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Non, la Chine n’est pas devenue le leader de la mondialisation libérale

Voici un article bienvenu du Nouvel Observateur – oui tout arrive à qui sait attendre – qui remet quelques pendules à l’heure sur l’apparente inversion des rôles entre Trump et la Chine en matière de capitalisme. Pierre Haski qui n’est pas traditionnellement un thuriféraire de la Chine nous explique que c’est bien un pays communiste obligé en quelque sorte de produire sa NEP pour sortir du sous-développement, mais où le contrôle du capitalisme demeure la règle. « Laisser voler le capitalisme dans une cage plutôt que l’étrangler » tel est l’adage (note de Danielle Bleitrach pour Histoire et société).

Non, la Chine n’est pas devenue le leader de la mondialisation libérale

Xi Jinping au forum de Davos, le 17 janvier 2017. (FABRICE COFFRINI/AFP)

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20170122.OBS4148/non-la-chine-n-est-pas-devenue-le-leader-de-la-mondialisation-liberale.html

Au forum de Davos, le président chinois Xi Jinping a critiqué la tentation du protectionnisme de son homologue Donald Trump. Mais cela ne fait pas de lui le chantre du libre-échange, loin s’en faut.

Deux images symbolisent ce début d’année 2017 qui restera dans l’histoire : d’un côté, Donald Trump le poing levé le jour de son « intronisation » à Washington, de l’autre, Xi Jinping, le numéro un chinois, tout sourire face au gratin du business mondial réuni à Davos, la station de ski suisse.

Petit rappel aux étourdis : c’est à Pékin, et pas à Washington, que le dernier grand parti communiste de la planète est encore au pouvoir, et le Forum économique de Davos a été fondé, initialement, pour célébrer et promouvoir le capitalisme mondialisé made in USA.

Pour autant, les rôles ne sont pas inversés. Donald Trump reste fondamentalement capitaliste, tendance nationaliste et protectionniste, tandis que Xi Jinping, malgré toute la bienveillance qu’il a manifestée à Davos, où il était le premier président chinois à accepter de s’exprimer, n’est pas nécessairement devenu le leader du libre-échange, ou s’il l’est, c’est au nom des intérêts chinois, pas d’une mondialisation libérale à laquelle Pékin se serait converti.

Nécéssité et non conversion

Rappel historique : lorsque Deng Xiaoping, le grand dirigeant chinois de l’ère post-maoïste, a engagé la Chine sur la voie des « réformes et ouverture » il y a bientôt quatre décennies, c’était par pragmatisme, dans une tentative de rattraper le temps perdu pendant les années d’errance idéologique. La Chine, qui avait raté les précédentes révolutions industrielles d’Asie, celle du Japon d’abord, puis des « dragons » coréen, taiwanais, singapourien etc., s’est trouvée bien positionnée pour la vague suivante.

Dans la deuxième moitié des années 1990, et surtout à partir de son adhésion à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) en 2001, la Chine est devenue l’ »atelier du monde », c’est-à-dire la destination privilégiée des investissements directs étrangers, terre de délocalisations, d’externalisation, de production de masse pour le reste du monde.

La Chine s’est retrouvée au cœur du tourbillon de la mondialisation, non pas par « conversion » idéologique, mais par nécessité de créer des emplois, de sortir une part de sa population de la misère, de financer le plus grand exode rural de l’histoire et donc la construction d’infrastructures urbaines à grande échelle, et de donner une légitimité nouvelle à un Parti communiste fragilisé lors de la grande secousse de 1989.

Trump, trop tôt pour la Chine

Au passage, les exportations sont devenues un élément-clé du modèle économique chinois, atteignant un record de 36% du produit intérieur brut (PIB) en 2006, contre 5% à peine à l’époque maoïste (à comparer avec 12% aux Etats-Unis). Après la crise financière de 2008, qui a plongé dans la crise les grands marchés d’exportation de la Chine – Etats-Unis, Europe, Japon…-, cette part a progressivement diminué pour tomber à 21% du PIB en 2015, alors que le gouvernement tentait de promouvoir la consommation intérieure comme relais de  croissance.

L’élection d’un président protectionniste aux Etats-Unis intervient trop tôt pour la Chine de Xi Jinping qui est au milieu d’une transition difficile vers un nouveau modèle de développement. La croissance chinoise, à deux chiffres pendant la première décennie de ce siècle, est aujourd’hui tombée à moins de 7% en 2016, et le FMI prévoit un « modeste » 6 ,5% en 2017.

La Chine a besoin de stabilité et de confiance dans cette période, surtout en cette année de Congrès du Parti communiste chinois où Xi Jinping espère consolider son emprise sur le pouvoir, et placer ses hommes aux postes-clés en vue de son deuxième mandat à la tête de l’empire du milieu.

Pas vraiment le chante du libre-échange

Xi Jinping n’a d’autre choix que de prendre le contrepied de Donald Trump, et de se faire le chantre de l’ouverture des marchés, du commerce sans barrières, et de l’attractivité vis-à-vis des multinationales que le nouveau Président américain veut contraindre à embrasser son slogan « America First ». Xi a ravi son auditoire à Davos en comparant le protectionnisme au fait de « s’isoler volontairement dans une pièce sans lumière »…

S’il a rassuré les patrons réunis à Davos en refusant la rhétorique de guerre de Donald Trump, le président chinois n’est pas pour autant devenu, comme certains commentaires hâtifs l’ont proclamé, le champion du libéralisme économique.

La Chine reste un pays strictement contrôlé et régulé, dans lequel l’Etat est et demeurera le principal acteur économique. Les investisseurs étrangers ont réalisé à leurs dépens que l’ouverture sur laquelle ils comptaient au début des années 2000, après l’entrée de la Chine dans l’OMC, ne s’est pas entièrement produite, et qu’elle est même aujourd’hui en régression.

Plus autosuffisant, plus autocentré

Il suffit de lire les rapports annuels des Chambres de commerce américaine et européenne en Chine pour réaliser que la compétition sur le marché chinois n’est pas possible dans tous les domaines, que la « préférence nationale » est la règle, et que la Chine défend bien plus vigoureusement ses intérêts nationaux que ne le font ses partenaires et néanmoins concurrents.

Pour cette raison, notamment, Pékin tarde à obtenir le statut d’ »économie de marché » qu’elle espérait de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne, et, dans le climat actuel, n’est pas près de l’obtenir.

La tournure des événements contraint la Chine à s’adapter à un nouveau monde menacé par des guerres commerciales, le retour de barrières douanières, et un retour à des blocs commerciaux régionaux plus ou moins ouverts.

Cette pression du contexte international pourrait toutefois faire son affaire : elle risque surtout d’accélérer la mutation du modèle économique chinois et de le rendre plus autosuffisant, plus autocentré, ce que permet sa taille continentale, et ses ramifications dans des pays tiers, en Asie, Afrique et Amérique latine, s’éloignant des marchés occidentaux moins accueillants.

Xi Jinping a affiché à Davos une sérénité qui cache sans doute certaines inquiétudes face à l’agressivité de l’homme au poing levé de Washington. La partie qui s’engage n’était pas prévue par les stratèges de Pékin, mais ils ne manquent pas d’atouts pour en sortir renforcés.

