RSS

Archives de Catégorie: civilisation

Giorgio Agamben : « De l’État de droit à l’État de sécurité »

by Les-crises.fr DT

Source : Le Monde, 23-12-2015

Giorgio Agamben

Pour le philosophe italien Giorgio Agamben, l’état d’urgence n’est pas un bouclier qui protège la démocratie. Il a, au contraire, selon lui, toujours accompagné les dictatures.

On ne comprend pas l’enjeu véritable de la prolongation de l’état d’urgence [jusqu’à la fin février] en France, si on ne le situe pas dans le contexte d’une transformation radicale du modèle étatique qui nous est familier. Il faut avant tout démentir le propos des femmes et hommes politiques irresponsables, selon lesquels l’état d’urgence serait un bouclier pour la démocratie.

Les historiens savent parfaitement que c’est le contraire qui est vrai. L’état d’urgence est justement le dispositif par lequel les pouvoirs totalitaires se sont installés en Europe. Ainsi, dans les années qui ont précédé la prise du pouvoir par Hitler, les gouvernements sociaux-démocrates de Weimar avaient eu si souvent recours à l’état d’urgence (état d’exception, comme on le nomme en allemand), qu’on a pu dire que l’Allemagne avait déjà cessé, avant 1933, d’être une démocratie parlementaire.

Or le premier acte d’Hitler, après sa nomination, a été de proclamer un état d’urgence, qui n’a jamais été révoqué. Lorsqu’on s’étonne des crimes qui ont pu être commis impunément en Allemagne par les nazis, on oublie que ces actes étaient parfaitement légaux, car le pays était soumis à l’état d’exception et que les libertés individuelles étaient suspendues.

On ne voit pas pourquoi un pareil scénario ne pourrait pas se répéter en France  : on imagine sans difficulté un gouvernement d’extrême droite se servir à ses fins d’un état d’urgence auquel les gouvernements socialistes ont désormais habitué les citoyens. Dans un pays qui vit dans un état d’urgence prolongé, et dans lequel les opérations de police se substituent progressivement au pouvoir judiciaire, il faut s’attendre à une dégradation rapide et irréversible des institutions publiques.

Entretenir la peur

Cela est d’autant plus vrai que l’état d’urgence s’inscrit, aujourd’hui, dans le processus qui est en train de faire évoluer les démocraties occidentales vers quelque chose qu’il faut, d’ores et déjà, appeler Etat de sécurité (« Security State », comme disent les politologues américains). Le mot « sécurité » est tellement entré dans le discours politique que l’on peut dire, sans crainte de se tromper, que les « raisons de sécurité » ont pris la place de ce qu’on appelait, autrefois, la « raison d’Etat ». Une analyse de cette nouvelle forme de gouvernement fait, cependant, défaut. Comme l’Etat de sécurité ne relève ni de l’Etat de droit ni de ce que Michel Foucault appelait les « sociétés de discipline », il convient de poser ici quelques jalons en vue d’une possible définition.

Dans le modèle du Britannique Thomas Hobbes, qui a si profondément influencé notre philosophie politique, le contrat qui transfère les pouvoirs au souverain présuppose la peur réciproque et la guerre de tous contre tous : l’Etat est ce qui vient justement mettre fin à la peur. Dans l’Etat de sécurité, ce schéma se renverse : l’Etat se fonde durablement sur la peur et doit, à tout prix, l’entretenir, car il tire d’elle sa fonction essentielle et sa légitimité.

Foucault avait déjà montré que, lorsque le mot « sécurité » apparaît pour la première fois en France dans le discours politique avec les gouvernements physiocrates avant la Révolution, il ne s’agissait pas de prévenir les catastrophes et les famines, mais de les laisser advenir pour pouvoir ensuite les gouverner et les orienter dans une direction qu’on estimait profitable.

Aucun sens juridique

De même, la sécurité dont il est question aujourd’hui ne vise pas à prévenir les actes de terrorisme (ce qui est d’ailleurs extrêmement difficile, sinon impossible, puisque les mesures de sécurité ne sont efficaces qu’après coup, et que le terrorisme est, par définition, une série des premiers coups), mais à établir une nouvelle relation avec les hommes, qui est celle d’un contrôle généralisé et sans limites – d’où l’insistance particulière sur les dispositifs qui permettent le contrôle total des données informatiques et communicationnelles des citoyens, y compris le prélèvement intégral du contenu des ordinateurs.

Le risque, le premier que nous relevons, est la dérive vers la création d’une relation systémique entre terrorisme et Etat de sécurité : si l’Etat a besoin de la peur pour se légitimer, il faut alors, à la limite, produire la terreur ou, au moins, ne pas empêcher qu’elle se produise. On voit ainsi les pays poursuivre une politique étrangère qui alimente le terrorisme qu’on doit combattre à l’intérieur et entretenir des relations cordiales et même vendre des armes à des Etats dont on sait qu’ils financent les organisations terroristes.

Dans un pays qui vit dans un état d’urgence prolongé, et dans lequel les opérations de police se substituent progressivement au pouvoir judiciaire, il faut s’attendre à une dégradation rapide et irréversible des institutions publiques
Un deuxième point, qu’il est important de saisir, est le changement du statut politique des citoyens et du peuple, qui était censé être le titulaire de la souveraineté. Dans l’Etat de sécurité, on voit se produire une tendance irrépressible vers ce qu’il faut bien appeler une dépolitisation progressive des citoyens, dont la participation à la vie politique se réduit aux sondages électoraux. Cette tendance est d’autant plus inquiétante qu’elle avait été théorisée par les juristes nazis, qui définissent le peuple comme un élément essentiellement impolitique, dont l’Etat doit assurer la protection et la croissance.

