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Archives de Catégorie: Economie

Russie: Le prix de l’émancipation économique par Karine Bechet-Golovko

 

Les chiffres fournis par le ministère russe de l’économie pour l’année 2015 sont loin d’être très bons. Mais il est important de les replacer dans le contexte, à savoir celui d’une pression internationale très forte visant justement à faire tomber l’économie russe afin de conduire à un changement de politique, voire de gouvernement. Par ailleurs, certains secteurs ont réussis à se développer malgré tout, comme l’agriculture, démontrant ainsi l’effectivité des programmes étatiques d’aide au développement de la production intérieure. Et sur la scène internationale, les Etats Unis ont reconnu que leur tentative d’isolement de la Russie a échoué. Reste à la Russie de garantir sa souveraineté financière.

Les marqueurs macroéconomiques au mois de novembre 2015
Le PIB a chuté de 4,1%.
L’inflation est en hausse de 13,2%.
Le taux de chômage est de 10,7%.
La masse monétaire a augmenté de 8,6%.
Le taux de la Banque centrale est de 11%.
Le taux de refinancement est de 8,25%.
Le volume de monnaie liquide a baissé de 1,7%.
Le volume de réserve internationale a baissé de 7,5%.
Le volume de production global a baissé de 3,5%.
Le commerce extérieur de la Russie a baissé de 35,1%.
Le volume d’importation a baissé de 36%.
Le volume d’exportation a baissé de 34,4%.
La balance commerciale est en déficit de 31,6%.
Le salaire moyen nominal a augmenté de 4,6%, même si le pouvoir d’achat réel a baissé de 5,4%.
Selon les données du ministère de l’économie:
La production agricole a augmenté de 2,9%.
Le transport ferrovière a augmenté de 0,1%, quand les transports ont baissé globalement de 0,1%.
La chute du commerce extérieur s’explique en grande partie par la chute du commerce avec les Etats Unis: -32% d’exportation et -38,2% importation.
Chiffres du budget 2015 (au mois de novembre)
Ressources (en milliards de roubles):
totales: 12 174,5
dont pétrole et gaz: 5411
non liées au gaz et au pérole: 6763,5
Dépenses (en milliars de roubles):
totales: 13 071,1
politique sociale: 3779,2
défense, armée: 2638,9
économie nationale: 1730,2
Sécurité (police, organes d’enquête …): 1668,3
enseignement: 558,4
médecine: 430,8
Donc contrairement aux idées reçues, le budget de l’armée ne dépasse pas le social, qui reste justement une priorité en cette période incertaine. Le financement de l’économie est important, car il comprend également l’aide au développement de la production nationale. Mais la dépendance du budget aux ressources du pétrole et du gaz reste beaucoup trop forte et l’on a vu la chute vertigineuse du rouble, qui maintenant se stabilise, mais a fait chuter le pouvoir d’achat. Et là ce n’est pas une idée reçue. Le point positif est que cette dévaluation, rendue possible dès que la Banque centrale n’a plus soutenu le cours de la monnaie nationale, est de rendre la production russe attractive à l’exportation. Pour autant, le FMI et la Banque mondiale ont déclaré que la Russie a dépassé les problèmes les plus importants et qu’une crise fondamentale de son économie n’est pas à attendre, des signaux positifs étant attendus. Sa note a été remonté par les agences de notation.
Les explications concernant les difficultés de l’économie russe sont doubles: le prix de sa politique extérieure doublé de celui de sa politique intérieure.
Pour commencer avec sa politique intérieure, la dépendance de l’économie en générale et du budget en particulier au prix du baril de pétrole est la conséquence directe de la facilité procurée ces dernières années par un prix élevé. Le pétrole constituant la pricipale ressource du budget, il permettait de couvrir toutes les dépenses, sans avoir à relancer la production intérieure. Cette absence de besoin se doublait du fait que la Russie pouvait facilement acheter ce qui lui manquait sur les marchés extérieurs, jouant en cela le jeu de la mondialisation qu’elle croyait acquis, définitif. Elle se posait comme un des acteurs de ce système des consommateurs mondiaux, ce que son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce était censée avoir proclamée.
Mais le réveil de sa politique extérieure a fait tomber le mythe de l’indépendance de l’économie du politique. Et elle assume sans broncher cette erreur stratégique. Car la participation au marché mondial n’aurait pas dû empêcher de relancer le marché intérieur. La question se pose alors de savoir ce qui pose le plus de difficulté à l’économie russe des sanctions ou du cours du baril de pétrole?
Les sanctions commerciales n’ont pas tant que ça, pour les experts, réellement touchées l’économie russe. Elles ont, d’une part, provoqué la mise en route des programmes étatiques de soutien à la production intérieure, une réelle réflexion sur la limitation des barrières administratives à l’activité commerciale et au développement d’une profonde politique territoriale, ce dont le pays avait grandement besoin. Par ailleurs, le rapprochement de la Russie et de la Chine permet non seulement de compenser, mais également de réorienter les intérêts commerciaux nationaux vers des marchés qui, à la différence des marchés américains et européens, ne sont pas saturés. Ainsi, depuis 2010, la Chine est le premier partenaire commerciale de la Russie et les nouveaux contrats conclus annoncent un beau développement en 2016. Dans le même ordre d’idées, la Russie développe ses relations commerciales avec d’autres pays, comme l’Inde ou les pays d’Amérique du Sud et du Moyen Orient. Il faut certes du temps pour compenser totalement la perte brutale, mais il est certain que les pertes pour les entreprises européennes sont également importantes: elles ne retrouveront pas leur place sur le marché russe, la confiance est rompue.

Par ailleurs, la fermeture de marchés extérieurs a obligé les acteurs économiques à se réotienter vers le marché national, stimulant ainsi l’économie de l’intérieur. Il faudra attendre un peu pour voir un réel impact sur les chiffres, mais la dynamique est lancée.

Le point sur lequel les sanctions ont réellement fait du mal est celui concernant l’interdiction de refinancement sur les marchés américains et européens. Car pour l’instant, si la Russie s’est retournée vers les marchés asiatiques, ils ne permettent pas encore de totalement compenser les difficultés artificiellement provoquées à la finance russe. Ce qui étouffe la relance de l’économie.
Dans la mesure où presque la moitié des ressources budgétaires est constituée par les revenus du pétrole, la chute du cours du baril de presque 100 $ à 30/40 $ a très fortement impacté l’économie russe. A ce sujet, comme le budget 2016 est prévu avec un baril à 50 $, il faudra s’attendre à des correctifs en cours d’année.

En conclusion, il est évident que l’économie russe paie le prix de sa décision de revenir sur la scène géopolitique, c’est-à-dire d’être un non-aligné. A ce sujet deux remarques:

  1. Il est utopique d’affirmer que la Crimée est à l’origine des sanctions en particulier, et de la guerre économique en générale menée contre la Russie. La Crimée est la conséquence du problème, non la source. C’est parce que la Russie a décidé de s’émanciper qu’elle a accepté le choix des habitants de Crimée et en a tiré toutes les conséquences juridiques, sachant pertinemment que la réaction serait violente. Car la déclaration d’indépendance qu’il faut alors sanctionner, celle qui est extrêmement dangereuse pour l’ordre mondial, n’est pas celle de la Crimée, mais celle de la Russie.
  2. Les années 90 ont montré que la totale soumission de la Russie aux standards néolibéraux de la communauté internationale ne conduisait pas à la restauration de l’Etat. Les peuples et les gouvernements ne vivent pas de promesses, de réformes de la justice et de petits pains. La Russie en a tiré les leçons, l’Ukraine est en train d’apprendre la sienne.

