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Archives de Catégorie: Afrique

Ce que la politique de domination énergétique de Trump signifie pour le monde, par Alastair Crooke

par Les-crises.fr DT

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Il y a deux semaines, nous avons écrit sur la façon dont la politique étrangère du président Trump s’était en quelque sorte « repliée sur elle-même » dans un « néo-américanisme ». Nous avons cité Russell-Mead, professeur de politique étrangère américaine, qui suggérait que la métamorphose du 8 mai de Trump (la sortie de la Joint Comprehensive Plan of Action, JCPOA [l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, NdT]), représentait quelque chose de nouveau, un changement de direction (lui qui était un habile négociateur), vers « une ère néo-américaine de la politique mondiale – plutôt qu’une ère post-américaine [Obama-iste] ». « L’administration veut accroître le pouvoir des États-Unis, plutôt que de s’adapter à son déclin (comme l’aurait fait Obama). Pour l’instant, au moins, le Moyen-Orient est la pièce maîtresse de cette nouvelle affirmation », estime Russell-Mead, expliquant que cette nouvelle impulsion de Trump provient de ses instincts qui lui disent que la plupart des Américains sont tout sauf désireux d’un monde « post-américain ». Les partisans de M. Trump ne veulent pas de longues guerres, mais ils ne se résignent pas non plus au déclin national ».

Il y a là quelque chose de paradoxal : Trump et sa base déplorent le coût et l’engagement de l’immense parapluie défensif américain, disséminé à travers le monde par les internationalistes (sentiments aggravés par l’ingratitude supposée de ses bénéficiaires) – mais le Président veut « élargir le pouvoir américain, plutôt que de s’ajuster au déclin ». C’est-à-dire qu’il veut plus de pouvoir, mais moins d’empire. Comment pourrait-il résoudre la quadrature du cercle ?

En fait, un indice est apparu presque un an plus tôt, lorsque le 29 juin 2017, le Président a utilisé un mot tout à fait inattendu dans un discours lors d’un événement du Département de l’énergie : Libérer l’énergie américaine. Au lieu de parler de l’indépendance énergétique américaine, comme on pouvait s’y attendre, il a plutôt annoncé une nouvelle ère de « domination » de l’énergie américaine.

Dans un discours « qui cherchait à souligner une rupture avec les politiques de Barack Obama », note le Financial Times, M. Trump a lié l’énergie à son programme America First… Il a déclaré « La vérité est que nous avons maintenant des réserves d’énergie presque illimitées dans notre pays. Nous sommes vraiment aux commandes, et vous savez quoi ? Nous ne voulons pas que d’autres pays nous privent de notre souveraineté et nous disent quoi faire et comment le faire. Ça n’arrivera pas. Avec ces ressources incroyables, mon administration visera non seulement la tant attendue indépendance énergétique américaine, mais aussi la domination énergétique américaine ».

Il semble, comme l’explique Chris Cook, que Gary Cohn, qui était alors conseiller économique en chef du Président, ait joué un rôle dans la genèse de cette ambition. Cohn (alors chez Goldman Sachs), avec un collègue de Morgan Stanley, a conçu en 2000 un plan pour prendre le contrôle du marché mondial du pétrole par le biais d’une plateforme de négociation électronique basée à New York. En résumé, les grandes banques ont attiré d’énormes sommes « d’argent géré » des opérateurs financiers (des fonds spéculatifs, par exemple), vers le marché, pour parier sur les prix futurs (sans qu’elles ne prennent jamais réellement livraison de pétrole brut : le commerce du « pétrole papier », plutôt que du pétrole physique). Et, en même temps, ces banques travaillaient en collusion avec les principaux producteurs de pétrole (y compris, plus tard, l’Arabie Saoudite) pour préacheter du pétrole physique de telle manière que, en conservant, ou en déversant du brut physique sur le marché, les grandes banques de New York ont pu « influencer » les prix (en créant une pénurie ou une surabondance).

Pour donner une idée de la capacité de ces banquiers à « influer » sur les prix, mi-2008, on estimait que quelque 260 milliards de dollars d’investissements (spéculatifs) d’argent « géré » étaient en jeu sur les marchés de l’énergie, éclipsant complètement la valeur du pétrole qui est effectivement extrait en mer du Nord chaque mois, entre 4 et 5 milliards de dollars au plus. Ces jeux d’options pétrolières « papier » l’emporteraient donc souvent sur les « fondamentaux » de l’offre réelle et de la demande réelle de l’utilisateur final.

Pour Cohn, la « première étape » consistait donc, pour les États-Unis, à gérer le marché du négoce, à la fois en termes de prix et d’accès, les concurrents des américains, tels que l’Iran ou la Russie, pouvant accéder au marché à des conditions moins avantageuses, voire pas du tout. La « deuxième étape » présumée a été de soutenir la production américaine de pétrole de schiste, de construire de nouveaux terminaux américains d’exportation de GPL [Gaz de Pétrole Liquéfié, NdT] et de développer la prospection pétrolière et gazière américaine, tout en forçant le reste du monde, de l’Allemagne à la Corée du Sud et à la Chine, à acheter des exportations américaines de gaz. « Troisièmement », avec les exportations de pétrole du Golfe déjà sous l’égide des États-Unis, il y avait alors deux grands producteurs d’énergie du Moyen-Orient hors de la zone « d’influence » du cartel (tombant davantage dans le « cœur » stratégique de production d’énergie de la Russie) : L’Iran – qui est maintenant visé par une opération de changement de régime et dont les exportations de pétrole font l’objet d’un blocus, et l’Irak, qui fait l’objet d’intenses pressions politiques (douces, comme la menace de sanctions en vertu de la loi Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act) pour forcer son adhésion à la sphère occidentale.

Comment reformuler simplement, cette notion de domination énergétique ? Les États-Unis – si la domination de l’énergie réussissait – contrôleraient simplement le robinet du développement économique – ou son absence – pour ses concurrents que sont la Chine et l’Asie. De cette manière, les États-Unis auraient également le pouvoir de réduire les revenus de la Russie. En bref, les États-Unis pourraient étrangler les plans de développement économique de la Chine et de la Russie. Est-ce la raison pour laquelle le JCPOA a été révoqué par le Président Trump ?

Voici donc la quadrature du cercle (plus de puissance américaine, mais moins d’empire) : Les objectifs américains de Trump pour « dominer », non pas par le biais de l’infrastructure permanente des mondialistes du parapluie de défense américain, mais en utilisant intelligemment le dollar américain et le monopole de la compensation financière, en protégeant et en contrôlant étroitement la technologie américaine et en dominant le marché de l’énergie, qui, à son tour, constitue pour les concurrents des USA un interrupteur marche/arrêt de la croissance économique. De cette façon, Trump pourra ‘ramener les soldats à la maison’, sans pour autant que l’Amérique perde sa position hégémonique. Le conflit militaire deviendrait un dernier recours.