Pierre Haski

Pierre Haski

Pierre Haski

Cofondateur

 
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Publié par le janvier 23, 2017 dans Economie, Asie

 

Personne ne «vole» votre travail, vous dépensez trop en guerres : le fondateur d’Alibaba aux USA

 Arrêtez d’accuser les autres et faites votre auto-critique, les remarques d’un milliardaire chinois à un autre milliardaire qui a pris les affaires de son pays en main. Si vous aviez dépensé pour votre pays l’argent des 13 guerres que vous venez de livrer à l’humanité, vous n’en seriez pas là. Le dialogue qui s’établit actuellement au sein d’un monde multipolaire prend des aspects réjouissants. (note de Danielle Bleitrach)

Personne ne «vole» votre travail, vous dépensez trop en guerres : le fondateur d’Alibaba aux USA© Ruben Sprich / Reuters

Le milliardaire chinois Jack Ma, fondateur du site de commerce en ligne, a accusé les Etats-Unis d’être responsables de leur propre déclin économique en raison d’une mauvaise gestion de leur budget et de dépenses militaires exorbitantes.

«Dans le passé, les Américains ont eu 13 guerres qui ont coûté 40,2 trillions de dollars […] Que se serait-il passé s’ils avaient dépensé une partie de cet argent pour développer les infrastructures, pour aider les fonctionnaires et les ouvriers ? Peu importe si cela était ou non bien stratégiquement, vous êtes supposés utiliser l’argent pour votre propre peuple», a lancé Jack Ma lors du Forum économique, qui se déroulé à Davos, en Suisse.

Il a ensuite poursuivi sur sa lancée : «Quand j’étais jeune, tout ce dont j’entendais parler sur l’Amérique c’était Ford et Boeing et toutes ces entreprises de fabrication. Les dix à 20 dernières années, tout ce dont j’entends parler c’est la Silicon Valley et Wall Street […] Que s’est-il passé ? [Durant] l’année 2008, la crise financière a balayé 19,2 trillions de dollars rien qu’aux Etats-Unis et a détruit 34 millions d’emplois dans le monde. Donc que se passerait-il si les dépenses pour Wall Street et le Moyen-Orient avaient été réservées au Midwest des Etats-Unis, pour développer l’industrie là-bas ? Cela aurait pu changer beaucoup.»

 

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«Donc ce n’est pas que les autres pays volent vos emplois, les gars, c’est votre stratégie !», a-t-il conclu.

En 1999, Jack Ma a fondé Alibaba, l’une des plus grandes plateformes de e-commerce au monde. Selon le magazine économique américain Forbes, la fortune nette du Chinois s’élèverait à environ 27,7 milliards de dollars, ce qui ferait de lui le deuxième homme le plus riche de son pays.

Auteur: Ruptly TV

En janvier 2017, il avait rencontré le président élu américain Donald Trump, qui a souvent blâmé des pays comme le Mexique et la Chine d’être responsables de délocalisations qui causeraient la perte d’industries et d’emplois outre-Atlantique. Jack Ma avait fait part de sa volonté d’investir aux Etats-Unis.

Lire aussi : Jack Ma, le patron d’Alibaba : «Ne vous inquiétez pas à propos de la Chine»

 
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Publié par le janvier 22, 2017 dans Asie, Economie, guerre et paix

 

Dix points à retenir du discours du président chinois Xi Jinping à Davos

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Le discours du président chinois mérite d’être entendu parce qu’il pose d’une manière nouvelle la question de la mondialisation, il ne propose pas la fin des nations mais remet en cause le développement inégal et dans son discours il fait référence à la recherche d’un profit excessif. On ne peut pas renoncer à la mondialisation mais on peut en coordonner le rythme, les choix pour le présent et pour l’avenir de la terre que nous laissons aux générations futures (note de Danielle Bleitrach).

Xinhua | 18.01.2017 08h42

Le président chinois Xi Jinping a prononcé mardi un important discours au cours de la réunion plénière d’ouverture de l’édition 2017 du Forum économique mondial, dans la ville suisse de Davos.

Voici dix points essentiels à retenir de cette allocution de 50 minutes, qui a abordé entre autres sujets la mondialisation, le protectionnisme, l’économie mondiale et le développement de la Chine.

1. La plupart des problèmes qui affectent le monde actuel n’ont pas été causés par la mondialisation économique. Accuser celle-ci de tous les maux du monde n’est pas conforme à la réalité, et n’aidera pas à résoudre ces problèmes.

2. Que cela nous plaise ou non, l’économie mondiale est un vaste océan auquel nul ne peut échapper. Tout effort visant à entraver la circulation des capitaux, des technologies, des produits, des industries et des personnes entre les économies, ou à tenter de canaliser les eaux de cet océan vers des criques et des lacs isolés, n’est tout simplement pas réalisable. Cela va à l’encontre de la tendance historique actuelle.

3. A l’heure actuelle, la tâche la plus urgente qui s’impose à nous est de sortir l’économie mondiale de l’ornière dans laquelle elle se trouve.

4. La croissance mondiale manque de forces motrices solides, ce qui rend difficile le maintien d’une croissance régulière de l’économie globale. La gouvernance économique mondiale est inadaptée, et rend difficile l’adaptation aux nouvelles évolutions de l’économie globale. Enfin, le développement mondial est inégal, ce qui rend d’autant plus difficile de satisfaire le besoin qu’ont les peuples d’une vie meilleure.

5. Le monde doit développer un nouveau modèle de croissance dynamique, basé sur l’innovation. Il lui faut adopter une approche coordonnée et interconnectée, afin de développer un modèle de coopération ouvert et mutuellement profitable, un modèle de gouvernance juste, équitable et adapté aux tendances de l’époque, et un modèle de développement équilibré, équitable et inclusif.

6. Rechercher l’objectif du protectionnisme revient à s’enfermer tout seul dans une pièce aveugle. Le vent et la pluie seront certes maintenus à l’extérieur, mais la pièce aveugle empêchera également de faire entrer l’air et la lumière. Personne ne gagnera quoi que ce soit à déclarer la guerre du commerce.

7. L’Accord de Paris est un accomplissement remarquable, fruit d’un dur travail ; il est conforme aux tendances de fond du développement global. Tous les signataires doivent s’y conformer, et ne pas refuser d’honorer leurs engagements, car il s’agit d’une responsabilité que nous devons tous assumer pour le bien des générations futures.

8. La Chine est devenue la deuxième puissance économique du monde, grâce à 38 ans de réforme et d’ouverture. La voie qu’elle suit est sans détour, et elle mène à un avenir radieux. Si la Chine a réussi à parcourir un tel chemin, c’est parce que le peuple chinois a su, sous la direction du Parti communiste chinois, tracer une voie de développement adaptée à la situation actuelle de la Chine.

9. La Chine aspire à améliorer les performances de la croissance économique, à renforcer la vitalité des marchés pour insuffler une nouvelle dynamique à la croissance, à cultiver un environnement ordonné et propice aux investissements, et à travailler vigoureusement à la création d’un environnement extérieur ouvert et favorable au développement commun.