Mais la véritable difficulté pour la Russie est de se donner les moyens économiques de son indépendance politique, sinon ça tournera court. Même si la population, à quelques exceptions près, n’est pas prête à se vendre pour un camembert, n’acceptera pas le retour des déficits au quotidien et de la sensation de manque. Or, tant que le budget ne peut diversifier ses sources de revenus, la situation est instable. Et c’est justement pourquoi l’on voit aujourd’hui le retour du combat entre les néolibéraux (le cerveau Koudrine, la Sberbank Gref, les soutiens dans les grandes corporations étatiques et dans la société civile et les médias, voire au gouvernement) et les libéraux-conservateurs. L’expression choque? Pourtant, le libéralisme est devenu conservateur, c’est le signe de l’époque.

Autrement dit, l’enjeu pour la Russie en 2016 est de se donner les moyens de sa géopolitique. Quant à sa géopolitique de 2015, nous en traiterons demain.

 
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Publié par le décembre 29, 2015 dans Economie

 

RUSSIE. Khodorkovski, Pougatchev… Poutine doit des milliards aux oligarques

Ce qui se passe au Kazakhstan est également la preuve d’une offensive des oligarques alliés à l’impérialisme américain contre un pays qui tente de leur résister, mais qui est déjà mis à mal par la chute du pétrole comme a pu l’être le Venezuela ou l’Algérie… La preuve que résister à l’impérialisme ne peut exister quand on veut préserver l’oligarchie et ne trouver d’issue que dans la privatisation de l’économie pour avoir des ressources… Créer les conditions de la crise et désespérer le peuple qui ne voit pas d’issue politique à ses privations exige non seulement un pouvoir fort et un homme providentiel mais une perspective socialiste et un parti capable de l’incarner … (note de Danielle Bleitrach)

Jean-Baptiste Naudet

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Publié le 18-12-2015 à 13h57

A Moscou, le tsar Poutine fait et défait les fortunes. Mais certains oligarques déchus ne se laissent pas faire. Réfugiés à l’étranger, ils exigent – et parfois obtiennent – des dizaines de milliards de réparation.

Vladimir Poutine, le 17 décembre à Moscou. (Alexander Zemlianichenko/AP/SIPA)Vladimir Poutine, le 17 décembre à Moscou. (Alexander Zemlianichenko/AP/SIPA)

Bientôt ruiné par l’effondrement du prix du pétrole et les sanctions internationales, Vladimir Poutine va-t-il devoir encore passer à la caisse ? Déjà condamnée, en juin 2014, à payer une indemnité record de plus de 50 milliards de dollars (47 milliards d’euros) dans l’affaire Ioukos, la compagnie pétrolière du milliardaire Mikhaïl Khodorkovski, la Russie va-t-elle maintenant devoir aussi indemniser Sergueï Pougatchev, un autre de ses oligarques tombé en disgrâce ?

Ancien très proche ami de Poutine mais devenu critique du régime, Sergueï Pougatchev, 52 ans, réclame devant la cour arbitrale internationale de La Haye, 12 milliards de dollars (11 milliards d’euros) à la Russie qu’il accuse de l’avoir « dépouillé » de ses biens.

Sergueï Pougatchev, ex-sénateur de la région de Touva, dans le sud de la Sibérie, avait bâti un empire en Russie. En 1992, il avait fondé la Mejprombank, devenu au début des années 2000 l’une des principales banques du pays. Il développe jusqu’en 2010 le groupe OPK qui regroupe notamment plusieurs chantiers navals et une entreprise d’exploitation de charbon à coke (EPC).  Il a aussi investit en France, notamment dans l’immobilier de luxe. En 2007, il prend le contrôle de la marque française d’épicerie fine Hédiard et, en 2009, il permet à son fils, Alexandre, de prendre la direction du quotidien « France Soir ». Mais les Pougatchev échouent à redresser ces deux emprises à la dérive.

« Pas d’arguments pour me contrer »

« J’ai tous les documents qui prouvent que l’Etat russe a illégalement exproprié mes avoirs en Russie », explique à « l’Obs », tranquillement mais sous bonne garde, dans sa magnifique villa de Nice, Serguei Pougatchev, l’oligarque francophile (il a même la nationalité française depuis 2009). Se sentant menacé en Grande-Bretagne où il avait trouvé un engin explosif sous sa voiture, il s’est réfugié en France en juillet.

Malgré les tentatives d’intimidation, voire de meurtre, Sergueï Pougatchev, 52 ans, n’abandonne pas. Il est sur de son droit. « L’oligarque orthodoxe » – il est très croyant – est recherché par la justice russe pour « escroquerie et détournement de fonds », accusé de « banqueroute frauduleuse » dans la faillite de sa banque, la Mejprombank, en 2010. Ses avoirs à l’étranger ont été gelés.

« La Russie n’a pas d’arguments pour me contrer », estime, sûr de lui, le milliardaire russe. Il sait cependant que Moscou fera tout pour ne pas le payer en cas de condamnation. Alors « nous essayons de prendre des mesures préventives, de faire geler des avoirs russes partout dans le monde pour avoir la garantie d’être payé », explique-t-il.

La Russie n’a pas honoré son amende de 50 milliards de dollars dans l’affaire Ioukos. Et les avocats de Ioukos tentent de faire saisir des biens russes en dédommagement. Vladimir Poutine a donné le ton, en juin, lorsque la décision de La Haye avait contraint plusieurs Etats, dont la France et la Belgique, à saisir des biens russes. « Nous allons défendre nos intérêts. Notre position est claire : nous ne reconnaissons pas ce tribunal » de la Haye, avait tonné le président russe.

L’oligarque s’amuse :

Les Russes sont très préoccupés alors ils ont fait passer une loi qui protège leurs avoirs à l’étranger, une loi que tout le monde appelle à Moscou la ‘loi Pougatchev’. »

Bétonnage juridique

Cette nouvelle loi, qui entrera en vigueur en janvier 2016, stipule que « l’immunité judiciaire d’un Etat étranger et de ses actifs peut être restreinte sur le principe de la réciprocité ». Il s’agit donc, pour Moscou, de répondre à d’éventuelles saisies des actifs de la Fédération de Russie à l’étranger. Mais il n’y a pas d’automaticité. La justice devra se prononcer au cas par cas.

Régulièrement condamnée à Strasbourg, la Russie entend aussi s’affranchir des décisions de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), l’organe judiciaire du Conseil de l’Europe. La Douma, la chambre basse du Parlement russe, vient de voter une loi qui place ainsi la Cour constitutionnelle de Russie au-dessus de la CEDH, une juridiction internationale destinée à assurer le respect des engagements souscrits par les Etats signataires de la Convention européenne des droits de l’homme et ratifiée par la Russie en 1998. Car, en plus de la sanction de la Cour de la Haye, la CEDH avait condamné, en 2014, la Russie à verser 1,9 milliard d’euros aux ex-actionnaires du groupe pétrolier Ioukos.