Le conseiller principal Peter Navarro a déclaré sur NPR [la radio publique aux USA, NdT] cette semaine : « nous sommes en mesure de les empêcher [les Chinois] de mettre nos entreprises de haute technologie en faillite » et « d’acheter nos joyaux technologiques… Chaque fois que nous produisons une innovation, la Chine vient l’acheter ou la voler ».

Le plan de Trump serait-il le suivant : La domination du marché et la guerre commerciale pour prolonger la « suprématie » de l’Amérique en matière de technologie, de finance et d’énergie, au lieu d’être réduits à s’adapter au déclin ? Et, en agissant de la sorte, réduire – ou du moins retarder – l’émergence de rivaux ? Dans ce contexte, deux questions se profilent immédiatement : Cette formule est-elle l’adoption, par l’administration américaine, du néo-conservatisme tant haï par la base électorale de Trump ? Et, deuxièmement, l’approche peut-elle fonctionner ?

Il ne s’agit peut-être pas de néo-conservatisme, mais plutôt de retravailler un thème. Les néo-conservateurs américains voulaient, en majorité, porter des coups aux parties du monde qu’ils n’aimaient pas, pour y substituer quelque chose qui leur convenait. La méthode Trump est plus machiavélique.

Les racines de ces deux courants de pensée résident cependant – plus qu’en partie – dans l’influence de Carl Schmitt sur la pensée conservatrice américaine par l’intermédiaire de son ami Leo Strauss, à Chicago (que Trump ait, ou non, lu ces deux hommes, les idées circulent toujours dans la sphère américaine). Schmitt a soutenu que la politique (contrairement aux idées libérales et humanistes) n’a rien à voir avec la justice ou l’équité dans le monde – qui sont du ressort des moralistes et des théologiens. La politique, pour Schmitt, est une question de pouvoir et de survie politique, rien de plus.

Les progressistes (et les internationalistes), a suggéré Schmitt, ont du mal à utiliser le pouvoir pour écraser les forces alternatives qui émergent : leur vision optimiste de la nature humaine les amène à croire en la possibilité de médiations et de compromis. L’optique de Schmitt, se moquant bien de telles positions humanistes, privilégie le rôle du pouvoir, pur et simple, basé sur la compréhension de la nature véritable des « autres » et des rivaux. Ce point semble toucher aux fondamentaux du raisonnement de Trump : Obama et les « progressistes » étaient prêts à sacrifier les « joyaux de la couronne » de « notre culture » (expertise financière, technologique et énergétique) dans le cadre d’une « action positive » multilatérale qui aurait aidé les États moins développés (comme le rival Chinois, tout en en haut de l’échelle). C’est peut-être la raison pour laquelle Trump s’est retiré de l’accord sur le climat : Pourquoi aider des rivaux potentiels, tout en imposant des handicaps volontaires à sa propre civilisation ?

C’est sur cette base très étroite (l’impératif de garder le pouvoir américain intact), que les néo-conservateurs et les partisans de Trump se retrouvent. Ils partagent aussi le mépris pour les humanistes utopiques prêts à brader les joyaux de la civilisation occidentale pour d’autres idéaux humanistes afin d’aider les rivaux de l’Amérique à se développer et à dépasser l’Amérique et sa civilisation (dans cette optique).

Le terrain d’entente entre les deux courants s’exprime avec une candeur remarquable à travers le commentaire de Berlusconi selon lequel « nous devons être conscients de la supériorité de notre civilisation [occidentale] ». Steve Bannon dit à peu près la même chose, bien qu’exprimée en termes de bien-fondé de la sauvegarde d’une civilisation judéo-chrétienne occidentale (qui serait menacée).

Ce sens de l’avantage civilisationnel, qui doit à tout prix être recouvré et préservé, contribue peut-être en partie (mais pas entièrement) à expliquer le soutien inconditionnel que Trump apporte à Israël : S’adressant à Channel Two d’Israël, Richard Spencer, un des principaux dirigeants de l’Alt-Right américaine (qui est une des composantes de la base électorale de Trump), a souligné le sentiment profond de spoliation ressenti par les Blancs, dans leur propre pays [les États-Unis] :

« … un citoyen israélien, quelqu’un qui comprend votre identité, qui a le sentiment de l’appartenance à une nation et à un peuple, qui est marqué par l’histoire et l’expérience du peuple juif, vous devriez le respecter comme moi, qui ai des sentiments analogues à l’égard des Blancs. Vous pourriez dire que je suis un sioniste blanc – dans le sens où je me soucie de mon peuple, où je veux une patrie sûre pour nous et pour nos proches. Tout comme vous voulez une patrie sûre en Israël. »

En fait, la tentative de tirer parti de la culture des élites américaines, en leur fournissant les armes que sont le dollar et l’hégémonie énergétique supposée avec son emprise sur les transferts de technologie, peut-elle réussir à s’accrocher à la « culture » américaine (dans la conception réductionniste de la base de Trump) ? C’est la question à soixante-quatre mille dollars [Sorte de jeu des mille francs américain NdT], comme on dit. Cela pourrait aussi provoquer une réaction inverse, tout aussi puissante ; et beaucoup de choses peuvent se produire au niveau national aux États-Unis, d’ici aux élections de mi-mandat de novembre, qui pourront soit confirmer le président au pouvoir – soit le déstabiliser. Il serait risqué de tenter des analyses au-delà de cet échéance.

Mais il y a un point plus important. Tandis que Trump est obnubilé par la civilisation et l’hégémonie américaines, les dirigeants non-occidentaux d’aujourd’hui pensent de manière tout aussi passionnée qu’il est temps pour « le siècle américain » de céder le pas. Tout comme, après la Seconde Guerre mondiale, les anciens États coloniaux voulaient l’indépendance. Désormais, ces dirigeants veulent mettre fin au monopole du dollar, ils veulent se retirer de l’ordre mondial dirigé par les États-Unis avec leurs institutions dites « internationales » ; ils veulent « exister » à leur manière, avec leur culture propre – et ils veulent retrouver leur souveraineté. Il ne s’agit pas seulement d’un nationalisme culturel et économique, mais d’un point d’inflexion significatif – loin de l’économie néolibérale, de l’individualisme et du mercantilisme brut – vers une expérience humaine plus épanouie.

