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Le président chinois Xi Jinping et ce qu’il attend du sommet de Oufa

 

malgré le ralentissement des économies; les BRICS demeurent ce qui assure 50%  de la croissance mondiale. la Chine articule un nouveau modèle de gouvernance économique basé sur le gagnant-gagnant avec son projet de la route de la soie intégrant l’organisation de coopération de Shangaï dans un projet de stabilité pacifique, les pays d’Asie centrale mais visant à concerner au premier chef le continent euroasiatique. (note de Danielle Bleitrach)

 

« Renforcer le rôle des BRICS sera utile pour promouvoir l’efficacité de la gouvernance financière internationale », assure-t-il.

 

Approfondir la coopération pragmatique entre les membres des BRICS et de l’OCS aide à forger une communauté avec une destinée commune

( Source: Xinhua )

04.07.2015 10h59

 

Le président chinois Xi Jinping participera au 7ème sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et au 15ème sommet de l’Organisation de la Coopération de Shanghai (OCS) dans la ville russe d’Ufa du 8 au 10 juillet.

 

Sa visite a pour but de booster la coopération pragmatique entre les Etats-membres des BRICS et de l’OCS, lier les stratégies de développement nationales des autres pays, et forger une communauté avec une destinée commune présentant des situations gagnant-gagnant et une convergence d’intérêts.

 

CREER DES PERSPECTIVES PROMETTEUSES POUR LES BRICS

 

Au cours de sa visite, M. Xi devrait proposer plusieurs initiatives et programmes pour renforcer le partenariat entre les Etats-membres des BRICS, et programmer la coopération économique future avec quatre autres chefs d’Etat.

 

Un des documents clefs exposant une stratégie de partenariat économique pour les pays des BRICS sera discuté au prochain sommet et devrait être approuvé.

 

Depuis l’établissement du mécanisme de coopération des BRICS il y a six ans, le mécanisme a montré une innovation et une vitalité puissante. Il est devenu un cadre de coopération à plusieurs niveaux dirigé par des réunions de leaders et une plateforme multilatérale représentant les intérêts des pays en voie de développement.

 

« La croissance des économies des BRICS dans son ensemble a ralenti mais les pays des BRICS, sur le long-terme et en ce qui concerne le développement, continuent d’être les centrales de la croissance économique mondiale », a souligné Wang Youming, chercheur spécialisé dans l’étude des pays en voie de développement à l’Institut chinois des Etudes internationales.

 

En tant que leaders de tous les pays en voie de développement, les cinq pays des BRICS doivent se soutenir, travailler ensemble et approfondir la coopération.

 

Dans le contexte de reprise lente de l’économie mondiale, tous les pays des BRICS devraient construire un partenariat plus étroit et poursuivre un développement et une prospérité commune. Le potentiel est grand pour la coopération économique dans le bloc des BRICS.

 

RATIFIER LE MODELE DE L’OCS (organisation de Coopération de ShangaÏ)

 

Au programme du sommet de l’OCS à Ufa, se trouve la ratification de la Stratégie de développement de l’OCS jusqu’à 2025, modèle complet couvrant une variété de sujets. Le modèle est très important pour approfondir la coopération de l’OCS dans les 10 prochaines années.

 

Les participants devraient également ratifier un nouveau guide de coopération pour combattre « les trois forces » que sont le séparatisme, le terrorisme et l’extrémisme et signer un accord sur la défense des frontières.

 

Par ailleurss, des progrès seront également réalisés lors du sommet de l’OCS sur la coopération pragmatique, tels que l’interconnectivité, le commerce, l’investissement, la capacité de production et la finance, l’expansion du bloc, etc.

 

La Chine va suggérer une série de propositions pour soutenir le développement des Etats-membres et appeler les Etats-membres de l’OCS à travailler ensemble pour construire la Ceinture économique de la Route de la Soie.

 

Dimitri Mezentsev, secrétaire-général de l’OCS, a déclaré plus tôt que la Chine a invité les membres de l’OCS à participer au projet, et que cela faisait sens pour ces pays de combiner leurs projets de développement économique avec l’initiative.

 

Les blocs des BRICS et de l’OCS sont le résultat de l’alliance et du renouveau des pays en voie de développement, qui répondent à leurs propres intérêts, et correspondent également au développement pacifique et à la reprise économique du monde.

 

Tout le monde sait que les économies des BRICS ont contribué à hauteur de 50 % à la croissance économique mondiale au cours des 10 dernières années, et que leur coopération boostera la reprise économique mondiale.

