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Archives de Catégorie: actualités

La fin et le moyens, pourquoi Melenchon ne m’a pas convaincue

Le discours de mélenchon dans sa présentation générale a manifesté ses qualités de tribun, essentiellement ses références culturelles et son art de se positionner à gauche à partir d’un susbstrat historique qu’il maîtrise comme ses « humanités ». Incontestablement il a du souffle mais Mitterrand aussi sans parler de Hollande dont les ennemis étaient la finance.Il est bien pauvre celui qui ne peut pas promettre n’est-ce pas ?

Une manière de voir si les promesses sont crédibles est d’analyser le parcours de celui qui les prononce et surtout les moyens qu’il se donne, les garanties démocratiques. Ce discours a été celui d’une reprise en main, est-ce qu’il a atteint son but ? C’est aux adhérents de la FI de répondre, mais qu’est-ce qui peut créer le consensus dans un « mouvement » dont Melenchon a volontairement marqué le caractère hétéroclite comme pour mieux lui donner vocation à être l’ensemble de la gauche?  Comment tenir compte de la diversité proclamée ? C’était moins évident en dehors du fifre et du galoubet qui comme dans Cyrano se joue aux soirs de la bataille: « écoutez les insoumis, c’est toute la France insoumise », le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a aucune garantie si ce n’est le bon vouloir parfois capricieux du « Chef ».

Ainsi quand on analyse les « moyens » qui sont les siens, en particulier l’organisation qu’il préconise on s’aperçoit que comme c’est flou, il y a un loup. Il affirme l’aspect « mouvement » et il précise les composantes, il y a même des communistes mais des communistes « insoumis ». Qu’est-ce que cela veut dire exactement? Qu’ils sont reconnus comme « parti » dans un « Front »? Pas du tout puisque la nomination des responsables peut se faire sans qu’ils soient consultés en tant que tels, les critiques à ce sujet étant balayées d’un haussement d’épaule… Je n’ai pas une folle sympathie pour Clementine Autain et sa copine Faucillon, et surtout je ne souhaite pas hériter de la première, mais …  simplement cela confirme que Melenchon préconise une sorte de Front de gauche sous sa seule direction. Pas grand chose de nouveau donc; si ce n’est que c’est ce qu’elles voulaient et qu’elles l’ont eu …

Quand on manifeste la necessité du mouvement pour ne pas corseter l’expression populaire, – ce qu’a affirmé être son but  notre tribun de la plèbe-  et que dans le même temps on créé les conditions pour que la seule expression de la diversité soit celle de petits chefs ambitieux qui s’opposent pour mieux se poser faute de structure démocratique, avec l’arbitrage suprême du chef, on ne va pas très loin pour constituer une force de résistance et de reconquête face à une oligarchie qui divise pour mieux régner et qui comme Mélenchon ll’a justement montré tente toujours plus d’émietter la contestation populaire. Il a eu raison également de souligner que l’on ne peut rien attendre ni du capital, ni des médias à leur ordre. Que tout dépend ce que l’on est donc capable de construire et c’est là que ce qu’il propose ne me convainct pas.

C’est cela qui personnellement m’a toujours rebuté dans son invite. Qu’on le veuille ou non, déjà un parti demeure infiniment plus démocratique qu’un mouvement au moins dans la durée, mais il ne s’agit pas de n’importe quel parti si le but recherché est de donner la parole à ceux que le système capitaliste exploite et marginalise, ce qui est plus que jamais le cas. J’ai connu le temps où le pCF grâce à ses cellules en particulier d’entreprise favorisait l’expression de ceux qui n’ont jamais la parole, la classe ouvrière, les couches populaires mais aussi les employés et cadres de la fonction publique. Rien à voir avec les lieux de bavardage pour ceux qui savent parler tandis que les autres se taisent… Un instrument d’action en prise avec le terrain… Et un minimum de règles qui rendent supportable la nécessaire centralisation, alors que cela devient dans tous les autres cas « un cause toujours tu m’intéresses » et des décisions tombant d’en haut sans moyen de leur donner vie. L’adhérent est alors un simple exécutant et le lieu de décision celui d’une empoignade…

Quand je vois comment de toute part les médias aux ordres s’emploient à effacer jusqu’au mot communiste dans l’histoire comme dans la vie politique et offrent à la reprise en main de Mélenchon une après midi entière de diffusion de l’intégralité de son discours, j’ai comme un doute sur ce qu’ils cherchent en matière de division. Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi il faut effacer jusqu’au mot communiste, déformer l’histoire au point de nier l’apport de l’URSS et n’en faire plus qu’un repoussoir quitte à utiliser pour ce faire les sociaux démocrates et trotskistes, leur révisionnisme autant que la revanche de l’extrême-droite si ce n’est parce qu’ils ont peur de ce parti qu’ils disent moribond. Nous avons un acquis , des expériences dans ce domaine et si l’avenir ne doit pas être nostalgie du passé, celui-ci peut nous aider à éviter ce qui s’est avéré une erreur.

C’est parce que cette expérience démontre qu’il n’y aura pas de possibilité de convergence sans un ancrage dans ces couches populaires et cette classe ouvrière, que Melenchon qui, comme les autres, a fait la preuve qu’il voulait en finir avec le parti de la classe ouvrière et des couches populaires que l’on peut s’interroger. Sa seule excuse sur ce plan est qu’il n’a pas été le seul et que faire appel à lui participe d’une ligne de nos trois dernières directions depuis 20 ens et plus. Autre chose est le fait que depuis au moins le Congrès de Martigues nous n’ayons en tant que PCF plus aucune assise dans la classe ouvrière et que la preuve est faite qu’il ne suffit pas de présenter des ouvriers même si c’est un bon départ, nous devons porter notre effort là-dessus. Mais en sachant aussi que tout mouvement sous les ordres d’une chef ira a contrario de ce qu’il faut reconstruire.

