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Les États-Unis accélèrent leur encerclement militaire de la Chine

Tension en mer de Chine. Les Spratley, un archipel de plus de 100 îles, récifs et atolls à mi-chemin entre le Vietnam et les Philippines, est l'une des zones les plus disputées à cause de son importance militaire stratégique. ©AFP
Tension en mer de Chine. Les Spratley, un archipel de plus de 100 îles, récifs et atolls à mi-chemin entre le Vietnam et les Philippines, est l’une des zones les plus disputées à cause de son importance militaire stratégique. ©AFP

Les États-Unis et les Philippines ont annoncé vendredi dernier que cinq des bases militaires du pays seraient ouvertes aux forces américaines en vertu de l’Accord de la coopération renforcée de défense (EDCA).

La mise en œuvre de l’accord sur les bases militaires aux Philippines n’est qu’un des composants de l’accélération du renforcement militaire des États-Unis dans la région Indo-Pacifique dans le cadre de l’encerclement et des préparatifs de guerre contre la Chine.

Les deux pays ont signé l’accord EDCA en 2014, mais la Cour suprême des Philippines vient seulement de rejeter les contestations judiciaires à l’accord en janvier. L’annonce de la semaine dernière faisait suite à deux jours de discussions de haut niveau à Washington autour d’une offre par l’administration philippine faite en février pour rendre huit bases militaires disponibles aux militaires américaines.


L’armée chinoise.(Photo d’archives)

Les cinq « lieux convenus » comprennent la base militaire aérienne Antonio Bautista, sur l’île de Palawan, directement adjacente aux îles contestées de Spratley dans la mer de Chine méridionale. Au cours de la dernière année, Washington a considérablement accru les tensions avec Pékin, en dénonçant ses activités de remblaiement dans les îles et la « militarisation » de la mer de Chine méridionale. En octobre dernier et à nouveau en janvier, les destroyers de la marine des États-Unis ont directement contesté les revendications maritimes chinoises par intrusion dans la limite territoriale de 12 milles marins autour des îlots administrés par la Chine.

L’armée américaine aura également accès à la base aérienne de Basa au nord de Manille, le Fort Magsaysay (une base militaire énorme), la base aérienne de Lumbia au Cebu et la base aérienne de Mactan-Benito Ebuen à Mindanao. Le Secrétaire à la Défense américain, Ashton Carter, doit se rendre à Manille le mois prochain pour finaliser les arrangements. Cependant, l’ambassadeur américain aux Philippines, Philip Goldberg, a déclaré aux médias qu’il s’attendait à ce que le mouvement initial des fournitures et du personnel commence « très bientôt. » Le Congrès américain a mis de côté 66 millions de dollars pour la construction d’installations militaires aux Philippines.

Pékin a condamné la nouvelle entente sur les bases militaires et a mis en garde contre le risque de conflit. Un commentaire publié samedi par l’agence de presse Xinhua appartenant à l’État a accusé Washington de « troubler les eaux de la mer de Chine méridionale et de faire de l’Asie-Pacifique un second Moyen-Orient. » Le lundi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hua Chunying a souligné l’hypocrisie des États-Unis, accusant la Chine de « militariser » la mer de Chine méridionale, en criant : « n’est-ce pas ce genre de renforcement continu des déploiements militaires en mer de Chine méridionale et dans les régions avoisinantes qu’ils considéraient comme de la militarisation ? »

Au moment où les États-Unis se préparaient à redéployer les forces militaires dans leur ancienne colonie, le général Dennis Via, chef du Materiel Command de l’armée américaine, a révélé aux médias la semaine dernière que Washington avait obtenu d’autres accords sur des bases militaires en Asie, dont le Vietnam, le Cambodge et d’autres pays qui n’ont pas été nommés. En vertu de ces accords, l’armée américaine sera en mesure de stocker des équipements pour permettre à ses troupes d’être déployées plus rapidement dans la région.

Via a souligné que les « ensembles d’activités » seraient axés sur les opérations de faible intensité telles que les exercices multinationaux de formation et les opérations de secours. « Nous regardons, par exemple, vers le Cambodge pour le placement d’un hôpital de soutien au combat », a-t-il dit.

Les assurances qu’une présence militaire américaine sera bénigne sont sans valeur. Comme aux Philippines, le Pentagone avance avec précaution afin de ne pas enflammer immédiatement une opposition à une présence militaire étrangère. Dans le cas du Cambodge et du Vietnam, la mort et la destruction causées dans les deux pays par la guerre néocoloniale de Washington dans les années 1960 et 1970 sont profondément gravées dans la conscience populaire.

Washington a déjà noué des relations plus étroites diplomatiques, économiques et militaires avec le régime vietnamien, y compris le soutien de sa position plus agressive dans ses différends avec la Chine en mer de Chine méridionale. Les États-Unis ont levé l’embargo sur la vente d’armes au Vietnam, ont mené des exercices militaires conjoints et cherchent un meilleur accès aux installations portuaires. Toutefois, le placement des fournitures de l’armée américaine à l’intérieur du Vietnam pour la première fois depuis que les troupes américaines ont été contraintes de se retirer en 1975 marque un tournant dans la collaboration du régime avec l’impérialisme américain.

Beijing sera encore plus préoccupé par la décision du Cambodge d’accueillir des équipements militaires américains. Le régime cambodgien a des liens étroits avec la Chine et a tenté de bloquer les efforts américains visant à faire pression sur l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) pour qu’elle prenne une position plus conflictuelle contre la Chine sur la mer de Chine méridionale. Néanmoins, les États-Unis ont développé des liens de défense avec le Cambodge depuis 2006. Ceux-ci comprennent un peu d’entraînement, des droits de faire escale, et des exercices conjoints. Washington a également exploité l’Initiative du sud du Mékong (LMI) afin d’enfoncer un coin entre d’une part le Cambodge, le Vietnam, le Laos et la Thaïlande, et de l’autre, la Chine qui construit des barrages sur le cours supérieur du fleuve Mékong.

Les accords de bases militaires les plus récents avec les Philippines, le Vietnam et le Cambodge viennent conforter le stationnement des navires de combat côtier de la marine des États-Unis à Singapour et la collaboration militaire plus étroite avec l’Indonésie et la Malaisie. L’expansion rapide de la présence militaire américaine en Asie du Sud-Est va de pair avec la restructuration des bases militaires américaines permanentes en Corée du Sud, au Japon et à Guam, la mise à niveau du partenariat stratégique des États-Unis avec l’Inde, et les préparatifs du stationnement de bombardiers stratégiques de longue portée dans le nord de l’Australie.

