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Archives de Catégorie: Economie

The independant : la guerre entre oligarques, accusation de meurtres autour d’un procès entre milliardaires à la Haute cour

C’est le plus extraordinaire témoignage sur ce que sont les pillards oligarques en Ukraine. Kolomoïsky et Pinchuck avec le rabbin, ses œuvres, le mariage de ses filles, on se croirait dans les contes d’Odessa de Babel, même si le roi des mendiants était lui du côté des révolutionnaires… On me répondra que Kolomoïski, l’ami très cher de notre enflure nationale Bernard-Henry Levy, vient d’être mis sur la touche par le vertueux Porochenko, lui-même roi du chocolat (qui s’est assuré la propriété d’un grand nombre d’immeubles de Sébastopol en les faisant prendre à la kalachnikov à ce qu’on dit). L’oligarque jouissant du triple passeport Chypriote, israélien et Ukrainien a été lâché par les Américains et malgré sa garde prétorienne néo-nazi a dû pour le moment s’incliner. Mais il y a un autre protagoniste encore plus intéressant bien que moins truculent c’est Pinchuck, souvenez vous c’est le principal contributeur de la fondation charitable de la famille Clinton qui ne saurait rien lui refuser.

https://histoireetsociete.wordpress.com/2015/03/23/les-oligarques-ukraine-des-contributeurs-de-premiere-importance-a-la-fondation-clinton-avant-la-crise-de-kiev/

Quelle relation y a-t-il donc entre ce procès Pinchuck-Kolomoïski et le fait que le marionnettiste américain ait lâché ce dernier? Édifiant quant aux mœurs du Capital. Qu’une telle bande de gangsters soit en mesure après avoir fait main basse sur les biens nationaux soviétiques d’acheter les dirigeants des Etats-Unis en dit long sur l’état de pourrissement du capital ! Mais le plus drôle dans cette affaire est que cette bande de ruffians se croient obligés de nous la jouer morale et droits de l’homme pour couvrir leurs turpitudes. (note de Danielle Bleitrach)

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Viktor Pinchuk, Gennadiy Bogolyubov and Igor Kolomoisky

Quelques unes des plus extraordinaires accusation de violence, de meurtre et de corruption, telles que jamais vues dans une compétition légale commerciale ont surgi dans des documents présentées à la Haute  Cour .

Les attendus de la Haute Cour, concernant une querelle commerciale et judiciaire à Londres, font état d’extraordinaires allégations de violence, meurtre et corruption.

Ces allégations font parties d’un procès qui porte sur 2 milliards de dollars, 1.34 milliard de livre sterling, procès intenté par l’oligarque et ami de Tony Blair Viktor Pinchuck résidant à Kiev et à Kensington, à l’encontre de deux autres milliardaires ukrainiens dans leur bataille pour l’acquisition et le contrôle d’une entreprise.

L’un d’entre eux, Gennadiy Bogolyubov résidant à Belgrade a récemment accusé Mr Pinchuck de corruption de témoins dans le cadre de ce procès et en demande l’ajournement. Un témoin a déclaré que l’une des personnes ayant été corrompue était l’ancien procureur en chef d’Ukraine, Stavyatoslav Piskun.

Mais le staff de Mr Pinchuk a répliqué en portant devant la Haute Cour de Londres des allégations explosives concernant la participation active de l’ancien procureur dans la couverture des meurtres commandités par l’associé en affaires de Mr Bogolyubov se nommant Igor Kolomoisky.

Mr Pinchuk inclut aussi Kolomoisky dans le procès à 2 milliards de dollars qu’il mène dans sa tentative d’acquisition de l’entreprise minière objet de la querelle.

Mr Kolomoisky réfute toutes ces allégations qui n’ont pas été prises en considération par le juge et qui forment ce que Mr Justice Flaux a qualifié de malveillances et méchancetés entre les parties (déclarations, démentis, contre allégations)

Le staff  de Mr Pinchuk a affirmé que Mr Kolomoisky a donné l’ordre d’attaquer un avocat ukrainien qui refusait de donner des informations protégées sur un client. Le gang de malfrats recruté a attaqué l’avocat après avoir battu par erreur sur la personne un de ses collègues.

Mr Kolomoisky organisa alors le meurtre des membres de ce gang  qui avaient  » saboté  »  leur mission et chercha à dissimuler ces meurtres. Telles sont les allégations faites par un témoin  présenté par le clan Pinchuk.

L’équipe de Mr Pinchuk a déclaré que peu après l’attaque portée sur l’avocat ukrainien, le garde du corps de mr Kolomoisky, SY Nikitin que l’on dit avoir planifié toute l’attaque, a été retrouvé mort, son corps flottant dans une rivière ukrainienne.

Le chef du gang fut lui aussi trouvé mort avec les veines de ses deux poignets coupées. Dans les deux cas il n’y eut aucune autopsie et en ce qui concerne le cas du chef de gang il fut conclu qu’il s’agissait là d’un suicide. la blessure par balle d’une arme à feu, sous son menton n’a apparemment pas été remarquée, telles sont les déclarations du clan Pinchuk .

Comme pour Mr Nikitin, le corps ( dont le rapport original et officiel indiquait qu’il n’y avait aucune trace de blessures ) fut exhumé et l’on découvrit qu’il portait la trace d’une dizaine de blessures à l’arme blanche.

L’équipe de Mr Pinchuk fait alors état d’une déclaration officielle émanant du bureau du procureur d’Ukraine et stipulant :

Mr Kolomoisky a menacé ( l’avocat ) de mort quelque jours après que celui çi ( l’avocat ) n’ait  pas donné suite aux demandes de Mr Kolomoisky. Aussi ce dernier aurait-il décidé le meurtre de l’avocat pour se venger de son refus d’obtempérer.

