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Qui manipule l’organisation de l’État islamique ?

Le jeu trouble des pays du Golfe et de la Turquie

Orient XXI > Magazine > Alexis Varende > 29 janvier 2015

L’Organisation de l’État islamique (OEI) n’est pas le produit d’une génération spontanée. Dans son arbre généalogique on trouve Al-Qaida en Irak et, un peu plus haut, Ansar Al-Islam. Dans cette filiation, on décèle l’ADN du royaume saoudien dont l’obsession est de contrecarrer l’influence iranienne, notamment en Irak. La Turquie a également participé à l’émergence de l’OEI, une mouvance qui risque de se retourner contre ses inspirateurs.

Dans une vidéo posthume, Amedy Coulibaly1 donne les raisons pour lesquelles il s’est engagé dans deux opérations terroristes, l’une en assassinant une policière municipale à Montrouge, l’autre contre un commerce cacher de la porte de Vincennes : «  Vous attaquez le califat, vous attaquez l’État islamique, on vous attaque. Vous ne pouvez pas attaquer et ne rien avoir en retour.  » Dans cette logique, il annonçait avoir fait allégeance au «  calife des musulmans Abou Bakr Al-Baghdadi, calife Ibrahim  » dès l’annonce de la création du «  califat  ». Quant à sa compagne, elle serait désormais en Syrie, pays sur une partie duquel l’Organisation de l’État islamique (OEI) a établi son emprise.

Il est peu vraisemblable que l’auteur du double attentat de la porte de Vincennes et de Montrouge2 — comme ceux qui l’ont aidé dans son entreprise meurtrière — ait perçu combien l’OEI est un instrument aux mains d’États arabes et occidentaux. L’aurait-il su qu’il aurait peut-être admis que les manœuvres diplomatiques internationales sont sans commune mesure avec la vision qu’il avait de son rôle dans le djihadisme anti-occidental.

Manipulation saoudienne des passions collectives

Lorsque la Syrie connaît ses premiers soulèvements en 2011, les Qataris d’abord, suivis quelques mois plus tard par les Saoudiens, montent, chacun de leur côté, des initiatives pour accélérer la chute du régime de Bachar Al-Assad.

À l’été 2013, alors que la Syrie s’enfonce dans la guerre civile, le prince Bandar ben Sultan, chef des services saoudiens, rencontre le président Vladimir Poutine3. Il met une offre sur la table qui peut se résumer ainsi : collaborons à la chute d’Assad. En échange, le royaume saoudien vous offre une entente sur le prix du pétrole et l’assurance que les groupes djihadistes tchétchènes ne s’en prendront pas aux jeux de Sotchi. Au-delà d’un projet d’entente cynique mais somme toute classique dans les relations entre États, c’est la reconnaissance par le royaume saoudien de sa manipulation des djihadistes tchétchènes qu’il faut retenir. Bien avant les attentats du 11-Septembre, le même prince Bandar, alors ambassadeur à Washington, annonçait que le moment n’était pas si loin où les chiites n’auraient plus qu’à prier pour espérer survivre.

Le royaume est coutumier de ces manœuvres. Dès le XVIIIe siècle, Mohammed ibn Saoud percevait combien il était utile d’enflammer les passions collectives pour asseoir son pouvoir. Pour y parvenir il s’était appuyé sur une doctrine religieuse et un pacte d’alliance passé alors avec un théologien, Mohammed Ibn Abdel Wahhab. Parce qu’il avait su mettre en avant, avec succès, les notions de djihad et d’apostasie, il avait conquis l’Arabie en éliminant l’islam syncrétique que Constantinople avait laissé prospérer sur les vastes provinces arabes de son empire.

Les recettes d’aujourd’hui sont les mêmes que celles d’hier. Ceux qui, comme l’Arabie saoudite (mais on pourrait en dire autant des États-Unis et de ceux qui ont lié leur diplomatie à celle de Washington) ont manipulé l’islamisme radical et favorisé l’émergence d’Al-Qaida4 puis de l’OEI en Irak et en Syrie, savent qu’ils touchent une corde sensible au sein de la communauté sunnite5. Leur objectif est de capitaliser sur l’animosité ressentie par cette communauté qui s’estime marginalisée, mal traitée et qui considère que le pouvoir alaouite, en place à Damas6 et chiite à Bagdad7 a usurpé un droit à gouverner. Ce que recherchent les concepteurs de cette politique destructrice c’est à instituer aux frontières iraniennes et du chiisme un contrefort de ressentiment sunnite. Et c’est en toute connaissance de cause que Riyad combine l’aide au djihadisme extérieur qui s’est donné pour objectif de faire pression sur les chiites, et la lutte contre le djihadisme intérieur qui menace la maison des Saoud. C’est d’ailleurs une position schizophrène lorsqu’on considère que l’espace doctrinal qui va du wahhabisme officiel saoudien au salafisme revendiqué par le djihadisme se réduit à presque rien. Presque sans surprise, on constate que le royaume saoudien et l’OEI ont la même conception des fautes commises par les membres de leur communauté et le même arsenal répressif (mort par lapidation en cas d’adultère, amputation en cas de vol…)8.

L’OEI n’est pas le produit d’une génération spontanée. Dans son arbre généalogique on trouve Al-Qaida en Irak et, un peu plus haut, Ansar al-Islam. Dans cette filiation, on décèle sans difficulté l’ADN du royaume saoudien dont l’obsession est de contrecarrer l’influence des chiites sur le pouvoir irakien, de restreindre les relations entre Bagdad et Téhéran et d’éteindre les velléités démocratiques qui s’expriment — toutes évolutions que le royaume estime dangereuses pour la survie et la pérennité de sa dynastie. En revanche, il finance ceux des djihadistes qui développent leurs activités à l’extérieur du royaume. Sauf que ce djihadisme «  extérieur  » constitue désormais une menace contre le régime des Saoud.

Les ambitions régionales d’Erdogan

Depuis la nomination de Recep Tayyip Erdogan comme premier ministre en 2003 (puis comme président en 2014) le pouvoir turc est entré dans une phase «  d’ottomanisme  » aigu que chaque campagne électorale exacerbe encore plus9. Le président n’a de cesse de démontrer que la Turquie peut récupérer l’emprise sur le Proche-Orient et sur le monde musulman que l’empire ottoman a perdu à la chute du califat. Convoquer les symboles nationalistes d’un passé glorieux10, conforter l’économie de marché, faire le lit d’un islam conforme à ses vues, proches de celui des Frères musulmans et acceptable par les pays occidentaux, lui est apparu comme le moyen d’imposer le modèle turc au Proche-Orient tout en préservant ses liens avec les Américains et les Européens. Il espère du même coup supplanter l’Arabie saoudite dans sa relation privilégiée avec les pays occidentaux et servir d’inspiration, voire de modèle, à un Proche-Orient qui serait ainsi rénové. Les révoltes arabes de 2010-2011 lui ont donné un temps le sentiment qu’il pouvait réussir dans son entreprise. L’idée selon laquelle certains États seraient susceptibles de s’en remettre aux Frères musulmans n’était pas alors sans fondement. Erdogan imaginait probablement convaincre le président syrien d’accepter cette évolution. La victoire des islamistes égyptiens aux législatives de novembre 2011 (la moitié des sièges est gagnée par les seuls Frères musulmans) puis la réussite de Mohamed Morsi à l’élection présidentielle de juin 2012 ont conforté ses vues (il avait obtenu plus de la moitié des votes). Erdogan a pu envisager d’exercer son influence sur le Proche-Orient arabe et de tenir la baguette face à l’État islamique qui s’affirme.

