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Archives de Catégorie: Europe

Nos amis d’Odessa nous alertent

Marianne a reçu un signal d’alerte d’un de nos amis odessites et elle me demande de vous prévenir, il nous annonce de bonnes et mauvaises nouvelles et a donc besoin que publicité soit faite sur les agissements des fascistes à Odessa.

D’abord une bonne nouvelle, le procès des anti-maïdans qui se tenait depuis 3 ans a connu un épilogue heureux.

Les 5 personnes qui étaient détenues pour s’être affrontées dans la rue Grecque (le même jour où l’on brûlait dans la maison des syndicats) avec les fascistes se revendiquant du maïdan  avaient été arrêtés, alors qu’il n’y a toujours eu aucun fasciste arrêté.

Le procès s’est soldé heureusement par un acquittement vu qu’aucun témoignage contre eux n’était crédible. Tout le procès s’était déroulé y compris la dernière séance avec des hordes dehors qui faisaient pression sur le tribunal. Mais le dossier était tellement vide que le tribunal l’a reconnu. Voilà pour la bonne nouvelle.

Mais aussitôt deux d’entre eux ont été incarcérés sous le chef d’accusation de séparatisme. Parmi les trois qui ont été libéré, l’un a été suivi jusque chez lui par les fascistes et frappé, littéralement massacré. Comme le déclare la presse russe aujourd’hui.

Il faut rester vigilant sur ce qui se passe à odessa, en Ukraine, en Pologne avec la montée du fascisme encouragé par nos propres gouvernements et dans le silence de nos médias.

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Publié par le septembre 19, 2017 dans Europe, extrême-droite, GUERRE et PAIX

 

La révolte des ouvriers serbes face à leurs patrons étrangers

Dans une usine du groupe sud-coréen Yura à Raca en Serbie, le 25 août 2017 / © AFP / Nebojsa Raus

Qualifiés, bon marché, peu protégés par la loi, les ouvriers serbes ont tout pour plaire aux multinationales étrangères. Mais la grogne monte parmi les travailleurs du plus grand pays des Balkans, candidat à l’Union européenne.

La grève des ouvriers de Fiat fin juin a marqué les esprits. Les 2.400 ouvriers de l’usine de Kragujevac dans le centre du pays demandaient une hausse de leur salaire de plus de 18%. Une demande qui peut sembler exorbitante pour qui ignore que cela aurait fait passer leur traitement à… 370 euros mensuels. Soit 30 euros en dessous du salaire moyen de ce pays, qui négocie son adhésion à l’Union européenne.

Ce fut la première crise qu’eut à gérer la Première ministre Ana Brnabic, une jeune technocrate de 41 ans. Elle l’a gérée en prévenant les syndicats que Fiat ne négocierait pas tant que la grève continuerait. De son côté, le constructeur italien choisissait le silence, laissant se répandre les rumeurs de départ du pays où il est installé depuis les années 1950.

Une perspective inquiétante pour un pays où le taux de chômage avoisine les 15% et où les exportations de Fiat (382,2 millions d’euros au premier quadrimestre 2017) pèsent pour 3% du PIB, selon l’institut national des statistiques. L’été passé, les négociations ont abouti à un accord sur une augmentation des salaires indexée sur le taux d’inflation projeté, soit 4,5% pour 2018.

Malgré cette issue, Ranka Savic, une dirigeante du syndicat ASNS, ne décolère pas: l’Etat « laisse les multinationales faire ce qu’elles veulent, pour pouvoir se targuer d’un taux d’embauche historique », dit cette dirigeante d’un des principaux syndicats serbes.

Pour les attirer, les investisseurs étrangers se voient offrir aides à l’emploi et exonérations fiscales. Sollicité, le Conseil des investisseurs étrangers en Serbie s’est refusé à commenter.

– Un ouvrier se pend –

Emblématique, la grève de Fiat ne fut pas le seul signe de la grogne qui monte. Salaires payés en retard, charges sociales « oubliées », heures supplémentaires non rémunérées, conditions de travail désastreuses: la presse rapporte régulièrement de tels abus.

