarades le modèle du dévouement, de l’abnégation et de la vaillance. […]

Elle était frémissante quand elle apprit que les soldats français avaient débarqué à Odessa. Elle ne pouvait supporter l’idée, disait-elle, que « les fils des communards de 71, les descendants des révolutionnaires de 93, viennent étouffer la grande révolution russe. » […] Elle obtint du Comité central du Parti d’être envoyée à Odessa. Elle y arriva en traversant le front.

Elle se jeta dans l’action avec sa foi, son enthousiasme. Elle remaniait la rédaction des tracts, des journaux, trouvant toujours qu’ils n’étaient pas assez vivants, qu’ils n’accrochaient pas assez le cœur des soldats … »

Elle fut arrêtée puis, avec dix autres camarades, exécutée le 2 mars 1919 par la police française et les russes blancs. L’indignation fut si grande en France que la Ligue des droits de l’homme demanda au gouvernement des précisions sur sa mort. La réponse, publiée dans l’Avenir international (organe syndicaliste révolutionnaire) de février 1920, est le seule version gouvernementale de l’assassinat :

«  Monsieur le Président,

M. le Ministre des Affaires étrangères a transmis à M. le Président du Conseil votre lettre, en date du 15 octobre, par laquelle vous demandez à être renseigné sur les circonstances qui ont accompagné la mort de Mme Jeanne Labourbe, qui eut lieu à Odessa, lors du débarquement de nos troupes dans cette ville. Du rapport qui a été dressé sur cette affaire, il ressort ce qui suit :

« En février 1919, une délégation bolchévik fut envoyée à Odessa par le gouvernement des Soviets, dans le but de provoquer des mutineries parmi les troupes françaises et les amener à la révolte et à la défection. La police russe, qui opérait alors à Odessa, était spécialement aux ordres du général russe, gouverneur de la ville ; elle fit arrêter, au cœur même d’une réunion, les membres de ce comité ; certains d’entre eux tirèrent sur les agents et le groupe fut passé, séance tenante, par les armes. Ce n’est que plus tard que le commandement français apprit qu’au nombre des victimes se trouvait une Française, vraisemblablement Mme Labourbe. »

Tels sont les faits. Ils sont d’ailleurs antérieurs au 13 mars 1919, date à laquelle l’état de siège fut proclamé et où la police russe passa sous les ordres de l’autorité militaire française. »


Source :

— MARTY André, La révolte de la mer Noire, Éditions sociales, 1949, pp. 190-200 ;

(http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=552),

 
 

LES ENJEUX DE LA VICTOIRE DES COMMUNISTES A VENISSIEUX par Danielle Bleitrach

Michèle Picard dans L’Autre Campagne, le 4 mars 2014 © Tim Douet

© Tim Douet
Michèle Picard dans l’émission L’Autre Campagne sur Lyoncapitale.fr, le 4 mars 2014.

Election municipale Vénissieux – Michèle Picard (PCF) conserve la mairie de Vénissieux. Elle arrive en tête des votes avec 42,85 %. Christophe Girard (UMP) est en seconde position avec 32,24 % des suffrages. Le PS est derrière le FN.

La liste de Michèle Picard (PCF) remporte l’élection municipale de Vénissieux, obtenant 42,85 % des suffrages. L’UMP reste en seconde position avec 32,24 % des voix .La véritable surprise aura eu lieu pour la troisième place. La liste FN menée par Damien Monchau obtient 12,63 % quand celle PS de Lotfi Ben Khelifa est à 12,28 %.

La liste de Michèle Picard aura six élus à la métropole de Lyon. Christophe Girard n’aura qu’un seul siège.

Dans un communiqué publié peu avant 21h30, la maire sortante Michèle Picard (PCF) revendique sa victoire alors que le dépouillement est quasi-terminé. Il est vrai que l’écart de voix est tel que le résultat du scrutin ne devrait plus varier.