Ce renforcement militaire de la part des États-Unis fait partie du « pivot vers l’Asie » que l’Administration Obama avait annoncé officiellement en 2011, une stratégie globale diplomatique, économique et militaire visant à subordonner la Chine aux intérêts de Washington. Le « pivot » a considérablement enflammé les poudrières potentielles de la guerre dans toute la région, et en particulier à travers ses activités provocatrices dans la mer de Chine méridionale.

À Canberra la semaine dernière, l’amiral Scott Swift, commandant de la Flotte du Pacifique des États-Unis, a lancé une autre bordée contre la Chine, déclarant que « la liberté des mers » était « de plus en plus vulnérable à une résurgence menée par un état du principe que la force fait le droit. » Il a déclaré qu’il était troublé par « les signes indéniables de militarisation dans certaines parties de la région, sans précédent par leur étendue et leur échelle. »

Le cynisme de ces déclarations ne connaît aucune limite. La marine américaine a non seulement réalisé deux opérations de « liberté de navigation » dans les eaux territoriales revendiquées par la Chine, mais aussi, plus tôt ce mois-ci, elle a envoyé le porte-avions nucléaire, le USS John C Stennis, avec son groupe d’attaque associé, en mer de Chine méridionale pendant quatre jours d’exercices et de patrouilles. Au cours du dernier quart de siècle, les États-Unis sont passés outre et ont foulé aux pieds le droit international sur la base de « la force fait le droit » en se livrant à une succession continue de guerres, interventions militaires et provocations.

Maintenant, Washington se prépare à la guerre à une échelle encore plus terrible avec la Chine en mettant les pays de la région sous pression afin de les faire rentrer dans les rangs. La visite de Swift à Canberra coïncide avec une campagne concertée pour faire pression sur le gouvernement australien pour monter sa propre opération « liberté de navigation » dans la mer de Chine méridionale – un exercice militaire téméraire qui implique toujours le risque d’une erreur de calcul ou une erreur déclenchant un conflit plus large.

Peter Symonds

source: http://www.mondialisation.ca/les-etats-unis-accelerent-leur-encerclement-militaire-de-la-chine/5516090

 
 

La Chine peut agir comme médiateur dans la crise syrienne

 

Par Zhao dieudonne Source : Global Times publiés : 2015-12-27 23:38:11

Illustration : Liu Rui/GT

Depuis que les pourparlers nucléaires avec  l’Iran ont été scellées par un accord définitif, la Syrie est devenu le point focal des conflits au Moyen-Orient. Des Mesures immédiates sont nécessaires pour atténuer les tensions qui couvent..

Bachar al-Assad, hanté par le terrorisme, a inspiré  de la part de certains pays. un sentiment de malin plaisir 

Cependant, comment faire face à ces terroristes menant la  guerre devrait être une des plus grandes préoccupations de la communauté internationale. Les attentats à Paris en novembre sont probablement seulement un démarrage. Le terrorisme doit être traité pour en finir avec le  désordre en Syrie.

La guerre civile en Syrie a débordé vers les pays voisins et pose un défi majeur à travers le flot de réfugiés et les infiltrations de l’État islamique (IS). Le danger  continue à augmenter même de pays lointains comme les États-Unis.

La guerre civile en Syrie n’est plus seulement une guerre par procuration entre l’Iran et les pays du Golfe, mais implique plusieurs acteurs majeurs, y compris la Russie, les Etats-Unis, la Turquie et le reste des pays de l’OTAN. Étant donné que la Russie est intervenue dans la crise de la Syrie en lançant des raids aériens contre les ennemis d’Assad,  les relations de Moscou avec Ankara se sont aggravées en raison de la porosité des frontières.

Dans une réaction en chaîne, plus de problèmes  émergent, telles que la lutte d’Israël contre le Hezbollah, ainsi que des incursions de la Turquie en Irak. Beaucoup plus de pays, dans et hors du Moyen-Orient, sont embourbés dans le tourbillon de la guerre civile en Syrie.

Les Tensions en plein bouillonnement  et les complications n’aident pas la Syrie. L’intervention des multiples acteurs ne semble ne pas apporter une paix véritable en Syrie. Au contraire, ils cherchent leurs propres intérêts et s’attaquent  les uns aux autres. Bien qu’IS soit le plus attaqué, il n’y a aucun effort commun qui puisse fondamentalement enrayer sa propagation.

Par conséquent, il est nécessaire que la Chine et autres pays épris de paix s’entendent pour refroidir les ardeurs  dans la région et s’assurer que la Russie et l’OTAN n’auront pas à s’engager dans une épreuve de force au-dessus de la Syrie.

Les Syriens, souffrent de la guerre incessante, la pauvreté et le terrorisme, ils ont besoin d’aide pour se sortir de l’abîme de souffrance.

Dans ce contexte, la Chine a fait une proposition qui appelle à la retenue et a envoyé des invitations au gouvernement syrien et à l’opposition pour des pourparlers de paix.

La Chine peut jouer un rôle constructif dans la médiation.

La Chine ne poursuit pas d’intérêts stratégiques en Syrie, ni ne se place aux côtés des différents  joueurs. Alors que  la crise syrienne devient plus polarisée, la Chine n’a pas essayé de renverser le régime d’Assad, comme les Etats-Unis, ni pour affaiblir l’Iran, ni n’a prévu de garder une base militaire en Syrie comme la Russie. Une attitude neutre donne de la crédibilité à la Chine pour être un médiateur digne de confiance, et aucune partie ne devrait s’inquiéter du fait que la Chine risque de faire preuve de favoritisme.

Son Impartialité donne également à la Chine une occasion de promouvoir la réconciliation entre la Russie et la Turquie. Ils ont besoin d’un médiateur en capacité  d’intervenir pour que le face à face entre Moscou et Ankara,  soutenu par l’OTAN et en particulier aux États-Unis, ne puisse pas donner lieu à une escalade.

Lors des négociations multilatérales, la Chine a été invitée plusieurs fois à participer à la Conférence II de Genève sur la Syrie, appelant toutes les parties prenantes à la crise syrienne à mettre de côté certains de leurs intérêts et lutter pour une paix durable. Maintenant, la Chine joue un rôle important dans le groupe de soutien syrien.

La Chine a fait beaucoup d’efforts pour obtenir des cessez-le-feu en Syrie. Depuis que la guerre civile a éclaté, la Chine a  exhorté les gouvernements et les rebelles à reprendre les pourparlers de paix et elle a été un pont entre les personnalités des deux parties en  visite en Chine. La Chine espère que le gouvernement syrien pourra être plus  représentatif par le biais de négociations.

