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Loi travail : La mobilisation s’étend et le ministère du Travail propose une rencontre à la CGT

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Le ministère du Travail aurait contacté la CGT pour lui proposer une rencontre le vendredi 17 juin. | Reuters Le ministère du Travail aurait contacté jeudi la CGT pour lui proposer une rencontre le 17 juin prochain, selon un communiqué adressé aux membres du syndicat et publié sur le blog de la plateforme CGT pétrochimie de Normandie.

Cette demande de rencontre intervient à la veille du lancement de l’Euro de football, alors que la contestation contre la réforme du Code du travail se poursuit. La CGT est à la pointe de ce mouvement. « Après plus de trois mois de mobilisation, la ministre du Travail daigne enfin contacter la première organisation syndicale du pays ; il était temps! », peut-on lire dans ce communiqué diffusé jeudi soir.

Voici en attendant l’état du mouvement…La mobilisation s’étend
Déterminés à gagner le retrait du projet de loi travail et de nouveaux droits les salarié-es jeunes retraités privés d’emploi continuent cette semaine à faire la démonstration que les mobilisations se développent avec force. Les 8 et 9 juin étaient organisées de très nombreuses initiatives, rassemblements, manifestations, grèves, occupations pacifiques, et notamment :
– Des dizaines de milliers de retraité-es dont 5 000 à Paris ont manifesté dans plus de 90 villes de France pour exiger une augmentation de leur pouvoir d’achat à l’appel d’une intersyndicale (CGT, FO, CFTC, CFE CGC, FSU, Solidaires). Ces manifestations ont convergé avec les actions et manifestations des jeunes et des salarié-es contre la loi travail.
Dans tous les départements, des initiatives diverses et massives avec de nombreuses manifestations et notamment :
  • Au Havre 37 000 personnes ont défilé les grèves se poursuivent notamment à la Compagnie Industrielle Maritime et au terminal pétrolier.
  • A la frontière franco-belge, une manifestation a rassemblé 1000 salarié-es des 2 pays
  • En Ile de France, 1000 salarié-es ont bloqué le MIN de Rungis
  • Dans le Tarn des journées parking gratuit et coupure des radars ont été organisées
– Les mouvements de grève continuent à s’étendre avec de nouvelles professions et entreprises :
  • Les portuaires étaient massivement en grève, avec plus de 80% de l’activité arrêtée dans la quasi totalité des ports de France.
  • 6 sites de traitement des ordures et déchets ménagères sont en grève, dont celui de la TIRU (paris 13e) depuis 10 jours ;
  • La mobilisation est massive dans l’énergie avec notamment 200 000 foyers franciliens basculés ce 9 juin en heures creuses, des arrêts de travail dans 5 centrales nucléaires, plusieurs sites bloqués (Porcheville, Romainville, Villeneuve la Garenne…)
  • La grève continue chez les cheminots, les suites du mouvement sont débattues en AG et la signature de la CGT sur le projet d’accord sera décidée par les syndiqués
  • Les intermittent-es continuent à se mobiliser et ont envahi le siège du MEDEF le 8/06
  • La mobilisation s’ancre et s’élargit dans le privé avec des des actions reconductibles dans de nombreuses entreprises du verre (Owen Sillinoy 63, Pochet du Courval 80, Verrerie Brosse 76, l’ensemble des sites de Verralia,…), de l’agroalimentaire (Panzani 13, Volvic 63, William Saurin 02, Brossard 45 où les salariés après avoir investi une réunion avec la direction, sont en grève à 80% depuis mardi…) du commerce (Amazone 3 sites français sur 4, débrayages d’une heure dans les Intermarché), de la sécurité/prévention (SERRIS, ICTS…) Construction (Vinci IDF, SPIE 44)
La Votation dans les lieux de travail et de vie se poursuit : près de 600 votations sont recensés sur le site votationtravail.fr, permettant à toute la population et notamment aux ingénieurs, cadres et techniciens de débattre et donner leur avis sur la loi travail.
La mobilisation porte d’ores et déjà ses fruits, et des avancées ont été arrachées dans de nombreuses entreprises. Derniers en date, ERDF à Noisy le sec où les agents ont gagné des recrutements et augmentations de salaires tout en faisant profiter 820 familles de leur lutte, et les territoriaux de St Etienne et de son agglomération (embauches…).
La répression qui s’accentue est scandaleuse. Des dizaines de salarié-es mobilisés font l’objet de poursuites, un jeune militant de la CGT est même incarcéré depuis 3 semaines à Lille ! Le gouvernement doit retrouver la raison et répondre à la demande de l’intersyndicale qui appelle à des négociations ! La stratégie de passage en force ne fonctionne pas, les salarié-es sont déterminés à gagner :

le 14 juin s’annonce d’ores et déjà massif, et le 23 et 28 juin, nouvelles journées de grève et manifestation, sont prévues par l’intersyndicale.

La CGT appelle les salarié-es à continuer à étendre et amplifier leurs luttes !

Montreuil, le 9 juin 2016
 
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Publié par le juin 10, 2016 dans actualités, société

 

MANŒUVRES MILITAIRES EN POLOGNE ;L’Otan montre ses muscles à la Russie

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// https://tpc.googlesyndication.com/pagead/js/r20160607/r20110914/abg.jshttps://googleads.g.doubleclick.net/pagead/drt/s?v=r20120211 Si vous ne vous occupez pas de la guerre, ceux qui préparent la guerre s’occupent de vous…Il faut prendre la mesure de ce qui se passe désormais en Europe de l’est, l’affrontement programmé, la manière dont les Etats-Unis ont vassalisé l’Europe et nous impliquent dans leurs dangereux agissements. La Possible élection de Clinton ne peut que renforcer les périls.  (note de danielle Bleitrach)

http://www.tsa-algerie.com/20160609/lotan-montre-musces-a-russie/

13:01  jeudi 9 juin 2016 | Par Nacereddine Benkharef | Actualité
C’est le plus grand exercice militaire organisé par la Pologne et l’Otan depuis la chute du bloc communiste en 1989. Depuis mardi 7 juin et pendant dix jours, 24 pays, dont 19 de l’Alliance atlantique, participent à cette opération d’envergure, à quelques encablures de la frontière russe.

