RSS

Archives de Catégorie: Economie

Remy Herrera, l’économie chinoise, le socialisme ou la crise…

Publicités
 
 

La tribune : Pourquoi le capitalisme aura disparu dans… moins de 40 ans

  • La position d’ Immanuel Wallerstein n’est pas une nouveauté, je l’ai bien souvent entendu proférer une telle vision du futur y compris alors même que la chute de l’URSS avait paru porter un coup de grâce aux mouvements sociaux (sauf en France, dans les Chapias et en Corée du sud) aux alentours de 1996. personnellement je ferais un autre diagnostic, il sera conservé dans la cage de la planification et du socialisme comme élément temporaire du dynamisme de la société contrebalancé par d’autres mouvements collectifs eux d’initiatives sociétaux. C’est-à-dire pour emprunter un langage boccarien, la phase du tout marchand dans lequel nous sommes aura conduit à des formes non marchandes multiples prenant les restes du capitalisme tels que nous les connaissons dans un nouveau système vers le socialisme, un long processus qui est à l’oeuvre. (note de danielle Bleitrach)
 Par Jean-Yves Paillé  |   |  931  mots
La poursuite incessante de l’accumulation du capital, essence du système capitaliste, est au point mort, selon Immanuel Wallerstein. (Crédits : Reuters)
Fin de l’accumulation du capital, automatisation, réchauffement climatique, pollution… Dans le livre “Le capitalisme a-t-il un avenir ?”, un collectif réunissant un sociologue, un historien et un économiste voit dans la conjoncture actuelle certaines tendances qui pourraient mener à la fin de l’économie de marché.

Remettre au goût du jour la théorie de Marx pour prévoir un effondrement inéluctable du capitalisme. Les universitaires Immanuel Wallerstein, Randall Collins et dans une moindre mesure, Craig Calhoun, s’y sont attelés dans l’ouvrage « Le capitalisme a-t-il un avenir ? ». En s’appuyant sur les sciences sociales et en analysant les ressorts de l’histoire économique du XXe siècle, ces trois Américains considèrent que les limites de ce « système-monde » seront atteintes dans quelques décennies. Un déclin qui serait « accéléré et multidimensionnel ». Revue de détails des arguments de chacun.

  • Un capital qui ne s’accumulera plus

Immanuel Wallerstein, historien, sociologue économiste à l’Université de Yale, n’aime pas les circonlocutions: « Impossible d’imaginer que le capitalisme va poursuivre son chemin. J’annonce sa mort prochaine […] dans une quarantaine d’années. » Selon le chercheur, aucun système historique n’est éternel. La poursuite incessante de l’accumulation du capital, essence du système capitaliste, est au point mort. « Le cycle d’essor passé, on se dirige vers la régression », schématise-t-il.

Selon ce chercheur, la rentabilité des quasi-monopoles nécessaires pour accumuler un volume suffisant de capitaux pousse d’autres acteurs à intégrer le marché. Et comme ces monopoles proposent des conditions plus favorables aux travailleurs (notamment pour éviter les arrêts de travail), ils augmentent le coût de la main-d’œuvre ce qui réduit leurs profits. Ces quasi-monopoles sont ainsi sapés d’une « manière ou d’une autre » par les concurrents. S’ensuit une une guerre des prix qui, si elle fait le bonheur des consommateurs, est une hantise pour le producteur qui finit par vendre à perte.

Des délocalisations industrielles pour compenser cette chute des profits? Elles ne sont plus assez rentables aujourd’hui, rétorque Immanuel Wallerstein. Et la financiarisation ne constitue pas une solution miracle selon lui, car « elle n’augmente pas le capital mais le transfère d’un « richard » (en français dans le texte) à un autre, ironise-t-il. Même les capitalistes n’en voudront plus. »

  • L’automatisation et l’informatisation, dévoreurs d’emplois

La théorie du robot destructeur trouve grâce aux yeux de Randall Collins. Ce professeur de sociologie à l’université de Pennsylvanie en est sûr: la machinerie et l’automatisation causeront la perte de l’économie de marché. « On l’attendait déjà au XIXe siècle, mais la création d’emplois dans le tertiaire a compensé ceux détruits dans l’industrie. » Un sursis. Aujourd’hui, l’informatisation élimine la classe moyenne plus rapidement que la mécanisation détruit les emplois dans l’industrie. L’informatisation affecte notamment le travail administratif « et détruit ainsi les emplois des classes moyennes ». Cela va prendre 40 ans, sachant que « le processus de.destruction a démarré dès les années 1990 », selon le sociologue qui prophétise : « Le capitalisme s’effondrera vers 2045. »

Randall Collins s’attache en outre à démonter plusieurs contre-arguments. La théorie de la « destruction créatrice » de Schumpeter? Inapplicable pour l’informatisation, parce qu’elle ne sera pas suivie de la création de nouveaux emplois. Le développement dans des pays moins touchés par l’automatisation? Toujours niet, selon Randall Collins qui souligne « la présence d’un marché des classes moyennes presque unifié par les technologies de communication ». Et d’ajouter que la mondialisation a déjà commencé à décimer les emplois de cette classe moyenne : l’exemple des cols blancs indiens travaillant dans l’Internet, en tête. L’État ne pourra rien y faire non plus, puisqu’il crée des emplois administratifs avant tout.

  • Les catastrophes environnementales: le coup de grâce?

