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Non, la Chine n’est pas devenue le leader de la mondialisation libérale

Voici un article bienvenu du Nouvel Observateur – oui tout arrive à qui sait attendre – qui remet quelques pendules à l’heure sur l’apparente inversion des rôles entre Trump et la Chine en matière de capitalisme. Pierre Haski qui n’est pas traditionnellement un thuriféraire de la Chine nous explique que c’est bien un pays communiste obligé en quelque sorte de produire sa NEP pour sortir du sous-développement, mais où le contrôle du capitalisme demeure la règle. « Laisser voler le capitalisme dans une cage plutôt que l’étrangler » tel est l’adage (note de Danielle Bleitrach pour Histoire et société).

Non, la Chine n’est pas devenue le leader de la mondialisation libérale

Xi Jinping au forum de Davos, le 17 janvier 2017. (FABRICE COFFRINI/AFP)

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20170122.OBS4148/non-la-chine-n-est-pas-devenue-le-leader-de-la-mondialisation-liberale.html

Au forum de Davos, le président chinois Xi Jinping a critiqué la tentation du protectionnisme de son homologue Donald Trump. Mais cela ne fait pas de lui le chantre du libre-échange, loin s’en faut.

Deux images symbolisent ce début d’année 2017 qui restera dans l’histoire : d’un côté, Donald Trump le poing levé le jour de son « intronisation » à Washington, de l’autre, Xi Jinping, le numéro un chinois, tout sourire face au gratin du business mondial réuni à Davos, la station de ski suisse.

Petit rappel aux étourdis : c’est à Pékin, et pas à Washington, que le dernier grand parti communiste de la planète est encore au pouvoir, et le Forum économique de Davos a été fondé, initialement, pour célébrer et promouvoir le capitalisme mondialisé made in USA.

Pour autant, les rôles ne sont pas inversés. Donald Trump reste fondamentalement capitaliste, tendance nationaliste et protectionniste, tandis que Xi Jinping, malgré toute la bienveillance qu’il a manifestée à Davos, où il était le premier président chinois à accepter de s’exprimer, n’est pas nécessairement devenu le leader du libre-échange, ou s’il l’est, c’est au nom des intérêts chinois, pas d’une mondialisation libérale à laquelle Pékin se serait converti.

Nécéssité et non conversion

Rappel historique : lorsque Deng Xiaoping, le grand dirigeant chinois de l’ère post-maoïste, a engagé la Chine sur la voie des « réformes et ouverture » il y a bientôt quatre décennies, c’était par pragmatisme, dans une tentative de rattraper le temps perdu pendant les années d’errance idéologique. La Chine, qui avait raté les précédentes révolutions industrielles d’Asie, celle du Japon d’abord, puis des « dragons » coréen, taiwanais, singapourien etc., s’est trouvée bien positionnée pour la vague suivante.

Dans la deuxième moitié des années 1990, et surtout à partir de son adhésion à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) en 2001, la Chine est devenue l’ »atelier du monde », c’est-à-dire la destination privilégiée des investissements directs étrangers, terre de délocalisations, d’externalisation, de production de masse pour le reste du monde.

La Chine s’est retrouvée au cœur du tourbillon de la mondialisation, non pas par « conversion » idéologique, mais par nécessité de créer des emplois, de sortir une part de sa population de la misère, de financer le plus grand exode rural de l’histoire et donc la construction d’infrastructures urbaines à grande échelle, et de donner une légitimité nouvelle à un Parti communiste fragilisé lors de la grande secousse de 1989.

Trump, trop tôt pour la Chine

Au passage, les exportations sont devenues un élément-clé du modèle économique chinois, atteignant un record de 36% du produit intérieur brut (PIB) en 2006, contre 5% à peine à l’époque maoïste (à comparer avec 12% aux Etats-Unis). Après la crise financière de 2008, qui a plongé dans la crise les grands marchés d’exportation de la Chine – Etats-Unis, Europe, Japon…-, cette part a progressivement diminué pour tomber à 21% du PIB en 2015, alors que le gouvernement tentait de promouvoir la consommation intérieure comme relais de  croissance.

L’élection d’un président protectionniste aux Etats-Unis intervient trop tôt pour la Chine de Xi Jinping qui est au milieu d’une transition difficile vers un nouveau modèle de développement. La croissance chinoise, à deux chiffres pendant la première décennie de ce siècle, est aujourd’hui tombée à moins de 7% en 2016, et le FMI prévoit un « modeste » 6 ,5% en 2017.

La Chine a besoin de stabilité et de confiance dans cette période, surtout en cette année de Congrès du Parti communiste chinois où Xi Jinping espère consolider son emprise sur le pouvoir, et placer ses hommes aux postes-clés en vue de son deuxième mandat à la tête de l’empire du milieu.

Pas vraiment le chante du libre-échange

Xi Jinping n’a d’autre choix que de prendre le contrepied de Donald Trump, et de se faire le chantre de l’ouverture des marchés, du commerce sans barrières, et de l’attractivité vis-à-vis des multinationales que le nouveau Président américain veut contraindre à embrasser son slogan « America First ». Xi a ravi son auditoire à Davos en comparant le protectionnisme au fait de « s’isoler volontairement dans une pièce sans lumière »…

S’il a rassuré les patrons réunis à Davos en refusant la rhétorique de guerre de Donald Trump, le président chinois n’est pas pour autant devenu, comme certains commentaires hâtifs l’ont proclamé, le champion du libéralisme économique.

