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Jeanne: quelles étranges convergences, à quelle urgence répondent-elles?

Jeanne , je publie ton texte avec lequel je suis en parfait accord, j’ai beaucoup de choses à dire là dessus, mais c’est le départ de Kazan, l’avion à prendre. Mais le centre de tes remarques est « guerre à la guerre ». Moi aussi j’ai lu et médité Anders, le seul à faire la relation entre Hitler et l’extermination des juifs mais aussi la guerre livrée aux soviétiques et Hiroshima, Nagasaki. pourtant c’est évident. Cela marque l’unité fondamentale d’un capitalisme en crise. Encore une idée centrale  du moment: le PCF est à deux doigts de disparaître. Pourtant une étrange conviction m’anime, ce que nous défendons ou plutôt défendions est juste, nous devons et pouvons triompher parce que nous sommes les seuls à être en capacité de comprendre la nature réelle de ce que nous devons affronter et jusqu’où ira le capitalisme… Il a commencé une guerre et masse ses troupes, ce qui se passe en Europe même, en Ukraine et ailleurs autant qu’au Moyen Orient illustre cette offensive. Il faut relire le début aussi du texte de PAM, comment ce gouvernement « nouveau » sitôt élu est déjà dans la crise, les démissions, ce système fait eau de toute part, il est dangereux. A cause de cela je ne crains aucun ennemi extérieur, celui émanant de ce système capitaliste à son stade sénile, mais notre propre faiblesse intérieure. Voilà je jette ça et je développerai bientôt (note de Danielle Bleitrach).
Quelle étrange chose un très grand nombre de mes lectures de ces jours-ci me ramènent à cet après-guerre et aux années 1950.
Années tout de suite happées par la conjoncture de la guerre froide et d’attaques frontales contre le communisme vainqueur de la guerre fasciste et de l’Axe partout en Europe, en Asie, sur mer, sur terre .
J’ai commencé par (re) lire allongée sur mon lit,”à la faveur” d’un mal de dos tenace, le livre acheté cet hiver d’Emmanuel Faye sur Heidegger et Arendt, puis j’ai vu la recension que tu en as mise ici sur le site, la réponse interpellante de” Lecca” ici dans les commentaires et enfin avant-hier j’ai lu le site “Greekcrisis” dans lequel le sociologue-ethnologue qui l’anime Panagiotis Grigoriou met une très longue citation absolument actuelle de Gunther Anders.
Comment d’un coup ces “rencontres” se sont liées dans mon esprit,au point de me faire me demander si toutes ces références étaient dues au hasard ou à un réel “esprit du temps” à une urgence intellectuelle posée pour penser notre conjoncture politique de désastre, à la lumière de cet après-guerre de la sortie du nazisme, de l’affrontement de classe dans la misère matérielle qui était la nôtre victimes directes du nazisme comme toi ou nouveau-né de la classe ouvrière comme moi ?
Je pense que cette liaison s’est faite sur plusieurs plans d’abord des “bouffées de souvenirs”, la mort des Rosemberg a été pour moi un “apprentissage politique” et pourtant je n’avais pas encore six ans, je me vois aller chercher mon père à son travail, il était mine défaite disant “ils les ont exécutés” et mes parents m’ont expliqué. C’est alors noué en moi quelque chose d’assez inexplicable de l’ordre” guerre à la guerre”, les gens qui se révoltaient contre leur pays qui avait osé lancer pour de vrai cette monstruosité de bombes atomiques et ce maudit pays capitaliste qui n’allait pas manquer d’en envoyer sur nous aussi d’après mon père me fichait une peur noire , heureusement qu’il y avait l’URSS disait-il.
Trois ans ou quatre ans après c’est Oppenheimer qui venait manger au restaurant où travaillait mon père (j’ai un menu signé par lui) et de nouveau on a reparlé de cette histoire de bombes atomiques.
Quel rapport avec Arendt, Heidegger et Anders ? Il se trouve que j’ai été chargée une année en terminale de faire les cours de la matière qui sous un sigle barbare ECJS était de l’éducation civique, et que j’ai pris comme thème de travail la “responsabilité”, j’ai donc fait lire ce grand livre de G.Anders qu’est “Nous, fils d’Eichman” qui est une lettre ouverte où il demande au fils de l’organisateur technicien, mais efficace, zélé de l’extermination des juifs de se désolidariser de son père. Il relie cela à la responsabilité du pilote qui a lancé la bombe sur Nagasaki avec lequel il a été en correspondance. Arriver à expliquer cela, d’abord de le faire lire à quelques lycéens m’a demandé un lourd travail (pour un assez piètre résultat pédagogique concret me semble-t-il) mais moi cela m’a secouée et je me suis lancée dans la lecture de Anders et d’Arendt dont il a été le mari, j’ai donc lu Arendt à partir de Anders.
Pendant mes études bien entendu j’avais lu Heidegger en français car je ne suis pas germaniste comme je te l’ai dit, j’ai eu beaucoup de mal, mais comme j’avais eu Aristote (in extenso à l’époque) au programme de l’agrégation, d’une certaine façon ,en faisant une petite tambouille intellectuelle perso.,et en utilisant mes connaissances de grec ancien (j’étais en A’ au lycée) j’avais réussi à l’appréhender, mais comment dire? comme je suis très matérialiste dogmatique et marxiste manichéenne par certains côtés je l’avais mis de côté car je le trouvais “macaronique” …
La question posée par Leca: “pourquoi s’intéresser à des philosophes manifestement nazis ou à ceux qui n’ont pas rompu avec eux”? est une question valide…
…Si, mais la condition est de taille , si on fait abstraction de l’histoire matérielle de la diffusion, de la réception des textes dans une société déterminée.
Oui Leca a raison : pourquoi s’intéresser à ces gens ?
Mais parce que Heidegger surtout en France a été donné comme le philosophe-phare de son temps, comme Descartes l’avait été au 17ème sicle pour des gens qui l’ont pourtant dépassé, critiqué comme Malebranche, Spinoza ou Leibniz, qui ne sont pas cartésiens, mais sont innervés par les concepts cartésiens. Ceci débouche sur la question historique:
Arendt est-elle la “disciple” de Heidegger, son élève et son amante ou est-elle la “Spinoza” de Heidegger qui rompt et produit autre chose? c’est une des questions posées.
L’autre question c’est “pourquoi en France surtout, a-t-on remis le pied à l’étrier de Heidegger? après la guerre” ?
En effet Heidegger a été soumis aux protocoles de dénazification : exclusion de l’université etc…
Sa réhabilitation va se faire en plusieurs points et étapes: d’abord on a dit que c’est pour des raisons factuelles, on ne pouvait diriger une université si on adhérait pas au NKPD, ensuite on a dit qu’Heidegger avait été gentil avec certains de ces étudiants juifs et ne les avait pas poussés de lui ^même dans les chambres à gaz (je force le trait ironiquement bien sûr) , mais chacun disait que 1- l’oeuvre elle même son contenu de H. était exempte de toute tache de pensée nazie, 2- que H.était resté sur l’Aventin et n’avait pas été un champion nazi dans l’arène politique. 3- qu’Hannah Arendt elle même après la guerre avait renoué (sur des bases non sexuelles ce coup ci) avec lui, et qu’intellectuellement bien quelle ne reprenne pas son contenu de philosophie et qu’elle se soit émancipée de lui elle n’avait jamais rien eu à redire de la place qu’il tenait dans la pensée européenne et occidentale au sens large.
C’est l’honneur d’Emmanuel Faye d’avoir montré par l’analyse des textes, de tous les textes, du vocabulaire qu’en fait Heidegger c’est le Nazisme DANS la philosophie. ceci dans son livre de 2005.
Dans ce livre de 2016 ce qu’il montre c’est que doit le concept de “totalitarisme” et aussi celui de “banalité du mal” forgés par Hannah Arendt, à la pensée de Heidegger.
Si on rejoint les deux thèses celle du livre de 2005 et celle du livre de 2016 c’est absolument angoissant.
Car si H. a été (et à mon avis est resté nazi) AH. elle, ne l’a pas été et ne saurait l’être ou y être associée.
Du coup (et c’est pour cela que la question se pose comme te le disait Danielle ,Lecca) on ne peut pas expédier le concept comme on ferme sa porte au facho de service… On se doit de s’interroger sur ce “contenu” des concepts Heidegerriens, mais aussi de ceux d’Arendt.
Moi, je dois dire qu’un abîme s’est ouvert devant moi.
D’autant que tout cela débouche sur la question du jour, pourquoi tout cela ressort-il actuellement, pourquoi nous sentons nous obligés de nous confronter à cette conjoncture de l’après-guerre quand la guerre atomique future était angoissante car on la voyait à l’horizon poindre, comme les “nuits bleues” des plasticages du siège du parti du 6ème arrondissement faisait peur à l’enfant que j’étais.
Pourquoi Anders nous aide-t-il à penser? Comment se débarrasser de l’Heideggerianisme qui traîne en nous? et dont on ne voit pas les origines nazies, pourquoi Arendt est-elle insatisfaisante ? alors qu’on avait tous les penchants spontanés de nos madeleines de Proust infantiles et intellectuelles qui nous poussaient à l’aduler ?
Bon j’arrête là car je ne tiens plus assise devant mon ordi… le dos !!
Je vais juste mettre, si j’y arrive en copier /coller la citation de Anders lue dans “greek-crisis” sur le commentaire suivant.
 