Baptisées Anakonda, ces grandes manœuvres, qui rappellent celles des temps de la Guerre froide, ont rassemblé 31 000 soldats – dont 14 000 Américains -, 3 000 véhicules, 105 avions et 12 navires.E

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// https://tpc.googlesyndication.com/pagead/js/r20160607/r20110914/abg.jslles se déroulent à un mois du sommet de l’Otan qui aura lieu à Varsovie le 8 et 9 juillet et qui sera consacré au renfoncement de la présence de l’Alliance en Europe de l’Est.

Le scénario d’une guerre « hybride » avec la Russie

Anakonda est à la base un exercice militaire « polonais » organisé tous les deux ans. Sauf que cette année, l’armée américaine lui a attribué une dimension multinationale pour faire face à « la menace potentielle » russe. « Le but de l’exercice est de vérifier la capacité des pays de l’Alliance à défendre son flanc oriental », a déclaré, lundi, le ministre polonais de la Défense, Antoni Macierewicz.

Officiellement, le dispositif se veut défensif. Cependant, le scénario de la manœuvre ne laisse aucun doute sur l’identité du pays visé. Appelé « l’Union Rouge », l’agresseur imaginaire durant l’exercice est représenté par des « petits hommes verts » en référence à ces hommes aux uniformes verts qui ont participé à l’annexion de la Crimée en 2014.

Des tensions nourries par des positions divergentes

En dépit des assurances des pays impliqués, la Russie s’est sentie directement menacée par ces manœuvres militaires. Son ministre des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, n’y est pas allé par quatre chemins pour le faire savoir. « Ici, nous invoquons le droit souverain de la Russie à assurer sa sécurité avec des mesures adéquates aux risques actuels », a-t-il déclaré, en marge d’une visite en Finlande.

Cette tension au parfum de Guerre froide, qui règne depuis quelques années sur les relations entre la Russie et l’Otan, ne cesse de s’exacerber. Et pour cause, les positions des deux camps sont diamétralement opposées sur plusieurs dossiers.

En effet, depuis l’annexion de la Crimée par la Russie, l’Alliance atlantique a trouvé le bon prétexte pour renforcer sa présence dans les pays ayant déjà été sous la souveraineté de l’ex-Union Soviétique, à travers l’installation de bases militaires permanentes. En réaction, la Russie a décidé, en mai 2016, de déployer trois nouvelles divisions pour contrer la présence de l’Otan à ses frontières.

En outre, la présence russe en Syrie au côté du régime de Bachar Al Assad a alimenté ces tensions, notamment après l’abattage d’un avion militaire russe par la Turquie en novembre 2015. L’Otan, qui a apporté son soutien à la Turquie, n’a jamais vu d’un bon œil cette intervention russe, qui a permis au régime syrien de regagner du terrain.

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CGT 13 ; Une description colorée d’un mouvement original

A écouter pour avoir le moral, mais aussi pour mieux percevoir une stratégie qui fera date dans l’histoire du mouvement ouvrier qui n’est ni la grève générale, ni même la grève généralisée mais comme dirait le Che « des foyers partout », la répression s’épuise à suivre… comme le dit Olivier Matheu « comme c’est bon d’être le mouvement des essoufflés »… La France qui quand elle s’arrête, elle leur coûte de l’argent… » Ode aux producteurs et description d’une stratégie qui déconcerte le gouvernement et le patronat… Comme une épidémie, des secteurs qui tiennent tandis que d’autres se préparent… Mais il faut aller partout, soutenir les grèves, en voir naître d’autres… Comme Olivier nous l’annonçait dans son discours ce matin à l’aube : Opération blocage en cours penne mirabeaux la gavotte en complément du blocage de l’incinérateur de Fos sur Mer bouche du Rhône les camions était détournés ici …

Photo de Pascal Bianco.

Les manifestations risquaient effectivement l’épuisement, à partir de la multiplication des foyers, elles gagnent en force jusqu’à celle du 14 juin, ce sont des lieux de rassemblement et d’échange sur l’état des grèves, on a du mal à toutes les connaître, elles se multiplient… mais écoutez plutôt… ce matin toujours à 4 heures, nos infatigables étaient dans le soleil qui se levait à proximité d’un centre de tri et chantaient une chanson inventée par les grévistes… 

A propos j’espère les amis du nord que vous appréciez notre beau soleil marseillais? Et comme la grève, cela ne date pas de hier. Ici, parce que je ne sais pas si vous vous souvenez mais cette nouvelle phase de la lutte a débuté quand la police a chargé contre les grévistes à Fos, une vague d’indignation a secoué le pays et « les producteurs », comme dit Olivier se sont mis en marche dans tous les coins de France… Ils continuent à se répondre… Et nous tous sommes avec eux, de la manière dont nous pouvons le faire, explications, tracts… collecte financière… et préparation de la grande journée du 14… .

 
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Publié par le juin 10, 2016 dans actualités, société

 

Ces fortunes qui bénéficient des meilleurs abattements sur l’ISF

Le Canard enchaîné publie mercredi un document de Bercy recensant les 50 contribuables qui ont bénéficié des plus haut plafonnements sur leur Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Où l’on apprend par exemple que Liliane Bettencourt n’est pas soumise à cet impôt après une ristourne à plus de 61 millions d’euros.

Bernard Arnault, Liliane Bettencourt et Jean-Pierre MeyersBernard Arnault, Liliane Bettencourt et Jean-Pierre Meyers. (Sipa)

C’est « le palmarès secret des artistes du bouclier fiscal », titre Le Canard enchaîné dans son édition du mercredi. L’hebdomadaire révèle un document de la Direction générale des finances publiques, qui dépend de Bercy. Il s’agit d’une liste de 50 contribuables qui « bénéficient des plus hauts plafonnements de leur Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ». A eux tous, l’abattement est en moyenne de 90% : sur les près de 200 millions d’euros d’impôts qui devraient être ainsi perçus, seulement 21 millions sont acquittés.