Compte tenu de la situation compliquée, la Chine ne jouera pas un rôle de premier plan dans la crise mais celui de coordinateur. La Coordination entre les grandes puissances continuera à être la voie majeure, mais sur la table des négociations, il y aura toujours un jeu d’intelligence et de courage.

L’auteur est professeur associé de l’Institut des Relations internationales de l’Académie des Sciences sociales à Shanghai. zhjm@Sass.org.CN

Publié dans : Point de vue
 
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Publié par le décembre 29, 2015 dans Asie, guerre et paix

 

La Turquie est maintenant « surveillée étroitement » aussi par la Chine

 

http://www.vz.ru/opinions/2015/12/22/785345.html

22 décembre 2015, Photo: ITAR-TASS

Par Evguéni Satanovski, Directeur de l’Institut du Moyen Orient

Traduit du russe par Marianne Dunlop

Cela peut sembler surprenant, mais des experts à Pékinsuivent de très près les actions à la fois de la Russie et de la Turquie, et les services de renseignement chinois ont tiré des conclusions désagréables et très significatives concernant la Turquie.

Ankara, avec son mélange habituel d’agressivité et d’espoir de réduire au minimum les dommages causés par les conséquences de ses propres actions, est à la recherche de nouveauxfournisseurs d’énergie et de nouveaux alliés dans sa confrontations avec la Russie, tout en maintenant ses plans d’agression contre la Syrie et l’Irak.

La plus haute forme de «défense active» des intérêts d’Ankara dans le conflit syrien a été la destruction par un avion de chasse turc d’un bombardier russe. De toute évidence, les services secrets turcs en coordination avec les partenaires de l’OTAN avaient prévu de capturer les pilotes russes, mais les islamistes soutenus parAnkara n’ont pas réussi à mener à bien une partie de l’opération terrestre.

Le fait que les analystes chez nous surveillent de près la politique de la Turquie en Syrie, est connu. Ce que l’on sait moins c’est que les actions de la Russie et de la Turquie ne sont pas examinéesmoins attentivement par les experts chinois.

Cependant, leur point de vue est très révélateur, sachant que Pékin maintient une politique d’équidistance pour la plupart des pays du monde. Ses relations avec la Russie ne sont pas moins importantes que ses relations avec l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, mais dans le conflit syrien,Pékin soutientclairement Moscou.

Les Chinois notent que le gouvernement turc a soutenu l’EI, souhaitant détruire la Syrie et capitaliser sur le commerce de contrebande du pétrole. Selon eux, l’EI produit rien que sur les gisements « Al-Tank » et « Al-Omar » (l’EI dispose d’environ 10 champs pétroliers) de 20 à 40 mille barils par jour.

Au prix de 10 $ par baril, les terroristes gagnent de 200 à 400 mille dollars. Les hommes d’affaires turcs obtiennent une marge de deux à trois fois plus car le prix moyen mondial du pétrole atteint 39 $ le baril.

Selon les médias chinois, le salaire d’un soldat ordinaire de l’EI est de 400 dollars. Pour l’entretien de 30.000 soldats,il faut assurer le fonctionnement stable de deux champs de pétrole pendant une semaine par mois. La partie turque,même en considérant des volumes plus faibles de fournitures de pétrole syrien, gagne des centaines de millions de dollars chaque année.

Les services de renseignement chinois ont tiré des conclusions très peu flatteusessur la Turquie suite à l’étude des documents photo et vidéoconcernant l’attaque contre l’avion militaire russe. Dans une interview avec des journalistes, l’un des leaders du groupe turc « Loups gris », a dévoilé son rôle clé dans l’assassinat du pilote russe.

Les militants de cette organisation ont pris part aux pogromes de restaurants et de boutiques chinoises, et à des manifestations en 2015, accompagnéesd’attaques contre les touristes chinois et brûlé le drapeau chinois en face de l’ambassade de RPC. Selon les agences de renseignement en Thaïlande, ce sont les membres de ce groupe qui ont organisé l’attaque terroriste à Bangkok, dont la cible étaient les touristes chinois.

Selon les analystes chinois, le rôle d’Ankara dans la formation de l’EI est confirmé par les déclarations de l’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu (actuellement Premier ministre), faites en 2014 dans le cadre de l’arrestation en Thaïlande de 400 Ouïgours chinois, qu’il a appelé illégale. Il est connu que l’ambassade de Turquie délivrait à ceux qui voulaient aller à la guerre contre les « infidèles » en Syrie, des passeports et des billets pour Istanbul.

Pour freiner les activités de recrutement en faveur de l’EI, les services secrets de Chine et de Thaïlande ont pris un certain nombre de mesures. Au cours des 10 premiers mois de 2015, les services du Ministère de la sécurité publique de la République populaire de Chine (MSP)ont arrêté 109 de leurs compatriotes qui rentraient de Syrie, et 20 citoyens turcs qui recrutaient parmi les chinois musulmans. Ilsont saisi 653 passeports vierges de citoyens de la République de Turquie et 200 demandes de visas d’entrée à l’ambassade de Turquie à Bangkok.

Un célèbre analyste militaire chinois, le contre-amiral Zhang Zhizhong, a déclaré que la raison de la faible réaction de l’OTAN s’explique par les compétences de l’aviation de longue portéede Russie.

Selon le président du Conseil pour l’informatisation de l’APL le contre-amiral Yin Zhuo, les actions de la Turquie sont une provocation planifiée à Washington et Bruxelles, mais ils n’ont pas anticipéla réaction du président Poutine. Selon lui, l’armée turque ne s’attendait pas au déploiement rapide de S-400, et un facteur supplémentaire pour calmer Ankara était le placement sur les chasseurs-bombardiers Su-34 de missiles « air – air ».

Les médias chinois, au sujet des actions de M. Erdogan, ont déclaré qu’il ne s’agissait pas juste d’un «coup de poignard dans le dos », mais que « son comportement rappelle l’action de reptile venimeux qui attaque en embuscade, puis se retire en attendant le résultat. »

Les experts chinois estiment que l’élite politique turque va poursuivre la politique de relations tendues avec la Russie, mais à la fin sera acculée, puisque l’OTAN comprend le niveau réel de la puissance militaire de la Russie et refuse de soutenir Ankara.