Et cette déclaration poursuit en stipulant que Mr Kolomoisky pour mener à bien ses intentions criminelles a demandé à Mr Sy Nikitin son garde du corps d’organiser l’assassinat ainsi donc Mr Kolomoisky est entré en association criminelle avec Mr Nikitin et de par ses ordres, assassinat avec préméditation.

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Mr Viktor Pinchuk commença alors le procés à 1.34 milliards de livres sterling ( AFP/GETTY)

Un mandat d’arrêt fut émis à l’encontre de Mr Kolomoisky mais le procureur Mr Piskun l’a annulé à la demande d’intermédiaires travaillant pour Mr Kolomoisky, d’après les déclarations du staff Pinchuk.

Mais le staff de Mr Bogolyubov a répondu que le procureur Piksun dément catégoriquement avoir été corrompu dans le but d’annuler et arrêter l’enquête et que de toutes les façons il n’avait au quotidien aucun rôle dans la prise opérationnelle de décision.

L’avocat de Mr Bogolyubov a déclaré que l’enquête concernant Mr Kolomoisky avait été arrêtée, le procureur en chef d’Ukraine pensant que le milliardaire était victime d’une campagne de discrédit. Il ordonna la révision du dossier et l’enquêteur conclut que les charges retenues contre Kolomoisky devraient être abandonnées.

Le deuxième témoin déclarant avoir été corrompu par Mr Viktor Pinchuk est un rabbin décrit dans un rapport de presse ukrainien comme étant  » le chef spirituel  » des juifs oligarques, Shmuel Kamineski.

Le staff juridique de Mr Bolomoiski déclara que Mr Viktor Pinchuk tenta de corrompre le rabbin et le menaça de retirer son don annuel d’1 million de dollars pour les œuvres charitables de sa communauté, s’il n’intervenait pas en sa faveur.

Le staff de Mr Pinchuk a réfuté ces allégations et a insisté sur le fait que Mr Pinchuk continue toujours ses dons et qu’il y avait de nombreux emails amicaux, invitations bien après ces supposées menaces et tentatives de corruption.

Le staff de Mr Pinchuk déclara aussi que le rabbin craignait de croiser Mr Kolomoisky. Mr Pinchuk déclara que le rabbin lui a dit que s’il devait se porter contre Mr Kolomoisky cela lui vaudrait une balle dans la tête.

Rinat Akhmetov fait aussi partie de la dispute commerciale pour l’acquisition de cette entreprise minière mais aucune allégations n’a été faite à son encontre.

Il a été ajouté que le témoignage du rabbin ne pouvait être pris en compte car le rabbin est financièrement dépendant de Messieurs  Kolomoisky et Bogolyubov.

Et comme à l’évidence le clan Pinchuk cite le fait du mariage de la fille du Rabbin, Yehudis avec ses 2000 invités ayant eu lieu dans le club de foot de Mr Kolomoisky : le FC Dnipro.

Une autre des filles du rabbin s’ étant mariée dans le même style, avec 1000 invités, le mariage ayant eu lieu cette fois dans le complexe synagogue – hôtel du rabbin et dont les 66 millions de dollars de coût de construction furent payés par Mr Bogolyubov. Le rabbin ayant déclaré publiquement se référant à cette construction que cela constituait la dotation de Mr Bogolyubov à leur encontre. L’équipe juridique de Mr Bogolyubov comptait sur le rabbin pour récuser les déclarations de Mr Viktor Pinchuk à son encontre et pour par son témoignage être ainsi de son côté dans ce procès à 2 milliards de dollars pour l’acquisition de cette entreprise minière.

Mr Pinchuk déclara aussi que Mr Kolomoisky qui est gouverneur d’une région d’Ukraine a essayé de faire pression sur Mr Pinchuk pour qu’il abandonne sa plainte à leur encontre en le menaçant de l’incorporer dans l’armée ukrainienne pour aller se battre sur le front est.

L’équipe juridique de Mr Pinchuk rajouta que Messieurs Kolomoisky et Bogolyubov ont essayé de mettre dans l’embarras Mr Pinchuk pour l’inciter à annuler sa plainte à leur encontre en publiant des allégations sur le meurtre 15 ans auparavant d’un journaliste ukrainien Georgiy Gongadze pendant le régime du beau père de Mr Viktor Pinchuk l’ex président Leonid Kuchma.

La déclaration Pinchuk stipule que pour éviter tout doute possible, il n’y a eu aucune suggestion selon laquelle Mr Pinchuk aurait eu un lien avec la mort de Mr Gongaze.

Mr Pinchuk accuse ses deux rivaux d’utiliser leur chaîne de télévision 1+1 pour promouvoir leur version afin de l’obliger à abandonner le procès devant la Haute Cour.

Mr Justice Flaux a refusé un mandat d’arrêt pour atteinte à la justice mais a déclaré que cela pouvait être reconsidéré lors du procès principal en janvier prochain.

L’accord en querelle

Mr Pinchuk déclare avoir payé à Messieurs Bogolyubov et Kolomoisky 143 millions de dollars pour l’acquisition d’une mine de fer appartenant à l’état.

Ils prirent cette somme, revendique-t-il et ils ne lui donnèrent pas la mine. Il déclare alors qu’ils ont vendu la moitié de cette mine à Rinat Akhmetov le milliardaire ukrainien propriétaire du football club Shakhtar Donetsk. L’homme le plus riche d’Ukraine. Celui qui a acheté une penthouse au 1 Hyde Park pour 136.4 millions de livres sterling.