Ces abattements se font « en toute légalité », précise le journal, qui y voit « le résultat burlesque d’une législation bricolée et rafistolée depuis des années ». Et en particulier autour du « bouclier fiscal » qui limite le montant total de tous les impôts d’un contribuable, sans quoi cela aurait un effet « confiscatoire », aux yeux du Conseil constitutionnel. Ainsi, Liliane Bettencourt, première fortune de France, dont le montant de l’ISF atteint « théoriquement » 61,3 millions d’euros, bénéficie d’un plafonnement de… 61,45 millions d’euros, en raison de ses 80 millions de revenus déclarés par ailleurs. L’actionnaire du groupe L’Oréal ne paie donc pas cet impôt.

Des plafonnements de plusieurs millions d’euros

Figure également dans ce « classement » Leone Meyer, fille du fondateur des Galeries Lafayette, qui n’est pas non plus soumise à l’ISF après un plafonnement de 11 millions d’euros. Suivent l’ex-président du Crédit lyonnais Claude Pierre-Brossolette, le patron de LVMH Bernard Arnault, le publicitaire Jean-Claude Decaux – qui vient de mourir – ou encore Hélène Darty (fille du fondateur de la chaîne de magasins) et Jean-Pierre Meyers, gendre de Liliane Bettencourt. Les plafonnements vont ici de 2 millions d’euros à 9 millions d’euros.

Le Canard évoque par ailleurs les « techniques » qui consisteraient pour ces fortunes « à minorer » leur revenu imposable. L’une d’elles « consiste à laisser dormir dans des sociétés financières les dividendes d’actions et les revenus d’assurance-vie. Et de ne prélever que le strict nécessaire pour assurer le train de vie », écrit l’hebdomadaire.

Plus d’actu finance/économie avec Boursier.com

 
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Publié par le juin 9, 2016 dans actualités, Economie

 

Poutine: « La Russie et Israël négocieront la mise en place d’une zone de libre-échange »

Publié 7 Juin, 2016 15:28 GMT | Dernière mise à jour 7 Juin, 2016 16:12 GMT

« Une impulsion au développement des relations d’affaires peut être donnée par la création d’une zone de libre-échange entre l’Union économique eurasienne et Israël », a déclaré le président russe. Nous avons déjà noté à plusieurs reprises par rapport aux amateurs de visions simplistes qu’il s’agisse des disciples de BHL ou des « antisionistes » d’extrême-droite, fascinés par Poutine, qu’il s’agirait d’ouvrir les yeux sur le monde dans lequel nous sommes. J’avais déjà noté premièrement que pour la première fois Israël avait fait défection aux Etats-Unis quand il y avait eu la condamnation de la Russie par rapport à la Crimée. Comme j’avais également souligné le fait que le second investisseur en Crimée après la Chine était Israël. Il faut faire un effort pour connaître et à partir de là explorer les possibles à partir de nos objectifs de paix , de développement et de droits des peuples comme des opprimés.

kremlin.ru

Le président russe  Vladimir Poutine a déclaré mardi que la Russie et Israël commencent les négociations cette année pour la création d’une zone de libre-échange entre l’Union Economique Eurasiatique et Israël, rapporte RIA Novosti.

« Nous avons parlé de ce que les réserves peuvent être utilisées pour renforcer la coopération économique. Je suis sûr qu’un coup de pouce au développement des relations d’affaires peut aboutir à  la création d’une zone de libre-échange entre l’Union économique eurasienne et Israël, » a déclaré le président russe.

« J’ai récemment parlé à ce sujet à Astana avec nos collègues de l’Union économique eurasienne et cette année seront lancées des discussions sur la question », a ajouté M. Poutine.

Contre les tentatives de réécrire la Seconde Guerre mondiale

Poutine affirme que la Russie et Israël vont travailler ensemble pour résister aux tentatives de réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. « Nous parlons toujours d’une question très sensible pour nous: la mémoire de la Seconde Guerre mondiale (…) nos peuples ont combattu ensemble contre le nazisme et payé un lourd tribut pour la victoire», a-t-il rappelé.

« Par conséquent, nous devons et nous voulons garder la mémoire des héros et des victimes de la guerre pour résister aux tentatives de réécrire et d’oublier la tragédie de l’Holocauste », a ajouté le président russe.

En outre, M. Poutine a déclaré que les deux pays sont de solides alliés dans la lutte contre le terrorisme et doivent renforcer les contacts dans ce domaine.

Le Premier ministre d’Israël Benjamin Netanyahu est venu en Russie en visite officielle mardi pour rencontrer le président russe. C’est la deuxième fois que le chef  du gouvernement israélien se déplace vers le territoire russe depuis le début de l’année en cours et cette visite coïncide avec le 25e anniversaire du rétablissement des relations diplomatiques entre Moscou et Tel Aviv /.

Les relations diplomatiques entre Israël et la Russie

Alors que l’URSS avait été le premier pays à reconnaître Israël, les relations diplomatiques entre Jérusalem et Moscou se sont réduites au fil des ans à partir de 1948, dans le cadre de  l’Union soviétique. Celles-ci ont été interrompues en 1967 pour reprendre en 1987 sous la forme de lignes consulaires. Il a fallu attendre 1991, après la chute de l’URSS, pour que  les relations diplomatiques soient rétablies complètement et l’ambassade d’Israël a ouvert ses portes à Moscou, avec une ambassade russe à Tel Aviv.

Cela dit la diplomatie russe reste profondément marquée par l’héritage soviétique, un nom reste attaché à cette diplomatie c’est celui de Primakov, un des meilleurs connaisseurs du monde arabe et elle demeure enracinée partout dans ses anciennes alliances. A ce titre, l’évolution des relations se rapproche de la politique de la Chine qui a de très bonnes relations avec Israël tout en soutenant les droits des Palestiniens et se présentant volontiers comme la voix du Tiers monde.

Enfin, l’extrême-droite nationaliste en Russie reproche à Poutine son philosémitisme et comme elle est antisémite l’affuble d’une kippa. En Israël les soutiens de la Russie sont les communistes et la droite extrême au pouvoir. On peut même extrapoler une vision à long terme de Netanyhou qui a de moins moins confiance dans les Etats-Unis et qui voit une alternative dans une alliance d’abord commerciale avec la Chine et la Russie. Peut-être a-t-il même plus confiance dans la Russie pour retenir l’Iran et son allié syrien que dans la politique américaine qu’Obama a déconsidérée partout, chez ses ennemis et encore plus chez ses alliés traditionnels.