Bref, on « bétonne » juridiquement à Moscou. Pourtant, dans l’affaire Pougatchev, officiellement, on ne craint rien. Sergueï Sobtchak, le vice-ministre russe des Finances, estime :

Je ne vois aucun risque pour le budget, le système financier russe ou son système judiciaire. Les chances de Pougatchev [devant la cour arbitrale] sont faibles. »

Des bâtiments diplomatiques saisis

Pour l’instant, la Russie a réussi à bloquer, avec l’aide de juristes français, les tentatives de recouvrer 50 milliards de dollars de Ioukos, contestant toutes les décisions de saisie des actifs d’État sur la demande des anciens actionnaires du groupe pétrolier russe en France. Mais huit ou neuf bâtiments diplomatiques, situés pour la plupart à Paris, ont été saisis conformément aux décisions déjà prononcés, a précisé Andrea Pinna, l’avocate de la Russie.

Le bâtiment de la représentation russe de l’agence de presse Tass à Paris figurerait sur cette liste. Cependant, « les mesures imposées n’empêchent pas la Fédération de Russie d’avoir l’usufruit de ces bâtiments. Seule leur vente est impossible, mais la Russie n’avait pas l’intention de les vendre », a expliqué Andrea Pinna. En dehors de la France, les plaintes des anciens actionnaires de Ioukos sont actuellement étudiées par les tribunaux allemands, américains et britanniques.

Les autorités russes ont cessé de publier les informations sur les actifs russes à l’étranger. « Pour des raisons de la sécurité nationale, notamment en raison de la politique hostile d’un certain nombre de pays, les informations sur les biens fédéraux [russes] situés à l’étranger ne sont pas publiées sur le site de l’Agence fédérale russe à la propriété de l’État », la Rosimouchtchestvo, a déclaré Tchoubar, le directeur adjoint de cette agence. « Dans son droit », la Russie ne risque rien. Mais deux précautions valent mieux qu’une.

Jean-Baptiste Naudet

 
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Publié par le décembre 19, 2015 dans Economie, histoire, société

 

Jean-François Bayart : «La France est droguée à l’argent des pétromonarchies»

by Les-crises.fr DT

Source : Le Temps, Luis Lema, 03-12-2015

Pour le professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève, la France a fait preuve d’aveuglement en concluant des accords de défense avec les pays du Golfe

Les attentats de Paris ont braqué les projecteurs sur les liens qu’entretient la diplomatie française avec l’Arabie saoudite, épicentre de l’idéologie salafiste. Professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (IHEID), Jean-François Bayart s’est notamment intéressé aux conditions qui ont amené la France à se rapprocher des monarchies pétrolières du Golfe et, au-delà, des régimes arabes sunnites.

Le Temps: L’Arabie saoudite, le meilleur ennemi de la France?

Jean-François Bayart: C’est en tout cas le résultat d’une alliance avec les pétromonarchies dont nous recevons aujourd’hui l’effet de boomerang. A partir des années 1970 ont été signés toute une série d’accords de défense entre la France et les Emirats arabes unis, puis le Qatar et dans une moindre mesure le Koweït, auxquels s’ajoute en outre un partenariat très développé avec l’Arabie saoudite de même qu’avec le Pakistan. Le propos des Français était avant tout commercial. Nous sommes alors dans le contexte des chocs pétroliers et d’un grave déficit de la balance commerciale de la France. Le premier objectif concernait ce que l’on appelle «les grands marchés», dont l’exportation française est très tributaire, à l’inverse par exemple de l’Allemagne dont les exportations reposent davantage sur un tissu de petites et moyennes entreprises beaucoup plus dense et performant.

Dans ces accords de défense, certaines clauses secrètes et différées dans le temps. Ces clauses étaient «très engageantes» comme on dit dans le vocabulaire militaire français, c’est-à-dire qu’elles impliquent l’automaticité. Très concrètement, si demain il y a un conflit entre l’Iran et le Qatar, ces accords de défense stipulent l’intervention militaire automatique de la France.

Les Français en sont-ils conscients?

Ces accords, signés par le gouvernement, ont reçu une approbation parlementaire, mais en l’absence de tout débat public. La France à cette époque s’est un peu droguée aux «grands marchés». Mais c’était une drogue douce, progressive, qui n’a déployé ses effets dramatiques que vingt ou trente ans plus tard. Ce sont par exemple ces installations militaires, que Nicolas Sarkozy inaugure en grande pompe aux Emirats arabes unis ou au Qatar, mais en se gardant bien de faire référence à la chronologie. Or il s’agit bien du résultat d’une politique bipartisane qui s’est nouée dans les années 1970. Par la suite, Sarkozy a joué la surenchère, en faisant du Qatar notre principal partenaire dans le Golfe, avec de toute évidence l’existence de contreparties, sur lesquelles nous n’avons pas d’information.

Le vrai problème c’est que la France a progressivement confondu ses intérêts avec ceux des pays du Golfe, Irak compris. En 1979, lorsque arrive la révolution iranienne, la France voit la région à travers les yeux du camp sunnite. Et lorsque l’Irak de Saddam Hussein, derrière lequel sont alignées les pétromonarchies, lancera une guerre d’agression contre l’Iran, Paris le soutiendra ainsi très activement. Aujourd’hui encore, nous payons le prix de cette aliénation de l’Iran.

E t l’expansion de l’idéologie salafiste?

Idéologiquement et politiquement, nous n’avons pas vu que nos alliés du Golfe, et le Pakistan, contribuaient à diffuser, à l’échelle régionale, voire mondiale, une forme d’islam qui était loin d’être sympathique pour nos intérêts. Cet effet a été particulièrement désastreux en Afrique de l’Ouest parce que les années 1980 et 1990 sont des années d’ajustement structurel où nous-mêmes, comme bailleurs de fonds, nous détruisons systématiquement les capacités de l’Etat séculariste hérité de l’indépendance. Nous détruisons l’hôpital public, l’éducation publique, et nous affaiblissons les capacités administratives de ces Etats. Or, la nature ayant horreur du vide, le manque a été comblé par les organisations islamiques financées par l’Arabie saoudite et les pétromonarchies. On a parlé à tort d’une «réislamisation» de ces sociétés. En vérité, ces sociétés n’ont jamais cessé d’être musulmanes. Mais dans un contexte de paupérisation qu’accéléraient les programmes d’ajustement structurel ces sociétés ont cessé d’être séculières, avec la destruction de l’Etat sécularisé. La propagation d’un islam salafiste, qui n’est pas forcément djihadiste, c’est le fruit direct de notre politique.

Et aujourd’hui?

Nous continuons d’être drogués, nous ne sommes pas du tout sur la voie du sevrage. La seule inflexion de François Hollande, c’est qu’il a pris ses distances vis-à-vis du Qatar pour se jeter dans les bras de l’Arabie saoudite. Mais, concrètement, le président socialiste réitère cette politique pour les mêmes raisons mercantiles que dans les années 1970. C’est ainsi qu’il demande à l’Arabie saoudite de financer le réarmement de l’armée libanaise, si possible avec des armes françaises, ou que, par Egypte interposée, cette même Arabie saoudite nous signe un chèque pour les frégates Mistral en nous sortant ainsi du mauvais pas où nous avait mis Sarkozy avec la Russie.