10. En mai 2017, la Chine accueillera un forum sur l’initiative « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale à Beijing. Cette rencontre visera à discuter des moyens de renforcer la coopération, de construire de nouvelles plateformes de coopération et de partager les fruits de cette coopération. Elle permettra également de réfléchir à des moyens de résoudre les problèmes auxquels les économies globale et régionales sont confrontées, de faire émerger de nouvelles énergies pour parvenir à un développement interconnecté, et de faire en sorte que l’initiative « la Ceinture et la Route » profite largement aux peuples et aux pays impliqués dans sa mise en place.

 
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Publié par le janvier 22, 2017 dans Asie

 

Œuvrer pour la paix et le développement

http://www.tdg.ch/reflexions/uvrer-paix-developpement/story/20668128

L’invité : Le président de la République populaire de Chine parle de sa visite en Suisse.

Le président Xi Jinping au WEF de Davos, le 17 janvier 2017.

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Je suis très heureux que mon tout premier déplacement à l’étranger de 2017 soit dédié à la Suisse. C’est ma première visite dans ce beau pays en tant que Président de la République populaire de Chine et la première visite d’État en Suisse d’un Chef d’État chinois au XXIe siècle.

Comme disait le grand poète suisse Carl Spitteler, prix Nobel de littérature, le plus grand bonheur est de «trouver des amis avec qui on partage le souffle comme le destin». Malgré la distance géographique qui sépare nos deux pays, la Suisse n’est point étrangère aux Chinois. C’est le «toit de l’Europe», «pays des technologies et de l’innovation», où le paysage est magnifique, le peuple travailleur, et l’économie bien prospère.
Les échanges et la coopération entre la Chine et la Suisse remontent loin dans le temps. Au début du xxe siècle, on trouvait déjà sur le marché chinois des horloges, des médicaments, des textiles et des produits mécaniques suisses, et il y avait aussi des établissements de finance et d’assurance suisses qui opéraient en Chine.

Dans les années 1950, la Suisse a été l’un des premiers pays occidentaux à reconnaître la Chine nouvelle et à établir avec elle des relations diplomatiques.

Et le monde a découvert, à la Conférence de Genève de 1954, à travers le Premier Ministre Zhou Enlai et la délégation chinoise qu’il conduisait, le style et les caractéristiques de la diplomatie de la Chine nouvelle.

Au lendemain du lancement de la politique de réforme et d’ouverture de la Chine, une entreprise suisse a créé avec son partenaire chinois la toute première joint-venture industrielle de Chine. Et au XXIe siècle, c’est encore la Suisse qui a été l’un des premiers pays européens à reconnaître à la Chine le statut d’économie de marché.

Plus récemment, la Suisse a, avant tout autre pays européen, signé avec la Chine un accord de libre-échange et l’a mis en application. Que ce soit le soutien de la Suisse à l’internationalisation du RMB, la participation à la création de la Banque asiatique d’Investissement pour les Infrastructures (AIIB) ou encore l’exemption mutuelle de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques, la Chine et la Suisse ont toujours fait preuve d’esprit novateur, pionnier et évolutif dans leur coopération, et ont donné un très bon exemple à la coopération Chine-Europe.

Les relations sino-suisses se trouvent aujourd’hui à un niveau de développement bien élevé. En avril dernier, ensemble avec le Président Johann Schneider-Ammann en visite d’État en Chine, nous avons annoncé la mise en place entre nos deux pays d’un partenariat stratégique innovateur. Ce premier partenariat stratégique au caractère innovateur que la Chine ait jamais établi avec un pays étranger a permis aux relations sino-suisses de franchir une nouvelle étape de développement.

Si la Chine et la Suisse constituent un modèle de coopération amicale entre deux pays aux systèmes sociaux, aux stades de développement et aux tailles différents, c’est parce que les deux peuples nouent l’un pour l’autre des sentiments amicaux, et que surtout, les deux parties se respectent mutuellement quant au choix de système social et de voie de développement, et font preuve d’esprit d’égalité, d’innovation et de coopération gagnant-gagnant dans le développement de leurs relations bilatérales.

Dans un monde complexe et changeant où l’économie peine à reprendre, la Chine et la Suisse, par leur coopération et l’approfondissement sur tous les plans de leur partenariat stratégique innovateur, pourront apporter des bénéfices aux deux peuples, entraîner le développement des relations Chine-Europe, et contribuer activement au développement des relations internationales dans la stabilité, à la reprise économique et à la libéralisation du commerce à l’échelle planétaire.
En envisageant l’avenir, nos deux pays devront travailler dans les directions suivantes :

Poursuivre les échanges de haut niveau. Mettre en valeur les mécanismes de dialogue et de consultations aux différents échelons et se témoigner mutuellement compréhension et soutien sur les questions qui touchent aux intérêts vitaux et aux préoccupations majeures de part et d’autre.
Innover la coopération pragmatique. Mettre en place une plateforme sino-suisse de coopération innovante de qualité et d’autres plateformes pour favoriser la coopération en matière d’innovation entre les entreprises, les établissements d’enseignement supérieur et les institutions de recherche des deux pays et élargir la coopération dans les domaines de l’économie d’énergie, de la protection de l’environnement, du changement climatique, de la propriété intellectuelle, de la finance, de l’agriculture écologique et de la protection sociale.

Renforcer la coordination et la coopération au sein des Nations Unies et d’autres organisations internationales et dans les affaires internationales, et travailler ensemble au règlement pacifique des différends internationaux afin d’ajouter des facteurs de stabilité à la situation internationale.

Renforcer les échanges socio-culturels. Saisir les opportunités offertes par la signature du nouvel accord de coopération culturelle sino-suisse, la création d’un centre culturel de Chine à Berne et l’organisation conjointe de l’année du tourisme Chine-Suisse, pour accroître les échanges populaires et les liens entre les jeunes, faciliter la mobilité humaine et renforcer la coopération dans les domaines du tourisme, des sports d’hiver, de l’éducation professionnelle et au niveau local, afin de consolider la base sociale des relations sino-suisses.

Perfectionner la zone de libre-échange Chine-Suisse.

Discuter activement du renforcement de l’Accord de libre-échange entre les deux pays et valoriser son rôle de démonstration, afin de préserver ensemble les systèmes internationaux de commerce et d’investissement libres et ouverts.

Mettre à profit les plateformes de coopération multilatérale telles que l’AIIB et la coopération entre la Chine et les pays d’Europe centrale et orientale pour appuyer la coopération Chine-Europe dans le cadre de l’Initiative «Ceinture et Route».

En septembre 2016, au bord du beau Lac de l’Ouest, la Chine et les autres parties présentes au Sommet du G20 de Hangzhou ont dégagé des consensus et donné une nouvelle impulsion à la construction d’une économie mondiale innovante, revigorée, interconnectée et inclusive.

Cette année, je me suis rendu pour la première fois à Davos. J’y ai eu des échanges de vues sincères et approfondis avec les différentes parties à la réunion annuelle du Forum économique mondial pour raffermir la confiance face aux défis et promouvoir la reprise et la croissance de l’économie mondiale.