En conclusion, qu’il me soit permis une note personnelle: J’ai toujours pensé qu’il fallait confier à Lavrov et Poutine le soin de résoudre les problèmes du Moyen orient, leur politique serait nettement plus efficace que celle des Occidentaux. Nous sommes à un stade que Lénine décrivait comme l’impérialisme stade suprême du capitalisme avec des contradictions concurrentielles entre les monopoles, financiarisés de surcroît, et chacun joue à enfoncer un coin dans les alliances de l’autre qui elles-mêmes sont la proie de contradictions d’intérêt… Il est évident que la Russie de Poutine n’est pas l’URSS avec son projet émancipateur pour les peuples, et même la Chine qui présente une situation encore plus complexe ne prétend pas à ce rôle. Mais qu’ils le veuillent ou non, comme d’autres pays, ceux des BRICS, en particulier leur tentative de créer un mode multipolaire en jouant sur les contradictions des USA et leurs alliés qui ne renoncent pas à un monde unipolaire et veulent l’imposer par le sang et la guerre, on peut attendre des politiques menées par les tenants d’un monde multipolaire une situation un peu plus favorable pour desserrer l’étau. Quant à ce que cherche le dirigeant israélien, peut-être à faire monter les enchères et d’ailleurs le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Susan Rice,  a promis lundi , aux autorités israéliennes que le nouvel accord d’aide militaire négocient actuellement les deux nations constituent «paquet le plus important de l’ aide militaire de l’histoire des États – Unis . « rapporte le journal Haaretz .tout en critiquant la colonisation. Prenant la parole lors du Forum mondial de l’American Jewish Committee (AJC, pour son sigle en anglais), Mme Rice a annoncé le paquet d’aide nouvelle, plus d’une décennie, répartis entre 37.500 millions et 40,000 millions de dollars pour la défense israélienne . « Ce sera une augmentation significative du soutien», a déclaré Rice. Le programme financera la modernisation de la flotte des avions israéliens et la défense antimissile. Pour calmer les alarmes que peuvent susciter les primaires, elle a souligné que « al sécurité d’Israël n’est ni démocrate, ni républicaine, mais un souci constant américain ».

Faire monter les enchères, nouer des relations privilégiées avec le vassal de l’adversaire, tout cela se joue dans une situation qui fait songer au Grand jeu.

 Je rappelle encore une fois que pour ces raisons, même si je ne suis pas une fan de Poutine, et encore moins de Netanyahun qui non seulement a une politique d’extrême-droite, mais qui masque sous ce nationalisme exacerbé des formes de corruption habituelle et les intérêts d’une petite caste, il me semble qu’il est indispensable d’avoir une vision de la complexité si l’on veut mettre en oeuvre des choix politiques beaucoup plus simples qui tiennent à la paix, à la souveraineté des peuples, au refus de l’oppression. . ,Les gens qui ignorent tout de la complexité  et racontent n’importe quoi sont des dangers publics dans la situation périlleuse d’un monde au bord de l’explosion. A ce titre je mets dans le même panier les élucubrations d’un BHL inspirées par la CIA. ou celle de certains « antisionistes » type les copains de Soral et Dieudonné dont l’antisémitisme est l’anti-impérialisme des imbéciles, qui admirent en Poutine le chef dont ils rêvent, à quel point nous sommes devant une situation périlleuse y compris pour la survie de l’humanité. On ne saurait s’y déterminer que par rapport à des objectifs politiques, de paix, de développement, de souveraineté des peuples, en appuyant ce qui nous paraît aller dans le bon sens. Et pour cela il est nécessaire de partout faire de la politique, établir des revendications claires et éviter les discours passionnels de haine ou d’adhésion. 

 

Danielle Bleitrach (à partir d’un article de RT).

 
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Publié par le juin 8, 2016 dans actualités, Asie, Economie, Europe

 

Vu de Russie. Attentats déjoués : une opération de communication de Kiev ?

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VZGLIAD où est paru cet article est un journal proche du gouvernement russe, mais dont Marianne reprend souvent les analyses qui sont pertinentes et bien écrites sans effet propagande enfin pas plus que dans le Monde ou El Païs… L’intéressant réside souvent dans les commentaires et le débat que provoque l’article, dans ce cas l’affaire suscite une ironie générale sur ce dont est capable le gouvernement ukrainien, face aux occidentaux qui ne demandent qu’à être bernés pour éviter de rendre compte par exemple d’un rapport de l’ONU accablant sur les droits de l’homme en Ukraine. Je signale que malgré les propositions diverses d’amis nous avons refusé ici de traiter cette affaire jusqu’à ce qu’elle soit un peu dégonflée, parce que nous connaissons les dirigeants ukrainiens et la capacité de nos médias de leur accorder un crédit immérité. (note de Danielle Bleitrach)

Les déclarations sensationnelles du Service de sécurité ukrainien servent à détourner l’attention de l’opinion internationale, indique le site d’information russe Vzgliad. Un récent rapport de l’ONU sur les droits de l’homme accable en effet Kiev.

Le Français Grégoire M., souvent mentionné sous le nom de Moutaux, arrêté le 6 juin à la frontière ukraino-polonaise en possession d’une grande quantité d’armes et d’explosifs, aurait pu, aux dires des autorités de Kiev, perpétrer plusieurs attentats en France pendant l’Euro 2016.

Le ministère français des Affaires étrangères confirme son arrestation. Cependant, comme le souligne le site d’information russe Vzgliad, il ne reprend pas à son compte les propos du chef du service de renseignement, le SBU, Vassyl Hrytsak, sur la préparation de 15 actes terroristes en France, ni ceux sur l’implication possible des services russes.

“Selon toute vraisemblance, avec ces déclarations, le directeur du SBU veut forger aux services ukrainiens une réputation de sauveur du monde face à la menace terroriste. Il faut savoir qu’elles interviennent dans le contexte d’un scandale impliquant le SBU”, estime Vzgliad.

En mai, les représentants du Comité de l’ONU chargé des droits de l’homme, en visite dans le pays, se sont vu refuser l’accès à certaines régions. Leur rapport, publié la semaine dernière, fait mention de centaines d’arrestations illégales et de cas de maltraitance à l’égard des détenus. L’Ukraine abriterait cinq prisons secrètes où se trouveraient des sympathisants des indépendantistes du Donbass, torturés par le SBU.