Or ces régimes sur lesquels compte la France sont complètement opaques, et ils ne se contrôlent pas eux-mêmes. L’Etat saoudien lui-même, où ce qui en tient lieu, est incapable de vérifier ce que font les princes saoudiens en matière de financement, par exemple. Dans la région, ce n’est pas le seul Etat qui laisse une grande place à la famille, à être lignager. Mais ici, ce serait plutôt une famille sans Etat. En Arabie saoudite, il n’y a que le lignage et les mercenaires.

Source : Le Temps, Luis Lema, 03-12-2015

 
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Publié par le décembre 9, 2015 dans civilisation, Economie

 

Pourquoi la dette publique française explose alors que les dépenses de l’Etat n’augmentent pas ?

http://www.bastamag.net/Pourquoi-la-dette-publique-francaise-explose-alors-que-les-depenses-de-l-Etat-n

par Rachel Knaebel 3 décembre 2015

 

Après avoir voté un nouveau budget d’austérité pour 2016, le Parlement est en train de l’amender pour débloquer des centaines de millions d’euros de dépenses supplémentaires pour la sécurité, la justice et l’armée. Mais pour les dépenses d’éducation ou de santé, François Hollande maintient bel et bien sa ligne : réaliser les cinquante milliards d’euros prévus d’économies. En cause : la dette publique française qui représente aujourd’hui plus de 97 % du PIB. Au fait, pourquoi a-t-elle bondi depuis dix ans malgré un budget stable ? Et si on osait enfin poser les bonnes questions : d’où vient cette dette publique ? Pourquoi explose-t-elle depuis trente ans alors que les dépenses stagnent ? Enquête.

On pensait l’austérité gravée dans le marbre. « Le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de stabilité », a décidé François Hollande dans son discours à Versailles le 16 novembre. Il y annonce les dépenses supplémentaires consacrées à la sécurité dans le budget 2016, quelques jours après les attentats : création de 5000 postes supplémentaires de policiers et de gendarmes, de 2500 postes dans les prisons et la justice et abandon des réductions d’effectifs prévues dans l’armée. 815 millions d’euros de dépenses supplémentaires sont prévues pour 2016 pour la sécurité intérieure et les opérations militaires extérieures. Le Sénat et l’Assemblée nationale sont en train de voter les amendements qui modifient le budget 2016 en fonctions des ces nouveaux choix politiques [1].

Il y a encore quelques mois, au moment de la présentation du budget 2016, le discours du gouvernement était tout autre. Priorité à la réduction tous azimuts des dépenses et du déficit ! La dette publique est alors l’ennemi n°1. Car l’explosion de la dette française, bien réelle, sert depuis dix ans à couper dans les dépenses publiques. Si les nouveaux choix politiques du gouvernement inversent la tendance pour les dépenses de sécurité, les dépenses sociales restent, elles, bel et bien soumises à une ligne claire d’austérité. L’hôpital ou l’université peuvent bien être étouffés par les coupes budgétaires, leur utilité se semble pas suffisante pour remettre en cause l’austérité.

Une dette qui représentait 16 % du PIB en 1974, 97 % en 2015

Entre 2008 et 2015, la dette publique française est passée de 68 % à plus de 97 % du produit intérieur brut (PIB). Un chiffre à faire trembler dans les chaumières. Dans ce contexte, le discours sur la rigueur budgétaire fait facilement recette. On pointe du doigt l’exemple de la Grèce, surendettée, à qui aucun pays ne veut ressembler. Un discours, pourtant, qui omet souvent de préciser d’où vient cette dette qui grossit à grande vitesse.

En 1974, la dette publique française représente seulement 16 % du PIB [2]. Il y a 20 ans, en 1995, elle en est encore à 55 % du PIB. Depuis, elle explose : 67 % en 2005, près de 90 % en 2012, 95 % en 2014 [3]. Pour arriver, mi-2015, à 97,6 % du PIB – soit plus de 2 100 milliards d’euros.

En 2005, le rapport dit « Pébereau » (concocté par celui qui était alors président du directoire de la banque BNP-Paribas) appelait déjà à « rompre avec la facilité de la dette publique ». Et préconisait d’« utiliser au maximum l’opportunité des départs à la retraite pour supprimer les sureffectifs ». S’en est suivi la politique dite de révision générale des politiques publiques (RGPP), qui a entériné le principe du non-remplacement de un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. La recette de Michel Pébereau a-t-elle fonctionné pour réduire la dette ? Manifestement, non. Depuis cette date, la dette publique a encore presque doublé. Et pourtant, dix ans plus tard, le budget initial pour 2016 que l’Assemblée nationale avait voté le 17 novembre poursuivait le même objectif de réduction générale des dépenses. Il prévoyait 16 milliards d’euros d’économies dans les dépenses publiques en 2016, et 50 milliards sur la période 2015-2017 [4]. Une ligne qui, en soi, n’est pas remise en cause par les centaines de millions débloqués à la hâte pour la police, le justice et l’armée après les attentats.

Les dépenses de l’État ? Stables depuis 30 ans

« Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine allait de soi : elle résulterait tout simplement d’une croissance excessive des dépenses publiques. Ne reste plus alors qu’à en déduire un discours qui semble relever du sens commun : on ne peut durablement dépenser plus qu’on ne gagne, et, par conséquent, il faut dépenser moins et ajuster les dépenses aux recettes », analysent les auteurs de l’Audit citoyen de la dette française [5].

Le problème, rappellent les auteurs de l’audit, c’est que les dépenses de l’État français ont en fait régressé en proportion du PIB depuis les années 1980. Les dépenses de l’État sont certes passées de 101 milliards d’euros en 1980 à 463 milliards en 2014 [6]. Mais, en part du PIB, elles sont en fait restées stables, avec même une tendance à la baisse ces dernières années. Ainsi, en 1985, les dépenses de l’État représentaient 24,8 % du PIB. En 1990, la proportion était de 22,2 %, et de 22,5 % en 2000. Et en 2012, elles redescendent à 21,6 % du PIB. Elles sont restées au même niveau en 2014. La part des dépenses de l’État dans le PIB français a donc baissé de trois points en trente ans [7].

Baisses d’impôts et cadeaux fiscaux

Plus que du côté des dépenses, c’est vers les recettes que l’audit citoyen de la dette publique nous pousse à regarder. « Si le montant des déficits – et, par conséquent, [celui] de la dette – augmente, c’est tout d’abord parce que l’État s’est privé de recettes importantes, en allégeant la fiscalité des ménages aisés et des grandes entreprises », soulignent les auteurs.

Depuis quinze ans, baisses d’impôts et cadeaux fiscaux se sont multipliés. Avec des effets désastreux sur les finances publiques. Dès 2000, le gouvernement de Lionel Jospin adopte des mesures de baisses d’impôts. Une nouvelle réforme fiscale a suivi en 2006, avec notamment la réduction de la taxe professionnelle et la création du « bouclier fiscal » qui plafonne l’imposition globale d’un contribuable à 60 % de ses revenus. En 2007, Nicolas Sarkozy fait adopter la loi « Travail, emploi, pouvoir d’achat » (dite loi Tepa), qui met en place, entre autres, la baisse de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et des droits de succession. Avec, là encore, une baisse des recettes fiscales de l’État à la clé.