Après les élections… par Pierre Alain Millet

Mardi 20 juin 2017, par  Pierre-Alain , popularité : 26%

Après 4 dimanches bien occupés à organiser le bureau de vote Jean Moulin, concluant deux campagnes électorales prenantes, il est utile de faire un bilan… En résumé, la démocratie est bien malade, les quartiers populaires en sont le plus fort symptôme, et la recomposition des noms et les changements de tête n’y changent rien… La campagne présidentielle a commencé avec les « affaires » de candidats qui justifiaient ce que certains appellent le « dégagisme », le gouvernement commence à peine qu’il faut encore « dégager » deux ministres potentiellement mis en cause… Et le gouvernement commencera par finir la loi travail que le gouvernement précédent avait entamé sans pouvoir aller au bout des demandes du patronat…

Le « dégagisme », la « recomposition », ne sont toujours et encore que la même musique médiatique du tout change pour que rien ne change… Dans notre circonscription, le député a changé d’étiquette politique, mais il est le même pour voter les mêmes lois, mise en cause du droit du travail, mondialisation, réduction des services publics…

J’ai eu l’occasion de le dire après chaque dépouillement au bureau de vote Jean Moulin, tous les résultats confirment la fracture toujours plus profonde entre les citoyens et les institutions… L’alternance gauche-droite ne pouvait plus faire semblant de prendre en compte les mécontentements. Cette séquence électorale en sort en organisant un grand ménage du personnel politique. Le résultat est clair… Encore plus de patrons, de cadres supérieurs et de professions libérales présentés comme la « société civile ». Jamais la bourgeoisie n’aura géré aussi directement les affaires publiques !

Je redis donc à tous les abstentionnistes, notamment du premier tour, si nombreux dans mon quartier (près de 80% aux législatives !) : oui, la politique ne sert à rien si vous attendez le jour de l’élection pour vous mobiliser, alors, en fait, vous ne pouvez plus grand chose, vous ne pouvez qu’éliminer le pire… le système a organisé sa succession. Il n’y a pas de construction politique nouvelle sans que des milliers de citoyens ne s’engagent tout au long des années pour construire des solidarités, des actions collectives, des projets communs. Sans cela, l’élection est un piège ! Elle ne devient utile que pour un peuple uni et organisé pour se faire respecter, pour défendre ses droits. La démocratie, c’est à dire le « pouvoir du peuple », ne tient pas dans un bulletin de vote. Elle exige que le peuple soit capable d’exercer concrètement sa souveraineté.

Je pense aussi aux électeurs qui se sont dit, après tout, pourquoi pas ? Ce président est plus jeune, il va renouveler les manières de faire de la politique, il va changer des têtes… ce sera toujours mieux que ce qu’on avait. Ils vont vite constater que changer les têtes ne change rien au système ! La prochaine crise financière fera de nouveau exploser l’économie et ce seront encore les salariés qui paieront pour sauver les banques et le système, et ce sera encore la concurrence qui fera baisser le « coût » du travail, c’est à dire les salaires, et qui poussera toujours plus aux affrontements mondiaux et aux guerres. Bien sûr, il y a des gagnants dans ce système, et tous les commentateurs ont montré la fracture entre la France qui gagne, notamment dans les coeurs urbains des métropoles, et la France qui souffre, dans la rural, le monde ouvrier, les quartier populaires.

Cette France qui souffre a été profondément divisée au fil du temps au profit du Front National, mais le résultat de Jean-Luc Mélenchon montre aussi qu’une autre colère est possible, progressiste, solidaire, qui tient le cap à gauche comme on dit à Vénissieux !

Il est dommage que dans la 14eme circonscription, cette colère ne se soit pas rassemblée autour de Michèle Picard. Elle aurait alors été en tête sur la ville de Vénissieux, présente au deuxième tour, et, comme Jean-Paul Lecoq au Havre, elle aurait pu bousculer le système « en marche »…

Car à Vénissieux, toutes les autres forces politiques sont en recul sur 2012, Le FN et la droite perdent 1000 Voix, Yves Blein, passé du PS à en marche en perd 1500 ! Le total France insoumise-PCF aurait été la seule force à progresser de près de 500 voix sur 2012 ! Il est vraiment dommage que des divisions nationales qui n’avaient rien à voir avec la situation locale ne nous aient pas permis de concrétiser ce potentiel.

Pour ma part, j’en tire la conclusion que Vénissieux a les forces pour « tenir le cap à gauche », avec tous ceux qui veulent agir contre l’austérité, la précarisation du travail, la désindustrialisation, tous ceux qui veulent défendre les services publics, les communes, les droits !