Autre phénomène, les changements climatiques qui provoqueront assurément la mutation du système, d’après Craig Calhoun, sociologue et directeur de la prestigieuse London School of Economics and Political Science. Pour lui, pollution et destruction de l’environnement auront un coût énorme pour les futures générations. En somme, l’accumulation du capital est menacée par la destruction de son « environnement naturel ». Elle dépend des matières premières, des moyens de subsistance de la population et de la capacité de celle-ci à supporter « les coûts de dégradation de l’environnement » qui « échappent au marché et pèsent sur la société ». Les ressources sont limitées alors que le capitalisme repose sur le principe de l’expansion perpétuelle.

Et les solutions enclenchées n’y feront rien. L’innovation a accru la durée de vie des nouveaux matériaux, mais nécessite une énergie alimentée par des ressources rares. « En parallèle, l’environnement sert de monnaie d’échange », juge le sociologue, citant l’exemple du commerce du carbone. « Tous ceux qui ne polluent pas au-delà d’une certaine limite vendent leurs quotas aux pollueurs qui peuvent polluer davantage. » En outre, l’offre de technologies vertes ne fournit pas d’énergie proportionnelle à la demande. Pour Craig Calhoun, l’extraction du pétrole de gaz de schiste est une solution partielle et temporaire au mouvement d’accumulation de capital… puisque cela provoquera de nouvelles crises écologiques…

Pour Randall Collins, les catastrophes climatiques achèveront à coup sûr le capitalisme. Même si ce dernier a survécu en 2100, l’auteur prévoit cette année-là les effets les plus dévastateurs pour les habitats humains: inondations et déplacements de populations. Un flux de réfugiés synonyme de concurrence et de main-d’œuvre bon marché qui « diminuera les opportunités de la majorité des travailleurs » et ne fera qu' »aggraver la crise économique ». Et les « emplois verts », créés par les « industries vertes », ne suffiront pas, prévoit-il, car ces dernières risquent elles-même d’emprunter la voie de l’informatisation et de l’automatisation.

« Le capitalisme a-t-il un avenir ? », éditions La Découverte, 200 pages, 20 euros.

 
 

Parti et classe. Introduction (La répartition des forces de classe dans le Donbass, partie 2 (It))

Nous poursuivons la publication de cette passionnante analyse des centres impérialistes d’accumulation par le secrétaire du parti communiste du Donbass depuis la chute de l’URSS et le rôle des communistes par rapport aux contradictions inter-impérialistes, la nation et les regroupement internationaux (Note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et societé).

Conflit dans le Donbass dans le contexte de la confrontation inter-impérialiste

Quand nous disons que l’Ukraine est située entre deux centres d’accumulation de capital, il s’agit alors d’une question d’affiliation territoriale. Géographiquement, il est situé entre l’UE et l’EEE, et chacun des syndicats a un impact sur lui. Tout d’abord, nous parlons de l’Allemagne et de la Russie. Dans le même temps, les États-Unis, qui sont situés beaucoup plus loin, ont un impact beaucoup plus important. Pour être précis, l’Ukraine est dans la sphère d’influence des trois centres d’accumulation de capital. Strictement parlant, il y a et il n’y a jamais eu de «monde unipolaire», mais il y a un marché mondial où les États-Unis occupent une position dominante. Dans le même temps, l’Allemagne, la Chine, la Russie, le Japon et d’autres pays sont prêts à rivaliser avec les États-Unis pour la domination mondiale.

La politique mondiale est déterminée par la corrélation des forces entre les centres impérialistes. Mais ce ratio est en constante évolution, comme en témoigne la situation actuelle en Ukraine. Le conflit du Donbass illustre parfaitement la place de l’Allemagne dans le système de la division internationale du travail. D’une part, elle reste toujours la partenaire junior des Etats-Unis, d’autre part elle essaye déjà de prendre la place du partenaire senior. Dans le premier cas, l’Allemagne est contrainte d’imposer des sanctions contre la Russie, et dans la seconde, elle cherche à influencer le conflit dans le Donbass dans le «format normand», c’est-à-dire sans les États-Unis. La RFA veut poursuivre sa propre politique en Europe, mais elle doit toujours faire face aux intérêts des États-Unis, ce qu’elle doit beaucoup, y compris la formation de son propre impérialisme.

Les États-Unis sont principalement intéressés à détruire le potentiel industriel du Donbass, son industrie minière de charbon, afin d’absorber le marché de l’énergie en Ukraine. Comme confirmation de cela, les premières livraisons de charbon thermique américain à Odessa en septembre 2017 servent. Le même sort est préparé pour toute l’Europe. Il n’est pas exagéré de dire que la guerre dans le Donbass est une manifestation de la lutte des États-Unis pour le marché de l’énergie en Europe, où les positions de la Russie sont encore fortes. L’Allemagne dans cette confrontation est enclin à la partie russe, dans laquelle il voit un rival plus faible. L’absorption du marché énergétique européen par le capital américain affaiblira considérablement les positions de l’impérialisme allemand.

Les États – Unis est actuellement à la deuxième place dans le monde en termes de production de charbon, en second lieu seulement par rapport à la Chine. Environ 900 millions de tonnes de matières premières sont produites chaque année, ce qui représente plus de 11% du volume mondial. En 2016, la production de charbon dans le monde a diminué, mais l’année suivante, elle a encore augmenté. Dans le même temps, l’ augmentation la plus significative a été observée aux États-Unis – de 19%. Une des raisons est une forte augmentation des exportations de charbon. En 2017, les expéditions en provenance des États-Unis ont augmenté de plus de 60% par rapport à l’année précédente. L’exportation vers le Royaume-Uni a augmenté de 175%, en France de moitié. Pendant dix ans, de 2003 à 2013, les livraisons de charbon américain au Royaume-Uni ont augmenté plus de 10 fois, en Allemagne – à 15.