C’est pourquoi  tout ne dépend pas de Melenchon ou d’un autre social-démocrate mais bien des communistes eux-mêmes dont le niveau de formation et d’organisation est préoccupant.  je continue à affirmer que les communistes doivent reconstruire leur parti avant de se préoccuper d’union de la gauche ou de Front de gauche avec ou sans melenchon. Mêmesi les échéances électorales, en l’occurence les municipales imposent des alliances que nul ne repousse, ils vont inévitablement être, y compris au plan électoral, être confrontés à la « reine des batailles » de la 5ème république, la présidentielle et s’ils se jouent à chaque bataille ce sera la fin parce que l’essentiel à savoir avoir des militants formés et organisés sera effacé. Si nous présentons un candidat ce que je crois indispensable, il sera celui du Parti qui ne doit pas être n’importe quel parti. . C’est ça qui fait du compte-rendu du dernier Conseil national un texte qui manque de souffle. Donner à d’autres y compris à Melenchon, le soin de se préoccupper du PCF, c’est une grande naiveté qui se terminera toujours par la nécessité de le suivre soit avec un cierge soit avec un baton, ce qui mène  le PCF et même les autres forces de gauche nulle part. Préoccupons nous de construire des listes au niveau local en tenant compte du terrain, mais envisageons une perspective politique sur le long terme en même temps. C’est ce qu’a essayé de faire melenchon, je ne crois pas à ce qu’il propose mais cela a le mérite de ne pas se jouer au jour le jour.

Si les communistes inversent la démarche en subordonnant une fois de plus la reconstruction du parti à une quelconque union sous prétexte que les élections devant nous exigent un rassemblement, la preuve est faite que la division telle que la souhaite l’oligarchie qui nous gouverne se poursuivra, s’amplifiera y compris avec la montée de l’extrême droite qui est et demeure le meilleur atout de cette division, parce que nous n’aurons pas pris le temps de construire un véritable Front populaire qui a besoin plus que jamais d’un parti révolutionnaire et pas de mouvements « radicaux ».

Danielle Bleitrach

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Publié par le juin 23, 2019 dans actualités, POLITIQUE

 

Déclaration commune des partis communistes et ouvriers sur l’aggravation des tensions et les dangers de la guerre des Etats-Unis contre l’Iran

6/18/19 9 H 55
Les partis communistes et ouvriers soussignés expriment leur grave préoccupation face aux récents développements dans le Golfe Persique qui constituent une menace importante pour la paix mondiale.

Les déclarations de l’administration américaine indiquent clairement qu’elle a l’intention de déployer tous les outils à sa disposition pour contraindre la République islamique d’Iran (IRI) à se soumettre à ses modèles hégémoniques dans la région.

Ils rappellent la décision prise par l’administration Trump en mai 2018 – en totale contradiction avec l’opinion publique mondiale – de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le Plan d’action global conjoint (Joint Comprehensive Plan of Action – JCPoA) de 2015 avec l’Iran. Cette décision, prise en dépit des appels lancés par le monde entier, y compris par l’ONU, a considérablement accru les tensions dans la région et a fait naître la menace d’une nouvelle guerre dévastatrice au Moyen-Orient.

Ils sont préoccupés par l’imposition de sanctions économiques, bancaires et monétaires à l’Iran, qui a sapé son économie et entraîné la fermeture généralisée d’usines, la chute libre économique et une augmentation du chômage et de la pauvreté.

Les partis communistes et ouvriers condamnent fermement l’administration américaine et ses représentants tels que Mike Pompeo et John Bolton pour avoir déclenché la montée des tensions et des menaces d’action militaire sur l’Iran, ainsi que le recours aux sanctions économiques comme moyen d’affamer le peuple iranien pour le soumettre.  Elle estime en outre que ces actions ont un impact désastreux sur la lutte continue du peuple iranien pour la paix, la souveraineté et la justice sociale, ainsi que pour les droits humains et démocratiques.

L’objectif de la politique américaine à l’égard de l’Iran est de garantir la domination incontestée de l’impérialisme américain et de ses alliés dans la région.  Les actions et les politiques de l’administration américaine concernant l’Iran ont été et continuent d’être coordonnées avec celles des gouvernements israélien et saoudien.

Ils craignent que si l’escalade actuelle de l’agression par les Etats-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient n’est pas freinée et inversée, le potentiel d’une nouvelle guerre désastreuse, avec des conséquences imprévisibles pour la paix et la stabilité dans la région et dans le monde, est réel et énorme.

Les forces pacifistes du monde doivent travailler de concert pour promouvoir la détente et dénoncer l’intervention étrangère dans les affaires intérieures de l’Iran.

L’avenir de l’Iran et de son système politique est une question qui devrait être déterminée par le peuple iranien et lui seul. Les partis communistes et ouvriers, ainsi que toutes les forces progressistes en Iran, rejettent l’intervention étrangère dans leur pays sous aucun prétexte.

Ils appellent toutes les forces militant pour la paix et le désarmement dans le monde à condamner l’administration américaine et ses alliés saoudiens et israéliens pour leur politique de confrontation avec la République islamique d’Iran en violation de la Charte des Nations unies.

Nous disons non aux sanctions et non à la guerre contre l’Iran.

