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Archives de Catégorie: expositions

Anne Gorouben, Mon Kafka

 http://www.hallesaintpierre.org/2015/10/anne-gorouben/

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dimanche 6 décembre à 15 heures entrée libre

MON KAFKA
kafka, l’unique

dessins originaux d’Anne Gorouben
Éditions Les Belles Lettres, 2015, collection « encre marine »

Lecture, projections et exposition de dessins originaux
&
DEDICACES

Halle Saint Pierre – auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

Extraits du Journal de Kafka accompagnés de dessins à la mine de plomb sur papier au format 20,5 x 14,5 cm, d’Anne Gorouben, réalisés de 2005 à 2009

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4 ème de couverture

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En savoir plus ici (textes et dessins)

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Notice biographique

Photo : Pierre Boyer, 2013

Photographie de Pierre Boyer, 2013

Anne Gorouben est née en 1959 à Paris. À l’École nationale supérieure des arts décoratifs, elle suit les cours de Zao Wou Ki.
Depuis, elle expose régulièrement ses peintures et ses dessins en France ou à l’étranger. En 2003, elle présente notamment un hommage à Paul Celan au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme à Paris. Son cycle « d’Odessa à Odessa » est exposé dans différents centres d’art en France et en Ukraine. Ses oeuvres sont présentes dans des collections publiques et privées en France et à l’étranger.
Elle a publié 100, boulevard du Montparnasse en 2011 aux éditions Le Cahier Dessiné et contribue depuis à la Revue.

MON KAFKA
notes sur une lecture dessinée

J’ai lu le Journal de Kafka vers mes 20 ans. J’étais d’une nature très angoissée. Je ne pensais pas survivre à ma détestation de moi-même et à ma honte. J’avais lu plusieurs des romans, comment suis-je tombée sur le Journal, je l’ignore.
Cette lecture fut sidérante, si Kafka y écrit sa souffrance et ses moments de désespoir, il s’agit avant tout d’un travail littéraire. Dans le premier carnet, on trouve par exemple ce début de texte : ” À mains, égards, on peut dire que mon éducation m’a causé beaucoup de torts….” Ce texte est repris par trois fois… La lutte contre l’étudiant également. Et bien d’autres, qu’il juge parfois directement : faible, dénué de vérité… Fragments de moments quotidiens, visions d’avant ou après le réveil, rêves, récits interrompus, descriptions rapides comme des esquisses, et aussi matrice de beaucoup de ses grands textes.
Je fus bouleversée de découvrir que j’avais dans mes mains une grande oeuvre littéraire, un outil de travail de la langue. Et que de sa souffrance, Kafka faisait un extraordinaire matériaux littéraire.Que l’on puisse faire du beau avec la douleur de vivre, ce fut une révélation, il fallait mettre ma souffrance au travail. Je suis restée infiniment reconnaissante à Kafka.
En 2000, quand Robert Bober m’appris que dans la série des “Correspondances”, documentaires pour la 5 avec Pierre Dumayet, ils prévoyaient un “Kafka”, j’osai lui proposer de l’accompagner, car il introduisait toujours des “illustrations” dans ces documentaires. Je réalisais donc une série de dessins et une peinture panoramique allant de Franz à Milena, qui fut filmée au fur et à mesure de sa réalisation. D’autres de mes peintures interviennent dans le film.
L’année suivante Gérard-Georges Lemaire projeta une grande exposition collective au Musée du Montparnasse à Paris sur le Cercle de Prague. Il me proposa de travailler sur les rêves. Je fis plusieurs pastels de grand formats. J’ai directement travaillé exclusivement sur le Journal. Pas sur la correspondance ni les romans.
Différentes expositions eurent lieu à partir de 2002, d’autres pastel, et des dessins de petits formats que je continuais passionnément à dessiner, ouvrant une page du Journal au hasard et y découvrant chaque fois une “image”, un “dessin” écrit par Kafka qui appelait mon propre dessin. Tous ces dessins sont fait sans aucune autre documentation, ils sont exclusivement réalisés comme l’on dessine un rêve, avec les seuls mots de Kafka pour support. C’est pourquoi le texte figure avec le dessin sur le papier, qu’ils sont indissociables.
De 2005 à 2009 j’ai poursuivi cette série. Jusqu’à ce que les dessins de “100, boulevard du Montparnasse” viennent prendre suite sur ce carnet, interrompent la série. Il y a 72 dessins, il aurait pu y en avoir 136, ou 204… Chaque fois que j’ouvre ce grand livre, une phase, un fragment , m’appellent et j’éprouve un désir intense de dessiner.
Paul Audi est venu à l’atelier au printemps dernier. Il a immédiatement vu en ce travail un livre. C’est lui qui m’a mis en contact avec Jacques Neyme. Le livre existe grâce à Paul Audi, à Jacques Neyme, et à Michel Denis qui a travaillé sur les dessins, effaçant les bords de mes feuilles afin que le dessin semble déposé directement sur les pages du livre. “mon kafka” est une lecture dessinée du Journal, un acte de reconnaissance envers Kafka, une “dette de vie”.