Michèle Picard : « Je remercie très chaleureusement les électeurs qui viennent de faire gagner notre liste « Avec Michèle Picard, Rassembler les Vénissians, Tenir le cap à gauche ». Ils ont fait preuve de résistance et de ténacité, dans un contexte de désinformation et de mensonges sans précédent. Au nom de notre équipe, qui devient ou plutôt redevient votre majorité municipale, je tiens à dire à chacun de vous : vous avez grandi l’image de notre ville, quand beaucoup ne cherchent qu’à la salir, vous avez montré votre attachement à l’exercice démocratique, au respect de ses règles, à l’honnêteté, quand la droite locale se croit tout permis au point de bafouer le vote populaire des Vénissians. (…) Les petits calculs politiciens de la droite sarkozyste de Christophe Girard ont fait perdre du temps, beaucoup de temps à Vénissieux et aux Vénissians. Je peux vous certifier que notre majorité municipale va redoubler d’effort et reprendre sa marche en avant pour appliquer le contrat communal déjà légitimé en 2014, pour servir l’intérêt général et les services publics de proximité, pour défendre le pacte Républicain. »

Une élection municipale mais aussi la présence communiste au sein de la métropole lyonnaise
Ainsi, le PCF aura six conseillers communautaires, un pour la droite et aucun pour le FN et le PS dans la métropole de Lyon ou Grand Lyon. Il s’agit  d’une collectivité territoriale à statut particulier, située dans la circonscription départementale du Rhône, en région Rhône-Alpes. Créée le 1er janvier 2015, la métropole de Lyon remplace la communauté urbaine de Lyon et, dans le territoire de celle-ci, le département du Rhône. Elle exerce à la fois les compétences d’un département et celles d’une métropole. Ce qui fait qu’il n’y avait pas hier d’élections départementales simplement celle municipale de Venissieux.

Il s’agissait donc non seulement de la municipalité de Vénissieux, mais de son rôle dans la métropole lyonnaise, de la manière dont les élus communistes pèsent sur la politique du « socialiste »  Collomb, en refusant de livrer cette zone ouvrière et populaire à la spéculation. Ce qui explique l’acharnement de ceux qui ont choisi une toute autre politique pour le département du Rhône, sa capitale Lyon, une gentrification et une exclusion du monde ouvrier. Si une partie des socialistes qui reste attachés à la gauche historique a rejoint Michele Picard, le parti socialiste tel qu’il est mené par Gérard Collomb cherche à faire opérer une mutation au PS, comparable à celle de Valls. Il s’agit de détruire la gauche telle qu’elle s’est constituée en France depuis la Révolution française pour lui substituer un parti démocrate à l’américaine. Les manœuvres entre le PS et l’UMP entre les deux tours témoignent de leur volonté commune d’abattre cette municipalité ouvrière.
Vénissieux illustre à sa manière une donnée essentielle de l’ensemble du scrutin de dimanche, partout les communistes, Front de Gauche manifestent de fait une meilleure résistance que le PS non seulement au Front National mais à la droite. Parce que les communistes, les militants du Front de gauche impulsés par le PCF du Rhône se sont rassemblés et ont mené campagne en faveur de la municipalité communiste de Vénissieux. Il y a eu là un pas important vers l’unité des communistes eux-mêmes symbolisé par la venue de Pierre Laurent. C’est une stratégie de rassemblement dans laquelle les communistes jouent un rôle essentiel celui de la défense de classe des intérêts populaires.

Comme il y a tout à parier que premièrement le congrès du PS va donner la majorité à la tendance qui approuve la politique gouvernementale, ne serait-ce que parce que les notables à la mode de Collomb l’ont déjà ficelé. Deuxièmement que Valls ne joue pas la présidentielle de 2017 mais celle de 2022, il a décidé d’aller jusqu’au bout de la destruction du vieux PS, de la vieille gauche en général et de sa base populaire. Il a choisi d’accélérer la mutation vers un parti démocrate à l’américaine dont il sera le candidat idéal. Collomb a la même stratégie pour la métropole lyonnaise. Dans un tel contexte Venissieux joue le village gaulois non seulement de la survie du parti communiste mais d’une gauche ancrée dans les couches populaires.

Voilà comme je l’indiquais avant ce second tour l’enjeu réel de la recomposition de la politique française. Il est évident que les communistes constituent le meilleur facteur de résistance à cette mutation à l’américaine dans une Europe elle même vassalisée. Un projet de souveraineté nationale et d’internationalisme, d’amitié entre les peuples tout autant que la défense acharnée de la classe ouvrière et des couches populaires, le meilleur rempart contre le fascisme et ses divisions au sein de la classe ouvrière et des couches populaires pour le seul profit des capitalistes.