 

Les noms des parties signataires de la présente déclaration :

Parti communiste du Bangladesh
Parti socialiste ouvrier de Croatie
AKEL (Chypre)
Parti communiste de Bohême et de Moravie
Parti communiste français
Parti communiste de Grèce
Parti des travailleurs hongrois
Parti communiste de l’Inde
Parti communiste de l’Inde (marxiste)
Parti Tudeh d’Iran
Parti communiste du Kurdistan-Iraq
Parti communiste (Italie)
Parti communiste jordanien
Parti communiste libanais
Parti communiste népalais
Parti communiste palestinien
Parti communiste philippin[PKP 1930]
Parti communiste portugais
Parti socialiste roumain
Parti communiste de la Fédération de Russie
Parti communiste d’Afrique du Sud
Parti communiste d’Espagne
Parti communiste des peuples d’Espagne
Parti communiste des travailleurs d’Espagne
Parti communiste syrien (unifié)
Parti communiste de Turquie
Parti communiste d’Ukraine
La déclaration est ouverte à d’autres approbations
source :  http://www.solidnet.org/article/Joint-statement-of-the-Communist-and-Workers-Parties-on-the-Heightening-of-Tensions-and-dangers-of-US-War-on-Iran/

Tag(s) : #Iran#USA#Solidnet#RIPCO#Communiste

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Assange: on lâche rien… manif marseillaise…

Petite manif ou grosse délégation hier devant le consulat britannique en soutien à Julien Assange. En tout il y aura eu une cinquantaine de personnes avec un noyau permanent devant les locaux, avec des tracts distribués aux passants et aux employés des docks. Le consulat qui a appelé la police refuse de nous recevoir mais nous tiendrons de 10 h30 à 13 heures où la Marseillaise qui s’est trompé d’adresse nous retrouve enfin avant dispersion.

Il y a presque autant d’organisations que de participants, je plaisante mais à peine, le PCF et le mouvement de la paix avec des drapeaux, la France Insoumise et une forte présence des gilets jaunes des Alpes de Haute provence et un marseillais, la plupart sont d’anciens membres du parti mais qui ont gardé des relations avec des militants communistes, mais il y a aussi des jeunes femmes qui sont indignées par ce qui est infligé à Assange. « Cette société marche sur la tête, elle enferme Assange et laisse en liberté des criminels de guerre ».

Nous sommes très contents d’être là parce que nous avons conscience du fait que le sort d’un homme qui a subi des tortures au moins psychologiques dépend de ces mobilisations. ils doivent savoir que partout il y a des gens en éveil.

Stephen Chalk est venu avec sa guitare et nous chantons avec lui des chants révolutionnaires, des inventions déjà testées sur les rond-points. J’ai la joie de rencontrer une lectrice du blog qui est venue exprès de Corse et qui nous suit sans oser intervenir mais qui pense que ce blog exprime ce qu’elle ressent et qu’elle tait. Il y a Albin, un camarade de Martigues qui est très content de leur résultat aux élections européennes « Il était temps qu’on apparaisse à nouveau ». Un camarade de La CGT des spectacles…

Stephen qui est le maître d’œuvre de tout ça a prévu une lettre impossible à remettre, le consulat s’est refermé, il ne reçoit plus personne et nous envoie les renseignements généraux, on l’enverra en recommandé par la poste…

 

 
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Publié par le juin 13, 2019 dans actualités, POLITIQUE

 

L’appel à l’action contre l’interdiction du communisme en Pologne

comme pour julien Assange j’ai une seule question ? Que fait la direction du PCF, enfin la direction qui s’est arrogé les privilèges  de l’internationale, de la presse communiste, des question européennes (avec l’affaire mal éclairée du PGE et du fric ) , de la formation, de la culture, des gens qui pourtant ont été mis en minorité au précédent congrès et qui continuent à mener leur politique  qui est tout sauf communiste. Jusqu’où pousseront-ils le déshonneur de se taire quand nos camarades subissent une répression pour ne pas fâcher les bailleurs de fond européens ? Jusqu’à quand traineront nous ce « boulet »?  (note de Danielle Bleitrach)

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La persécution anticommuniste en Pologne s’intensifie alors que les autorités de l’État tentent de criminaliser l’activité communiste en modifiant le code pénal. C’est un élément de la campagne anti-communiste visant à interdire le Parti communiste de Pologne. Les changements légaux font également partie de la persécution, comme un procès des membres du CPP et du comité de rédaction du « Brzask », qui a duré environ 3,5 ans, malgré le fait que le tribunal l’a déclaré innocent en janvier. En même temps, les autorités polonaises dressent d’autres obstacles à l’activité communiste, falsifient l’histoire et détruisent tout ce qui a trait au communisme et à la Pologne Populaire.

Les amendements au code pénal, y compris l’interdiction de l’activité communiste (article 256), ont été apportés à peine 10 jours avant les élections au Parlement européen. Ils signifient des peines plus sévères et inacceptables aussi qu’un élargissement du champ des crimes punissables. Les changements sont nombreux et concernent 105 articles sur 360 du code. Le gouvernement a présenté les changements en réaction au scandale de la pédophilie parmi les prêtres catholiques et lié à ce crime. Cependant, seuls quelques amendements le concernent.

Les changements réactionnaires ont été promus très hâtivement. Le 14 mai, le projet a été envoyé au parlement par le gouvernement. Le lendemain, la Sejm (chambre basse) a entamé la procédure législative. Le 16 mai, celle-ci a été votée et adoptée par le Sejm. Plus tard, le projet de loi a été transmis à la chambre haute – le Sénat, qui a ajouté 43 autres amendements et qui doit maintenant être soumis au vote au Sejm. Le gouvernement a la majorité dans les deux chambres, de sorte qu’il n’aura aucun problème à adopter les amendements. Ensuite, la nouvelle loi devrait être signée par le président. Un grand nombre d’avocats estiment que les modifications du code constituent une violation de la Constitution et des droits de l’homme. Cependant, la Cour constitutionnelle est actuellement contrôlée par les juges nommés par le gouvernement.