 

L’OCS jouera également un rôle. Sa coopération pratique donnera un nouvel élan au développement solide de l’économie mondiale

 
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Publié par le juillet 5, 2015 dans Asie, civilisation, Economie, Europe

 

Le Parti communiste chinois s’efforce d’atteindre les Occidentaux

un des aspects intéressants de notre débat à Aix a été l’honnêteté de certains des participants, l’un d’eux disant : certes le capitalisme est mauvais, les Etats-Unis nous imposent leur volonté mais cette Eurasie qu’ils souhaitent éviter est-elle un choix pour nous, la civilisation qui nous est promise nous convient-elle? Nos valeurs ne sont-elles pas plus proches de celles des Etats-Unis. Il semble que le parti communiste chinois soit conscient de ces réticences et ait décidé de se présenter aux occidentaux. (note de Danielle Bleitrach)

Afin d’aider le public occidental à comprendre pourquoi il reste le plus grand parti unique au pouvoir dans un pays de 1,3 milliard d’habitants, le Parti communiste chinois a publié une série de cinq livres sur lui dont les versions anglaises ont été lancées à la BookExpo America à New York, jeudi.2015-05-30 赵丽莎. Le Parti communiste chinois s’efforce d’atteindre les Occidentaux.  french.china.org.cn解读中国共产党英文书大热美国书展10022044929CHINE/enpproperty–>

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Afin d’aider le public occidental à comprendre pourquoi il reste le plus grand parti unique au pouvoir dans un pays de 1,3 milliard d’habitants, le Parti communiste chinois a publié une série de cinq livres sur lui dont les versions anglaises ont été lancées à la BookExpo America à New York, jeudi.

La série « China Today: Understanding the CPC » (Chine d’aujourd’hui : Comprendre le PCC), publiée par la Party Building Books Publishing House de Beijing, est censée représenter la première tentative du PCC, qui compte 86 millions de membres et dont l’histoire remonte à 94 ans, de diffuser une image «authentique et compréhensible » de lui pour le monde extérieur.

« Nous avons publié cette série de livres pour répondre aux besoins à la fois du Parti lui-même et à ceux du monde extérieur», a déclaré aux journalistes Zhao Fan, président de l’éditeur, lors du lancement.

Les livres offrent un rare aperçu du plus grand parti politique au pouvoir dans le monde, a-t-il affirmé.

Le premier livre de la série, «Exploring The Miracle» (Explorer le miracle), explique l’essentiel du « miracle chinois », ou l’étonnant essor économique du pays après 36 ans de réforme et d’ouverture.

Trois autres titres – «Serving The People » « Governing China» et « China and the CPC» (Servir le peuple, Gouverner la Chine et La Chine et le PCC) – mettent l’accent sur les objectifs fondamentaux du Parti et sur la façon dont il conçoit la structure de sa gouvernance, ses stratégies et ses systèmes.

Le dernier de la série «The Good Fight»( La bonne lutte) met l’accent sur la campagne anticorruption qui est en cours et qui est devenue l’une des grandes priorités de la direction actuelle du Parti.

On dit que ces livres évitent les slogans vides qui étaient courants autrefois dans les publications chinoises sur la politique.

Au contraire, ils sont remplis d’anecdotes historiques, de données importantes et d’histoires sur les membres du Parti réputés être des modèles ou sur ceux tournés en dérision parce qu’ils sont corrompus et ont abusé de leur pouvoir.

Robert Lawrence Kuhn, président de la Kuhn Foundation qui se consacre à la promotion des relations sino-américaines, a déclaré que la décision du Parti de s’ouvrir était une mesure importante pour la Chine et le monde.

« La Chine participe à toutes les questions d’importance internationale, mais elle est encore mal comprise à bien des égards», a déclaré M. Kuhn.

«Aujourd’hui, les gens sont plus informés sur la Chine, mais pas si bien informés que cela sur le Parti; voilà pourquoi il est essentiel pour le Parti lui-même de sensibiliser le monde d’une manière détaillée.»

La Chine désire coopérer avec le reste du monde à promouvoir la paix et la prospérité dans le monde, mais cela ne peut se produire que si le monde comprend la Chine et le PCC d’une manière appropriée, a-t-il ajouté.

Ryan Allen, doctorant à la Columbia University de New York, a déclaré que les livres offrent une occasion au public occidental de comprendre un parti politique qui a fait passer la Chine de la pauvreté à l’excellence économique et politique.

« C’est toujours une bonne chose d’offrir aux personnes de l’information à lire et à analyser. Cela montre que le Parti tente de laisser les gens comprendre, y compris ceux qui pourraient être hostiles ou qui ne sont pas prêts à recevoir cette information, a affirmé M. Allen. Maintenant, l’étape est déjà franchie, les Américains n’ont qu’à s’ouvrir et à prendre cette information.»

Il y a plusieurs décennies, lorsque le maccarthysme a prévalu aux États-Unis, au milieu d’une soi-disant peur du communisme, même la simple mention de communisme semblait tabou.

M. Zhao a indiqué que cette publication aurait été impossible sans le « vif soutien et l’aide pleine et entière» de divers départements du Parti, en particulier du département de l’organisation du Comité central du Parti.