Avec toute l’équipe municipale, nous avons multiplié les démarches pour associer les habitants à l’action publique, de nos conseils de quartier au conseil citoyen, du conseil de transparence du réseau de chaleur à l’enquête auprès des demandeurs de logement, sans oublier le conseil municipal enfant… Nous allons renouveler à l’automne nos conseils de quartier, nous allons présenter notre nouvel agenda 21 au grand rendez-vous de la ville… En fait, si on peut se permettre ce jeu de mot, Vénissieux est en marche avec son maire communiste et son équipe municipale de large rassemblement ! Chaque Vénissian peut prendre sa place pour défendre ses droits, son quartier, ses projets, sa ville.

 
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Publié par le juin 20, 2017 dans actualités, textes importants

 

Comme le dit Gilles : deux c’est mieux qu’un

Ce qui s’applique a pas mal de choses comme des lames de rasoirs peut très bien s’appliquer aux groupes parlementaires. Deux fois plus de moyen deux fois plus de temps de parole, deux fois plus d’efficacité…

Gillette : Deux c’est mieux qu’une (France – 1983) Gillette Thème : Va y avoir du sport Secteur : Articles de toilette Produit : Rasoirs jetables à 2 lames AnneauBarqueDouceurLameRameRasage
culturepub.fr
Il parlait bien sur de deux groupes à l’Assemblée Nationale: : celui  du parti communiste et celui de la France Insoumise.

Je suis d’accord, Gilles, il y a un moment ou face à un mélange d’illusions, d’ego surdimensionnés et d’impasses manifestes la dérision est une manière de retrouver le bon sens.Ne perdons pas de temps là-dessus et considérons la tâche à accomplir, les buts et les moyens. Outre que le décompte me parait des plus compliqués. En effet si J.L.Mélenchon s’attribue (je cite) 17 députés France insoumise, il ajoute 3 députés communistes et un DVG qu’il aurait soutenu. Ce qui est difficile à trancher c’est que tous es députés France insoumise l’ont été avec le soutien du PCF. Donc ça fit 11 députés, plus les députés d’outre mer, + les 17 députés de la France Insoumise derrière Adré Chassaigne.

Et on apprend au fil de l’après-midi que les discussions pCF direction et Insoumis Mélenchon soi-même buttent sur le remplaçant de Mélenchon au Parlement européen. Comme il avait été él sur une liste Front de gauche, la suivante est une communiste marie Pierre Vieu. Il exige, faute de quoi il n’y aura pas de groupe que son lieutenant battu aux législatives le remplace. Honnêtement je me demande si j’avais vingt ans si je m’engagerai dans cette politique là. Certainement pas. Alors il vaut mieux être séparé qu’assister à pareil spectacle au quotidien.

 

Celte histoire de  deux  me rappelle aussi cette chanson, y a qu’un cheveu sur la tête à Mathieu, y a qu’une dent dans la mâchoire à jean, qu’est-ce qui y a deux, y a deux testaments l’ancien et le nouveau…Pourquoi parce que la force de ceux qui nous oppriment est considérable et que parmi les abstentionnistes il y a un maximum d’ouvriers et de couches populaires que nous communistes n’avons pas su convaincre d’aller voter, alors que nous sommes ceux qui peuvent et doivent le faire. Et si nous ne le faisons pas, nous n’avons plus qu’à rédiger notre testament. Parce qu’il faut voir l’état réel du parti, celui non plus de sections mais de fédérations et non des moindres.

 

Mais le problème n’est pas que celui du PCF, ceux se gonflent de leurs maigres résultats feraient mieux de réfléchir à ce qu’il reste à accomplir y compris pour remobiliser les abstentionnistes dans les lutes à venir.On peut faire des effets de tribune, agiter les bras et déclarer que ce sont les nôtres, en grève. Il n’en demeure pas moins que la FI fait 6% des inscrits et nous moins de 2%. Qu’à partir de là, Melenchon en déduise comme il vient de le déclarer sur tweeter:que « c’est notre groupe qui appellera à la résistance le moment venu » relève d’une estimation pour le moins hasardeuse.sans parler de la négation totale du rôle des syndicats, de la CGT,  il me semble plus judicieux qu’il existe un parti, qu’il soit organisé et cela désormais passe par un Congrès du PCF.

 

IL est urgent,si l’on ne veut pas inscrire tous nos dernières volontés face à une Assemblée dominée par les marcheurs et la droite, et qui vont nous pondre ordonnances, lois destinées à presser le citron, il faut vite très vite que nous ayons un parti communiste en état de marche et pas seulement un ou deux groupes.

 

 

Pour cela, il faut un bon débat sur le fond. Donc je suis d’accord avec la proposition de Fréderic Boccara, Dimicoli et Marchand: il faut un congrès extraordinaire. Je partage leur diagnostic sévère sur la manière dont le parti a été conduit vers la catastrophe, même si je ne suis pas nécessairement d’accord avec les remèdes préconisés ni avec la manière dont le texte parait moins destiné à rassembler ceux qui veulent ce Congrès que faire passer leurs idées. Ce n’est pas nécessairement la meilleure méthode et il faut rapidement aboutir à un texte simple et direct qui expose les raisons qui nous unissent pour réclamer ce Congrès.

 

j’ajouterai que personnellement j’insisterai plus dans l’analyse de la situation sur les dangers que fait courir le pouvoir et pas seulement au parlement puisque on assiste avec toujours aussi peu de citoyens derrière eux à une main mise sur les médias et sur d’autres institutions. C’est pourquoi la bataille doit être menée partout et en particulier sur les lieux de travail, dans les cités populaires. Seul un parti qui fonctionne et pas seulement dans les élections, peut âtre réellement utile à cette situation. Nous avons des atouts, le fait que le président et sa majorité ne représente que 15% de l’électorat mais aussi que la réserve se situe justement dans les catégories qui devraient être les nôtres.  Notre principal atout étant la volonté des communistes à avoir cet instrument de lutte irremplaçable qu’est le parti .On l’a bien mesuré  puisque, comme depuis presque vingt ans, les communistes ont sauvé leur parti et ont augmenté le nombre de leurs députés d’une manière inespérée. Qu’ils soient victorieux ou battus, peu importe leurs efforts ont été héroïques alors même qu’une tactique irresponsable nous vouait à l’anéantissement, mais cela ne peut plus durer ainsi.

 

« Que les bouches s’ouvrent, pas de mannequins dans le parti » disait jadis Maurice Thorez face à ceux qui l’avaient conduit à ne plus être qu’une secte.

 

En attendant en ce qui concerne les autres forces (sic), aussi faibles que nous et plus encore, qui  prêtes à s’opposer à cette politique et à ce pouvoir, de la France insoumise aux restes d’un PS en débâcle, sans parler des verts dont justement plus personne ne parle,  retrouvons ce bon vieux slogan de jadis « Marchons côte à côte et frappons ensemble ».