Mais ce cercle vertueux se défait lorsqu’il devient évident qu’Assad ne quittera pas le pouvoir, quel que soit le prix à payer pour la population syrienne. Dès juin 2011, Erdogan prend fait et cause pour la rébellion syrienne. Il contribue à la formation de l’Armée syrienne libre (ASL) en mettant son territoire à sa disposition. Il parraine l’opposition politique influencée alors par les Frères musulmans. Pire pour ses ambitions, Morsi et les Frères musulmans sont chassés du pouvoir par l’armée égyptienne au terme d’un coup d’État (3 juillet 2013) largement «  approuvé  » par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et encensé par le Koweït.

Erdogan perd la carte des Frères musulmans, désormais désignés comme terroristes par Riyad. Il doit réviser sa stratégie. À l’égard de la Syrie, il n’a désormais pas de mots assez durs pour décrire Assad et exiger son départ. Vis-à-vis de l’Arabie saoudite, il fait le choix de défier le royaume avec la même arme : l’islamisme radical. Il fait désormais partie de ceux qui croient que les djihadistes de l’OEI peuvent provoquer la chute du régime d’Assad. De là à les aider il n’y a qu’un pas qu’Ankara avait de toutes façons déjà franchi. L’étendue de la frontière turco-syrienne facilite cette assistance. Pour peu que la sécurité turque ferme les yeux, il n’est pas difficile de franchir cette frontière, d’acheter et de vendre du pétrole, de faire passer des armes, de laisser passer en Syrie les aspirants djihadistes, d’autoriser les combattants à revenir sur le territoire turc pour recruter, mettre au point leur logistique ou s’y faire soigner.

Les apprentis sorciers

Mais les passions collectives ont ceci de particulier qu’une fois libérées elles échappent au contrôle de leurs instigateurs, s’émancipent et produisent des effets qui n’étaient pas imaginables. Pire, elles finissent parfois par se retourner contre ceux qui les ont manipulées. L’exemple le plus caractéristique des dernières années aura été celui du Pakistan de Zia Al-Haq, qui avait apporté sa collaboration aux djihadistes sunnites en Afghanistan avant d’être lui-même contraint par le bon vouloir de l’islamisme radical. Aujourd’hui, ce sont la Turquie et l’Arabie saoudite qui font l’expérience de ce retour de flamme.

Ankara et Riyad, désormais à couteaux tirés, connaissent les déboires de tous ceux qui ont aidé les groupes djihadistes. Une cinquantaine de ressortissants turcs, dont des diplomates, ont été kidnappés à Mossoul le 11 juin 2014. Ankara a dû négocier leur libération d’égal à égal avec l’OEI, quasiment «  d’État à État  ». Des milliers de réfugiés kurdes quittent la Syrie pour venir se réfugier en Turquie, rendant la résolution de la question kurde encore plus problématique pour Erdogan. En octobre dernier, le gouvernement turc a violemment réprimé des manifestants qui protestaient contre le refus du président d’aider les Kurdes de Syrie à Kobané qui étaient menacés par l’OEI. Dans la première semaine de janvier 2015, deux attentats commis à Istanbul, non encore élucidés, confirment que la société turque n’est pas immunisée contre les évolutions de ses voisins proches ou plus lointains11.

Depuis au moins 1979 et la prise d’otages de la Mecque, Riyad est régulièrement atteint par la violence «  islamiste  », même si les informations précises font le plus souvent défaut sur ses commanditaires et leurs motivations. C’est dans les années 2003-2004 que plusieurs chefs se revendiquant d’Al-Qaida s’en sont pris au royaume et ont été éliminés (Youssef Al-Airi en 2003, Khaled Ali Al-Haj et Abdelaziz Al-Moqrin en 2004). Ce qui semble le plus clair, c’est que la violence politique qui touche l’Arabie saoudite depuis une quarantaine d’années puise sa source dans la contestation de la légitimité des Saoud et de leurs liens avec Washington. Riyad est donc bien placé pour percevoir le risque que l’OEI fait courir à son royaume.

L’OEI ne fait pas mystère de sa haine des liens que le royaume a développés avec les pays occidentaux. Elle y voit une trahison de l’islam. Elle n’a que mépris pour un roi qui se présente comme le «  Gardien des deux saintes mosquées  » et le défenseur de l’islam authentique, mais qui a accueilli sur son sol l’armée américaine. L’OEI constitue désormais une menace pour le régime des Saoud. Elle a donné l’assaut début janvier à un poste-frontière saoudien. Le royaume a pris des mesures sécuritaires draconiennes pour s’en protéger12 : érection d’un mur de sécurité d’un millier de kilomètres sur sa frontière nord avec l’Irak, d’une seconde barrière de sécurité sur sa frontière avec le Yémen, mise en place de dizaines de milliers de troupes au contact de la frontière irakienne. Sans oublier les lois antiterroristes adoptées en 2014 pour dissuader ses nationaux de rejoindre les rangs djihadistes (lourdes peines de prison, mesures de rétorsion à l’égard de ceux qui sympathisent avec des mouvements religieux radicaux, arrêt du financement d’une chaîne satellite basée en Égypte connue pour son caractère anti-chiite…). Riyad fait aussi partie de la «  coalition internationale antiterroriste  » mise en place par Barack Obama en septembre 2014.

Ni gagner, ni perdre

Si l’OEI est bien un rempart sunnite contre le chiisme et, accessoirement, contre le régime d’Assad, ses soutiens saoudiens et turcs ne peuvent envisager son éradication. Ils savent que l’islam sunnite aurait le plus grand mal à se relever d’une défaite militaire de l’organisation. L’Iran apparaîtrait comme le vainqueur définitif. Cette perspective n’est pas envisageable pour Riyad, Ankara, Amman, Washington ou Israël. La coalition internationale mise en place sous la houlette des Américains fait face au même dilemme. Elle doit éradiquer un djihadisme qui pratique un terrorisme aux ramifications internationales et déstabilise la région tout en ne donnant pas l’impression qu’elle porte le fer contre la communauté sunnite. La leçon irakienne de 2003 a été retenue à Washington et en Europe.

Ce délicat dosage devrait entraîner un certain nombre de conséquences. L’OEI ne l’emportera pas définitivement parce que sa nuisance mortifère sera contenue par des frappes militaires. Elle ne disparaîtra pas parce que beaucoup de sociétés arabes proche-orientales partagent ses vues religieuses13, mais ne pourra pas étendre significativement son emprise territoriale. Elle conservera cependant l’un de ses atouts : être un instrument «  diplomatique  » utile à beaucoup d’États, ceux qui la soutiennent comme ceux qui la combattent. En d’autres termes, l’OEI est là pour longtemps.