Le raz-de-marée, après la Seconde Guerre mondiale, était certainement irréversible. Je me souviens même que les anciennes puissances coloniales européennes ont par la suite déploré leur retrait forcé : « Ils vont [les anciennes colonies] le regretter », ont-elles prédit avec assurance. (En fait non, ils ne l’ont jamais fait.) La marée monte en force aujourd’hui et s’est même étendue à l’Europe, où, qui sait, les Européens auront peut-être le courage de repousser les manœuvres financières et commerciales de Trump : il s’agira là d’un test déterminant pour la suite des événements.

Mais ce qui est différent aujourd’hui (par rapport à l’époque), c’est que l’hégémonie monétaire, l’avance technologique et la « domination » énergétique ne sont pas du tout garanties pour les occidentaux. Elles ne leur appartiennent plus. Elles ont commencé à migrer, il y a quelque temps.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Non à la « controverse » sur Cassinga

  1. Est-ce que le lecteur français , toujours pressé saura le sens réel de ce récit pour l’Afrique, pour Cuba et aussi pour moi… Le héros de cette histoire est jorge Risquet, l’homme le plus désinteressé, le plus modeste qu’il m’ait été donné de connaître. Jamais il ne vantait ses exploits de dirigeant des contingents cubains en Afrique, c’était toujours Cuba qui avait écrit une page de l’histoire de l’humanité avec les Africains et Fidel qui avait tout dirigé, lui n’était qu’un exécutant qui avait eu la chance de participer à cette histoire authentique, la libération d’un continent ancestral en liens étroits avec leurs frères africains. Il était très soucieux de rétablir la vérité, de ne jamais mentir, parce que ni lui ni Cuba n’avaient la moindre raison de cacher la réalité. Dans une lettre qu’il m’avait écrite, il me disait :  » Resistir y luchar es l’unico camino digno. Ese es mi camino y tambien es el tuyo, sin dudas, pues tu sensibilidad human y tu forteleza moral te situan on esa unica senda del decoro y de la dignidad. Amor es tambien idendidad en los principios, es latis unison de los corazones, es la ternura comun hacia los necessitados de ella, es la posesion de una misma esperanza. En Marcha juntos por ese derrotero, yo te amo, a las 23 horas habaneras des 10 de enero de 1996 y en las horas infinitas de los anos duros de este siglo y en las del proximo milenio, en que el hombre recuperara su condicion humana. » Cet homme modeste et héroïque était le seul digne de mon époux qui lui avait été torturé par la Gestapo, déporté à Dachau et était un communiste, un vrai. Il l’a tout de suite su: c’est lui que tu retrouves en moi…J’ai tant de choses à raconter, la manière dont il se moquait de kissinger, et toujours il revenait à l’exemplarité morale de Cuba qui était le seul pays à revenir d’Afrique avec comme seul butin, les os de ses soldats morts au combat.  J’ai eu la chance de rencontrer par deux fois le désintéressement absolu, un sens de l’histoire qui dépassait l’individu pour atteindre l’universalité humaine. Si l’on ignore cette dimension de ma vie, on ne peut pas comprendre à quel point je fuis tout ce qui peut rabaisser le sens d’une vie. C’est à cause d’eux que je resterai membre du parti communiste, independamment des avatars temporaires. (note et traduction de danielle Bleitrach)
De: Yeniska Martínez Díaz
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Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

 

Le massacre de Cassinga représente la plus grande attaque aérienne perpétrée par des forces racistes contre les militants du Swapo, une force politique opposée à l’occupation et à la domination du territoire namibien par le gouvernement sud-africain. Près de 600 réfugiés namibiens, pour la plupart des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont perdu la vie à traverds l’assaut  des racistes de l’apartheid. L’action des forces militaires cubaines, qui ont continué leur avancée vers Cassinga malgré le risque de bombardements, a forcé au retrait les assaillants et sauvé la vie du reste des quelque 3 000 réfugiés du camp. La contribution de Cuba n’était pas seulement militaire, elle consistait aussi en l’assistance humanitaire aux victimes de ce massacre, dont beaucoup ont été soignées puis sont parties  étudier  dans la Grande Antille.

L’Agression, que les forces sud-africaines ont perpétré a rempli son objectif du point de vue militaire,  mais c’était une défaite politique qui a incité l’adoption de la résolution 435 des Nations Unies, qui a exigé l’indépendance de la Namibie L’Afrique est un continent avec des racines historiques importantes à Cuba, que les Cubains considèrent comme l’ancètre de leur nation. L’intervention  cubaine dans ce continent après la Révolution est aussi un hommage à la contribution des esclaves africains qui ont  nourri de leur sueur et de leur sang l’esprit de résistance et de victoire de notre pays.Cuba a toujours été guidée par des principes de solidarité et de coopération avec l’Afrique, dictés par l’héritage historique et internationaliste du Commandant en chef.

Notre coopération avec l’Afrique a été historique. Aujourd’hui, des milliers de collaborateurs cubains continuent d’aider le développement socio-économique de ce continent. Quand il a s’agi de condamner Cuba, les USA n’ont jamais obtenu de la part d’aucun pays africain la moindre condamnation.

Dans sa lutte désintéressée contre l’odieux colonialisme en Afrique, Cuba, avec tout son héritage de solidarité, a accédé à l’ histoire authentique, qui alimentera les heures qui lui  seront dévolues en un quart de siècle, plus une année, plus un mois, plus un jour. C’est ce qu’affirmait  notre bien-aimé Jorge Risquet Valdés , chaque fois qu’il décrivait  l’évolution de l’internationalisme cubain sur le continent ancestral.

Cet homme de fidélité séculaire qui restera pour l’éternité une figure de  l’internationalisme, était à côté de Dr. Rodolfo Puente Ferro et Angel Dalmau Fernandez un diplomate prestigieux, dès la première intervention de solidarité  militante  de Cuba, qui a eu lieu le 4 mai 1978, sur le sol angolais , à environ 250 km de la frontière avec la Namibie, à Cassinga, là où le  deuil de centaines de familles s’est perpétué.

Le président angolais Agostinho Neto avait prévu cet endroit pour le chef de la guérilla namibien, Sam Nujoma, pour que s’y refugient   ceux qui fuyaient les exactions et l’occupation illégale  de  l’Afrique du Sud dans leur pays. Au quatrième jour, alors que les habitants étaient des milliers tentant de survivre au quotidien, ils furent surpris par un soudain assombrissement du ciel. Il s’agissait de bombes à fragmentation larguées à partir d’avions  à la solde de l’Afrique du Sud. Ensuite, des centaines de parachutistes ont débarqué des navires du type Hercules C-130, pour achever l’oeuivre de mort..