Aucune allégation impropre de sa part ne figure au dossier.

Mrt Pinchuk déclare que la mine vaut maintenant 1 milliard de dollars et qu’on lui doit un autre milliard de dollars en dividendes non payés.
http://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/oligarchs-at-war-claims-of-murder-among-ukrainian-billionaires-in-high-court-case-10107612.html

 

Défaite de Kolomoïsky contre Poroshenko Karine Bechet-Golovko

http://russiepolitics.blogspot.ru/2015/03/defaite-de-kolomoisky-contre-poroshenko.html

complément d’enquête sur les mœurs des oligarques…

Добровольцы снялись с фронта и едут в Киев
Depuis jeudi, la crise intérieure en Ukraine entre Kolomoïsky et Poroshenko dévoile les véritables enjeux du conflit: l’argent. Poroshenko a besoin de récupérer le contrôle sur les entreprises à capital mixte qui sont entre les mains des oligarques et ne paient pas de dividendes au budget. Une double action a été mise en place: législative pour juridiquement reprendre le contrôle de la direction des sociétés et par la force pour reprendre le contrôle des armes, dans le sens direct du terme. Kolomoïsky a perdu ce combat, ce qui montre que les Etats Unis ne misent pas sur lui, il se retrouve isolé et doit maintenant limiter les pertes. Voyons plus en détails ce roman-feuilleton autour de l’entreprise Ukranafta.

Le pouvoir des oligarques vient du fait que les compagnies qu’ils considèrent comme privées sont constituées en partie de capitaux publics, mais les règles du droit des affaires permettaient à une minorité (privée) de blocage de garder le contrôle sur ces entreprises. Donc, dans le cas de la société Ukranafta qui nous intéresse, l’Etat qui possédait 50% + 1 action ne pouvait nommer le dirigeant, réunir les actionnaires et prendre des décisions sur le paiement des dividendes, car Kolomoïski, avec 42%, possédait une minorité de blocage qui lui permettait en fait de diriger l’entreprise. Par ailleurs, les fonds de cette entreprises se trouvent non pas dans une banque publique, mais dans une banque dirigée par Kolomoïsky, Privat Bank.
Ce schéma, très utile pour les oligarques en général et pour Kolomoïsky en particulier, commence à être ingérable, surtout quand les caisses de l’Etat sont vides et que les entreprises publiques ne paient pas de dividendes. Donc, le jeudi 19, les députés de la Rada adoptent une loi modifiant les règles du droit des affaires en ce qui concerne la répartition des pouvoirs entre les actionnaires minoritaires et majoritaires. Ce qui va permettre au pouvoir de nommer le dirigeant de l’entreprise et de récupérer 2 millions de Hryvnia de dividendes. Suite à cela, le Conseil de direction de l’entreprise, le jour même, décide de changer le directeur, A. Lazorko, trop impliqué dans les structures du groupe Privat. Ils nomment un dirigeant temporaire, qui tente de déloger Lazorko pour prendre possession des lieux. Kolomoïsky arrive le soir même avec un groupe d’hommes armés pour rétablir la situation à son avantage, mais en vain. A la sortie, l’attendent des journalistes, notamment ce journaliste de Radio Liberté qu’il insulte allègrement. Il finissent tous par quitter le bâtiment, les négociations politiques vont débuter avec Poroshenko.
Sur le plan économique, un compromis est trouvé. L’homme de Poroshenko prend sa place à la direction de Ukranafta, mais il n’engage personnellement pas de vérification de la gestion des fonds par l’homme de Kolomoïsky. Un audit sera effectué par des sociétés américaines, plus tard. Cet épisode est clos, mais il n’est qu’un signal du conflit. Pour sa part, le ministre de l’énergie a ordonné de transférer tous les fonds des entreprises publiques vers des banques publiques, ce qui va être une perte sèche énorme pour Privat Bank de Kolomoïsky d’un point de vue financier, mais également en terme de pouvoir.
Et la tension monte entre les deux hommes. Certains analystes estiment que Kolomoïsky avec la l’augmentation rapide de son poids politique et financier a perdu le sens des réalités et a voulu construire un Etat dans l’Etat. Il perd ce combat, mais fait monter la pression, question de survie, dans tous les sens du terme.
Le lendemain des événements, des députés lancent le signal: suite au comportement de Kolomoïsky avec le journaliste, raison formelle, ils demandent sa destitution du poste de gouverneur. De son côté, Kolomoïsky bloque les comptes de Poroshenko, à hauteur de 50 millions de dollars, dans sa banque pour quelques heures, en s’excusant d’un « problème technique ». Match nul. Les comptes sont débloqués, Kolomoïsky reste en place.
Par ailleurs, la guerre des bataillons est lancée. Dimanche soir, le 22 mars, des bataillons, notamment Dniepr 1, sont retirés de la zone de combat et envoyés à Kiev défendre les intérêts de Kolomoïsky. Car l’oligarque ne baisse pas les bras. Si la direction de l’entreprise lui a échappé, il positionne des hommes armés autour du bâtiment. Et c’est en analysant la réaction des structures de maintien de l’ordre et du Président Poroshenko que l’on voit la fin des combats.
C’est tout d’abord Poroshenko qui veut remettre Kolomoïsky à sa place en exigeant que soient désarmées toutes les personnes se trouvant dans le bâtiment de Ukranafta, mais les structures  du ministère de l’intérieur et des services secrets restent assez amorphes. Hier, le bloc s’est fait autour du Président et Kolomoïsky est politiquement isolé. Avakov, le ministre de l’intérieur ukrainien, déclare que seules les forces de l’ordre ont le droit de porter des armes à feu dans les lieux publics et il donne 24h aux services de protection de Kolomoïsky pour dégager les lieux. Il affirme que cela concerne tous les services privés de sécurité de tous les oligarques.  Pour sa part, le directeur du SBU (ex-KGB) est prêt à appuyer par la force la décision présidentielle.
Ainsi, Kolomoïsky vient de perdre sur tous les plans. Ses allégations quant au soutien du Donbass n’ont aucun poids et ne sont pas prises au sérieux sur place. Il deviendrait russophile si son business n’exigeait. Mais il est allé trop loin et la masque retombe. L’ambassadeur américain à Kiev a déclaré publiquement que les temps changent. Autrement dit, Kolomoïsky et ses bataillons ne sont plus aussi utiles qu’au début du coup d’Etat, le pouvoir veut de toute manière reprendre le contrôle et cela passe par le contrôle des armes. Il ne reste plus à Kolomoïsky que négocier discrètement pour garder la tête haute et même simplement garder la tête sur les épaules. D’autant plus que le Congrès a voté la recommandation visant à livrer des armes létales à l’Ukraine. Le conflit prendrait alors une toute autre tournure.
 