1Michel Henry, «  Amedy Coulibaly revendique son acte dans une vidéo posthume  », Libération, 11 janvier 2015.

2Amedy Coulibaly est l’auteur de deux attaques terroristes : à Montrouge le 8 janvier 2015 (une policière tuée) et Paris le jour suivant, 9 janvier 2015 (4 otages de confession juive assassinés).

3Sahar Ghoussoub, «  Russian President, Saudi Spy Chief Discussed Syria, Egyp  »t Al Monitor, 22 août 2013 : «  À titre d’exemple, je peux vous garantir que nous protégerons les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi sur la mer Noire l’année prochaine. Les groupes tchétchènes qui menacent la sécurité des jeux sont contrôlés par nous et ils ne prendront pas la direction de la Syrie sans s’être coordonnés avec nous. Ces groupes ne nous font pas peur. Nous les utilisons face au régime syrien mais ils n’auront aucun rôle ni aucune influence sur l’avenir politique de la Syrie  » (c’est nous qui traduisons).

4Écouter les déclarations — en anglais — d’Hillary Clinton sur la responsabilité des États-Unis dans la création d’Al-Qaida.

6Le clan de la famille Assad est issu de la minorité alaouite dont la doctrine, issue du chiisme mais qui s’en est éloigné, a adopté des croyances syncrétiques, remonte au IXe siècle. Les alaouites ont longtemps été jugés hérétiques par les autres branches de l’islam. En 1936, ils sont officiellement reconnus comme musulmans. En 1973, l’imam Moussa Sadr les admet dans la communauté chiite. Le clan Assad gouverne la Syrie depuis 1971.

7Nouri Al-Maliki a été en poste de 2006 à 2014.

8Mary Atkinson et Rori Donaghy, «  Crime and punishment : Islamic State vs Saudi Arabia  », Middle East Eye, 20 janvier 2015.

9Des législatives sont prévues pour juin 2015.

10Sa récente décision de recevoir les hôtes de marque encadrés par une haie de guerriers en costume d’époque peut sembler dérisoire mais elle est significative des rêves de retour à la grandeur ottomane du président turc.

13Dans leurs réactions aux attentats de Paris, les sociétés arabes proches-orientales ont globalement témoigné d’un réel malaise, partagées entre rejet et «  compréhension  ».

 

Conférence d’un diplomate chinois à l’ouest sur la prise en compte de la « réelle inquiétude pour sa sureté ‘ de la Russie en Ukraine

Publié le temps : 27 février 2015 12:50
Édité fois : 27 février 2015 14:21

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 http://rt.com/news/236127-china-russia-west-ukraine/
Russian President Vladimir Putin (L) and his Chinese counterpart Xi Jinping.(Reuters / How Hwee Yong)

Russe le Président Vladimir Poutine (L) et son homologue chinois Xi Jinping.(Reuters / comment Hwee Yong)

Les pays occidentaux devraient tenir compte des préoccupations légitimes de sécurité de la Russie en ce qui concerne  la situation explosive en Ukraine, a dit un haut diplomate chinois dans une  des rares déclarations publiquse sur la crise qui a endommagé les relations entre la Russie et l’Occident.

Qu Xing, Ambassadeur de Chine en Belgique, a déclaré que la crise ukrainienne a vu le jour en raison du« jeu »– une métaphore semblable à celle utilisée par le stratège géopolitique américain Zbigniew Brzezinski, qui a parlé du « grand échiquier » – entre la Russie et l’Occident, qui n’a pas diminué malgré ou à cause de l’effondrement de l’Union soviétique.

Faisant valoir que l’ingérence extérieure par les différents pouvoirs  a enflammé la situation ukrainienne, Xing a dit  que Moscou pourrait naturellement se sentir  menacé à moins que les puissances occidentales s’engagent  dans une démarche plus constructive.

Xing a exhorté  les puissances occidentales à « abandonner la mentalité de gagnant-perdant » dans leurs efforts pour faire face à  la crise de Moscou et  et « prendre les préoccupations de sécurité réelles de la Russie en considération, » a rapporté Reuters, citant l’Agence de presse d’Etat Xinhua.

Dans le passé, la Chine a exhorté toutes les parties concernées à s’asseoir et de négocier la paix.

L’Ambassadeur chinois, dont Bureau de Bruxelles est dans la même ville que le siège de l’OTAN, a ensuite offert un aperçu quant à ce qui motive les États-Unis sur la scène internationale, et ce qui pourrait conduire à leur déclin possible.

« Les États-Unis ne veut pas voir  que sa présence dans n’importe quelle partie du monde s’est affaiblie, mais le fait est ses ressources sont limitées, et il sera pour de plus en plus difficile  pour maintenir son influence dans les affaires extérieures, » a-t-il dit 
Xing a dit que l’ implication de Washington en Ukraine pourrait « devenir une distraction dans sa politique étrangère ».

Les Commentaires de la diplomate chinoise s’opposent  fermement  à la rhétorique hostile venant de l’Ouest, qui a fait de grands efforts pour blâmer la Russie comme l’agresseur dans la crise.

La Russie a été accusée d’armer la milice ukrainienne orientale et de lui fournir des soldats et de l’armement , ce que Moscou a nié à maintes reprises. On a même suggéré que la Russie était en quelque sorte impliquée dans la destruction en vol de Malaysian Airlines MH17 sur Ukraine orientale sur 17 juillet 2014.

Malgré le caractère extrême des allégations, aucune preuve de fond n’a jamais été présenté à l’appui de ces allégations.

En effet, le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a blâmé les États-Unis comme étant le principal facteur de déstabilisation en Ukraine.

« À travers toutes les étapes, , nos collègues américains et l’Union européenne sous leur influence ont essayé d’aggraver la situation »  a déclaré Lavrov  aux participants à la Conférence de sécurité de Munich, plus tôt ce mois-ci. 

La Chine est un membre des BRIC, l’association économique qui comprend le Brésil, la Russie, l’Inde et l’Afrique du Sud.

 
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Publié par le février 27, 2015 dans Amérique, Asie

 

McCain et d’autres haut responsables accusés de visites illégales en Syrie

Publié RT: 6 janvier 2015 05:47

 http://rt.com/news/220079-mccain-syria-visit-illegal/
On notera le cas de Bernard Kouchner. On comprend mieux que sur la base du ralliement atlantique de Sarkozy, de toutes les aventures y compris libyennes de ce dernier, il ait pu aussi facilement rallier cette personnalité de « gauche », enfin du PS… le rôle joué de monsieur bons offices au profit de la CIA par les époux Kouchner complétant celui bien connu de l’ancien candidat républicain à la présidence… BHL navigant bien sûr dans les mêmes eaux… Il arrive un moment où la France rompt avec sa traditionnelle politique de relative indépendance pour devenir les petits soldats de l’empire…et pour y créer de toutes pièces avec les frères saoudiens et qatari le « péril islamiste » comme ils sont en train de développer en Ukraine les nazis. Œuvre qui a sa source dans la politique de guerre froide et qui aujourd’hui donne à plein pour créer un drame au cœur de l’Europe comparable à celui du bassin méditerranéen.  (note de Danielle Bleitrach)

U.S. Senator John McCain.(Reuters / Yuri Gripas)

Le sénateur américain John McCain.(Reuters / Yuri Gripas)

 

Plusieurs responsables français et américains, dont le sénateur John McCain, sont entrés en Syrie illégalement – sans les  visas requis – dans diverses occasions, violant ainsi la souveraineté du pays, a déclaré la Syrie dans une plainte déposée auprès de l’ONU.

