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Archives de Catégorie: actualités

« Pas de démonisation » : Lavrov sur le discours de Trump à l’ONU

« En se contentant de juger et menacer, on risque de transformer en ennemi rles pays sur lesquels on voudrait avoir de l’influence. »


Au lendemain de l’intervention du président américain à l’Assemblée générale de l’ONU, ponctuée d’une série de déclarations retentissantes, dont des promesses d’ « anéantir totalement » la Corée du Nord, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a confié ses impressions à la presse. Il a notamment appelé Washington à cesser de menacer Pyongyang et confié les inquiétudes de Moscou quant à l’intransigeance de la position américaine sur l’accord nucléaire iranien. Bilan de Kommersant.

Sergueï Lavrov, ministre russe des affaires étrangères lors de sa conférence de presse. Crédits : MID
Sergueï Lavrov, ministre russe des affaires étrangères lors de sa conférence de presse. Crédits : MID/Flickr

« Notre position de principe est la suivante : nous ne voulons démoniser personne, nous nous efforçons toujours de comprendre en quoi réside le fond du problème. Les uns sont soucieux de leur propre sécurité, les autres, de la nécessité de s’entendre avec leurs voisins, d’autres enfin traversent des conflits intérieurs. En se contentant de juger et menacer, on risque d’antagoniser les pays sur lesquels on voudrait avoir de l’influence. Et pour cela, nous préférons travailler avec toutes les parties intéressées, éveiller chez elles le désir de dialogue », a-t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie russe a également fait part des inquiétudes de Moscou quant aux déclarations de Donald Trump sur l’Iran. « Nous sommes particulièrement inquiets d’entendre les États-Unis, par la bouche de M. Trump, réitérer une position intransigeante et critiquer violemment le Plan global d’action conjoint [signé en 2015, ndlr], qui permettait de régler le problème nucléaire iranien», a dit M. Lavrov aux journalistes, ajoutant que la Russie « défendr[ait] ce document ». « Nous allons défendre ce consensus, qui a été accepté avec soulagement par l’ensemble de la communauté internationale et a véritablement renforcé la stabilité régionale, et même, plus largement, la sécurité internationale », a affirmé le ministre.

Globalement, le ministre russe a qualifié le discours de M. Trump à l’ONU de remarquable, notant qu’à son avis, il s’adressait en partie à un auditoire intérieur. « Nous avons porté une attention particulière au soutien très précisément formulé aux principes de souveraineté et d’égalité dans les affaires internationales, aux déclarations sur le fait que les États-Unis veulent montrer l’exemple, ne veulent apprendre la vie à personne, respectent les principes d’existence que les peuples choisissent pour eux-mêmes, a noté Sergueï Lavrov. C’est un constat remarquable, mais il faudra voir comment ces propos s’incarneront en actes. »

Donald Trump a effectivement souligné à plusieurs reprises, dans son intervention du 19 septembre, que les États-Unis n’avaient pas l’intention d’imposer leur idéologie aux autres pays et plaçaient le principe de souveraineté au-dessus de tout. Dans le même temps, il ressort de son discours que la notion même de souveraineté est comprise très différemment à Washington et à Moscou, où elle est perçue avant tout comme la non-intervention de certains pays dans les affaires des autres. « Notre appel au respect de la souveraineté n’exclut pas l’appel à l’action », a clairement annoncé le chef de la Maison Blanche, ajoutant que les peuples de Corée du Nord, d’Iran, de Cuba et du Venezuela méritaient de bien meilleurs leaders que ceux qui les dirigent actuellement.

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EMMANUEL MACRON VEUT-IL PRIVATISER LES HLM?

 il nous présentera ça comme un progrès, un accès à la propriété, mais à Marseille nous avons quelques expériences désastreuses de logements que les propriétaires n’entretiennent plus et qui sont devenus de véritables taudis où s’entassent des gens qui sont au chômage, ont des salaires de misère et payent des loyers sans commune mesure avec les prestations Les propriétaires au départ ne peuvent payer les charges d’entretien et après les marchands de sommeil leur rachètent pour des sommes dérisoire leurs biens. (note de danielle Bleitrach)

Emmanuel Macron veut-il privatiser les HLM?
Denis Allard / REA

Alors que le plan logement du gouvernement sera présenté mercredi, Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du Management des Services Immobiliers, livre son analyse sur les intentions de l’exécutif envers le monde HLM.