Les Cubains du Groupe Tactique n ° 2 qui se trouvaient à 16 km de Cassinga ont soudainement senti l’ébranlement de la terre sous l’impact des bombes . Ils devaient réprimer  l’instinct qui les poussait à partir immédiatement pour défendre  les réfugiés, ils devaient  attendre les ordres de commandement supérieur, mais les communications infructueuses avec le Régiment du Sud à Lubango, où se trouvait le chef du groupe tactique, le major Arnaldo Gomez Bacallao, aurait retardé leur sortie jusqu’à là où ils en étaient surs,  il y avait un massacre.

Peu après 10 heures de la matinée, ils partirent  sous le commandement du chef des opérations Julio Perez Hernandez, avec des chars, canons 85mm, infanterie motorisée, batteries antiaériennes, suceptibles de faire face  à une attaque sophistiquée de l’aviation. À cet égard, il y a plus de 400 anecdotes dramatiques qui n’ont pas donné lieu à publication  dans un livre, un documentaire et un film. Cependant, les événements tragiques de Cassinga depuis des décennies ont été voués à l’inertie d’ un silence inutile et malheureux.

Le dixième anniversaire du massacre, fut célébrée par les forces armées sud – africaines comme  l’opération de parachutage qui aurait été le plus grand succés  depuis la Seconde Guerre mondiale et a ainsi été amorcées pendant des décennies un débat controversé entre la version raciste qui prétendait qu’il y avait des militaires et un arsenal de guerre à Cassinga, justifiant l’attaque contre une base « militaire » de la SWAPO [i] ; contrairement à la version namibienne, qui se souvient tous les 4 mai, ses victimes et que les survivants ont pleuré depuis.

 

Dans cette « controverse », les racistes  ont fait subir à  l’opinion publique une version lénifiante de leurs « exploits » et leur monopole médiatique a une telle puissance que, 40 ans après subsiste l’impudique idée que les paras n’étaient  pas des meurtriers des enfants et de civils impuissants; leurs discours à courte vue tiennent presque pour acquis qu’ils n’ont pas perpétué un massacre ou un meurtre d’êtres humains et ils insistent pour utiliser à ce propos  le terme de bataille.

Et s’il y avait bataille avec le Groupe tactique cubain n ° 2 de Tchamutete, qui, comme l’a dit Fidel dans l’une des cent heures partagées avec Ignacio Ramonet: ils ont marché pratiquement torse nu sous l’attaque aérienne ennemie. Ce fut l’une des actions de cette guerre dans laquelle nous avons eu plus de victimes, en raison du nombre de blessés et de morts.

Si nous analysons le nombre de victimes au combat durant l’Opération Carlota (787, d’après la note du MINFAR de décembre 1989), les seize autres étant tombés en défense de Cassinga en moins de douze heures, nous serons d’accord avec le Dr Mora dans son analyse à cet égard, que c’est le témoignage  effrayant qui s’est passé à  Tchamutete à Cassiga.

Cuba et la Namibie, leurs dirigeants et des hommes dignes, ont fraternisé pour dénoncer  la controverse divulguée  depuis près de quarante ans. Aujourd’hui, la maison éditoriale Verde Olivo,  assume la publication d’un livre namibien-cubain dans lequel la voix des témoins des deux nations fait surgir  l’histoire réelle, loin de toute apologie, quoique méritante.

 

Nota: Tenga usted sensible lector por vez primera, los nombres de los internacionalistas cubanos caídos en Cassinga. Para ellos, ¡Gloria!

Cassinga fut le commencement de la manière dont  les Cubains et les Namibiens ont versé leur sang ensemble contre le racisme et le colonialisme. Tout Cuba se joint à l’hommage de la Namibie et de l’Angola qui, ensemble depuis 2016, ont érigé un monument à Cassinga. Ce sont il est question dans ce  40ème anniversaire c’est de l’hommage aux valeurs qui sont d’une importance vitale pour tout le contexte d’époque.

Il s’agit de suivre   Fidel, qui en 1986 a déclaré: « […] Et vous n’oublierez jamais et j’espère que l’ histoire va pas oublier jamais le massacre de Cassinga […] Nous ne pouvons pas oublier, ce fut un test de la façon dont ils travaillent ces éléments racistes fascistes, un acte de terreur inconcevable  » [ii] .

Parlons tous les 4 mai, dans le présent, des 16 internationalistes tués et 86 blessés, des 600 Namibiens tués et des plus de 300 sauvés par le courageux personnel médical cubain. Faisons de la science des faits, la formule du temps, l’avertissement du présent et l’avertissement des choses à venir; l’hommage éternel aux héros qui, sur le chemin de Cassinga, ont trompé la mort. Que leur tempêrament  soit celui de nos enfants, celle que possédaient les hommes auxquels Mandela se référait: «aux hommes qui vivent dans l’histoire, en  brillant pour toujours».

Note: Lisez pour la première fois, lecteur sensible, les noms des internationalistes cubains qui sont morts à Cassinga. Pour eux, Gloria!

  1. Antolin Garcia Morgado.
  2. Eusebio González Hernández.
  3. Pedro Valdivia Paz.
  4. Ricardo Rey González Figueredo.
  5. Francisco Seguí Rodríguez.
  6. José Róger Méndes Román.
  7. Jorge Alberto Rodríguez Legón.
  8. Roberto Ambrosio Zamora Machado.
  9. Alfredo Varea Franco.
  10. Basilio Caraballo Domínguez
  11. Raul Zalgado Espinosa.
  12. Felix A. Cordero Barbeira
  13. Redento García Iglesias.
  14. Raúl Fernández Acosta.
  15. Jorge L. Mendosa Tamayo.
  16. Modesto Fernández Pena.

Notes:

[i] SWAPO (Organisation du peuple du Sud-Ouest africain, Organisation populaire du Sud-Ouest africain). Il est apparu le 19 avril 1960 et très tôt il a dû opérer depuis l’exil, à cause de la persécution qu’il a subie sur son propre sol occupé par les racistes sud-africains.

[ii] Paroles du Commandant en Chef Fidel Castro Ruz, en rencontrant des milliers d’internationalistes cubains à Luanda, en 1986.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

 

Monika nous transmet : Oumar Mariko, candidat à la présidence du Mali (photo et vidéo) dans le Donbass

Et Monika toujours égale à elle-même, force, optimisme et foi en l’avenir… nous explique :L’Union Soviétique se reconstruit pas à pas dans ce qu’elle avait de meilleur… je dois dire que j’avais besoin de ce message dans un moment où mon pays me désespère, et je ne dirai rien de la direction de ce qui fut le pCF. Du mali où nous sommes censés intervenir pour le bien être des populations, nous ignorons tout, mais à peu à peu au-dessus des têtes de nos colonialistes des liens se tissent (note et traduction de Danielle Bleitrach)

NA Président DNI Dennis Pushilin a rencontré le candidat à la présidence du Mali Oumar Mariko (photo + vidéo) / Président du DPR Denis Conseil populaire Pushilin a rencontré Oumar Mariko, candidat à la présidence du Mali (photo et vidéo)

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Dans le cadre de la visite d’étude à la République populaire de Donetsk de l’Assemblée nationale de la République du Mali, Président du « Solidarité pour une Afrique indépendante et démocratique» (ISAD) Oumar Mariko, il a rencontré le Président du Conseil national de la DNI Dennis Pushilin. Ceci est rapporté par un correspondant du site officiel de la République populaire de Donetsk.