La liste des politiciens inclut également un ancien ministre des affaires étrangères Français Bernard Kouchner et l’ancien diplomate américain Peter Galbraith, selon une lettre datée du 30 décembre, citée par Reuters et AFP.

Dans sa lettre, l’ambassadeur de la Syrie à l’ONU, Bashar Ja’afari a exhorté le Secrétaire général Ban Ki-moon et le Conseil de sécurité à mettre une pression supplémentaire sur les gouvernements pour qu’ils prennent « les mesures nécessaires contre leurs ressortissants qui entrent illégalement sur le territoire syrien ».

« Ces actions sont une violation flagrante de la souveraineté de la Syrie et des résolutions du Conseil de sécurité concernant la Syrie » a dit Ja’afari .

La lettre incluait des plaintes contre « certains journalistes et des personnalités » qui entrent clandestinement en Syrie, en soulignant le cas de McCain qui est entré dans le pays en juin 2013, ainsi que la visite de Kouchner en novembre 2014 et de Galbraith en décembre 2014, avec d’autres dirigeants politiques et militaires d’US.

L’ancien politicien koweitien Walid Tabtabai est également mentionné comme ayant fait une visite illégale en septembre 2013.
À l’époque, le porte-parole de McCain a seulement confirmé que l’ex-candidat républicain à la  présidentielle avait visité la Syrie en mai 2013 pour rencontrer les rebelles syriens.

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McCain a répondu à la plainte en tentant de minimiser les accusations et en accusant à son tour le président syrien Bashar Assad du « massacre » de son propre peuple.

« C’est une vérité triste mais pas surprenante que le régime Assad est moins préoccupé du massacre de plus de 200 000 hommes, femmes et enfants que de ma visite avec les Syriens courageux luttant pour leur liberté et de dignité »  McCain a déclaré. « Le fait que la communauté internationale n’a pratiquement rien fait pour renverser ce régime terrible malgré ses atrocités est une tache sur notre conscience morale collective. »

Selon les médias, McCain est passé en Syrie en mai 2013 depuis la Turquie avec le général Idris Salem, qui dirigeait le Conseil militaire suprême de l’armée syrienne libre et y est resté pendant plusieurs heures avant de retourner en Turquie.

Lors de sa visite, le sénateur s’est entretenu avec les dirigeants des unités de l’armée syrienne libre en Turquie et en Syrie.

La visite de McCain a créé une tempête médiatique, surtout après qu’ait été publiée une image de lui posant avec les djihadistes qui seraient liés à l’Etat islamique (anciennement ISIS/ISIL).

La protestation initiale provenait du sénateur républicain Paul de Rand du Kentucky, qui a accusé McCain d’inconscience pour avoir eu des réunions avec des combattants de l’État islamique.

US Senator John McCain walks on Independence Square in Kiev on December 15, 2013.(AFP Photo / Volodymyr Shuvayev)

 le sénateur US John McCain se promène sur la place de l’indépendance à Kiev sur 15 décembre 2013.(AFP Photo / Volodymyr Shuvayev)

Parmi les autres visites controversées du sénateur, il y a eu un voyage en Ukraine en décembre 2013, lors des protestations de masse contre le gouvernement. Lors de sa visite, McCain s’est réuni avec les dirigeants de l’opposition ukrainienne dans la capitale du pays, en exprimant son soutien aux protestations, en ajoutant qu’il voyait l’avenir de l’Ukraine avec l’Europe.

En outre, en 2011, McCain a visité Benghazi afin de rencontrer les rebelles libyens, les qualifiant de « nos héros ». Hardiment, McCain a déclaré que la chute du leader libyen déchu Muammar Gaddafi devaient inspirer les personnes à travers le monde – y compris en Russie – ce qui a fait soulever les sourcils à l’échelle mondiale.

« Nous croyons très fermement que le peuple libyen aujourd’hui inspire les gens à Téhéran, à Damas et même à Pékin et Moscou, » a dit McCain.

 AFP Photo / Mahmud Turkia

AFP Photo / Mahmud Turkia

Les propensions aux voyages de McCain l’ont fait atterrir sur la liste noire de la Russie en mars, ce qui est une partie des représailles de la Russie contre les sanctions des Etats-Unis. La liste interdit au sénateur ainsi qu’à d’autres personnes de se rendre en Russie ainsi que le gel de ses biens russes..

 
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Publié par le janvier 6, 2015 dans Amérique, Asie, Europe

 

Oubliez la Corée du nord – la menace mondiale pour le cyber-espace vient des Etats-unis (et de Grande-Bretagne)

Article de John Naughton, pour The Guardian

Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Si vous deviez mesurer l’importance d’un phénomène en termes de colonnes déversées dans la presse écrite, la cyber-attaque dont a été victime Sony aurait été l’affaire du mois.

Les cadres de l’entreprise ont du poster des notes d’information à l’entrée des bureaux pour demander au personnel de ne pas se connecter sur le réseau une fois assis à leur poste de travail. L’ensemble du réseau de l’entreprise a du être débranché alors qu’il devait faire face à une demande de rançon qui menaçait de rendre publics des documents confidentiels et des films pas encore sortis en salle, en échange de fortes sommes d’argent.

La grande question est : qui est responsable de l’attaque ? Les spéculations se sont déchaînées, conduisant certains à pointer du doigt la Corée du nord, sur la base que l’un de ses prochains films « The Interview » se moque du leader du pays, Kim Jong-un.

Cela semble fort improbable à ce chroniqueur que je suis : la Corée du nord peut manquer sérieusement d’humour au sujet de son leader chéri, mais en faire un sujet d’extraction de rançon serait bien maladroit, même pour cet étrange régime.

En fait, il ne semble pas y avoir eu de transfert d’argents : certains documents confidentiels, comme des tableaux Excel révélant les salaires des cadres de Sony les mieux payés, ont commencé à fleurir sur le net et les films secrets à se diffuser sur des sites pirates.

Excitant, non ? Mais la vraie grosse cyber histoire de ces dernières semaines est moins glamour mais bien plus inquiétante sur le long-terme. Elle concerne Regin, un malware qui vient tout juste de faire son apparition sur la scène publique, bien qu’il traînerait déjà depuis plusieurs années.

L’entreprise de sécurité Symantec le décrit comme « un malware complexe dont la structure montre un degré de compétence technique rarement vu. Personnalisable avec un degré extensible de potentialités qui dépend de la cible, il fournit à ceux qui le maîtrisent un outil puissant pour une surveillance de masse et il a été utilisé pour des opérations d’espionnage contre les organisations gouvernementales, les opérateurs d’infrastructure, les entreprises, les chercheurs et les particuliers ».