Les États-Unis sont le deuxième exportateur d ‘ «or noir» vers l’Europe après la Russie. Mais avec l’aide des sanctions anti-russes et l’augmentation des exportations, les Américains sont impatients de devenir des leaders sur le marché européen de l’énergie. Dans le même temps, la production de charbon en Europe continue de baisser. Ainsi, en Grande-Bretagne, la dernière mine de charbon a été désaffectée en décembre 2015, bien qu’il y a cent ans, plus de 3 000 entreprises y travaillaient. En Allemagn, il  est restéseulement deux mines de charbon en exploitation, qui seront fermées en 2018. Aux États-Unis, au contraire, Donald Trump a levé les restrictions sur les mines de charbon, qui ont été introduites par Barack Obama. Aux États-Unis, les réserves de charbon les plus importantes au monde, mais  les monopoles américains du gaz sont contre l’augmentation de la production, , parce qu’elles craignent de perdre leur part du marché national de l’énergie. En conséquence, Washington n’a qu’à augmenter les exportations de charbon pour maintenir l’industrie à flot.

Entre Washington et Kiev, il existe des accords sur la fourniture de millions de tonnes de charbon. En janvier-novembre 2017, l’Ukraine a importé plus de 17 millions de tonnes de carburant, soit 22% de plus que durant la même période en 2016. La part de la Russie dans les importations est de 56,36%, et les États-Unis, qui sont le deuxième fournisseur de charbon de l’Ukraine, ont une part de  24,84%. Dans le même temps, l’Ukraine surpasse le charbon américain de 40% de plus que pour le russe. À leur tour, les entreprises ukrainiennes d’extraction du charbon pour cette période ont réduit la production de charbon de plus de 5 millions de tonnes (13,6%).

À court terme, la forte demande de charbon en Ukraine se poursuivra. Le fait est que depuis les «guerres gazières» russo-ukrainiennes, qui ont commencé bien avant l’euromaydan, les entreprises ont massivement commencé à passer du gaz au charbon. Cette tendance se poursuit encore aujourd’hui, lorsque Kiev cherche activement «l’indépendance énergétique» par rapport à  Moscou. Mais en abandonnant le gaz russe, l’Ukraine tombe sous la dépendance du charbon américain. Dans le même temps, il reste une forte demande pour l’anthracite, qu’il est toujours impossible de satisfaire par  les approvisionnements des États-Unis. En conséquence, la partie ukrainienne a été contrainte d’annuler les sanctions contre un important fournisseur de charbon russe, Yuzhtrans. Simultanément, il réduit sa propre production, annonce le blocus de la République populaire de Donetsk , détruit le potentiel industriel du Donbass avec l’aide de l’artillerie.

Le conflit dans le Donbass est une autre confirmation du fait que l’impérialisme est en crise systémique. Les capitalistes essaient de résoudre le problème de la surproduction de biens par des moyens militaires. Au stade impérialiste, cela se fait en détruisant une partie des moyens de production. Ainsi, l’effondrement de l’URSS et la défaite du socialisme en Europe de l’Est ont permis pendant un certain temps d’assurer la croissance de la production dans les pays capitalistes avancés. Pour cela les républiques de l’ancien camp socialiste ont été payées par une baisse significative dans leur propre production. Dans les années 90, la perte moyenne du PIB par habitant était de 30%.

Pendant plus de 20 ans, l’espace post-soviétique a été l’objet de la politique impérialiste. Mais la conjoncture favorable des prix de l’énergie a permis de créer un centre d’accumulation du capital efficace en Russie. Avec l’aide de l’EEMP, qui est une alliance de pays bourgeois, et pas du tout de l’URSS-2, Moscou cherche à prendre une position plus ou moins digne dans le système mondial de la division du travail. Des syndicats tels que le Système énergétique unifié de l’Ukraine ont été formés dans le but d’organiser efficacement le processus d’extraction des profits, qui ne peut être obtenu que par l’exploitation du travail. Comment les communistes devraient-ils traiter une telle alliance? La réponse peut sembler paradoxale: nous devons la soutenir!

Premièrement, le système énergétique unifié est une union volontaire. Il est recherché non seulement par la bourgeoisie, mais aussi par la majorité de la population. De la part des communistes, ce serait une doctrine vide de s’y opposer simplement parce que cette union n’apporte aucun avantage aux travailleurs. Mais cela signifie-t-il que nous ne devrions pas critiquer cette union? Non, ça ne veut pas dire! La CEEA permet d’extraire des avantages économiques pour la bourgeoisie, mais laisse les travailleurs politiquement divisés. Les communistes doivent critiquer l’incohérence de la bourgeoisie et exiger une pleine fusion politique des pays. Plus le capital est concentré, plus il est facile de le nationaliser; Moins il y a de divisions politiques, plus il est facile au prolétariat de faire face au pouvoir du capital.