Le groupe sud-coréen Yura, spécialisé dans l’équipement électronique automobile, avait ainsi été au centre d’une tempête médiatique en 2016, avec des récits d’abus, de harcèlement, ou de refus de laisser les ouvriers se rendre aux toilettes dans l’usine de Leskovac (sud). L’histoire d’une mère célibataire atteinte d’une tumeur, dont le contrat n’avait pas été prolongé, avait suscité une vive émotion en Serbie.

Yura, sollicitée par l’AFP par courriel, n’a pas réagi. De son côté, l’inspection du travail n’avait pas trouvé trace de « comportement contraire aux règles ».

Mais les ouvriers « ont trop peur pour confirmer publiquement » ces accusations, affirme la rédactrice en chef de Nova Ekonomija, Biljana Stepanovic. Pour Ranka Savic, les ouvriers craignent « de perdre le peu de salaire qu’ils gagnent » dans un pays où l’assurance chômage est ridiculement faible. Notamment dans le sud déshérité du pays.

Mais les 300 ouvriers de l’usine de wagons de Smederevska Palanka (80 km au sud de Belgrade) n’ont plus rien à perdre. Ils ne sont plus payés depuis le début de l’année et sont en grève depuis le printemps. Ils viennent d’organiser une manifestation à Belgrade pour supplier le gouvernement de les aider. En mars, un de leurs collègues, Dragan Mladenovic, 56 ans, s’est pendu dans l’usine.

– Calculs politiques –

Après avoir acquis Gosa en 2007, ZOS l’a revendu à une société chypriote en avril 2017. Interrogée, la compagnie slovaque a indiqué qu’elle ne répondrait pas aux questions sur Gosa, qui ne lui appartient plus. Quant à la société chypriote, ses locaux se résument à un simple bureau à Nicosie, où on ne commente pas plus.

« Au début c’était correct, mais d’année en année nos salaires ont diminué, jusqu’au strict minimum, et nos obligations se sont multipliées (…) Au final, ils ont cessé de payer nos salaires », raconte l’ouvrier Dobrica Stevanovic, 60 ans, qui ne peut prendre sa retraite, les charges patronales n’ayant pas été payées par ZOS Tranava, selon les syndicats.

Ces ouvriers de Gosa « sont le symbole d’une classe ouvrière écrasée », a déclaré Bosko Obradovic, leader du parti de droite traditionaliste, Dveri. « Le problème c’est l’Etat qui laisse faire ».

« Si le président » Aleksandar Vucic « vante lui même une main d’oeuvre bon marché, pourquoi l’investisseur ferait-il un effort ? Les gens sont à bout. Ils acceptent ce qu’on leur propose », regrette Biljana Stepanovic.

(©AFP / 17 septembre 2017 14h33)

 
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Publié par le septembre 18, 2017 dans Europe, SYNDICATS et LUTTES SOCIALES

 

La RDA par effraction

Pour être minimaliste, l’exposition de l’Institut français de Berlin qui présente un choix de traces (photos, objets) de cette portion d’Allemagne disparue du jour au lendemain il y a près de trente ans n’en fait pas moins sens. Commentée par deux historiens qui se démarquent du discours dominant outre-Rhin sur la RDA, elle donne à penser autant qu’à voir.


DDRDA. Éclats de la RDA. Institut français de Berlin, 211 Kurfürstendamm. Commissaires : Rita Aldendorf-Hübinger et Nicolas Offenstadt. Photographies de Pierre-Jérôme Adjedj. Jusqu’au 31 août.


C’est par ce qu’il en reste, c’est-à-dire pas grand-chose, qu’on entre dans feu la République démocratique allemande. Enterrée par un Helmut Kohl qui vient de disparaître à son tour, la RDA a laissé peu de traces visibles à l’œil nu. On s’est appliqué et on s’applique encore, pour peu qu’elles resurgissent, à les faire disparaître. L’exemple symbolique le plus éclatant fut la destruction consciencieuse du Palast der Republik [1], siège massif de l’ex-Chambre du peuple de RDA sur l’emplacement duquel devrait (re)voir le jour un château de Berlin, tas de ruines en 1945 balayé par la RDA, dont la reconstruction se fait attendre. Cet interminable chantier n’est pas la seule cause de la dévastation de la belle allée Unter der Linden, éventrée en plusieurs endroits depuis des années, mais il ajoute à la défiguration de ce qui fut jadis la vitrine de « Berlin, capitale de la RDA ».