L’entreprise en va jusqu’à spéculer sur le fait que le développement de Regin a pris « des mois, si ce n’est des années » et il en conclut que « les moyens et le niveau de compétence mis en oeuvre derrière Regin indique que ce doit être un des principaux outils de cyber-espionnage utilisés par les Etats-nations ».

Ah, mais quels Etats-nations ? Faisons un pas en avant, et nous voyons la Grande-Bretagne, les Etats-unis et leurs agences de renseignement respectives, GCHQ (le Government communications Headquarters) et NSA.

Il y a quelques temps, Edward Snowden a révélé que les agences ont monté des attaques cyberpirates contre Belgacom, un fournisseur belge de services téléphoniques et internet, et contre des systèmes informatiques européens, mais il ne savait pas quels types de logiciels avaient été utilisés dans les attaques.

Maintenant nous savons : c’était Regin, un malware qui se présente sous la forme d’un logiciel Microsoft légitime et vole des données dans les systèmes infectés, ce qui en fait un outil inestimable pour les agences de renseignement qui désirent pénétrer les réseaux informatiques étrangers.

C’est vrai aussi, diriez-vous. Après tout, la raison pour laquelle nous avons GCHQ, c’est bien pour espionner ces vilains étrangers. L’agence était, ne l’oublions pas, à l’origine une branche de Bletchley Park, dont la mission était d’espionner les Allemands pendant la Seconde guerre mondiale.

Donc, peut-être que la nouvelle selon laquelle les Belges, en dépit des plus grands efforts déployés par les Monty Python, sont nos amis – ou que la Grande-Bretagne fait partie de l’UE – n’a pas encore été décodé par GCHQ ?

Espionner ses amis comme ses ennemis est un vieux principes de l’art de gouverner. On en usait habituellement pour des raisons de « sécurité nationale » ; maintenant c’est pour des raisons de « cybersécurité » et cela pose un nouveau problème. Qu’est-ce que la cybersécurité en fait ? Qu’est-ce que GCHQ et NSA essaient de garantir ? Est-ce la sécurité du cyberespace – c’est-à-dire Internet ? Ou une partie du réseau ? Et si oui, laquelle ?

Ici, certaines lignes apparemment sans conséquences d’un des documents Snowden prennent tout leur sens. « Les faits qui sont contenus dans ce programme », peut-on lire, « constituent une combinaison d’un grand nombre de faits, hautement sensibles, liés à la mission cryptologique générale de NSA. Leur révélation non-autorisée (…) causerait des dégâts exceptionnellement graves à la sécurité nationale américaine. La perte de ces informations pourrait gravement compromette certaines relations cryptologiques hautement sensibles, américaines comme étrangères, des investissements de plusieurs années comme ceux futurs de NSA, et sa capacité à exploiter le cyberespace étranger tout en protégeant le cyberespace américain ».

Notez bien cette dernière clause. « La cybersécurité » signifie deux choses en fait : premièrement, sécurité nationale, et deuxièmement, que le seul coin de cyberespace dont nous nous préoccupons est le nôtre. Nous pouvons exploiter le moindre centimètre dans le reste du monde virtuel à nos propres fins (nationales).

Cela donne carte blanche, par exemple, à la sape de la sécurité en-ligne de quiconque, en affaiblissant les cryptages utilisés pour des transactions commerciales ; le recours à des « exploits zéro-jour » acquis auprès d’hackers qui puissent ensuite être utilisés contre les organisations ciblées ; et la diffusion de malware tels que Regin là où est notre bon plaisir.

Bienvenue dans notre monde connecté.

 
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Publié par le janvier 2, 2015 dans Amérique, Asie, medias

 

La Chine lance des échanges bilatéraux en Yuan et roubles

La Chine a très bien perçu le message à travers le cas de l’Ukraine et celui d’autres pays comme le Venezuela, l’utilisation du terrorisme et des mouvements « démocratiques » type Maïdan, sans parler de la ridicule affaire de la Corée du Nord et l’invention au profit de Sony d’une attaque fantasmée vraie publicité… et plus généralement « le pivot asiatique » ou la tentative d’encerclement de fait de la Chine devenue première économie du monde… La guerre sans limite à travers les attaques monétaires… Et elle prend des mesures dont le dollar risque de pâtir… La guerre économique est lancée et ce sont les peuples qui vont payer l’addition… Il est temps d’exiger la paix… Danielle Bleitrach

 
29 décembre 2014 |

YuanesCe lundi 29 décembre, la Chine a lancé le commerce bilatéral en roubles russes et Yuan.

La Banque de Chine populaire a signé au début du mois d’octobre un « swap » d’échange bilatéral avec la Banque centrale russe, dans le but de réduire le rôle du dollar américain si Pékin et Moscou parviennent à s’entraider pour surmonter la crise de liquidité.

L’accord prévoit un échange d’un montant de 150 milliards, selon Zero Hedge, qui ajoute que ce coup d’État sur le dollar sera « catastrophique ».

« La Chine permet des échanges futurs entre leyuan et plus de trois monnaies pour tenter de réduire le risque d’illiquidité dans un contexte de forte volatilité sur les marchés des pays en développement, » écrit Bloomberg.

La Chine commencera la mise en œuvre des contrats avec le ringgit de Malaisie, le rouble russe et le dollar néo-zélandais le 29 décembre, selon un communiqué publié sur le site Web de l’organisation.

Selon Roman Terejin, chef du centre indépendant d’expertise commerciale  Obschestvennaya Douma, cité par le portail d’information Regnum, les échanges commerciaux entre Yuan et rouble devraient atténuer la dépendance de l’économie russe au dollar et mener à une réduction du taux de variation entre le dollar et l’euro en ce qui concerne le rouble.

(Cubadebate Avec l’information de RT)

 
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Publié par le décembre 30, 2014 dans Amérique, Asie

 

Chine nouvelle : La Russie continuera sa ligne dure en s’appuyant sur une armée forte et une restructuration économique

 

( Source: Xinhua )

27.12.2014 14h27

Le président russe Vladimir Poutine a récemment fait une déclaration lors de sa 10e conférence de presse de fin d’année, dans laquelle il a réaffirmé la ligne dure du Kremlin en ce qui concerne la protection des intérêts nationaux, au mépris des pressions politiques externes et des sanctions occidentales.

Pour ce faire, la Russie continuera de se montrer intransigeante en matière de politique étrangère et procédera à une restructuration de son économie, tout en intensifiant de manière régulière sa force militaire et sa capacité de défense nationale.

 

UN OURS ASSIEGE

La Russie a été assiégée par une guerre d’influence avec l’Occident depuis que la crise a éclaté en Ukraine, dans laquelle le Kremlin est accusé par l’Occident d’avoir joué un rôle. Une série de sanctions contre Moscou ont été imposées dans la foulée par Washington et ses alliés européens.

En raison du refroidissement de ses relations avec l’Occident, la Russie se tourne dorénavant vers l’Orient, en particulier la région de l’Asie-Pacifique.