Donbass : la nationalisation des biens des oligarques mise en œuvre

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Jacek Kaminski

http://www.lewica.pl/?id=30399&tytul=Donbas:-Rozpocz%EAto-nacjonalizacj%EA-w%B3asno%B6ci-oligarch%F3w

Le processus de nationalisation des biens des oligarques, annoncés depuis longtemps, commence à être mis en œuvre dans la République Populaire de Donetsk. Le premier ministre Aleksander Zakharchenko a informé que l’Etat a pris le contrôle de quelques entreprises privées, entre autre celles appartenant à l’ancien président de l’Ukraine Victor Ianoukovitch.

La raison directe des nationalisations fut l’explosion mortelle dans la mine Zasiadka de Donetsk le 4 mars dernier.33 mineurs y ont laissé la vie. Cette mine est surnommée « la mine tueuse » du fait des nombreux accidents mortels qui y ont lieu régulièrement. Depuis 1999 plus de 200 mineurs y sont morts, plus de 150 personnes pendant les deux grandes catastrophes minières de l’année 2007. La mine « Zasiadka » appartenait à l’un des plus importants oligarques de l’Ukraine, le représentant du « Clan de Donetsk », Jefim Zawiagilski. Zawiagilski est aussi député de la Verhovna Rada sans interruption depuis 1990. On estimait en 2011 sa fortune à 500 millions de Dollars US et en 2013 « seulement » à 173 millions.

« Cette mine aux mains de Zawiagilski était l’exemple classique d’une situation ou le propriétaire pressure l’entreprise jusqu’au bout, sans égard au processus de production et aux conséquences. La sécurité et la prévention des accidents étaient moins importantes que les taux de production et c’est pourquoi chaque accident à Zasiadka était synonyme d’une immense catastrophe » – ainsi le commentait le portail ukrainien d’informations news-portal.dn.ua.

Formellement la nationalisation de la mine Zasiadka n’est pas encore effective, mais – comme le rapporte le portail d’information http://www.novorossy.ru – « L’entreprise est actuellement sous le contrôle des représentants de la République ». L’ancien directeur de la mine Pavel Filimontov a été arrêté suite à l’accident.

Alexander Zakhartchenko a mentionné comme raison de la nationalisation de la centrale thermique Starobiechevska la dette de l’entreprise vis-à-vis de ses fournisseurs de charbon d’un montant de 400 mln de Gryvnas. (16 mln d’Euros). Cette entreprise faisait partie du groupe « Donbassenergo », propriété depuis 2013 de l’oligarque Igor Humeniuk. La fortune de Humeniuk est estimée par le mensuel « Forbes » à 520 millions de Dollars US. Une autre centrale thermique située à Slaviansk fait aussi partie du groupe de Humeniuk mais elle est actuellement hors du contrôle des autorités de la RPD.

Le groupe « Donbassenergo » a protesté contre la mise sous tutelle publique de sa propriété. « La tentative de liquider la société par actions Donbassenergo et de nationaliser la centrale Starobiechevska montre l’incompréhension et le manque de vision d’avenir de ceux qui ont conseillé cette décision unilatérale à à la République Populaire de Donetsk. Ce genre de politique a des conséquences dont ils ne se rendent pas compte » – peut-on lire dans le communiqué de la direction du groupe.

Selon Zakhartchenko, l’objectif principal de cette phase de la nationalisation est la société Donbasskij Rascziotno-Finansowyj Cientr” (DRFC), dont on pense que le propriétaire est l’ancien président de l’Ukraine Victor Ianoukovitch. Le groupe avait des participations dans des cockeries („Komsomolskij”, „Czerwona Zirka”, „Kalininskij”, „Uzłowskaja”, „Ukraina”, „Rossija”) ainsi que dans bien d’autres entreprises. « Ianoukovitch fut un président de l’Ukraine légalement élu et chassé illégalement, et comme il est aussi notre compatriote, je pense qu’il va être heureux d’aider notre peuple à survivre. C’est pourquoi selon la loi le groupe DRFC appartient désormais à la République Populaire de Donetsk »- déclarait Alexander Zakhartchenko lors sa conférence de presse du 13 mars.