Anne Gorouben, octobre 2015

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Publié par le novembre 11, 2015 dans expositions, litterature

 

Picasso blanc et noir

C’est l’anniversaire du jour de naissance de Picasso , en hommage cette exposition…

Pablo Picasso, Marie-Thérèse, de Face et de profil (Marie-Thérèse, face et profil), Paris, 1931 Agrandir Marie-Thérèse, Face and Profile

Légende

Pablo Picasso, Marie-Thérèse, de Face et de profil (Marie-Thérèse, face et profil), Paris, 1931. Huile et fusain sur toile, 111 x 81 cm. Private collection. © 2012 succession de Pablo Picasso/artistes droits Society (ARS), New York. Photo : Béatrice Hatala

Picasso noir et blanc est la première exposition à explorer l’utilisation remarquable du noir et blanc tout au long de la carrière prolifique de l’artiste espagnol. Affirmant que la couleur affaiblit, Pablo Picasso en a purgé   son travail afin de mettre en évidence la structure formelle et l’autonomie des formes inhérente à son art. Sa palette répétée minimale correspond à son intérêt obsessionnel pour la ligne et  la forme, le dessin et les valeurs monochromatiques et tonales, tout en développant un langage complexe de signes picturaux et sculpturaux Le motif récurrent du noir, blanc et gris est évident dans ses périodes bleue et Rose, pionnier des recherches dans le cubisme,  dans les peintures figuratives néoclassiques et s’accorde au surréalisme. Même dans ses œuvres ultérieures qui dépeignent les atrocités de la guerre, natures allégorique, vives interprétations des chefs d’oeuvre historique et ses toiles sensuelles créés au cours de ses années de lumière, il a continué à pratiquer une réduction de la couleur.

Picasso est né à Málaga (Espagne), le 25 octobre 1881,  fils de  María López de Picasso et José Ruiz Blasco. Son père, peintre, professeur d’art et commissaire d’exposition, encourage son fils à devenir un artiste après avoir réalisé rapidement des dons artistiques étonnants de Picasso. Après ses études en Espagne, il s’installe à Paris et se lance dans une carrière extraordinaire pour devenir le peintre le plus influent dans l’art du XXe siècle.

Gérer une composition complexe sans avoir à organiser des contrastes de couleur, Picasso crée des chefs-d’œuvre tels que l’ atelier de la modiste (1926), le charnier (1944-45) et les demoiselles d’honneur (Las Meninas, après Velázquez) (1957). La qualité graphique du noir et blanc de Picasso renoue avec les figures rupestres du paléolithiques créés avec du charbon de bois et de simples des pigments minéraux (Femme nue avec guitare, 1909), à la tradition de grisaille (étude de la Sculpture d’une tête [Marie-Thérèse], 1932) et au dessin européen (homme avec une Pipe, 1923). Picasso a utilisé ce choix distinctif d’explorer une tradition séculaire de maîtres espagnols, comme El Greco, José de Ribera, Francisco de Zurbarán, Diego Velázquez et Francisco de Goya, chez quil’utilisation du noir et gris a été prédominant.