 

Je viens de voir que Marine Le pen s’est un fois de plus emparée de ce vieux slogan du parti communiste français. Décidément l’histoire prouve que les fascistes n’ont jamais rien su créer pour s’adresser aux masses, ils se sont contenté de copier les communistes pour mieux dévoyer les aspirations vers le racisme et la xénophobie. Ce qui d’ailleurs permet aux adversaires de ce dernier de crier aux ressemblances…

danielle Bleitrach

 
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Publié par le juin 20, 2017 dans actualités, humour

 

Bravo camarades, les vainqueurs mais tous ont combattu… Il faut poursuivre…

c’est pym qui est derrière l’appareil.

Nous avons passé la soirée, tous les trois, PYM (Patrick Masson) Marianne et moi dans un restaurant azerbaïdjanais de Kazan où il y avait au rez-de-chaussée des enfants faisant la fête tandis que nous au balcon tentions d’apercevoir les résultats sur la télévision russe. Marianne revenait d’un trajet en car (8 heures) à Samara, et nous ne pensions qu’à vous les Français, vous mes camarades.

En rentrant notre soulagement fut grand de découvrir qu’il y avait 10 ou 11 députés. Notre chère Jeanne ce matin nous avait laissé ceci et nous en avons été ravies.

Ce soir 11 député-e-s communistes sont élus à l’Assemblée nationale Dimanche 18 Juin 2017
Il ne restait que 7 député.e.s communistes élus en 2012 (10 en incluant les député.e.s apparentés du Front de gauche). Voici la liste des député.e.s communistes élus en 2017

Ce soir 11 député-e-s communistes sont élus à l’Assemblée nationale
3 circonscriptions perdues en 2012 ont été reprises
3 circonscriptions nouvelles ont été conquises par le PCF
2 circonscriptions ont été perdues (1 dans l’Oise au premier tour et 1 dans le Cher au second tour)
5 circonscriptions ont été conservées par le PCF (avec 3 renouvellements)

La liste des 11 député.e.s PCF élu.e.s :

Stéphane Peu (PCF) élu député de la 2ème circonscription de Seine-Saint-Denis (reconquête)
Marie-George Buffet (PCF) réélue députée de la 4ème circonscription de Seine-Saint-Denis
Elsa Faucillon (PCF) élue députée de la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine (reconquête)
Jean-Paul Dufrègne (PCF) élu député de la 1ère circonscription de l’Allier (conquête)
Alain Bruneel (PCF) élu député de la 16ème circonscription du Nord
Fabien Roussel (PCF) élu député de la 20ème circonscription du Nord
Hubert Wulfranc (PCF) élu député de la 3ème circonscription de la Seine-Maritime (conquête)
Sébastien Jumel (PCF) élu député de la 6ème circonscription de la Seine-Maritime (conquête)
Jean-Paul Lecoq (PCF) retrouve son siège de député de la 8ème circonscription de Seine-Maritime (reconquête)
André Chassaigne (PCF) réélu député de la 5ème circonscription du Puy-de-Dôme
Pierre Dharréville (PCF) élu député de la 13ème circonscription des Bouches-du-Rhône

Chez les apparentés et les candidat.e.s soutenus par le PCF :

1 circonscription reprise (celle de Ruffin qui fut aussi celle de Maxime Gremetz)
1 circonscription perdue au 1er tour (Nanterre-Surennes)
2 circonscriptions conservées (avec un renouvellement)

Huguette Bello (PLR) réélue députée de la 2ème circonscription de La Réunion
François Ruffin élu député dans 1ère circonscription de la Somme (reconquête)
Clémentine Autain (Ensemble!) élue députée de 11ème circonscription de Seine-Saint-Denis

J’ajouterai les 16 candidats de la France insoumise dont J.L.Mélenchon a déjà annoncé – c’est bien de lui – qu’il formeraient un groupe autonome.

Cela dit une législature c’est long il y a des combats et il est probable qu’une grande recomposition à gauche va être mise en route. Mais surtout il y a l’urgence y compris celle de l’été où ce gouvernement va probablement commencer son sale travail contre nos droits et nos acquis. On peut espérer que dans le pays comme dans l’assemblée les forces s’uniront pour le combattre.

Le fait est que cette majorité présidentielle ne correspond pas à ce que veulent les Français, on ne parle pas d’abstention dans ce cas mais de véritable grève des urnes. Et je suis sur ce plan d’accord avec Mélenchon, c’est un grand potentiel pour ceux qui veulent combattre ce gouvernement, mais cette entente ne doit pas être une union des chefs mais bien être portée à la base. C’est pour cela que les communistes doivent avoir un débat au fond sur l’utilité du parti, pas seulement à l’assemblée nationale où leur rôle a toujours été exemplaire en particulier dans la loi sur le code du travail. Ce que reconnait ce résultat.

Les militants communistes doivent se réorganiser et le parti doit avoir un grand débat sur la manière dont il pourra être utile à ces combats, au rassemblement des Français partout sur les lieux de travail, dans les cités populaires et pas seulement dans un contexte électoral. C’est ce que nous disent ces résultats, à la fois l’élection de nos camarades, ceux de la FI et certains autres socialistes qui auront sans doute beaucoup de mal à cohabiter avec d’autres qui se considèrent déjà dans la majorité présidentielle. Mais l’abstention massive, le rejet dont elle témoigne des conditions de ces élections, l’urgence face aux mauvis coups qu se préparent montre à quel point nous avons besoin d’un Parti communiste uni et conscient de son rôle irremplaçable dans le rassemblement de l’unité populaire.

Félicitations aux élus et à tous ceux qui se sont battus et bien battus quel qu’en soit le résultats ils n’ont pas démérité, rien n’était joué, ils ont fait face. Ils ont sauvé l’existence d’un parti communiste, il reste à poursuivre leur œuvre, non pour nous mais pour le combat contre cette oligarchie minoritaire, qui prétend s’emparer de tous les leviers pour nous rendre la vie impossible.

Danielle et Marianne

De Kazan mais nous rentrons le 23 après un bref séjour à Moscou.

La principale idée que nous retirons de ce voyage (mais il y en a bien d’autres) c’est que ceux qui souffrent et n’en peuvent plus de cette société injuste ne nous demandent pas d’être beaux, avec de grands sentiments, et des proclamations généreuses, ils réclament notre efficacité pour les sortir des problèmes auxquels ils sont confrontés. Ce qui n’exclut pas au contraire les valeurs auxquelles nous tenons et sont effectivement humanistes.

 

 
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Publié par le juin 19, 2017 dans actualités

 

Brésil: Temer accusé de commander la « plus dangereuse organisation criminelle du pays »

 une nouvelle sur laquelle nos médias français n’ont pas beaucoup épilogué et qui pourtant témoigne de à quel type d’individu l’impérialisme US doit faire appel dans ses contrerévolutions apparemment légales comme au Brésil ou insurrectionnelle comme au Venezuela. (note de danielle Bleitrach)

Le président brésilen Michel Temer lors d’une cérémonie militaire à Brasilia, le 9 juin 2017 / © AFP / EVARISTO SA

Le président brésilien Michel Temer commande la « plus dangereuse organisation criminelle du pays », a accusé le magnat de l’agro-alimentaire Joesley Batista dans un long entretien d’une virulence inédite publié samedi par l’hebdomadaire Época.