La Chine reste un pays strictement contrôlé et régulé, dans lequel l’Etat est et demeurera le principal acteur économique. Les investisseurs étrangers ont réalisé à leurs dépens que l’ouverture sur laquelle ils comptaient au début des années 2000, après l’entrée de la Chine dans l’OMC, ne s’est pas entièrement produite, et qu’elle est même aujourd’hui en régression.

Plus autosuffisant, plus autocentré

Il suffit de lire les rapports annuels des Chambres de commerce américaine et européenne en Chine pour réaliser que la compétition sur le marché chinois n’est pas possible dans tous les domaines, que la « préférence nationale » est la règle, et que la Chine défend bien plus vigoureusement ses intérêts nationaux que ne le font ses partenaires et néanmoins concurrents.

Pour cette raison, notamment, Pékin tarde à obtenir le statut d’ »économie de marché » qu’elle espérait de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne, et, dans le climat actuel, n’est pas près de l’obtenir.

La tournure des événements contraint la Chine à s’adapter à un nouveau monde menacé par des guerres commerciales, le retour de barrières douanières, et un retour à des blocs commerciaux régionaux plus ou moins ouverts.

Cette pression du contexte international pourrait toutefois faire son affaire : elle risque surtout d’accélérer la mutation du modèle économique chinois et de le rendre plus autosuffisant, plus autocentré, ce que permet sa taille continentale, et ses ramifications dans des pays tiers, en Asie, Afrique et Amérique latine, s’éloignant des marchés occidentaux moins accueillants.

Xi Jinping a affiché à Davos une sérénité qui cache sans doute certaines inquiétudes face à l’agressivité de l’homme au poing levé de Washington. La partie qui s’engage n’était pas prévue par les stratèges de Pékin, mais ils ne manquent pas d’atouts pour en sortir renforcés.

Pierre Haski

Pierre Haski

Pierre Haski

Cofondateur

 
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Publié par le janvier 23, 2017 dans Asie, Economie

 

TRUMP: UNE CROISADE SANS INGÉRENCE

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L’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche a provoqué la stupéfaction dans le monde entier. Comment celui que tous les médias nous ont présenté comme un aventurier semi-débile a-t-il pu battre Sainte Hillary Clinton ? Le traumatisme a obscurci les esprits et il était très difficile, sans un travail assez fastidieux de recherche, de savoir ce qui nous attendait avec l’arrivée au pouvoir de cet homme politique atypique et des équipes qui l’entourent depuis déjà un bon moment. Pour appréhender les enjeux de cette élection, il faut faire l’effort d’échapper aux considérations morales et à l’impasse cognitive dans laquelle nous plongent des médias inconsolables du départ de Barack Obama.

Dissidents “made in” Goldman Sachs

Dans l’histoire récente des Etats-Unis, la conquête du pouvoir par les Républicains a toujours marqué une volonté de changement de l’ordre mondial. L’abandon des accords de Bretton-Woods par Nixon pour financer la guerre du Vietnam, la mondialisation néolibérale de Reagan pour financer la course aux armements contre l’URSS, les croisades de George W. Bush pour confirmer l’hégémonie mondiale des Etats-Unis, sont autant d’illustrations de cette vision des choses. L’alternance démocrate ne faisant que poursuivre le nouveau dispositif mis en place quitte à l’amender à la marge. Les déceptions des mandats Obama trouvent leur origine dans ce constat : Guantanamo est toujours ouvert, en Afghanistan rien n’est réglé, le Moyen-Orient est à feu et à sang.

Donald Trump a surpris avec la nomination prématurée de son équipe destinée à gouverner. Celle-ci laisse apparaître une vraie rupture avec les idées jusqu’alors dominantes dans les sphères militaires, financières, énergétiques et même religieuses. Le dénominateur commun de ces nominations hétérodoxes est tout d’abord une proximité ancienne avec le nouveau président, et l’originalité dissidente de ces personnages dans leur sphère d’influence habituelle.

Avec l’avènement du capitalisme financier au début du mandat Reagan, toutes les administrations successives ont eu recours à des figures de Wall Street. Obama n’a pas fait exception en nommant Hank Paulson pour sauver le système lors de la crise des subprimes. Sous les quolibets des commentateurs français ignares, Donald Trump a donné l’impression de poursuivre cette tradition en s’entourant d’anciens de Goldman Sachs tels que Gary Cohn, Steven Mnuchin, ou encore Steve Bannon. Sauf que, Goldman Sachs, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne représente pas l’archétype de l’élite financière américaine. Celle-ci est incarnée par les banques de dépôts traditionnelles (Merrill Lynch, Morgan Stanley, Bank of America) et non par la banque de financement et d’investissement qu’est Goldman. Ce groupe d’intellectuels (car ils le sont tous) veut promouvoir un capitalisme ultralibéral au niveau national, un marché du travail non régulé, l’abandon de l’Obamacare, l’annulation du Dodd Franck Act qui prévoyait la régulation du système financier.

Dans le domaine international, ce sera en revanche un dirigisme éventuellement coercitif. A priori, la nouvelle administration n’a pas l’intention de réduire la dette publique, dont l’ampleur équivaut à l’épargne mondiale soit vingt mille milliards de dollars. Sa stratégie semble s’orienter vers une augmentation nominale de la dette avec une inflation supérieure à l’augmentation des taux et des salaires.

