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La joie spinoziste de la connaissance scientifique et celle de la révolte des esclaves: la joie de Kepler

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Une amie, Jeanine, il est comme ça des gens que mon blog m’a rendus familiers tant ils symbolisent ce qui nous a uni et nous unit encore communistes et que résume si bien Marx quand il affirme que ses deux « héros » sont Spartkus, celui qui a dirigé la révolte des esclaves, les a presque mené au pouvoir et Kepler, la rigueur scientifique, la joie spinoziste de la connaissance dont Einstein reste au XXe siècle l’incarnation. Nous sommes différents mais notre engagement, notre histoire a fait de nous des esprits jumeaux.

Ce blog histoire et societe n’est plus celui d’aucun parti, mais il est à jamais marqué par cette vie qui nous fut aventure, l’aventure du socialisme, le vrai celui qui alla jusqu’à remettre en cause les rapports de production, la propriété existant depuis l’esclavage et limitant la conscience des hommes y compris ceux dont les aspirations était les plus généreuses, la soif de connaissance la plus ample. Face à la médiocrité de certains commentaires, leur volonté de refaire notre histoire du XXe siècle, l’histoire de l’humanité, ces amis portent en eux comme je porte en moi cette exigence qui est aussi celle de ce vent messianique de l’histoire dont parle Walter benjamin, l’ange de l’histoire avançant à reculons les ailes déployées et poussées par tous les aspirations, les rêves jamais réalisés de tous ces vaincus. Nous communistes avons portés cette espérance plus loin que tant d’autres comme une connaissance de l’être humain de son propre destins, nous avons été ce rêve d’un monde juste, nous avons permis que d’autres émancipations prennent corps, les luttes des pays colonisés comme celles de l’émancipation des individus. Parce que nous avons tenus en respects le capital, les forces conservatrices souvent au prix de la vie de nos militants, l’étau a pu se desserrer pour d’autres revendications à la liberté, pour une autre conception de la connaissance. Quelle qu’ait été notre histoire individuelle nous avons tous portés le même désintéressement, la même vision d’un autre destin pour tous.

Voilà pourquoi pour nous, comme pour Marx, la joie spinoziste de la connaissance de l’univers et de ses mystères, cette joie que décrit ici Kepler face aux travaux de Galilée fait partie du combat de Sapartakus, de la liberation des corps et des esprits face à tous les obscurantismes. Mes camarades nous n’avons pas vécu pour rien, nous avons été les sentinelles de l’humanité, nous l’avons chèrement payé et nous le payons encore mais je n’échangerai pas ma vie, ni la votre contre les médiocrités, les petitesses de leur révision de ce que nous avons été. Ils ne nous pardonneront jamais la peur qu’ils ont ressenti comme les riches romains esclavagistes quand ils savaient se déployer les troupes de Sapatakus sur les collines autour d’eux, ces gladiateurs qui avaient refusé de se tuer pour offir un spectacle et avaient retourné leurs armes contre leurs maîtres. ils ne nous pardonneront jamais tous ces intellectuels qui comme kepler ici ont réussi à renoncer au narcissisme et à la concurrence que les capital développe entre eux, qui ont connu la joie de donner à l’humanité régénérée qu’ils découvraient dans les résistances du prolétariat.

Ce souvenir il demeurera et un jour malgré tous les faux témoignages accumulés pour étouffer cette révolte que nous avons portés dans cette alliance entre savants, intellectuels, artistes et prolétaires, dépassant tous les cloisonnements religieux, raciaux érigés par ceux qui ne pensent qu’à diviser, on retrouvera cette joie qui nous animait à chaque avancée collective contre l’aliénation qui cloue l’être humain à toutes les servitudes.

« J’étais resté depuis longtemps chez moi, sans occupation, ne songeant à rien qu’à toi, très éminent Galilée, et à une lettre de toi. Mon livre intitulé « Commentaire sur les mouvements de Mars » , un travail de bien des années, avait en effet été livré au public à la dernière foire et depuis lors, comme si j’avais acquis assez de gloire dans une expédition guerrière très difficile, j’avais interrompu mes recherches en prenant quelque repos et je pensais que Galilée lui aussi le plus qualifié de tous, discuterait avec moi par lettre du genre nouveau d’astronomie ou de physique céleste que j’avais mis au jour, et reprendrait une correspondance commencée et abandonnée depuis douze ans.
Mais voici qu’à l’improviste, vers le 15 Mars, il arrive en Allemagne, par les courriers ,la nouvelle que mon Galilée, au lieu de lire le livre d’un autre, s’occupait d’un travail personnel, à l’objet tout à fait nouveau, sur quatre planètes jusque-là inconnues découverte grâce à une lunette à double lentille (pour ne rien dire des autres points traités par l’opuscule) ; quand maître Johan Mattahaus Wackher von Wackenfels, illustre conseiller de Sa Majesté Impériale et reférendaire au Conseil du Saint Empire me l’annonça de sa voiture devant ma maison, une telle stupeur m’envahit à la pensée de l’étrangeté extrême de ce que j’entendais, tant d’émotions nous soulevaient (car un vieux débat entre nous se trouvait inopinément tranché), que bouleversé par la nouvelle, saisis, lui par la joie, moi par la confusion, tous les deux par le rire, c’est à peine si nous parvenions , lui à raconter et moi à entendre. Pour ajouter à mon étonnement Wackher m’assura que c’étaient des hommes très réputés bien au dessus de la légéreté du vulgaire par leur savoir, leur dignité et leur rigueur qui écrivaient cela de Galilée et que bien plus, un livre était déjà sous presse et serait apporté par les prochains courriers.
Dès que j’eus quitté Wackhler, je me sentis tout ébranlé par la sûreté de son jugement et son intelligence subtile. C’est pourqoui je cherchais en moi–même comment pourrait se produire quelque augmentation du nombre des planètes sans nuire à mon « Secret du monde » que j’ai publié il y a treize ans et dans lequel ces cinq solides euclidiens (que Proclus nomme Cosmiques d’après Pythagore et Platon) ne permettent pas plus de six planètes autour du soleil.

Képler,Dissertatio cum nuntius sidereo
traduction, texte et surtout notes magnifiques aux Belles Lettres d’Isabelle Plantin