Le service contribue parfois à la propagation d’idées complotistes

“A vrai dire, les déclarations absolument folles du SBU ne m’étonnent plus, s’exclame le politologue Vladimir Kornilov, cité par Vzgliad. Une fois, Nalivaïtchenko [l’ex-directeur du SBU] a déclaré que ses services avaient évité un attentat contre le Premier ministre néerlandais. En réalité, le Premier ministre l’a appris par la presse. Le public européen a d’ailleurs réagi aux dernières déclarations du SBU avec scepticisme.”

Anahit Miridjanian
 

Une victoire de Clinton signifierait-elle plus de guerres ? Par Robert Parry

by Les-crises.fr DT

Source : Consortiumnews.com, le 10/04/2016

La lecture des analyses des élections américaines est édifiante. Nombreux sont ceux qui pensent dans le camp de Bernie Sander mais pas seulement, que l’élection d’Hillary Clinton serait la garantie de l’application de la politique belliciste des néo-conservateurs, mais une sorte d unanimité effrayée se fait sur l’état des Etats-Unis et sur le panel de candidats qui s’offre aux électeurs. Il y a une sorte d’entente sur l’état de mort civile dont témoignent ces « primaires » de sélection du pire des candidats pour le pire des mondes possibles. Il y a même des moments réjouissants quand un Républicain néolibéral Ben Stein dans un interview au Guardian soupçonne les trois candidats de vouloir en finir avec le libre marché et pense qu’Hillary est la moins pire… Le voir se désespérer et dénoncer le système éducatif qui produit massivement des crétins aptes à voter pour des gens pareils. Système éducatif qu’il a probablement contribué à détruire, lui conseiller de Nixon et de Reagan. Il avoue par ailleurs n’avoir aucun contact avec la classe ouvrière capable de voter pour Trump. Il y aurait de quoi rire si toutes ces caricatures ne nous faisaient pas songer à la propre course à l’impopularité de nos candidats futurs à l’élection présidentielle. (Note de Danielle Bleitrach)

Le 10 avril 2016

Reportage spécial : Des néoconservateurs perspicaces voient en Clinton leur cheval de Troie pour être remis en selle à la Maison-Blanche par les électeurs démocrates, et ceci soulève la question posée par Robert Parry : est-ce que Clinton comme quarante-cinquième président ne signifierait pas plus de guerres ?

Par Robert Parry

Les instances du parti démocrate semblent déterminées à soutenir la campagne sans envergure d’Hillary Clinton jusqu’à la ligne d’arrivée de sa course avec Bernie Sanders, et comptent sur les divisions des Républicains pour lui ouvrir la route à la Maison Blanche. Mais – si elle arrive jusque-là – le monde devra retenir son souffle.

Si Clinton devient présidente, elle sera entourée par une équipe de néoconservateurs exerçant le contrôle sur la diplomatie américaine, qui lui imposera de reprendre ses stratégies de « changement de régimes » au Moyen-Orient et d’intensifier sa nouvelle et dangereuse « guerre froide » vis-à-vis de la Russie.

L'ex-secrétaire d'État Hillary Clinton prenant la parole au cours d'une conférence de l'American Israel Public Affairs Committee à Washington D.C. le 21 mars 2016. (Photo credit: AIPAC)

Si Bachar el-Assad est encore président de la Syrie, on exigera qu’elle lui donne le coup de grâce final ; il y aura également des pressions pour qu’elle augmente les sanctions contre l’Iran afin de pousser Téhéran à abandonner l’accord nucléaire ; il y a déjà des appels pour un plus large déploiement de troupes américaines à la frontière russe et pour une intégration de l’Ukraine dans la structure militaire de l’OTAN.

Hillary Clinton, quarante-cinquième président, devra entendre les argumentaires habiles justifiant ces mesures, la rhétorique opposant systématiquement la virilité à la féminité et la propagande pleurnicharde sur les ennemis diaboliques sortant les bébés des incubateurs, donnant du Viagra aux soldats pour qu’ils violent plus de femmes et commettant d’horribles crimes (certains bien réels, mais beaucoup imaginaires) sur des innocents sans défense.

Est-ce que quelqu’un pense qu’Hillary Clinton possède la sagesse de résister à ces chants de sirènes guerriers, même si elle y est prédisposée ?

Le président Barack Obama qui – malgré toutes ses fautes – possède une intelligence plus profonde et plus subtile que celle d’Hillary Clinton, s’est trouvé lui-même si accablé par ces pressions venant de la stratégie militariste de Washington qu’il s’est plaint de sa situation inconfortable auprès de Jeffrey Goldberg de The Atlantic, lui-même faucon néoconservateur.

La diplomatie de Washington est aujourd’hui si profondément aux mains des néoconservateurs et de leurs comparses affiliés à la doctrine libérale la plus interventionniste, que l’actuel président ne pourrait sans doute trouver personne pour l’interviewer, excepté un néoconservateur, même s’il se plaignait du fait que la capitale américaine soit entre les mains de bellicistes.

Étant donné la toute-puissance des néoconservateurs sur la diplomatie américaine – particulièrement au sein de l’administration du département d’État, des grands médias et des think tanks importants – Clinton sera harcelée par des demandes et des projets « va-t-en guerre » émanant à la fois de l’extérieur de son administration et de son propre camp.

Déjà, des néoconservateurs influents, tel que Robert Kagan de la Brookings Institution, ne cachent pas qu’ils escomptent avoir une influence non négligeable sur la diplomatie de Clinton. Kagan, qui s’est repositionné lui-même comme un « libéral interventionniste », offre son soutien à Clinton qui l’avait nommé au Conseil consultatif du département d’État.

On dit aussi à Washington que l’épouse néoconservatrice de Kagan, Victoria Nuland, secrétaire d’État adjointe pour l’Europe, une autre protégée de Clinton et l’architecte du « changement de régime » en Ukraine, serait en lice pour une haute fonction diplomatique dans l’administration Clinton.

Les néoconservateurs de retour aux manettes

A vrai dire, l’élection de Clinton signifie qu’une partie des personnes les plus dangereuses de la diplomatie américaine pourraient murmurer directement à ses oreilles leurs combines pour « toujours plus de guerre » – et son dossier montre qu’elle est parfaitement sensible à de tels conseils.