M. Kuhn a ajouté : «Nous avons vu le Parti se développer et nous avons eu un Parti qui s’est construit de différentes manières qui sont très importantes. Maintenant, je crois donc que la confiance d’aller dans le monde est bien là. Comme ce processus se poursuit, et comme la Chine continue à se développer, j’espère que le Parti va devenir de plus en plus confiant et de plus en plus ouvert. »

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Source: french.china.org.cn
 
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Publié par le juillet 1, 2015 dans Asie

 

La sortie des USA du traité ABM est destinée à pousser la Russie vers une nouvelle course aux armements

Russian President Vladimir Putin speaks during a session of the St. Petersburg International Economic Forum 2015

Poutine : la sortie des USA du traité ABM est destinée à pousser la Russie vers une course aux armements

 
Les décisions globales, telles que la sortie US du traité ABM, sont faites pour pousser la Russie dans le nouveau cycle de course aux armements, a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors du Forum économique International de Saint-Pétersbourg, déclaré vendredi.

Moscou (Spoutnik en langue anglaise(1)) — Le traité ABM entre les Etats-Unis et la Russie visait à éviter un déséquilibre stratégique, cependant, Washington s’est retiré du traité sur les missiles antibalistiques (ABM), signé avec l’ex-Union soviétique en 1972 qui visait à limiter le nombre et les capacités des sites ABM des deux pays.

Après la fin de l’URSS, Washington a considérablement élargi la mise au point et le nombre de ses systèmes de défense antimissile en Europe centrale et orientale.

La Russie considère ces plans comme  une menace pour sa sécurité nationale, et met en garde sur le fait qu’ils présentent aussi des menaces pour la sécurité régionale.

« Les conflits militaires locaux ne conduisent pas à la guerre froide, mais font parties  de décisions globales, telles que la sortie unilatérale américaine du traité anti-Ballistic Missile [ABM]. C’est vraiment un pas qui nous pousse vers de nouveaux affrontements, car il modifie le système de sécurité mondial. »

Selon le vice-président du USJoint Chiefs of Staff amiral James Winnefeld, les États-Unis installera le système Aegis à terre Ballistic Missile Defense (BMD) en Roumanie, ce qui  complétera la Phase 2 de l’approche européenne adaptative progressive avant la fin de 2015.

Les systèmes BMD étaient jusque-là limités en vertu du traité de missiles antibalistiques (ABM).

En avril, au cours de la Conférence de sécurité internationale de Moscou, les hauts  responsables militaires et diplomates russes, y compris le ministre de la défense Sergei Shoigu et ministre des affaires étrangères Sergei Lavrov, ont déclaré que les systèmes américain et ceux de  l’OTAN ABM et l’activité de l’OTAN en Europe de l’est  a sapé la stabilité stratégique.

 
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Publié par le juin 20, 2015 dans Amérique, Asie, Europe, guerre et paix

 

Tout retracer : le chemin du Kirghizstan vers l’Union eurasiatique

 hier au forum de Saint Petersbourg, Tsipras a déclaré que l’Europe souffrait d’un certain nombrilisme alors que le monde était en train de déplacer son centre de gravité. C’est une idée que je défend depuis 2004 (voir le livre les Etats-Unis de mal empire), l’apparition de nouvelles relations sud sud en profitant du centre de gravité qu’est la Chine. La reconstitution de l’Union soviétique ne se fera pas à l’identique, elle passe par un processus beaucoup plus lent qui est celui de l’Eurasie et au-delà l’élargissement à d’autres continents comme l’Afrique et l’Amérique du sud. Pour comprendre la nature du processus, il faut se confronter à l’historique des adhésions et les resituer dans les contradictions géopolitiques, la tentative US pour conserver l’hégémonie, les interventions armées, les troubles provoquées qui paradoxalement sont le facteur de développement de l’unification..  (note de danielle Bleitrach)

http://www.novastan.org/articles/tout-retracer-le-chemin-du-kirghizstan-vers-lunion-eurasiatique

Suite à la promulgation de la loi de ratification du traité d’adhésion à l’Union économique eurasiatique (UEEA) par le président kirghiz Almazbek Atambaev, Vetcherniy Bichkek retrace les étapes qui ont mené le Kirghizstan à rejoindre cette organisation avec la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Arménie. Nous traduisons l’article avec l’aimable autorisation de la rédaction.  

Le 21 mai 2015, le président Almazbek Atambaev a approuvé le traité d’entrée de la République kirghize à l’Union économique eurasiatique (UEEA). La dernière étape d’adhésion au niveau national est ainsi close. Désormais, seule la ratification du traité par les autres Etats membres sépare le Kirghizstan d’une entrée effective dans l’Union.

« Je voudrais remercier notre parlement ainsi que le gouvernement pour leur travail colossal. J’ai vu comme notre personnel et nos spécialistes, qui reçoivent un salaire très bas, se sont battus pour chaque ligne des protocoles », s’est félicité le chef d’État du Kirghizistan.

Cette ratification est le résultat d’une longue histoire d’intégration eurasienne post-soviétique.

D’un pays uni  à un territoire douanier commun

L’idée d’une telle union dans l’espace post-soviétique a été exprimée pour la première fois trois ans après la chute de l’URSS. En 1994, Nursultan Nazarbaev, le président du Kazakhstan nouvellement indépendant l’évoquait au cours de sa première visite officielle en Russie.