« Entre 100 et 120 milliards d’euros de recettes fiscales ont ainsi été perdues pour le budget général de l’État entre 2000 et 2010 », souligne le député communiste Nicolas Sansu dans un rapport parlementaire réalisé au printemps dernier. À l’image du bouclier fiscal, de la baisse des droits de succession et de l’ISF, beaucoup de ces réductions d’impôts ont profité aux plus aisés. Autre exemple : le taux le plus élevé de l’impôt sur le revenu. Il était de plus de 60 % au début des années 1980 et de plus de 50 % jusqu’en 2000. Puis il est passé à 48 % en 2005, et même à 40 % en 2007, avant d’être ramené à 45 % après l’élection de François Hollande [8].

Un cinquième de la dette publique causée par l’évasion fiscale

Résultat : en 1980, les recettes en impôts et cotisations sociales qui arrivaient dans les caisses de l’État représentaient plus de 20 % du PIB français. Le chiffre est retombé à 18 % dans les années 1990, et à environ 16 % depuis 2010. Le budget pour 2016 poursuit cette tendance. En parallèle du plan de réduction globale des dépenses publiques, le budget prévoit plusieurs allégements fiscaux supplémentaires pour les entreprises (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi [CICE], mesures du pacte de responsabilité, etc.), à hauteur de 33 milliards d’euros pour 2016 et de 41 milliards pour 2017.

C’est sans compter les centaines de milliards d’euros potentielles qui échappent aux caisses de l’État par le biais de l’évasion fiscale. Selon les estimations de l’économiste Gabriel Zucman [9], cette pratique serait responsable d’un manque à gagner de 17 milliards d’euros pour l’État français en 2013. Sans l’évasion fiscale, la dette publique de la France s’élèverait à (seulement) 70 % du PIB, au lieu de dépasser les 90 %. Ce qui veut dire que près de un cinquième de la dette de l’État serait à mettre sur le compte de l’évasion fiscale. « Chaque année, l’État, parce qu’il a été privé des impôts évadés depuis les comptes cachés, a dû s’endetter davantage », souligne l’économiste. Les derniers rapports parlementaires évaluent même le manque à gagner entre 60 et 80 milliards d’euros par an (lire ici).

La dette, poison pour les États, aubaine pour les rentiers

« Il existe deux façons principales pour un État de financer ses dépenses : par l’impôt, ou par la dette », explique aussi Thomas Piketty dans son Capital au XXIe siècle [10]. « D’une manière générale, l’impôt est une solution infiniment préférable, à la fois en termes de justice et d’efficacité. Le problème de la dette est qu’elle doit le plus souvent être repayée, si bien qu’elle est surtout dans l’intérêt de ceux qui ont eu les moyens de prêter à l’État, et à qui il aurait été préférable de faire payer des impôts. »

De fait, la France dépense chaque années des dizaines de milliards d’euros pour payer les intérêts de sa dette. En 2015, l’État a ainsi déboursé plus de 44 milliards d’euros rien que pour le remboursement des intérêts de sa dette. À titre de comparaison, le budget de l’Éducation nationale, hors cotisations retraites, oscille autour des 47 milliards d’euros. Les intérêts de la dette sont autant de milliards qui ne peuvent pas être investis dans l’éducation ou la transition écologique.

Or l’évolution des taux d’intérêt a largement contribué à l’explosion de la dette publique française depuis trente ans. Aujourd’hui, la France finance sa dette à des taux très bas, à moins de 1 % depuis le début de l’année [11]. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Sur la période 1998-2007, le taux moyen auquel l’État français emprunte sur le marché des obligations est, en moyenne, de 4,15 %. Et dans les années 1990, les taux atteignent les 6 % ! « Au début des années 1990, la politique de désinflation compétitive (ou du « franc fort ») menée par le gouvernement Bérégovoy pour préparer l’entrée dans l’euro, puis la crise monétaire due à la spéculation financière contre les monnaies européennes, se traduisent par une envolée inédite des taux d’intérêt », détaille l’audit citoyen de la dette publique.

Ces taux élevés ont évidemment profité aux créanciers de l’État français. Qui sont-ils ? Impossible de le savoir exactement. La Banque de France fournit simplement des informations sur la part des résidents et des non-résidents parmi les détenteurs d’obligations de la dette publique française (lire aussi : la dette de la France, un secret bancaire ?). En 1999, 28 % de la dette est détenue par des non-résidents. La proportion a plus que doublé en quinze ans. Et c’est au moment de la crise de 2008 qu’elle a dépassé les 60 %, sans revenir en arrière depuis.

Près de 60 % de la dette publique serait « illégitime »

« Aujourd’hui, les taux sont très bas, ils sont mêmes inférieurs à l’inflation. Mais cela n’empêche pas l’engouement pour la dette publique. Car elle constitue pour les banques prêteuses un gage dans leurs actifs pour obtenir de la Banque centrale européenne (BCE) des prêts quasiment à taux négatif », précise Pascal Franchet, du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), contributeur de l’audit. « Mais cette baisse est fragile et un retournement du marché est possible. » Des taux d’intérêt qui repartent à la hausse signifieraient de facto une nouvelle augmentation en flèche de la dette publique française. « Il y a cette épée de Damoclès », analyse l’économiste Michel Husson. « Avec cette menace, les marchés financiers ont, de fait, un droit de contrôle sur les politiques publiques. »

L’audit citoyen réalisé l’an dernier a conclu que 59 % de la dette publique, à son niveau de 2012, provenaient des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs, et étaient donc illégitimes. « Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43 % au lieu de 90 % », conclut l’audit. Et ce chiffre ne prend pas en compte le poids du sauvetage des banques par les pouvoirs publics après la crise financière de 2007-2008. Pour mémoire, le seul sauvetage de la banque Dexia a coûté 6,6 milliards d’euros aux contribuables français.

Pour alléger la dette, un impôt exceptionnel sur le capital privé

Si la hausse de la dette n’est pas principalement due à l’augmentation des dépenses publiques, quelles sont les solutions possibles, autres qu’un budget d’austérité ? « Économiquement, ce serait tout à fait possible pour la France de ne plus financer sa dette sur les marchés financiers, fait remarquer Michel Husson. C’est un choix politique de ne financer sa dette qu’auprès des marchés financiers. Mais on peut faire autrement. Ce serait par exemple possible de demander aux banques privées d’avoir des quotas de dette publique. Et aussi, comme ça se fait aux États-Unis et Royaume uni, de faire financer la dette publique par la banque centrale. »

L’audit propose aussi de faire financer les dettes publiques par le Livret A – donc par les épargnants français – à des taux d’intérêt bas mais garantis. Autre solution : un impôt exceptionnel progressif sur les 10 % ou les 1 % les plus riches pour rembourser une partie de la dette. Une idée également émise par Thomas Piketty : un impôt exceptionnel à un taux de 10 % pour les patrimoines entre un et cinq millions d’euros, et au taux de 20 % au-delà de cinq millions. Une telle mesure permettrait d’obtenir en une seule fois 20 % du PIB et donc de réduire considérablement et d’un coup la dette publique [12] . Ce n’est pas la direction prise par le gouvernement.

Rachel Knaebel

Photo : CC Simon Van Vliet

Lire aussi : Sur le déficit de la Sécurité sociale, lire aussi notre enquête : Cotisations sociales : pourquoi les patrons fraudeurs sont si rarement poursuivis

Sur le secret des détenteurs de la dette française :
La dette de la France, un secret bancaire ?

Notes

[1Voir ces amendements du gouvernement adoptés par le Sénat ces derniers jours, ici, ici, ici et ici.