DDRDA Eclats de la RDA, Institut français de Berlin

© Pidji-Photography / Pierre-Jérôme Adjedj

Située sur l’autre artère célèbre, celle de l’Ouest, le Ku’damm, l’exposition de l’Institut français de Berlin s’inscrit dans le prolongement d’une série d’articles publiés tout au long de l’année universitaire dans le journal local de Francfort sur l’Oder (Märkische Oderzeitung). Intitulée « Éclats de la RDA » elle est l’œuvre de deux historiens, l’une allemande, Rita Aldendorf-Hübinger, l’autre, français, Nicolas Offenstadt, enseignants à la Viadrina (université frontalière avec la Pologne). Mués en archéologues urbains, ils ont déniché des traces rebelles à l’effacement : ainsi, dans le lycée Karl Liebknecht de Francfort sur l’Oder, le buste en bronze de ce dernier, réalisé par le sculpteur Theo Balden. Si le lycée a conservé son nom, rien n’indique en revanche de quel buste il s’agit ni qui en est l’auteur… Theo Balden, antifasciste exilé en Grande-Bretagne qui choisit la RDA, est devenu une Unperson.

DDRDA Eclats de la RDA, Institut français de Berlin

© Pidji-Photography / Pierre-Jérôme Adjedj

Rien d’aussi imposant dans l’exposition de l’Institut français. Collées à même le mur, conformément à la volonté du photographe, et hors de tout cadre qui leur aurait attribué un statut contraire à l’esprit de l’exposition, les photographies de Pierre-Jérôme Adjedj ont visé l’anodin à partir duquel « faire parler ces lieux » : des images qui accrochent paradoxalement le regard par leur insignifiance finalement dérangeante. Des photos de friches industrielles, de fragments d’affiches, de carreaux cassés, d’échelles qui ne conduisent nulle part, forment le support de textes distribués sur papier libre recyclé où l’on peut lire des pans d’histoire de la RDA. Ni didactique, ni accusatrice, une histoire qui informe sur ce qu’on entendait par « culture socialiste » aussi bien que sur l’alcoolisme en RDA ou sur des réalisations comme celle de la ville « sortie de rien » et fierté du régime, Eisenhüttenstadt, du temps où l’acier était trempé. Rien à voir avec l’approche d’un « DDR Museum », gros cabinet de curiosités qui attire les touristes le long de la Spree et dont le choix d’objets au design suranné tourne en ridicule à peu de frais la production est-allemande. Peu à avoir également avec les expositions a priori plus sérieuses du Deutsches Historisches Museum sur la RDA qui ont du mal à se départir de l’esprit guerre froide et dans lesquelles l’écrasant mot « dictature » dispense d’explication. Un regard différent qui surprend les Berlinois. Tout du moins ceux qui, en l’absence de publicité (pour l’heure) dans la presse locale, trouvent le chemin de l’Institut français qu’il convient donc de féliciter de cette initiative [2].


  1. Cf. Dominique Treilhou, Palast der Republik. Berlin 2006-2009. Disparition en 3 actes, Zinc, 2010. Ce très beau livre-objet contient l’album de photos de la destruction et le film documentaire également réalisé par l’auteure.
  2. Pour compléter l’exposition, on pourra se reporter au numéro 3 de la revue Mémoires en jeu/Memory at stake (mai 2017) qui comprend un reportage photos intitulé « Was bleibt ? » (« ce qui reste », sous entendu de la RDA, le titre s’inspirant de celui du livre éponyme de Christa Wolf [1990]), où la même démarche a guidé Catherine Laubier et Yves Brochard. Il s’agit de sculptures et d’art mural dans des lieux publics, essentiellement en province, restés intouchés.
P.-S. : Cet article a été rédigé dans le café historique Sibylle, dont l’exposition permanente retrace l’histoire du soulèvement le 17 juin 1953 des bâtisseurs de la Stalinallee, plus tard rebaptisée Karl-Marx-Allee. Fort heureusement placée sous la protection des Monuments historiques, l’austère Karl-Marx-Allee a jusqu’ici échappé à la fièvre destructrice post-communiste. Par sa démesure, elle correspond à la trace la plus révélatrice de l’ancienne RDA et de ses rêves de grandeur. Bizarrement, elle n’est pas sans charme pour qui sait y flâner au sens benjaminien du terme.