Patron du géant de la viande JBS, le chef d’entreprise avait déclenché un séisme politique à la mi-mai en remettant aux autorités un enregistrement sonore dans lequel M. Temer semblait donner son accord pour acheter le silence d’un ex-député aujourd’hui en prison.

Les révélations de M. Batista peuvent être fatales pour le président : elles ont poussé la Cour suprême à donner son feu vert pour l’ouverture d’une enquête contre le chef de l’Etat pour corruption passive et entrave à la justice.

« C’est la plus grande et plus dangereuse organisation criminelle du pays. Commandée par le président », a souligné Joesley Batista.

« Ceux qui ne sont pas en prison sont aujourd’hui au palais présidentiel du Planalto, a-t-il ajouté. Ces gens sont très dangereux. Je n’ai jamais eu le courage de les affronter », a affirmé M. Batista à l’hebdomadaire Época, dans son premier entretien depuis qu’il a noué un accord avec la justice en échange de remises de peine.

Visé par plusieurs volets de l’opération « Lavage-express », l’enquête tentaculaire qui a révélé le méga-scandale de corruption qui secoue le Brésil, il a accepté de collaborer avec les autorités à mesure que l’étau se resserrait sur ses affaires.

Ses confessions explosives font état du versement de dizaines de millions de dollars de pots-de-vin pour alimenter les caisses noires de partis politiques de tous bords, y compris le PMDB (centre droit) de M. Temer.

« Dès que j’ai connu Temer, il a commencé à me demander de l’argent pour financer ses campagnes. Il n’a pas beaucoup de pudeur quand il s’agit de parler d’argent », a expliqué M. Batista dans l’entretien à Época.

« Il me voyait comme un chef d’entreprise qui pourrait financer ses campagnes et organiser des combines qui donneraient lieu à des pots-de-vin », a-t-il ajouté.

Le contenu de cet entretien a été qualifié de « tissu de mensonges » dans un communiqué de la Présidence, qui a assuré que M. Temer allait assigner M. Batista en justice dès lundi.

« Joesley Batista est le bandit notoire qui a obtenu le plus de succès de l’histoire du Brésil », accuse le texte.

« Dans l’entretien, il dit que le président lui demandait toujours quelque chose. (…) Mais le président n’a jamais eu ce comportement de mendiant. Au contraire, c’est lui qui cherchait à résoudre ses problèmes avec le gouvernement ».

En exil forcé depuis que le scandale a éclaté, M. Batista est rentré au Brésil dimanche et a réitéré vendredi dans une déposition devant la police fédérale les accusations portées dans son témoignage.

De nombreuses rumeurs le disaient à New York avec sa famille, mais son service de presse a expliqué dans un communiqué qu’il se trouvait en réalité en Chine « pour protéger l’intégrité de sa famille, qui a été menacée à plusieurs reprises depuis qu’il a décidé de collaborer avec les autorités ».

(©AFP / 17 juin 2017 19h38)

 
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Publié par le juin 18, 2017 dans actualités, Amérique

 

Déclaration du gouvernement révolutionnaire de Cuba

 rien n’éclaire plus la mesquinerie odieuse de l’impérialisme des Etats-Unis que l’acharnement contre la petite île de Cuba et son farouche besoin d’indépendance…Qu’il se trouve parmi les journalistes, les politiciens français des gens capables de justifier cette ignominie prouve la dégénérescence de ceux qui ont entrepris de parler en notre nom et soutiennent le bouffon Trump… (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société)

Le 16 juin 2017, Donald Trump, président des États-Unis, a prononcé dans un théâtre de Miami qui porte le nom d’un mercenaire de Playa Girón [Baie des cochons – NdR], un discours bourré d’une rhétorique hostile rappelant l’époque de la guerre déclarée contre notre pays, et dans lequel il a dévoilé la politique que son administration suivra contre Cuba et qui annule des progrès faits ces deux derniers années, après que les présidents Raúl Castro et Barack Obama eurent décidé, le 17 décembre 2014, de rétablir les relations diplomatiques et de s’engager sur la voie de la normalisation des liens entre les deux pays.

Dans ce discours, ainsi que dans un décret de politique intitulé : « Mémorandum présidentiel de sécurité nationale sur le renforcement de la politique des États-Unis envers Cuba » signé au même endroit, Trump inflige une régression aux relations entre les deux pays : il élimine les échanges éducationnels « interpersonnels » que pouvaient faire les individus, il instaure un plus grand contrôle de tous les voyageurs se rendant à Cuba et il prohibe les transactions économiques, commerciales et financières de sociétés étasuniennes avec différentes entreprises cubaines liées aux Forces armées révolutionnaires et aux service de renseignement et de sûreté, en vue de priver notre pays des revenus correspondants. Le président étasunien a, pour justifier cette nouvelle politique, avancé comme prétexte son inquiétude devant l’état des droits de l’homme à Cuba et son obligation d’appliquer rigoureusement les lois du blocus, dont la levée ainsi que toute amélioration des relations bilatérales seront conditionnées, selon lui, par les modifications que notre pays devra opérer dans son ordre constitutionnel.

Trump a aussi dérogé le décret de politique intitulé : « Normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba”, émis par le président Obama le 14 octobre 2016. Ce décret, tout en n’occultant pas les visées interventionnistes de la politique étasunienne ni la volonté de la Maison-Blanche de fomenter des changements dans l’organisation économique, politique et sociale de notre pays, reconnaissait toutefois, d’une part, l’indépendance, la souveraineté et l’autodétermination de Cuba, d’autre part le gouvernement cubain comme un interlocuteur légitime sur un pied d’égalité, ainsi que les avantages qu’une coexistence civilisée procurerait aux deux pays et aux deux peuples, malgré les grandes différences existant entre leurs gouvernements. Le décret admettait aussi que le blocus devait être éliminé en tant que politique anachronique.

La nouvelle administration étasunienne en revient aux méthodes coercitives du passé et adopte des mesures qui renforcent le blocus toujours en vigueur depuis février 1962, lequel non seulement inflige des dommages et des privations au peuple cubain et constitue un obstacle indéniable au développement de notre économie, mais viole aussi la souveraineté et les intérêts de pays tiers, d’0ù son rejet par la communauté internationale.

Les mesures annoncées imposent des entraves supplémentaires aux occasions déjà fort limitées dont bénéficiait le secteur entrepreneurial étasunien pour faire du commerce et investir à Cuba.

Elles restreignent encore plus le droit des Étasuniens à visiter notre pays, alors pourtant qu’ils doivent déjà demander des autorisations discriminatoires, au moment même où le Congrès du pays, reflétant la volonté de vastes secteurs de la société, réclame la levée non seulement de cette prohibition aux voyages, mais aussi des restrictions imposées au commerce avec Cuba.