« Je suis content d’être ici. Toujours rêvé de visiter l’URSS, même quand elle a cessé d’exister. le Mali prend un vif intérêt à coopérer avec les pays de l’ex-Union soviétique, donc je souhaite maintenir des contacts dans le domaine de l’éducation et de la santé. Le peuple soviétique a fait de nombreux efforts pour promouvoir le développement de la santé, de l’éducation et de la sphère militaire au Mali. Cela est d’une grande importance pour le renforcement de la souveraineté et des liens entre les pays « , a déclaré Umar Mariko.

Les participants à la réunion se sont informés mutuellement de la situation politique interne dans leurs pays. Selon Umar Mariko, un État indépendant de l’Azawad a été proclamé sur le territoire du Mali, mais cet événement n’a rien à voir avec la volonté du peuple dans le Donbass. Dans le même temps, le pays africain est dominé par les médias occidentaux, donc des informations fiables sur la République populaire de Donetsk n’y arrivent pas.

Les interlocuteurs ont noté que, avec de grandes différences, il existe une similitude significative – plusieurs années sur leurs territoires, il y a une confrontation militaire, et cette année, des élections sont prévues pour les chefs d’Etat. Pour sa part, Denis Pusilin a souligné que, malgré les hostilités en cours, les habitants de la République retournent chez eux.

« Nous avons un potentiel industriel, une ressource humaine, une population travailleuse. Nous avons besoin de paix et nous pouvons pleinement nous développer. Avant les événements que l’on sait , la densité de la population de notre région était de 200 personnes par km2, dans les autres régions de l’Ukraine – 43, au Mali – 12. Ces chiffres indiquent que la population humaine, laborieuse est l’un des facteurs importants. Pendant le conflit, la situation a légèrement changé. Ceux qui sont partis sont revenus quand les combats étaient terminés », a-t-il dit.

A la fin de la réunion, Denis Pusilin a exprimé l’espoir que les prochaines élections au Mali se tiendront dans une atmosphère paisible, et Umar Mariko a souhaité qu’OUmar Mariko  obtienne la victoire.


Photo © Site officiel de la République populaire d’Allemagne

Photo © Site officiel de la République populaire d’Allemagne
 

En 2007, Kadhafi le révélateur par Danielle Bleitrach

Publié 12 décembre 2007 sur ce qui était alors mon blog (changement de société) et qui est celui de Marc harpon. J’ignore pourquoi il a ressurgi, mais je ne m’en plains pas dans la mesure où il témoigne d’une lucidité bien peu courante à l’époque (Note de Danielle Bleitrach en avril 2018 donc 11 ans après).

 

en 2007, l'amitié... Aujourd'hui ...en 2007, l’amitié… Aujourd’hui …Comme dit ma mère pour qui l’humanité se divise entre gens propres et gens sales: « il fait un peu négligé , mais il a de l’allure ». Kadhafi nous en fout plein la vue avec sa tente de Bédouin, sa djellaba, son lait de chamelle et ses « amazones » grassouillettes . Un homme dont les gardes du corps ont des fesses rondes, des genoux en X et des rondeurs boudinées  sous le rude treillis,   ne peut pas être totalement mauvais…   Kadhafi, cette  fuyante personnalité a le mystérieux pouvoir  de rendre ridicule tout ce qu’il touche, les fausses grandeurs s’effondrent, l’hypocrisie se dégonfle, c’est le privilège de la folie surréaliste.

Il fallait le voir hautain, lointain, niant avoir abordé la question des droits de l’homme avec Sarkozy. Au meilleur des cas il n’avait pas daigné écouter celui que la presse étrangère appelle déjà « le vendeur de vent ». Tout le cirque présidentiel, les hoquets vertueux des députés de gauche, la petite agitée des droits de l’homme et sa France paillasson, tout cela devenait complètement ridicule, du vaudeville! A quoi ne s’habitue-t-on pas à la longue?  On les voit à la télé, mais ne les entend même plus ces guignols, et ce avec ou sans kadhafi, mais avec lui tout à coup ça se voit, tout ça c’est du flan. Yama Rade, Kouchner et toute la gauche en bloc se fichent complètement des droits de l’homme en Libye, comme ils se moquent des torturés par les nord-américains, des suppliciés de Guantanamo et autres lieux semblables, c’est un fond de commerce.

Tout ça parce que cet  anarchiste couronné , halluciné, sorti de l’imagination d’Artaud ou de celle de Chester Himes pour le kitsch, traverse le décor et  les  ridiculise en les entraînant dans son sillage. Le bédouin drapé dans sa cape, le regard dissimulé derrière des lunettes ray ban, coiffé d’un camembert noir nous disait : « Ah vous voulez du théâtre, vous allez en avoir, personne ne peut me battre à ce petit jeu ! »

Pratiquement il n’y a pas eu un sujet sur lequel il ne se soit employé à dynamiter les positions vertueuses de la France.

A propos du Darfour – dossier sur lequel la diplomatie française cherche à hâter le déploiement de forces internationales officiellement  pour protéger les réfugiés -, M. Kadhafi a critiqué, mardi, « l’internationalisation du conflit ». « Si nous laissons les habitants du Darfour se débrouiller eux-mêmes, la crise du Darfour se terminera d’elle-même », a-t-il affirmé.