La Turquie est deuxième acheteur mondial de gaz naturel russe, un grand importateur de pétrole russe, charbon et métaux, le plus grand importateur de blé et huile de tournesol. Théoriquement, Ankara peut trouver d’autres fournisseurs, mais seulement à un prix plus élevé.

Doha ne trouve pas rentable de fournir du gaz naturel à la Turquie : Ankara comme un partenaire stratégique du Qatar exige des remises et des prêts préférentiels et pour Doha il est plus rentable de vendre ses matières premières vers l’Asie et l’Europe.

La Turquie peut s’approvisionner en pétrole auprèsdu Kurdistan irakien, personnellement contrôlé par Erdogan et Barzani. C’est leur entreprise familiale. Les difficultés dans cette région sont liées aux actions militaires contre l’EI et l’élimination des itinéraires de contrebande de pétrole (que les Kurdes «mélangent» avec le leur), et la pression de la Turquie sur les groupes armés du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les détachements du PKK dans le Kurdistan irakien jouent un rôle majeur dans la lutte contre l’EI, tenant Kirkouk, riche en pétrole. Toutefois, cela ne vaut que dans le cas où le régime turc actuel se maintiendra. Sinon, les choses peuvent changer très rapidement.

Le projet de relancer le gazoduc Trans-Anatolien (TANAP) de l’Azerbaïdjan à la Turquie est privilégié par Ankara, mais il ya quelques sérieux obstacles à sa mise en œuvre. Bakou, ni aujourd’hui ni dans l’avenir ne peut pas remplir seul l’ensemble du volume de la canalisation de gaz. Il ne peut donner que 16 milliards de mètres cubes. Afin de porter le volume au niveau de la consommation intérieure en Turquie, il est nécessaire de combler un déficit de 40 milliards de mètres cubes.

Il ya deux façons : acheter du gaz en provenance de Russie ou du Turkménistan. MaisAnkara n’obtiendra pas les rabais offerts par Gazprom dans le cadre du « Blue Stream » ou du « Turkstream » mis en sommeil. Tous les autres moyens d’obtenir des hydrocarbures seront pour la Turquie plus coûteux et nécessiteront des investissements supplémentaires dans la construction d’infrastructures.

Celaconcerne principalement la version turkmène. Pour la mettre en œuvre, il faut poser un gazoduc sous la mer Caspienne, ce qui exige le consentement des Etats riverains, y compris la Russie et l’Iran. Erdogan, cependant, essayera de développer l’option du gaz turkmène.

Source:« Courrier militaro-industriel «  (publié en version abrégée, la version complète de l’article est disponible sur le site)

 

 
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Publié par le décembre 23, 2015 dans Asie

 

“Au-delà des montagnes” de Jia Zhang-ke : “Qui devient-on quand on est loin de sa langue maternelle ?”

Jacques Morice

et puis parce qu’heureusement il y a d’autres voix…
Jia Zhang-ke
Jia Zhang-ke

© Xstream Pictures

Emigration, pollution, capitalisme triomphant… En suivant les trajectoires d’un trio amoureux et de sa descendance sur 25 ans, le réalisateur explore un monde en pleine mutation et les dégâts qu’elle cause chez les hommes.

Au siècle prochain, parions que les chercheurs qui voudront dénicher une allégorie juste des mutations de notre époque auront largement de quoi puiser dans l’œuvre de Jia Zhang-ke (1). Voilà deux décennies que ce cinéaste chinois représente son pays dans tous ses états, en reliant habilement destin collectif et destinées individuelles. Sélectionné en compétition au dernier Festival de Cannes, Mountains May Depart (rebaptisé Au-delà des montagnes) commence en 1999 à tracer les trajectoires d’une jeune femme de Fenyang et des deux hommes entre lesquels elle hésite. Trois personnages qui connaissent diverses fortunes et qu’on suit jusqu’en 2025.

Quelle est la traduction littérale du titre du film en chinois ?

Ce sont quatre caractères : montagne / cours d’eau / ancien / homme. Quatre caractères qui empruntent à l’ancienne Chine, à sa tradition littéraire, et qui expriment l’espace-temps, en association avec des amis de longue date. Pour schématiser, cela signifie que l’amitié restera toujours, au-delà des montagnes.

Comment est né le film ?

C’est venu lorsque je terminais A Touch of sin dont le thème de la violence était palpable, visible, facile à appréhender pour le spectateur. Je me rendais compte que les bouleversements de la société agissaient aussi de manière cachée sur les individus et qu’il y avait une violence extrême mais intériorisée, qui touchait aux sentiments. Dans plusieurs films, j’ai déjà montré des maisons en cours de destruction, des quartiers en ruine, puis leur transformation. J’ai réalisé qu’il se produisait la même chose sur le plan émotionnel entre les gens, dans leurs rapports, qu’il y avait une désagrégation souterraine de leurs liens. J’ai ressenti la nécessité de révéler ce monde intérieur, en procédant un peu comme un romancier. Je suis parti du désir de tout un chacun de construire quelque chose de stable et de durable, à partir d’une famille, d’un lieu géographique où s’installer. En fait, les mutations de société remettent tout ça en question, en créant une profonde instabilité et un isolement des individus. On ne s’en rend pas forcément compte au présent, c’est à l’épreuve du temps qu’on peut mesurer ces choses. Il me fallait donc élargir la temporalité, couvrir plusieurs décennies er anticiper.

Le film couvre trois périodes, 1999, 2014, 2025. Pourquoi celles-ci ?

Au début de l’écriture du scénario, je n’avais pas encore la période d’anticipation. Je savais que je voulais montrer le passé et le présent. J’ai voulu démarrer en 1999 parce que c’est une date charnière pour la Chine, juste avant Internet, le téléphone portable, la construction des autoroutes. Et lorsque j’ai envisagé la période contemporaine, j’ai ressenti le besoin d’avoir une troisième partie, celle de projection dans le futur, à cause de l’enfant, Dollar. Ce jeune enfant, confronté au divorce de ses parents et à l’émigration avec son père qui a obtenu sa garde, comment allait-il grandir, allait-il avoir son libre arbitre ? J’ai donc choisi 2025. La notion du temps qui passe est primordiale dans le film, mais la notion d’espace aussi. On vient tous d’une région et on est souvent amené à quitter cette région, pour une raison ou pour une autre. Ce pays natal est selon moi un jalon décisif pour comprendre les individus.

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Zhao Ta
Zhao Ta

© MK Productions – Shanghai Film Group – Xstream Pictures – beijin

Le déracinement est un des thèmes du film ?