Or, selon ces juristes, il y a une seule façon de rendre politique cet élément impolitique : par l’égalité de souche et de race, qui va le distinguer de l’étranger et de l’ennemi. Il ne s’agit pas ici de confondre l’Etat nazi et l’Etat de sécurité contemporain : ce qu’il faut comprendre, c’est que, si on dépolitise les citoyens, ils ne peuvent sortir de leur passivité que si on les mobilise par la peur contre un ennemi étranger qui ne leur soit pas seulement extérieur (c’étaient les juifs en Allemagne, ce sont les musulmans en France aujourd’hui).

Incertitude et terreur

C’est dans ce cadre qu’il faut considérer le sinistre projet de déchéance de la nationalité pour les citoyens binationaux, qui rappelle la loi fasciste de 1926 sur la dénationalisation des « citoyens indignes de la citoyenneté italienne » et les lois nazies sur la dénationalisation des juifs.

Un troisième point, dont il ne faut pas sous-évaluer l’importance, est la transformation radicale des critères qui établissent la vérité et la certitude dans la sphère publique. Ce qui frappe avant tout un observateur attentif dans les comptes rendus des crimes terroristes, c’est le renoncement intégral à l’établissement de la certitude judiciaire.

Alors qu’il est entendu dans un Etat de droit qu’un crime ne peut être certifié que par une enquête judiciaire, sous le paradigme sécuritaire, on doit se contenter de ce qu’en disent la police et les médias qui en dépendent – c’est-à-dire deux instances qui ont toujours été considérées comme peu fiables. D’où le vague incroyable et les contradictions patentes dans les reconstructions hâtives des événements, qui éludent sciemment toute possibilité de vérification et de falsification et qui ressemblent davantage à des commérages qu’à des enquêtes. Cela signifie que l’Etat de sécurité a intérêt à ce que les citoyens – dont il doit assurer la protection – restent dans l’incertitude sur ce qui les menace, car l’incertitude et la terreur vont de pair.

C’est la même incertitude que l’on retrouve dans le texte de la loi du 20 novembre sur l’état d’urgence, qui se réfère à « toute personne à l’égard de laquelle il existe de sérieuses raisons de penser que son comportement constitue une menace pour l’ordre public et la sécurité ». Il est tout à fait évident que la formule « sérieuses raisons de penser » n’a aucun sens juridique et, en tant qu’elle renvoie à l’arbitraire de celui qui « pense », peut s’appliquer à tout moment à n’importe qui. Or, dans l’Etat de sécurité, ces formules indéterminées, qui ont toujours été considérées par les juristes comme contraires au principe de la certitude du droit, deviennent la norme.

http://www.digiteka.net/deliver/generic/iframe/mdtk/01637594/src/5p5ql5/zone/1/showtitle/1/

Dépolitisation des citoyens

La même imprécision et les mêmes équivoques reviennent dans les déclarations des femmes et hommes politiques, selon lesquelles la France serait en guerre contre le terrorisme. Une guerre contre le terrorisme est une contradiction dans les termes, car l’état de guerre se définit précisément par la possibilité d’identifier de façon certaine l’ennemi qu’on doit combattre. Dans la perspective sécuritaire, l’ennemi doit – au contraire – rester dans le vague, pour que n’importe qui – à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur – puisse être identifié en tant que tel.

Maintien d’un état de peur généralisé, dépolitisation des citoyens, renoncement à toute certitude du droit : voilà trois caractères de l’Etat de sécurité, qui ont de quoi troubler les esprits. Car cela signifie, d’une part, que l’Etat de sécurité dans lequel nous sommes en train de glisser fait le contraire de ce qu’il promet, puisque – si sécurité veut dire absence de souci (sine cura) – il entretient, en revanche, la peur et la terreur. L’Etat de sécurité est, d’autre part, un Etat policier, car, par l’éclipse du pouvoir judiciaire, il généralise la marge discrétionnaire de la police qui, dans un état d’urgence devenu normal, agit de plus en plus en souverain.

Par la dépolitisation progressive du citoyen, devenu en quelque sorte un terroriste en puissance, l’État de sécurité sort enfin du domaine connu de la politique, pour se diriger vers une zone incertaine, où le public et le privé se confondent, et dont on a du mal à définir les frontières.

Source : Le Monde, 23-12-2015

Les-crises.fr DT | 29 décembre 2015 à 1 h 34 min | Tags: Etat d’urgence | Catégories: Crise Démocratique | URL: http://wp.me/p17qr1-pQz
 
1 commentaire

Publié par le décembre 29, 2015 dans civilisation, histoire, textes importants

 

Poutine: « l’occident craint la résurrection de l’URSS, malgré que personne ne l’envisage »

Les actions occidentales dans l’espace post-soviétique pourraient être basées sur sa peur d’une ‘résurrection’ de l’URSS, explique Vladimir Poutine dans un documentaire diffusé ce dimanche.

Publicado: 21 dic 2015 18:27 GMT | Última actualización: 21 dic 2015 18:28 GMT
 https://actualidad.rt.com/actualidad/194879-putin-occidente-teme-recreacion-urss

Vladímir Putin

3.8K94

« Même la possibilité hypothétique d’unir leurs efforts » de la part des États ex-soviétiques, à l’intérieur d’un processus moderne d’intégration, « les empêche [à beaucoup ‘entre eux en Occident] de dormir profondément », a assuré Vladimir Poutine à Vladimir Soloviev,  journaliste de la télévision russe et auteur du documentaire ‘Miroporiádok’ (l’Ordre mondial).