La ville de Davos est mondialement connue. Elle attire les regards du monde en accueillant, au début de chaque année, des personnalités venant de différents régions, pays et milieux pour l’échange et la confrontation d’idées. Notamment depuis l’éclatement de la crise financière internationale, la réunion annuelle du Forum économique mondial est devenue une importante plateforme de dialogue et de coopération qui met à profit la sagesse collective.

Cet esprit de solidarité et d’engagement commun face aux difficultés a contribué à la promotion de la reprise économique mondiale.

À l’heure actuelle, les gens s’inquiètent des perspectives de l’économie mondiale. Face à la montée sensible des mouvements anti-mondialisation, du populisme et du protectionnisme commercial et aux appels croissants à un réexamen et à une transformation des voies de développement, des systèmes de distribution de la richesse et des modes de gouvernance, on s’interroge sur l’orientation de l’économie mondiale.

La Chine travaille depuis toujours avec les pays européens et les autres pays du monde pour relever les défis globaux en matière de développement. Nous avons pris des initiatives pour nous adapter aux changements extérieurs et à la nouvelle normalité de l’économie chinoise. Guidés par le concept de développement innovant, coordonné, vert, ouvert et partagé, nous avons travaillé à faire avancer la réforme structurelle du côté de l’offre et à faire émerger de nouveaux moteurs de croissance, et obtenu des progrès encourageants.

La Chine demeurera un vaste marché pour la croissance économique mondiale, une destination idéale pour les investisseurs étrangers et un contributeur à l’amélioration du bien-être des peuples du monde.

Genève occupe une place de poids dans l’histoire moderne et contemporaine des relations internationales. Témoin du développement de l’ONU et de ses agences spécialisées ainsi que de plusieurs autres organisations intergouvernementales, Genève a servi de plateforme pour la conclusion des accords d’étape vers le règlement des points chauds comme la question nucléaire iranienne, la question syrienne et le processus de paix au Moyen-Orient, et a contribué à l’adoption de nombreux traités internationaux et instruments juridiques tels que les Conventions de Genève et le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

Depuis son rétablissement dans son siège légitime aux Nations Unies et son retour aux agences internationales à Genève en 1971, la Chine a participé de manière approfondie à la gouvernance dans les domaines de la paix, de la sécurité, du développement, des droits de l’homme et des affaires sociales, et apporté sa part de contribution à la noble cause de la paix et du développement de l’humanité.

Sur la base de leur expérience de longue date, notamment de leur pratique diplomatique multilatérale à Genève, le peuple chinois et les autres peuples du monde ont mis en avant les concepts et principes dont l’égalité souveraine, la paix et la réconciliation, l’état de droit et la justice, l’ouverture et la tolérance, et l’esprit humanitaire. Ces concepts et principes incarnent l’essence de l’esprit du multilatéralisme de Genève et font partie de la tradition de la diplomatie chinoise.

Ma visite à l’Office des Nations Unies à Genève a pour but de revivre l’histoire avec les différentes parties, de faire rayonner les concepts diplomatiques universellement reconnus, d’aborder le grand sujet qu’est la construction de la communauté de destin de l’humanité et d’échanger des vues pour l’avènement d’un monde meilleur.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), agence spécialisée de l’ONU dans le domaine de la santé, a contribué de manière importante à l’amélioration de la gouvernance sanitaire mondiale et à la préservation de la santé de tous les peuples. La santé est un volet important du développement de la Chine et un domaine prioritaire de sa coopération avec l’étranger. La coopération avec l’OMS a fait avancer la cause de la santé en Chine et contribué à la promotion de la santé à l’échelle mondiale.

J’aurai le plaisir de rencontrer la Directrice générale Margaret Chan pour un ample échange de vues sur la coopération entre la Chine et l’OMS.

Avec une histoire de plus de 100 ans, le Mouvement olympique international a contribué à l’épanouissement de l’homme, au resserrement de l’amitié entre les peuples, et à la promotion de la paix, du développement et du progrès dans le monde.

Partisan et acteur actifs du Mouvement olympique, la Chine a organisé les Jeux olympiques et paralympiques de Beijing 2008 et les Jeux olympiques de la Jeunesse de Nanjing 2014, et se prépare activement à accueillir les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Beijing 2022. Ce sera avec plaisir que je visiterai le Comité international olympique (CIO) et écouterai les réflexions du Président Thomas Bach et du CIO sur le rayonnement de l’esprit olympique et la promotion du Mouvement olympique.

Je suis prêt à échanger en Suisse avec les personnalités des différents milieux sur la coopération et l’innovation, afin d’assurer, pour la nouvelle année qui s’ouvre, un meilleur développement des relations qu’entretient la Chine avec la Suisse, l’Europe, l’ONU et le Mouvement olympique.

(TDG)

(Créé: 18.01.2017, 11h20)

 
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Publié par le janvier 19, 2017 dans Asie, guerre et paix

 

Poutine: « La Russie et Israël négocieront la mise en place d’une zone de libre-échange »

Publié 7 Juin, 2016 15:28 GMT | Dernière mise à jour 7 Juin, 2016 16:12 GMT

« Une impulsion au développement des relations d’affaires peut être donnée par la création d’une zone de libre-échange entre l’Union économique eurasienne et Israël », a déclaré le président russe. Nous avons déjà noté à plusieurs reprises par rapport aux amateurs de visions simplistes qu’il s’agisse des disciples de BHL ou des « antisionistes » d’extrême-droite, fascinés par Poutine, qu’il s’agirait d’ouvrir les yeux sur le monde dans lequel nous sommes. J’avais déjà noté premièrement que pour la première fois Israël avait fait défection aux Etats-Unis quand il y avait eu la condamnation de la Russie par rapport à la Crimée. Comme j’avais également souligné le fait que le second investisseur en Crimée après la Chine était Israël. Il faut faire un effort pour connaître et à partir de là explorer les possibles à partir de nos objectifs de paix , de développement et de droits des peuples comme des opprimés.

kremlin.ru

Le président russe  Vladimir Poutine a déclaré mardi que la Russie et Israël commencent les négociations cette année pour la création d’une zone de libre-échange entre l’Union Economique Eurasiatique et Israël, rapporte RIA Novosti.

« Nous avons parlé de ce que les réserves peuvent être utilisées pour renforcer la coopération économique. Je suis sûr qu’un coup de pouce au développement des relations d’affaires peut aboutir à  la création d’une zone de libre-échange entre l’Union économique eurasienne et Israël, » a déclaré le président russe.

« J’ai récemment parlé à ce sujet à Astana avec nos collègues de l’Union économique eurasienne et cette année seront lancées des discussions sur la question », a ajouté M. Poutine.

Contre les tentatives de réécrire la Seconde Guerre mondiale

Poutine affirme que la Russie et Israël vont travailler ensemble pour résister aux tentatives de réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. « Nous parlons toujours d’une question très sensible pour nous: la mémoire de la Seconde Guerre mondiale (…) nos peuples ont combattu ensemble contre le nazisme et payé un lourd tribut pour la victoire», a-t-il rappelé.