Tout en affirmant à maintes reprises qu’il n’a jamais été question de réduire la coopération avec l’Europe et les Etats-Unis, la Russie a parallèlement consolidé ses liens cette année avec des pays comme la Chine, l’Inde, la Turquie, l’Iran, le Vietnam, la Corée du Sud et la République populaire démocratique de Corée (RPDC), ce qui a abouti à la conclusion d’une multitude d’accords.

M. Poutine a également souligné que Moscou allait restaurer et élargir ses liens traditionnels « avec le sud du continent américain et poursuivre sa coopération avec les pays d’Afrique et du Moyen-Orient ».

Par ailleurs, la Russie a apporté la preuve de son intransigeance en se retirant du projet de gazoduc South Stream visant à alimenter l’Europe et en mettant en oeuvre des mesures anti-sanctions, comme l’interdiction portant sur l’importation de produits agro-alimentaires en provenance des pays concernés.

Certains experts russes s’attendent à de nouvelles sanctions de l’Occident contre la Russie, sans pour autant écarter la possibilité d’affrontements militaires indirects, en particulier sur les territoires ukrainiens, entre les troupes russes et celles de l’OTAN.

« La Russie n’est absolument pas intéressée dans une confrontation, quelle qu’elle soit », a déclaré Sergueï Markov, directeur de l’Institut russe de recherches politiques.

Pourtant, le pays doit se défendre contre les tentatives non dissimulées de l’Occident de renverser le régime actuel en s’appuyant sur la crise géopolitique en Ukraine, a souligné cet expert.

Timofei Bordatchev, directeur du Centre d’études européennes et mondiales, un groupe de réflexion influent à l’Ecole des hautes études en sciences économiques, estime pour sa part que, bien que M. Poutine ait affirmé à plusieurs reprises sa volonté d’améliorer les relations avec l’Occident, le président est parfaitement conscient qu’il ne peut y avoir aucun compromis au détriment des intérêts nationaux de la Russie.

 

AIGUISER LES DENTS ET LES GRIFFES DE L’OURS

Comparant la Russie à un ours, M. Poutine a déclaré que son pays ne doit pas baisser sa garde, sinon il perdra ses dents et ses griffes et deviendra un trophée de chasse.

Il a insisté sur le fait que la doctrine militaire de la Russie resterait purement défensive, avant d’affirmer que la Russie n’était pas en train d’attaquer l’Occident sur le plan politique, mais cherche simplement à accélérer la cadence en ce qui concerne la protection de ses propres intérêts nationaux.

« Il s’agit de protéger notre indépendance, notre souveraineté et notre droit d’exister », a-t-il martelé.

Dans le bras de fer en cours avec l’Occident et au vu de la menace d’une présence militaire accrue de l’OTAN en Europe de l’Est, la Russie a ajusté le déploiement de son armée et accéléré son réarmement.

En octobre, les données présentées par le comité de défense de la Douma indiquaient que le budget de la défense nationale de la Russie pour 2015 atteindra le niveau record de 3.300 milliards de roubles (plus de 64 milliards de dollars), et que ceux de 2016 et 2017 seront respectivement fixés à 3.100 milliards de roubles (plus de 60 milliards de dollars) et 3.230 milliards de roubles (plus de 63 milliards de dollars).

Depuis le projet de système d’alerte aux missiles balistiques basé dans l’espace jusqu’au projet de lancement de satellites à des fins défensives, en passant par le nouveau centre de la défense nationale et le commandement militaire stratégique de l’Arctique, la Russie s’est attachée à accroître l’efficacité et l’utilité de son mécanisme de défense nationale.

En ce qui concerne le réarmement, la Russie envisage de moderniser au moins 70% de l’équipement de ses forces armées et 85% de ses armes nucléaires stratégiques jusqu’en 2020, grâce à une enveloppe de 20.000 milliards de roubles (plus de 391 milliards de dollars).

Il est à noter que la Russie a également renforcé la formation d’unités militaires en Crimée et le déploiement militaire dans les régions arctiques.

Le pays a par ailleurs renforcé sa capacité de dissuasion nucléaire, notamment en consolidant la défense de son espace aérien à l’aide d’un arsenal nucléaire capable de mener une première frappe.

 

DEFIS ECONOMIQUES

Par rapport à la solidité de la capacité de défense russe soutenue par des forces de sécurité nationales fortes, la base économique de la Russie a été gravement compromise par la baisse du prix du pétrole et les sanctions occidentales.

Le 15 décembre, la Banque centrale russe a admis que l’économie du pays pourrait sombrer dans une récession dans les deux prochaines années, tandis que les chiffres avancés par le vice-ministre de l’Economie Alexeï Vedev prévoient une baisse de 0,8% du PIB en 2015.

Cependant, tout en admettant que les sanctions occidentales ont sérieusement nuit à l’économie russe, M. Poutine a déclaré lors de sa conférence de presse de fin d’année que la situation n’avait pas encore dégénéré et qu’il faudrait dans le pire des cas attendre encore deux ans pour que l’économie russe se redresse.

M. Poutine a également estimé qu’il était possible de profiter de la situation actuelle pour offrir de meilleures conditions à l’industrie manufacturière, ce qui pourrait constituer un premier pas pour diversifier l’économie russe.

Malgré le fait qu’il est difficile à court terme de réduire la forte dépendance de la Russie sur les exportations énergétiques, le gouvernement a entrepris de prendre des mesures de restructuration économique, ainsi que d’encourager la substitution des produits importés tels que le matériel militaire et les produits alimentaires.

Certains experts russes ont déclaré que cette restructuration ne signifie pas que le modèle de développement axé sur l’énergie sera abandonné à 100%, mais qu’il s’agit d’attacher plus d’importance aux exportations dans les secteurs non-énergétiques et de stimuler la production nationale.

Le 19 décembre, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a exhorté le gouvernement à se concentrer sur le soutien au secteur de l’innovation comme un moyen de créer une économie plus autosuffisante.

Etant donné le contexte actuel, les projets encourageant l’innovation doivent bénéficier d’un important soutien financier, car il s’agit de la seule chance pour la Russie de surmonter l’adversité actuelle et d’être prête à faire face aux défis mondiaux, a déclaré Nikolaï Solobuto, directeur général de l’agence d’investissement Finam.

 
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Publié par le décembre 27, 2014 dans Asie, Europe, guerre et paix

 

La Chine face au comportement géostratégique contradictoire des Etats-Unis par David Goldman

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Dans une tragédie, rien ne se produit sans raison et le résultat en est toujours triste; dans une comédie, la plupart des choses arrivent par accident et typiquement la fin en est heureuse. Les relations sino-américaines ne visent pas au conflit, et pourtant cela peut arriver. Les malentendus qui enveniment les relations entre les deux pays les plus puissants du monde demeurent comiques plutôt que tragiques. Cela vaut probablement mieux, car il n’existe aucune explication qui permette aux Chinois et aux Américains de se comprendre mutuellement.