Ce qui m’intéressait, c’est cette sensation de flottement lié aux migrations. En Chine, on a connu une première vague d’émigration du Nord vers le Sud, de l’intérieur des terres vers la côte et les grandes villes, de gens à la recherche de travail et d’une vie meilleure. Maintenant, il existe une émigration vers l’étranger, pour une classe de gens en quête de sécurité. Dans le film par exemple, le père est obligé de partir parce qu’il a trempé dans des affaires de corruption, Je n’ai pas donné énormément d’informations là-dessus, sur son degré de corruption, mais on comprend ce qui le pousse à partir. Certains quittent la Chine en raison de la pollution devenue intenable, pour bénéficier d’un meilleur environnement, pour que les enfants profitent d’une meilleure éducation. Au-delà des montagnes ne traite pas pour autant de l’émigration ou de la globalisation. Son sujet, c’est plutôt l’individu loin de son pays natal. Qu’est-ce qui se produit et qui devient-on quand on est loin de ses amis, loin de ses habitudes alimentaires, loin de sa langue maternelle ?

La langue est ici un enjeu de conflit familial…

Beaucoup d’émigrés reconstituent ailleurs un univers, une communauté qui est la leur, en se coupant un peu du monde extérieur. Mais dans mon film, le père reproche à son fils de ne pas parler le chinois et ce dernier reproche à son père de ne pas parler l’anglais. Il est fréquent de voir des parents immigrés faire pression pour que leurs enfants s’intègrent à tout prix et qui, du coup, oublient leur langue maternelle. S’ajoute la réaction de rébellion de la jeunesse, qui fait exprès de se couper de la langue des parents pour revendiquer son autonomie.

Pourquoi avoir choisi l’Australie comme terre d’exil ?

Pour son impression de distance, d’éloignement. J’ai d’abord envisagé de tourner à Toronto. Mais ça me plaisait qu’il y ait un contraste, que l’Australie soit dans l’autre hémisphère. Lorsque Dollar est en tee-shirt, sa maman est en doudoune parce qu’il neige en Chine. Je voulais aussi une idée d’espace ouvert, sans beaucoup de monde.

Vos trois personnages ne connaissent pas la même destinée…

Quand j’ai fini ma première version, j’étais sidéré de voir que j’avais finalement écrit une histoire de triangle amoureux, avec des ressemblances malgré tout. A l’origine, les deux hommes viennent de la même province, du même milieu. L’un s’enrichit, rejoint une classe sociale privilégiée ; l’autre reste pauvre. Mais ce qu’on constate est troublant : quelque soit leur trajectoire, face à un pouvoir autoritaire, ils sont aussi fragiles et peuvent disparaître du jour au lendemain.

Zhang Yi et Zhao Tao dans le film Au-delà des montagnes
Zhang Yi et Zhao Tao dans le film Au-delà des montagnes

© MK Productions – Shanghai Film Group – Xstream Pictures – beijin

Avez-vous dansé vous-même sur le fameux Go West des Pet Shop Boys qu’on entend au début et à la fin du film ?

Bien sûr. C’était la chanson la plus diffusée dans les discothèques des années 90, notre seul divertissement à l’époque. C’est un souvenir commun à tout ceux de ma génération.

Visuellement, le film se transforme selon les époques ?

J’avais beaucoup de rushes, tournés au début des années 2000. En les regardant, j’ai eu envie de les intégrer à la fiction du film. Ce sont des scènes de fêtes de rue, de manifestations populaires, de discothèques ou de vues générales, comme celle des camions transportant du charbon qui s’enlisent. Ces images ont été tournées avec ma première caméra digitale numérique, le format était le 1/33. Avec notre chef opérateur on a décidé de le reprendre pour la première période et de le varier ensuite, avec un travail spécifique sur les couleurs à chaque fois. En 1999, il n’y avait pas encore de pollution, les couleurs étaient saturées. En 2014, on a opté pour l’aspect grisâtre. Et en 2025, c’est plus irréel, l’ambiance est davantage « plastique », blanche. L’évolution concerne aussi l’environnement humain : on commence avec des personnages dans un collectif, entourés de beaucoup de monde, puis la concentration d’individus s’estompe de plus en plus, jusqu’en 2025 où les protagonistes restent souvent seuls.

Que signifie ce crash d’avion dont Tao, l’héroïne, est témoin ?

Il n’existait pas dans mon premier scénario, je l’ai rajouté. Le film abordait tout ce à quoi l’individu est confronté dans la vie, l’évolution des sentiments dans un sens ou dans un autre, la confrontation de la maladie, la vieillesse, la mort. Et je me suis rendu compte qu’il manquait quelque chose : tout ce qui a trait à l’imprévu, facteur d’insécurité. Je l’ai matérialisé à travers ce crash d’avion. Cet épisode est lié à mon adolescence. Non loin de là où l’on habitait, il y avait un terrain militaire d’aviation. La Chine était alors en guerre avec le Vietnam, et, régulièrement, on apprenait que tel ou tel un camarade de classe venait de perdre son père, pilote, dans le conflit. Un autre imprévu du film, c’est la façon dont j’ai décidé de filmer la mort du père de Tao, comme s’il s’endormait, dans la salle d’attente de la gare. Pour moi, il faut accepter les évènements illogiques de la vie. J’ai rompu avec cette loi du cinéma qui exige qu’il y ait toujours une logique.

Dans la dernière séquence, on retrouve l’héroïne vieillie, dansant au milieu d’une friche. Quel sens lui donnez-vous ?

L’idée m’est venue de placer le personnage seul dans cet endroit vaste et nu, où j’étais venu prendre des photos. Ce jour-là, j’avais entendu au loin des haut-parleurs de la ville qui diffusaient une chanson que j’aimais beaucoup et qui avait réveillé en moi plein d’impressions. J’ai donc associé les deux expériences. Lorsqu’on est jeune, on est un peu naïf, ingénu. Au fur et à mesure qu’on avance et qu’on est confronté aux vicissitudes de la vie, notre monde se complexifie. Et durant la vieillesse, on retourne à une forme de simplicité et de naïveté, c’est ce qui arrive à Tao. Le film est d’abord une histoire de sentiments. Et les sentiments, cela englobe l’amour, mais aussi le désespoir, l’espoir, la haine, la solitude, le vide. Ce qui m’émeut dans le cas de Tao, durant ce plan final, c’est sa vitalité. A son âge avancé, elle a a encore le désir et la capacité à danser. Ses sentiments conservent la même force.


© TaiBei by 2015

Pourquoi avoir vous attribué ce nom de Dollar au fils ?