Sonia Combe

 

Un leader communiste, violé en Suède pour ses convictions

Il semble que les cas de viol et de diffusion de ces viols sur facebook se multiplient en Suède d’où la référence de l’homme politique à un cas parmi une masse d’autres (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Publié: 16 septembre 2017 09:41 GMT
 https://actualidad.rt.com/actualidad/250189-comunista-violacion-suecia-politica-convicciones

L’agression, dénoncée par une déclaration sur Facebook, avait des motifs politiques évidents, dit la victime.

Un leader communiste, violé en Suède pour ses convictions

L’homme politique suédois Patrik Liljeglod
Youtube / svt2
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L’homme politique communiste suédois Patrik Liljeglod, a été attaqué avec un couteau et violé cet été, pour lui il ne fait aucun doute que l’agresseur inconnu était politiquement motivé.

L’attaque a eu lieu à la fin du mois de juillet, indique Liljeglod dans sa page sur le réseau social Facebook. Le politicien rentrait chez lui d’une fête et le violeur s’est approché en le menaçant avec un couteau.

Au cours de l’agression sexuelle, le violeur lui a dit des choses qui avaient des «liens politiques clairs».  En particulier, il a mentionné les «organes génitaux féminins de la gauche», qui méritaient ce type de traitement et l’a même traité de «traître».

«J’ai reçu un soutien et maintenant je me sens en sécurité», dit le politicien, qui dirige la délégation régionale de son parti. Et il ajoute: « Savoir et comprendre n’est pas suffisant ».

« Ce qui m’est arrivé récemment, c’est un événement de caractère collectif « , dit le communiste suédois. C’est pourquoi il livre une réflexion sur la façon de rendre la société plus sûre. Il rappelle à ses compatriotes que la démocratie « est la chose la plus sacrée que nous ayons en Suède en 2017 ».

En dénonçant l’agression, Patrik Liljeglod a déclaré qu’il resterait dans la vie politique.

 
 

A propos de l’anticommunisme du gouvernement polonais…

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manifestation de soutien au gouvernement polonais.

Sortant de sa réserve, Henri Dudzinski, consul honoraire de la République polonaise, critique le révisionnisme historique pratiqué par l’extrême droite (PiS) au pouvoir en Pologne.
Une sortie courageuse, mais aussi une première dans l’histoire de la diplomatie polonaise en France.

Le lien : http://www.lavoixdunord.fr/216980/article/2017-09-12/le-consul-de-pologne-denonce-la-politique-de-censure-qui-touche-la-memoire-de

Ci-dessous et en pièce jointe, notre réaction aux propos de Monsieur le consul honoraire.

« ANTITOTALITARISME » à deux vitesses…
Communiqué commun à propos d’une déclaration du consul polonais à Lille.

               M. Henri Dudzinski, le consul honoraire de Pologne à Lille, a eu le courage de s’indigner publiquement (La Voix du Nord du 13 septembre 2017 (édition de Lens)) contre la politique du gouvernement ultra-droitier de Varsovie, qui débaptise à tour de bras les lieux publics portant des noms de Résistants communistes.

Cette protestation du consul est méritoire et il nous faut d’autant plus la saluer que nos associations, et d’autres, avaient personnellement alerté le consul sur ce sujet ; une lettre de protestation, transmise par le consul à l’Ambassade de Pologne à Paris, n’avait hélas reçu de celle-ci qu’une méprisante fin de non-recevoir.

Il est cependant dommage que le consul n’ait pas signalé que la fascisante chasse aux sorcières en cours en Pologne va plus loin que des attaques contre la mémoire communiste et antifasciste : en effet, Varsovie tente actuellement d’interdire le PC polonais et intente des procès aux dirigeants du PCP, « coupables » de défendre publiquement leurs idées.