L’article 256* amendé interdit le communisme et l’assimile au nazisme et au fascisme. Auparavant, il pénalisait la promotion des « systèmes fascistes ou autres systèmes totalitaires de l’État ». Il y a 10 ans déjà, on tentait d’interdire les symboles communistes avec le même article, des protestations internes et internationales ont été prononcées et en 2011, il a été annulé par la Cour constitutionnelle. Cependant, ces dernières années, la loi a été très largement utilisée, comme le montre l’histoire du procès du CPP et du « Brzask ». La nouvelle version de la loi interdit l’idéologie, les symboles ou tout autre contenu (impressions, enregistrements), ainsi que la présentation et la possession de tout symbole de ce contenu. Le nouveau code augmente également la peine de 2 à 3 ans d’emprisonnement.

Nous exigeons toutes les poursuites contre les communistes à cesser immédiatement.

Nous appelons aux partis communistes à s’opposer à la campagne anticommuniste et à la pénalisation des idées communistes en Pologne.

Nous vous demandons d’organiser les manifestations internationales devant les ambassades de Pologne ou d’envoyer des lettres de protestation, de préférence le 12 juin, au moment où la nouvelle loi doit être adoptée par le Parlement.

 

*Nous incluons la nouvelle version de l’article qui interdit l’activité communiste en Pologne:

« Art 256

  • 1. Qui promeut publiquement le système nazi, communiste, fasciste ou un autre système totalitaire ou appelle à la haine sur la base de différences nationales, ethniques, raciales ou confessionnelles, ou en raison de l’absence de dénomination religieuse, est passible de la liberté pour un maximum de 3 ans.
  • 1a. La même peine est infligée à ceux qui propagent publiquement des idéologies nazies, communistes et fascistes ou une idéologie appelant à l’usage de la violence pour influencer la vie politique ou sociale.
  • 2. La même peine est appliquée à quiconque, dans le but de diffuser, produit, enregistre ou importe, acquiert, vend, offre, stocke, conserve, présente, transporte ou transmet un objet imprimé, enregistrant ou autre contenant le contenu. spécifié au § 1 ou 1a ou qui est porteur du symbolisme totalitaire nazi, communiste, fasciste ou autre, utilisé de manière à propager le contenu spécifié au § 1 ou 1a « .
 

Interview : Fabien Roussel : « Allons plus loin. La gauche se reconstruira dans l’action »

Cette manière de poser les problèmes me parait déjà beaucoup plus réaliste et plus consciente des nécessités du moment que tous les « big bang » ou autres démarches de sommet du genre sauve qui peut la gauche. Ce texte dit à quel point la situation est grave mais aussi qu’un espoir est né et qu’il serait criminel de ne pas avancer, nous communistes portons une responsabilité essentielle, que chacun prenne les siennes.  (note de danielle Bleitrach)

par  communistes PCFpopularité : 38%

Dans un entretien accordé à l’Humanité Dimanche, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF voit dans le scrutin des élections européennes, un « point de départ » pour le mouvement communiste, et pour la gauche qu’il appelle à l’action commune. « C’est maintenant que tout commence… ».

Quels sont, pour vous, les grands enseignements des élections européennes ?

Emmanuel Macron, après avoir siphonné les voix du PS en 2017, siphonne celle de la droite en 2019 et réussit à imposer son parti dans le paysage politique en faisant de l’extrême droite son vrai-faux adversaire. Nos concitoyens ne pourraient plus faire autrement que de choisir entre l’extrême droite et le libéralisme à la sauce américaine. C’est terrible comme situation politique, parce que les forces progressistes sont diminuées. Qu’elles soient unies ou non, elles sont affaiblies.

Les Français, à 50 %, sont restés chez eux et ne sont pas allés voter. Le Rassemblement national et Macron font chacun 5,5 millions de voix, quand 22 millions de Français ne sont pas déplacés pour aller mettre un bulletin dans l’urne. Je dénonce l’hypocrisie et la complicité de ces ultralibéraux au service de la finance qui prennent le risque de faire basculer notre pays et de le livrer à l’extrême droite. Les députés En marche ! se présentent comme un rempart contre l’extrême droite, dénoncent les dangers que représente le RN pour notre pays, mais dans les couloirs de l’Assemblée ou sur les plateaux télé, s’embrassent et cultivent leur complicité. Le RN et LaREM ont besoin l’un de l’autre. C’est extrêmement inquiétant.

Il y a aussi la politique menée par Macron…

Au lendemain de l’élection, nous tombent dessus en trois jours : la vente de Renault aux italiens ; l’annonce du plan social à Belfort ; et la liquidation de Whirlpool à Amiens. Évidemment que ça favorise la colère, la haine envers les puissants et les responsables politiques. Sauf que, aujourd’hui, la colère s’exprime avec un bulletin de vote RN. L’affaire General Electric est grave. Qu’il ne nous dise pas qu’il ne savait pas ! Macron a dit à son ancien conseiller, qui en est le directeur général, « attends la fin des élections pour annoncer le plan social ». Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. C’est corruption et complicités ! Ce n’est pas l’impuissance de l’État que je dénonce mais sa complicité.

Comment interprétez-vous le score décevant du PCF ?

Le principal enseignement, c’est que, lorsque les Français sont en colère, ils utilisent le bulletin RN et non celui de la gauche ou du Parti communiste. Nous devons faire l’analyse de cette situation. Comment construire les conditions pour recréer l’espoir pour que, demain, nous, la gauche, soyons la solution. Une gauche anticapitaliste, une gauche qui s’attaque au modèle économique. Une gauche qui remet en cause les logiques économiques actuelles.

Dans cette campagne, nous avons réussi à mobiliser les militants. Nous avons réussi à convaincre des soutiens très divers au-delà des rangs du Parti communiste. Beaucoup de responsables syndicaux, d’intellectuels se tournent de nouveau vers nous. Nous disposons d’une force qui est là, qui est riche et diverse. De plus en plus de gens croient, comme nous, qu’il faut profondément changer de modèle économique. C’est un acquis important de cette campagne que nous devons à notre présence à cette élection. Mais force est de constater que nous ne sommes ni rentrés dans le cœur des quartiers populaires, ni dans celui des ouvriers, des employés, des familles qui n’arrivent plus à vivre avec moins de 2 000 euros.