« Par conséquent, nous devons et nous voulons garder la mémoire des héros et des victimes de la guerre pour résister aux tentatives de réécrire et d’oublier la tragédie de l’Holocauste », a ajouté le président russe.

En outre, M. Poutine a déclaré que les deux pays sont de solides alliés dans la lutte contre le terrorisme et doivent renforcer les contacts dans ce domaine.

Le Premier ministre d’Israël Benjamin Netanyahu est venu en Russie en visite officielle mardi pour rencontrer le président russe. C’est la deuxième fois que le chef  du gouvernement israélien se déplace vers le territoire russe depuis le début de l’année en cours et cette visite coïncide avec le 25e anniversaire du rétablissement des relations diplomatiques entre Moscou et Tel Aviv /.

Les relations diplomatiques entre Israël et la Russie

Alors que l’URSS avait été le premier pays à reconnaître Israël, les relations diplomatiques entre Jérusalem et Moscou se sont réduites au fil des ans à partir de 1948, dans le cadre de  l’Union soviétique. Celles-ci ont été interrompues en 1967 pour reprendre en 1987 sous la forme de lignes consulaires. Il a fallu attendre 1991, après la chute de l’URSS, pour que  les relations diplomatiques soient rétablies complètement et l’ambassade d’Israël a ouvert ses portes à Moscou, avec une ambassade russe à Tel Aviv.

Cela dit la diplomatie russe reste profondément marquée par l’héritage soviétique, un nom reste attaché à cette diplomatie c’est celui de Primakov, un des meilleurs connaisseurs du monde arabe et elle demeure enracinée partout dans ses anciennes alliances. A ce titre, l’évolution des relations se rapproche de la politique de la Chine qui a de très bonnes relations avec Israël tout en soutenant les droits des Palestiniens et se présentant volontiers comme la voix du Tiers monde.

Enfin, l’extrême-droite nationaliste en Russie reproche à Poutine son philosémitisme et comme elle est antisémite l’affuble d’une kippa. En Israël les soutiens de la Russie sont les communistes et la droite extrême au pouvoir. On peut même extrapoler une vision à long terme de Netanyhou qui a de moins moins confiance dans les Etats-Unis et qui voit une alternative dans une alliance d’abord commerciale avec la Chine et la Russie. Peut-être a-t-il même plus confiance dans la Russie pour retenir l’Iran et son allié syrien que dans la politique américaine qu’Obama a déconsidérée partout, chez ses ennemis et encore plus chez ses alliés traditionnels.

En conclusion, qu’il me soit permis une note personnelle: J’ai toujours pensé qu’il fallait confier à Lavrov et Poutine le soin de résoudre les problèmes du Moyen orient, leur politique serait nettement plus efficace que celle des Occidentaux. Nous sommes à un stade que Lénine décrivait comme l’impérialisme stade suprême du capitalisme avec des contradictions concurrentielles entre les monopoles, financiarisés de surcroît, et chacun joue à enfoncer un coin dans les alliances de l’autre qui elles-mêmes sont la proie de contradictions d’intérêt… Il est évident que la Russie de Poutine n’est pas l’URSS avec son projet émancipateur pour les peuples, et même la Chine qui présente une situation encore plus complexe ne prétend pas à ce rôle. Mais qu’ils le veuillent ou non, comme d’autres pays, ceux des BRICS, en particulier leur tentative de créer un mode multipolaire en jouant sur les contradictions des USA et leurs alliés qui ne renoncent pas à un monde unipolaire et veulent l’imposer par le sang et la guerre, on peut attendre des politiques menées par les tenants d’un monde multipolaire une situation un peu plus favorable pour desserrer l’étau. Quant à ce que cherche le dirigeant israélien, peut-être à faire monter les enchères et d’ailleurs le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Susan Rice,  a promis lundi , aux autorités israéliennes que le nouvel accord d’aide militaire négocient actuellement les deux nations constituent «paquet le plus important de l’ aide militaire de l’histoire des États – Unis . « rapporte le journal Haaretz .tout en critiquant la colonisation. Prenant la parole lors du Forum mondial de l’American Jewish Committee (AJC, pour son sigle en anglais), Mme Rice a annoncé le paquet d’aide nouvelle, plus d’une décennie, répartis entre 37.500 millions et 40,000 millions de dollars pour la défense israélienne . « Ce sera une augmentation significative du soutien», a déclaré Rice. Le programme financera la modernisation de la flotte des avions israéliens et la défense antimissile. Pour calmer les alarmes que peuvent susciter les primaires, elle a souligné que « al sécurité d’Israël n’est ni démocrate, ni républicaine, mais un souci constant américain ».

Faire monter les enchères, nouer des relations privilégiées avec le vassal de l’adversaire, tout cela se joue dans une situation qui fait songer au Grand jeu.

 Je rappelle encore une fois que pour ces raisons, même si je ne suis pas une fan de Poutine, et encore moins de Netanyahun qui non seulement a une politique d’extrême-droite, mais qui masque sous ce nationalisme exacerbé des formes de corruption habituelle et les intérêts d’une petite caste, il me semble qu’il est indispensable d’avoir une vision de la complexité si l’on veut mettre en oeuvre des choix politiques beaucoup plus simples qui tiennent à la paix, à la souveraineté des peuples, au refus de l’oppression. . ,Les gens qui ignorent tout de la complexité  et racontent n’importe quoi sont des dangers publics dans la situation périlleuse d’un monde au bord de l’explosion. A ce titre je mets dans le même panier les élucubrations d’un BHL inspirées par la CIA. ou celle de certains « antisionistes » type les copains de Soral et Dieudonné dont l’antisémitisme est l’anti-impérialisme des imbéciles, qui admirent en Poutine le chef dont ils rêvent, à quel point nous sommes devant une situation périlleuse y compris pour la survie de l’humanité. On ne saurait s’y déterminer que par rapport à des objectifs politiques, de paix, de développement, de souveraineté des peuples, en appuyant ce qui nous paraît aller dans le bon sens. Et pour cela il est nécessaire de partout faire de la politique, établir des revendications claires et éviter les discours passionnels de haine ou d’adhésion. 

 

Danielle Bleitrach (à partir d’un article de RT).

 
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Publié par le juin 8, 2016 dans actualités, Asie, Economie, Europe

 

Vu de Russie : Les tanks d’Assad marchent sur Raqqa ou quelles sont les chances pour Damas et Moscou d’infliger à Washington une défaite politique majeure par Anton Mardasov

Танки Асада идут на Ракку

Quelles sont les chances pourDamas et Moscou d’infliger à Washington une défaite politique majeure, voilà une question qui a le mérite de poser les problèmes de fond… Mais l’article traduit par Marianne démontre surtout le caractère inextricable d’une situation où périodiquement des alliances conjoncturelles peuvent apparaître sur un fond d’antagonisme (note de Danielle Bleitrach)

Anton Mardasov

Photo: AP / TASS

http://svpressa.ru/war21/article/150054/

Chaque jour, la confrontation entre les deux coalitions autour de la « capitale » de l’ « Etat islamique » * Raqqa devient de plus en plus imprévisible. Ce n’est pas pour rien qu’est apparue dans les médias une comparaison avec le  « Berlin de 45 » lorsque l’Allemagne était également attaquée des deux côtés. Mais à l’époque, il y avait une alliance au moins formelle entre l’Union soviétique et les Anglo-Saxons, alors qu’en Syrie il n’y a en pour le moment pas.