Robert Kagan, important intellectuel néoconservateur (Photo credit: Mariusz Kubik, http://www.mariuszkubik.pl)

A chaque fois, en tant que sénatrice américaine et secrétaire d’État, Clinton a opté pour les solutions de « changement de régime » – de l’invasion de l’Irak en 2003 jusqu’au coup d’État au Honduras en 2009, à la guerre aérienne en Libye en 2011, à la guerre civile en Syrie depuis 2011 – ou bien elle s’est faite le chantre de l’escalade des conflits, comme en Afghanistan et en Iran, plutôt que de s’engager dans des négociations avec concessions mutuelles.

Parfois Obama a suivi cette ligne (le « sursaut » en Afghanistan, la guerre en Libye, l’affrontement contre le nucléaire iranien) mais parfois il n’a pas suivi cette ligne (désescalade en Afghanistan, finalement négociation de l’accord nucléaire avec l’Iran après le départ de Clinton, rejet d’un assaut militaire direct contre le gouvernement syrien, et travail de temps en temps avec les Russes sur l’Iran et la Syrie).

En d’autres termes, Obama a agi comme un frein à l’encontre de l’aventurisme belliqueux de Clinton. Avec Clinton comme présidente, il n’y aura plus de telles retenues. On peut s’attendre à ce qu’elle endosse de nombreux, si ce n’est tous, les cadres de pensée néoconservateurs aberrants, comme l’a fait George W. Bush quand ses conseillers néoconservateurs ont utilisé sa peur et sa fureur après le 11-Septembre pour le guider vers leur programme de « changement de régime » pour le Moyen-Orient.

Les néoconservateurs n’ont jamais abandonné leurs rêves de renverser les gouvernements moyen-orientaux qu’Israël a inscrits sur sa liste d’ennemis. L’Irak était seulement le premier. Les suivants furent la Syrie et l’Iran avec l’idée qu’en installant des dirigeants pro-israéliens dans ces pays, les ennemis frontaliers d’Israël – Hezbollah au Liban, Hamas et autres groupes militants palestiniens – pourraient être isolés et écrasés.

Après l’invasion de l’Irak par Bush en 2003, les néoconservateurs à Washington plaisantaient sur le choix du suivant, serait-ce l’Iran ou la Syrie, avec une maxime : « Pour les hommes, les vrais, c’est Téhéran ! » Mais la guerre d’Irak n’a pas été la « promenade de santé » promise par les néoconservateurs. Au lieu de lancer des fleurs aux soldats américains, les Irakiens semèrent des bombes artisanales.

En réalité, beaucoup de « vrais hommes » et de « vraies femmes » – ainsi que de « vrais enfants » – sont morts en Irak, ainsi que presque 4500 soldats américains et des centaines de milliers d’irakiens.

Le calendrier néoconservateur en prit un coup, mais, à leur avis, uniquement en raison de l’incompétence de Bush dans le suivi en Irak. Si ce n’avait été cette occupation bâclée, les néoconservateurs pensaient qu’ils auraient pu continuer à faire chuter les autres régimes gênants, l’un après l’autre.

Professionnellement, les néoconservateurs échappèrent au désastre irakien largement indemnes et continuèrent à dominer les groupes de réflexion de Washington et les tribunes libres des principaux journaux américains comme le Washington Post et le New York Times. Jamais à la traîne, ils commencèrent à préparer des plans à long terme.

Une erreur d’Obama

Bien qu’ils aient perdu la Maison-Blanche en 2008, les néoconservateurs saisirent leur chance quand le président élu Obama fit le choix en matière de politique étrangère d’une « équipe de rivaux » en s’inspirant d’Abraham Lincoln. Au lieu d’aller chercher les « réalistes » de la politique étrangère marginalisés (et vieillissants) à Washington, Obama plongea sur le registre de l’establishment dominé par les néoconservateurs.

Obama recruta sa belliqueuse rivale démocrate, la sénatrice Hillary Clinton, au poste de secrétaire d’État et garda le secrétaire à la Défense de Bush, Robert Gates. Obama garda aussi la plupart des militaires du haut commandement mis en place par Bush, y compris le favori néoconservateur le général David Petraeus.

La stratégie de gestion naïve d’Obama laissa les néoconservateurs et leurs copains « libéraux interventionnistes » consolider leur contrôle bureaucratique sur la bureaucratie de la politique étrangère de Washington, bien que le président préférât une approche plus « réaliste » qui aurait utilisé plus judicieusement la puissance américaine – et il était moins assujetti  au gouvernement de droite israélien.

La secrétaire d'État adjointe pour l'Europe et l'Eurasie Victoria Nuland au cours d'une conférence à l'ambassade des États-Unis à Kiev, Ukraine, le 7 février 2014. (Photo du département d'État U.S.)

L’influence souterraine des néoconservateurs devint particulièrement évidente au département d’État de Clinton au moment où elle fit appel à Nuland, une idéologue néoconservatrice et une assistante auprès du vice-président Dick Cheney, pour être la porte-parole du département et la mit sur la voie du poste de secrétaire d’État adjointe pour les Affaires européennes (même si le poste ne fut officialisé qu’après le départ de Clinton en 2013).

L’influence des néoconservateurs/faucons libéraux est maintenant si forte au sein du département d’État que des officiels de ma connaissance qui occupent ces lieux réapparaissent, comme habités par des extraterrestres, débitant des discours arrogants pour le soutien de l’intervention américaine partout dans le monde. En revanche, je trouve, qu’en comparaison, la CIA et le Pentagone font preuve de réalisme et de retenue.

Peut-être le meilleur exemple de ce phénomène d' »extraterrestres » est-il le sénateur John Kerry qui a remplacé Clinton au poste de secrétaire d’État en devenant, au même moment, le porte-parole de la rhétorique la plus va-t-en-guerre de la bureaucratie.

Par exemple, Kerry a été partisan d’une campagne de bombardements en représailles contre l’armée syrienne en août 2013, ignorant les doutes de la communauté du renseignement sur la responsabilité ou non du régime de Bachar el Assad quant à l’attaque au gaz sarin dans la banlieue de Damas.