Or l’Union européenne (UE), qui proteste mollement contre les agissements liberticides du président Kaczynski (presse, IVG, justice, programmes scolaires), reste de marbre quand le pouvoir attente aux droits des communistes (non seulement en Pologne, mais en Hongrie, dans les États baltes, en Ukraine, etc.).

Pourquoi la répression contre les partisans de la restauration capitaliste pratiquée naguère par la République populaire de Pologne pour préserver le socialisme seraient-elles qualifiées de « totalitaires » par l’UE alors que serait conforme au « pluralisme européen » la répression anticommuniste mise en place dans plusieurs pays de l’Est pour sanctuariser le cléricalisme, l’UE et l’économie de marché ?

           Deux poids deux mesures dont la signification de classe fascisante se lit hélas, à ciel ouvert…

Lens, le 14 septembre 2017  

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                  Association Les Amis d’Edouard Gierek, (Jacques Kmieciak),

                                                                                                                                                                                                                                                                                                            Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe, (Vincent Flament),

                                                                                                                                                                                                                                                                  Pôle de Renaissance Communiste en France (comités départementaux 59 et 62), (Georges Gastaud).

 
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Publié par le septembre 16, 2017 dans Europe, extrême-droite

 

Après avoir été pris pour un homme pendant plus de 130 ans, des chercheurs découvrent que ce puissant chef guerrier viking était en fait… une guerrière

Par Nathan Weber il y a 2 jours

Le « guerrier » de Birka était en fait… une guerrière ! Depuis plus de 130 ans, historiens et archéologues supposaient que les restes d’un grand chef guerrier viking retrouvé dans un tombeau en Suède appartenaient à un homme. Mais grâce à de nouveaux tests ADN effectués sur les ossements, on en sait un peu plus sur son identité. Et les tests sont formels : ce personnage militaire de haut rang était en fait une femme !

Si les archéologues étaient partis du principe que le défunt personnage était de sexe masculin, c’est parce qu’il avait été enterré avec une impressionnante panoplie de guerre : une épée, une hache, une lance, des flèches perforantes spécialement conçues pour transpercer les armures, un couteau de guerre, deux boucliers, ainsi que deux chevaux.

Ces attributs étant considérés comme « masculins », il ne leur est pas venu à l’esprit que le tombeau pouvait en fait appartenir… à une femme.

Armstreet

« L’image du guerrier comme étant un individu de sexe exclusivement masculin, dans une société très virile et patriarcale, a été renforcée par les préjugés contemporains. C’est pourquoi le sexe de cet individu était tenu pour acquis », ont expliqué les chercheurs dans la revue spécialisée American Journal of Physical Anthropology.

Les restes de la guerrière avaient été découverts dans les années 1880, mais son ADN n’avait pas été analysé jusqu’à aujourd’hui. En plus d’un conséquent attirail de guerre, d’autres objets symboliques se trouvaient à ses côtés, et notamment une sorte de jeu de table guerrier qui laissent à penser qu’il s’agissait d’une grande stratège, ou tout au moins d’un personnage militaire très influent.

« À côté de la panoplie complète de guerre qui se trouvait avec elle, se trouvait une sorte de jeu de réflexion qui était utilisé pour essayer des tactiques et des stratégies de bataille, ce qui indique qu’il s’agissait vraisemblablement d’un puissant chef de guerre. Elle n’a pas seulement pris part à des batailles : elle les a aussi probablement dirigées et planifiées, » explique Charlotte Hedenstierna-Jonson, archéologue de l’Université suédoise d’Uppsala, au journal scandinave The Local.