La palette de Picasso révèle le développement d’un procédé unique de travail, qu’il a poursuivi jusqu’à sa mort le 8 avril 1973, à Mougins, France. Ses œuvres novatrices en noir et blanc continuent d’influencer les artistes aujourd’hui. Cet aperçu chronologique, s’étendant sur 1904 à 1971, comprend des peintures, sculptures, œuvres sur papier, qui soulignent le choix de l’artiste de noir, blanc et gris au lieu de la couleur et.

Carmen Giménez, Stephen et Nan Swid conservateur de l’Art du XXe siècle, avec l’aide de Karole Vail, conservateur adjoint

 
 

En images : à Moscou, les stations de métro ont des airs de palais

Vous remarquerez que ce reportage avec ses commentaires parle de l’histoire russe, « du pays de Poutine », mais pas un mot sur l’URSS, c’est pourtant durant cette période qu’a été construit ce chef d’œuvre qui marie esthétique russe traditionnelle et constructivisme… Des femmes soviétiques m’ont raconté dans quelles conditions il avait été construit et comment il avait servi d’abri. (note de Danielle Bleitrach)

Dans sa nouvelle série, le photographe canadien David Burdeny expose toute la grandeur de la Russie. À travers ses stations de métro.

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Qu’il s’agisse de New York, de Londres ou encore de Paris, les stations de métro ne se résument en général qu’à de lugubres plateformes de béton noir, au sujet desquelles nous n’avons qu’une hâte : en sortir. Comment alors imaginer qu’à Moscou, ces tunnels sombres et souterrains aient des allures de véritables palais tsariens ?

La série du photographe israélien Tomer Ifrah, que nous avions interviewé en février dernier, nous avait certes mis la puce à l’oreille. Ce dernier, qui s’était pris d’amour pour les sous-sols flamboyants de Moscou, nous expliquait que les stations de métro de la ville étaient tout simplement le reflet de l’histoire russe :

Les premières stations ont ouvert en 1935 mais se sont répandues graduellement au fur et à mesure des années, quand de plus en plus de stations ont été construites, dans les années 50, 60 et jusqu’à aujourd’hui. En fait, elles sont toutes connotées par l’époque dans laquelle elles ont été bâties, donc en voyageant de station en station, on voyage aussi à travers le temps.

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L’architecture souterraine au pays de Poutine

Mais un autre photographe révèle aujourd’hui toute la splendeur de ce métro russe, de façon plus frappante encore. À travers sa série A Bright Future : New Works from Russia, relayée par le site Factodesign, le Canadien David Burdeny souligne l’incroyable richesse architecturale des rames moscovites.

Ses photographies n’ont pas été simples à réaliser : au pays de Poutine, les stations de métro appartiennent à l’armée civile (et font également office de bunker). Ce n’est qu’avec l’aide des producteurs de l’émission de télévision anglaise Top Gear, qui se focalise justement sur le métro russe, qu’il a réussi à décrocher une autorisation.

Sur le site Factodesign, David Burdeny expliquait : “Les premières stations à avoir été construites ne sont pas forcément inspirées du constructivisme ; elles sont presque religieuses. Les suivantes s’inspirent ensuite de l’art deco“. Couloirs de colonnes infinis, lustres majestueux, moulures royales ou larges parterres de béton… ces lieux souterrains sont de véritables œuvres architecturales, entre Art Deco donc, Rococo et constructivisme.