[2Source : Lettre de l’OFCE, 13 janvier 2006.

[3Source : Insee. Pour les chiffres d’avant 2008, voir ici.

[4Le budget prévoit toutefois la création nette d’un peu plus de 8 000 emplois publics en dehors des amendements décidés depuis les attentats, essentiellement dans l’Éducation nationale et l’enseignement supérieur.

[5Réalisé en 2014 par un groupe de travail du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique, composé de Michel Husson, du conseil scientifique d’Attac, Pascal Franchet, du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, Robert Joumard, d’Attac, Evelyne Ngo, du syndicat Solidaires Finances publiques, Henri Sterdyniak, des Économistes Atterrés, Patrick Saurin, du syndicat Sud de Banque populaire-Caisse d’Épargne. À lire ici.

[6Source : Insee. Voir « Télécharger la série longue » pour les chiffres d’avant 2008. Ces chiffres concernent les seules dépenses de l’État. Les dépenses publiques, dans leur ensemble, englobent celles de l’État, mais aussi celles de la Sécurité sociale et des collectivités locales. De la même manière, l’ensemble de la dette publique englobe la dette de l’État, celle de la sécurité sociale et celle des collectivités locales. Mais c’est la dette de l’État qui représente la quasi-totalité, 80 %, de la dette publique. Source pour le PIB : Insee.

[7En détail, total des dépenses de l’État en 1985 : 188,7 milliards, soit 24,8 % du PIB de 760,5 milliards. En 1990 : 241,3 milliards, 22,2 % du PIB de 1 058,6 milliards. En 1995 : 291,5 milliards, 23,7 % du PIB de 1 225 milliards. En 2000 : 330,5 milliards, 22,2 % du PIB de1 485,3 milliards. En 2005, 398,7 milliards, 22,5 % du PIB de 1 772 milliards. En 2010, 482,5 milliards, 24,1 % du PIB de 1 998,5 milliards. En 2012, 451,1 milliards, 21,6 % du PIB de 2 086,9 milliards. En 2014, 463,3 milliards, 21,7 % du PIB de 2 132,4 milliards.

[8Sources : ici et ici.

[9Gabriel Zucman, La Richesse cachée des nations.
Enquête sur les paradis fiscaux
, coédition Seuil-La République des idées, 2013, p. 57-60.

[10Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, editions Seuil, 2013, p. 883.

[11« Le taux moyen pondéré sur les émissions de dette à moyen et long terme ressort sur les trois premiers trimestres de l’année à 0,62% », indique l’Agence française du Trésor, l’agence publique qui gère la dette française.

[12Le Capital au XXIe siècle, ibid., p. 889.

 
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Publié par le décembre 6, 2015 dans Economie

 

2014] Les coups de fil qui révèlent la corruption d’Erdogan, par Ola Claësson

[

by Les-crises.fr DT

Pour information, de ce que j’ai pu lire, beaucoup accusent le fils d’Erdogan d’être mouillé dans le trafic de pétrole, sa fille d’organiser un réseau de soin pour les djihadistes, et, cerise sur la loukoum, la semaine passé le gendre d’Erdogan a été nommé ministre de l’énergie ! (donc du pétrole…)

Article de 2014 pour mémoire…

Source : courrier international, 26/02/2014

Coup de chaud pour Erdogan qui a dénoncé un complot contre lui. A un mois des municipales, cinq enregistrements d’appels téléphoniques révélant la corruption du Premier ministre turc ont fuité sur YouTube. En voici la retranscription.

En l’espace de quelques heures, la vidéo diffusant ces enregistrements – que le Premier ministre accuse d’être un montage – a totalisé plus d’un million de vues. Pourquoi ? Parce qu’elle révèle au grand jour l’étendue de la fortune occulte de Recep Tayyip Erdogan et de sa famille.

Corruption de père en filsL’essentiel des conversations figurant sur les enregistrements aurait eu lieu entre Recep Tayyip Erdogan et son fils Bilal Erdogan le 17 décembre, le jour où une enquête pour corruption a été ouverte inopinémentcontre des ministres du cabinet de Recep Tayyip Erdogan et leurs fils.

Tayyip Erdogan, qui se trouve à Ankara, appelle son fils, qui dormait semble-t-il et n’avait pas eu vent de l’agitation provoquée par l’ouverture de l’enquête. Il est 8 heures du matin :

R. TAYYIP ERDOGAN : Tu es chez toi ?

N. BILAL ERDOGAN : Oui, père.

R.T.E. : Ils viennent de lancer ce matin une opération contre Ali Agaoglu, Reza Zerrab, le fils d’Erdogan [un autre Erdogan], le fils de Zafer, le fils de Muammer, ils sont en train de perquisitionner chez eux.

N.B.E. : Redonnez-moi les noms, père.

R.T.E. : Je te dis le fils de Muammer, le fils de Zafer, le fils d’Erdogan, Ali Agaoglu, Reza Zerrab, 18 personnes à l’heure qu’il est. Ils viennent de lancer une vaste opération anticorruption et ils sont en train deperquisitionner.

N.B.E. : Oui.

R.T.E. : D’accord ? Maintenant écoute-moi, quoi que tu puisses avoir chez toi, tu me le fais disparaître ! D’accord ?

N.B.E. : Qu’est-ce que je peux avoir, père ? Il y a votre argent dans le coffre.

R.T.E. : C’est de cela que je te parle ! Je t’envoie ta sœur tout de suite, d’accord ?

N.B.E. : Qui m’envoyez-vous ?

R.T.E. : Je te dis que je t’envoie ta sœur !

N.B.E.: Ah, d’accord !

R.T.E. : Assure-toi qu’elle est au courant, d’accord ? Parle à ton frère !

N.B.E. : Oui !

R.T.E. : Faisons comme cela, parle à ton oncle aussi, il faut aussi qu’il fasse le ménage chez lui, parle à ton beau-frère, il faut que lui aussi…

N.B.E. : Que doit-on en faire, père, où faut-il que je le mette ?

R.T.E. : A des endroits précis, fais-le !

Dans d’autres enregistrements transcrits ci-dessous, Bilal Erdogan rappelle son père pour lui rendre compte de ses progrès. Après avoir passé une journée à réunir des sommes astronomiques en liquide – il serait question de 1 milliard de dollars répartis dans 5 maisons différentes – pour les faire disparaître en achetant des appartements et en payant d’avance des hommes d’affaires avec lesquels ils travaillent, il n’est pas encore parvenu à tout cacher.

Cet appel a lieu à 23 h 15 le même jour :

N.B.E.: Bonjour papa, j’appelle pour… on a presque fini. Oh, c’est vous qui m’avez appelé, père ?

R.T.E. : Non, ce n’est pas moi, c’est toi.

N.B.E. : J’ai été appelé par un numéro masqué.

R.T.E. : Venons-en au fait, tu as pu le faire disparaître ?

N.B.E. : Pas encore la totalité, père. Laissez-moi vous expliquer. Il reste 30 millions d’euros qu’on n’a pas réussi à faire disparaître. Berat [gendre d’Erdogan et directeur général de Çalik Holding] a eu une idée. On peut donner 25 millions de dollars de plus [au fondateur de Çalik Holding] Ahmet Çalik. Ils disent de lui donner. Et, quand l’argent sera là, on fera quelque chose, ils ont dit. Et avec le reste, on peut acheter un appartement deSehrizar, il m’a dit. Qu’en pensez-vous, père ?