C’est sorti de mon imaginaire. J’ai perçu autour moi l’émergence d’une classe de la société totalement avide d’argent. On en avait été privé par notre système pendant si longtemps, qu’au moment où on a pu s’enrichir il y a eu un engouement délirant pour toute une génération, capable aussi de se moquer d’elle-même. J’ai donc pu d’autant plus tourner en dérision ce phénomène. A Cannes, les médias chinois n’ont pas manqué de critiquer ce nom de Dollar et le conflit entre les deux amis en arguant du fait que j’avais été bien trop loin, puisque l’un menaçait l’autre de le supprimer. Il se trouve qu’au mois d’octobre, au moment de la sortie du film en Chine, dans ma province natale, un homme a tué le mari de son amante. Le même jour, les médias ont relaté l’arrestation pour corruption à Shanghai d’un fonctionnaire, qui avait donné à son fils le nom de Cash. Cela entrait soudain en résonance avec mon film et, tout d’un coup, il y a eu un total revirement dans la presse chinoise : ceux qui avaient été sceptiques ont dit que j’avais été visionnaire et que la réalité chinoise copiait dorénavant mon film.

Avant de passer au cinéma, vous avez été étudiant dans une école d’art. Continuez-vous de peindre ?

Je n’ai pas pris un pinceau depuis 1993. Ce n’est pas mon fort, la peinture. L’écriture, oui, davantage. Je suis plus doué pour ça. J’ai d’ailleurs déjà écrit plusieurs romans.

Etes-vous lié toujours à Fenyang et au Shanxi, votre province natale ?

Ma mère est avec moi à Pékin maintenant. Mais j’ai souvent l’occasion de retourner là-bas, j’y ai toujours mes amis et une partie de la famille. Et un appartement où je me sens bien. Quand j’y bois du thé, je me dis : mon centre du monde est ici.

 
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Publié par le décembre 23, 2015 dans Asie, cinema

 

« Le premier siècle de socialisme à la chinoise. » Un article de la Pravda

 

La République populaire définit les événements historiques de manière concrète et imagée – en 2020 s’achèvera le premier siècle de socialisme à la chinoise, le Parti communiste de Chine fêtera son centenaire. Les politologues soulignent que le PCC considère cette date comme un jalon important, d’une portée mondiale.

Alexander Drabkin, chroniqueur politique pour la Pravda 13/11/2015

http://kprf.ru/international/new-world/148468.html

Une société de «prospérité modérée »

Le résultat du « premier siècle » sera la consolidation de la Chine au premierrang mondial en termes de volume de production –c’est ainsi qu’est formulé l’objectif du 13e Plan quinquennal, approuvé récemment au V Plénum du Comité central du PCC élu au 18e congrès. A cette date, la Chine aura atteint le stade d’une société de «prospérité moyenne ». Néanmoins, elle sera encore dépassée par un certain nombre de pays pour le volume du produit intérieur brut par habitant. Ce retard devra être surmonté d’ici 2049 –pour le centenaire de la RPC. On pourra alors tracer le bilan du « deuxième siècle. »

La propagande en Chine est organisée avec brio. Les professionnels dosent savamment informations et commentaires. Ce qui compte, ce ne sont pas seulement les faits, mais la psychologie des faits–c’est la seule façon de faire en sorte qu’une thèse politique soit adoptée par des millions d’hommes. Et la politique, comme l’enseigne Lénine, commence à partir des millions.

Les experts estiment que le « rodage » au niveau de la propagande du 13ème plan quinquennal a commencé en mars 2015 lors du débat sur ses objectifs fondamentaux à la session de l’APN (Assemblée Nationale Populaire) – le parlement de la Chine. Les problèmes n’ont pas été occultés : en 2014, la croissance du PIB est de 7,4 %, le taux le plus bas depuis 25 ans. Bien que ce chiffre semble à de nombreux pays, « au-delà des rêves », pour la Chine, il est un signal de danger. La situation est alarmante, mais pas de panique : un ralentissement n’est pas la fin du monde, mais comporte des défis surmontables. La Chine n’a pas remis en question les principes de base de son activité économique, il n’y a pas eu d’appel hystérique visant à la destruction du potentiel économique établi.

Malheureusement, cette approche n’a pas partout ni toujours été observée. En Union soviétique, certains «hauts fonctionnaires» à la fin de l’ère Brejnev ont considéré une situation similaire comme une opportunité de rejeter l’essence même des principes socialistes. On m’avait alors inclus dans un groupe de journalistes à qui les « camarades responsables » inculquaient une juste compréhension de la vie, « sur la base des caractéristiques du moment. » L’accent était mis sur le déclin de la croissance économique, celui-là même auquel fait face la Chine aujourd’hui. Je précise bien qu’il ne s’agissait pas d’une réduction du volume de la production (comme en Russie aujourd’hui), mais d’une baisse du taux de croissance. En Chine, bien que les difficultés soient considérées comme alarmantes, on les pense surmontables sans conséquences tragiques. En URSS, il y a trente-cinq ans dans des conditions similaires, nous avons eu droit à une attaque de propagande sur les fondements mêmes du système socialiste. Plus tard, il est devenu clair que la propagande servait à préparer un changement du système politique.

« Détachement spécial » dans une « datcha spéciale »

Les journalistes soigneusement sélectionnés avaient une consigne simple: prouver la nécessité d’abandonner le système de planification sclérosé et passer à un nouveau modèle économique. La «main invisible du marché »règlerait tout – le plan ne fait que gêner les entreprises. Le marché libre assurera la prospérité universelle. La formation ne prévoyait pas de débats.

Mes collègues étaient loin de tous comprendre le contenu réel des tâches assignées – derrière cette idée se tenaient des organisations très sérieuses. Si sérieuses que certains de nos «enseignants» de l’époque continuent de briller sur les chaînes de télévision fédérales.

Lorsque les organisateurs du processus de formation l’ont considéré comme terminé, le temps est venu d’en montrer les résultats. Je faisais partie du groupe des « sherpas » chargés de préparer à la« datcha spéciale »un document d’État d’une importance particulière. Une tâche bien précise m’était assignée : mon opuscule devait démontrer de façon convaincante la nécessité et l’inévitabilité de remplacer l’économie planifiée par la liberté du marché.

Je décidai de parler avec le chef d’équipe sur l’opportunité d’employer un ton moins catégorique – il me semblait que le ralentissement ne nécessitait pas nécessairement un changement dans le modèle économique. Probablement, il y avait lieu de respecter l’objectivité. Le chef me regarda comme si j’étais fou – qui vous parle d’objectivité?