Le leader du Parti Communiste de la République Populaire de Donetsk Boris Litvinov et député au Conseil Populaire a déclaré que le Parlement travaillait actuellement sur les bases juridiques d’une nationalisation de grande ampleur des biens des oligarques.

 
 

L’Euro au risque de la chouette par jacques sapir

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30 décembre 2014
Par 
http://russeurope.hypotheses.org/3211 Ainsi le veut la Constitution : il y aura des élections anticipées en Grèce, qui devraient se tenir le 25 janvier. L’incapacité du Premier-Ministre Samaras à faire élire son candidat à la Présidence de la République (qui se fait en Grèce à une majorité qualifiée de 180 députés au parlement) a sonné l’heure des comptes. Elle vient aussi solder une politique inhumaine imposé par ce même Samaras aux ordres de la « Troïka », soit, rappelons le la Banque Centrale européenne, la Commission Européenne et le FMI. Elle solde de plus une politique des faux-semblants de ce gouvernement aux ordres, qui n’a ni rétabli les finances publiques (une partie des ressources fiscales sont « fictives » car la population n’a plus les moyens de les payer) ni provoqué un retour de la croissance. Il annonçait un « glorieux » 0,7% alors que le pays a connu une récession de près de -25% depuis 2009.

Ces élections sont un cas d’école de l’ingérence toujours plus pesante de l’Union européenne dans la vie démocratique des peuples. Diverses voix autorisées ont déjà menacé les électeurs grecs des pires maux s’ils votaient « mal ». Et, on le sait, SYRIZA, le parti de la gauche radicale, est en tête à ces élections. On a même vu, oh honte faite à tous les français, Pierre Moscovici, qui fut un déplorable ministre des finances se muer en un exécrable représentant de la Commission Européenne et aller à Athènes pour expliquer aux Grecs comment ils devaient voter. Il est vrai que c’est une habitude chez ce triste sire que de mentir sur commande ; il nous en avait donné la preuve déjà en 2012. Le FMI, par ailleurs a immédiatement suspendu son programme d’aide à la Grèce. Que l’on ne vienne plus nous parler de « démocratie » de la part des grandes organisations, soit européennes, soit internationales.

La situation de la Grèce peut se résumer en deux graphiques. Le premier indique l’évolution du PIB, comparé à 2007. L’effondrement du PIB est réellement spectaculaire et implique un appauvrissement d’une grande part de la population.

 

Graphique 1

 A - PIB

Source : Base de données du FMI

 

Mais il y a pire. Si l’on regarde l’investissement, que ce soit calculé en pourcentage du PIB ou calculé en euros constants, on constate un effondrement spectaculaire. En valeur, nous sommes en 2014 à 64% de la valeur des investissements de 1999. Cet effondrement, qui va bien au-delà d’une correction par rapport aux années 2000, marquée par les dépenses liées aux Jeux Olympiques, a plusieurs implications. Tout d’abord une destruction du capital par non-renouvellement, qui va poser un problème redoutable à la Grèce dans les années à venir. Faute d’entretien les infrastructures, qu’elles soient privées ou publiques, vont se dégrader ce qui va entraîner une montée des coûts d’entretien d’ici la fin de la décennie. Par ailleurs, la productivité du travail, non soutenue par un investissement qui fait défaut, va continuer à baisser, rendant plus que problématique le retour à une compétitivité de l’économie grecque. Seule, une baisse des salaires ou une dévaluation permettrait de maintenir les gains de productivité qui ont été payés aux prix fort par la population grecque.

 

Graphique 2

A - Invest

Source : banse de données du FMI

 

On voit qu’à l’évidence ce n’est pas d’un prolongement de la politique d’austérité meurtrière (ou, l’austérité tue, le taux de mortalité a fortement augmenté en Grèce ces dernières années) dont le pays a besoin. Il lui faut d’urgence une politique de relance par l’engagement massifs de dépenses publiques. Mais, c’est ici que se noue le conflit entre un possible gouvernement de SYRIZA et les autorités de la Troïka. Le programme de SYRIZA, que les sondages donnent actuellement largement en tête, prévoit entre autres les mesures suivantes :

Moratoire sur les dettes des ménages et des petits entrepreneurs aux banques ;

Hausse du salaire minimum ;

Annulation de près des deux tiers de la dette publique considérée comme « injuste ».

Instauration d’une « clause de développement » garantissant que les sommes dépensées pour une relance de l’économie ne seront pas comptabilisées dans le budget.

Recapitalisation des banques (dont la solvabilité est problématique), sans que les sommes en question soient comptabilisées dans la dette publique du pays.

Ce programme est contradictoire avec les règles européennes. Il ne faut pas s’en étonner. Aujourd’hui, 52% des grecs interrogés considèrent qu’ils se sentent plutôt étrangers aux idéaux européens[1]. Dans ce sondage, réalisé par l’institut Gallup International, 52% des personnes interrogées considèrent qu’il serait préférable de retourner à la monnaie nationale (la Drachme) et seulement 32% considèrent qu’il faudrait conserver l’Euro. C’est un point important, et il est clair que les résultats de ce sondage sont intégrés par les diverses forces politiques grecques. Il entrainera une dynamique tant économique que politique mettant à mal les structures européennes qui imposent aux peuples cette politique d’austérité, et en premier lieu, l’Euro. Car, si l’on va à la crise entre la Grèce et les institutions européennes, les taux d’intérêts monteront immédiatement, provoquant une nouvelle crise en Italie. Or, dans ce pays, trois partis, le Movimente Cinque Stelle, Forza Italia et la Ligue du Nord ont pris leur distance, et parfois de très grandes distances, avec le dogme de l’Euro. SYRIZA le sait qui, tenant compte des pressions scandaleuses sur la vie politique grecque par les institutions européennes, ruse avec ce programme. Mais, si Tsypras est élu, fort de la légitimité d’une élection, seule légitimité qui compte et qui soit, il fera entendre sa voix.