History

Alors, Lagertha a-t-elle vraiment existé, et si oui, ressemblait-elle au personnage badass incarné par Katheryn Winnick dans la série Vikings ? Depuis longtemps, la question de la place des femmes au cœur de la société viking divise les historiens. En effet, beaucoup de zones d’ombre demeurent dans notre compréhension actuelle du fonctionnement social des sociétés préchrétiennes de Scandinavie. De nombreux témoignages s’appuient sur des sources secondaires, des bribes de légendes nordiques, des récits mythologiques, ou encore des témoignages datant du moyen âge, soit longtemps après l’ère païenne. Les historiens en sont donc parfois réduits à interpréter les découvertes archéologiques, et à tenter de reconstituer la réalité à partir de fragments découverts ici et là, autant dire que bon nombre de certitudes peuvent aisément être bousculées

On trouve, cependant, de nombreux rapports de femmes guerrières dans les légendes scandinaves : ainsi, les Valkyries, ces femmes guerrières vivant parmi les dieux, sont des personnages prépondérants de la mythologie nordique. De même, dans les anciens récits, on parle également des skjaldmö ,de fameuses femmes guerrières armées de boucliers (le personnage de Lagertha de la série Vikings est d’ailleurs inspiré de l’histoire d’une légendaire skjaldmö).

Certains historiens avancent l’hypothèse que ces légendes sont basées sur une participation active des femmes (ou tout du moins de certaines femmes) dans les actes guerriers et militaires. D’autres voient davantage l’existence des femmes guerrières comme étant relativement marginale et exceptionnelle, la société Viking s’articulant sur un modèle patriarcal orienté autour de l’agriculture, dans laquelle la femme était la maîtresse et la gardienne du foyer.

Quoi qu’il en soit, la guerrière de Birka n’a probablement pas fini de faire parler d’elle…

 
 

Portugal : un redressement économique et social qui prend Bruxelles à contre-pied

Des clients sur le toit du bar-restaurant le Rio Maravilha à Lisbonne le 30 août 2017. Les toits de Lisbonne sont en pleine renaissance, utilisés autant en terrasses de cafés que pour des cours de yoga, la projection de films ou comme piscines. 

Des clients sur le toit du bar-restaurant le Rio Maravilha à Lisbonne le 30 août 2017. Les toits de Lisbonne sont en pleine renaissance, utilisés autant en terrasses de cafés que pour des cours de yoga, la projection de films ou comme piscines.
(Photo Patricia de Melo Moreira / AFP)

Le Portugal n’a presque plus de déficit budgétaire, bénéficie d’une des meilleures croissances de la zone euro, a fait baisser son chômage et attire les investisseurs. Le petit miracle économique et social portugais s’est réalisé en moins de 2 ans avec une politique pourtant opposée aux demandes de la Commission européenne. Doit-on parler désormais du modèle portugais plutôt que du modèle allemand ou suédois ?

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Il y a un an, en juillet 2016, la Commission européenne entamait une procédure pour « déficit excessif » contre le gouvernement de Lisbonne. Le Portugal risquait une amende, selon Bruxelles, puisque il était censé ramener son déficit à 2,5 % de son PIB en 2015 au lieu des 4,4 % annoncés. La procédure a été abandonnée un mois plus tard. Etonnement, la France n’était pas soumise à la même pression, alors qu’elle n’avait pas — elle non plus — tenu ses engagements : 3,4% de déficit au lieu des 3% requis. Depuis, le phénomène s’est radicalement inversé : le Portugal a réduit son déficit à 2,1% en 2016 et devrait le ramener à 1,5% cette année. La France, elle, a abaissé péniblement son déficit à 3,3% en 2016 et table sur 3,2% cette année quand elle s’est engagée à atteindre… 2,8%. L’Espagne est encore à 4,5%.

Mais l’économie portugaise n’a pas réussi à réduire ses déficits par la baisse des dépenses publiques, des réformes structurelles du travail visant à « assouplir » les droits des salariés, ou en abaissant les protections sociales, comme le préconise la Commission européenne. C’est même l’inverse qui a été pratiquée au Portugal depuis un an et demi. Un choix qui explique certainement l’irritation très nettement affichée par Bruxelles au printemps 2016, lors des annonces de Lisbonne.

> Portugal : les audaces de la gauche irritent à Bruxelles​

Mesures socio-économiques

Depuis novembre 2015, c’est un gouvernement socialiste qui est au pouvoir au Portugal, soutenu et poussé par une union des gauches, composée du Parti communiste portugais, des écologistes, et du « Bloco de esquerda », le bloc de gauche (gauche radicale). Les choix économiques et sociaux de ce gouvernement se sont portés sur une politique clairement anti-austéritaire et antinomique avec celle pratiquée par le gouvernement précédent, de droite, qui avait gelé le salaire minimum et les pensions de retraites, augmenté les impôts, et réduit les aides publiques. Ce qui n’avait pas permis de réduire le déficit budgétaire ni le chômage significativement, mais avait fait exploser la précarité et la pauvreté dans le pays.