J’ai néanmoins écrit un texte sur la base de mes propres évaluations de la situation. En conséquence, le lendemain je n’étais plus dans la liste de ceux qui travaillaient à la« datcha spéciale ». Cependant, il n’y a pas eu d’autres conséquences –les actions punitives sont venues plus tard : je me suis retrouvé officiellement au chômage.

Je ne sais pas ce qui se passe dans les « datchas spéciales »de Chine. Mais au printemps, après la session de l’APN, à propos des résultats de l’examen des caractéristiques fondamentales du nouveau quinquennat, le Premier ministre Li Keqiang a dit de manière très imagée :ce n’était pas une séance de manucure–on a dû trancher dans le vif. Et en octobre, au plénum du Comité central du PCC, selon les analystes, tout n’a pas été d’un calme idyllique. Peut-être est-ce la raison qui a déterminé la nature de la première annonce: juste après la fin de la réunion plénière, a été annoncée seulement l’abolition de la politique de l’enfant unique. Tout le monde attendait ce qu’allait dire Secrétaire général du Comité central du PCC, le camarade Xi Jinping. Et il n’a pas déçu les attentes. « Compte tenu de la nécessité de doubler le PIB (par rapport à 2010), la croissance annuelle moyenne de 2016 à 2020 ne devra pas être inférieure à 6,5%, » –a dit le dirigeant chinois trois jours plus tard.

Dans cette courte phrase étaient exprimées beaucoup d’informations importantes: avant les experts indiquaient le chiffre de 7%, et maintenant ce chiffre était un demi-point de pourcentage en dessous; l’objectif de doubler le PIB  est inchangé. Tout le reste découle des orientations stratégiques.

Autour du yuan

S’agissant des perspectives de doubler le PIB de la Chine en 2020, les experts ont rappelé le rôle clé de la sphère monétaire et financier. En effet, dans le domaine de la production matérielle,la Chine a mis sur pied une voie claire de développement, avec une combinaison astucieuse de marché diversifié et de contrôle sévère de l’Etat-parti. Dans le secteur financier, ce n’est pas si évident. Les principaux événements, selon les analystes financiers, vont se jouer autour du renminbi –la monnaie chinoise.

Aujourd’hui,le yuan en Chine continentale est en partie convertible. Pour l’achat de devises il est nécessaire de présenter des documents confirmant, par exemple, la fourniture en Chine de biens achetés à l’étranger. Selon la presse, une chose similaire a été proposée pour la Russie par l’académicien Sergueï Glaziev, dans son fameux rapport à la commission interministérielle du Conseil de sécurité de la fédération de Russie sur la sécurité dans la sphère économique et sociale. Selon les rapports des médias, ce document préconise directement « l’interdiction de l’achat de devises étrangères par des entités juridiques sans justification des opérations de paiement. »

Les personnes concernées ont critiqué avec véhémence cette «réduction des opportunités de marché. » Leurs adversaires ont pointé l’augmentation dangereuse de la sortie de devises à l’étranger par des spéculateurs sans scrupules.

Et maintenant, la Chine semble déterminée à aller dans le sens de la Russie – lever les restrictions sur le commerce des devises. Cela ne crée-t-il pas une menace de pouvoir absolu de la spéculation financière en RPC? En Russie, c’est une réalité …

Mais les experts ne considèrent pas la méthode russe comme une menace pour la Chine. Tout d’abord, on ne connaît pas encore les délais de la libéralisation totale du yuan. Dans le nouveau plan de cinq ans,il est seulement déclaré l’intention de faire du yuan une devise librement convertible au terme de la période, et de simplifier le règlement des opérations de change. La déclaration a été rendue publique, mais sa mise en œuvre dépendra des conditions spécifiques.

Deuxièmement, les experts s’appuient sur l’expérience dans la lutte contre la corruption en Chine. Dans toutes les entreprises et institutions, indépendamment de la forme de propriété, fonctionnent des organes du Parti Communiste Chinois. Les pouvoirs des communistes sont énormes –un homme d’affaires chinois m’a dit qu’il ne pouvait pas obtenir un prêt bancaire, si sa demande ne portait pas l’autorisation du secrétaire de cellule de son entreprise. Et le secrétaire de cellule à son tour est soumis à la structure de son parti, le Business n’a aucun levier de pression sur lui, ni ne peut essayer de corrompre: en cas d’échec de la transaction illégale le secrétaire sera exclu immédiatement du Parti, ce qui en Chine signifie sa mort politique. Wang Qishan, le Président de la Commission centrale de Contrôle de Discipline, est un homme strict. Au sujet de sa commission, la presse cite des déclarations on ne peut plus énergiques : « plonger le corrompu dans l’abîme de la peur, le soumettre à la terreur » que les membres du parti « ne veuillent, n’osent,ni ne puissent se livrer à la corruption» – tel est l’objectif. dans cette voie, Wang Qishan, et ses collègues ont obtenu de grands succès : selon le Parquet populaire de Chine, le nombre d’affaires criminelles sur intervention de la commission Wang Qishan a constamment augmenté de façon significative. Bien sûr, l’éradication totale de la corruption en Chine est un problème de l’avenir, bien sûr, il se trouve encore des personnes corrompues, y compris à des niveaux très élevés. Mais à en juger par la haine croissante envers Wang Qishan dans le camp de ses adversaires, et la sympathie des gens du peuple, la Commission centrale de Contrôle de Discipline est devenue un facteur important dans la politique anti-corruption des «révolutionnaires de cinquième génération» dirigés par Xi Jinping.

Et à propos du yuan. Les changements importants dans le secteur financier de la Chine ont un but précis: convaincre le conseil d’administration du Fonds monétaire international de donner à la Chine le statut de réserve nationale de devises. Le conseil d’administration du FMI devrait adopter cette mesure dès novembre de cette année. Si elle est positive, le yuan va prendre une position de leader dans le système monétaire mondial, avec le dollar américain, la livre sterling, le yen japonais et l’euro. La réalisation de cet objectif ambitieux permettra d’assurer un grand succès à l’économie de la Chine. Si les « sages » financiers nient ce droit à la Chine maintenant,la prochaine occasion ne peut être que dans cinq ans, au prochain examen du « panier de devises ».