C’est en 1995 que les présidents de la Biélorussie, du Kazakhstan et de la Russie ont signé le premier accord sur la création d’une Union douanière, transformée par la suite en Communauté économique eurasiatique (EurAsEC).

Kyrgyz Kazakh border

La frontière entre le Kirghizstan et le KazakhstanCrédit : Nadezhda Volkova

Mais le traité sur l’Union douanière en place aujourd’hui est bien plus récent. Une première déclaration d’intention sur la mise en place d’un espace douanier commun a été émise par ce même « trio » en 2007. Deux ans plus tard, environ 40 accords internationaux sont ratifiés sur la base de cette nouvelle alliance.

La nouvelle Union est inaugurée en 2010, alors qu’un tarif douanier commun entre en vigueur. L’année suivante, les contrôles douaniers sont repoussés au contour extérieur des frontières qui unissent la Biélorussie, le Kazakhstan et la Russie.

Accepter une invitation ne signifie pas participer à la fête

L’accession du Kirghizstan à ce processus d’intégration eurasiatique a traîné en longueur pendant des années. Peu après la signature de l’accord sur l’Union douanière par la Biélorussie, le Kazakhstan, et la Russie, à Minsk en novembre 2009, le président russe Dmitri Medvedev rencontre le président kirghiz Kourmanbek Bakiev. C’est la première fois que le Kirghizstan est invité à rejoindre l’Union.

« Aujourd’hui, trois gouvernements ont signé un document important et j’espère que nos autres partenaires, entre autres le Kirghizistan, sont sur le chemin d’une adhésion à l’Union douanière », avait fait explicitement allusion Medvedev.

Pourtant, la réponse de Bakiev s’était avérée contraire aux attentes du président russe : le président kirghiz prônait une intégration encore plus large. « Si d’autres Etats-membres de l’EurAsEC rejoignent l’Union douanière conclue aujourd’hui, cela nous ouvrira un énorme marché, un immense territoire. Dans les conditions de crise actuelles, un tel espace serait économiquement stable et permettrait le développement des économies de tous les Etats qui en font partie », avait déclaré le chef d’État du Kirghizistan de manière rhétorique.

Trucks at the Kyrgyz Chinese Boarder

A cause de son commerce avec la Chine, le Kirghizstan a demandé des conditions d’entrée aménagées à l’UEEACrédit : The Great Excursion

Lors de sa rencontre avec son homologue biélorusse Aleksandr Lukashenko, Bakiev avait tout de même apporté un détail : « Nous sommes prêts à adhérer à l’Union douanière mais étant membres de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), nous nous devons de prendre en compte certaines conditions sur lesquelles travaillent actuellement nos experts », a-t-il communiqué.

En 1998 le Kirghizstan était le premier Etat centre-asiatique à devenir membre de l’OMC, et par là même un marché-clef pour l’exportation de produits chinois vers l’ancienne Union soviétique grâce à des frais douaniers réduits. La Russie et le Tadjikistan ont rejoint l’OMC en 2012, et le Kazakhstan s’apprête à intégrer l’organisation cette année.

À l’été 2010, le Kirghizistan a derrière lui une seconde révolution, la fuite des Bakiev et le remplacement total de l’élite au pouvoir. Mais sa position quant à l’Union douanière reste inchangée : « Nous sommes résolus à nous associer au territoire douanier commun », déclarait la présidente par intérim Roza Otounbaeva, en ajoutant que la République étudiait encore les conditions de son accession.

Une certaine clarté n’est apparue qu’avec l’enclenchement de la procédure d’adhésion au printemps 2011. En octobre de cette année, l’EurAsEC a formé un groupe de travail afin d’étudier la question de la participation du Kirghizistan à l’Union douanière. Mais la candidature officielle ne date que de mai 2013.

Travaux préparatifs

La préparation de l’adhésion était marquée par le travail titanesque des analystes : quels sont les avantages et les inconvénients, quels sont les risques d’une accession? La préparation d’une « carte routière », le plan d’accession étape par étape, a pris des mois. En parallèle, le Kirghizstan menait des négociations sur les préférences douanières qui lui seraient accordées. Pour l’économie la plus faible de la future Union, il s’agit d’éviter la domination des autres Etats membres.

Début 2010, la Russie se refusait encore d’entendre parler de telles mesures dérogatoires. « Ce sont nos partenaires, mais ça ne signifie pas que nous devons leur accorder un traitement de faveur. Oui, l’Espace économique commun (EEC) c’est la Biélorussie et le Kazakhstan. En ce qui concerne les autres pays, je vais décider en fonction du comportement de leurs dirigeants », revendiquait alors Dmitri Medvedev.

La révolution de 2010 et le changement de régime a adouci la position de la Russie. Le Kirghizstan a obtenu le droit d’importer certaines marchandises de pays non-membres de l’Union douanière, en premier lieu de la Chine, à des tarifs préférentiels. Etant donné que l’adhésion à l’Union douanière signifie une hausse des tarifs d’importation, le Kirghizstan veut éviter par de telles exemptions que son commerce à l’extérieur de l’UEEA ne souffre trop de son accession.