« Ce n’est pas un secret qu’ils ont fait tout afin d’éviter la création d’un espace économique commun entre la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie (l’Union douanière) et même jusqu’à il y a peu, ils ne voulaient pas faire le commerce avec l’Union Économique Eurasienne [l’Arménie, la Biélorussie, Kazakhstan, Kirguistan et la Russie] comme participants de plein droit à des réunions sur des sujets internationaux « , a expliqué Poutine, cité par gazeta.ru.

Le système bipolaire s’est écroulé

« Cependant, l’Occident a commencé à se rendre compte de la ‘nocivité’ de ce point de vue », a souligné le président russe. Malgré tout, « l’intervention des Etats-Unis et de leurs alliés en Ukraine peut s’expliquer par la crainte d’une résurrection de l’URSS, et non pour aider le peuple ukrainien, comme ils ont l’habitude de le proclamer « , a ajouté le président.

Pour Poutine, « c’est un très mauvais  signe » que l’Occident se refuse à donner des garanties financières à Kiev pour les 3.000 millions de dollars qu’il doit à Moscou, puisque cela signifie que les Etats-Unis et l’UE n’ont pas de foi dans la solvabilité et dans la stabilité de l’économie ukrainienne.

Le président de la Russie a souligné que, malgré le fait que l’Union soviétique ait été désintégrée depuis  plus de deux décennies, la politique internationale de l’Occident reste  dominée par la mentalité de la guerre froide.

« Le système bipolaire s’est écroulé et nos partenaires devraient songer à la manière dont ils pourraient se convertir en leaders moraux des relations globales émergentes, mais ils continuent d’agir comme ils en ont l’habitude », a conclu Vladimir Poutine.

.

 
2 Commentaires

Publié par le décembre 22, 2015 dans civilisation, dialogue, guerre et paix, histoire

 

Réaction d’Attac France à l’Accord de Paris par Maxime Combes

 

samedi 12 décembre 2015, par Maxime Combes

Les États ne sont pas prêts à enclencher la « révolution climatique »
L’accord de Paris franchit les « lignes rouges » fixées par la société civile !

Dans des moments difficiles, on attend d’une conférence internationale qu’elle prenne des décisions courageuses et visionnaires. Ce n’est pas le cas à la COP 21, avec un accord très en dessous du changement de cap requis. A l’État d’urgence climatique, l’accord de Paris oppose un bricolage constitué de la somme des égoïsmes nationaux, aussi bien en matière de financements que d’objectifs de réduction des émissions. Il ne faut pas oublier l’essentiel : l’accord de Paris entérine un réchauffement climatique supérieur à 3°C, sans se doter des dispositifs pour revenir sur une trajectoire inférieure à 1,5°C ou même 2°C.

François Hollande souhaitait qu’on se souvienne de la COP 21 comme du moment déclenchant une « révolution climatique » [1]. Par bien des points, l’accord de Paris tranche en faveur des options les plus conservatrices et les moins ambitieuses qui étaient présentes dans le texte de négociation. L’accord de Paris valide une chose positive : les 195 États de la planète sont d’accord pour maintenir un cadre international et multilatéral – bien que très affaibli – de « gouvernance du climat » : pour véritablement changer la donne, il devient urgent que les règles et principes d’organisation de l’économie mondiale et du commerce international soient soumises à l’objectif climatique.

Analyse du texte sur la base des adjectifs utilisés par Laurent Fabius et François Hollande

L’accord de Paris est-il ambitieux ?

  • En entérinant des contributions nationales (INDCs) qui conduisent vers un réchauffement supérieur à 3°C, la COP 21 se montre incapable de désamorcer la bombe climatique.
  • L’objectif d’1,5°C, qui n’est pas un objectif contraignant, ne saurait masquer l’absence d’engagements chiffrés de réduction d’émissions de GES pour les années à venir (art. 2) ;
  • Aucune date n’est mentionnée pour le pic des émissions et, l’objectif de long-terme, attendu pour 2050, ne concerne que la seconde partie du siècle ; la formulation de l’objectif de long-terme ouvre la porte à l’utilisation massive de techniques inappropriées telles que le stockage et la séquestration du carbone, la compensation carbone et la géo ingéniérie.

Sans feuille de route clairement établie, sans mention des points de passage en 2020 et 2050 fixés par le GIEC pour revenir sur une trajectoire inférieure à 2°C, l’accord de Paris met en danger le simple droit à vivre de nombreuses populations à travers la planète.

L’accord de Paris est-il doté des moyens suffisants ?

  • Absence des 100 milliards comme plancher de financement dans l’accord de Paris, renvoyé dans le texte de décision de la COP 21 et donc soumis à de nouveaux arbitrages futurs, sans force contraignante et sans amélioration par rapport à Copenhague ;
  • Manque de transparence et de prévisibilité des financements pour l’après 2020 : aucune mention des termes « nouveaux » et « additionnels » pour évoquer les financements futurs, en contradiction la Convention, pas plus que les termes « adéquats » et « prévisibles » ;
  • Absence de rééquilibrage au profit de l’adaptation.

Après 25 ans de négociation, et alors qu’ils n’ont jamais débloqué les financements nécessaires, les pays riches historiquement responsables du réchauffement climatique tentent se dédouaner de leurs responsabilités !