Au lieu d’écouter les analystes du renseignement, Kerry s’est aligné derrière la « pensée de groupe » pilotée par les néoconservateurs rejetant toute la faute sur Assad, l’excuse parfaite pour mettre en place, avec retard, le « changement de régime » syrien, cher aux néoconservateurs. Les néoconservateurs ne prirent pas en compte la réalité des faits – et Kerry abonda en ce sens. [Lire sur Consortiumnews.com « What’s the Matter with John Kerry?« ]

Mais Obama, lui, n’a pas suivi. Il écoutait lorsque James R. Clapper, directeur du renseignement national, lui a dit qu’on était loin d’avoir des preuves que l’armée syrienne fût impliquée. (Au bout du compte, Il y aurait des preuves d’une provocation montée par les islamistes extrémistes afin de pousser l’armée américaine à intervenir à leur côté dans la guerre.)

Le directeur du renseignement national, James R. Clapper (à droite) parlant avec le président Barack Obama dans le bureau ovale en présence de John Brennan et d'autres membres de la National Security Agency. (Photo credit: Office of Director of National Intelligence)

Obama a reçu également une aide du président russe Vladimir Poutine qui persuada le président Assad de renoncer aux armes chimiques (alors qu’Assad a toujours nié tout rôle dans l’attaque au gaz sarin). L’aide de Poutine a énervé les néoconservateurs qui ont rapidement reconnu que la coopération Obama-Poutine était une menace profonde pour leur entreprise de « changements de régime ».

Cibler l’Ukraine

Certains néoconservateurs, plus intelligents, ont rapidement considéré l’Ukraine comme un coin qui pourrait être enfoncé entre Obama et Poutine. Carl Gershman, président de la Fondation nationale pour la démocratie (NED), a appelé l’Ukraine le « gros lot » et un premier pas potentiel pour écarter Poutine du pouvoir en Russie.

C’est à la secrétaire d’État adjointe Nuland qu’a été confiée la direction de l’opération en Ukraine jusqu’à sa réussite, telle qu’elle l’avait planifiée avec l’ambassadeur américain en Ukraine, Geoffrey Pyatt, pour se débarrasser du président ukrainien pro-russe Victor Ianukovich. Nuland et Pyatt ont été piégés par l’interception d’une discussion téléphonique portant sur qui devrait prendre la relève.

« Yats, c’est notre homme, » a dit Nuland à propos d’Arseni Iatseniouk qui allait en effet devenir le nouveau Premier ministre. Nuland et Pyatt ont alors échangé des idées sur comment « faire coller tout ça » et comment « donner naissance à ce truc ». Ce « truc » est devenu le sanglant coup d’État du 22 février 2014, qui a évincé le Président élu Ianukovich et provoqué une guerre civile entre « nationalistes » ukrainiens de l’Ouest et russes ethniques de l’Ukraine à l’Est.

Comme les « nationalistes », dont certains ouvertement néonazis, ont infligé des atrocités aux Russes ethniques, la Crimée a voté à 96 pour cent pour quitter l’Ukraine et rejoindre la Russie. La résistance au nouveau régime de Kiev a également surgi dans la région du Donbass oriental.

Pour le département d’État – et les médias américains traditionnels – ce conflit s’explique totalement par « l’agression russe » contre l’Ukraine et « l’invasion russe » de la Crimée (malgré le fait que les troupes russes étaient déjà en Crimée dans le cadre de l’accord sur la base navale de Sébastopol). Mais tous les gens qui comptent ont reconnu que le référendum en Crimée était « une mascarade » (quoique de nombreux sondages ont depuis confirmé les résultats).

Quand la citoyenne Clinton s’est penchée sur la crise en Ukraine, elle a comparé le Président russe Poutine à Hitler.

Ainsi, aujourd’hui, la stratégie du scénario – comme Obama le qualifierait – des faucons néoconservateurs/libéraux de Washington exige une concentration de plus en plus importante de troupes américaines et de systèmes d’armements de l’OTAN à la frontière russe pour dissuader « l’agression » de Poutine.

Une scène de « Docteur Folamour »dans laquelle le pilote de bombardier (joué par Slim Pickens) chevauche une bombe nucléaire vers sa cible en Union soviétique.

Ces durs à cuire et ces jeunes filles jurent aussi ignorer les avertissements de la Russie contre ce qu’elle estime des menaces militaires à son existence. Apparemment « les hommes, les vrais » vont à Moscou (peut-être en chevauchant une bombe nucléaire comme celle, fameuse, de « Docteur Folamour »).

Ian Joseph Brzezinski, fonctionnaire au département d’État sous la présidence de George W. Bush et maintenant expert en politique étrangère pour le Conseil atlantique, un groupe de réflexion de l’OTAN, a cosigné un article exhortant l’OTAN à incorporer des unités de l’armée ukrainienne au déploiement de ses opérations militaires le long de la frontière russe.

« Des responsables de la sécurité nationale ukrainienne de haut niveau ont incité vivement la communauté internationale à être plus audacieuse dans sa réponse aux actions militaires provocatrices de la Russie, » ont écrit Brzezinski (fils du vieux guerrier de la guerre froide, Zbigniew Brzezinski) et le coauteur ukrainien Markian Bilynskyj.

« Le déploiement d’une compagnie d’infanterie ukrainienne expérimentée ou d’une plus grande unité pour renforcer la défense du territoire de l’OTAN en Europe centrale serait une contribution positive au maintien des forces de l’Alliance dans la région. »

Suivre le scénario

Ce genre de discours ferme est celui que le prochain Président, quel qu’il ou elle soit, peut attendre d’un officiel de Washington. L’interview d’Obama dans The Atlantic montre bien qu’il se sent entouré et engagé par ces forces bellicistes, mais qu’il tire une certaine fierté à résister – de temps en temps – au scénario stratégique de Washington.

Mais comment la Présidente Hillary Clinton répondrait-elle ? Quand elle est apparue face au Comité américain des Affaires publiques d’Israël le 21 mars – à un moment où il semblait qu’elle avait presque remporté la nomination démocrate – Clinton a montré ce qu’on peut appeler son vrai visage, assurant servilement Israël de sa loyauté et promettant d’entretenir des relations étroites entre les États-Unis et Israël « en passant au niveau supérieur » (une expression qui s’applique d’habitude aux couples décidant d’emménager ensemble).