Mouammar(Vous remarquerez l’usage du prénom exotique dont la presse française ne se lasse pas !) donc Mouammar Kadhafi a fait la leçon aux Européens et particulièrement à la France sur le thème des droits de l’homme.  Donc mardi après avoir effrontément nié toute discussion avec Nicolas Sarkozy sur les droits de l’homme, ce qui revenait à le traiter de menteur ou à avouer qu’il avait dormi à ce moment pourtant crucial de la conversation, il a poursuivi son travail de sape devant des représentants de la communauté africaine réunis à l’Unesco. Il a longuement disserté sur les raisons qui poussent des jeunes gens issus de l’immigration à casser et incendier… les invitant à rentrer en Afrique s’ils ne sont pas certains d’être traités à l’égal de leurs compatriotes. « Je m’intéresse aux Africains (…) et je remarque que l’intérêt des autres pour les Africains n’est pas le même, a-t-il expliqué, selon la traduction simultanée de l’arabe au français. Les Africains immigrés sont considérés comme des marginaux, des nécessiteux. Parfois, ils réagissent par des actes de violence, ils allument des incendies. Nous sommes contre la violence. Mais cela veut dire qu’ils vivent des situations difficiles, qu’ils souffrent. Cela mérite qu’on s’y intéresse. Pourquoi ces incendies qu’ils allument ? Et ce qu’il y a des droits qui ne sont pas respectés, qui sont violés ? », s’est-il interrogé. « Nous sommes dans le pays des droits de l’homme (…) Le citoyen français, le citoyen belge, le citoyen anglais jouit de ces droits. Mais quand nous parlons des droits de l’Homme, nous devons aussi les appliquer aux étrangers (…) Qu’est ce qui fait que des jeunes brûlent des voitures, il y a des raisons, a-t-il insisté. Nous et le gouvernement français devrions le savoir. Nous avons besoin réciproquement les uns des autres. Il n’y en a pas un qui doit avoir la priorité sur l’autre. Cette question doit être étudiée en détail, a-t-il assuré, » au contraire de son hôte, qui avait estimé le 29 novembre qu’ »explique  les violences serait les excuser.Kadhafi sur sa lancée a enfoncé le clou en regrettant que les Africains aient été « colonisés, réduits à l’esclavage« , « utilisés dans les guerres« , exploités pour « travailler dans le bâtiment, construire les routes, dessécher les marécages« , puis « balancés dans les banlieues« . « La situation est claire, si nous n’avons pas notre place en Europe, nous avons notre continent« , a-t-il conclu, promettant de « prendre soin » des personnes intéressées par un retour.

Bertrand Delannoe – qui n’avait pourtant pas craint d’accueillir Condoleezza Rice comme une princesse surdouée au piano alors que les marines anéantissaient falloujah, considérant sans doute qu’une infirmière bulgare en vie valait beaucoup plus que 100.000 morts irakiens – donc le maire s’est plaint que les ponts de Paris aient été fermés aux piétons pour que Kadhafi puisse faire une promenade en bateau mouche. « Alors qu’il venait de faire un discours à l’UNESCO « indigeste » sur les droits de l’homme et les immigrés« . indigeste pour qui ? Pas ceux qui campent à la rue de la Banque en tout cas faute d’un logement dans Paris. Pendant ce temps là Ségolène Royal, François Bayrou et malek Halter manifestaient dans une cabine télphonique.

 

Le medef lui au  moins s’est montré logique, ila tendu la sébille pas le coktail molotov : Avant de se rendre à l’Elysée mercredi, le colonel Kadhafi a rencontré des chefs d’entreprise du Medef. Il leur a expliqué sans détour que la normalisation des relations politiques avec la France avait pour contrepartie la signature de contrats et des marchés ouverts pour les entreprises françaises.

 

L’Elysée a reconnu n’avoir pas parlé des « droits de l’homme » dans la deuxième conversation entre les deux présidents, vu qu’ils en avaient déjà parlé, enfin comme nous l’avons vu Sarkozy parlait..  kadhafi et l’interpète dormaient. En revanche Sarkozy lui a conseillé de prendre position sur les attentats d’Alger, ce à quoi Kadhafi a répondu qu’il ne l’avait pas attendu vu qu’il s’était longuement entretenu par téléphone avec Bouteflika.

 

Longtemps accusé de soutien aux attentats terroristes,  ses récentes déclarations à Lisbonne, dans lesquelles il disait le terrorisme justifié pour les « faibles »,  avait servi de prétexte aux hurlement d’indignation de ceux qui ne condamnent pas avec la même détermination les bombardements des B 52 sur des civils. Il faudrait, vu les dégâts respectifs, condamner avec la même vigueur les attentats suicides et les bombardements sur des populations innocentes, vu qu’effectivement tout le monde n’a pas les moyens de se payer un B 52.  Mouammar Kadhafi l’a fait remarquer et il  est revenu sur ses propos, mercredi 12 décembre, à Paris, lors d’un entretien sur la chaîne de télévision internationale France 24. « C’est clair, ce que j’ai dit va dans le sens de la lutte contre le terrorisme. Nous le condamnons », a déclaré M. Kadhafi. Mais« cela ne suffit pas. Il faudra trouver quelles sont les causes du terrorisme. Trouver les causes de la maladie pour la combattre », a-t-il ajouté en soulignant que les Etats ne pouvaient pas se contenter d’un « plan sécuritaire ». « Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’une lutte entre colonisateurs et colonisés, c’est un phénomène aveugle, c’est un terrorisme sans raison », a-t-il dit.

 

Comme chez les Bédouins on n’invite pas les gens pour les insulter, on s’interroge, dormait-il quand Sarkozy lui a fait la leçon sur les droits de l’homme ? Peut-être avait-il simplement honte pour son hôte de son absence de savoir vivre… D’ailleurs Sarkozy qu’un Colombien a récemment traité « d’exhibitionniste compulsif »a paru dans cette affaire un tantinet dépassé… Comme c’est gênant un chef d’Etat qui dévoile la folie de tous, et reste  les yeux clos derrière des lunettes de soleil, passant sans transition d’un mutisme hagard  aux propos les plus sensés, et fracassant avec une sorte d’innocence ravageuse tous les efforts diplomatiques … Tous les autres paraissent devenus fous y compris la Ligue des droits de l’homme  (LDH) qui dénonce ce mercredi le cynisme des autorités françaises qui reçoivent Mouammar Kadhafi « comme un prince » au moment où l’Algérie est frappée par des attentats. Pardon quel est le rapport ? Encore un qui semble ignorer les subtilités de la politique internationale et le fait que Kadhafi s’entend avec les Saoudiens comme chien et chat… les Saoudiens entre nous ils sont plutôt les courroies de transmission des dirigeants étasuniens… Vous me suivez?

 

Non, vous contemplez Gluksman et Bernard Henry levy petrifiés, Kadhafi c’est pire qu’un entartrage…

Au titre des curiosités de cette visite, il convient de conclure sur le titre du Figaro de ce jeudi :

Sarkozy accompagne Kadhafi sur les chemins de la respectabilité… (cf. article ci-dessous sur les relations avec dassault).

 

 

danielle bleitrach

Voilà ton article en Espagnol,

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=60592Amitiés. Caty.