Atambayev President of Kyrgyzstan

Le président Atambaiev a repris les négociations à la suite de la révolution d’avril 2010Crédit : Martin Schulz

Initialement, la République avait l’intention d’obtenir des préférences tarifaires sur une liste de plus de 2 500 titres. Suite à des discussions, y compris avec les entrepreneurs kirghiz, cette liste a été réduite à 300 points. Finalement, le Kirghizstan a obtenu le droit d’importer 166 types de produits à tarifs réduits (tarifs nuls pour la plupart) pour les cinq années à venir.

Au-delà de ces dérogations, les partenaires du Kirghizstan lui ont accordé des financements pour faciliter son intégration à l’Union douanière, puis à l’UEEA. La Russie a accordé 500 millions USD pour la création d’un fonds russo-kirghiz, dont la tâche sera le financement de projets dans les secteurs prioritaires pour l’économie du pays. Elle a également soutenu la mise en œuvre de la « carte routière » kirghize à hauteur de 200 millions USD. 100 millions USD pour ces mêmes objectifs ont été libérés par le Kazakhstan.

Ces deux dernières se présentent en partie sous la forme d’équipement et de spécialistes pour entraîner les fonctionnaires kirghiz à vérifier que les marchandises produites au Kirghizstan correspondent aux normes de l’Union.

On vous attend !

Le traité d’adhésion du Kirghizstan à l’UEEA a été signe le 23 décembre 2014, à l’occasion de la participation du Président Atambaev à la réunion du Haut conseil économique eurasiatique à Moscou. « Nos amis kirghiz, les gouvernements du « trio » et la Commission eurasiatique entreprennent de sérieux efforts pour adapter la législation nationale aux exigences de l’Union douanière et de l’Espace économique commun (EEC). Une grande partie des « cartes routières » a été conformément mise en œuvre. Il est primordial de ne pas ralentir le tempo et d’accomplir ce travail ensemble », a commenté le président russe Vladimir Poutine à cette occasion.

Le même jour, la date de l’entrée définitive du Kirghizstan a été fixée : le 8 mai 2015. Le 24 avril, la démission du premier ministre et le changement de gouvernement laissait craindre qu’il faille encore repousser l’échéance.

Le soir même, le Ministère de l’économie communique qu’en raison de nouveaux désaccords sur les exemptions du Kirghizstan, les délais de l’ouverture de la frontière avec le Kazakhstan pourrait être repoussés.

 

Il n’en était rien. Le 8 mai, le  Haut conseil économique eurasiatique, réuni à Moscou, a formellement approuvé la candidature du nouveau membre. Mais même après la ratification du traité par le Président, il doit encore être ratifié par tous les autres Etats membres pour que le Kirghizstan devienne membre de plein droit.

Le Ministre de l’économie Oleg Pankratov a expliqué ces délais devant le parlement : « Le contrôle douanier sera supprimé dès que le document sera ratifié par les parlements de tous les pays membres de l’UEEA. Il est difficile de dire quand ce processus s’achèvera mais il est probable que les frontières douanières avec le Kazakhstan ne s’ouvrent pas avant l’automne. Certains médias ont mal interprété nos prédictions et affirment que les frontières ne s’ouvriront qu’en automne. Actuellement, le gouvernement fait tout son possible pour accélérer la ratification de l’ensemble des accords. »

Andrey Krutko, le Consul russe au Kirghizistan a déclaré le 21 mai qu’il n’y aurait pas besoin d’attendre jusqu’à l’automne. « La Douma de la Fédération de Russie a l’intention de ratifier le traité d’adhésion du Kirghizistan à l’UEEA avant les vacances de juillet. D’après mes informations, il en est de même pour les autres Etats membres, » rassure-t-il.

Et après ? 

Depuis que le Kirghizistan a d’abord exprimé sa ferme volonté de s’unir au projet économico commercial de ses « anciens camarades », il y a quelques années, le pays mène une campagne de sensibilisation. Le gouvernement réitère à chaque fois sa réponse à la question « Quels sont les bénéfices d’une adhésion à l’Union douanière et l’UEEA ? ».

 

Le gouvernement a même mis en place une FAQ afin de mettre en avant les avantages, et d’écarter les inquiétudes liées à l’Union eurasiatique.

Comme le souligne le Cabinet des Ministres, le but fondamental d’une intégration économique se résume en quelques mots : le mieux-être économique du Kirghizistan. L’eurasisme élargit les débouchés, améliore l’attractivité du pays pour les investisseurs, le chiffre d’affaire ainsi que le marché de l’emploi. Mais cela fait de nombreuses années que la même formulation est appliquée à  tous les projets économiques du gouvernement.