L’accord de Paris fait-il oeuvre de « justice climatique » ?

  • Suppression des références aux droits humains et des populations indigènes et à la transition juste dans les articles de l’accord de Paris, références renvoyées dans les préambules ;
  • Très net affaiblissement du mécanisme de « Pertes et dommages » puisque tout ce qui concerne les responsabilités juridiques (« liabilities ») est retiré de cet l’accord.

L’affaiblissement du mécanisme de pertes et dommages sonne comme un aveu de culpabilité des pays responsables du dérèglement climatique.

L’accord de Paris est-il universel ?

  • Les secteurs de l’aviation civile et du transport maritime, près de 10 % des émissions mondiales (= Allemagne + Corée du Sud) sont exemptés de tout objectif ;
  • De nombreuses contributions des États (INDCs), notamment des pays les plus démunis, dépendent de financements additionnels pour mener à bien leur transition énergétique et politiques d’adaptation : ces financements ne sont pas là et pas garantis pour le futur.

L’Accord de Paris ne se donne pas les moyens d’être universel et refuse de s’attaquer à la machine à réchauffer la planète que constitue la globalisation économique et financière.

L’accord de Paris est-il juridiquement contraignant ?

  • L’accord de Paris ne transforme par les INDCs en des engagements contraignants et les mécanismes de révision des engagements sont faiblement contraignants ;
  • Aucun mécanisme de sanction n’est mis en oeuvre pour sanctionner les États qui ne prendraient pas des engagements insuffisants, qui ne les mèneraient pas à bien ou qui refuseraient de revoir à la hausse leur ambition.

Alors que les accords de libéralisation du commerce et de l’investissement sanctionnent les pays lorsqu’ils ne respectent pas les règles établies, encore rien de tel en termes de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

L’accord de Paris est-il dynamique ?

  • Il sera impossible de rajouter dans les années futures tout ce qui n’est pas dans le texte de l’accord de Paris (100 milliards comme plancher, …) ;
  • Des inventaires (stocktaking) sont prévus tous les 5 ans, mais la mise en oeuvre des révisions à la hausse reste dépendante de l’interprétation du texte et de la bonne volonté des États.

L’accord de Paris est-il différencié ?

  • Avec la mise en oeuvre des INDCs, les États ont accepté à Lima une auto-différenciation en matière de réduction d’émissions de GES : chaque pays met sur la table ce qu’il souhaite ;
  • En matière de financements, alors que la Convention-cadre prévoit que les pays historiquement les plus émetteurs débloquent les financements nécessaires à l’adaptation et la mitigation des pays qui en ont besoin, les États-Unis et leurs alliés ont essayé de poursuivre leur oeuvre de démolition des principes de la Convention.

L’accord de Paris est-il équilibré ?

  • Aucun mécanisme clairement défini pour faciliter le transfert des technologies, notamment pour lever les barrières à l’accès générées par les droits de propriété intellectuelle ;
  • Possibilité est laissée aux pays, notamment les plus émetteurs, d’utiliser des mécanismes de compensation carbone pour atteindre leurs objectifs, au détriment d’une réduction domestique des émissions.
  • Maintien de la référence à « la croissance économique » (art. 10)

Citations d’Attac France et d’autres Attac en Europe et partenaires

Maxime Combes, porte-parole d’Attac France sur les enjeux climatiques
« Un accord à n’importe quel prix n’était pas le mandat confié à la COP 21, François Hollande et Laurent Fabius. Utiliser les termes « ambitieux », « juste » et « juridiquement contraignant » pour présenter l’accord de Paris est une escroquerie intellectuelle. Y accoler la référence à la « justice climatique », sans contenu, est méprisant envers toutes celles et ceux qui se mobilisent en ce sens depuis des années. Faut-il rappeler que cet accord de Paris entérine des INDCs qui préparent un réchauffement climatique supérieur à 3°C, sans se doter des dispositifs pour revenir sur une trajectoire inférieure à 1,5°C ou même 2°C ? L’accord de Paris n’apporte rien de plus que les engagements individuels des États : c’est un accord à la carte qui permet à chaque État de faire ce qu’il veut en matière d’émissions de GES. Il est temps de tourner la page des énergies fossiles. Pas de faire semblant. »

Geneviève Azam, porte-parole d’Attac France
« Par un jeu de vocabulaire, l’accord de Paris, « universel contraignant » affaiblit un peu plus l’un des piliers de la Convention de 1992 et du protocole de Kyoto : la responsabilité climatique est commune mais différenciée, elle suppose des engagements contraignants pour les pays les plus pollueurs, aussi bien en termes de niveau d’émission que de financement. Le souffle éthique et politique qui manque est celui des mouvements de base, des résistances, des alternatives, dont l’énergie et la vision relient les expériences locales à des enjeux qui les dépassent ».

Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac France
« Le très pâle accord reflète l’impuissance des gouvernements à s’attaquer aux causes réelles des dérèglements climatiques. Rien d’étonnant : l’avidité des multinationales, les énergies fossiles et l’obsession de la croissance sont considérées comme des données intouchables. La France se prétendait exemplaire, elle ne remet pas en cause ses propres projets climaticides. Ce samedi 12 décembre au coeur de Paris, nous envoyons un message d’espoir et d’action aux citoyens du monde entier : “ils” ont failli, décrétons ensemble l’état d’urgence climatique, ayons le dernier mot et construisons la justice climatique ! ».