Là où les Chinois se montrent prudents et sur la défensive, les Américains ont tendance à les percevoir comme agressifs; là où les Chinois sont expansionnistes et ambitieux, les Américains les ignorent également. Les États-Unis sont une grande puissance du Pacifique habituée à la domination maritime. Lorsque les Américains s’intéressent à la politique étrangère chinoise, c’est pour s’alarmer de ses réclamations territoriales sur des petites îles inhabitées également revendiquées par le Japon, le Viêt-Nam et les Philippines. Pourtant, en dehors de la rhétorique surchauffée et égoïste de quelques leaders militaires chinois, les îles contestées n’ont qu’une importance négligeable à l’échelle des priorités chinoises.

On peut démontrer l’inanité de ce problème par ce qui suit: la semaine dernière, la Chine et le Japon ont publié «un accord de principe sur le traitement et l’amélioration des relations bilatérales», suite aux rencontres entre le conseiller japonais à la sécurité nationale, Shotaro Yachi et le conseiller d’état chinois, Yang Jiechi. La perspective de ce document est «de mettre au point des mécanismes de gestion de crise pour éviter les difficultés» et d’utiliser «le dialogue et la consultation».

Ni le Japon ni la Chine n’avaient intérêt à une confrontation militaire dans le Pacifique, bien que les deux parties aient utilisé les conflits d’insularité pour parader devant leurs propres circonscriptions électorales nationalistes. L’accord de principe démontre que le spectacle Kabuki est allé trop loin.

La réponse-bateau au supposé expansionnisme chinois dans le Pacifique, consiste à projeter une alliance militaire indienne-japonaise sous sponsoring américain afin de contenir les ambitions chinoises. Vu de l’extérieur, c’était un geste vide de sens, même si au passage il a provoqué l’enthousiasme de quelques nationalistes indiens. Si, par exemple, l’Inde entrait en conflit avec la Chine à cause de frontières contestées, que pourrait bien faire le Japon pour lui venir en aide?

Fraîchement sorti des urnes, le nouveau gouvernement indien sous l’égide de Narendra Modi n’a jamais pris cette idée au sérieux. Bien au contraire, suite à la récente visite officielle en Inde du Président Xi Jinping, Modi envisage des investissements chinois dans des infrastructures de première nécessité. Les impératifs économiques se soucient peu de contestations territoriales dans le désert montagneux qui sépare les deux nations les plus peuplées du monde.

Il y a également une dimension stratégique à l’augmentation du consensus entre la Chine et l’Inde. Du point de vue de l’Inde, l’appui que la Chine apporte à l’armée pakistanaise est préoccupant, mais il est à double tranchant. Le Pakistan est perpétuellement à la merci d’un basculement vers l’islam militant et le garant principal de sa stabilité, c’est l’armée. La Chine veut renforcer cette armée en tant que rempart contre les extrémistes islamiques, qui sont autant une menace pour la province du Xinjiang en Chine qu’ils le sont pour l’Inde, ce qui sert bien plus les intérêts indiens que le pourrait toute autre politique chinoise.

Les analystes chinois sont sidérés de la réaction américaine à ce qu’ils considèrent comme un spectacle de foire en Mer de Chine méridionale, n’ayant qu’un rapport superficiel avec l’Inde. Ils essaient vainement de comprendre pourquoi les relations avec la Russie se sont fortement améliorées en réponse aux maladresses des Etats-Unis en Ukraine.

Par principe, les Chinois n’aiment pas les séparatistes parce qu’ils doivent eux-mêmes contenir leurs propres séparatistes, à commencer par les musulmans ouïgours dans la province du Xinjiang. Washington pensait que la Révolution de Maïdan à Kiev l’an dernier serait un obstacle à la prise de contrôle de la Russie sur la Crimée et la Russie a répondu en annexant la péninsule où se trouve sa principale base navale méridionale.

Lorsque l’Ouest a en représailles imposé des sanctions à la Russie, Moscou a déplacé ses opérations vers l’Est – une réaction logique qui a fortement impacté le pouvoir occidental. Non seulement la Russie a ouvert ses réserves de gaz à la Chine, mais elle a également consenti à lui fournir sa technologie militaire la plus sophistiquée, y compris le formidable S-400, son système de défense aérienne. Par le passé, la Russie répondait de façon réticente aux manœuvres d’approche chinoises vers l’ingénierie-inverse russe, mais la crise ukrainienne a changé tout cela.

Certes, les analystes occidentaux observent maintenant le défi que pourrait représenter pour l’Ouest ce nouveau rapprochement russo-chinois. Le New York Times a consacré sa une du 9 novembre aux opinions des «usual suspects» – les observateurs «soviétologues».

Ce qui était évident il y a des mois, et aurait dû l’être avant les faits, c’est que l’Ouest a tout simplement renvoyé ce cher Poutine à son «champs de ronces» oriental. De toutes les erreurs de calcul dans la politique occidentale depuis la Seconde Guerre mondiale, celle-ci a peut-être été la plus stupide. Les Chinois en sont encore à se gratter la tête pour comprendre d’où leur est venue cette bonne fortune inattendue.

Certes, il serait faux de parler d’une alliance russo-chinoise, mais un genre de condominium sino-russe se développe en Asie. L’énergie et les accords de défense entre Moscou et Pékin sont importants à part entière, mais ils prennent d’autant plus d’importance dans le contexte de ce que pourrait être le projet économique le plus ambitieux dans l’histoire: la nouvelle Route de la Soie. Le Pacifique ne présente pas beaucoup de perspectives pour la Chine. Le Japon et la Corée du Sud sont des économies matures, et pour la Chine, des clients aussi bien que des concurrents.

L’expansion dans le Pacifique n’a tout simplement rien à offrir à l’économie chinoise. Ce que veut la Chine, c’est d’être inexpugnable à l’intérieur de ses frontières: elle est prête à dépenser sans compter pour développer les missiles sol-mer qui puissent éliminer des porte-avions américains, des sous-marins lance-roquettes et des systèmes de défense aérienne.

Les visées de la Chine sont à l’ouest et au sud: énergie et minéraux en Asie centrale, nourriture dans l’Asie du Sud-est, ports de l’océan Indien, un marché énorme et par-delà, accès aux marchés mondiaux. Le réseau ferroviaire, les pipelines et les télécommunications que la Chine construit dans les anciennes républiques soviétiques et en Russie même aura pour terminus la Méditerranée et fournira un tremplin au commerce chinois avec l’Europe.

Le bloc continental Eurasien tout entier va probablement devenir une zone économique chinoise, particulièrement maintenant que la Russie est plus ouverte aux termes chinois. Que les Américains aient contribué à cette éclosion en se battant contre les moulins à vent ukrainiens déconcerte les Chinois, mais ils profitent du résultat.

Il est difficile d’appréhender l’impact économique de ceci, mais il va vraisemblablement étendre l’influence chinoise vers l’occident à une échelle que l’Ouest n’a même pas commencé à imaginer. Il est difficile d’évaluer si la Chine a une idée claire de ce que pourraient être les implications de la nouvelle Route de la soie.

L’implosion de la position géopolitique des Etats-Unis a mis, à sa grande surprise, les risques et les opportunités à la portée de Pékin.