Les mesures annoncées par le président Trump prennent le contrepied de l’opinion publique étasunienne, dont celle de l’émigration cubaine, qui soutient dans sa majorité la levée totale du blocus et l’instauration de relations normales entre Cuba et les États-Unis.

Au contraire, de nouveau mal conseillé, le président étasunien prend des décisions favorables aux intérêts politiques d’une minorité extrémiste d’origine cubaine implantée dans l’État de la Floride qui, poussée par des motifs misérables, s’entête à vouloir punir le peuple cubain d’exercer tout simplement son droit légitime et souverain d’être libre et de prendre en main ses propres destinées.

Nous analyserons ensuite plus en profondeur la portée et les implications de cette annonce.

Tout en dénonçant ces nouvelles mesures visant à durcir le blocus, le gouvernement cubain tient à signaler qu’elles sont toutefois vouées à l’échec, comme le passé l’a démontré à maintes reprises, et qu’elles ne parviendront pas à affaiblir la Révolution ni à faire plier le peuple cubain qui a fait la preuve, pendant presque soixante ans, de sa capacité de résistance aux agressions, de quelque type ou origine qu’elles soient.

Le gouvernement cubain refuse la manipulation à des fins politiques et selon un deux poids deux mesures de la question des droits de l’homme. Le peuple cubain jouit des droits et libertés fondamentales, et peut se vanter avec fierté d’acquis qui restent une chimère dans de nombreux pays du monde, y compris aux États-Unis, tels que le droit à la santé, à l’éducation, à la sécurité sociale, le droit à un salaire égal à travail égal, les droits de l’enfant, le droit à l’alimentation, à la paix et au développement. Cuba a aussi contribué à améliorer les droits de l’homme dans de nombreux endroits du monde, malgré ses modestes ressources et malgré les limitations que lui impose sa condition de pays soumis à un blocus.

Les États-Unis ne sont pas en droit de nous faire la leçon. Nous sommes sérieusement préoccupés, pour notre part, devant la façon dont les droits de l’homme sont respectés et garantis dans ce pays, qui connaît de nombreux cas d’assassinats, de brutalités et d’abus de la police, notamment contre la population afro-étasunienne ; où le droit à la vie est violé à cause de la prolifération d’armes à feu ; où l’on peut constater le travail des enfants et de graves manifestations de discrimination raciale ; où les services de santé sont menacés de nouvelles restrictions qui laisseraient vingt-trois millions de personnes sans assurance-maladie ; où la femme ne touche pas le même salaire que l’homme ; où les émigrants et les réfugiés, notamment ceux provenant de pays islamiques, sont marginalisés ; où l’on prétend ériger des murs conçus pour discriminer et dénigrer les voisins ; et où les dirigeants bafouent des engagements internationaux visant à préserver l’environnement et à faire face aux changements climatiques.

Nous sommes tout aussi inquiets devant les violations des droits de l’homme que les États-Unis commettent dans d’autres pays, y compris dans le nôtre où ils maintiennent en détention arbitraire et torturent des dizaines de personnes sur le territoire qu’ils occupent illégalement dans la base navale de Guantánamo ; devant les exécutions extrajudiciaires et les assassinats de civils par drones interposés ; et devant les guerres déclenchées contre des pays comme l’Irak, fondées sur des mensonges tels que l’existence d’armes de destruction massive, avec toutes les conséquences néfastes que l’on sait pour la paix, la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient.

Nous rappelons que Cuba est partie à quarante-quatre instruments internationaux sur les droits de l’homme, alors que les États-Unis ne le sont qu’à dix-huit, de sorte que nous avons beaucoup à montrer, à dire et à défendre.

Quand ils ont décidé de renouer les relations diplomatiques, Cuba et les États-Unis ont ratifié leur intention de développer des liens de respect et de coopération entre leurs peuples et gouvernements, conformément aux buts et principes consacrés dans la Charte des Nations Unies. Dans sa Déclaration du 1er juillet 2015, le Gouvernement révolutionnaire de Cuba a réaffirmé : « Ces relations devront reposer sur le respect absolu de notre indépendance et de notre souveraineté, sur celui du droit inaliénable de tout État de choisir son système politique, économique, social et culturel, sans aucune ingérence de quelque nature qu’elle soit ; de l’égalité souveraine et de la réciprocité, tous principes incontournables du droit international », qui ont été d’ailleurs entérinés par les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) quand ils ont signé à La Havane, à leur Deuxième Sommet, la Proclamation faisant de l’Amérique latine et des Caraïbes une Zone de paix. Cuba n’a pas renoncé à ces principes et elle n’y renoncera jamais !

Le gouvernement cubain réitère sa volonté de poursuivre un dialogue respectueux et une coopération dans des domaines intéressant les deux pays, ainsi que de négocier le contentieux bilatéral avec le gouvernement étasunien. Comme n’a cessé de le répéter Raúl Castro Ruz, président du Conseil d’État et du Conseil des ministres de Cuba, les deux pays ont prouvé ces deux dernières années qu’ils pouvaient coopérer et coexister d’une manière civilisée, à condition qu’ils sachent respecter leurs différences et promouvoir tout ce qui est bénéfique aux deux nations et aux deux peuples. Mais qu’on n’espère pas en échange que Cuba fasse des concessions sur des questions inhérentes à sa souveraineté et à son indépendance, ni qu’elle accepte des conditions, de quelque nature qu’elles soient.

N’importe quelle stratégie visant à modifier le système politique, économique et social de Cuba, que ce soit par des pressions et des diktats, que ce soit par des méthodes plus subtiles, est vouée à l’échec.

Car c’est le peuple cubain qui continuera de décider en toute souveraineté, comme il l’a fait depuis 1959, des changements qu’il conviendra d’apporter à Cuba, telle, en l’occurrence, l’Actualisation de notre modèle économique et social.

Comme nous l’avons fait depuis le triomphe du 1er janvier 1959, nous courrons tous les risques et continuerons résolument, sûrs de nous, de bâtir une nation souveraine, indépendante, socialiste, démocratique, prospère et écologiquement durable.

La Havane, le 16 juin 2017

URL de cet article 32009
https://www.legrandsoir.info/declaration-du-gouvernement-revolutionnaire-de-cuba.html

 

 

Classe nuisible Par Frédéric Lordon

http://lesillon04.hautetfort.com/archive/2017/06/17/classe-nuisible-5955008.html

Situation –

paru dans lundimatin#108, le 13 juin 2017

Logiquement, tout avance de concert. Au moment où Macron est élu, nous découvrons que La Poste enrichit sa gamme de services d’une offre « Veiller sur mes parents » à partir de 19.90€ par mois (plusieurs formules : 1, 2, 4, 6 passages par semaine). Le missionné, qu’on n’appellera sans doute plus « l’agent » (tellement impersonnel-bureaucratique – old), mais dont on verra si la Poste va jusqu’à l’appeler l’« ami de la famille », passe en voisin, boit le café, fait un petit sms pour tenir au courant les descendants, bref – dixit le prospectus lui-même – « maintient le lien social ». Résumons : Pour maintenir le lien social tout court, c’est 19.90€. Et pour un lien social béton (6 visites par semaines), c’est 139.90€. Tout de même. Mais enfin il y va du vivre ensemble.