Marina Skolycheva
Vetcherniy Bichkek

Traduit du russe par Alexia Bosko

 
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Publié par le juin 20, 2015 dans Asie

 

La Chine condamne les dirigeants « Irresponsables » du G7

Une situation qu’en France nous connaissons mal, mais qui est tout aussi périlleuse que celle du Moyen Orient et de l’Ukraine, sur laquelle le gouvernement français est allé au G7 appuyer les irresponsables et criminels Etats-Unis. Là-bas plus que partout ailleurs il s’agit pour les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux de lutter contre la perte d’hégémonie en provoquant les guerres. Le prétexte est cette fois la construction par la Chine d’îles (des polders)… il y a aussi le prétexte coréen et les nouvelles stupides que les internautes débiles diffusent sur ce pays et qui s’avèrent les une après les autres de grossiers faux qui ne sont que prétexte à légitimer toutes les tensions et à nous préparer à une guerre mondiale dont l’humanité ne ressortira pas et aujourd’hui accumuler un arsenal dément. (note de Danielle Bleitrach)
 

Le Ministère des affaires étrangères de la Chine a appelé les pays du G7 à « cesser de faire des remarques irresponsables » dans un commentaire sur la déclaration des dirigeants du G7 de lundi.

Le Ministère des affaires étrangères de la Chine a condamné la déclaration des leaders du G7, dont le groupe a multiplié lundi, ce qu’il appelle des préjugés et des remarques irresponsables au sujet de la situation dans la mer de Chine de l’Est et du Sud.

Les déclarations des dirigeants du G7 marquent une «  préoccupation » devant la situation en mer de Chine méridionale et ce qu’il a appelé la « bonification des terres à grande échelle » dans les zones contestées. Contrairement aux précédentes déclarations faites  par les États-Unis qui portaient généralement sur la mer de Chine méridionale, la déclaration mentionne également la mer de Chine orientale, où la Chine a un différend territorial avec le Japon.

« Ce que le G7 a dit témoigne de manière déphasée par rapport à des faits et des principes internationalement reconnus, » a déclaré Hong Lei, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères mardi.

US President Barack Obama, center right, and German Chancellor Angela Merkel, center left, walk to a group photo of G-7 leaders.

Le Porte-parole du ministère des affaires étrangères de la Chine a réagi en disant que la Chine ne reconnaît pas le « statu quo » actuel, mais qu’elle a exercé la plus grande retenue dans la région. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères a ajouté que la construction de la Chine sur ses îles s’inscrit dans sa souveraineté, et qu’elle respecte la liberté de navigation dans les eaux contestées.

« La Chine engage vivement les pays du G7 à respecter les faits, à arrêter d’afficher des préjugés, de cesser de faire des remarques irresponsables et redoubler d’efforts pour aider à bien gérer et régler les différends et promouvoir la stabilité et la paix dans la région, » a-t-il ajouté.

 
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Publié par le juin 10, 2015 dans Asie, guerre et paix

 

Hillary Clinton a amassé une fortune dans la vente d’armes toxicologiques

Lundi 8 juin 2015, 0 : 00

L’ex-secretaire d’état des États-Unis, Hillary Clinton, a gagné des millions de dollars en vendant des agents toxicologiques pour certains pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

Selon les informations recueillies la semaine dernière par les médias, l’ex-Secrétaire d’état des États-Unis a donné le feu vert à l’augmentation de la vente de ces armes de destruction massive, dont le gain était directement accumulé dans les comptes de la Fondation de la famille Clinton sous forme de dons.

Depuis 2011, Clinton a joué un rôle crucial dans la vente d’agents toxicologiques, y compris les armes chimiques et biologiques à neuf pays du Moyen-Orient, dont le gouvernement a versé un don à la Fondation.

Les médias ont ajouté que, lors des manifestations contre l’ancien dictateur égyptien Hosni Moubarak, Clinton s’est montrée en public, « profondément préoccupée » par la question des droits de l’homme, mais dans le  même temps a essayé de convaincre la Maison blanche de l’importance de la vente de ces armes au Caire.

Après avoir convaincu les autorités de ce pays d’Afrique du Nord puisse acheter des armes à Washington, classés comme agents toxicologiques, qui ont ensuite été utilisés par les forces de Moubarak contre les manifestants anti-gouvernementaux.

Ainsi en 2010, le régime de Moubarak a payé à l’ancien président Bill Clinton (mari de Hillary), 250 000 dollars pour acquérir ces armes afin de les utiliser contre leur propre peuple, suivant ces sources. Et en 2012, l’Égypte a payé entre 100 000 et 250 000 dollars à Bill Clinton.

Dans une autre affaire semblable, l’Arabie saoudite a reçu ce type d’armes pour une somme équivalant à quelque 5 millions entre 2008 et 2010.

Al-Saoud est l’un des principaux donateurs de cette société, qui a payé au moins 10 millions de dollars des années avant que l’actuel candidat à la présidence des États-Unis assume le poste de Secrétaire d’État.

Le Don de millionnaire a également convaincu Hillary Clinton de soutenir le commerce nucléaire de l’Inde.

Le 28 avril, le journal britannique ABC a indiqué que la Fondation de la famille Clinton a reçu, en 2008, une somme avec un total de sept chiffres, juste avant le vote de Hillary au Sénat en faveur de la levée de l’embargo des États-Unis sur le commerce de la technologie nucléaire avec l’Inde .