L’année dernière encore, les officiels chinois confidentiellement assuraient à leurs visiteurs que leur pays «suivrait les directives de la superpuissance dominante» sur les questions relatives à la sécurité du Moyen-Orient, y compris concernant les tentatives de l’Iran d’acquérir des armes nucléaires. Durant les dernières décennies, la Chine a permis aux Etats-Unis de veiller sur le golfe Persique tandis que sa dépendance au pétrole venant de cette région augmentait. Avant 2020, la Chine espère importer 70% de son pétrole, dont la plus grande partie viendra du Golfe.

Le point de vue chinois a radicalement changé pendant ces derniers mois, en partie à cause de l’écroulement des Etats syriens et irakiens et de l’essor de l’Etat islamique. Il est difficile de trouver un spécialiste chinois qui pense encore que les Etats-Unis peuvent défendre sans problème la sécurité du golfe Persique. Les avis sont partagés entre ceux qui pensent que l’Amérique est tout simplement incompétente et ceux qui pensent que l’Amérique cherche délibérément à déstabiliser le golfe Persique.

A présent que les Etats-Unis sont proches de l’autosuffisance en matière de ressources énergétiques, quelques-uns des principaux analystes chinois pensent que les Américains veulent précipiter la région dans le chaos afin de porter préjudice à la Chine. Un important analyste chinois a souligné que l’Etat islamique a à sa tête des officiers sunnites formés par les Etats-Unis pendant la «période de tension» de 2007–2008 ainsi que des éléments de l’ancienne armée de Saddam Hussein et que ceci explique pourquoi Daesh affiche un tel niveau de compétence militaire et organisationnelle.

Cette assertion est certes justifiée: le général David Petraeus a contribué à la formation de 100?000 recrues de la «Renaissance sunnite» afin de créer un équilibre des forces contre le régime majoritaire chi’ite que les Etats-Unis avaient eux-mêmes porté au pouvoir en 2006. Et les Chinois de se demander comment l’administration Bush et Petraeus ont pu se montrer aussi bêtes? Leur répondre et les convaincre qu’ils étaient réellement aussi bêtes que ça est effectivement une tâche redoutable.

L’attitude de la Chine envers Washington a tourné au mépris affiché. Ecrivant au sujet des élections de mi-mandat, le quotidien officiel Global Times a souligné: «Le président ‹canard boiteux› encore plus handicapé? Il a accompli un travail insipide, n’offrant pratiquement rien à ses partisans. La société américaine s’est fatiguée de sa banalité.»

Mais le déclin de l’influence américaine dans la région d’où la Chine tire la plupart de son pétrole n’est pas un événement heureux pour Pékin.
La Chine n’a pas anticipé la fin de l’aventure américaine et elle ne sait pas quoi faire après. Elle a essayé de maintenir l’équilibre entre les pays avec lesquels elle commerce et qui sont hostiles les uns aux autres. Elle a vendu beaucoup d’armes conventionnelles à l’Iran, par exemple, et certains missiles balistiques moins sophistiqués et de fabrication moins récente.

Mais la Chine a vendu à l’Arabie saoudite ses missiles haut de gamme de moyenne portée, donnant aux Saoudiens «une formidable capacité dissuasive» contre l’Iran et d’autres adversaires éventuels. La Chine reçoit davantage de pétrole de l’Arabie saoudite que n’importe quel autre pays, bien que ses importations à partir de l’Irak et d’Oman augmentent plus rapidement. Comme ces deux derniers pays sont plus près de l’Iran, la Chine cherche à rétablir l’équilibre.

L’opinion chinoise est divisée à propos des implications de l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran: quelques stratèges croient que l’équilibre régional en matière d’énergie nucléaire suffira à empêcher l’utilisation de ces armes, tandis que d’autres craignent qu’un échange nucléaire dans le Golfe ne vienne interrompre la production pétrolière et ne fasse chuter l’économie chinoise. La Chine s’est jointe aux négociations du P-5 plus 1 (qui rassemble les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne) sur le statut nucléaire de l’Iran, mais n’a pas proposé de politique indépendante de celle du Président Barack Obama.

En même temps, comme il se doit, la montée de l’extrémisme islamiste inquiète Pékin. Une centaine au moins d’Ouigours combattraient dans les rangs de l’Etat islamique, vraisemblablement afin d’acquérir des compétences en matière de terrorisme qu’ils pourront importer en rentrant en Chine. Les analystes chinois ont une opinion très médiocre de l’approche de l’administration Obama dans son traitement de Daesh, mais n’ont aucune alternative politique à proposer. C’est là un problème de plus en plus important. L’instabilité menace le projet de Route de la Soie sur plusieurs points-clés.

La Chine n’a aucune sympathie de quelque sorte que ce soit pour ce que les analystes aiment à appeler «l’islam politique». Le flirt de l’Amérique avec les Frères musulmans – tant de la part de l’administration Obama que venant de Républicains traditionnels tels le Sénateur John McCain – frappe les Chinois comme de l’incompétence, ou pire encore. Mais la Chine n’a aucun moyen de s’en prendre aux islamistes, mis à part un déploiement très limité de fusiliers marins au large de la côte de la Somalie.

En Chine, l’élaboration de la politique est prudente, conservatrice et axée sur le consensus. La préoccupation principale concerne l’économie. La rapidité des changements au Moyen-Orient a surpris les Chinois et ils essaient de décider ce qu’ils vont faire après.

Le modèle politique chinois consistera à participer aux discussions sur l’Iran et proposer de rejoindre le Quartet (Nations Unies, USA, Union européenne et Russie) pour les pourparlers sur le problème israélo-palestinien, mais aucune de ces initiatives n’a grand-chose à voir avec ses véritables préoccupations.
Ce que fera la Chine à l’avenir ne peut être prédit. Mais il semble inévitable que ses intérêts fondamentaux la mènent à s’impliquer de façon plus marquante dans la région et ce d’autant plus que les Etats-Unis s’en retirent.

David Goldman

Article original en anglais : www.atimes.com/atimes/China/CHIN-02-101114.html

Traduction Horizons et débats

David P. Goldman est senior fellow au London Center for Policy Research, associate fellow au Middle East Forum et fellow au Jewish Institute for National Security Affairs. Il est auteur de nombreux articles concernant les questions financières et les sujets géopolitiques. De 1998 à 2002, il était directeur mondial des stratégies du crédit auprès de Credit Suisse, de 2002 à 2005, directeur mondial de la recherche sur les dettes à la Bank of America, de 2007 à 2009 stratège chez Asteri Capital. Il est régulièrement hôte dans des émissions télévisées, dont Kudlow Report sur CNBC et sur Fox News. Ses articles paraissent chez Forbes, Wallstreet Journal, American Interest, Commentary, Journal for Applied Corporate Finance. Il est éditorialiste sous le nom de «Spengler» pour Asia Times Online et publie le blog «Spengler» pour PJ Media. Depuis 2013, il est Managing Director chez Reorient Group, une banque d’investissements de Hongkong.

 
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Publié par le décembre 27, 2014 dans Amérique, Asie

 
 
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