Le gouvernement du nouveau premier ministre, António Costa, depuis 2 ans, a donc appliqué des réformes qui avaient été déclarées dans son programme de coalition, en parfaite opposition avec la politique précédemment menée, comme le souligne cet extrait : « La politique d’austérité suivie ces dernières années a eu pour conséquence une augmentation sans précédent du chômage avec des effets sociaux dévastateurs sur les jeunes et les citoyens les moins qualifiés, ainsi que les familles et les milliers de Portugais au chômage. Elle a été aussi associée à une dévalorisation de la dignité du travail et des droits des travailleurs. »

Le salaire minimum a été augmenté en 2016 puis de nouveau en 2017, en échange de baisses de cotisations pour les employeurs, de 23% à 22%. Ces deux augmentations du SMIC portugais ont passé le salaire minimum de 505€ à 557 €. Puis des mesures économiques à vocation sociale — mais aussi de relance du pouvoir d’achat — ont été prises : augmentation des retraites et des allocations familiales, renforcements du droit du travail, baisses des impôts pour les salariés les plus modestes, arrêt des privatisations de services et d’infrastructures publics, programme de lutte contre la précarité. Il est aussi prévu de supprimer les coupes dans les revenus des fonctionnaires et de ramener leur temps de travail à 35 heures par semaine. Sur le plan purement économique, la stratégie portugaise n’a pas été non plus en accord avec les demandes de la Commission, et se sont pourtant avérées payantes.

Politique anti-austéritaire de relance par la demande

Le chômage se situait à 14,4% en 2014, après une année noire à plus de 16% en 2013, puis s’était stabilisé en 2015 — mais toujours à un niveau élevé — à 12,2%. En 2016, une nouvelle décrue l’a fait parvenir à 11,1%, et en 2017, le chômage est à 8,8% au deuxième trimestre, ce qui laisse envisager, selon les spécialistes, un taux pour de 9,4% pour l’année entière. Un chômage potentiellement inférieur à celui de la France. Les projections actuelles des instituts tablent sur un chômage portugais à 7% en 2019, le plus bas depuis 2004.

Le virage actuel des politiques économiques du pays n’est pas étranger à cette nette amélioration des créations d’emplois sur deux années consécutives avec pour conséquence la progression de la croissance du PIB, évaluée pour 2017 à 2,5%, contre 1,9% pour la zone euro et seulement 1,5% pour la France. Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a confirmé ces bons résultats en juillet à Lisbonne, indiquant que « la réduction du déficit au Portugal est durable » et que « la croissance sera probablement supérieure à 2,5% en 2017« . Malgré tout, l’ancien ministre français de l’économie de François Hollande a tenu à dire au gouvernement portugais que « sur le plan du marché du travail, il faudra veiller à mieux intégrer les chômeurs de longue durée. »

Le ministre de l’économie du Portugal, Caldeira Cabral, explique cette reprise économique par plusieur facteurs. Le premier est celui d’un renouveau d’industries orientées à l’export telles que l’automobile, les chaussures ou encore le textile qui avaient quasiment disparu du paysage. Les industriels, installés depuis des années dans les pays de l’Est pour la main d’oeuvre très bon marché, sont en train de revenir vers le Portugal, à la recherche d’une meilleure qualité professionnelle tout en conservant des coûts salariaux avantageux. Les investissements sont effectivement en hausse depuis deux ans, particulièrement dans l’industrie automobile. Caldeira Cabral pense que la hausse des revenus joue aussi, en redonnant confiance aux investisseurs, aux entreprises, avec une demande interne qui augmente et une progression de la consommation vers des produits de meilleure qualité.