Quant à la dette externe, d’environ huit mille milliards de dollars, l’objectif est de la convertir en dette interne en rapatriant les capitaux de l’étranger, dont le tiers est détenu par les firmes transnationales américaines. Il n’est pas sûr que cela leur soit demandé gentiment.

Une haine assumée de l’islam

Autre particularité de cette nouvelle administration, la présence de nombreux hauts gradés de l’armée pour le moins atypiques. Tous sont des dissidents très politisés de l’establishment militaire. On les a connus exaspérés par les frustrations générées par la présidence Obama.

Passons brièvement en revue les profils de ceux qui viennent d’arriver aux commandes : James Mattis, secrétaire général de la Défense, surnommé le « chien fou » ou encore le « moine soldat », en raison de sa rigueur morale, de son célibat sacerdotal et de son mépris pour le Pentagone et sa bureaucratie. Michael Flynn, contraint de démissionner de l’armée en raison de critique émises à l’encontre de ses supérieurs, qui réclamait de mettre Hillary Clinton en prison et dont la préoccupation principale est la guerre contre l’islam. John Kelly qui refuse de fermer Guantanamo ; Mike Pompeo, niveau directeur de la CIA, favorable à la collecte massive des données de communications des citoyens ; sans oublier le retour en grâce de David Petraeus, ex-patron de la CIA (en désaccord total avec la stratégie d’Obama) dont la carrière s’était brutalement interrompue à cause d’un scandale en partie sexuel.

Le dénominateur commun de ces militaires est une haine assumée de l’islam. Ils ne sont pas interventionnistes et il est probable que leur volonté de domination se dispensera d’interventions militaires directes, chat échaudé craignant l’eau froide. Cela laisse présager l’utilisation de dissuasions par intimidation, et de rodomontades à connotation nucléaire. Comme l’a déjà fait Donald Trump pendant sa campagne.

En matière énergétique, la nouvelle administration baserait sa politique sur un concept simple : être autosuffisant en quelques années. Ce qui signifie produire 12 ou 13 millions de barils par jour. Pour ce faire, elle vise trois objectifs :

a) Poursuivre l’extraction du gaz de schiste en faisant table rase des normes antipollution de l’air et de l’eau (d’où la présence de climato-sceptiques dans cette Administration).

b) Laisser passer le pipeline Keystone de l’Alberta vers le sud des Etats-Unis.

c) Subventionner les producteurs pétroliers aux dépens des autres énergies.

Un retour à l’esprit originel du capitalisme

À moins que la Russie ne fasse du dumping, cette stratégie devra s’accompagner d’une hausse du prix du baril à 70 dollars ou plus. La volonté d’intimidation de Trump ne pourra se faire qu’en réalisant cet objectif d’indépendance énergétique car depuis la guerre du Vietnam, les Etats-Unis savent qu’ils dépendent des autres pays producteurs. L’expérience cuisante du Moyen-Orient leur a fait mesurer encore un peu plus cette faiblesse.

Le désordre et la confusion que provoqueront ces changements, notamment la très probable baisse des salaires des plus modestes, dont la partie blanche a massivement voté pour Trump, devront être compensés par un retour du discours religieux, moyen d’assurer la cohésion sociale.

La religion et le conservatisme sont des éléments structurant du discours républicain (et même parfois démocrate) aux Etats-Unis. Cette dynamique fut poussé à l’extrême sous George W. Bush qui revendiquait un conservatisme moral. Cependant, jamais cette rhétorique n’a désigné d’autres religions. Or, le discours de cette nouvelle administration, mis en musique par Steve Bannon a des accents mystiques, une liturgie médiévale à peine voilée et prône une guerre des civilisations judéochrétiennes contre les autres. Autrement dit, chrétiens capitalistes contre islam fascisant.

Un retour aux fondements de l’éthique protestante et de l’esprit originel du capitalisme est donc à prévoir aux USA dans les années à venir, délaissant les opérations militaires à l’extérieur pour se concentrer dans une guerre interne contre l’islam et les athées.

Le nouveau pouvoir qui s’apprête à prendre les rênes de la Maison blanche possède incontestablement des traits claniques : il est familial (tous se connaissent et partagent la même « dissidence »), religieux et puissant dans un pays très endetté. Misant sur la coercition, pas nécessairement militaire, de l’ensemble du monde, cette administration laisse présager des années de pressions psychologiques afin qu’elle puisse assurer l’hégémonie américaine en imposant un nouvel ordre mondial sans intervenir. Jouant sur son imprévisibilité, Trump et ses hommes pensent gagner cette partie à moindre coût. La phase de la mondialisation néolibérale lancée dans les années 80 avec la présidence de Ronald Reagan est bel et bien terminée. La démondialisation que veulent initier Donald Trump et ses amis risque d’être assez rock ‘n’ roll.

 

Personne ne «vole» votre travail, vous dépensez trop en guerres : le fondateur d’Alibaba aux USA

 Arrêtez d’accuser les autres et faites votre auto-critique, les remarques d’un milliardaire chinois à un autre milliardaire qui a pris les affaires de son pays en main. Si vous aviez dépensé pour votre pays l’argent des 13 guerres que vous venez de livrer à l’humanité, vous n’en seriez pas là. Le dialogue qui s’établit actuellement au sein d’un monde multipolaire prend des aspects réjouissants. (note de Danielle Bleitrach)

Personne ne «vole» votre travail, vous dépensez trop en guerres : le fondateur d’Alibaba aux USA© Ruben Sprich / Reuters

Le milliardaire chinois Jack Ma, fondateur du site de commerce en ligne, a accusé les Etats-Unis d’être responsables de leur propre déclin économique en raison d’une mauvaise gestion de leur budget et de dépenses militaires exorbitantes.