Pourquoi est-ce dans les catégories sociales les moins aisées que nous faisons le moins de voix ? Nous devons comprendre pourquoi et résoudre ce problème. Nous devons aller parler aux abstentionnistes et à ceux qui utilisent un autre bulletin que le nôtre, pour leur dire que c’est le système qu’il faut changer en profondeur et que le Parti communiste apporte des réponses. Il faut que l’on redevienne une force politique qui parle prioritairement au monde du travail, aux classes populaires, aux salariés, aux employés et plus globalement à tous les exploités, qu’ils en aient conscience ou pas. Le plaisir fut grand de mener cette campagne. Nous avons été fiers d’utiliser le vote communiste pour exprimer ces idées, d’aller convaincre. Maintenant, allons plus loin.

Macron veut installer le clivage « progressistes contre populistes », le RN joue les « mondialistes contre les souverainistes », la France insoumise oppose le « peuple » et l’« oligarchie », n’est ce pas la preuve que le clivage gauche-droite est dépassé ?

Je pense qu’il faut redonner du sens à ce clivage-là. Quelle gauche ? La question fondamentale, c’est comment réussir à reprendre le pouvoir sur la finance ? Les financiers et ceux qui défendent le capital agitent toutes les peurs : celle de l’extrême droite, celle de l’étranger, celle de l’avenir de la planète… Certaines de ces problématiques sont légitimes mais on ne peut pas les dépasser sans jamais remettre en cause le système. C’est donc là le cœur de la question qui est posée à la gauche. Est-ce qu’on peut trouver des points d’accord pour commencer à remettre en cause les fondements de ce système économique ?

Autrement dit remettre du contenu de classe dans le clivage gauche-droite ?

La gauche doit prendre conscience, et nous avec, que les capitalistes sont très forts. Ils ont gagné une manche ces dernières années. Nous devons l’analyser lucidement, nous mettre autour de la table et nous poser la question de comment reprendre la main. Je n’ai pas la prétention aujourd’hui d’avoir la réponse seul. Mais il faut avoir cette humilité-là. Ce que je sais, c’est que nous sommes très forts pour dénoncer les capitalistes, les financiers, ceux qui dominent. Mais beaucoup moins forts pour parler et convaincre ceux qui sont exploités, ceux qui sont dominés.

Le monde du travail est fort quand il est uni. Nous devons changer ce modèle économique pour remettre l’homme et la planète au cœur de tous les choix. Unis, nous serons plus forts pour reprendre le pouvoir sur la finance et décider de nos vies. Ce n’est pas qu’une question d’addition, c’est une question de bataille idéologique.

Dans ce contexte, la question écologique devient de plus en plus centrale…

Il faut s’adresser à la jeunesse, à ceux qui ont placé l’écologie en tête de leurs préoccupations et leur dire qu’il n’y aura pas de politique écologique sans remettre en cause le modèle économique. Le capitalisme vert, ça n’existe pas. J’ai toujours dit que cette question devait être une priorité pour nous. Le Parti communiste français, c’est l’humain et la planète d’abord. C’est clair.

La seule solution pour exprimer l’urgence écologique n’est pas le bulletin Vert. Le PCF a des propositions et un projet communiste qui répond au défi écologique et climatique. Nous devons montrer leur lisibilité et leur cohérence. C’est un problème de culture politique, de prise de conscience. Nous devons convaincre les jeunes et, pour cela, nous devons être encore plus nombreux. Nous appelons donc à un renforcement important de notre parti en nombre d’adhérents pour avoir plus de moyens humains, pour aller parler dans les lycées, les universités, les usines et les entreprises, pour convaincre de l’urgence à changer de modèle de société.

Au soir des européennes, un camarade est venu me voir et m’a dit : « C’est maintenant que tout commence. » J’ai apprécié cette formule. Cette campagne est un point de départ.

En 2017, la France Insoumise ne faisait plus référence à la gauche. En 2019, les Verts ne font plus référence à la gauche et ils arrivent en tête. La notion de gauche a-t-elle fait son temps selon vous ?

Je ne crois pas qu’il s’agisse pour nous de faire pareil. La gauche, si elle est disqualifiée dans les urnes, existe toujours dans les têtes. Comme la droite, qui a bien compris que Macron pouvait devenir son nouveau poulain. Cela dit, ces élections posent un certain nombre de questions et il va falloir prendre le temps de la réflexion. Je veux prendre le temps de me poser, d’écouter, d’étudier, de parler avec les militants. Je vais entamer une tournée des entreprises pour aller à la rencontre de ces salariés du public et du privé, échanger avec eux. Pour entendre leurs mots, ce qu’ils vivent dans leurs entreprises.

Mais n’est-on pas à la fin d’un cycle, y compris pour la gauche ?

Oui, la gauche peut disparaître et il peut y avoir demain un paysage politique structuré entre l’extrême droite qui fait peur et les démocrates qui seraient les sauveurs. Ça serait terrible. Pour déjouer ce piège, il faut faire ce qu’ont fait nos anciens en 1789 ou lors la Commune de Paris, il faut se remettre à rêver d’un projet d’émancipation humaine égalitaire. Un programme, ça ne suffit pas. Il faut réussir à se projeter dans un rêve humaniste, progressiste, communiste qui redonne envie de s’engager en politique au sens noble. Pas pour une boutique mais pour un projet de société.

Allez-vous rencontrer les autres forces de gauche prochainement ?

Oui, mais ça ne réglera pas tout. C’est facile de se retrouver avec des forces de gauche autour d’un café pour se mettre d’accord ou se dire qu’on n’est pas d’accord. C’est autrement plus difficile d’aller convaincre 10 millions d’électeurs qu’il est possible de changer la société ensemble. Je l’ai dit à Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure, je suis disponible pour discuter avec tout le monde sans préalable et sans dire qu’on a une réponse toute faite.