Dans son ouvrage «Les résultats de la discussion sur l’autodétermination», Vladimir Lénine parle de la nécessité d’unir les nations. Il déduit la formule suivante: Les communistes des pays oppressifs doivent défendre la liberté des pays opprimés et préconiser leur sécession; Les communistes des pays opprimés peuvent être pour l’indépendance politique de leur nation, et pour son inclusion dans l’Etat voisin. Dans la «liberté de sécession» et la «liberté d’union», il y a un véritable internationalisme, et il ne peut y avoir d’autre moyen de fusionner les nations. Selon Lénine, les communistes des pays opprimés ont un léger avantage. Ils peuvent soutenir à la fois la sécession et l’adhésion, tout en restant internationalistes. Mais dans tous les cas, les communistes doivent mettre la liberté universelle et l’égalité au-dessus des intérêts de leur nation.

Pendant les années d’indépendance, la majorité de la population ukrainienne a soutenu l’adhésion du pays à une union menée par la Russie. Tous les présidents ukrainiens, malgré leur politique incohérente, doivent encore tenir compte de cela. Lorsque la nouvelle direction, arrivée au pouvoir suite au coup d’État de février 2014, a commencé à suivre une voie strictement pro-occidentale, ignorant ouvertement les intérêts de la majorité, des manifestations de masse ont commencé dans le sud-est du pays. Et ce n’est pas du tout le mérite de Vladimir Poutine, car sa politique à l’égard de l’Ukraine est restée la même qu’avant et après l’euro-Maïdan. La politique de Kiev a radicalement changé.

Les événements de 2014 suggèrent que la Fédération de Russie est passée d’un objet à un sujet de la politique impérialiste. Avec l’aide de l’annexion de la Crimée et le soutien du Donbass, Moscou essaie de répondre adéquatement aux politiques de l’UE et des États-Unis, qui ont décidé de régner en Ukraine. Kiev, avec son arbitraire vers le sud-est, a créé toutes les conditions nécessaires pour que Poutine poursuive une politique réussie. Si, après le référendum en Crimée, quelqu’un d’autre doutait du désir volontaire de la population locale de rejoindre la Russie, expliquant cela par la présence des «hommes verts», alors après le Donbass, de tels doutes auraient complètement disparu. Ici, il n’y avait pas d’armée russe, mais au contraire, il y avait des militaires ukrainiens qui tiraient des bureaux de vote et nivelaient les zones résidentielles.

En même temps, les communistes doivent exposer l’incohérence des capitalistes russes, qui font obstacle non seulement l’intégration économique de la péninsule (de nombreuses entreprises travaillant sur le continent russe, refusent de travailler en Crimée), mais aussi DNR de reconnaissance politique et LNR (comme demandé par le Parti communiste), la peur de nouvelles sanctions avec l’UE et les États-Unis. Le Donbass s’est séparé de l’Ukraine pour rejoindre la Russie, ou du moins l’Union eurasienne. Mais, avec cela, deux républiques non reconnues sont apparues sur le territoire du Donbass, et même séparées par une frontière. Ainsi, au lieu de détruire les anciennes frontières de l’Etat, de nouvelles sont apparues. Mais la situation dans le Donbass servira une bonne leçon pour les travailleurs que la raison de leur souffrance – pas seulement m’oligarque ukrainien, l’impérialisme américain et l’UE, et le capitalisme en général.

La deuxième raison pour laquelle il est nécessaire de soutenir le système énergétique unifié est qu’il est dirigé contre l’impérialisme américain – notre ennemi le plus important. En passant, dans la lutte contre les États-Unis, parfois l’UE devrait aussi être soutenue, surtout en ce qui concerne les relations avec Cuba. Alors que Donald Trump annonce un durcissement du blocus de l’île, le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogerini, considère qu’une telle politique est inacceptable.

Troisièmement, la CEEA crée beaucoup moins d’obstacles à la circulation des travailleurs de l’Ukraine et du Donbass que l’UE. En outre, certains députés auraient l’ intention de soumettre à la Douma de la Fédération de Russie des projets de loi prévoyant l’abolition de la nécessité d’obtenir un brevet pour les ressortissants de la République populaire de Donetsk et de la République populaire , ainsi que des restrictions sur leur séjour. Si ce n’est qu’un mouvement pré-électoral, alors pour les communistes ce sera une raison supplémentaire de condamner les politiciens bourgeois de leur incohérence.

Quatrièmement, une alliance avec la Russie nous permet de préserver au moins partiellement l’industrie du Donbass – une condition objective de l’existence du prolétariat. L’effondrement de l’URSS a montré que l’industrie soviétique était  excellente non seulement pour la construction socialiste, mais aussi pour la production capitaliste. Pour le capital russe, la préservation du potentiel industriel est une question de survie. L’impérialisme de l’UE et des Etats-Unis, au contraire, cherche à le détruire. S’il n’y a pas de moyens de production, il n’y aura pas de travailleurs industriels. Mais nous parlerons de leur rôle dans les événements du Donbass dans la partie suivante.

A suivre

 

The New york Times: Emmanuel Macron sera encore un autre président français raté Par CHRIS BICKERTON

Photo

Le président français Emmanuel Macron s’exprimant au Palais de l’Élysée à Paris cette semaine. Créditphoto par Etienne Laurent

Le président français Emmanuel Macron est le nouveau gendarme du libéralisme. Salué comme la réponse à la vague populiste européenne, il a ravivé la diplomatie française en affrontant le président Trump et le président russe Vladimir Poutine. « La méthode Macron », un groupe de réflexion européen de premier plan surgi récemment , est la nouvelle Troisième Voie, se faufilant entre entre la technocratie et le populisme.

Chez nous en France, c’est une histoire très différente. Un sondage récent a révélé que la popularité de M. Macron a chuté de 14 points en août, après une chute de 10 points en juillet. Seulement 40% des personnes interrogées ont déclaré être satisfaites de la performance du président.