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Publié par le octobre 22, 2015 dans expositions, peinture, société

 

Exposition en Pologne : nus, ils jouent à cache-cache dans une chambre à gaz

 INIMAGINABLE… L’ART PRETEXTE A LA MEDIOCRITE A LA RECHERCHE EPUISEE DE LA TRANSGRESSION. LA MARCHANDISATION  A SON STADE DE POURRISSEMENT…  UNE POLOGNE AU BOUT DE SES DEMONS…

Des touristes israéliens qui se sont dernièrement rendus dans le Musée d’Art Moderne à Cracovie, ont été stupéfaits de découvrir que dans l’une de ses expositions, est présenté un court-métrage dans lequel on peut voir des hommes et des femmes nus jouant à “cache-cache” dans une chambre à gaz. Les six acteurs du court-métrage se comportent comme des enfants et le film présente les chambres à gaz de manière légère et amusée. La vidéo, qui a été dévoilée dans le passé dans une exposition à Berlin, a été retirée après la protestation des dirigeants de la communauté juive d’Allemagne.  

À la fin du film, qui dure quatre minutes et demi, et qui est intitulé “The Game of Tag” (le Jeu de Cache-cache), il est écrit qu’il a été filmé dans deux endroits différents : dans une chambre à gaz de l’un des anciens camps d’extermination et dans la cave d’un immeuble résidentiel privé.  On ne sait pas bien comment les réalisateurs du film ont reçu l’autorisation de filmer celui-ci dans une chambre à gaz, car, après la Shoah, tous les camps d’extermination sont devenus des musées avec des règles très strictes.

Il s’avère par ailleurs, que dans la liste des sponsors de cette exposition, on trouve l’Ambassade d’Israël en Pologne. Le sigle de l’ambassade, ainsi que le lien de celle-ci, figurent sur la page de l’exposition et elle y est mentionnée en tant que “partenaire”. D’autres organismes sont responsables de l’exposition. Des responsables du Musée ont confirmé que le parrainage a été accordé pour l’exposition dans laquelle est exposé le film “cache-cache”.

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Le porte-parole du Ministère des Affaires Étrangères à Jérusalem, Emmanuel Nahshon, a indiqué qu’il «s’agit d’une ‘exposition artistique’ répugnante, il s’agit d’une odieuse tentative de faire  de la provocation tout en faisant un usage cynique des chambres à gaz en tant que décor, cela afin de faire une affirmation à la fois odieuse et manquant totalement de valeur. Nous agissons par tous les moyens dont nous disposons afin de faire retirer cette exposition».

De plus, nous avons été informés du fait que l’ambassade s’est adressée à la direction du Musée de Cracovie lui demandant de retirer la vidéo après avoir découvert qu’elle était présentée dans le cadre de l’exposition. De plus, “Israël agit par tous les moyens dont elle dispose afin de faire retirer l’exposition”.

Source

 
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Publié par le juin 12, 2015 dans expositions

 

Je suis avec eux… absente malheureusement mais si présente pour ce combat…

Photo de Jeudi Rouge.

Pourquoi s’occuper de l’Ukraine alors qu’il y a tant de problèmes chez nous ? Mais parce que les conséquences de la politique des gouvernements français successifs (vassalité aux Etats-Unis par Europe interposée, soumission au patronat, choix de la guerre pour les marchands d’armes et contre les peuples, incitation à la haine raciale et au bellicisme, etc…) ne touchent pas seulement les peuples victimes, ils concernent l’ensemble des peuples européens, le peuple français au premier chef.