Cette politique de relance par la demande, confortée par une politique sociale du mieux-disant est dans le même temps tirée par une revitalisation du tourisme grâce — entre autres — à des projets immobiliers haut de gamme. Plutôt miser sur la qualité, donc que sur les prix bas. Pierre Moscovici, sur ce plan, a tenu à souligner, toujours lors de sa visite de juillet dernier, « Le retour de l’investissement à la fois externe et interne, les bons résultats des exportations ainsi que le boom du tourisme« . Mais sur le plan budgétaire, le Commissaire français a étrangement déclaré que « les efforts doivent être poursuivis pour réduire le déficit structurel« , alors que le pays est devenu l’un des meilleurs élèves de la classe sur ce sujet, tandis que la France ou l’Espagne ne le sont toujours pas…

Nouveau modèle portugais très discret

Depuis la crise financière de 2008 et celle des dettes souveraines de 2010, la plupart des pays du sud de l’Europe n’ont pas réussi à sortir la tête de l’eau : les déficits budgétaires sont souvent supérieurs aux critères européens, le chômage y est toujours très élevé, les problèmes sociaux causés par la précarité persistent. Les prêts concédés par le FMI, sous l’égide de la BCE et de la Commission européenne pour aider ces pays à retrouver un peu de vigueur et payer leurs dettes ont été tous accompagnés d’obligations de réductions des déficits, par une baisse des dépenses publiques et des demandes précises, comme le gel des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite, la baisse des prestations sociales.

Ces politiques dites d’austérité ont été doublées de réformes structurelles du marché du travail visant à assouplir les droits des salariés pour améliorer la compétitivité des entreprises. Ces réformes du marché du travail sont elles aussi une demande de Bruxelles. La Grèce, l’Italie ou l’Espagne ont effectué ces politiques d’austérité et ces réformes sans succès concret. Tout comme le Portugal jusqu’en 2015. L’Italie, si elle a baissé ses dépenses et a atteint un déficit inférieur à 3% en 2016, n’arrive pas à faire baisser son chômage qui est supérieur à 11%. En Espagne, le chômage est à 18,7% au premier trimestre 2017, et le déficit public ne colle toujours pas aux critères de Bruxelles : 3,6% en 2016. L’échec des politiques de rigueur budgétaire accompagnés des « assouplissements du marché du travail » ne permettent visiblement pas de faire repartir ces économies.

Le Portugal a démontré depuis 2 ans, qu’une politique — inverse aux politiques austéritaires, et donc basée sur une relance par la demande et l’amélioration des protections sociales — pouvait fonctionner. Ce que le FMI avait déjà confirmé en 2016 en annonçant à propos de la Grèce que « l’austérité ne fonctionnait pas« . De là à préconiser une politique sociale de relance en Europe, le pas est un peu grand pour l’institution internationale qui a toujours été favorable au désengagement financier social des Etats et à la privatisation de leurs infracstructures et services.

Malgré tout, si l’exemple portugais était mis en avant, il pourrait être une piste intéressante de redressement « par le haut » des Etats de la zone euro encore affectés par la crise. Une sorte d’espoir de changement économique et social permettant une sortie de crise. A moins que le modèle économique allemand, de plus en plus contesté pour ses effets sociaux négatifs, ne cède la place au modèle suédois qui semble attirer des dirigeants politiques, dont Emmanuel Macron ?

>Suivre le modèle allemand ? Chiche ! (Article de février 2012)

Le modèle suédois reste malgré tout difficile « à vendre », bien que sa réussite économique soit réelle : ce pays n’est pas dans la zone euro, possède depuis longtemps l’un des niveaux de vie les plus élevés du monde, et surtout, ses salariés sont syndiqués à 80%.

Il n’est donc pas certain qu’appliquer les méthodes sociales et économiques en cours en Suède soit possible si facilement pour des pays de la zone euro. Le Portugal, par contre, applique lui, des politiques économiques et sociales connues, et ce, au sein de la zone de la monnaie unique, l’euro… Pour l’instant, aux vues de ses résultats et de la vitesse à laquelle ils ont été acquis, il semble que le Portugal ait surtout un seul défaut : il ne suit pas la ligne dictée par la Commission européenne.

 
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Publié par le septembre 13, 2017 dans Economie, Europe