To be fair, Mr. Macron never had much popular support to begin with. In the first round of the presidential election in April, when the vote was split among four main contenders, he won just under 24 percent. (By comparison, François Hollande received 28 percent of the vote in the first round in 2012. Nicolas Sarkozy won 31 percent in 2007.) Mr. Macron won the second round handily, but only because he was the lesser-evil candidate in the runoff — his competitor was Marine Le Pen, the leader of the far-right populist National Front party.

L’arithmétique électorale explique seulement une partie du problème. La popularité de M. Macron souffre de quelque chose de plus fondamental: le macronisme. Tout son projet politique a été trop centré sur sa personnalité. Une grande partie de son appel provient de sa jeunesse, de son dynamisme, de sa beauté et de ses talents oratoires. Cette approche hyper-personnalisée comportait toujours le risque qu’une fois que son charme disparaîtrait, il ne resterait plus rien à se mettre sous la dent pour ses partisans, ce qui est exactement ce qui se passe.

Depuis son entrée en fonction, M. Macron a heurté  beaucoup de monde en essayant de retrouver la grandeur de la présidence. Dans une phrase qui pourrait lui rester fidèle jusqu’à la fin de son mandat, il a dit qu’il voulait faire de la présidence plus «jupitérienne», en se comparant au puissant dieu romain Jupiter, qui régnait sur les cieux. Quand il a réuni le Sénat et le Parlement au palais de Versailles et leur a parlé de ses ambitions pour la présidence, beaucoup en France ont été  hérissé les connotations monarchiques.

Cette attitude arrogante au sujet du pouvoir a détruit l’image anti-establishment et arriviste que M. Macron a cultivée pendant la campagne. La plate-forme post-idéologique sur laquelle il a commencé à se révéler pour ce qu’il est réellement: le vide au cœur de son projet politique.

Les deux grands objectifs de M. Macron sont la fixation sur l’économie et la fixation sur l’Europe. Il est même allé jusqu’à qualifier sa politique économique de « révolution copernicienne », mais il ne fait que pousser la France un peu plus loin sur la voie de la déréglementation du marché du travail et de l’austérité fiscale, une voie bien empruntée par d’autres pays.

Le nouveau président se dit déterminé à faire de la France une «start-up nation», empruntant le langage insipide de la Silicon Valley. Cela lui a valu le soutien de capital-risqueurs et de milliardaires technologiques mais n’a pas encore convaincu le grand public français. Le contrat social libertaire de la Silicon Valley, avec son attitude cavalière envers l’inégalité, est mal à l’aise avec une population élevée dans les traditions social-démocrates d’après-guerre en France.

Son objectif principal est de réduire le taux de chômage de la France qui, aux environs de 10%, reste obstinément élevé. Il espère le faire en réformant le code du travail . L’une des nouvelles mesures consiste à plafonner les dommages-intérêts que les tribunaux peuvent accorder aux travailleurs qui dénoncent un licenciement  injustifié, mesure qui vise à donner aux employeurs davantage confiance dans l’embauche. Une autre permettrait aux entreprises de moins de 50 salariés de négocier des contrats sans passer par des syndicats. L’extrême gauche française a qualifié cela de « coup d’État social », mais le président a pris soin de ne pas céder complètement au lobby des affaires.

Ce qui compte vraiment, c’est le point final. Toute baisse soutenue du chômage en France serait la bienvenue, mais les expériences d’autres pays suggèrent qu’elle se fait au prix de nouvelles inégalités. En Allemagne, les réformes du marché du travail ont entraîné une prolifération de «mini-jobs», un travail à temps partiel légèrement réglementé qui a pris la place des emplois à temps plein dans certains secteurs. Dans le marché du travail fortement déréglementé de la Grande-Bretagne, des niveaux d’emploi record coexistent avec une faible productivité, une stagnation des salaires et une prolifération de contrats à court terme. Est-ce le futur que veut la France?

Depuis le boom économique des années 1950 et 1960, le capitalisme en Europe n’a plus été suffisamment dynamique pour combiner des niveaux d’emploi élevés et des gains matériels à long terme pour les masses. Aujourd’hui, les choix impliquent des compromis douloureux. Les politiques économiques de M. Macron favorisent les employeurs par rapport aux travailleurs et détruisent ce qui reste de l’État-providence français.

Mais craignant de donner à son programme un contenu politique réel, le président termine ses réformes sous le drapeau européen. Il dit aux électeurs français que s’ils font ces sacrifices à la maison, le reste de l’Union européenne – en particulier l’Allemagne – les prendra au sérieux et donnera à la France une meilleure place.

Les plans européens de M. Macron comprennent un ministre du budget et des finances commun pour la zone euro. Ses idées ont reçu un accueil  chaleureux de Berlin, et certains signes montrent qu’un tel accord pourrait être possible après les élections fédérales allemandes du 24 septembre. Mais si la chancelière Angela Merkel gagne, son mandat ne sera pas pour une union fiscale européenne où l’allemand les recettes fiscales sont placées dans un pot commun européen. Elle n’a donné son appui qu’à une version très modeste de ce que propose M. Macron. La récompense pour tout le sacrifice de la France à la maison sera médiocre – et le président ne sera sûrement pas plus populaire qu’il ne l’est maintenant.