 
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Publié par le avril 22, 2018 dans Afrique, HISTOIRE, INTERNATIONAL

 

Sahara Occidental : Macron incite le Maroc à faire la guerre à l’Algérie

Il était difficile d’éviter les images de la réception du dirigeant Saoudien à Paris juste avant les frappes, mais il ne s’agissait pas de la seule initiative diplomatique auprès des potentats arabes particulièrement réactionnaire et navigant de plus en plus en accord avec la monarchie saoudienne, à la fois contre l’Iran et contre les Etats qui prétendent résister aux injonction impérialistes macrono-trumpiennes. En effet si Trump est en train de peser sur l’Europe pour que celle-ci assume toujours plus l’OTAN et la présence américaine, en Afrique on assiste aux mêmes pressions pour entrer dans des expéditions. L’Algérie ayant résisté aux propositions d’expédition hors de son territoire, selon ce journal, l’entreprise de dépeçage interne et celle de l’hostilité de ses voisins aurait commencé. (note de Danielle Bleitrach)

15 avril 201896396
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http://algerietouteheure.com/sahara-occidental-macron-incite-le-maroc-a-faire-la-guerre-a-lalgerie/

Selon le journal Essabah, la France ne s’opposerait pas à une intervention militaire du Maroc, dans la zone tampon, au Sahara Occidental. Le chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel aurait été informé de cette éventualité, lors de sa rencontre à Paris avec son homologue français Jean-Yves Le Drian, une rencontre qualifiée de tendue, par certains observateurs. La position constante exprimée par Messahel, connu pour sa maîtrise des dossiers de la région, serait même à l’origine de cette campagne médiatique calomnieuse menée par certains lobbys du Makhzen, à son encontre. Sur ce registre, il faut noter que le jeu malsain d’Emmanuel Macron, s’inscrit dans le registre du marchandage, visant à impliquer l’Algérie dans le bourbier sahélien. La réponse sèche de Messahel, au sujet du refuge d’AG Aghali « Posez la question aux français et aux maliens » témoigne la maturité de la diplomatie algérienne, intéressée en premier lieu de la sécurité des frontières algériennes, que de s’impliquer dans des aventures servant les intérêts de la France et son hégémonie sur les richesses de ses anciennes colonies. L’implication à outrance de la France de Macron dans l’agression contre la Syrie, est un signe avant-coureur de la stratégie de la girouette sioniste de l’Elysée, d’ouvrir une tension au Maghreb entre l’Algérie et le Maroc, incitant l’inexpérimenté monarque ouvrir un conflit armé avec son voisin de l’Est, pour détourner l’opinion publique marocaine sur la crise socioéconomique qui secoue son pays et qui menace son fragile trône. La campagne haineuse menée par les réseaux sociaux à l’égard de l’ANP, suite au dernier crash de Boufarik, s’inscrit dans cette logique aventurière et suicidaire.

 

 

Scandale Sarkozy. Derrière « l’affaire », la véritable faute, c’est la guerre en Libye: une prise de position claire de L’humanité

excellente mise au point de l’humanité dimanche… Il ne faudrait pas qu’il y ait un jour la même si l’on soutient l’intervention française en Syrie sous le prétexte d' »une épuration ethnique » (sic) et vrai accompagnement idéologie des guerres impérialistes. (note de danielle Bleitrach)

JEUDI, 29 MARS, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE

Photo Patrick Kovaric/AFP.

Photo Patrick Kovaric/AFP.

Gardé à vue et mis en examen dans l’affaire du financement illicite de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a-t-il déclaré la guerre à Mouammar Kadhafi pour réduire au silence celui qui l’aurait aidé à accéder à l’Élysée ? Les véritables motivations d’une intervention soutenue par Londres, Washington, le Qatar et l’Arabie saoudite, et dont l’onde de choc continue d’empoisonner le climat sécuritaire dans le Sahel et l’Afrique subsaharienne, sont pourtant ailleurs.

Lui, comme tant d’autres, n’ose y croire. « Croyez-vous possible que l’intervention française de 2011 puisse avoir été menée pour empêcher Mouammar Kadhafi de révéler que son régime avait financé la campagne de Nicolas Sarkozy ? » s’enquiert le quotidien « le Monde » (24 mars 2018) auprès de Bernard Kouchner, ex-ministre des Affaires étrangères (mai 2007-novembre 2010). L’ex-chef de l’État, qui l’avait extirpé des limbes du Parti socialiste pour le propulser patron du Quai d’Orsay, « capable de se servir du droit d’ingérence pour couvrir le financement d’une campagne électorale » ? Impossible. La guerre en Libye, explique-t-il au diapason de son ancien patron, « visait à empêcher la démolition de Benghazi et le massacre d’une population qui se soulevait, dans la foulée des printemps arabes ». Certes, l’ex-French Doctor, qui a applaudi (timidement) à la guerre en Irak et (frénétiquement) à celle de Libye, concède qu’elles ont été « gagnées militairement » mais ont « détruit la région et causé des centaines de milliers de victimes ».

Engagé dans un bras de fer judiciaire qui pourrait lui coûter un séjour en prison (lire encadré), Nicolas Sarkozy ne peut se payer le luxe d’un tel mea culpa.

« J’ai été le seul chef d’État qui a reçu les opposants de Kadhafi, qui s’est battu à l’ONU pour que nous ayons un mandat pour que ce dictateur parmi les plus sanglants qu’ait connus le XXe siècle ne puisse plus continuer à imposer la terreur à son peuple », affirmait encore l’ancien président de la République sur TF1 le 22 mars dernier.

Pour Nicolas Sarkozy comme pour les soutiens à cette opération militaire, l’erreur fatale n’était pas la guerre en tant que telle, le changement de régime par la force ou le soutien à une opposition largement dominée par les islamistes, mais l’après-conflit et le refus des puissances occidentales d’occuper durablement la Libye. « L’erreur de l’ONU et de la France après la chute de Kadhafi consiste à ne pas être restées sur place pour installer un nouveau régime politique, estime encore Bernard Kouchner. Il faut toujours au moins deux générations pour que s’ancre la démocratie. Il est là le gâchis du cas libyen. »

Abdallah : « le cercueil est devant toi »

Une fois dissipé le brouillard de la propagande, c’est pourtant une tout autre histoire que raconte l’intervention promue par Nicolas Sarkozy, Bernard-Henri Lévy, David Cameron, Hillary Clinton et le cheikh Hamad Al Thani, ancien émir du Qatar.

Les quelque 6 000 morts victimes de la répression de Kadhafi (un chiffre qui gonflera jusqu’à 16 000) brandis par la Ligue libyenne des droits de l’homme ? Les enquêtes ultérieures réalisées par Amnesty International et Human Rights Watch feront état d’environ 300 morts, essentiellement des combattants.