En examinant le rapport public de Clinton, on pourrait raisonnablement conclure qu’elle-même fait partie des néoconservateurs, tant dans sa dévotion à Israël que son penchant pour la solution des « changements de régime ». Elle suit aussi la tendance des néoconservateurs à diaboliser tout dirigeant étranger qui se met en travers de leur chemin. Mais même si elle n’en est pas membre à part entière, elle se plie souvent à leurs demandes.

Un écart possible par rapport à cette ligne est l’amitié personnelle de Clinton avec le conseiller de longue date Sidney Blumenthal, qui a très tôt critiqué le néo-conservatisme lorsqu’il est apparu comme une force puissante durant l’administration Reagan. Blumenthal et son fils Max ont aussi osé critiquer le traitement abusif des Palestiniens par Israël.

Cependant, le lobby d’Israël semble ne courir aucun risque d’entendre la voix de Sidney Blumenthal pendant une 45e administration dirigée par Clinton. Le mois dernier, un groupe pro-sioniste, The World Values Network, a acheté une pleine page du New York Times pour attaquer Blumenthal et son fils et a déclaré que « Hillary Clinton doit désavouer ses conseillers anti-Israël. »

Un graphique de The World Values Network attaque Sidney et Max Blumenthal

Bien que Clinton ne puisse se dissocier publiquement de Sidney Blumenthal, la frappe préventive a rétréci sa marge d’action et a aidé le clan Kagan-Nuland à foncer au cœur de la politique étrangère de Clinton.

En effet, l’objectif principal de Clinton, si elle est élue, est probablement d’assurer sa réélection. En politicien traditionnel, elle devrait penser que le moyen de réaliser sa réélection est de rester du bon côté du leadership israélien. Dans cette optique, elle a promis à l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) que, Présidente, elle inviterait immédiatement le Premier ministre Benyamin Netanyahou à la Maison-Blanche.

Ainsi, qu’arriverait-il si Clinton faisait passer la relation américano-israélienne « au niveau supérieur » ? Vraisemblablement cela signifierait adopter une ligne très dure envers l’accord nucléaire de l’an dernier avec l’Iran. Or, étant donné la réticence américaine à accorder un allègement significatif des sanctions économiques, l’Iran met déjà en doute l’intérêt de son consentement aux contraintes exceptionnelles de son programme nucléaire.

Une approche belliqueuse de Clinton – condamnant le comportement de l’Iran et imposant de nouvelles sanctions – renforcerait, au sein du gouvernement, les tenants d’une politique dure envers l’Iran et pourrait bien mener l’Iran à renoncer à l’accord en raison de la mauvaise foi américaine. Cela, bien sûr, plairait aux néoconservateurs et à Netanyahou en remettant en jeu l’option « boum boum boum l’Iran ». [Le refrain des Beach Boys, « Bar bar bar bar Barbar Ann », a été détourné par McCain en « Bomb bomb bomb, bomb bomb Iran », NdT]

Un renversement stupéfiant

Clinton peut avoir considéré son discours à l’AIPAC comme l’amorce du « recentrage » qu’elle attendait tant – la libérant finalement de l’obligation de faire la cour aux progressistes – mais ensuite elle a subi une série de défaites, souvent de l’ordre du raz de marée, aux primaires et au comité électoral aux mains du sénateur Bernie Sanders.

En plus de ces défaites stupéfiantes, la campagne de Clinton a nettement souffert d’un « manque d’enthousiasme ». Sanders, le « social-démocrate » de 74 ans du Vermont, attire des foules énormes et surexcitées et gagne d’impressionnants pourcentages d’électeurs plus jeunes. En attendant, Clinton est confrontée à des sondages montrant des taux élevés d’opinions négatives et une extraordinaire méfiance publique.

Le sénateur Bernie Sanders du Vermont cherche l'Investiture démocrate à la présidentielle.

Si elle obtient la nomination démocrate, elle ne peut que s’engager dans une campagne négative acharnée puisque – face au manque d’enthousiasme des électeurs – sa meilleure chance de victoire est de diaboliser à un tel point son adversaire républicain que Démocrates et Indépendants se rendent aux urnes, morts de peur à l’idée de ce que le fou furieux du Parti républicain pourrait faire.

A l’heure qu’il est, beaucoup de partisans de Clinton la voient comme le choix – pas très excitant – de « la sécurité », une femme politique dont le long curriculum leur apporte l’assurance qu’elle doit savoir ce qu’elle fait. Les Afro-Américains, qui ont été ses électeurs les plus loyaux, se sentent apparemment plus à l’aise avec quelqu’un qu’ils connaissent (qui a eu aussi des fonctions dans l’administration Obama), que Sanders, qui est inconnu pour beaucoup et vu comme quelqu’un dont les programmes ambitieux semblent moins concrets que les idées sans envergure de Clinton.

Mais regarder de près le curriculum de Clinton, particulièrement son attachement aux « changements de régime » et autres plans interventionnistes au Moyen-Orient et en l’Europe de l’Est, pourrait faire réfléchir les électeurs pacifistes. [Lire sur Consortiumnews.com, « Is Hillary Clinton ‘Qualified’ ? »]

Des néoconservateurs astucieux, comme Robert Kagan, ont compris depuis longtemps que Clinton pourrait être leur cheval de Troie, tiré dans la Maison-Blanche par les électeurs Démocrates. Kagan a déclaré au New York Times : « Je me sens à l’aise avec elle sur la politique étrangère. Si elle poursuit la politique que nous pensons qu’elle poursuivra, ce sera ce qu’on pourrait appeler du néo-conservatisme, mais il est clair que ses partisans ne vont pas l’appeler ainsi ; ils vont l’appeler autrement. »

Le même article du Times a remarqué que Clinton « reste le navire dans lequel beaucoup d’interventionnistes mettent leurs espoirs. » Cependant, si elle est ce « navire » rapportant une politique étrangère néoconservatrice à la Maison-Blanche, ce choix « sécurisant » pourrait se révéler dangereux pour Amérique et la planète.

Source : Consortiumnews.com, le 10/04/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Les-crises.fr DT | 5 juin 2016 à 0 h 01 min | Tags: Election 2016 USA | Catégories: Crise Politique | URL:http://wp.me/p17qr1-tJO
 
 
 
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