Le succès de M. Macron à l’élection présidentielle de juin a ébranlé le paysage politique moribond de manière profonde et durable. Pour cela, il mérite des remerciements. Mais en tant que projet politique, le macronisme n’est guère plus que de la rhétorique et de l’orgueil, soutenus par des politiques néolibérales conventionnelles. Pour l’instant, M. Macron est toujours le chéri de l’élite libérale mondiale, mais son impopularité croissante nous donne une meilleure image de ce qu’il a à offrir.

 

Fabien Roussel « La suppression de l’ISF, c’est nous qui la payons »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AURÉLIEN SOUCHEYRE
MERCREDI, 11 OCTOBRE, 2017
L’HUMANITÉ
«	Il faut supprimer le verrou de Bercy et, enfin, donner ces dossiers d’évasion fiscale à la justice.	» Guillaume Clément

« Il faut supprimer le verrou de Bercy et, enfin, donner ces dossiers d’évasion fiscale à la justice. » Guillaume Clément

La commission des Finances de l’Assemblée nationale a démarré hier l’examen du projet de loi de finances pour 2018. Le député PCF Fabien Roussel dénonce un allègement sans précédent de la fiscalité sur le capital.

Un premier budget est souvent une étape décisive, qui donne le ton d’un quinquennat. Que nous dit celui du gouvernement ?

Fabien Roussel C’est un budget au bonheur des riches, fait par les riches et pour les riches. Les cadeaux cumulés aux familles les plus fortunées et à ceux qui vivent de la financiarisation de l’économie atteignent 12 milliards d’euros. C’est la première fois qu’un gouvernement présente un budget qui allège autant la fiscalité sur le capital. L’idée défendue est que, plus les riches sont riches, plus il y a d’investissements. Sauf que cela ne s’est jamais vérifié. Le bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy, en 2008, n’a créé ni emplois, ni investissements. Cette année, en allégeant la fiscalité sur les dividendes et sur la spéculation, le gouvernement va favoriser encore plus l’économie qui ne produit rien, qui détourne les richesses de l’économie réelle. Ce budget est, au final, l’inverse de ce dont le pays a besoin, alors que 15 % de la population, soit 9 millions de personnes, vivent en dessous du seuil de pauvreté, en France.

Le gouvernement estime qu’il s’agit d’un budget du pouvoir d’achat…

Fabien Roussel Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, aime bien expliquer ce que chaque foyer va gagner. Mais ce qu’il ne dit pas, c’est ce que chaque citoyen va perdre avec le déremboursement des médicaments, avec la hausse de tarification des mutuelles, avec des soins dans des cliniques privées puisque 4,2 milliards d’euros seront économisés sur l’assurance-maladie et 1,5 milliard sur les hôpitaux publics. Il ne dit pas non plus, avec la baisse de 13 milliards d’euros sur cinq ans des dotations aux collectivités, ce que chaque citoyen va devoir payer en plus dans la vie de tous les jours et ce qu’il subira avec la casse des services publics. À tout cela s’ajoutent la baisse des APL, la hausse du diesel, le 1,8 milliard d’euros de crédit en moins pour le logement social, selon les bailleurs, la hausse de la CSG non compensée pour tous les retraités au-dessus de 1 200 euros de pension par mois… il y a une grande duperie derrière ce budget. Dans les mois qui viennent, chacun pourra juger que la suppression de l’ISF, c’est nous qui allons la payer.

L’ISF ne fait-il pas fuir les capitaux ?

Fabien Roussel Le gouvernement le prétend. Mais ce que veulent les propriétaires de ces capitaux, c’est payer zéro impôt. L’évasion fiscale existe même dans les pays à faible fiscalité. La question n’est pas là. Les ménages français détiennent d’ailleurs 300 milliards d’euros dans des paradis fiscaux, soit 15 % du PIB de la France. La seule solution pour dissuader les tricheurs, c’est de les condamner fermement et de respecter la loi, de la même manière que pour n’importe quel citoyen. Il faut supprimer le verrou de Bercy et, enfin, donner ces dossiers à la justice. Un contrôleur des impôts rapporte en moyenne 7 fois son salaire. Mais, au lieu d’embaucher des juges et des inspecteurs, l’exécutif supprime des postes aux douanes et à Bercy. Gérald Darmanin a même annoncé que la cellule de régularisation fiscale sera close au 31 décembre 2017. Je reste convaincu que tout le monde doit contribuer à l’impôt à hauteur de ses revenus, pour nos hôpitaux, nos écoles, nos routes… À l’inverse, le gouvernement propose un budget du chacun-pour-soi, qui incite à la compétition plutôt qu’à la coopération et à la solidarité.

Quelles sont vos propositions ?

Fabien Roussel Nous allons proposer un contre-budget, avec une hausse de l’ISF, un impôt sur le revenu plus progressif avec plus de tranches et des moyens contre la fraude fiscale, qui coûte chaque année l’équivalent de notre déficit. Il est possible de rééquilibrer le budget sans austérité et nous allons en faire la démonstration. On change alors complètement de logique vis-à-vis de la dette et on peut relancer la machine économique. Nous allons nous appuyer sur l’exemple portugais, dont le gouvernement a refusé il y a deux ans l’austérité prônée par la Commission européenne. Ils ont fait le pari de la relance des services publics, de la hausse des pensions, d’un soutien réel au pouvoir d’achat, et ils sont sortis de la zone rouge. Notre contre-budget sera celui de la répartition des richesses.