Après, il va y avoir des élections municipales. C’est un scrutin local, que les Français aiment bien. Le mode de scrutin permet les rassemblements les plus larges. Créons les conditions partout pour faire gagner des majorités qui vont porter des idées nouvelles et produire des actes nouveaux. Des élus qui vont défendre des services publics locaux, la gratuité des transports, l’écologie… qui vont se battre pour redonner des moyens aux communes et battre la droite de Macron et l’extrême droite.

Mais la gauche, ça ne peut pas être que des alliances électorales. Comment fait-on pour empêcher la privatisation d’ADP ? Comment fait-on pour gagner un moratoire sur toutes les fermetures de services dans les hôpitaux publics ? Pour que la ligne Perpignan-Rungis, le train des primeurs, ne ferme pas ? Pour empêcher les fermetures d’usines ? C’est concret, c’est maintenant et ça change la vie des gens. On peut mener ces batailles ensemble, gagner ensemble dans le respect des identités de chaque force. « C’est dans l’action que la gauche se reconstruira. »

Je pense que, aujourd’hui, il y a besoin surtout de rassembler celles et ceux qui veulent transformer radicalement la société. Il faut aller plus loin que la « gôche » avec un accent circonflexe. Produisons les idées qui vont nous permettre de sortir du capitalisme, une rupture heureuse avec la société actuelle vers une nouvelle société. Des gens qui veulent le faire, il y en a chez les insoumis, chez les Verts, chez les socialistes et chez les communistes bien sûr, mais il y en a beaucoup plus en dehors de nos partis !

Il s’agit moins d’additionner des forces politiques que d’additionner les idées, les gens et produire des actes. Quand les gilets jaunes disent que les politiques, « c’est de la merde », et qu’il y a trop de députés. Quand j’entends des responsables syndicaux qui disent : « La politique, ça ne m’intéresse pas, j’en fais pas. » C’est ça qui doit nous préoccuper. Il faut les convaincre qu’il faut qu’ils s’intéressent à la politique. Parce que d’autres le font et construisent leur avenir à leur place. Ce sera long mais c’est incontournable pour changer le rapport de forces dans notre pays. Oui, c’est maintenant que tout peut commencer.

Entretien réalisé par Stéphane Sahuc et Cédric Clérin

 
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Publié par le juin 9, 2019 dans actualités, POLITIQUE

 

La preuve par « le mouvement’ de la nécessité d’un parti communiste…

.Je ne me réjouis nullement vous pouvez le croire des problèmes de la France insoumise, je m’en réjouis d’autant moins que je considère que nous parti communiste sommes loin d’avoir résolu les notres.

C’est seulement d’ailleurs par rapport à la réflexion que nous devons avoir sur le parti communiste, sa stratégie, ses objectifs que cette analyse m’intéresse.

Comme l’écrit le camarade qui m’a envoyé ce texte, « il s’agit de des réalités concrètes et actuelles qui montrent les limites objectives de tout mouvement « gazeux » structuré sur une personnalité ou/et un petit groupe dirigeant et qui militent donc pour une structure partisane fondée à la fois sur le débat démocratique et la discipline dans l’action(centralisme démocratique).

La démocratie à l’intérieur d’un parti doit être une réalité effective, il ne s’agit pas de laisser chacun raconter sa vie, sans avoir le moindre pouvoir sur les décisions, mais bien de construire un espace où l’opinion et l’action des militants ait un sens. ce sens est défini par notre objectif: l’instauration du socialisme, le vrai, un changement de pouvoir, de société. S’entendre sur la finalité est le minimum. Mais aussi sur la nécessité si l’on veut aboutir à favoriser l’intervention populaire, celle de la classe ouvrière et de ses alliés objectifs. Cela définit la démocratie à laquelle nous aspirons et ce n’est pas la démocratie bourgeoise (« cause toujours tu m’interesses ») qui définit notre organisation, la confiance que nous avons dans nos dirigeants. La liberté, la lutte contre la tyrannie est avec la paix et la justice sociale l’aspiration des communistes, mais tout cela n’est pas donné c’est à construire dans le combat contre l’oppression, l’exploitation.

Malheureusement, depuis le congrès de Martigues, le pCF a lui-même un fonctionnement basé sur la toute puissance d’un groupe de dirigeants qui par censure, diffamation, limite le débat sur le fond pour mieux éviter de faire porter le débat sur nos buts et nos moyens, nous faire agir de scrutin en scrutin, d’opportunisme en opportunisme, nous transformer en un parti comme les autres, une machine à lutte des places.

Mais cette évolution qui nous a mené au bord de la liquidation, ne fait pas moins du PCF le parti dans lesquels les militants sont parmi ceux qui participent le plus à l’élaboration de l’action de leur parti. ce qui s’est passé au dernier congrès, la dernière campagne électorale en témoignent.

ce n’est pas sans inquiétude que j’au vu ce parti substituer à ce changement de ligne, un retour à un débat sur « l’union de la gauche » alors que s’impose la poursuite d’une réflexion sur notre propre rôle. Pas un sectarisme identitaire, non bel et bien nos buts révolutionnaires, le parti utile à l’intervention populaire, alors que celle-ci est de plus en plus coupée des jeux politiciens. Si nous ne menons pas cette réflexion, les faits sont tétus, nul ne le ménera à notre place et la dérive vers la droite et l’extrême-droite s’amplifiera.

Tel qu’il est ce parti affaibli, désorganisé, demeure le moins pire de tous, le plus apte à relever ces défis et je continue à penser que l’avenir de ceux qui veulent un changement de société et de pouvoir n’est ni dans la social démocratie, ni dans des mouvements tels que celui décrit ici, ni dans des groupuscules, mais dans la capacité des adhérents du parti à construire le parti dont nous avons besoin.