«Dans le passé, les Américains ont eu 13 guerres qui ont coûté 40,2 trillions de dollars […] Que se serait-il passé s’ils avaient dépensé une partie de cet argent pour développer les infrastructures, pour aider les fonctionnaires et les ouvriers ? Peu importe si cela était ou non bien stratégiquement, vous êtes supposés utiliser l’argent pour votre propre peuple», a lancé Jack Ma lors du Forum économique, qui se déroulé à Davos, en Suisse.

Il a ensuite poursuivi sur sa lancée : «Quand j’étais jeune, tout ce dont j’entendais parler sur l’Amérique c’était Ford et Boeing et toutes ces entreprises de fabrication. Les dix à 20 dernières années, tout ce dont j’entends parler c’est la Silicon Valley et Wall Street […] Que s’est-il passé ? [Durant] l’année 2008, la crise financière a balayé 19,2 trillions de dollars rien qu’aux Etats-Unis et a détruit 34 millions d’emplois dans le monde. Donc que se passerait-il si les dépenses pour Wall Street et le Moyen-Orient avaient été réservées au Midwest des Etats-Unis, pour développer l’industrie là-bas ? Cela aurait pu changer beaucoup.»

 

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«Donc ce n’est pas que les autres pays volent vos emplois, les gars, c’est votre stratégie !», a-t-il conclu.

En 1999, Jack Ma a fondé Alibaba, l’une des plus grandes plateformes de e-commerce au monde. Selon le magazine économique américain Forbes, la fortune nette du Chinois s’élèverait à environ 27,7 milliards de dollars, ce qui ferait de lui le deuxième homme le plus riche de son pays.

Auteur: Ruptly TV

En janvier 2017, il avait rencontré le président élu américain Donald Trump, qui a souvent blâmé des pays comme le Mexique et la Chine d’être responsables de délocalisations qui causeraient la perte d’industries et d’emplois outre-Atlantique. Jack Ma avait fait part de sa volonté d’investir aux Etats-Unis.

Lire aussi : Jack Ma, le patron d’Alibaba : «Ne vous inquiétez pas à propos de la Chine»

 
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Publié par le janvier 22, 2017 dans Asie, Economie, guerre et paix

 

La Crimée devrait être transformée en un off-shore pour nouvelles technologies

Крым надо превратить в интеллектуальный офшор

Selon Mikhail Deliagin, c’est la voie vers un partenariat stratégique avec l’Occident

Photo: Donut Sorokin / TASS

http://svpressa.ru/politic/article/164565/

On peut se demander si l’équipe de Trump rappellera ses chiens courants européens « au pied » ou trouvera plus bénéfique pour les USA le maintien des sanctions par l’UE, qui sapent son économie (avec parallèlement la levée des sanctions américaines), mais la bacchanale qui se poursuit en Occident depuis bientôt trois ans, mêlant cuistrerie et russophobie délirante est causée, avant tout, par l’impuissance de la bureaucratie russe et son refus pour une grande part d’entre elle de protéger nos intérêts nationaux.

Si vous vous transformez en bassin à cracher – ne soyez pas surpris que l’on vous crache dessus. Si vous vous transformez en paillasson –ne vous offusquez pas que l’on s’essuie les pieds sur vous.

La bureaucratie russe n’a pas encore officiellement condamné, ni la nature du coup d’Etat nazi en Ukraine ni, par conséquent, l’Etat ukrainien actuel, ni le soutien occidental au nazisme (limité jusqu’à présent à l’Ukraine) qui viole complètement les décisions du Tribunal de Nuremberg. De plus, elle n’explique que très timidement le bien-fondé juridique incontestable de la Russie en Crimée (car, au moment du coup d’Etat nazi l’Etat ukrainien ayant disparu, le principe de la souveraineté de l’Etat n’a pas lieu d’être). Peut-être cela est dû à la honte pour la bureaucratie russe, d’avoir soutenu l’Etat nazi ukrainien : sans elle, celui-ci n’aurait pas acquis sa légitimité et n’aurait pas duré un an, mais le fait demeure.

Exactement de la même manière que nous n’entendons pas de position cohérente sur les îles Kouriles: notre bureaucratie ignore superbement le fait que, en 1956, nous étions prêts à envisager le transfert au Japon de deux îles à la seule condition d’une démilitarisation complète et éternelle du Japon, y compris le retrait de son territoire de toutes les bases américaines. Le refus des autorités japonaises sur ce point (sans parler de leur accord pour y établir des bases de l’OTAN) signifie leur renoncement aux îles.

On notera aussi la réticence de la bureaucratie russe à exiger une enquête sur l’apparition de l’encéphalite à tiques, infligeant des pertes énormes à notre pays: la maladie est apparue peu après l’installation à nos frontières d’un laboratoire japonais pour le développement et la production d’armes biologiques.