En 1999, des lignards d’EDF en vacances et même en retraite avaient spontanément repris du service pour rétablir le courant après la tempête. Ils l’avaient fait parce qu’ils estimaient que, dans cette circonstance exceptionnelle, il se jouait quelque chose entre eux, le service public dont ils étaient ou avaient été les agents, et la société dans son ensemble, quelque chose qui n’était pas de l’ordre d’un lien contractuel-marchand et procédait de mobiles autres que pécuniaires. Maintenant que nous en sommes à l’étape de la forfaitisation du lien social, nous percevons combien cette réaction qui fut la leur a été une tragique erreur. Puisqu’il est décidé que tout, absolument tout, est monnayable, la prochaine fois que les lignes sont à terre, on espère bien que toute demande de reprise de service obtiendra pour réponse, au mieux la renégociation en position de force du tarif des prestations extraordinaires, et plutôt d’aller se carrer les pylônes.

Le contresens anthropologique du lien social tarifé semble ne pas apercevoir que, précisément, la transaction contractuelle-marchande n’est au principe d’aucun lien, entendons autre que le lien temporaire stipulé dans ses clauses, dont l’échéance est fixée par le paiement qui, dit très justement l’expression, permet de s’acquitter – c’est-à-dire de quitter. Après quoi les co-contractants redeviennent parfaitement étrangers l’un à l’autre. C’est pourtant ce modèle « relationnel » que la société néolibérale, La Poste en tête, se propose de généraliser à tous les rapports humains, désastre civilisationnel dont le désastre électoral de ce printemps n’est que l’épiphénomène. Mais aussi l’accélérateur. Avec peut-être toutes les vertus des accélérations à contresens : déchirer les voiles résiduels, clarifier la situation, rapprocher des points critiques. Si l’on peut placer un espoir raisonnable dans la présidence Macron, c’est celui que tout va devenir très, très, voyant. C’est-à-dire odieux comme jamais.

Car il ne faut pas s’y tromper, la France n’est nullement macronisée. Les effets de levier composés du vote utile font à l’aise un président avec une base d’adhésion réelle de 10% des inscrits. Quant aux législatives, le réflexe légitimiste se joint à la pulvérisation des candidatures d’opposition pour assurer de rafler la mise. Par l’effet de cette combinaison fatale, le 19e arrondissement de Paris, par exemple, qui a donné Mélenchon en tête au premier tour avec plus de 30% est ainsi bien parti pour se donner un député macronien – on aurait tort d’en tirer des conclusions définitives. Mais en réalité, au point où nous en sommes, tout ça n’a plus aucune importance. La vérité, c’est que « la France de Macron » n’est qu’une petite chose racornie, quoique persuadée de porter beau : c’est la classe nuisible.

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La classe nuisible est l’une des composantes de la classe éduquée, dont la croissance en longue période est sans doute l’un des phénomènes sociaux les plus puissamment structurants. Pas loin de 30% de la population disposent d’un niveau d’étude Bac+2 ou davantage. Beaucoup en tirent la conclusion que, affranchis des autorités, aptes à « penser par eux-mêmes », leur avis compte, et mérite d’être entendu. Ils sont la fortune des réseaux sociaux et des rubriques « commentaires » de la presse en ligne. La chance de l’Europe et de la mondialisation également. Car la classe éduquée n’est pas avare en demi-habiles qui sont les plus susceptibles de se laisser transporter par les abstractions vides de « l’ouverture » (à désirer), du « repli » (à fuir), de « l’Europe de la paix », de « la dette qu’on ne peut pas laisser à nos enfants » ou du monde-mondialisé-dans-lequel-il-va-bien-falloir-peser-face-à-la-Russie-et-aux-Etats-Unis. La classe demi-habile, c’est Madame de Guermantes à la portée d’un L3 : « la Chine m’inquiète ».

La propension à la griserie par les idées générales, qui donnent à leur auteur le sentiment de s’être élevé à hauteur du monde, c’est-à-dire à hauteur de gouvernant, a pour effet, ou pour corrélat, un solide égoïsme. Car la demi-habileté ne va pas plus loin que les abstractions creuses, et ignore tout des conséquences réelles de ses ostentations abstraites. En réalité, elle ne veut pas les connaître. Que le gros de la société en soit dévasté, ça lui est indifférent. Les inégalités ou la précarité ne lui arrachent dans le meilleur des cas que des bonnes paroles de chaisière, en tout cas aucune réaction politique. L’essentiel réside dans les bénéfices de la hauteur de vue, et par suite d’ailleurs la possibilité de faire la leçon universaliste aux récalcitrants. En son fond elle est un moralisme – comme souvent bercé de satisfactions matérielles. Sans surprise, elle résiste à la barbarie en continuant de boire des bières en terrasse – ou, plus crânement encore, en brassant elle-même sa propre bière.

Demi-habile et parfaitement égoïste, donc : c’est la classe nuisible, le cœur battant du macronisme. Elle est le fer de lance de la « vie Macron » – ou du vivre ensemble La Poste. Partagée entre les déjà parvenus et ceux qui continuent de nourrir le fantasme, parfois contre l’évidence, qu’ils parviendront, elle est la classe du capital humain : enfin un capital qui puisse être le leur, et leur permettre d’en être  ! Ceux-là sont habités par le jeu, ils y adhèrent de toute leur âme, en ont épousé avec délice la langue dégénérée, faite signe d’appartenance, bref : ils en vivent la vie. Ils sont tellement homogènes en pensée que c’est presque une classe-parti, le parti du « moderne », du « réalisme », de la « French Tech », du « projet personnel » – et l’on dresserait très facilement la liste des lieux communs d’époque qui organisent leur contact avec le monde. Ils parlent comme un journal télévisé. Leurs bouches sont pleines de mots qui ne sont pas les leurs, mais qui les ont imbibés si longtemps qu’ils ont fini par devenir les leurs – et c’est encore pire.

Cependant, l’égoïsme forcené joint à l’intensité des investissements existentiels a pour propriété paradoxale de faire de la classe de « l’ouverture » une classe séparée et claquemurée, sociologiquement minoritaire en dépit des expressions politiques majoritaires que lui donnent les institutions électorales – qui disent là comme jamais la confiance qu’elles méritent. La seule chose qui soit réellement majoritaire, c’est son pouvoir social – mais comme on sait, à ce moment, il convient de parler non plus de majorité mais d’hégémonie. Sans surprise, la sous-sous-classe journalistique en est le joyau, et le porte-voix naturel. L’élection de Macron a été pour elle l’occasion d’un flash orgasmique sans précédent, ses grandes eaux. Au moment où nous parlons d’ailleurs, on n’a toujours pas fini d’écoper. En tout cas la classe nuisible est capable de faire du bruit comme quinze. Elle sait ne faire entendre qu’elle et réduire tout le reste – ouvriers, employés, des masses elles bien réelles – à l’inexistence. Au prix, évidemment, de la sourde accumulation de quelques « malentendus », voués un de ces quatre à faire résurgence un peu bruyamment.