Là où il y a une volonté, il y a un chemin.

Il ne s’agit pas de la foi du charbonnier mais de l’expérience y compris celle qui est la mienne depuis vingt ans d’opposante à la ligne d’effacement derrière les soutiens du capital.

Je ne vois pas d’autre issue concrète par rapport à tout ce qui nous menace que de reconstruire ensemble un parti communiste digne de ce nom

(note de danielle Bleitrach)

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Des militants LFI déplorent en interne l’absence d’une « instance de décision collective » et « démocratique »
06/06/2019

Dans une note interne que nous avons pu consulter, plusieurs militants et cadres de La France insoumise dénoncent un manque de transparence dans les choix stratégiques et l’absence d’un organe de « décision collective » sur une « base démocratique ».
Après la déconvenue des élections européennes, l’heure est au bilan. Et il n’est pas très positif pour une partie de La France insoumise, comme le traduit une note interne au mouvement révélée par Le Monde et que BFMTV a pu consulter.

Parmi les 42 signataires de ce document titré « Repenser le fonctionnement de La France insoumise » figurent plusieurs candidats aux élections européennes et législatives, mais aussi des grands noms du mouvement comme Charlotte Girard, ancienne coordinatrice de campagne et de programme et ex-porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, ou Manon Le Bretton, à la tête de l’école de formation du mouvement.

L’objectif de la note n’est pas selon les signataires d’analyser les « multiples causes » du « fort recul électoral de La France insoumise » aux européennes, par rapport à la présidentielle et aux législatives. Néanmoins, le document traduit en cinq pages le malaise au sein du mouvement créé en 2016 autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Justement, après son score à la présidentielle, les signataires estiment que La France insoumise n’a pas « su maintenir la dynamique » et « s’ancrer fortement et durablement dans la société ».

« Les départs silencieux de celles et ceux qui ne reviennent plus »

Pour preuve, selon eux: un « affaiblissement du réseau militant » et le « départs de plusieurs responsables ». « Au-delà du départ de personnalités connues, le plus inquiétant est l’affaiblissement global du mouvement et les départs silencieux de celles et ceux qui ne reviennent plus car tout simplement ils.elles ne se sentent plus ‘à l’aise’ ou ‘utiles’ dans le mouvement », déplore la note.Si les rédacteurs avancent des « causes multiples », ils évoquent surtout un problème « lié au mode de fonctionnement du mouvement », et ce « depuis sa création ».

Un manque de transparence dans la prise de décisions stratégiques
En voulant rester « souple » et ne pas faire s’encarter ses membres, La France insoumise n’a aujourd’hui pour eux « aucune véritable instance de décision collective ayant une base démocratique ».

Si les signataires ne nient pas qu’il est possible de s’exprimer au sein du mouvement, ils déplorent que « les décisions stratégiques fondamentales » soit « finalement prises par un petit groupe de personnes », dont « l’identité » et le « champ d’action » ne soient pas clairement définies.

Une autre critique est adressée aux prises de position publiques du mouvement, qui se traduisent « essentiellement » par la parole du groupe parlementaire. Lequel n’a, pour les détracteurs, « pas reçu de mandat de la part du mouvement pour le faire en son nom ».

« Un tel fonctionnement n’a plus de justification »
La note déplore le fait que les positions des « équipes thématiques » ne soient quant à elles pas « assumées par le mouvement en tant que tel » et ne disposent pas des outils du parti « pour les faire connaître ». De même, la transparence des décisions finales sur les amendements portés par les insoumis est pointée du doigt.

« Un tel fonctionnement n’a plus de justification et n’a pas d’avenir une fois cette phase passée (celle des européennes, NDLR). Et il est dangereux pour l’avenir du mouvement », jugent les signataires du document.

Trois grandes mesures proposées avant le 23 juin
Ceux-ci proposent donc, avant l’assemblée représentative du mouvement le 23 juin, trois grandes mesures: l’organisation de « véritables débats contradictoires », la possibilité pour les insoumis de « proposer des textes au vote de l’Assemblée » et que « le principe d’une assemblée constituante du mouvement soit acté pour la rentrée prochaine ».

La fuite de ce document interne intervient dans la lignée de la prise de position de la députée FI Clémentine Autain, qui fustigeait mardi sur BFMTV « le bruit et la fureur » comme méthode politique.

« Je l’ai dit dans les réunions internes, (…) j’ai dit mes critiques et mes inquiétudes, que je ne savais pas comment se décidait la ligne », avait-elle précisé, ajoutant qu' »au sein de LFI, il y (avait) des militants qui (avaient) la même lecture politique (qu’elle) ».

 
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Publié par le juin 9, 2019 dans actualités, POLITIQUE

 

Les conditions d’une véritable réflexion des communistes se réaliseront nécessairement

un des principaux enseignements que l’on peut tirer des élections européennes est que le vote n’est plus orienté par l’adhésion à un parti si celui-ci est inaudible.

L’aspect contre-révolutionnaire de la situation est que faute d’un parti qui correspond réellement à un changement de société, de pouvoir et de transformation des conditions de vie des populations, les dévoiements; les manipulations règnent en maîtres sur ceux qui votent tandis que monte l’abstention. Avec cet erzatz suprême du changement de société que présente l’extrême-droite. C’est une tradition que je souligne dans mon livre, l’extrême-droite copie les révolutionnaires mais elle « déprolétarise » ou plutôt transforme les prolétaires en ce que rêve d’eux le capital : la lie de l’humanité prête à défendre les intérêts du capital par la haine, la violence, la division. Pour en arriver-là, rien de nouveau, les vieux pièges comme celui de Mitterrand : faire monter l’extrême-droite pour rester en place s’accompagnent d’autres. Est monté le libéralisme libertaire anti-peuple à la Macron, le jeunisme d’une écologie qui ne dérange pas les maîtres pollueurs du capital, ces « nouveautés » sont lancées comme des marques de savonnette, testés pour maintenir l’UE telle qu’elle est, l’atlantisme tel qu’il est, la France telle qu’elle est. Au racisme, à l’antisémitisme, au sexisme s’ajoutent désormais le mépris des vieux et l’austérité des pauvres comme des ‘remèdes’ au pillage de la planète par les multinationales financiarisées. C’est la montée des obscurantismes, la peur du progrès.