Décidément, l’exécutif a décidé de tenir le pays en haleine à propos de ce qu’il va faire pour la politique du logement. Les nouvelles sont distillées au gré des interventions de nos dirigeants et tombent quand on ne les attend pas. En revanche, elles ne tombent pas quand on les attend : l’annonce du plan d’action pour le logement, qui sera largement transcrit dans le projet de loi préparé par le ministre de la cohésion des territoires et son secrétaire d’État devait être présenté le 13 septembre et voilà qu’elle est différée au 22. Au rang de ce que le Chef de l’État a bien voulu révéler en avant-première, il y a la réforme des HLM, qui tient en plusieurs mesures fortes.

Ces mesures ont inquiété le mouvement HLM au plus haut point. Le Président n’a pas fait avec cette famille professionnelle différemment d’avec les autres : sa saillie n’a pas davantage été précédée de concertation avec les fédérations constituant l’Union sociale pour l’habitat. A-t-il eu raison d’agir ainsi ? Courait-il le risque que ce puissant lobby et ses composantes, les offices HLM, les entreprises sociales pour l’habitat – les SA- et les coopératives contrarient ses projets de réforme ? On ne peut pas l’exclure : qui nierait qu’il y a dans le monde HLM un certain conservatisme? Pour autant, il y a aussi et surtout le sens de l’intérêt général, qui doit sous-tendre toute réforme, et des capacités d’innover et de progresser. On taxe trop souvent sans discernement cet univers, d’ailleurs plus polymorphe qu’il n’y paraît et moins monolithique qu’on le croit, d’immobilisme, sinon d’archaïsme et d’incompétence. Quoi qu’il en soit, la méthode a été choisie et le Président avance sans se retourner.

Que projette-t-il pour les HLM ? Il veut d’abord que les organismes cèdent désormais 1% de leur patrimoine chaque année à des accédants à la propriété, soit entre 40.000 et 50.000 logements. Il s’agira d’une accélération de l’histoire considérable : aujourd’hui, ce ne sont pas plus de 8.000 logements qui sont vendus, à leurs occupants ou à des ménages venant de l’extérieur. L’enjeu est double : favoriser la mixité des statuts au sein du parc et permettre aux organismes de générer des moyens financiers à réinvestir dans la construction de nouveaux logements. Au demeurant, le Président Macron a surtout insisté sur le second : il faut à toutes forces que les HLM parviennent à se consommer moins de fonds publics. Qui plus est, pour neutraliser l’effet de la baisse des APL de 5 euros déjà actée et celle qui suivra, les organismes vont être contraints de réduire de 50 à 60 euros les loyers pratiqués, ce qui va étioler leurs ressources… Dans ces conditions, l’État pourrait se trouver dans l’obligation de les secourir, s’ils ne s’inventent de nouveaux produits d’exploitation : les cessions ont vocation à leur donner de l’oxygène.

Pourtant, dans le même discours qui enjoint aux HLM de vendre une partie majorée de leur patrimoine, le Président Macron semble conscient de la difficulté de la tâche et propose qu’Action Logement, au moyen d’une société foncière ad hoc, acquière les logements cédés et les porte, le temps qu’ils trouvent preneurs.

C’est encore de l’oxygène que veut offrir l’État aux organismes HLM lorsqu’il prend l’engagement de geler pendant deux ans la rémunération du Livret A, au risque de déplaire à 55 millions de Français titulaires de ce produit d’épargne vedette. De la sorte, ils pourront emprunter à des niveaux de taux très bas et leurs charges financières en seront allégées. Sauf qu’au bout de deux ans, il est probable que les dépôts fondent pour cause de perte d’attractivité : les conséquences sur les organismes et leur aptitude à emprunter pour construire seront ravageuses.

Le projet de réforme remet également en cause le droit au maintien dans les lieux et tend à utiliser les surloyers comme une arme de dissuasion contre les locataires dont la situation a évolué favorablement depuis leur entrée dans le logement, qui peuvent intégrer le parc privé par la location ou accéder à la propriété.