Le caractère pacifiste des manifestants ? Une vérité partielle doublée d’un nouveau mensonge, puisque le Qatar, de l’aveu même du chef d’état-major de l’émirat gazier, avait déployé par centaines ses forces spéciales pour épauler et armer les rebelles, dès le début du conflit.

Le mitraillage à Tripoli des manifestants pacifiques par l’aviation de Kadhafi ? Une fable inventée par Al-Jazeera, la chaîne de télévision qatarie, qui justifiera l’instauration de la fameuse zone d’exclusion aérienne et qui jouera un rôle majeur dans l’adoption de la résolution 1973 par le Conseil de sécurité, le 17 mars 2011.

D’après les témoignages de ses proches, Mouammar Kadhafi avait été largement pris de court par la trahison de l’émir du Qatar, avec qui il entretenait d’excellents rapports avant la séquence dite des printemps arabes. Les relations avec l’Arabie saoudite, autre poids lourd de la Ligue arabe qui soutiendra avec enthousiasme l’opération de changement de régime impulsée par Paris et le département d’État dirigé par Hillary Clinton, étaient en revanche glaciales : en février 2003, le roi Abdallah pointait du doigt le « guide » libyen, qui fustigeait lors d’un sommet de la Ligue la soumission de la famille Saoud aux intérêts américains, avant de lui lancer cette menace aux relents prophétiques : « Ne te mêle pas de ce qui ne te regarde pas. Le mensonge est derrière toi et le cercueil est devant toi. »

Sans parapluie russe, chinois ou iranien

Principal concurrent des puissances du Golfe dans leur stratégie d’implantation sur le continent africain, essentiellement grâce au levier du wahhabisme et du commerce des âmes, Kadhafi avait cristallisé une rancune tenace sans disposer du parapluie russe, chinois ou iranien, à l’instar de la Syrie de Bachar Al Assad. Son poids au sein de l’Union africaine comme ses visées hégémoniques sur le continent heurtaient depuis des décennies les politiques néocoloniales menées par Londres, Paris et Washington. Un rapport parlementaire britannique publié au mois de septembre 2016 listait ainsi les cinq principales raisons ayant poussé Nicolas Sarkozy à la guerre, une évaluation basée entre autres sur une conversation entre des officiers de renseignement français et Sidney Blumenthal, un proche conseiller d’Hillary Clinton : « 1. Accéder au pétrole libyen ; 2. Accroître l’influence française en Afrique du Nord ; 3. Améliorer sa situation politique en France ; 4. Donner l’opportunité à l’armée française de renforcer son rang ; 5. Contrer la prétention de Kadhafi à supplanter la France comme puissance dominante dans l’Afrique francophone. »

Dénonçant les « postulats erronés » et, en creux, le déferlement de propagande ayant conditionné les esprits à la guerre, le rapport dresse ainsi le bilan de l’opération portée en première ligne par l’ancien président français : « Le résultat est un effondrement politique et économique, une guerre civile et tribale, une crise humanitaire et migratoire, une violation généralisée des droits de l’homme, la dispersion des armes de Kadhafi dans toute la région et l’apparition de l’“État islamique” en Libye. »

« La Libye, c’est notre guerre d’Irak à nous », relève Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières. Et comme pour l’intervention criminelle de Washington à Bagdad en 2003, celle menée à Tripoli en 2011 n’a fait l’objet d’aucune enquête judiciaire indépendante, contrairement à celle visant les largesses présumées de Mouammar Kadhafi vis-à-vis du clan Sarkozy.

Journaliste à l’humanité Dimanche
 

[Info RFI] Affaire libyenne: on en sait plus sur les éléments transmis à la justice

  • Les élements fournis par Tripoli qui envisage d’être partie civile dans l’affaire ont servis de base à la mise en examen. Le véritable crime qui ne sera jamais jugé reste la manière dont Sarkozy a pris la tête d’une croisade qui se traduit encore aujourd’hui par des milliers de morts, et outrepassant le mandat de l’oNU a mis à mort un chef d’Etat. Macron est-il jaloux de ces « lauriers »là et envisage-t-il une intervention en SYrie? Les faits retenus donnent simplement au crime d’Etat un caractère crapuleux. (note de danielle Bleitrach)
Nicolas Sarkozy, alors président de la République, reçu par Mouammar Kadhafi lors d’une visite à Tripoli, le 25 juillet 2007.
© REUTERS/Pascal Rossignol

En Libye, le chef de la division d’investigation auprès du procureur général, à Tripoli, a confié à RFI avoir communiqué, à la justice française, les dépositions de trois hauts dignitaires libyens emprisonnés et interrogés dans le cadre de l’affaire d’un présumé financement libyen de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, en 2007. L’ancien président français a été mis en examen la semaine dernière pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de détournement de fonds publics libyens ». Des faits qu’il a toujours niés. Selon les juges français, ce sont les éléments d’enquête libyens, récemment versés au dossier, qui ont permis l’accélération de la procédure et la mise en examen de Nicolas Sarkozy.

Sur ce dossier, « la coopération judiciaire existe entre la France et la Libye depuis plusieurs années », explique, à RFI, Assiddik Assour, chef de la division d’investigation du procureur général de Tripoli.

Une première demande avait été adressée par la justice française aux Libyens en janvier 2014, mais « la collaboration a véritablement débuté, il y a deux ans », précise le responsable libyen.

Puis, un coup d’accélérateur a été donné aux échanges entre Paris et Tripoli, il y a seulement un an. La justice française a alors dépêché plusieurs missions à Tripoli et ces derniers mois, la justice libyenne a commencé à donner concrètement suite aux demandes formulées par la France. Elle a notamment transmis les dépositions de trois hauts dignitaires libyens emprisonnés à savoir, Abdallah Al Sanoussi, ex-chef de renseignement extérieur libyen, Al Baghdadi Al Mahmoudi, ancien Premier ministre et Abdallah Mansour, ex-chef du renseignement intérieur.

Ces trois personnalités avaient été entendues, fin 2016 et début 2017, dans la prison d’Al-Hadaba, par le procureur général de Tripoli, mais jamais par des juges français. Assiddik Assour tient à préciser que la Libye a ouvert sa propre enquête sur un présumé financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy et c’est dans ce cadre que les dignitaires libyens ont été entendus.

Tripoli n’exclut pas de se porter partie civile dans cette affaire.

A noter que des extraits des dépositions des dignitaires libyens dont nous venons de parler et qui ont permis aux juges français d’avancer dans leur enquête, ont été mis en ligne sur le site du journal Mediapart, ce week-end.

 
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Publié par le mars 30, 2018 dans Afrique, Europe, GUERRE et PAIX