L’Ukraine c’est non seulement cette guerre civile qui préfigure un affrontement nucléaire avec la Russie à cause de l’expansionnisme de l’OTAN, c’est la poursuite du plus grand hold up du siècle celui imposé aux peuples de l’ex-Union soviétique, le pillage à une échelle gigantesque du bien public, l’entente entre oligarques locaux et capitalistes occidentaux pour cela, la surexploitation des travailleurs et la guerre civile menée contre les peuples… Le déferlement en France de pauvres gens qui fuient la misère et sont prêts à se vendre pour un minimum… sans syndicalisme, surveillé par les ambassades des pays de l’est et leurs nervis…

Les communistes restent leur principal ennemi… Parce qu’ils continuent à se battre, à parler de justice et de paix, la contraire de leur politique…

Ce que Monika a à dire en plus de notre livre à Marianne et moi c’est la prostitution généralisée qui a été imposée aux peuples de l’ex-Union soviétique, aux pays jadis socialistes, l’apologie de cette prostitution, avec l’idéal masculin du souteneur, de la brute prête à tout et les femmes que l’on vend, les enfants adoptés… Et l’exode massif du désespoir… Croyez vous que cela soit sans lien avec les déréglementations de la loi Macron ?

Voilà je suis avec Marianne et Monika qui se battent pour dire ce qui se passe, pour lutter contre la désinformation… Allez discuter avec elles comme vous viendrez à Marseille le 30 mai à la fête des Rouge-midi…

Danielle Bleitrach

 

Camps, extermination de masse… Ils ont photographié l’inimaginable par Yasmina Youssi

Voilà ce qui me rend malade dans le mode de pensée actuel, celui qui en fait prétend limiter aux seuls juifs, même s’ils en furent les principales victimes, cette indicible horreur, comme si elle ne concernait pas l’ensemble de l’Humanité… Je ne supporte plus les malades qui la nient, ceux qui pensent que « les juifs en font trop avec leur shoah » ou les juifs qui se l’approprient pour développer un chauvinisme insupportable… Tous ces gens sont indignes du travail que l’humanité devrait accomplir sur elle-même… j’éprouve pour eux un mépris presque aussi grand que pour les bourreaux d’un tel crime (Danielle Bleitrach)

Publié le 29/03/2015.

Bergen-Belsen, le 20 avril 1945.<br />
Bergen-Belsen, le 20 avril 1945.

Photo : George Rodger / Time Life Pictures / Getty Images

 

En découvrant la réalité des camps en 1945, les photoreporters sont confrontés à l’horreur : comment photographier l’extermination de masse ? Quatre d’entre eux ont témoigné à l’époque.

Il a garé sa Jeep à l’entrée de Bergen-Belsen, s’est soumis à la corvée de DDT (traitement contre les insectes porteurs du typhus, de la malaria, etc.), avant de filer vers les bois du camp. Avec l’idée de prendre une photo des quelques personnes aperçues au loin, faisant paisiblement la sieste sous des pins caressés par le soleil froid de ce 20 avril 1945. Une jolie scène, pour changer. Life, dont il est le correspondant, saura quoi en faire. La première image est dans la boîte. Une deuxième de plus près et le sujet sera bouclé.

Mais plus il s’approche, plus les corps se transforment en cadavres et se déclinent désormais par milliers. Combien ? Le Britannique George Rodger (1908-1995) ne peut plus, ne sait plus compter face à l’ampleur du crime qui se matérialise sous ses yeux. « Comment absorber ça ? C’était tout simplement impossible, trop affreux », se souvenait-il des années plus tard (1).

Transmettre l’horreur inconcevable

Cette question, tous les photoreporters qui ont couvert l’ouverture des camps d’extermination se la sont posée. La mort, dans les conflits, se donnait pourtant à voir dans la presse depuis la guerre de Sécession (1861-1865). Et la mise sur le marché d’appareils maniables et silencieux a permis aux photographes d’être au plus près des combats de la guerre d’Espagne (1936-1939). Ils se sont ainsi peu à peu émancipés des rédacteurs, offrant à travers leurs images des informations absentes des papiers, passant du reportage au photojournalisme.

Mais les morts – dont le plus célèbre, un républicain tombant sous une balle franquiste, a été immortalisé par Robert Capa en 1936 – ont jusque-là toujours été représentés de manière individualisée. Comment photographier la destruction de masse ? Faut-il cadrer dans les montagnes de corps entassés par les nazis ou isoler les visages pour rendre aux victimes leur dignité ? Et que photographier pour transmettre l’horreur inconcevable à laquelle ils sont pour la première fois confrontés ?