Il pourrait y avoir là de quoi désespérer absolument si le « progrès intellectuel » de la population ne fabriquait plus que des possédés, et se faisait le parfait verrou de l’ordre social capitaliste. Mais la classe nuisible n’est qu’une fraction de la classe éduquée. C’est qu’en principe, on peut aussi se servir de capacités intellectuelles étendues pour autre chose. Bien sûr on ne pense pas dans le vide, mais déterminé par toutes sortes d’intérêts, y compris matériels, à penser. De ce point de vue les effets du néolibéralisme sont des plus ambivalents. S’il fabrique de l’assujetti heureux et de l’entrepreneur de lui-même, il produit également, et à tour de bras, du diplômé débouté de l’emploi, de l’intellectuel précaire, du startuper revenu de son esclavage. La plateforme OnVautMieuxQueCa, qui a beaucoup plus fait que les directions confédérales dans le lancement du mouvement du printemps 2016 – qui a même fait contre elles… –, cette plateforme, véritable anthologie en ligne de la violence patronale, dit assez où en est, expérience à l’appui, une large partie de la jeunesse diplômée dans son rapport au salariat. Et, sous une détermination exactement inverse, dans ses propensions à penser. On peut donc ne pas tomber dans l’exaltation « générationnelle » sans manquer non plus de voir qu’il se passe quelque chose dans ces tranches d’âge. Si d’ailleurs, plutôt que de revoir pour la dixième fois The social network et de se rêver en Zuckerberg français, toute une fraction de cette génération commence à se dire « ingouvernable », c’est sans doute parce qu’elle a un peu réfléchi à propos de ce que veut dire être gouverné, suffisamment même pour apercevoir qu’il n’y a va pas seulement de l’Etat mais de l’ensemble des manières de façonner les conduites, auxquelles les institutions formelles et informelles du capitalisme prennent toute leur part.

Sur ce versant-là de la classe éduquée, donc, ça ne macronise pas trop fort – sans compter d’ailleurs tous ceux à qui l’expérience prolongée a donné l’envie de changer de bord : les cadres écœurés de ce qu’on leur fait faire, les dégoûtés de la vie managériale, les maltraités, les mis au rebut, à qui la nécessité fait venir la vertu, mais pour de bon, qui ont décidé que « rebondir » était une affaire pour baballe exclusivement, ne veulent plus se battre pour revenir dans le jeu, et prennent maintenant la tangente. Or ce contingent de têtes raides ne cesse de croître, car voilà le paradoxe du macronisme : en même temps qu’il cristallise la classe nuisible, son effet de radicalisation, qui donne à l’époque une clarté inédite, ouvre d’intéressantes perspectives démographiques à la fraction rétive de la classe éduquée.

Cependant le privilège social de visibilité de la classe éduquée, toutes fractions confondues, n’ôte pas qu’on ne fait pas les grands nombres, spécialement dans la rue, sans la classe ouvrière mobilisée. En l’occurrence affranchie des directions confédérales, ou du moins décidée à ne plus les attendre. Mais ayant par suite à venir à bout seule de l’atomisation et de la peur. Pas le choix : il faut qu’elle s’organise – se -organise… Et puis s’organiser avec elle. Caisses de solidarité, points de rencontre : dans les cortèges, dans de nouveaux groupements où l’on pense l’action en commun, tout est bon. En tout cas, comme dans la jeunesse, il se passe quelque chose dans la classe ouvrière : de nombreux syndicalistes très combatifs, durcis au chaud de plans sociaux spécialement violents, virtuellement en rupture de centrale, font maintenant primer leurs solidarités de lutte sur leurs appartenances de boutique, laissent leurs étiquettes au vestiaire et ébauchent un front uni. Si quelque jonction de la jeunesse décidée à rompre le ban ne se fait pas avec eux, rien ne se fera. Mais la détestation de l’entreprise, promise par le macronisme à de gigantesques progrès, offre d’excellentes raisons d’espérer que ça se fera.

Il n’est pas certain que le macronisme triomphant réalise bien la victoire à la Pyrrhus qui lui est échue. C’est que jusqu’ici, l’indifférenciation patentée des partis de gouvernement censément de bords opposés parvenait encore vaille que vaille à s’abriter avec succès derrière l’illusion nominale des étiquettes de « l’alternance ». Évidemment, l’alternance n’alternait rien du tout, mais il restait suffisamment d’éditorialistes abrutis pour certifier que la « gauche » succédait à la « droite, ou l’inverse, et suffisamment de monde, à des degrés variés de cécité volontaire, pour y croire. Le problème du macronisme, c’est précisément… qu’il a réussi : sa disqualification des termes de l’alternance prive le système de son dernier degré de liberté, assurément factice mais encore doté de quelque efficacité résiduelle. Quand il aura bien mis en œuvre son programme, poussé tous les feux, par conséquent rendu folle de rage une fraction encore plus grande de la population, où trouvera-t-il son faux alternandum et vrai semblable, l’entité faussement opposée et parfaitement jumelle qui, dans le régime antérieur, avait pour double fonction de soulager momentanément la colère par un simulacre de changement tout en assurant la continuité, quoique sous une étiquette différente ?

Résumons-nous : bataille terminale au lieu du noyau dur – le rapport salarial, via le code du travail –, intégration ouverte de l’Etat et du capital, presse « en plateau », extase de la classe nuisible et radicalisation antagoniste des défecteurs, colère grondante des classes populaires promises à l’équarrissage, fin des possibilités théâtrales de l’alternance, disparition définitive de toute possibilité de régulation interne, de toute force de rappel institutionnalisée, de tout mécanisme de correction de trajectoire : à l’évidence il est en train de se former une situation. À quelque degré, ce gouvernement-du-barrage-contre-le-pire doit en avoir conscience puisqu’il approfondit le mouvement, déjà bien engagé, de proto-fascisation du régime : avec les ordonnances du code du travail, la normalisation de l’état d’urgence en droit ordinaire a été logiquement sa première préoccupation. Ultime moyen de contrôle de la situation, lui semble-t-il, mais qui contribue plutôt à l’enrichissement de la situation. Et confirme que la question de la police va se porter en tête d’agenda, comme il est d’usage dans tous les régimes où l’état d’illégitimité n’est plus remédiable et où ne reste que la force armée, la seule chose opposable à la seule opposition consistante : la rue. Car il est bien clair qu’il n’y a plus que la rue. Si « crise » désigne le moment résolutoire où les trajectoires bifurquent, nous y sommes. Quand tout est verrouillé et que la pression n’en finit pas de monter, il doit se passer quelque chose. Ce dont les forces instituées sont incapables, seul l’événement peut l’accomplir.