Journaliste
 
2 Commentaires

Publié par le octobre 17, 2017 dans actualités, Economie, POLITIQUE

 

The Economist : L’homme le plus puissant du monde Xi Jinping a plus de poids que Donald Trump. Le monde devrait être prudent

Encore une opinion des cercles capitalistes étasuniens qui s’interrogent sur la Chine et son leader, non seulement il y a le déclin interne mais aussi extérieur des Etats-Unis, mais nul ne sait si la Chine est une issue pour le Capital ou son ennemi le plus dangereux, un terrible cheval de Troie. C’est ce qui nous intéresse désormais en priorité dans ce blog (note et traduction pour histoire et société de Danielle Bleitrach)

Ne vous attendez pas à ce que M. Xi change la Chine, ou le monde, pour le meilleur

M. Trump a peut-être raison. Et s’il ne s’agissait pas d’un suicide politique pour un président américain, il aurait vraisemblablement ajouté: «Xi Jinping est le leader le plus puissant au monde.» Certes, l’économie chinoise est toujours derrière l’Amérique et son armée bien que se musclant, pâlit en comparaison. Mais le poids économique et le matériel militaire ne sont pas tout. Le leader du monde libre a une approche étroite et transactionnelle à l’égard des étrangers et il  semble incapable d’imposer son agenda à la maison. Les États-Unis sont toujours le pays le plus puissant au monde, mais leur chef est plus faible chez lui et moins efficace à l’étranger que ses prédécesseurs récents, notamment parce qu’il méprise les valeurs et les alliances qui sous-tendent l’influence américaine.

Le président du plus grand Etat autoritaire du monde, en revanche, marche avec fanfaronnade à l’étranger. Son emprise sur la Chine est plus étroite que celle de n’importe quel leader depuis Mao. Et tandis que la Chine de Mao était chaotique et misérablement pauvre, M. Xi est un moteur dominant de la croissance mondiale. Son influence sera bientôt pleinement visible. Le 18 octobre, le parti communiste au pouvoir de la Chine organisera un congrès quinquennal à Beijing (voir Briefing ). Ce sera le premier présidé par M. Xi. Ses 2 300 délégués chanteront ses louanges au ciel. Des observateurs plus sceptiques pourraient se demander si M. Xi utilisera son pouvoir extraordinaire pour le bien ou pour le mal.

Le Monde doit savoir

Lors de ses nombreuses tournées à l’étranger, M. Xi se présente comme un apôtre de la paix et de l’amitié, une voix de raison dans un monde confus et troublé. Les défauts de M. Trump ont rendu cela beaucoup plus facile. A Davos en janvier, M. Xi a promis à l’élite mondiale qu’il serait un champion de la mondialisation, du libre-échange et de l’accord de Paris sur le changement climatique. Les membres de son auditoire ont été ravis et soulagés. Au moins, pensaient-ils, un grand pouvoir était prêt à défendre ce qui était juste, même si M. Trump (alors président élu) ne le faisait  pas.

Les paroles de M. Xi sont écoutées en partie parce qu’il a le plus grand stock de devises étrangères au monde pour les soutenir. Son initiative «Ceinture et route» peut être observée avec perplexité, mais son message est clair: des centaines de milliards de dollars chinois seront investis à l’étranger dans les chemins de fer, les ports, les centrales électriques et d’autres infrastructures qui aideront de vastes parties du monde à prospérer. C’est le genre de leadership dont  l’Amérique n’a pas été capable depuis l’après-guerre du Plan Marshall en Europe occidentale (qui était considérablement plus petit).

M. Xi projette également ce que la Chine est une puissance militaire sans précédent à l’étranger. Cette année, il a ouvert la première base militaire étrangère du pays, à Djibouti. Il a envoyé la marine chinoise sur des manœuvres toujours plus loin, y compris en juillet sur le seuil de l’OTAN dans la mer Baltique, à côté de la flotte russe. La Chine affirme qu’elle n’exercera jamais sur d’autres pays sa volonté (à l’exception de Taiwan, qu’elle ne considère pas comme un pays). Ses efforts de construction de bases visent à soutenir les missions de maintien de la paix, de lutte contre la piraterie et d’aide humanitaire. Quant aux îles artificielles dotées de pistes militaires, elles sont construites dans la mer de Chine méridionale, elles sont purement défensives.

Contrairement à Vladimir Poutine, le président russe, M. Xi n’est pas un fauteur de troubles mondial qui cherche à renverser la démocratie et à déstabiliser l’Occident. Pourtant, il est trop tolérant à l’égard des colères de son allié brandissant des armes nucléaires, la Corée du Nord (voir Schumpeter). Et certains comportements militaires de la Chine inquiètent ses voisins, non seulement en Asie du Sud-Est, mais aussi en Inde et au Japon.

À la maison, les instincts de M. Xi sont au moins aussi peu libéraux que ceux de son homologue russe. Il croit que même un peu de permissivité politique pourrait prouver non seulement sa propre défaite, mais celle de son régime. Le destin de l’Union soviétique le hante et cette insécurité a des conséquences. Il se méfie non seulement des ennemis que ses purges ont créés, mais aussi de la classe moyenne de la Chine qui connaît une croissance rapide et qui détient des smartphones, et les pousses de la société civile qui ont germé quand il a pris le pouvoir. Il semble déterminé à resserrer le contrôle sur la société chinoise, notamment en renforçant les pouvoirs de surveillance de l’État et en maintenant fermement les sommets de l’économie sous la pression du parti. Tout cela rendra la Chine moins riche qu’elle ne devrait l’être et un endroit plus étouffant à vivre. Les violations des droits de l’homme se sont aggravées sous M. Xi.