Pour forcer l’Occident à lever les sanctions contre nous, plutôt que d’en appeler à la raison et à la loi, nous devons faire en sorte qu’elles soient douloureuses pour l’Occident lui-même. Les contre-sanctions de Medvedev semblent avoir été spécifiquement conçues de manière à ce que ce soit comme une pierre qui nous retombe sur les pieds et discréditer dans l’esprit du public l’idée même de la possibilité de protéger nos intérêts.

Alors qu’une simple interdiction de l’importation d’alcool et d’automobiles en Russie (tout en conservant d’importation des kits  pour l’assemblage des voitures) peut vite remettre en place ce que certains Européens pensent sérieusement être leur cerveau. Il est nécessaire de suspendre la validité des accords de l’OMC pour les pays qui les violent par leurs sanctions, et enquêter sur les circonstances de l’adhésion hâtive de la Russie à l’OMC.

Il y a beaucoup d’autres options, mais la chose principale est de tirer parti des conditions que nous impose l’Occident. Il a sorti la Crimée du système de droit international : la bureaucratie russe se déleste sans états d’âme de tous les inconvénients afférents sur les Criméens, mais ne pense pas aux avantages et aux profits qu’elle pourrait tirer de la situation.

En effet, la législation internationale d’aujourd’hui est répressive à bien des égards. Prenez ne serait-ce qu’un des paramètres principaux du progrès: la technologie de l’information. Elle est bridée de manière drastique par la «propriété intellectuelle», qui depuis longtemps, à mon avis, a dégénéré de la protection des intérêts des créateurs et des outils pour stimuler la créativité en un instrument monstrueux d’abus éhonté des positions de monopole.

De nombreuses entreprises occidentales bloquent l’utilisation de leurs programmes et applications en Crimée. La bonne réponse, que de nombreux experts faisant autorité dans ce domaine formulent en privé, serait de déclarer la Crimée zone offshore pour les nouvelles technologies, où n’auraient pas cours les brevets délivrés dans les pays qui ont commencé la guerre des sanctions contre la Russie. Cela ferait de la Crimée une Mecque pour les chercheurs – en particulier, les programmeurs, sans parler des propriétaires de trackers torrent, qui organiseront le libre échange de la musique et des films. Les programmeurs pourront facilement explorer les réalisations de géants comme Apple et Microsoft, sans crainte d’être punis pour violation des droits de propriété intellectuelle.

Cette utilisation gratuite se propageant à toute la technologie occidentale, cela permettra d’explorer librement, d’utiliser et de développer leurs technologies actuelles. Aujourd’hui, le monopole de « la propriété intellectuelle » freine les progrès technologiques ; la Crimée libérée de ces entraves deviendra avec un minimum d’efforts supplémentaires un centre de créativité technologique non seulement en Russie mais à l’échelle mondiale, la transformera en une locomotive de la recherche scientifique et des idées technologiques permettant d’accélérer le développement de l’humanité tout entière!

Le rôle de l’Etat dans ce contexte, qu’il sera tout à fait capable d’assumer, sera de fournir un minimum d’infrastructure.

En effet, la confrontation militaire – c’est le jour d’avant-hier, et économique – le jour d’hier. Aujourd’hui, la concurrence est de nature numérique, communicative, et la libération de la Crimée des entraves imposées par la loi internationale de l’Occident pour protéger la domination des monopoles nous donne une formidable opportunité de devenir  leaders dans la course intellectuelle planétaire grâce à la libération de l’activité intellectuelle!

Si, par exemple, Microsoft a sérieusement envie de protéger ses droits de propriété intellectuelle en Crimée également, il n’aura qu’à se ré-enregistrer dans un pays qui reconnaît sa réunification avec la Russie. Parmi ceux-ci, aujourd’hui les plus commodes sont le Venezuela, le Nicaragua et l’Afghanistan. Je pense qu’après que la Crimée sera décrétée offshore, son appartenance à la Russie sera reconnue rapidement par le Bélarus, – afin justement de devenir un lieu de ré-enregistrement des sociétés occidentales qui voudront protéger leur propriété intellectuelle.

Un autre moyen pour Microsoft serait de parvenir à une levée des sanctions américaines contre la Russie et la reconnaissance officielle par les autorités des États-Unis de l’appartenance russe de la Crimée.

Cependant, l’un et l’autre nécessitent un certain laps de temps, durant lequel la Crimée, et le développement technologique du monde auront la possibilité de faire un grand pas en avant.

Sans parler du fait que l’effet secondaire du processus – la reconnaissance du statut de la Crimée et l’élimination de la confusion juridique actuelle – a aussi une certaine valeur en soi.

Les déclarations des observateurs occidentaux clamant que la transformation de la Crimée en off-shore serait une « déclaration de guerre » – montreraient une fois de plus l’extrême infantilisme dont souffre l’Occident. Il ne veut pas admettre qu’en nous déclarant une guerre froide impitoyable et, en particulier, en déclenchant une guerre économique contre nous avec les sanctions, il a depuis longtemps mérité une riposte juste et adéquate. Il a été habitué à considérer notre gentillesse, y compris envers ceux qui soutiennent les dirigeants nazis comme Obama, Merkel et Hollande, comme une manifestation de faiblesse et d’impuissance. Les laisser poursuivre dans cette immaturité serait un suicide, que d’ailleurs nous avons déjà renoncé à l’accomplir.