Mais chacun mesure bien à quel point ces « victoires » politiciennes ne résolvent rien, elles ne sont que des soins palliatifs, ce qui assure leur fortune momentanée est l’absence de véritables solutions politiques.

L’union de la gauche? Le soin palliatif de ceux qui eux aussi pensent s’économiser la lutte pour le changement tout en s’assurant des places, le droit à des strapontins dans les médias! L’Union de la gauche, mais elle a été essayée sous toutes les formes qui permettaient l’effacement des révolutionnaires, de ceux qui remettaient réellement en cause le capital. Avec le PS de Mitterrand, avec son succédané le mélenchonisme…  Et ce qui nous est donc proposé est un assemblage hétéroclite auquel personne ne croit. J’affirme même qu’au plan local, celui des prochaines municipales, les listes qui se présenteront sous cette étiquette  iront à la catastrophe et elles assureront un maximum d’élus au couple infernal du rassemblement dit national et la France dite en marche (à reculons conviendrait mieux). Et chacun le sait et mêmes les notables les plus roués tentent d’éviter les étiquettes de droite ou de gauche pour bénéficier d’une reconnaissance de proximité.

Cet appel à l’union de la gauche ne repose sur rien, une simple béquille idéologique qui ne porte plus rien. Et la domination du grand capital sur les médias, leur capacité de concevoir une campagne électorale comme le lancement de produits publicitaires s’accroit tandis que chacun se sent encombré par leur acquisition. Les problèmes s’accroissent, la réalité n’a pas d’exutoire.

L’aspect positif et sur lequel nous devons tabler c’est que loin d’emporter la totalité ou même la majorité de notre peuple, ces mécanismes de manipulation ne fonctionnent que sur un socle de 20% de convaincus. Encore faut-il qu’il existe.

Nous communistes depuis plus de 20 ans n’avons cessé de brader notre propre socle celui d’une changement de pouvoir et de société. Nous lui avons enlevé toute dimension crédible. Nous nous sommes effacés non seulement en n’apparaissant plus depuis 12 ans mais encore en n’ayant plus aucune finalité autre qu’un galimatias faussement humaniste et qui ne convainc personne.

De ce point de vue, la très belle campagne de Ian Brossat a ouvert des possibles, mais le véritable problème est qu’elle n’a pas mordu sur les couches populaires, sur la classe ouvrière et c’est de ça que nous devrions nous préoccuper en priorité. En particulier en revenant sur ce qu’a été la politique de désorganisation menée depuis le congrès de Martigues par chacun des trois secrétaires et directions de notre parti. Le miracle est qu’il reste encore un parti et des militants dans pareille situation.

Mais on ne saurait limiter à ces catastrophiques règnes l’analyse de la disparition de la finalité révolutionnaire dans notre parti. Dans mon dernier livre « le temps retrouvé d’une communiste », je propose des pistes et je les crois argumentées.

Notre analyse de l’avenir de notre parti a besoin d’être fondée dans le temps et l’espace, celui de la chute du socialisme européen, celui des apories de ce qu’on a appelé l’eurocommunisme et de l’hypothèse social-démocrate, celui de l’actuelle mondialisation capitaliste et de la remise en cause actuelle de la domination de l’occident, l’apparition d’un monde multi-polaire.

C’est en ce sens que je ne partage pas l’analyse de Nicolas Maury sur la situation internationale. Je crois qu’au contraire nous participons de la chute du monde occidental et que nous percevons celle-ci sans mesurer qu’elle est aussi naissance.

Je partage la plupart des points de cette analyse de Nicolas Maury en tous les cas cela nous change des appels à l’union de la gauche, véritable fuite en avant qui ne mène nulle part et certainement pas à un changement de politique et de société qui devrait être le souci principal d’un parti révolutionnaire. Ce n’est pas un quelconque sectarisme qui me fait dénoncer cet appel à l’union de la gauche et encore moins une volonté d’isolement (y compris électoral parfaitement hors de propos en l’occurrence) mais bien l’analyse concrète de la situation concrète : l’impossibilité pour le capital de gérer la planète à sa guise. La roue de secours de la social-démocratie n’étant plus de saison, elle ne peut servir qu’à empêcher le développement d’un parti révolutionnaire en maintenant la classe ouvrière domptée par la courte vue de la petite bourgeoisie.

En ce qui concerne la question internationale, je serais prête à participer à une discussion de fond si elle ne consiste pas comme au dernier congrès à détruire le texte initial pour le rendre inaudible et stupide. Est-ce que ce parti est capable de faire autre chose que de bloquer, censurer, diffamer, tout ce qui ne correspond pas à sa dérive social-démocrate trotskiste de ces dernières années? et de là faire passer pour « communiste » cet alignement indécent sur la politique de la CIA sous couvert des « droits de l’homme », ça c’est aussi une vraie question. Elle renvoie à ce qu’est la presse communiste, à la formation des militants, à la main-mise sur la culture, sur les questions internationales et ce qui n’est pas négligeable le PGE et ses financements. Si ces problèmes de base ne sont pas élucidés tout débat risque d’être biaisé.

Je ne suis pas pessimiste au contraire mais je ne participerai personnellement à un débat collectif que si les conditions en sont réalisées : si ce n’est pas cette année ce sera la prochaine et si je ne suis pas là il y en aura d’autres pour le mener.

Danielle Bleitrach