Bergen-Belsen, mi-avril 1945. Les soldats britanniques exigent des ex-gardiennes du camp qu'elle déplacent les corps, afin d'endiguer une épidémie de typhus.<br />
Bergen-Belsen, mi-avril 1945. Les soldats britanniques exigent des ex-gardiennes du camp qu’elle déplacent les corps, afin d’endiguer une épidémie de typhus.

Photo : George Rodger / Time Life Pictures / Getty Images

Tous les photoreporters présents en Allemagne choisissent au final de marquer les esprits. Quand ils photographient les charniers, George Rodger, Margaret Bourke-White ou Lee Miller veulent qu’on pressente les enchevêtrements de cadavres qui débordent du cadre. Ils font également des gros plans sur les dépouilles amoncelées, pour leur redonner une identité. Margaret Bourke-White photographie les restes de corps dans les fours crématoires et des morceaux de peau tatouée, prélevés par les nazis.

Laisser transparaître la haine

La plupart de ces grands photographes, comme Germaine Krull, s’effacent derrière leur sujet. Sauf lorsque Lee Miller photographie les bourreaux morts ou vifs dans des poses avilissantes, laissant transparaître dans ses tirages la haine qu’ils lui inspirent. A l’opposé, elle montre des survivants actifs, qui reprennent leur destin en main.

Ces clichés ont été largement publiés dans les presses française et anglo-saxonne en ce printemps 1945, contrairement aux photos de Majdanek et d’Auschwitz (libérés par les Soviétiques en juillet 1944 et janvier 1945), peu distribuées à l’Ouest. L’armée américaine, qui encourage leur diffusion, veut faire connaître au plus grand nombre les crimes des nazis — et justifier ainsi l’envoi des troupes américaines à l’étranger. En instaurant une « pédagogie de l’horreur », elle prépare également la dénazification de l’Allemagne.

Ces épreuves ont eu un impact non négligeable sur l’histoire de la photographie documentaire. « La photographie humaniste, emmenée par Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis ou Robert Doisneau au lendemain du conflit, a souvent pour thème l’homme debout, la figure du marcheur, les enfants, analyse le commissaire de l’exposition « Mémoires des camps », Clément Chéroux, aujourd’hui à la tête du cabinet de la photographie du musée national d’Art moderne au Centre Pompidou. J’y vois comme une réponse aux images des charniers. ».


George Rodger 1908-1995


Photo : George Rodger / Time Life Pictures / Getty Images

Accrédité auprès de l’armée britannique, il a couvert les campagnes de France, de Belgique et de Hollande, en 1944. Il fut le premier photographe à pénétrer dans le camp de Bergen-Belsen. « Cela ne m’intéressait pas particulièrement de photographier l’horreur de la guerre. Je n’avais pas le moindre goût pour […] le sang, les entrailles répandues et tout le reste. Sur le moment, on ne pense pas aux effets que cela peut avoir sur vous. […] Lorsque je me suis rendu compte que je pouvais contempler l’horreur de Belsen – quatre mille morts affamés étendus un peu partout – et ne penser qu’à une bonne composition photographique, j’ai su que quelque chose m’était arrivé et que cela devait cesser. J’avais l’impression d’être comme ceux qui dirigeaient les camps – cela n’avait aucun sens. »
Extrait de Dialogue with photography, de Paul Hill et Thomas Cooper, Manchester, Cornerhouse Publications, 1979.


Margaret Bourke-White 1904-1971

Buchenwald le 13 avril 1945. Un soldat américain tient un morceau de peau humaine. La femme du directeur du camp les faisait découper car elle aimait les tatouages.<br />
Buchenwald le 13 avril 1945. Un soldat américain tient un morceau de peau humaine. La femme du directeur du camp les faisait découper car elle aimait les tatouages.