Il est temps pour l’Occident de grandir et d’apprendre de nouveau à construire un lien de causalité entre leurs actions et leurs conséquences. Si nous pouvons l’aider en cela, il nous en sera reconnaissant après le « break », naturel chez les adolescents, et cette reconnaissance sera une base plus solide pour l’avenir de notre Union que l’exploitation conjointe des ressources naturelles de la Russie ou de qui que ce soit d’autre.

Texte : Mikhail Deliagin

Traduction par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

 

Ces fortunes qui bénéficient des meilleurs abattements sur l’ISF

Le Canard enchaîné publie mercredi un document de Bercy recensant les 50 contribuables qui ont bénéficié des plus haut plafonnements sur leur Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Où l’on apprend par exemple que Liliane Bettencourt n’est pas soumise à cet impôt après une ristourne à plus de 61 millions d’euros.

Bernard Arnault, Liliane Bettencourt et Jean-Pierre MeyersBernard Arnault, Liliane Bettencourt et Jean-Pierre Meyers. (Sipa)

C’est « le palmarès secret des artistes du bouclier fiscal », titre Le Canard enchaîné dans son édition du mercredi. L’hebdomadaire révèle un document de la Direction générale des finances publiques, qui dépend de Bercy. Il s’agit d’une liste de 50 contribuables qui « bénéficient des plus hauts plafonnements de leur Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ». A eux tous, l’abattement est en moyenne de 90% : sur les près de 200 millions d’euros d’impôts qui devraient être ainsi perçus, seulement 21 millions sont acquittés.

Ces abattements se font « en toute légalité », précise le journal, qui y voit « le résultat burlesque d’une législation bricolée et rafistolée depuis des années ». Et en particulier autour du « bouclier fiscal » qui limite le montant total de tous les impôts d’un contribuable, sans quoi cela aurait un effet « confiscatoire », aux yeux du Conseil constitutionnel. Ainsi, Liliane Bettencourt, première fortune de France, dont le montant de l’ISF atteint « théoriquement » 61,3 millions d’euros, bénéficie d’un plafonnement de… 61,45 millions d’euros, en raison de ses 80 millions de revenus déclarés par ailleurs. L’actionnaire du groupe L’Oréal ne paie donc pas cet impôt.

Des plafonnements de plusieurs millions d’euros

Figure également dans ce « classement » Leone Meyer, fille du fondateur des Galeries Lafayette, qui n’est pas non plus soumise à l’ISF après un plafonnement de 11 millions d’euros. Suivent l’ex-président du Crédit lyonnais Claude Pierre-Brossolette, le patron de LVMH Bernard Arnault, le publicitaire Jean-Claude Decaux – qui vient de mourir – ou encore Hélène Darty (fille du fondateur de la chaîne de magasins) et Jean-Pierre Meyers, gendre de Liliane Bettencourt. Les plafonnements vont ici de 2 millions d’euros à 9 millions d’euros.

Le Canard évoque par ailleurs les « techniques » qui consisteraient pour ces fortunes « à minorer » leur revenu imposable. L’une d’elles « consiste à laisser dormir dans des sociétés financières les dividendes d’actions et les revenus d’assurance-vie. Et de ne prélever que le strict nécessaire pour assurer le train de vie », écrit l’hebdomadaire.

Plus d’actu finance/économie avec Boursier.com

 
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Publié par le juin 9, 2016 dans actualités, Economie

 

Poutine: « La Russie et Israël négocieront la mise en place d’une zone de libre-échange »

Publié 7 Juin, 2016 15:28 GMT | Dernière mise à jour 7 Juin, 2016 16:12 GMT

« Une impulsion au développement des relations d’affaires peut être donnée par la création d’une zone de libre-échange entre l’Union économique eurasienne et Israël », a déclaré le président russe. Nous avons déjà noté à plusieurs reprises par rapport aux amateurs de visions simplistes qu’il s’agisse des disciples de BHL ou des « antisionistes » d’extrême-droite, fascinés par Poutine, qu’il s’agirait d’ouvrir les yeux sur le monde dans lequel nous sommes. J’avais déjà noté premièrement que pour la première fois Israël avait fait défection aux Etats-Unis quand il y avait eu la condamnation de la Russie par rapport à la Crimée. Comme j’avais également souligné le fait que le second investisseur en Crimée après la Chine était Israël. Il faut faire un effort pour connaître et à partir de là explorer les possibles à partir de nos objectifs de paix , de développement et de droits des peuples comme des opprimés.

kremlin.ru

Le président russe  Vladimir Poutine a déclaré mardi que la Russie et Israël commencent les négociations cette année pour la création d’une zone de libre-échange entre l’Union Economique Eurasiatique et Israël, rapporte RIA Novosti.

« Nous avons parlé de ce que les réserves peuvent être utilisées pour renforcer la coopération économique. Je suis sûr qu’un coup de pouce au développement des relations d’affaires peut aboutir à  la création d’une zone de libre-échange entre l’Union économique eurasienne et Israël, » a déclaré le président russe.

« J’ai récemment parlé à ce sujet à Astana avec nos collègues de l’Union économique eurasienne et cette année seront lancées des discussions sur la question », a ajouté M. Poutine.

Contre les tentatives de réécrire la Seconde Guerre mondiale

Poutine affirme que la Russie et Israël vont travailler ensemble pour résister aux tentatives de réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. « Nous parlons toujours d’une question très sensible pour nous: la mémoire de la Seconde Guerre mondiale (…) nos peuples ont combattu ensemble contre le nazisme et payé un lourd tribut pour la victoire», a-t-il rappelé.