Danielle Bleitrach

 
Poster un commentaire

Publié par le mars 30, 2015 dans femmes, politique, société

 

Gagaouzie : Irina une jeune communiste devient le premier gouverneur de la Gagouazie

La communiste Irina Vlah élue à la tête de la Gagaouzie (Moldavie)

Dans notre livre URSS vingt ans après, nous décrivons Marianne et moi notre périple en Moldavie, avec deux régions, l’une indépendante la Transnistrie et l’autre jouissant d’une certaine autonomie la Gagaouzie. Nous avions rencontré à cette occasion une femme politique communiste dans une région restée très fidèle à la Russie, depuis Catherine II et dont les liens ont été encore renforcés lors de la seconde guerre mondiale face à l’invasion nazie, allemande et roumaine. Nous vous conseillons de lire ce chapitre (et les autres) pour approcher l’extraordinaire complexité de cette Europe centrale dans laquelle des invasions, des transferts de population, des luttes impérialistes ont créé un inextricable écheveau de peuples…

Les Gagaouzes appartiennent à un peuple turco slave et ils sont massivement communistes… C’est un peuple de culture turque venu de Bulgarie accueilli par Catherine II qui les a invités à peupler Novorossia, la Bessarabie et sans avoir les moyens de la Transnistrie voisine, ils ont refusé et l’Europe et la Roumanie.

Le 22 mars se tenaient des élections pour élire le « Başcanii » (gouverneur) de la région autonome de Gagauzie. C’est la communiste Irina Vlah qui a été élue, dès le premier tour, avec 51,01% des voix (32.543 suffrages). Son principal rival, Nicolae Dudoglo (Parti démocrate – soutenue par l’alliance pro-UE), remporte 19,05% des voix.

En fait si Irina Vlah a été élue à la tête de la Gagouzie, si elle est communiste, elle a quitté le parti communiste moldave (MRDC) considéré comme pro-europén ou n’ayant pas une attitude claire face à l’intégration européenne, le parti communiste de Gagaouzie s’est rapproché du parti socialiste, né d’une scission au sein du parti communiste moldave,  plus clairement pro-russe. Actuellement une coalition pro-UE dirige la Moldavie et la Gagaouzie par ce vote a marqué son refus de la rupture avec la Russie. Il y a  là un attachement viscéral mais aussi un intérêt économique qui est commun avec d’autres régions moldaves, ce sont des régions agricoles qui ont tout intérêt à faire des échanges avec la Russie. La Moldavie est une terre d’immigration, un Moldave sur quatre a quitté le pays et une bonne part d’entre eux est en Russie, même si l’Italie est un autre de leur choix…

Dans cette petite Moldavie comme dans tout l’espace post-soviétique nous avons rencontré ce tenace regret de l’Union Soviétique, ce refus du vol d’un temps d’amitié et d’espérance… Et il ne s’agit pas de vieux regrettant leurs vingt ans, non il s’agit aussi de jeunes gens comme Irina qui tendent le poing et disent qu’il faudra compter avec leur génération..

Mais vous découvrirez tout cela dans notre livre, en attendant félicitons-nous que cette jeune communiste soit la première femme à diriger la région. Elle nous avait proposé à Marianne et moi de venir comme observatrices pour les élections… Salut et bon courage Irina…

Danielle Bleitrach

 
Poster un commentaire

Publié par le mars 25, 2015 dans Europe, femmes

 

8 mars : des femmes filment la guerre et la libération des camps (URSS)

 http://www.lauralaufer.com/spip/spip.php?article205

L’opératrice Maria SOUKHOVA caméra à la main au sein d’une unité de partisans en 1944 en Biélorussie. Elle sera tuée quelques semaines plus tard au cours d’une attaque allemande. Maria SUKHOVA travaillait pour le Studio Central des Actualités. Elle avait co-réalisé la photographie du film Les vengeurs du peuple sorti le 19 août 1943. ©RGAFKD.