Tous les européens qui sont aujourd’hui révoltés à juste titre, tant économiquement que politiquement, par les agissements anti-démocratiques de la Commission et par les politiques d’austérité doivent se réjouir de cette élection. La chouette, animal emblématique d’Athéna, la déesse de la ruse et de la sagesse, doit manger le serpent Euro. Mais ils doivent, en même temps, envoyer un message clair à Tsypras et à SYRIZA : vous devez appliquer votre programme si vous êtes élus. Une trahison de plus serait une trahison de trop. Nous comprenons que vous rusiez jusqu’à l’élection. Mais après, il faudra appliquer votre programme, et tout votre programme. Ce qui se joue en Grèce aura des répercussions dans toute l’Europe, et en France en particulier. Elles peuvent être positives, si la lutte s’engage entre les peuples et les institutions européennes. Elles peuvent être aussi négatives dans le cas d’une nouvelle trahison. Car, ce qui se profile derrière la Grèce, c’est le problème de l’Italie et de l’Espagne. Oui, l’avenir de l’Europe et de la démocratie se jouera à Athènes, ce qui sera hautement symbolique.

 


 

 

Jacques Sapir

Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s’est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

 
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Publié par le décembre 31, 2014 dans Economie, Europe

 

La Tribune: Pourquoi la Russie ne va pas s’enfoncer dans la crise… 

Opinions

Pascal Nguyen.

Pascal Nguyen. (Crédits : DR)

Pascal Nguyen  |  23/12/2014, 14:06  –  760  mots
Avec la chute accélérée du prix du pétrole, les marchés ont paru anticiper un défaut de paiement. Toutefois, la Russie devrait pouvoir compter sur le soutien financier de la Chine. Il est ainsi peu probable que les événements récents conduisent le pays vers une crise profonde. par Pascal Nguyen, professeur de finance à la Neoma Business School.

Alors qu’il se maintenait tranquillement autour de 100 dollars depuis quatre ans, le prix du baril de pétrole vient de subir une chute spectaculaire ces dernières semaines. Le ralentissement modéré de l’économie chinoise ne peut expliquer à lui seul une correction d’une telle ampleur. Pas plus que les températures clémentes qui règnent en Europe cette année. Alors simple guerre des prix entre pays producteurs de pétrole ? C’est ce qu’on pourrait croire s’il n’existait pas un précédent historique et un mobile sérieux à voir les choses se dérouler précisément telles qu’elles se produisent.

Aucune logique apparente

Pour commencer, ce n’est pas la première fois que le prix de l’or noir décroche sans logique apparente. Dans les années 80, l’Arabie Saoudite avait déjà ouvert les vannes du pétrole afin d’inonder le marché. Le prix du baril avait alors plongé sous les 10 dollars. Le royaume saoudien a-t-il gagné au change ? Pas vraiment, puisque ses recettes ont complètement fondu, ce qui l’a contraint à emprunter pour combler son déficit budgétaire alors qu’il est normalement excédentaire. En fait, la manœuvre n’avait d’autre but que celui d’asphyxier économiquement l’Iran en s’attaquant à ses revenus pétroliers. La stratégie mijotée par Washington n’a pas permis de renverser les mollahs au pouvoir à Téhéran, mais a contribué à tempérer leurs ardeurs révolutionnaires, tout en donnant de l’air à Saddam Hussein, dont l’armée était en déroute face aux forces iraniennes.

L’objectif actuel parait étrangement similaire. Il s’agit de neutraliser le président Poutine et de faire plier Moscou. Car le secteur pétrolier constitue l’épine dorsale de l’économie russe. Avec la baisse du pétrole, ce sont les rentrées de devises du pays qui sont en train de fondre à vue d’œil. Or les entreprises russes en ont un besoin vital puisqu’elles doivent rembourser prochainement des dizaines de milliards de dollars d’emprunts libellés en devises étrangères. Les marchés ne se sont pas fait prier pour anticiper un défaut de paiement. Au terme d’une séance particulièrement houleuse, le rouble a enfoncé son plancher face au dollar pour perdre plus de la moitié de sa valeur depuis le début de l’année. Malgré une intervention énergique sur le marché des changes et une augmentation massive de ses taux d’intérêt, la banque centrale russe n’a rien pu faire pour contrer la pression spéculative. Pour beaucoup d’investisseurs, la banqueroute semblait inévitable comme en 1998.

Moscou a d’autres alliés

Mais la position de Moscou est-elle aussi fragile que certains veulent bien croire ? Le Kremlin a d’autres alliés que Pyongyang et Caracas. La Chine dont l’économie ne carbure plus très fort depuis quelques temps doit sans doute s’inquiéter des récentes initiatives américaines comme l’accord de partenariat transpacifique qui la menace d’isolement sur le plan économique et diplomatique. Cela ne serait donc pas avec plaisir que les Chinois verraient la Russie s’effondrer pour faire place à un régime aligné sur les positions américaines comme c’est le cas de l’Ukraine par exemple.