« Par conséquent, nous devons et nous voulons garder la mémoire des héros et des victimes de la guerre pour résister aux tentatives de réécrire et d’oublier la tragédie de l’Holocauste », a ajouté le président russe.

En outre, M. Poutine a déclaré que les deux pays sont de solides alliés dans la lutte contre le terrorisme et doivent renforcer les contacts dans ce domaine.

Le Premier ministre d’Israël Benjamin Netanyahu est venu en Russie en visite officielle mardi pour rencontrer le président russe. C’est la deuxième fois que le chef  du gouvernement israélien se déplace vers le territoire russe depuis le début de l’année en cours et cette visite coïncide avec le 25e anniversaire du rétablissement des relations diplomatiques entre Moscou et Tel Aviv /.

Les relations diplomatiques entre Israël et la Russie

Alors que l’URSS avait été le premier pays à reconnaître Israël, les relations diplomatiques entre Jérusalem et Moscou se sont réduites au fil des ans à partir de 1948, dans le cadre de  l’Union soviétique. Celles-ci ont été interrompues en 1967 pour reprendre en 1987 sous la forme de lignes consulaires. Il a fallu attendre 1991, après la chute de l’URSS, pour que  les relations diplomatiques soient rétablies complètement et l’ambassade d’Israël a ouvert ses portes à Moscou, avec une ambassade russe à Tel Aviv.

Cela dit la diplomatie russe reste profondément marquée par l’héritage soviétique, un nom reste attaché à cette diplomatie c’est celui de Primakov, un des meilleurs connaisseurs du monde arabe et elle demeure enracinée partout dans ses anciennes alliances. A ce titre, l’évolution des relations se rapproche de la politique de la Chine qui a de très bonnes relations avec Israël tout en soutenant les droits des Palestiniens et se présentant volontiers comme la voix du Tiers monde.

Enfin, l’extrême-droite nationaliste en Russie reproche à Poutine son philosémitisme et comme elle est antisémite l’affuble d’une kippa. En Israël les soutiens de la Russie sont les communistes et la droite extrême au pouvoir. On peut même extrapoler une vision à long terme de Netanyhou qui a de moins moins confiance dans les Etats-Unis et qui voit une alternative dans une alliance d’abord commerciale avec la Chine et la Russie. Peut-être a-t-il même plus confiance dans la Russie pour retenir l’Iran et son allié syrien que dans la politique américaine qu’Obama a déconsidérée partout, chez ses ennemis et encore plus chez ses alliés traditionnels.

En conclusion, qu’il me soit permis une note personnelle: J’ai toujours pensé qu’il fallait confier à Lavrov et Poutine le soin de résoudre les problèmes du Moyen orient, leur politique serait nettement plus efficace que celle des Occidentaux. Nous sommes à un stade que Lénine décrivait comme l’impérialisme stade suprême du capitalisme avec des contradictions concurrentielles entre les monopoles, financiarisés de surcroît, et chacun joue à enfoncer un coin dans les alliances de l’autre qui elles-mêmes sont la proie de contradictions d’intérêt… Il est évident que la Russie de Poutine n’est pas l’URSS avec son projet émancipateur pour les peuples, et même la Chine qui présente une situation encore plus complexe ne prétend pas à ce rôle. Mais qu’ils le veuillent ou non, comme d’autres pays, ceux des BRICS, en particulier leur tentative de créer un mode multipolaire en jouant sur les contradictions des USA et leurs alliés qui ne renoncent pas à un monde unipolaire et veulent l’imposer par le sang et la guerre, on peut attendre des politiques menées par les tenants d’un monde multipolaire une situation un peu plus favorable pour desserrer l’étau. Quant à ce que cherche le dirigeant israélien, peut-être à faire monter les enchères et d’ailleurs le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Susan Rice,  a promis lundi , aux autorités israéliennes que le nouvel accord d’aide militaire négocient actuellement les deux nations constituent «paquet le plus important de l’ aide militaire de l’histoire des États – Unis . « rapporte le journal Haaretz .tout en critiquant la colonisation. Prenant la parole lors du Forum mondial de l’American Jewish Committee (AJC, pour son sigle en anglais), Mme Rice a annoncé le paquet d’aide nouvelle, plus d’une décennie, répartis entre 37.500 millions et 40,000 millions de dollars pour la défense israélienne . « Ce sera une augmentation significative du soutien», a déclaré Rice. Le programme financera la modernisation de la flotte des avions israéliens et la défense antimissile. Pour calmer les alarmes que peuvent susciter les primaires, elle a souligné que « al sécurité d’Israël n’est ni démocrate, ni républicaine, mais un souci constant américain ».

Faire monter les enchères, nouer des relations privilégiées avec le vassal de l’adversaire, tout cela se joue dans une situation qui fait songer au Grand jeu.