Le Mémorial de la Shoah consacre une exposition aux cinéastes soviétiques qui ont filmé la guerre et la libération des camps. Parmi ceux – ci se trouvaient plusieurs réalisatrices qui caméra au poing, partirent au front.

Ce 8 mars, j’ai souhaité saluer ces femmes. Sur cinq cent opératrices soviétiques parties filmer les combats, près d’une centaine périrent.

Tout au long de la Seconde Guerre mondiale, les femmes ont largement participé, dans des fonctions diverses, à l’effort de guerre soviétique. Face à l’invasion allemande, elles furent incitées à entreprendre une formation paramilitaire de défense civile.

À partir du mois de mars 1942, le Commissariat du peuple à la défense, pour combler les nombreuses pertes humaines, ouvrit le recrutement des femmes à des postes de combat et aux tâches d’opératrices caméra et de réalisation cinématographique. Aux côtés de leurs collègues hommes, ces femmes filmèrent la guerre sur le front Est, réalisant des documentaires et participant activement à la propagande de guerre.

Marina GOLDOVSKAYA se souvient

La documentariste Marina GOLDOVSKAYA, grand témoin de l’ère de la Pérestroika et de la Russie d’aujourd’hui a côtoyé plusieurs de ces femmes lorsque, jeune, elle habitait un immeuble qui abritait des cinéastes célèbres (Dziga Vertov, Alexander Medvedkin, Roman Karmen, Mikhail Romm, Yuli Raizman …) dont des réalisatrices, parmi les plus significatives du cinéma soviétique.

Elle évoque dans son autobiographie Femme avec une caméra. Ma vie de cinéaste russe. (Ed. University Texas press : http://utpress.utexas.edu/index.php/books/golwom) quelques unes des cinéastes qui vivaient dans cet immeuble et qui furent aussi ses amies :

« La documentariste réputée Arsha OVANESSOVA, la plus gaie de l’immeuble dont on pouvait entendre le rire courir chaque soir de l’année durant. Elle était au centre d’un large groupe qui appréciait son humour et sa manière de vivre. Ce fut un grand choc pour tous, lorsqu’elle souffrit d’une dépression nerveuse. La femme de Vertov, Elisaveta SVILOVA était monteuse et travaillait pour l’hebdomadaire filmé « Les nouvelles du jour« .

La cinéaste battante Era SAVLYEVA, aux surprenants yeux verts-bleus tournait des longs métrages de fiction et Ottilia REISMAN qui réalisa des bandes d’actualités après avoir passé la guerre dans une unité de partisans. Elle était allée à la guerre avec Maria SUKHOVA, autre réalisatrice qui fut tuée alors qu’elle tournait. Ottilia était une femme de belle allure, au physique solide et robuste et au caractère puissant et plein de vie. Era et Ottilia eurent une grande influence sur moi.

Je rêvais de devenir opératrice photo. Un rêve qui avait commencé lorsque j’étais petite fille. Ce travail me semblait tellement romantique ! À cette époque, il y avait peu de femmes cinéastes ; pas comme aujourd’hui. Il n’y en avait pas plus de cinq cents dans le pays dont une centaine périrent au front.

Seul le VGIK formait les gens de cinéma. Et vous pouviez compter les femmes sur les doigts de la main : Magarita PILIKHINA, brillante réalisatrice de longs métrages qui m’encouragea ; Antonina EGINA qui travaillait à Mosfilm comme assistante. Et Galina MOGLOVSAKAYA, une documentariste qui travaillait au Studio de films documentaires. C’est tout c’était très difficile pour les femmes d’entrer dans le programme du VGIK”.

Otilia REISMAN filme dans les rues d’une ville libérée de la Tchécoslovaquie. © RIA Novosti. RIA Novosti

Parmi les réalisatrices évoquées ici, citons Era SAVLYEVA qu’on retrouvera à la photographie du film La ballade du soldat de Grigori Tchoukhraï (1959) : le film en version originale sous titrée en anglais ici https://www.youtube.com/watch ?v=h0zr877200s

La documentariste Irina Setkina tournera la version soviétique du film Majdanek cimetière de l’Europe d’Aleksander Ford consacré à la libération, en juillet 1944 par l’Armée rouge, de ce camp d’extermination. Le film contient un bon nombre d’images explicite, des entretiens avec des survivants et avec des Allemands coupables de crimes. Les réalisateurs (aussi bien dans la version polonaise que soviétique) occultent en grande partie l’identité juive de la majorité des victimes.