Photo : Margaret Bourke-White / Time Life Picture / Getty Images

Photographe à Life depuis 1936, accréditée auprès de l’armée américaine, elle accompagne le général Patton pendant la campagne d’Allemagne, en 1945. Elle a photographié Buchenwald. « L’usage de l’appareil photo était un soulagement. Il intercalait une mince barrière entre moi et l’horreur devant moi. Les gens me demandent souvent comment il est possible de photographier de telles atrocités. Je devais couvrir mon esprit d’un voile pour travailler. Lorsque je photographiais les camps d’extermination, ce voile protecteur était si solidement tendu que je savais à peine ce que j’avais pris jusqu’à ce que j’aie vu les tirages de mes photographies. C’était comme si je voyais ces horreurs pour la première fois. Je crois que beaucoup de correspondants travaillaient dans cet état de stupeur imposée. On est obligé, autrement c’est impossible à supporter. »
Margaret Bourke-White, Portrait of myself, paru aux Etats-Unis en 1963.


Germaine Krull (1897-1985)

11 avril 1945, un légionnaire français dans le camp de Vaihingen.<br />
11 avril 1945, un légionnaire français dans le camp de Vaihingen.

Estate of Germaine Krull / Israel Museum / Don de Gérard Lévy en mémoire du Docteur Jo Lévy

Photographe allemande installée à Paris en 1925, Germaine Krull rejoint la France libre en 1940, débarque avec les alliés en Provence en août 1944 et suit la première armée française jusqu’à la fin du conflit. Elle a photographié le camp vide du Struthof et le camp de Vaihingen. «  Je n’ai jamais pensé qu’il serait possible de réduire la condition humaine à un état aussi bas que celui-là. Partout des formes squelettiques, dont les yeux ne semblaient être que des trous noirs, recroquevillés par terre, dans des coins. Quelques-unes respirant, d’autres déjà morts. Plus loin, une masse vivante, humaine, qui semblait avoir perdu la forme individuelle de l’homme, arrivait à nous expliquer qu’ils avaient faim et qu’ils voulaient dormir. […] J’avais beaucoup de peine à faire des photos. Ces pauvres mains qui pouvaient à peine tenir une gamelle de soupe, les mots de ceux qui espéraient pouvoir repartir quelque part en Amérique. Ces yeux qui racontaient plus les horreurs que les mots qui sortaient de leur bouche… »
Germaine Krull, La vie mène la danse, éd. Textuel. Publié en mai à l’occasion de l’exposition du Jeu de paume. 


Lee Miller (1907-1977)

Les habitants des environs de Buchenwald sont forcés par les alliées de visiter le camps lors de son ouverture.<br />
Les habitants des environs de Buchenwald sont forcés par les alliées de visiter le camp lors de son ouverture.

Lee Miller Archives, England 2013 / All rights reserved

Correspondante de guerre pour les éditions américaines et britanniques de Vogue, elle est accréditée auprès de l’armée américaine de 1942 à la fin du conflit. Elle a photographié les camps de Dachau et Buchenwald. «  Bien sûr que les civils allemands savaient ce qui se passait dans les camps de concentration. L’embranchement des voies ferrées pour Dachau passait devant des villas, avec des trains remplis de cadavres ou de déportés à moitié morts. Je n’ai pas pour habitude de photographier l’horreur. Mais ne croyez pas que chaque ville, chaque région en soit dépourvue. J’espère que Vogue publiera ces photos. »
Texte de Lee Miller paru dans l’édition du Vogue américain de juin 1945. 

Retrouvez notre numéro spécial « Ils ont raconté la Shoah », en kiosque jusqu’au 31 mars 2015.

 
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Publié par le mars 29, 2015 dans expositions, histoire

 

La tournée des Ukrainiens : Nice, le 29 janvier …

Nous sommes les syndicalistes assassinés. Conférence le 29 janvier 2015 à Nice par une délégation d’Ukrainiens d’ODESSA.