Tayyip Erdogan accepte les propositions de son fils pour dissimuler les 30 millions d’euros restants. Le lendemain, 18 décembre, Bilal Erdogan appelle son père et l’informe que l’argent a été dissimulé en intégralité

Quelles conséquences pour les municipales ?

A ce jour, il est difficile de prédire dans quelle mesure ces enregistrements influeront sur l’issue des municipales du 30 mars. Naturellement, les partis d’opposition ont immédiatement réclamé la démission d’Erdogan, pendant que le Premier ministre affirmait que cet enregistrement, qui dure plus de onze minutes, était un montage, ajoutant qu’il avait l’intention de poursuivre en justice les individus qui se cachent derrière cet “odieux complot” dirigé contre lui et sa famille.

Cependant, il est certain que la réaction des électeurs après la révélation de ces enregistrements sera décisive pour l’avenir proche de la Turquie. Si ces enregistrements ne font pas chuter Erdogan lors des prochaines élections, il est clair que rien ne pourra le faire. La vidéo des enregistrements :

Ola Claësson

Source : courrier international, 26/02/2014

Les-crises.fr DT | 4 décembre 2015 à 1 h 45 min | Tags: Corruption, Erdogan, Turquie | Catégories: Crise Politique | URL: http://wp.me/p17qr1-p2M
 
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Publié par le décembre 4, 2015 dans Asie, Economie, guerre et paix

 

les Bombardements russes ont diminué de moitié les revenus de l’État islamique

–>Erdogan señaló que dimitirá si se demuestra la adquisición de petróleo por parte del EI.

 https://youtu.be/Afzk5PTMdoU

En un peu plus de deux mois, la Russie a réussi à réduire de moitié le revenu du turc ou celui de l’ État islamique autoproclamé (AE).

L’opération aérienne que mène la Russie en Syrie, pour combattre le terrorisme, a abouti au fait que  les revenus de l’État islamique autoproclamé (IE), sont passés de 3 à 1,5 millions de dollars par jour.

C’est ce qu’a dit le  Ministère russe de la défense dans un communiqué de presse, en expliquant comment les frappes aériennes dans la nation arabe ont détruit une partie des sources de revenu des extrémistes, qui vendent illégalement du pétrole syrien et irakien.

Les revenus de l’organisation terroriste avaient atteint  $ 3 millions par jour de pétrole illégal, maintenant ils n’atteignent que la moitié, environ 1,5 millions par jour, souligne RT

 

 

Pour sa part, le chef de la gestion opérationnelle de l’état major,  Serguéi Rutskói, a déclaré que depuis qu’a lieu  l’opération aérienne ont été détruits plus de 1 000 citernes pétrolières contenant du pétrole de l’EI, ainsi que 32 complexes et 11 raffirneries.

D’un autre côté, l’Agence russe a déclaré que la Turquie a été l’un des pays  qui ont acheté du pétrole brut vendu illégalement par  le groupe de mercenaire.

Le Ministère russe de la défense a déclaré  que plus de 1.722 véhicules ont été chargés de pétrole syrien vers la Turquie.

Le correspondant de teleSUR, Hisham Wannous, a déclaré que l’armée arabe syrienne en coordination avec les opérations russes ont récupéré plusieurs localités qui contrôlaient des extrémistes.

 

Dans le contexte

La Russie, à la demande de la Syrie et avec le soutien du Conseil de sécurité des Nations Unies, effectue les opérations de lutte contre le terrorisme depuis le 30 septembre qui ont détruit plus de 820 postes de l’IE.
Le 24 novembre, la Turquie a abattu un avion de chasse russe qui rentrait à sa base aérienne, après avoir participé à une opération contre les radicaux en Syrie, en affirmant qu’il a violé son espace aérien, cependant, la Russie a dénoncé comme fallacieux  les arguments du gouvernement turc .
Jours plus tard, le ministre des affaires étrangères russe Serguéi Lavrov, a affirmé que des sources fiables ont prouvé qu’à la frontière turque, des groupes extrémistes reçoivent le soutien de ce pays par le biais d’armement et de formation..
 
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Publié par le décembre 3, 2015 dans Asie, Economie, guerre et paix

 

Turquie et pétrole de l’EI: pourquoi Erdogan a eu tort d’exiger des preuves

 

Le président turc se dit prêt à démissionner si l’achat par Ankara de pétrole à Daech est prouvé. RT publie des faits témoignant que M. Erdogan ne devait pas être si imprudent dans ses propos.

Recep Tayyip Erdogan s’est déclaré prêt à démissionner si l’achat par Ankara de pétrole au groupe terroriste Daech était prouvé. « Il est inadmissible d’accuser la Turquie d’acheter du pétrole à l’EI, il est amoral d’en parler. On ne pourra pas soulever de tels thèmes sans en montrer des preuves. S’ils possèdent des documents ad hoc, qu’ils les montrent. Si ce fait est prouvé, je ne resterai pas dans ce fauteuil », a affirmé le leader turc en marge du sommet sur le climat à Paris.

Ce n’est pas la première déclaration contestable d’Erdogan, dont les activités en Syrie ont été qualifiées par Vladimir Poutine comme un « coup dans le dos » des complices des terroristes. Certains faits recueillis par RT montrent qu’Ankara ne devrait pas affirmer trop vite que la Turquie n’a rien à voir avec les livraisons de pétrole par les terroristes.

Primo, lors du récent sommet du G20 à Antalya, la Russie a montré aux leaders mondiaux l’envergure du trafic de pétrole réalisé par les terroristes de Daech. Les véhicules transportant du pétrole « forment une chaîne qui atteint l’horizon », selon Vladimir Poutine.
« Cela rappelle un oléoduc vivant. Et nous voyons depuis le ciel où se dirigent ces véhicules. Ils vont vers la Turquie, jour et nuit », a-t-il dit.Enquête du Guardian

Secundo, les propos de Poutine ont poussé un journaliste du Guardian à mener sa propre enquête. Il a établi que même les partisans du régime d’Erdogan étaient capables de déceler les liens entre les autorités turques et Daech.

Ainsi, la présence des djihadistes est devenue évidente depuis 2012. Lorsqu’ils ont commencé leur progression vers la Syrie, ils ne songeaient même pas à se cacher et se rassemblaient régulièrement dans des hôtels et cafés turcs, note le journaliste. Les diplomates européens ont donc conclu que les autorités turques sympathisaient avec les islamistes radicaux se rendant en Syrie pour y combattre Bachar el-Assad.

Les hommes d’affaires turcs, selon le Guardian, ont conclu des contrats juteux avec les extrémistes de Daech pratiquant la contrebande de pétrole, en versant au moins 10 millions de dollars par semaine dans le « trésor » des terroristes. Les autorités turques préféraient ne pas s’immiscer dans ces affaires, a appris le journal auprès de membres haut placés de Daech.

En outre, des disques durs découverts récemment dans la cache du terroriste éliminé Abu Sayyaf, « l’émir du pétrole », contenaient des informations sur des liens entre les représentants de haut rang de Daech et certains fonctionnaires turcs.Attaque turque contre le Su-24 russe

Le bombardier russe Su-24 a été abattu quelques jours après le début des frappes russes contre les convois de pétrole de contrebande transporté de Syrie vers d’autres pays dont la Turquie, a rappelé Anna Glazova, experte russe de l’Asie et du Proche-Orient.