Alexandra Strickner (Attac Autriche)
« Les gouvernements de l’UE ont une fois de plus clairement montré qu’ils se tiennent du côté des multinationales. L’accord qu’ils ont poussé pour est bon pour les entreprises. Il est mauvais pour le climat et les personnes affectées par le changement climatique. Pour nous, il est clair que nous devons élargir nos résistances contre le réchauffement climatique et stopper les TTIP, AECG ou Tisa, l’expansion de l’extraction des combustibles fossiles ou la construction de nouvelles infrastructures s’appuyant sur les combustibles fossiles. Plus que jamais, nous devons multiplier les initiatives et les alternatives venant du terrain pour sauver le climat et développer des modes de vie socialement justes et écologiquement acceptables. »

Nick Dearden (Global Justice UK – partenaire d’Attac France au Royaume-Uni)
« Il est scandaleux que l’accord soit présenté comme un succès alors qu’il sape les droits des communautés les plus vulnérables de la planète et qu’il ne comprend à peu près rien de contraignant qui garantisse un climat sain et vivable pour les générations futures. Il y a des années, ce sont les États-Unis qui ont fait du Protocole de Kyoto un accord inefficace. L’histoire se répète à Paris, puisque les États-Unis, avec le soutien de l’UE et des autres pays riches, ont veillé à ce que les parties les plus importantes du traité soient dépouillées et édulcorées au point de devenir absurdes. Les personnes sont descendues dans les rues de Paris aujourd’hui avec un mélange de colère et de détermination. Une détermination visant à poursuivre leurs mobilisations sur l’action climatique ».

P.-S.

Réalisé par Maxime Combes – 1re version à 15h15, samedi 12 décembre.

Notes

[1François Hollande dans une interview au Parisien Magazine le 24 septembre dernier : «  C’est à Paris qu’est née la Révolution française, elle a changé le destin du monde. Faisons en sorte que dans deux cents ans, on puisse dire, c’est à Paris qu’il y a eu la révolution climatique  »

 
3 Commentaires

Publié par le décembre 13, 2015 dans actualités, civilisation

 

Jean-François Bayart : «La France est droguée à l’argent des pétromonarchies»

by Les-crises.fr DT

Source : Le Temps, Luis Lema, 03-12-2015

Pour le professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève, la France a fait preuve d’aveuglement en concluant des accords de défense avec les pays du Golfe

Les attentats de Paris ont braqué les projecteurs sur les liens qu’entretient la diplomatie française avec l’Arabie saoudite, épicentre de l’idéologie salafiste. Professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (IHEID), Jean-François Bayart s’est notamment intéressé aux conditions qui ont amené la France à se rapprocher des monarchies pétrolières du Golfe et, au-delà, des régimes arabes sunnites.

Le Temps: L’Arabie saoudite, le meilleur ennemi de la France?

Jean-François Bayart: C’est en tout cas le résultat d’une alliance avec les pétromonarchies dont nous recevons aujourd’hui l’effet de boomerang. A partir des années 1970 ont été signés toute une série d’accords de défense entre la France et les Emirats arabes unis, puis le Qatar et dans une moindre mesure le Koweït, auxquels s’ajoute en outre un partenariat très développé avec l’Arabie saoudite de même qu’avec le Pakistan. Le propos des Français était avant tout commercial. Nous sommes alors dans le contexte des chocs pétroliers et d’un grave déficit de la balance commerciale de la France. Le premier objectif concernait ce que l’on appelle «les grands marchés», dont l’exportation française est très tributaire, à l’inverse par exemple de l’Allemagne dont les exportations reposent davantage sur un tissu de petites et moyennes entreprises beaucoup plus dense et performant.

Dans ces accords de défense, certaines clauses secrètes et différées dans le temps. Ces clauses étaient «très engageantes» comme on dit dans le vocabulaire militaire français, c’est-à-dire qu’elles impliquent l’automaticité. Très concrètement, si demain il y a un conflit entre l’Iran et le Qatar, ces accords de défense stipulent l’intervention militaire automatique de la France.

Les Français en sont-ils conscients?

Ces accords, signés par le gouvernement, ont reçu une approbation parlementaire, mais en l’absence de tout débat public. La France à cette époque s’est un peu droguée aux «grands marchés». Mais c’était une drogue douce, progressive, qui n’a déployé ses effets dramatiques que vingt ou trente ans plus tard. Ce sont par exemple ces installations militaires, que Nicolas Sarkozy inaugure en grande pompe aux Emirats arabes unis ou au Qatar, mais en se gardant bien de faire référence à la chronologie. Or il s’agit bien du résultat d’une politique bipartisane qui s’est nouée dans les années 1970. Par la suite, Sarkozy a joué la surenchère, en faisant du Qatar notre principal partenaire dans le Golfe, avec de toute évidence l’existence de contreparties, sur lesquelles nous n’avons pas d’information.

Le vrai problème c’est que la France a progressivement confondu ses intérêts avec ceux des pays du Golfe, Irak compris. En 1979, lorsque arrive la révolution iranienne, la France voit la région à travers les yeux du camp sunnite. Et lorsque l’Irak de Saddam Hussein, derrière lequel sont alignées les pétromonarchies, lancera une guerre d’agression contre l’Iran, Paris le soutiendra ainsi très activement. Aujourd’hui encore, nous payons le prix de cette aliénation de l’Iran.

E t l’expansion de l’idéologie salafiste?