 Je rappelle encore une fois que pour ces raisons, même si je ne suis pas une fan de Poutine, et encore moins de Netanyahun qui non seulement a une politique d’extrême-droite, mais qui masque sous ce nationalisme exacerbé des formes de corruption habituelle et les intérêts d’une petite caste, il me semble qu’il est indispensable d’avoir une vision de la complexité si l’on veut mettre en oeuvre des choix politiques beaucoup plus simples qui tiennent à la paix, à la souveraineté des peuples, au refus de l’oppression. . ,Les gens qui ignorent tout de la complexité  et racontent n’importe quoi sont des dangers publics dans la situation périlleuse d’un monde au bord de l’explosion. A ce titre je mets dans le même panier les élucubrations d’un BHL inspirées par la CIA. ou celle de certains « antisionistes » type les copains de Soral et Dieudonné dont l’antisémitisme est l’anti-impérialisme des imbéciles, qui admirent en Poutine le chef dont ils rêvent, à quel point nous sommes devant une situation périlleuse y compris pour la survie de l’humanité. On ne saurait s’y déterminer que par rapport à des objectifs politiques, de paix, de développement, de souveraineté des peuples, en appuyant ce qui nous paraît aller dans le bon sens. Et pour cela il est nécessaire de partout faire de la politique, établir des revendications claires et éviter les discours passionnels de haine ou d’adhésion. 

 

Danielle Bleitrach (à partir d’un article de RT).

 
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Publié par le juin 8, 2016 dans actualités, Asie, Economie, Europe

 

La tribune : Une crise décisive de la zone euro est inéluctable Par Olivier Passet, Xerfi

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 |  07/06/2016, 12:00  |  669  mots
Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi. / DR

Il y a quelque chose de glaçant dans cette analyse de quelqu’un qui ne remet en rien une certaine conception de l’économie, celle où le profit et sa bonne santé est prioritaire. Il est d’autant plus fascinanr  de lire ce diagnostic sur la fin de l’euro ou du moins les secousses qui ne manqueront pas de secouer le carcan à travers le sort imposé aux pays du sud (la France étant elle-même liée économiquement à ces pays du sud et souffrant de fait des mêmes maux face à la même politique, en particulier au niveau de ses diplomés. (note de danielle Bleitrach)

La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd’hui, une crise décisive de la zone euro est inéluctable

Nous l’avons dit maintes fois, la zone Euro a opté pour le mode de résolution de ses problèmes le plus coûteux en termes de croissance et d’emploi. Il n’en reste pas moins qu’elle a procédé à des ajustements, dont on est en droit d’attendre les dividendes.

Les pays du Sud, dont la consommation et l’investissement résidentiel s’étaient emballés, au mépris des équilibres externes, ont payé au prix cher cette stratégie. C’était tout le but des dévaluations internes. Remettre la demande des ménages en ligne avec la capacité d’offre solvable des différentes économies. Et les résultats sont aujourd’hui bien tangibles.

La dynamique des coûts salariaux a été cassée dans le sud

La divergence des coûts unitaires a pris fin et une partie des écarts a été résorbée. Les parts de marché se sont peu ou prou stabilisées, etc.

Le sous-financement de la protection sociale a été corrigé, notamment en Espagne et en Italie concernant les retraites. Les croissances redémarrent aujourd’hui laissant augurer la possibilité d’une reprise du mouvement de rattrapage de la périphérie sur des bases plus saines et plus soutenable. On pourrait alors s’arrêter à ce simple bilan de la purge douloureuse, mais utile, qui n’aura été qu’une parenthèse dans la jeune histoire déjà houleuse de l’euro. Une sorte de coût d’apprentissage en quelque sorte qui nous permettrait de repartir sur une base assainie.

À cela près, que cette lecture focalisée sur la compétitivité coût fait totalement l’impasse sur les fondements réels de la croissance. Je voudrais mettre ici en avant trois indicateurs clés, pour montrer que l’Europe n’en a pas fini avec les forces de divergence qui menacent son intégrité, et qui tôt ou tard remettront l’euro sous pression.

Regardons d’abord l’effort d’investissement productif et collectif des différentes économies (hors investissement résidentiel donc), rapporté au PIB. Que voyons-nous, que le Sud a décroché et que le mouvement de restauration, encore incomplet, observé en Espagne constitue une exception.

Plus grave encore: le taux de chômage des plus qualifiés

Regardons ensuite les dépenses d’éducation par étudiant, exprimées en parité de pouvoir d’achat ou en proportion du PIB. Là encore le retard du Sud est chronique et entérine un écart permanent de productivité.

Le diplôme protège beaucoup moins du chômage dans les pays du sud. Cet écart est le reflet d’une structure productive à la traine en termes de qualification. Mais il entraîne de surcroît une déqualification des diplômés et un gaspillage considérable des ressources investies dans le capital humain extrêmement préoccupant.

Résultat, la productivité en porte la marque. Certes la productivité horaire semble avoir bondi en Espagne, et dans une moindre mesure au Portugal, sous l’effet des destructions massives d’emploi, notamment dans le secteur à faible productivité de la construction. Mais passé cet épisode d’ajustement brutal de l’emploi, il n’existe pas de vraie dynamique endogène de croissance dans les pays du sud. Si l’on veut s’en convaincre, on peut aussi se référer à la productivité globale, qui synthétise la productivité du capital et du travail. La périphérie n’a pas, répétons-le, de moteur de croissance endogène.

Bref, la machine à diverger est toujours là. Passé l’épisode positif pour tous de la décrue de l’euro et des prix des matières premières, et du rebond mécanique de la croissance après le sur ajustement de la crise, il est à craindre qu’elle réimprime sa marque sur la dynamique européenne. Et la seule chose que propose in fine l’Europe aux pays retardataires, c’est de maintenir leur rang et de rester des zones de faibles coûts qu’internalise le cœur industriel de l’Europe.

> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Publié par le juin 8, 2016 dans Economie, Europe