 

 
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Publié par le décembre 15, 2015 dans Asie, histoire, textes importants

 

Fidel Castro: « La Russie et la Chine connaissent bien mieux les problèmes du monde que les Etats-Unis », message au président Maduro

 

Publicado: 11 dic 2015 22:02 GMT
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Fidel Castro

Message de Fidel Castro au président Nicolas Maduro

Fidel a dit partager l’opinion unanime de ceux qui ont félicité Nicolas Maduro pour sa brillante et courageuse intervention dans la nuit de 6 décembre, dès que le verdict des urnes a été rendu public.

Cher Nicolas,

Je me range à l’opinion unanime de ceux qui t’ont félicité pour ta brillante et courageuse intervention dans la nuit de 6 décembre, dès que le verdict des urnes a été rendu public.

Dans l’Histoire du monde, le plus haut degré de gloire politique que pouvait atteindre un révolutionnaire revint à l’illustre combattant vénézuélien et Libertador de l’Amérique, Simon Bolivar, dont le nom n’appartient plus seulement à ce pays frère mais à tous les peuples de l’Amérique latine.

Un autre officier vénézuélien de pure souche, Hugo Chavez, le comprit, l’admira et lutta pour ses idées jusqu’à son dernier souffle. Dès l’enfance, alors qu’il fréquentait l’école primaire, dans la patrie où les héritiers pauvres de Bolivar devaient aussi travailler pour subvenir aux besoins de la famille, il cultiva l’esprit dans lequel se forgea le Libertador de l’Amérique.

Les millions d’enfants et de jeunes qui aujourd’hui fréquentent la plus vaste et la plus moderne chaîne d’écoles publiques dans le monde sont ceux du Venezuela. On peut en dire autant de son réseau de centres d’assistance médicale et de prise en charge de la santé d’un peuple courageux, mais appauvri par des siècles de pillage de la part de la métropole espagnole, et plus tard par les grandes transnationales, qui ont arraché de ses entrailles durant plus de 100 ans le meilleur de l’énorme quantité de pétrole dont la nature a doté ce pays.

L’histoire doit prendre acte également que les travailleurs existent et que ce sont eux qui permettent de disposer des aliments les plus nutritifs, des médicaments, de l’éducation, de la sécurité, du logement et de la solidarité du monde. Ils peuvent également, s’ils le souhaitent, demander à l’oligarchie : Savez-vous tout cela ?

Les révolutionnaires cubains – à quelques kilomètres de distance des États-Unis – qui ont toujours rêvé de s’emparer de Cuba pour en faire un hybride de casino avec maison de prostitution, comme mode de vie pour les enfants de José Marti – ne renonceraient jamais à leur pleine indépendance et au respect total de leur dignité. Je suis convaincu que seule une paix pour tous les peuples de la Terre et le droit de transformer en propriété commune les ressources naturelles de la planète, ainsi que les sciences et les technologies créées par l’être humain au bénéfice de tous ses habitants, permettront de préserver la vie humaine sur la terre. Si l’Humanité poursuit son chemin sur les sentiers de l’exploitation, et que le pillage de ses ressources par les transnationales et les banques impérialistes continue, les représentants des États qui se sont réunis à Paris en tireront les conclusions pertinentes.

La sécurité n’existe plus aujourd’hui pour personne. Neuf États disposent d’armes nucléaires, dont l’un, les États-Unis, a lancé deux bombes qui ont tué des centaines de milliers de personnes en seulement trois jours, et causé des dommages physiques et psychiques à des millions de personnes sans défense.

La République populaire de Chine et la Russie connaissent bien mieux que les États-Unis les problèmes du monde, parce qu’elles ont dû supporter les terribles guerres que leur imposa l’égoïsme aveugle du fascisme. Je n’ai aucun doute que, du fait de leur tradition historique et de leur propre expérience révolutionnaire, elles feront le plus grand effort pour éviter une guerre et contribuer au développement pacifique du Venezuela, de l’Amérique latine, de l’Asie et de l’Afrique.

Fraternellement,

 
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Publié par le décembre 12, 2015 dans Amérique, Asie, guerre et paix, histoire

 

L’invasion Turque: L’Irak devrait traiter tous les envahisseurs comme il traite Daech

Turkish tanks

chars turcs

 Il semble que des troupes et des chars turcs aient envahi l’irak sans aucune autorisation de ce pays, on appréciera le prétexte: « former au combat les Kurdes »…La zone de Mossoul est celle où l’armée turc pourrait-elle à la fois surveiller l’approvisionnement en pétrole et attaquer les kurdes. L’Irak dénonce cette invasion, Est-ce que l’OTAN continue à approuver le cher allié turc? (note de Danielle Bleitrach)
 

Bagdad doit faire face à tout intrus de la même manière qu’il traite les Daesh, a déclaré  le Premier Ministre  iraquien Khaled al-Asadi à Radio Sputnik(anglais), en se référant à la manière dont  Ankara sans préavis et sans  autorisation à déployé ses   troupes et son matériel militaire au nord de l’Irak.

« Les actions de la Turquie sont une grave violation du droit international… Le gouvernement irakien adopte rapidement des mesures sévères pour s’opposer aux violations d’Ankara, »a déclaré al-Asadi , en ajoutant que l’ONU devait examiner ce qui se passe dans la province de Ninive.

L’Irak, selon al-Asadi, dispose des capacités suffisantes pour libérer ses territoires occupés par le groupe extrémiste depuis juin 2014. Le député a ajouté que, quiconque viole la souveraineté de l’Irak, doit être traitée comme Bagdad traite Daesh.

De nombreux rapports disent que vendredi, la Turquie a envoyé environ 130 soldats dans le nord de  l’ Iraq. Les forces turques,  déployées près de la ville de Mossoul, sont prétendument chargés de la  formation Peshmerga, qui est impliquée  dans la lutte contre le Daesh, également connu sous le nom de ISIL.

L’invasion  a été décrite par Bagdad comme « une grave violation de la souveraineté irakienne, » car elle n’était pas autorisée par les autorités irakiennes.

« L’Irak attend une explication de la Turquie. Même si les troupes ont été déployées pour aider et soutenir les forces luttant contre Daesh, pourquoi cela est-il organisé  sans coordination préalable avec l’Irak? » a dit Nasir Nouri, porte-parole du ministère irakien de la défense Spoutnik.

Le premier ministre irakien Haider Abadi a exhorté Ankara à retirer immédiatement ses forces, dont des chars et de  l’artillerie, de la province de Ninive. Le président irakien Fuad Masum a dénommé l’incident une violation du droit international et a exhorté Ankara à s’abstenir d’activités semblables à l’avenir,a signalé  la chaîne de télévision al-Yves .

 
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Publié par le décembre 6, 2015 dans actualités, Asie, guerre et paix

 
 
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