Les libéraux ont pleuré les «dix années perdues» de réforme sous le prédécesseur de M. Xi, Hu Jintao. Certains optimistes soutiennent que nous n’avons pas encore vu le vrai M. Xi – que le congrès l’aidera à consolider son pouvoir, et après cela il commencera sérieusement les réformes sociales et économiques, la poursuite de son succès relatif dans la lutte contre la corruption. S’il est un masque du pluralisme, cependant, il le déguise bien. Et alarmant pour ceux qui croient que tous les dirigeants ont une date de péremption, M. Xi serait réticent à démissionner en 2022, alors qu’il est reconnu par tous  les précédents  qu’il le devrait.

Les raisons d’avoir peur

M. Xi peut penser que concentrer le pouvoir plus ou moins incontrôlé sur 1,4 milliard de Chinois entre les mains d’un homme, c’est emprunter un de ses termes favoris, la «nouvelle normalité» de la politique chinoise. Mais ce n’est pas normal ; c’est dangereux. Personne ne devrait avoir autant de pouvoir. La règle d’un seul homme est finalement une recette pour l’instabilité en Chine, comme par le passé – pensez à Mao et à sa Révolution culturelle. C’est aussi une recette pour un comportement arbitraire à l’étranger, ce qui est particulièrement inquiétant à une époque où l’Amérique de M. Trump se retire et crée un vide de pouvoir. Le monde ne veut pas d’États-Unis isolationnistes ni de dictature en Chine. Hélas, il peut advenir les deux.

Cet article est paru dans la section Leaders de l’édition imprimée sous le titre « L’homme le plus puissant du monde »
 
 

The Wall street journal : Découvrez  les nouveaux régulateurs boursiers: Marx et Mao

Le dirigeant de la régulation des valeurs mobilières en Chine exhorte ses collègues régulateurs à relire les textes communistes classiques. Marianne est en train de traduire du chinois un texte tout à fait prometteur sur le rôle dirigeant non seulement du parti mais de la classe ouvrière qui nous a été transmis par un lecteur. Mais ce texte du Wall street journal corrobore d’une manière semi humoristique le renforcement du rôle de Xi Jimping et le consensus qu’il semble avoir obtenu autour de ce rôle à la fois révolutionnaire et orienté vers la stabilité de la gouvernance chinoise, l’affirmation d’une ligne qui insiste sur l’orientation communiste (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Appliquer la discipline de marché.

Appliquer la discipline de marché. PHOTO: ASSOCIATED PRESS

Karl Marx et Mao Zedong ne sont normalement pas sur le haut de la pile des lectures pour les régulateurs boursiers. Mais en Chine si.

Moins d’une semaine avant une grande réunion du Parti communiste chinois à Pékin, le haut responsable du marché du comté a exhorté ses collègues à dépoussiérer leurs collections d’œuvres des grands penseurs de gauche.

Liu Shiyu, directeur de la China Securities Regulatory Commission, a déclaré cette semaine aux autres régulateurs qu’ils devraient relire fréquemment les textes communistes classiques afin de comprendre et de mettre en œuvre la «force spéciale» de la philosophie marxiste, selon un communiqué publié sur le site du CSRC mercredi soir.

Le discours de M. Liu, mardi, ne dit pas clairement comment « Das Kapital » est censé aider les responsables à surveiller les marchés boursiers parfois indisciplinés de la Chine. En effet, ce n’était pas parfaitement clair. « Le marché des capitaux a formé des contradictions externes avec les politiques monétaires et budgétaires », a-t-il déclaré dans un passage typique, « tandis que divers organes à l’intérieur du système de marché ont créé de multiples contradictions internes ».

Peut-être plus important que le contenu du discours de M. Liu est son timing. Ses commentaires idéologiquement chargés sont venus juste quelques jours avant le 19ème Congrès national chinois, où le président chinois Xi Jinping devrait largement consolider son pouvoir et définir les priorités économiques et financières pour les années à venir.

Lors de la réunion de cette semaine, M. Liu a exhorté ses collègues à approfondir leur compréhension de l’éthique des instructions passées de M. Xi sur le marché des capitaux et à les utiliser pour «guider la surveillance du marché».

De nombreux analystes s’attendent à ce que la doctrine de «la stricte gouvernance du parti» de M. Xi soit inscrite dans la constitution du Parti communiste lors de la réunion de la semaine prochaine, un honneur qui le mettra symboliquement au même niveau que Mao.

Ancien banquier central, M. Liu, âgé de 56 ans, a été appelé à diriger le CSRC à la suite d’un krach boursier tumultueux en 2015 qui a entraîné des pertes pour des millions d’investisseurs particuliers.

M. Liu a déjà fait des commentaires publics qui montrent que sa priorité est la stabilité du marché plutôt que les réformes.

« De nos jours, le secteur financier ne peut pas survivre sans mettre l’accent sur la politique, alors qu’il n’y a pas de politique qui n’accorde pas une attention particulière à la finance », a-t-il déclaré aux membres de la Bourse de Shenzhen en avril.

Cette année, le marché boursier chinois a connu une période de calme prolongée, l’indice de référence de Shanghai augmentant ou diminuant de plus de 1% en seulement 10 sessions.

«Il est très rare que le régulateur des valeurs mobilières cite le marxisme comme guide», a déclaré Zhang Gang, analyste chez Central China Securities. « L’alignement  du régulateur boursier sur les plus hautes autorités montre l’influence croissante de la politique sur les marchés ».

-Yifan Xie

 
1 commentaire

Publié par le octobre 15, 2017 dans Chine, Economie