On peut donc parier que la Chine ne restera pas insensible aux difficultés financières rencontrées par la Russie. Ses réserves de devises sont énormes puisqu’elles dépassaient déjà les 3.820 milliards de dollars à la fin de l’année dernière. De quoi couvrir sans problème le remboursement de tous les emprunts russes arrivant à échéance. Cela ne sera toutefois pas nécessaire. Le signe que Pékin est prêt à voler au secours de Moscou suffira à décourager les spéculateurs de vendre le rouble à découvert en pariant sur un défaut de paiement.

Rien de mieux qu’une crise surmontée

Avec le soutien discret de son voisin chinois, il est peu probable que la Russie ait de véritables soucis à se faire. Les Saoudiens n’ont également pas intérêt à maintenir le prix du baril artificiellement bas même si leurs couts de production sont les plus faibles au monde. On peut donc penser que le calme finira par revenir assez vite. Si c’est le cas, l’épisode n’aura servi qu’à conforter la suspicion que Moscou et Pékin entretiennent à l’égard de l’Occident en général, et de Washington en particulier. Quant au maître du Kremlin, sa position parait plus solide que jamais. Rien de mieux qu’une crise surmontée pour assoir une popularité qui dépasse déjà les 85%.

 http://www.latribune.fr/opinions/20141223trib69fadd44b/pourquoi-la-russie-ne-va-pas-s-enfoncer-dans-la-crise.html

 
 
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Publié par le décembre 24, 2014 dans Amérique, Asie, Economie

 

Contre-spéculation sur le rouble par Jacques Sapir

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23 décembre 2014

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La journée de lundi 22 a vu se poursuivre le mouvement à la hausse du rouble. Elle a même été marquée par une spéculation POUR le rouble et CONTRE le dollar américain USD ainsi que le prouvent les mouvements sur le marché des changes. C’est donc à un renversement spectaculaire par rapport à la situation de la semaine dernière que l’on assiste. Ce renversement laisse tout les « experts » qui tels des oiseaux de mauvaise augure ne cessaient de prévoir le pire pour l’économie russe sans voix. Il confirme la confiance que l’on peut avoir dans les fondamentaux de l’économie russe qui restent très sains. Une petite explication de ce qui est survenu aujourd’hui s’impose néanmoins.

La journée commence en effet avec un taux de change de 58 roubles pour 1 USD. Les spéculateurs vendent leurs dollars et achètent massivement du rouble avant l’ouverture de la séance, ce qui fait chuter le taux de change en quelques minutes à 56 r/1USD marquant ainsi une appréciation du rouble. Il remonte après ces achats puis commence à s’apprécier à nouveau et atteint 54,5 roubles pour 1 USD vers 15h. Les spéculateurs vendent alors leurs roubles pour acheter du dollar provoquant une remontée du taux de change vers 56r/1USD mais la demande pour le rouble est telle que cette dépréciation du rouble ne dure pas et il revient, en fin de séance vers les 54r/1USD.

Graphique 1

Mouvements du rouble face au dollar le 22/12

A - chart

Ce processus est, bien entendu le résultat de la contre-attaque des autorités depuis mercredi dernier. Il correspond aussi à l’officialisation de l’annonce du soutien de la Banque Centrale de la Chine (la PBOC) qui garantit à la Banque Centrale de Russie, dont les réserves sont déjà importantes (420 milliards de dollars) qu’elle pourra compter sur l’immense masse de manœuvre de la PBOC (dont les réserves sont estimées à 4000 milliards de dollars). Il n’y a très clairement plus d’avenir à une spéculation contre le rouble. Mais, il y a toujours des spéculateurs sur le marché. Ces derniers ont donc décidé de jouer désormais pour le rouble. On peut, et on doit, considérer cela comme un signe positif, mais il faut cependant rappeler plusieurs choses :

  1. Une spéculation pour le rouble signale néanmoins le maintien d’anticipations spéculatives sur le marché des changes. Le calme n’est donc pas encore revenu.
  2. Cette spéculation pour le rouble pourrait entraîner le rouble trop loin. S’il est bon de revenir à un taux de change compris entre 50 et 55 roubles pour 1 USD il ne faudrait pas que le rouble monte au-delà de 50 (peut-être jusqu’à 42-45) car, en ce cas, cela poserait des problèmes fiscaux au gouvernement. Tant que le prix du baril de pétrole restera compris entre 55 USD et 60 USD le taux de change normal pour la rouble se situera entre 50 et 55 roubles pour 1 USD. Pour que le rouble puisse remonter au-delà de 50r/1USD il faudra attendre que le baril de pétrole monte au-delà de 70 USD, ce qui devrait survenir vers mars-avril de 2015.
  3. Le problème risque de se poser avec acuité dès le début du mois de janvier. Les remboursements des entreprises et des banques seront très faibles en janvier par rapport à ce qu’ils étaient en décembre. Les achats de produits importés (en USD) vont se tarir après les fêtes de Noël. Tout se met en place pour une remontée brutale du rouble qui pourrait être aussi déstabilisatrice que sa baisse brutale. Bien sûr, un tel mouvement peut se contrôler par la Banque Centrale qui achètera des dollars (et vendra des roubles). Mais, si ce mécanisme peut lui permettre d’augmenter ses réserves il aboutit à injecter des roubles dans l’économie, et cela en période où l’inflation sera forte.