Idéologiquement et politiquement, nous n’avons pas vu que nos alliés du Golfe, et le Pakistan, contribuaient à diffuser, à l’échelle régionale, voire mondiale, une forme d’islam qui était loin d’être sympathique pour nos intérêts. Cet effet a été particulièrement désastreux en Afrique de l’Ouest parce que les années 1980 et 1990 sont des années d’ajustement structurel où nous-mêmes, comme bailleurs de fonds, nous détruisons systématiquement les capacités de l’Etat séculariste hérité de l’indépendance. Nous détruisons l’hôpital public, l’éducation publique, et nous affaiblissons les capacités administratives de ces Etats. Or, la nature ayant horreur du vide, le manque a été comblé par les organisations islamiques financées par l’Arabie saoudite et les pétromonarchies. On a parlé à tort d’une «réislamisation» de ces sociétés. En vérité, ces sociétés n’ont jamais cessé d’être musulmanes. Mais dans un contexte de paupérisation qu’accéléraient les programmes d’ajustement structurel ces sociétés ont cessé d’être séculières, avec la destruction de l’Etat sécularisé. La propagation d’un islam salafiste, qui n’est pas forcément djihadiste, c’est le fruit direct de notre politique.

Et aujourd’hui?

Nous continuons d’être drogués, nous ne sommes pas du tout sur la voie du sevrage. La seule inflexion de François Hollande, c’est qu’il a pris ses distances vis-à-vis du Qatar pour se jeter dans les bras de l’Arabie saoudite. Mais, concrètement, le président socialiste réitère cette politique pour les mêmes raisons mercantiles que dans les années 1970. C’est ainsi qu’il demande à l’Arabie saoudite de financer le réarmement de l’armée libanaise, si possible avec des armes françaises, ou que, par Egypte interposée, cette même Arabie saoudite nous signe un chèque pour les frégates Mistral en nous sortant ainsi du mauvais pas où nous avait mis Sarkozy avec la Russie.

Or ces régimes sur lesquels compte la France sont complètement opaques, et ils ne se contrôlent pas eux-mêmes. L’Etat saoudien lui-même, où ce qui en tient lieu, est incapable de vérifier ce que font les princes saoudiens en matière de financement, par exemple. Dans la région, ce n’est pas le seul Etat qui laisse une grande place à la famille, à être lignager. Mais ici, ce serait plutôt une famille sans Etat. En Arabie saoudite, il n’y a que le lignage et les mercenaires.

Source : Le Temps, Luis Lema, 03-12-2015

 
Poster un commentaire

Publié par le décembre 9, 2015 dans civilisation, Economie

 

Vladimir Poutine à la COP21 : « Les efforts de la Russie ont permis de ralentir de près d’un an le réchauffement global »

http://www.lecourrierderussie.com/2015/11/vladimir-poutine-cop21-russie-rechauffement-global/

Intervenant lors de la Conférence mondiale de Paris sur le climat, lundi 30 novembre, le président russe a mis l’accent sur les efforts de la Russie en matière de lutte contre le réchauffement climatique.


0

« La Russie occupe l’une des premières places dans le monde en termes de réduction de son intensité énergétique (rapport entre la consommation énergétique et le PIB, ndlr), avec une baisse de 33,4 % entre 2000 et 2012. Et nous prévoyons de la réduire encore de 13,5 % supplémentaires d’ici 2020, a déclaré le président russe, avant de lancer : Nous avons plus qu’honoré nos engagements dans le cadre du protocole de Kyoto. »

Selon Vladimir Poutine, non seulement la Fédération russe n’a pas accru ses émissions de gaz à effet de serre entre 1991 et 2012, mais elle les a « significativement réduites », évitant le rejet de « près de 40 milliards de tonnes d’équivalent de gaz carbonique dans l’atmosphère ».

« Partant du fait que le total mondial des émissions de gaz à effet de serre s’est élevé à 46 milliards de tonnes en 2012, nous pouvons dire que les efforts de la Russie ont permis de ralentir de près d’un an le réchauffement climatique », s’est félicité le président russe.

Vladimir Poutine s’est également engagé, d’ici 2030, à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 70 % par rapport à leur niveau de 1990, « grâce aux percées dans le domaine de l’efficacité énergétique et des nanotechnologies ».

À titre d’exemple, le président russe a mentionné le développement par la Russie d’une technologie utilisant des additifs à base de nanotubes de carbone, qui doivent permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 160 à 180 millions de tonnes dans le pays à l’horizon 2030. « Et nous sommes évidemment prêts à des échanges mutuels de solutions technologiques de ce type avec d’autres pays », a-t-il précisé.

Pour M. Poutine, l’accord contraignant qui sortira des réunions de la COP21 doit enfin insister sur le rôle déterminant des forêts comme « absorbeurs » de gaz à effet de serre. « C’est particulièrement important pour la Russie, qui a d’énormes ressources forestières et fait beaucoup pour préserver ces poumons de la planète », a-t-il indiqué.

Vladimir Poutine a proposé l’organisation d’un forum scientifique consacré au climat et à l’épuisement des ressources naturelles sous l’égide de l’ONU, idée qu’il avait déjà émise lors de son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre dernier.

À noter : le président russe, arrivé avec trois heures de retard à la conférence de Paris, a manqué la séance de photographies de groupe rassemblant les 150 chefs d’État présents pour l’événement. Selon les médias français et russes, il s’agissait d’une volonté délibérée de M. Poutine de ne pas croiser son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, qu’il refuse de rencontrer depuis qu’un avion chasseur de l’armée turque a abattu un bombardier russe au-dessus de la frontière turco-syrienne, le 24 novembre dernier.