Le 5 juin, après une tempête de sable, les troupes gouvernementales syriennes ont repris leur offensive dans l’ouest de la province de Raqqa, frappant immédiatement les positions de l ‘ «Etat islamique». La nature a contraint à des ajustements dans le plan d’opération, qui a dû être arrêté le 4 juin. Actuellement, les troupes syriennes sont à environ 30 kilomètres à l’ouest de la base aérienne stratégique Tabka – c’est la première fois qu’elle s’approche à une telle distance de cette installation militaire depuis sa capture par les rebelles en août 2014.

« SP » a déjà donné la nouvelle que le 30 mai à la frontière entre les provinces de Raqqa et Hama  le groupe des troupes gouvernementales a reçu des renforts pour la préparation de l’offensive. Il s’agit d’environ 4.500hommes de la 4ème Division d’élite mécanisée, que, selon certains rapports, supervise personnellement le frère du président Maher al-Assad, la Syrie et de l’infanterie de marine syrienne, ainsi que la division commandée par le général à la retraite Mohammed Jaber « les faucons du désert »,  des forces de défense nationale, le parti social nationaliste syrien (PSNS), ainsi que des milices palestiniennes. Selon certains rapports, il y a aussi des conseillers militaires russes.

 

Dans la nuit du 3 juin, ces forces ont lancé une offensive dans la direction de Raqqa, dont la capitale est déclarée par des militants de Daesh «capitale du Califat ». Ayant repris un carrefour de route près du village Zakia, les troupes syriennes sont entrées sur le territoire de la province et avancé en profondeur le long de la route Salaam-Raqqah (Route 42), malgré la présence de bombes et engins explosifs artisanaux.

 

Les médias syriens et russes se sont précipités pour gonfler l’importance de ce fait, au moment où, disent-ils, les «forces pro-américaines kurdes-arabes démocratiques de la Syrie» (FDS) sont au point mort dans la province du nord de Raqqa. Par souci d’équité, nous notons que, d’une part, la coalition pro-américaine, en dépit de la résistance rebelle, continue lentement mais sûrement à «grignoter» les zones habitées. Malgré le fait qu’une partie des forces de la coalition soit occupée à l’assaut de Manbij dans la province d’Alep – un couloir de transit pour les militants de Turquie en Syrie, – et au transfert de renforts sur le fleuve Euphrate.

 

Deuxièmement, les Syriens en février de cette année étaient déjà environ 40 kilomètres de la base aérienne de Tabka (le 16 février l’armée syrienne est fière d’annoncer qu’ils avaient réussi à prendre une autre hauteur dans la province de Raqqa – la hauteur numéro 7 à Jebel Ahed près de Zakii). Déjà alors, les Syriens avaient annoncé la prise imminente de cette installation militaire, mais plus tard y avaient renoncé prétendument en raison de l’accord sur le cessez-le-feu de la fin février. Ce qui est peu probable, car la trêve n’a pas empêché à la fin de mars avec le soutien des forces russes et étrangères de chasser Daesh de Palmyre – plus important du point de vue médiatique, même si c’est aussi une position stratégique (située au carrefour dans le centre du désert syrien). La prise de contrôle de la ville a ouvert la voie pour l’armée syrienne à Deir ez-Zor, où depuis plusieurs années reste bloqué un groupe de l’armée syrienne. Cependant, l’attaque annoncée n’a pas eu lieu. Au lieu de cela, les troupes syriennes ont intensifié à nouveau les combats dans la direction de Raqqa, en dépit de la nécessité de se regrouper dans le sud d’Alep, où les militants de la coalition djihadiste continuent de mener des raids réussis dans le secteur de Tuman Khan.

 

Paradoxalement, les manœuvres des troupes de Bachar al-Assad à Raqqa dans cette situation sont moins dangereuses que les opérations à Alep. Sans parler de l’attaque sur le nord de la province, où le couloir entre la frontière avec la Turquie et les villes de Azaz Jarabulus les rebelles continuent de recevoir des renforts. En outre, il est peu probable que les Syriens et leurs alliés prennent d’assaut directement Raqqa. Au contraire, leur objectif –est de reprendre la base aérienne de Tabka,un objectif réaliste, étant donné le relief plat et la faible densité de population.

Fait intéressant, la direction du FDS a modifié à deux reprises ses plans pour l’attaque de Raqqa, qui a commencé le 24 mai: d’abord, a été décidée une offensive supplémentaire sur la quatrième direction dans la zone de la base aérienne Tabka qui, par une étrange coïncidence, est attaquée aussi par les Syriens, et ensuite seulement se lancer à l’assaut de Minbej.

 

Pourquoi la ville Tabka et la base aérienne située à côté est-elle si importante, à la fois pour les Syriens, et SDF? Tout d’abord, il est important de saisir ces objets à partir d’un point de vue politique – en termes de qui se bat mieux contre le terrorisme dans la région. Deuxièmement, le contrôle de la ville de Tabka par les forces gouvernementales est un avertissement à la coalition d’opposition SDF, en premier lieu aux Kurdes et aux Américains qui sont derrière eux. Troisièmement, Tabka est un tremplin commode pour l’attaque future sur Raqqa. Quatrièmement, dans la région sur le fleuve Euphrate se trouve le plus grand barrage hydroélectrique de Syrie(construit en 1968-73, avec l’aide active de l’Union soviétique), le barrage qui forme un grand réservoir. Et l’eau est connue pour être une ressource importante dans le climat aride de la Syrie …

 

Dans ce contexte, dans la communauté des experts et les médias se sont multipliées les discussions sur le fait que la présence militaire russe en Syrie peut être augmentée. Tout d’abord, le groupe mixte de la base aérienne Hmeymim peut être complété par un certain nombre de bombardiers Su-24M et Su-34. Deuxièmement, des détachements supplémentaires de forces spéciales peuvent être déployés dans la RAS, ainsi que la formation des volontaires, ou comme on les appelle, «pèlerins». Pour rappel, le 25 mai a expiré l’ultimatum du ministre de la Défense Sergueï Choïgou pour la démarcation de l’opposition syrienne par rapport aux troupes de l’organisation terroriste « Al-NusraDzhebhat » **. Plus tard, le porte-parole du département militaire Igor Konashenkov a dit que le Ministère de la Défense a décidé de reporter les frappes–jusqu’à la démarcation des formations armées face à « an-Nusra ».

 

– Les forces gouvernementales en l’absence d’un front continu doivent combattre sur plusieurs fronts à la fois. Mais une offensive en profondeur dans la province de Raqqa est maintenant considéré évidemment comme prioritaire, – a déclaré le directeur adjoint de l’Institut d’analyse politique et militaire Alexandre Khramtchikhine.