La cinéaste Vera STROYEVA (ou STROEVA) avait coréalisé avec son mari Grigori ROSHAL en 1930 Les nuits de Saint Pétersbourg d’après Dostoievski, un film qui influencera les cinéastes italiens et qu’avait vu notamment VISCONTI avant de tourner, vingt-huit ans plus tard, Les Nuits Blanches. Vera STROYEVA qui venait du Théâtre de Kiev où elle avait étudié, puis enseigné l’art dramatique deviendra une des grandes spécialistes d’un cinéma portant à l’écran des œuvres de l’art lyrique et notamment les opéras de Moussorgski (Boris Godounov (1954), La Khovanchtchina (1959) …). En 1947, on lui commande de réaliser un film sur Marytė ou Marija Melnikaitė résitante lituanienne dont les Soviétiques feront une héroïne nationale. Le film est tourné en lituanien dans les studios notamment avec l’acteur Donatas Banionis, mais c’est l’actrice russe Tatiana Lennikova qui joue le rôle titre de Maryte.

Mythe ou réalité ?

Le trait est forcé dans le cinéma de propagande soviétique, mais n’ oublions pas qu’une grande partie des Lituaniens avaient accueilli le nazisme en libérateur et collaboré à ses crimes en secondant la politique d’extermination des Juifs. Dès les premiers jours de l’invasion allemande, les milices dirigées par Algirdas Klimaitis prennent les armes contre les Soviétiques en pleine déroute. La police de sécurité allemande (Sicherheitsdienst ou SD) demande à Klimaitis de retourner ses troupes contre les Juifs. Ce qu’il exécute. Le pogrom de Kaunas, alors capitale de la Lituanie, fait 3 800 victimes et 1 200 autres juifs sont assassiné dans les environs. À Vilnius ce sont 95% des Juifs de la ville qui seront assassinés par les nazis secondés par les Lituaniens. Aujourd’hui, en Lituanie -comme en Lettonie- on révise l’histoire en réhabilitant les collaborateurs au nazisme et en les faisant passer pour des résistants indépendantistes.(cf à ce propos dans la revue Vacarme : http://www.vacarme.org/article1919.html ) Le film de STROIEVA offre une image héroïque de Maryte , personnage symbole d’une Lituanie assimilée au destin national de l’URSS dont on exalte la résistance.

Elisaveta SVILOVA

Yelizaveta (ou Elisaveta) SVILOVA débute à 14 ans comme assistante monteuse pour Pathé à Moscou. En 1918, elle est devenue une monteuse réputée du Goskino. Enthousiasmée par le dynamisme des premiers documentaires agit-prop de Dziga VERTOV, elle rejoint, en 1922, son groupe du Ciné-Œil. Fin 1922, est constitué le Conseil des Trois du groupe avec Dziga VERTOV, Elisabeth SVILOVA, Mikhaïl KAUFMAN (frère de Vertov).

Elisaveta SVILOVA codirige et monte tous les films du groupe, y compris les 23 éditions de Kino Pravda (Ciné vérité) tournées de 1922 à 1925. Le groupe réalise L’homme à la caméra et les films du cycle du Ciné-œil dont le premier s’appelle La vie à l’improviste tout comme la rubrique où vous lisez cette page !

En décembre, le Conseil des Trois rédige un appel aux cinéastes soviétiques, publié dans la revue LEF L’Appel du commencement puis un manifeste théorique en juin 1923 dans l’ organe du Front gauche de la littérature et des arts, fondé et dirigé par MAÏAKOVSKI, sous le titre de Kinoks-Révolution (Kinoki. Perevorot). Le manifeste affirme les pouvoirs absolus de la caméra : « je suis le ciné-œil, l’œil mécanique, la machine qui déchiffre d’une manière nouvelle un monde inconnu. En tâtonnant dans le chaos des événements visibles, je crée un homme nouveau, parfait. »

On retrouve Elisaveta SVILOVA au montage ou à la coréalisation des films En avant Soviet ! (1926), La sixièmepartie du monde (1926),Enthousiasme (1931).Trois chants sur Lénine est terminé en 1934. Cette même année se tient le premier congrès des écrivains d’Union soviétique : Andreï JDANOV définit le concept de « réalisme socialiste » qui deviendra l’esthétique officielle de l’URSS. VERTOV est mis au ban pour formalisme et connaît, dès lors, de grandes difficultés pour tourner. Elisaveta SVILOVA parvient par la réputation de son travail à protéger son mari contre les attaques du gouvernement et à lui trouver un emploi comme documentariste de guerre.