Vladimir Poutine, arrivé trois heures en retard à la conférence, a raté la photo rassemblant les 150 chefs d’État. Crédits : elysee.fr

Arrivé avec trois heures de retard à la conférence de Paris, Vladimir Poutine a manqué la séance de photographies de groupe rassemblant les 150 chefs d’État présents pour l’événement. Crédits : elysee.fr

 

 
Poster un commentaire

Publié par le décembre 1, 2015 dans civilisation

 

« Quand les BONS SENTIMENTS nourrissent les FASCISMES » [par Francis ARZALIER]

« Quand les BONS SENTIMENTS nourrissent les FASCISMES » [par Francis ARZALIER]

Depuis le temps, nous devrions y être accoutumés: des monarques antiques, qui se proclamaient Fils des dieux, aux despotes contemporains ordonnançant les foules en troupeaux complaisants, la manipulation de l’opinion a toujours été la compagne attitrée des pouvoirs. L’exploitation de tous ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, l’oppression politique du plus grand nombre par quelques privilégiés ne peuvent exister sans se justifier par les grands discours mensongers.

Les principaux médias actuels ont acquis en ce sens une efficacité plus grande que jamais dans l’histoire, permettant d’asséner à longueur de journée les seules versions de la Vulgate dominante, celle de la Bourgeoisie qui nous dirige, toutes étiquettes politiques confondues: c’est pour lutter contre de méchants terroristes barbus que l’armée de notre pays porte le feu guerrier en Afrique et en Orient, qui sont un peu plus loin nos alliés privilégiés,etc,.. Ces temps derniers,la manipulation s’est surpassée, à propos des « migrants » qui déferlent au péril de leur vie vers l’Europe et le mirage occidental. Nos bavards médiatiques réduisent ce drame à un discours compassionnel de bonne conscience, en utilisant sans vergogne un cadavre d’enfant échoué sur une plage turque, parce que son père a cru bon de payer très cher des passeurs pour affronter la haute mer et ses vagues sur un raffiot submersible à la moindre tempête.

Bien sûr,il faut accueillir correctement les immigrés légaux ou pas, et la France est loin en la matière d’être un exemple, des campagnes autour de Calais aux rues de Paris. Mais toute Nation a le droit fondamental de maîtriser son avenir et sa démographie:les pays développés d’Europe ne s’en privent pas, entre deux discours humanistes et démagogiques. Ils mentent, en occultant la cause première de ce chaos qui a transformé des millions d’hommes en réfugiés autour de la Méditerranée:ce sont les interventions militaires, diplomatiques et financières des grandes puissances occidentales, USA, Royaume-Uni, France, Turquie, et leurs alliés, les monarques pétroliers-intégristes du Golfe Arabique, Saoudiens et Qataris. Depuis le début de ce siècle, mus par la volonté commune de remodeler le Nord de l’Afrique et le Moyen-Orlent en espace à leur botte, ils ont détruit par la guerre les Etats nationaux d’Irak ( Bush ), de Libye ( Sarkozy ), organisé et financé les séparatismes armés, tribaux et religieux, contre l’Etat national de Syrie.Ils n’ont pas encore réussi à vaincre ce dernier mais, sur les décombres des villes détruites, ils ont ainsi donné naissance à ce monstre islamiste incontrôlable nommé DAECH, et réduit plusieurs millions de Syriens à l’état de réfugiés en quête d’un refuge.Ceux-là qui jouent aujourd’hui les pompiers sont en fait les pyromanes!

Ils mentent, en cachant que cet afflux soudain de  » migrants  » vers l’Europe est organisé sciemment par la Turquie dirigée par les Islamistes d’Erdogan, un des piliers de l’OTAN qui alimente en armes et combattants la subversion intégriste contre la Syrie depuis 15 ans. Qui pourrait être assez naïf pour croire que des dizaines de milliers d’hommes, femmes et enfants peuvent chaque semaine partir des ports turcs en navires affrétés à grand prix par des passeurs, sans que les responsables et services secrets de l’Etat turc, l’un des mieux organisés du monde, ne les voient?

Ils mentent, quand ils donnent en exemple le « grand coeur » et la générosité de Madame Merkel à l’égard des « migrants », alors qu’elle parle au nom du patronat allemand, l’un des plus prospères du monde déjà grâce à l’UE qui lui procure les immigrés sous-payés de Pologne et Bulgarie: ils voient dans cet afflux de  » migrants  » méditerranéens une main-d’oeuvre encore moins chère que celle venue de Varsovie ou Budapest.

Comment les discours sur commande de nos télévisions pourraient-ils ne pas émouvoir les coeurs sensibles, quand ceux qui devraient avoir pour mission d’en dénoncer l’hypocrisie les relaient avec complaisance? Lors du débat sur les « migrants » organisé à la Fête de l’Humanite, la seule représentante du Front de Gauche français, la députée européenne MC Vergiat,a limité son propos à des banalités humanistes et n’a pas hésité à couronner le tout d’une louange opportuniste, propre à satisfaire la bourgeoisie « de gauche » dont elle quémande les suffrages: »Madame Merkel a fait bouger les lignes, tant mieux »! Il a fallu MW Birkwald, député allemand du parti Die Linke, pour évoquer avec plus de sérieux « le grand patronat capitaliste allemand qui s’est plaint du manque de main d’oeuvre et de la démographie en berne…des réfugiés qui ont en moyenne 26 ans et sont aux 2/3 des hommes, une population intéressante pour les entreprises allemandes. »…

Ils mentent en dénonçant en moralistes les réticences hongroises, grecques ou polonaises devant cet afflux massif de salariés concurrents, alors qu’il s’agit bien pour les dirigeants de l’Etat et de l’économie d’Allemagne de déstabiliser les pays vassaux de l’Est européen et des Balkans.