 

– Et puis, la comparaison avec la bataille de Berlin est vraiment appropriée, car on observe une volonté de chacune des parties de dépasser l’autre dans le rapprochement du centre administratif, puis dans l’assaut final. Ainsi, on voit une situation paradoxale – tous en Syrie se battent contre tous, bien que souvent les rivaux s’aident indirectement.

 

Les Américains et les Kurdes ont apparemment surestimé leurs forces, c’est pourquoi ils ont dû changer leurs plans et maintenant faire valoir que l’attaque sur Minbej est plus importante. En ce qui concerne l’armée gouvernementale, il est clair qu’elle n’est pas assez forte pour s’attaquer à Raqqa. En ce sens, un renforcement de la présence militaire russe en Syrie aurait l’air logique. Si nous nous sommes engagés dans cette guerre, il est nécessaire de la terminer plus ou moins de succès. Cependant, à notre époque, il est difficile de dire quels sont les critères de succès, parce que maintenant les guerres sont de type postmoderniste. Beaucoup croient qu’il est plus important de se déclarer le vainqueur, que de gagner vraiment. Cependant, à côté des images médiatiques, il existe quand même une sorte de réalité qui doit être observée, et qui dicte le renforcement de l’aide russe « sur le terrain ». Encore une fois, puisque nous avons été entraînés dans la guerre, il est nécessaire de la mener à bien, sinon il sera difficile de la présenter comme victorieuse, malgré tous les efforts des professionnels de la communication.

 

– La chose principale maintenant, c’est qui seront les premiers à parvenir au centre administratif de la province de Raqqa. À ce jour, les positions avancées des troupes d’Assad sont à moins de 100 km de la ville, tandis que le FDS est à environ 30 km, – remarque le directeur du Centre pour l’étude du Moyen – Orient et Asie centrale Semen Bagdasarov.

 

– Mais le problème est que les Kurdes ne sont pas désireux de prendre Raqqa, de subir des pertes pour cela, dans la mesure où il faudra de toute façon en partir pour la laisser aux Arabes laisser aux Arabes. Par conséquent, ils tentent de ralentir le rythme de l’offensive. Un objectif beaucoup plus important pour eux est Minbej, qui ouvre la voie à Jarabulus, qui est important pour les Kurdes en termes de connexions des trois cantons.

 

Par conséquent, avec notre soutien les Syriens ont encore une chance de prendre Raqqa, car il est clair que si elle prise par l’autre coalition, Damas aura peu de chances de récupérer ces territoires. J’imagine aussi que nos diplomates et conseillers ont clairement fait savoir aux Kurdes que s’ils prennent Raqqa, la force aérienne russe ne mènera pas d’opérations dans le couloir entre Azaz et Jarabulus–dans la mesure où c’est, pour ainsi dire, notre espace aérien de responsabilité, et non un secteur américain. En général, la situation est difficile avec beaucoup de courants souterrains. En effet, nous n’avons pas accepté le cessez-le-feu de gaîté de cœur – Moscou, apparemment, a décidé de ne pas risqué une grande guerre régionale. Mais tôt ou tard, le couloir à la frontière syro-turque devra être fermé.

 

* « Etat islamique » (IG LIH), reconnu par la Cour suprême de la Fédération de Russie du 29 Décembre 2014 comme une organisation terroriste, ses activités sur le territoire de la Russie sont interdites.

 

** « Dzhebhat en-Nusra » reconnu par la Cour suprême de la Fédération de Russie du 29 Décembre 2014 comme une organisation terroriste, ses activités sur le territoire de la Russie sont interdites***.

*** Mentions obligatoires dans toute la presse russe [NdT]

 Traduit du russe par Marianne Dunlop pour histoire et societe

 
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Publié par le juin 6, 2016 dans Amérique, Asie, Europe, guerre et paix

 

Daech, al-Nosra, Armée de l’Islam : les sept familles du djihad en Syrie

Le ministre russe des Affaires étrangères a déclaré que Washington a demandé à Moscou de ne pas cibler la branche d’al-Qaida en Syrie, le Front Nusra,  Sergey Lavrov a déclaré que la Russie a longuement insisté sur le fait que les modérés, les groupes d’opposition soutenus par les US devraient quitter les zones occupées par Nusra. Il a dit dans un discours télévisé que la Russie et les Etats-Unis sont engagés dans un dialogue étroit sur la façon d’obtenir un cessez-le-feu en Syrie, mais il a ajouté que la lutte contre le groupe Etat islamique et Nusra devrait être une priorité absolue. »Ils nous disent de ne pas frapper (Nusra), parce qu’il y a une opposition ‘normale’ à côté .. », a déclaré Lavrov. « Mais cette opposition doit quitter les positions des terroristes, nous avons longuement discuté cette question. » Voici pour compléter cet échange, la manière dont le Figaro décrivait les groupes engagés en Syrie (note de Danielle Bleitrach)


FIGAROVOX/ENTRETIEN – Des vidéos circulent montrant des terroristes syriens utilisant des civils loyalistes du régime comme bouclier humain. Qui sont-ils ? Quelle est leur stratégie ? Alain Rodier fait le point sur les multiples groupes djihadistes en présence.

Spécialiste du terrorisme et de la criminalité organisée, ancien officier au sein des services de renseignement français, Alain Rodier est directeur de recherche au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).


LE FIGARO. – Selon l’ONG Human Rights Watch (HRW), des groupes de rebelles syriens auraient utilisé des otages civils (alaouites loyalistes au régime) dans la région de la Ghouta, près de Damas, comme boucliers humains en vue de dissuader le régime d’effectuer des raids aériens. Ils n’appartiendraient ni à Daech ni à al-Nosra, mais à l’Armée de l’Islam («Jaich al-Islam»). Quelle est l’importance de cette organisation?

Alain RODIER. – Jaich al-Islam (l’Armée de l’islam) est un mouvement salafiste nationaliste, c’est-à-dire qu’il inscrit son combat dans une perspective syrienne et pas internationaliste comme Al-Qaida «canal historique» ou Daech. Il est dirigé par Mohammad Zahran Allouche qui, un temps, dépendait de l’Armée Syrienne Libre (ASL). C’est le groupe rebelle le plus important dans la banlieue de Damas et en particulier dans le quartier de la Ghouta. Le nombre de ses combattants est estimé à 10 000, un certain nombre ayant été libérés des geôles syriennes en 2011 quand Bachar el-Assad a tenté une ouverture vers l’opposition. Jaich al-Islam est soutenu par l’Arabie saoudite et le Qatar. Il a refusé de rejoindre une nouvelle coalition qui s’est formée en octobre 2015 à Damas baptisée Jund al Malahim (les Soldats de l’aventure). Elle regroupe le Front al-Nosra, la branche armée d’Al-Qaida «canal historique» en Syrie, le Ahrar al-Sham (les Hommes libres du Levant) et le Ajnad al-Sham (les soldats du Levant). Lors de sa création, la nouvelle coalition a affirmé que la Oumma (la communauté des croyants) a subi une «attaque féroce» au Levant et partout ailleurs. Les «Russes ont rejoint cette attaque mettant les pieds dans les pas des apostats [les chiites], des croisés et de leurs alliés». Le refus de Jaish al-Islam peut s’expliquer par son souhait d’apparaître comme «modéré» en n’entretenant pas de relations avec le Front al-Nosra.