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance» organise le 29 janvier 2015 la venue à Nice d’une délégation ukrainienne d’Odessa.

Le canon gronde à l’est de l’Europe. 

Nous vivons une période extrêmement dangereuse. Mais les français, sous-informés, n’en n’ont pas conscience.

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance» organise le 29 janvier 2015 la venue à Nice d’une délégation ukrainienne d’Odessa

Avec une exposition sur le drame du 2 mai 2014. Ce jour-là 46 personnes sont mortes (données officielles grandement minimisées) et des dizaines de disparus.

Ces militants pacifistes ont été brûlés vifs dans la maison des syndicats de cette ville.

 

Nous sommes les syndicalistes assassinés -affiche u.pdf

Les Français sont-ils informés de l’activité des Partis Svoboda et Pravy Sektor ouvertement Néo Nazis ( ils ont réédité et diffusent mein kempf), ils sont organisés militairement, pratiquent le salut hitlérien, etc. Ils étaient le fer de lance des manifestations de Maidan, venus armés de toute l’Ukraine pour ce coup d’état.

De plus la presse allemande a révélé la participation de sections de « Black Water » Cette armée privée américaine, composée de mercenaires, qui n’obéit à aucune loi internationale.

Les hauts responsables politiques français qui nous parlent volontiers de démocratie feignent d’ignorer la présence et le rôle de ces criminels Néo Nazis dans les événements d’Ukraine.

Ces faits sont soigneusement cachés à l’opinion française.

Le 2 Mai à Odessa, une bande fasciste organisée venue du nord du pays, sous couvert de soutenir une équipe de foot s’est rendue coupable de violences inouïes. Ils ont saccagé la maison des Syndicats, massacré aveuglément des personnes qui s’y trouvaient puis ont mis le feu à l’immeuble. Des dizaines de victimes ont trouvé une mort atroce dans cet incendie.

Des habitants d’Odessa, regroupés dans des associations antifascistes et de solidarité aux familles des victimes ont réalisé une exposition itinérante qui a été montrée dans plusieurs villes d’Europe.

Après Marseille, elle sera à Nice le 29 janvier.

 

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance» organise le 29 janvier 2015 la venue à Nice d’une délégation ukrainienne d’Odessa avec une exposition sur le drame du 2 mai 2014. Ce jour-là 46 personnes sont mortes (données officielles grandement minimisées) et des dizaines de disparus. Ces militants pacifistes ont été brûlés vifs dans la maison des syndicats de cette ville.

L’horreur de ce crime abominable, son caractère prémédité, la collusion entre les bandes fascistes et le pouvoir ne peuvent laisser indifférent.

Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop sont responsables de cette tournée en France. Toutes deux sont allées très souvent en Ukraine et leur dernière visite était pour Odessa.

Nos amis d’Odessa, regroupés dans des organisations antifascistes et des comités de soutien aux familles des victimes, ont préparé cette exposition qui tourne depuis quelques temps dans plusieurs villes d’Europe.

Ils sont avec nous ce soir du 29 janvier pour nous parler des événements. Au CLAJ à 18h30, 26 av Scuderi 06100 NICE

 

Leur témoignage doit être entendu par le plus grand nombre de personnes, c’est pourquoi nous faisons appel à vous afin de donner le maximum d’audience à cette manifestation. (En fichier joint : l’affiche et autres tracts).

 

Récemment des députés et des sénateurs français, de diverses opinions, se sont rendus en Russie, porteurs d’un message de PAIX.

Comme ces parlementaires nous pensons que le peuple de France ne veut pas d’une guerre sous commandement américain contre le peuple russe, ni  contre aucun peuple du monde.

  -Aux sanctions nous préférons le dialogue

   -Aux affrontements nous préférons les échanges commerciaux et culturels.