Dans le même contexte, Kathleen Clark, professeur de droit à l’Université de Washington à St. Louis, Missouri State, dit International Business Times de l’existence d’une relation claire entre les décisions stratégiques qui ont eu à la maison blanche et les dons reçus de cette société.

Ce n’est pas le premier rapport sur l’implication des États-Unis dans l’aggravation des conflits dans différentes parties du monde, en particulier au Moyen-Orient.

Le département américain de la défense (Pentagone) a annoncé le 7 mai dernier, le début  de la formation militaire de l’organisation terroriste soi-disant « modérés » syriens en Jordanie, en Turquie et dans  l’Arabie saoudite, pays qui forment un triangle de sponsors régionaux du terrorisme.

HispanTV

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Publié par le juin 9, 2015 dans Afrique, Amérique, Asie, guerre et paix

 

The Guardian : La Chine de Xi Jinping est la plus grande expérience politique sur terre, par Timothy Garton Ash

Workers repaint the Chinese Communist party flag in Jiaxing
Workers repaint the Chinese Communist party flag in Jiaxing Photo : Chance Chan/Reuters

http://www.theguardian.com/commentisfree/2015/jun/01/war-peace-depend-china-domestic-success?CMP=share_btn_fb

traduction Cathy Winch
Le succès ou l’échec du programme intérieur du Président permettra de déterminer s’il y aura la paix ou la guerre en Asie du sud-est

« Si tout cela devait réussir, le capitalisme démocratique libéral occidental aurait un formidable concurrent idéologique avec un attrait planétaire  »

Xi peut-il le faire? Ceci est la plus grande question politique dans le monde d’aujourd’hui. « Oui, Xi le peut», certains me disent à Beijing. « Non, il ne peut pas», disent les autres. Les sages savent que personne ne sait.

Il y a un grand débat en cours à Washington pour savoir si les Etats-Unis devraient changer leur politique chinoise en réponse à la position plus affirmée de Pékin sous le président Xi Jinping. Cela inclut le stationnement supposé de l’artillerie sur les îles artificielles extraordinaires qu’il est en train de construire sur les récifs sous-marins dans la mer de Chine du Sud. Il importe également à tout le monde partout de savoir si la Chine peut soutenir sa croissance économique, car elle épuise son approvisionnement en main-d’œuvre bon marché, en évitant les pièges dans lesquels certains pays à revenu intermédiaire ont trébuché. Pourtant, plus encore que dans d’autres pays, l’avenir de la politique étrangère de la Chine et de son économie dépendent de la qualité des décisions prises par le système politique. C’est de politique qu’il s’agit avant tout.

A présent, on voit assez clairement ce que Xi vise à faire. Il essaie de diriger une économie et une société complexes dans les moments difficiles par des changements de haut en bas, dirigés et contrôlés par un parti léniniste purgé, discipliné et revigoré. Il fait cela dans des conditions sans précédent pour un tel parti, essayant consciemment de combiner la «main invisible» du marché avec la «main visible» de l’Etat-parti. Le «grand timonier» Mao Zedong est clairement une inspiration, mais le réformateur pragmatique Deng Xiaoping en est une autre. « Pour relancer une nation, Xi porte le flambeau de Deng», a déclaré un commentaire de l’agence officielle de nouvelles Xinhua.

Une grande partie du rallumage a porté jusqu’à présent sur l’établissement d’un contrôle sur le parti, sur l’État, sur les militaires et sur ce qu’il existe en tant que société civile, après que l’affaire Bo Xilai a rendu apparente la crise interne du régime de parti unique. Pourtant, en tant que communiste héréditaire, le président peut véritablement croire que des dirigeants autoritaires habiles et éclairés peuvent le mieux gérer les choses : c’est le pari de Lénine, mais aussi, dans différentes variations, celui de Platon et de Confucius. Le sinologue Ryan Mitchell note que dans un article de 1948, un communiste chinois vétéran appelé Xi Zhongxun a été cité comme disant « les qualités les plus aimables de nous les gens du parti communiste sont le dévouement et la sincérité ». Parlant aux membres du parti en 2013, son fils, Xi Jinping, a déclaré que « les cadres dirigeants doivent traiter les masses avec dévouement et sincérité».

Cette expérience change la vie pour les milliers de fonctionnaires purgés, qui ont disparu dans la tendre étreinte des organes compétents du Parti et de l’Etat. (Être un haut fonctionnaire de la FIFA est un divertissement léger par comparaison, même si certains peuvent regretter leurs petits déjeuners cinq étoiles suisses.)

Elle est également extrêmement inconfortable pour les Chinois qui croient dans le débat libre et critique, les initiatives civiques indépendantes et des organisations non-gouvernementales. Ici, j’ai trouvé un contraste frappant avec des visites antérieures à Pékin. Il y a non seulement l’inconvénient de trouver qu’il est difficile d’accéder à Gmail, Google docs et tant d’autres sur Internet. Plus sérieusement, je remarquai une réelle nervosité parmi les intellectuels qui, il y a quelques années, étaient si ouverts; un sentiment que les limites de ce qui peut être dit publiquement se réduisent tout le temps.