« On peut affirmer avec certitude que de tels volumes de pétrole ne pouvaient pas passer inaperçus aux yeux des dirigeants turcs. Les leaders turcs participaient donc à ce business, d’une façon ou d’une autre », a-t-elle dit.

La Turquie a commencé à exprimer son extrême mécontentement immédiatement après le début des frappes russes contre les convois terroristes transportant du pétrole, a souligné le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. « Le fait que nos voisins turcs se sont tout de suite comportés de façon très très nerveuse, pour ne pas dire plus, n’est sans doute pas une simple coïncidence », a souligné M. Lavrov.

Opposition turque

Le vice-président du Parti de la démocratie des peuples Idris Baluken (opposition) a déclaré que l’attaque des forces aériennes turques contre l’avion russe avait été planifiée d’avance. La démarche pourrait être expliquée par la volonté d’Erdogan de s’ingérer dans l’opération russe contre les terroristes ne Syrie.

« L’EI gagnait 800 millions de dollars par an grâce aux exportations de pétrole et les dépensait pour acheter des armes. Le pétrole devenait ainsi un moyen de financer le terrorisme », a pour sa part affirmé Mehmet Ali Ediboglu, membre du parti.

Arrestation de journalistes et militaires en Turquie

Le rédacteur en chef du journal turc Cumhuriyet Can Dündar et son collaborateur Erdem Gül ont été arrêtés pour avoir révélé les livraisons d’armes à Daech réalisées par les autorités turques. L’enquête à l’égard des journalistes a été initiée sur ordre d’Erdogan.
En mai 2015, Cumhuriyet avait diffusé des photos représentant des camions turcs transportant des armes destinées aux islamistes syriens. En outre, une vidéo mise en ligne montrait, selon les journalistes, les armes fournies par les autorités turques aux terroristes dans les pays voisins. Cependant, la version complète de la vidéo en question n’est plus disponible. Les autorités locales ont dû la bloquer ou la supprimer.

Les dirigeants turcs ont d’abord nié ces accusations, en affirmant que les camions transportaient de l’aide humanitaire, mais plus tard, certains fonctionnaires ont déclaré que les armes transportées étaient destinées aux détachements turkmènes combattant dans le nord de la Syrie. Erdogan a soutenu cette version. Selon lui, quel que fût le contenu des véhicules, ils ont été envoyés au nom de la protection des intérêts de la Turquie dans la région.

Mais plus tard, trois miliaires de haut rang ayant saisi des camions transportant des armes en janvier 2014 ont été traduits en justice. Des caisses marquées « Fragile » contenaient des munitions dissimulées sous des médicaments. Les camions appartenaient aux services secrets turcs. Les militaires qui les ont découverts ont été accusés d’avoir formé un groupe terroriste et d’espionnage.

Histoire de famille

La diplomatie syrienne a conseillé à Washington de vérifier les informations selon lesquelles Bilal, fils d’Erdogan, est impliqué dans la contrebande de pétrole effectuée par Daech. Selon eux, l’incident avec le Su-24 russe a prouvé que le président turc aidait les terroristes. »Tout le pétrole était fourni à la compagnie appartenant au fils de Recep Tayyip Erdogan. C’est pourquoi la Turquie a vu rouge lorsque la Russie a commencé ses frappes contre l’infrastructure de l’Etat islamique et a détruit plus de 500 camions-citernes », a raconté le ministre syrien de l’information Omran Al-Zohbi.

D’après de nombreux experts, Bilal contrôle personnellement le trafic de pétrole réalisé par les djihadistes.
Le poste de ministre de l’Energie au sein du nouveau gouvernement turc est occupé par le gendre du président en fonction Berat Albayrak.

Liens avec les terroristes

Une vidéo disponible sur Internet présente un chef des Loups gris (parti néo-fasciste turc, ndlr.), Alpaslan Celik, fils de l’ex-maire d’une ville turque, qui dit être impliqué dans l’assassinat du pilote du Su-24 russe abattu par la Turquie. Ce groupe est également impliqué dans le massacre de 150 militants politiques et dans un attentat contre le pape Jean-Paul II. Ces hommes armés sont liés aux autorités turques au niveau le plus élevé. Les Loups gris constitueraient le « bras armé » du Parti d’action nationaliste qui soutient le régime d’Erdogan.

Avis d’experts

Selon le porte-parole des forces aériennes syriennes Ali Mayhoub, en échange d’un soutien militaire, les dirigeants turcs reçoivent de la part des criminels internationaux « du pétrole pour un vil prix, des biens culturels pillés par les bandits dans les musées de Syrie et de l’Irak et d’autres marchandises de contrebande ».

Nicolas Dhuicq, député de l’UMP à l’Assemblée Nationale, estime également qu’Ankara mène un double jeu et pratique la contrebande de pétrole conjointement avec les islamistes. Le leader turc, selon lui, est mécontent du fait que les forces armées russes empêchent ce jeu.

L’ex-président libanais Emile Lahoud a confié à RT que les actions d’Ankara lors de l’attaque contre le Su-24 avaient été planifiées d’avance et déterminées par les liens du président Erdogan avec les groupes extrémistes dans la région.

« Tout le monde sait que le président turc Erdogan soutient les fondamentalistes extrémistes depuis déjà cinq ans, a dit M. Lahoud. Lorsque l’Etat islamique est apparu, il a soutenu ce groupe en l’autorisant à vendre du pétrole à la Turquie et à le transporter par le massif montagneux frontalier ».

En huit mois, les terroristes de Daech ont vendu du pétrole et du gaz irakiens sur le marché noir turc pour 800 millions de dollars, selon Mowaffak al-Rubaie, ex-conseiller irakien à la sécurité nationale.

Le président de la Tchétchénie (république caucasienne russe, ndlr.) Ramzan Kadyrov a pour sa part souligné que la Turquie avait toujours aidé les islamistes radicaux et constituait une base pour le recrutement de terroristes en Syrie.
L’ex-premier ministre français François Fillon a lui aussi indiqué avoir des preuves montrant que la quasi-totalité du pétrole exporté par l’EI était acheminé dans des raffineries turques.

La Maison blanche a également appelé à fermer la frontière turque aux terroristes. Le Wall Street Journal cite une source au sein de l’administration américaine: « Le jeu a changé. Cela suffit veut dire cela suffit. Il faut sceller la frontière. C’est un menace internationale qui émane de la Syrie et passe par le territoire turc ».

L’ancien commandant suprême des forces alliées en Europe Wesley Clark a noté que l’existence de Daech répondait dans une certaine mesure aux intérêts de la Turquie et qu’Ankara pouvait participer au trafic de pétrole extrait par les terroristes en Syrie.

Lundi, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que la Russie avait reçu des informations supplémentaires confirmant que le pétrole provenant des gisements contrôlés par les terroristes arrivait en Turquie à l’échelle industrielle. La Russie a des raisons de penser que le Su-24 russe a été abattu pour assurer la sécurité des fournitures de pétrole en Turquie, selon lui.

: http://fr.sputniknews.com/international/20151201/1019951626/turquie-petrole-daech.html#ixzz3t8ejk89g

 
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Publié par le décembre 2, 2015 dans Asie, Economie, Europe, guerre et paix

 
 
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