Elisaveta SVILOVA assure le montage du film de Yuri RAIZMAN Berlindocumentaire sur la chute de Berlin. Son documentaire Zverstva fashitov sur le camp d’Auschwitz (1945) sera présenté au procès de Nüremberg pour fournir les preuves des atrocités nazies. Elisaveta SVILOVA co-réalise, en 1946, avec Roman Karmen Le tribunal des peuples (Sud Narovov) , documentaire sur le procès de Nuremberg. Cette réalisation lui vaut, en 1947, le prix Staline, alors qu’ en 1948, Vertov est accusé de « « cosmopolitisme » lors de campagnes antisémites.

Après la mort du cinéaste en 1954, Elisaveta SVILOVA travaille, malgré la censure à réaliser le catalogue et la publication des écrits de Dziga VERTOV.

Iouilia SOLNTSEVA

ou Yuliya SOLNTSEVA

Elle fut d’abord actrice et la vedette d’Aelita de Protazanov et de La vendeuse de cigarettes de Mosselprom.

Elle épouse le grand réalisateur ukrainien Alexandre DOVJENKO et devient son assistance ; elle coréalisatrice avec lui Shchors et La vie en fleurs, menant l’essentiel de sa carrière sous l’influence de son mari. Ils partent ensemble filmer les combats en Ukraine. Voici quelques consignes données à l’équipe que dirige SOLNTSEVA et signée de sa main. Elle coréalise avec DOVJENKO plusieurs documentaires sur la guerre en Ukraine et sur sa libération : Ukraine en flammes, Victoire en Ukraine , L’expulsion des Allemands loin des frontières de l’Ukraine soviétique

DOVJENKO avait déjà terminé la préproduction du film Le Poème de la mer quand il décède en 1956 d’une attaque cardiaque. SOLNTSEVA déclare alors  » Je dois terminer le Poème de la mer en accord avec la conception artistique Dovjenko et en mettant de côté ma propre vision individuelle » . Elle prendra la direction de la réalisation et termine le film en conformité avec le scénario et le découpage prévus par son époux. Sa réalisation recevra le Prix International des Festivals de Films et un prix spécial à Londres en 1959.

SOLNTSEVA entreprend ensuite de tourner un film dont DOVJENKO avait écrit le scénario. Ce sera le Récit des années de feu ou Dit des années de feu. Sa réalisation se révèle magnifique et de grande puissance lyrique et la cinéaste recevra le Grand prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1960. Suivront ensuite deux autres films La Desna enchantée en 1964 et L’inoubliable en 1968.

Je vous propose de clore cette page d’hommage aux cinéastes soviétiques filmant la guerre en regardant le Récit des années de feu qu’on peut trouver en ligne … mais en russe ! C’est d’ ailleurs dans une version sans sous -titre que je l’ai découvert dans les années 1970 à la Cinémathèque du Palais de Chaillot ainsi que le Poème de la mer. Les deux films m’avaient éblouie par leur puissance plastique et… je ne comprends pas le russe ! Les images sont ici en version réduit mais suffisent à évoquer la puissance lyrique (mais aussi très didactique ) du film. Voici l’histoire telle que résumée sur wikipédia. « 1941, début de la Grande guerre patriotique, le kolkhozien Ivan Orliouk, originaire des bords du Dniepr, devient soldat. Il participe aux premières batailles sur les rives du fleuve, avant d’atteindre Berlin. De retour au pays, il reprend les semailles sur la terre libérée« .

Voici le film

 

 

 
1 commentaire

Publié par le mars 18, 2015 dans cinema, femmes, histoire

 
 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 487 autres abonnés