Les principaux avocats de droits civiques, des militants et des blogueurs ont été arrêtés, inculpés et emprisonnés. Un nouveau projet de loi propose des restrictions quasi Poutinesques sur les organisations non-gouvernementales. Un autre étend la définition de la sécurité nationale pour y inclure l’idéologie et la culture, avec des formulations telles que « faire avancer la culture exceptionnelle de la nation chinoise et se défendre contre et résister à l’infiltration de la culture nuisible ».

Oui, tout ceci est vrai, disent les analystes du « oui, Xi peut » – et, si ces analystes sont en dehors du système, ils ajoutent généralement que c’est très regrettable. Mais, disent-ils, regardez le programme de réformes qui est mené en même temps avec la même détermination. Ses caractéristiques principales ne sont pas faciles à résumer en termes politiques et économiques familiers, parce que le mélange chinois est unique. Par exemple, des mesures complexes pour traiter un surplomb dangereux de la dette publique locale, l’introduction de droits de propriété pour les terres agricoles et les modifications apportées au système d’enregistrement des ménages (hukou) peut être aussi conséquente que tout ce qui peut être capturé dans un titre de journal occidental.

Il est probable que le style de Xi, un autoritarisme intelligent, permettra de garder non seulement son parti au pouvoir, mais en général la stabilité dans la région.

Si tout cela devait réussir comme prévu, le capitalisme libéral démocratique occidental aurait un concurrent idéologique formidable avec une influence dans le monde entier, en particulier dans le monde en développement. Pour l’ouest, il y aurait une lueur d’espoir : la concurrence vous permet de rester alertes. Je soupçonne que la folie des grandeurs du début des années 2000 – à la fois à l’étranger, forçant un changement de régime en Irak, et à l’ouest en général, dans les excès de turbo du capitalisme financier – avait quelque chose à voir avec le manque de compétition idéologique sérieuse.

Ce résultat n’est évidemment pas ce que moi, en tant que libéral et démocrate, je voudrais pour mes amis chinois. Mais je veux très certainement pour eux, et pour nous-mêmes, une Chine qui connaît un changement évolutionnaire et non révolutionnaire. Il y a plusieurs raisons pour ce point de vue, non la moindre étant que la plupart des Chinois eux-mêmes le partagent. Mais le plus important concerne rien moins que la guerre et la paix.

Un régime communiste en crise aurait probablement trouvé qu’il est impossible de résister à la tentation de jouer la carte nationaliste plus agressive, quelque part dans sa région, carte construite sur des décennies d’endoctrinement, une interprétation sélective du passé récent et un récit de 150 années d’humiliation nationale. Si la Chine met déjà en garde les avions de surveillance américains de survoler ses îles artificielles, imaginez ce qu’il pourrait faire si elle faisait face à une crise systémique. Un conflit armé n’aurait pas besoin d’être directement entre la Chine et les Etats-Unis pour d’être dangereux. Cependant effacer les «lignes rouges» tracées par les Etats-Unis – et les lignes devraient certainement être plus claires que celles de Barack Obama, dans l’intérêt de la Chine ainsi que du nôtre – le risque d’une erreur de calcul serait élevé.

Par conséquent, bien que ce ne soit pas le chemin de l’évolution que je discernais avec plaisir comme beaucoup d’autres en Chine autour de la période des Jeux Olympiques de Pékin, nous devons encore espérer que le leadership de Xi parviendra à «traverser la rivière en tâtant les pierres».

Ma plus grande préoccupation ne découle pas des directives morales de la démocratie libérale comme préférence personnelle, même s’il serait malhonnête de prétendre que celles-ci ne comptent pas, mais découle des idées de l’analyse politique qui nous conduisent à la démocratie libérale. Des idées comme : «Si les hommes étaient des anges, aucun gouvernement ne serait nécessaire. Si les anges devaient gouverner les hommes, ni les contrôles externes ni internes sur le gouvernement ne seraient nécessaires, « (James Madison, papier fédéraliste n ° 51). Oui, chers camarades, ceci pourrait être vrai, même si c’est un Américain qui l’a dit.

À court et à moyen terme, il est probable que le style de Xi, un autoritarisme intelligent, permet de garder non seulement son parti au pouvoir, mais protègera la stabilité du pays. Ce moyen terme pourrait certainement couvrir les deux périodes de cinq ans qui sont tout ce qui est autorisé pour mandat formel du président Xi du pouvoir – le parti communiste chinois ayant tiré une leçon de l’ère soviétique de Leonid Brejnev d’une manière que la FIFA n’a manifestement pas fait.

Xi a tellement de ressources importantes encore à sa disposition, y compris une véritable popularité personnelle et la fierté nationale généralisée. Je voudrais donc faire un (petit) pari que, dans ce sens étroit, les « oui, Xi peut » auront raison. Mais dans un sens plus large et à plus long terme? Les années 2020 seront houleuses.


 
 
 
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