 

Ces différents facteurs font que la question d’un possible contrôle des capitaux reste posée aujourd’hui en Russie. Le gouvernement ne veut pas entendre parler du contrôle des changes, et il a très probablement raison dans la situation actuelle. Mais, le contrôle des capitaux revient à laisser le marché des changes fonctionner librement tout en régulant les quantités de capitaux qui, dans un sens ou dans un autre, viennent sur ce marché. D’ailleurs, c’est déjà ce qu’a fait la Banque Centrale de Russie en modifiant temporairement sa réglementation prudentielle pour les banques le 17 décembre afin de limiter leurs besoins en dollars. L’introduction d’une réglementation portant sur les mouvements de capitaux à court terme, à l’entrée comme à la sortie, serait alors une mesure complémentaire aux mesures déjà prises. Le gouvernement dispose de deux à trois semaines pour prendre ces mesures. Elles auraient l’immense avantage de déconnecter le taux d’intérêt du marché des changes. Ceci permettrait de faire baisser le taux d’intérêt à un niveau plus compatible avec l’investissement, c’est à dire en le ramenant vers 10,5% alors qu’il est actuellement de 17%. Sinon, le gouvernement sera contraint, s’il ne veut pas sacrifier l’investissement, d’user de méthodes administratives (comme des subventions d’investissement ou des crédits bonifiés) afin de compenser un taux d’intérêt bien trop élevé.

La Russie a traversé une grave attaque spéculative et semble tirée d’affaires désormais. Mais, ceci ne garantit pas encore un retour à une situation normale. Si le gouvernement veut limiter le choc sur la croissance de cette attaque le plus possible et mettre en place les conditions qui permettront à l’activité de se développer en profitant des avantage d’une large dépréciation du rouble qui redonne à l’économie sa compétitivité, il doit impérativement agir de manière décisive dans les semaines qui viennent.

 
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Publié par le décembre 23, 2014 dans Economie

 

La chute du Rouble, un risque pour la Chine

( Source: le Quotidien du Peuple en ligne )

19.12.2014 17h01

 Une frontière commune de 4300 km

La panique liée à l’effondrement de la monnaie russe n’a pas encore atteint le marché des changes chinois, mais les économistes mettent en garde contre une réaction en chaîne de cette crise économique qui touche le grand voisin de la Chine.

Suite à la forte baisse des prix mondiaux du pétrole, le Rouble a plongé d’environ 20% par rapport au Dollar US à un moment mardi, suscitant des craintes d’un effondrement financier.

La banque centrale russe a alors annoncé un ensemble de mesures, comme le relèvement des taux d’intérêt et la vente d’or, afin de stabiliser la monnaie. Cela a permis au Rouble de remonter de près de 9% par rapport au Dollar US mercredi.

Cet effondrement spectaculaire a cependant rappelé aux économistes chinois la crise financière russe de 1998, qui détruisit la confiance des investisseurs mondiaux.

Qin Gang, porte-parole du Ministère chinois des affaires étrangères, a annoncé jeudi lors d’une conférence de presse régulière que l’accord de swap de devises entre la Chine et la Russie n’a pas encore été touché par les difficultés du Rouble.

« Nous sommes confiants dans les perspectives économiques et la coopération commerciale sino-russe. Les gouvernements et les entreprises des deux pays sont motivés pour améliorer davantage le commerce et les investissements bilatéraux », a déclaré M. Qin.

Wang Yungui, responsable de la politique et de la réglementation à l’Administration d’Etat des devises étrangères, a quant à lui précisé jeudi lors d’une conférence de presse que la Chine suit de près la baisse du Rouble.

Comme la dépréciation du Rouble signifie une appréciation relative du Yuan, M. Yang a exhorté les exportateurs chinois à utiliser des outils financiers comme les contrats à terme et les swaps pour couvrir leurs risques.

« La Russie est devenue un partenaire commercial important de la Chine, ce qui fait que cela va en soi porter atteinte aux exportations de la Chine », a de son côté déclaré Louis Kuijs, économiste en chef en Chine à la Royal Bank of Scotland Plc. « A part cela, l’impact financier en Chine devrait être modeste pour le moment. En outre, dans l’ensemble, la baisse du prix du pétrole est un fait nettement positif pour la Chine ».

Il estime que la baisse des prix du pétrole, la dépréciation du Rouble et les turbulences financières en Russie, ajoutées à l’impact des sanctions et de l’incertitude que cela crée pour les entreprises, sont susceptibles de donner naissance à de graves problèmes économiques pour la Russie en 2015.

La Chine et la Russie ont signé un accord sur un swap de devises de 150 milliards de Yuans (24,16 milliards de Dollars US) en octobre dernier.

Cependant, selon Lian Ping, économiste en chef à la Banque des Communications Co Ltd, dans le cadre du pacte, si la Chine détient des Roubles, elle subira de grosses pertes.

« Cela pousse le gouvernement chinois à dépenser ses Roubles ou à utiliser la monnaie pour des investissements afin de couvrir le risque de dépréciation ».

Dong Xiaojun, Directrice adjointe du Département d’économie de l’Académie chinoise de gouvernance, a exprimé ses préoccupations, craignant qu’un nouvel effondrement du Rouble soit néfaste pour l’économie en Chine.

« La crise monétaire en Russie peut conduire à une crise de la dette si la panique se propage aux marchés, ce qui constituera un grand risque pour la fragile reprise mondiale et d’autres pays émergents », dit-elle.

Selon Mme Dong, le Conseil de la Réserve fédérale américaine pourrait commencer un cycle de hausses des taux d’intérêt à la mi-2015, ce qui fait que le marché peut s’attendre à une nouvelle baisse du Rouble.

« La banque centrale chinoise devrait maintenir un taux de change stable par rapport au Dollar US, de façon à empêcher les sorties de capitaux massives et stabiliser le marché financier », a-t-elle ajouté.

 

 
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Publié par le décembre 20, 2014 dans Asie, Economie, Europe

 
 
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