Ils mentent plus encore en cachant à quel point le déplacement de centaines de milliers de  » migrants  » subitement suscité par des officines occidentales, encouragé par nos médias, alors qu’ils vivaient depuis de longues années en Syrie et au Liban sans que nos responsables s’en émeuvent, est un cadeau inespéré pour les xénophobes d’extrême-droite qui piaffent aux portes du pouvoir dans la plupart des Etats d’Europe,orientale et centrale, en Grèce et en France. Les élections à Athènes l’ont montré, avant celles dans notre pays…

Quand la manipulation des bons sentiments prend cette ampleur,quand l’escroquerie confine ainsi à l’ignorer,on peut, on doit se demander à qui profite le crime, et qui l’organise. Depuis le début du 21ème siècle, l’impérialisme occidental a organisé le chaos au détriment des Etats nationaux en Afrique, en Orient: il le fait aujourd’hui en Europe, de l’Ukraine à la Grèce. Nos peuples en seront les victimes si la raison et l’intérêt des travailleurs ne les éveillent pas de leur léthargie avant le gouffre.

 

Françis ARZALIER

Le 10 octobre 2015

 
3 Commentaires

Publié par le novembre 14, 2015 dans civilisation, extrême-droite

 

Les Juifs de Russie appellent à la levée des sanctions occidentales

 http://www.lecourrierderussie.com/2015/11/juifs-russie-sanctions-occidentales/

La Conférence des rabbins européens réunit plus de 700 rabbins des principales synagogues d’Europe.


Les chefs des organisations juives d’Europe se sont réunis le 11 novembre, à Athènes, pour débattre des problèmes de leurs communautés.

De gauche à droite : Shimon Levin, ‎Pinchas Goldschmidt et Adolf Shaevich, à la Synagogue chorale de Moscou. Crédits Shimon/FB

De gauche à droite : Shimon Levin, ‎Pinchas Goldschmidt et Adolf Shaevich, à la Synagogue chorale de Moscou. Crédits : Shimon/FB

Pour Shimon Levine, adjoint du grand rabbin de Moscou, la situation des Juifs est de loin plus enviable en Russie qu’en Europe. « Grâce à une politique mesurée de l’État russe, l’antisémitisme est à un niveau très bas dans notre pays », a-t-il déclaré, avant d’appeler les leaders juifs européens à user de leur influence pour obtenir une atténuation des sanctions antirusses. « Les sanctions nuisent à la communauté juive russe. Elles l’ont placée dans une situation économique difficile », a confié le rabbin.

De l’avis de M. Levine, les rabbins européens sont en mesure d’influer sur les dirigeants de leurs pays respectifs afin que ces derniers, sinon renoncent aux sanctions antirusses, du moins les atténuent au maximum. « Les sanctions nuisent aux relations internationales, elles n’apportent aucun profit, seulement du tort », a martelé Shimon Levine, proposant que la prochaine conférence des rabbins européens se tienne à Moscou, afin de montrer au monde que la Russie n’est pas un pays marginal, et qu’on peut avoir avec elle des relations cordiales et de partenaires. Les rabbins, après avoir écouté attentivement leur collègue de Russie, ont promis de réfléchir à sa proposition.

Ce n’est pas la première fois que les leaders juifs de Russie abordent le thème des sanctions dans l’arène internationale. En avril 2015, le grand rabbin de Moscou Pinchas Goldschmidt avait déjà appelé le pape François à aider à la normalisation des relations entre Russie et Occident. « Les sanctions et les contre-sanctions ont entraîné de grandes difficultés pour les simples citoyens russes, ukrainiens et européens, avait déclaré le rabbin au pape. Nous craignons la menace de l’apparition d’un nouveau mur entre l’Orient et l’Occident, ce qui mettrait en danger l’humanité et notre monde. »

M. Goldschmidt estime que le pape est le mieux placé pour devenir « le messager de Dieu qui contribuera à bâtir de nouveaux ponts et à ramener l’Orient et l’Occident, depuis le bord du précipice de la guerre, vers une Europe unie et pacifique ».

« La communauté juive et les leaders du judaïsme sont tout à fait capables d’influer pour obtenir une levée partielle des sanctions, ou du moins leur atténuation dans certains secteurs de l’économie, concernant une série d’entreprises et de banques », considère Roman Lounkine, président de la Guilde des experts en religion et en droit. De son côté, le professeur et spécialiste des religions Anatoly Ptchelintsev appelle à « utiliser toutes les possibilités pour parvenir à un adoucissement des sanctions, qui ont un impact destructeur sur notre économie. » À l’en croire, l’influence des rabbins dans le monde est effectivement en mesure d’aider à améliorer la situation dans les relations entre Russie et Occident.

La Conférence des rabbins européens réunit plus de 700 rabbins des principales synagogues d’Europe. L’organisation, fondée en 1956 sur l’initiative du grand rabbin britannique Israel Brodie, visait alors le rétablissement des communautés juives anéanties en Europe. La Conférence, dirigée par un comité permanent de 35 personnes qui se réunissent deux fois par an, défend les droits des Juifs en Europe.

 
2 Commentaires

Publié par le novembre 13, 2015 dans civilisation, Europe

 
 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 589 autres abonnés