Parallèlement, Jaich al-Islam appartient au Front Islamique (FI) patronné par Riyad qui unit sept mouvements salafistes dont le Ahrar al-Sham qui lui, dépend aussi du Jund al Malahim et qui a donc des relations avec le Front al-Nosra! Allouche est le chef militaire du FI et Hassan Aboud, l’émir d’Ahrar al-Sham le chef politique…

Combien existe-t-il de mouvements «secondaires» tels que l’Armée de l’Islam? Quelle est leur taille et leur implication sur le terrain?

Il existe des centaines de groupes qui ne sont souvent que des groupuscules ; ceux-ci ne représentent qu’un village, un quartier ou un petit territoire. Leurs objectifs sont alors essentiellement locaux. Pour compliquer l’affaire, il n’est pas rare que plusieurs groupes portent le même nom sans compter ceux qui en changent régulièrement. Enfin, des activistes passent d’une organisation à l’autre quand ils n’appartiennent pas à plusieurs à la fois. Il est donc extrêmement difficile de déterminer l’appartenance exacte des différents protagonistes que l’on peut rencontrer.

Quelles relations entretiennent-ils? Sont-ils rivaux ou alliés?

Pour tenter de faire simple, en dehors de l’Etat Islamique (EI, ou Daech) qui est un cas à part, il existe plusieurs coalitions qui combattent sur différents fronts en Syrie. Du Nord au Sud on peut distinguer:

– le Jaich al-Fateh (l’Armée de la Conquête, 30 000 hommes) composé du Front Al-Nosra, d’Ahrar al-Sham et de cinq autres mouvements. Cette coalition a conquis la province d’Idlib au printemps 2015 et menace Lattaquié à son sud-ouest, Alep à son nord-est et Hama à son sud.

C’est le risque de déstabilisation que fait peser cette coalition sur le régime de Damas qui a obligé les Russes à intervenir à la fin septembre de cette année. A noter qu’à Alep, il existe aussi une autre coalition, Ansar al-Charia, qui comprend 13 formations dont le Front al-Nosra et Ahrar al-Sham. Comme cela a été évoqué précédemment, il n’est pas rare qu’un mouvement appartienne simultanément à plusieurs coalitions. Le Jaich al-Fateh bénéficie de bases arrières en Turquie et de l’appui discrets des pays du Golfe persique.

– A Homs, le Front al-Nosra, Ahrar al-Sham, Daech et quelques groupuscules placés sous la bannière de l’Armée Syrienne libre (ASL) sont très actifs.

– Damas: voir la réponse à la première question ajouté au fait que Daech y a dépêché quelques activistes sur zone.

– Deraa: l’opposition est regroupée dans une coalition appelée «le Front sud» commandée par le Lieutenant colonel Majeed al-Sayed Ahmad. Des éléments de l’ASL se sont fondus dans la brigade Yarmouk (un des cinquante mouvements qui composent cette coalition). Le Front sud est soutenu par la Jordanie, les Etats-Unis et l’Arabie saoudite.

Bien sûr, cette liste est loin d’être exhaustive. Tous ces groupes s’entendent assez bien globalement même si des litiges financiers peuvent survenir ici ou là, en particulier sur le partage des fonds accordés par les mécènes des pays du Golfe persique.

En parallèle de ces coalitions, les Kurdes tiennent une partie de la frontière syro-turque (le Rojava). Mais ils ont aussi cédé à la mode. A savoir qu’une coalition appelée les «Forces démocratiques syriennes» (FDS) qui regroupe les Unités de protection du peuple kurde (YPG/YPJ), le bras armé du parti de l’Union démocratique (PYD) proche du PKK, et des forces arabes et Syriaques (le Jaysh al-Thuwar, les forces Al-Sanadid, la brigade des groupes d’Al-Jazira et de l’état-major Bourkan al-Firat). En fait, c’est est loin d’être une nouveauté car ces mouvements se coordonnaient déjà au sein d’un état-major commun (joint opération room) pour combattre Daesh lors de la défense de Kobané puis à l’occasion de la prise de Tall Abyad, le poste frontière avec la Turquie qui contrôle une importante route rejoignant Raqqa, la «capitale» de l’État Islamique. A noter que ces forces ne se sont jamais opposées à celles de Bachar el-Assad, ce dernier ayant évacué les zones kurdes en 2011-2012. Lorsque les Etats-Unis affirment qu’ils veulent que l’opposition syrienne s’empare de Raqqa, c’est à cette coalition qu’ils font référence et qu’ils appuient. Le problème réside dans le fait que l’intérêt des Kurdes syriens n’est pas de pousser vers le sud (vers Raqqa) mais d’unifier le Rojava en franchissant l’Euphrate vers l’ouest depuis Kobané. Or, les Turcs ne l’entendent pas de cette oreille! L’armée turque a même tiré des coups de semonce vers le YPG/YPJ.

Les Kurdes ne se battent généralement pas contre les autres groupes rebelles à l’exception de quelques accrochages avec le Front al-Nosra. Par contre, c’est la guerre ouverte avec Daech. Il faut dire que ce mouvement ne tolère que ceux qui font allégeance à son calife, Abou Bakr al-Baghdadi.

Ont-ils une stratégie établie? Laquelle?

Si Daech, le Front al-Nosra et les Kurdes du PYD ont une stratégie bien établie, les autres mouvements semblent avoir des visions à courte vue. Ils veulent surtout préserver leur autonomie localement, voire s’étendre légèrement territorialement.

Globalement, Al-Qaida «canal historique» et Daech s’opposent mais il s’agit en réalité d’une guerre des chefs. Abou Bakr al-Baghdadi remet en question l’autorité du docteur Ayman al-Zawahiri et inversement. C’est u

ne sorte de conflit des générations. Mais en fait, le salafisme-djihadisme est leur idéologie commune. Des unités des deux formations parviennent à coopérer sur le terrain syrien -particulièrement dans la région d’Alep- car leurs adversaires sont les mêmes. La crainte est qu’il y ait un jour une union sacrée entre les deux mouvements. Heureusement que l’ego d’al-Baghdadi l’empêche de rentrer dans le rang car al-Zawahiri est tout à fait disposé à l’accueillir s’il fait repentance.

La communication par des vidéos qui sont diffusées partout est-elle une pratique partagée par l’ensemble des factions?

Cela dépend de l’importance et des moyens des mouvements. Généralement les groupes de moindre importance ne cherchent pas à communiquer en dehors de leur sphère d’influence. Par contre, Daech et le Front al-Nosra se livrent une concurrence médiatique acharnée. Par exemple, le Front al-Nosra a sorti les deux premiers numéros d’une revue nommée Al Risalah (le message) afin de concurrencer Dabiq, son homologue de l’EI. Al-Qaida «canal historique» continue à publier régulièrement sa propre revue Inspire diffusée par sa branche yéménite, Al-Qaida dans la Péninsule Arabique (AQPA) ; Il existe aussi une version en français: Dar al-Islam.

 
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Publié par le juin 5, 2016 dans Asie, extrême-droite