On voit que le Président et le gouvernement ont échafaudé un programme complet et cohérent. Est-il seulement vertueux pour les finances publiques, ce qu’on a bien identifié comme un objectif structurant de l’Élysée et de Matignon, ou présente-t-il des dangers ? Et si le Président avait en tête de transformer le logement HLM en objet de profit, d’en tirer plus encore que ce qui est explicite et avoué… Car enfin, la création d’une foncière par Action Logement pourrait bien préfigurer l’arrivée dans le jeu de fonds d’investissement, intéressés par le patrimoine dont les HLM se défont, non pas seulement pour le porter provisoirement mais pour l’exploiter. Est-il si sûr que ces acteurs, y compris Action Logement, qui a des impératifs d’équilibre économique, maintiendront le cap d’une gestion strictement sociale ? Le résultat serait terrible : les occupants du parc HLM ont besoin d’une considération sociale, qui fait mauvais ménage avec des impératifs de rendement élevés. D’ailleurs, pourquoi Monsieur Macron s’arrêterait-il en chemin, et pourquoi ne privatiserait-il pas la totalité du patrimoine des organismes, au-delà des 40.000 cédés par an, soit les quelque 4,5 millions de logements ? Il se dit que la direction immobilière de l’État aurait déjà évalué ce patrimoine colossal… Mais au fait, ces logements appartiennent-ils à l’État ? À la fin des années 90, Louis Besson, alors ministre du Logement, avait tordu le coup à l’idée d’une privatisation en disant que les HLM étaient des biens « de mainmorte », c’est-à-dire n’appartenant à personne et incessible en tant que tels. Cette lecture juridique est la bonne, et elle exprime aussi une philosophie du logement public et du rôle de la collectivité envers les plus fragiles.

Le mouvement HLM ne doit pas se cacher que cette tentation, qui revient de façon lancinante, le menace. Il lui appartient sans délai de se préserver du démantèlement en prouvant que sa gestion est rationnelle…ou en la rationalisant d’urgence si le travail reste à faire pour partie. Les organismes les moins dynamiques en termes de construction doivent s’aligner sur les plus offensifs et les plus audacieux. Les regroupement par souci d’efficacité doivent inspirer une simplification du réseau, sans pour autant délaisser des territoires. Au lieu de priver les HLM des moyens de l’action, mieux vaudrait lancer une évaluation précise des performances des organismes quant à leur efficacité économique et sociale.

>> En vidéo – Taxe d’habitation : La taxe d’habitation : injuste et complexe

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Publié par le septembre 21, 2017 dans actualités, POLITIQUE, SOCIETE

 

COUP DE BAMBOU POUR LES RETRAITÉS : LES PENSIONS RISQUENT D’ÊTRE GELÉES EN 2018 !

 Décidément Macron se dit qu’il peut impunément nous attaquer, une raison de plus pour se mobiliser.. (note de danielle Bleitrach)

Coup de bambou pour les retraités : les pensions risquent d’être gelées en 2018 !
Getty/PeopleImages

La date de la revalorisation annuelle devrait être reportée d’octobre à janvier.

Nouveau coup dur pour les retraités… si les pensions du régime de base seront bien augmentées de 0,8% le 1er octobre, elles ne devraient, par contre, pas être revalorisées l’an prochain. A en croire Les Echos, le gouvernement aurait en effet décidé de décaler la date de la prochaine revalorisation d’octobre 2018 à janvier 2019.

Selon le quotidien économique, cela permettra de dégager environ 380 millions d’euros d’économies. Autre justification avancée par l’exécutif, la simplification du calendrier de revalorisation avec un alignement sur celle de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), ex minimum vieillesse.

Cette aide, qui est versée aux retraités disposant de faibles revenus, devrait en effet être augmentée dans un premier temps de 30 euros en avril prochain, puis de 35 euros en janvier 2019 ainsi que début 2020, toujours selon Les Echos. Fixé actuellement à 803 euros par mois pour une personne seule, le minimum vieillesse dépasserait ainsi 900 euros d’ici un peu plus de 2 ans.

Ce gel risque en tout cas d’être mal pris par bon nombre de retraités, alors que les pensions de base sont déjà restées quasi inchangées au cours des dernières années. Du fait de la faiblesse de l’inflation, elles n’avaient pas bougé en 2014 et 2016. Entre temps, en 2015, la hausse s’était limitée à 0,1%. La revalorisation de 0,8% en octobre prochain est la première augmentation significative depuis 2013.

Sans compter que les pensions des régimes complémentaires Agirc et Arrco sont, elles, bloquées depuis 2013 ! Un scénario qui risque de se reproduire cette année. Ces pensions doivent habituellement être revalorisées le 1er novembre mais les règles prévoient une indexation sur l’inflation, moins un point.

Pour noircir encore le tableau, rappelons qu’une bonne partie des retraités doivent s’attendre à une hausse de la CSG en janvier prochain. Il est en effet prévu de la relever de 1,7 point pour tous les retraités ne bénéficiant pas du taux réduit de CSG, sachant qu’aucune compensation n’a jusqu’ici été proposée par l’exécutif – même si la refonte du barème d’exonération de taxe d’habitation devrait leur être plus favorable qu’initialement prévu.

 
 

Un nouveau développement dans l’affaire Seth Rich

par Les-crises.fr DT

Source : Joe Lauria, Consortium News, 08-08-2017

Les médias dominants des États-Unis rejettent tout lien entre le meurtre du responsable du DNC (Democratic National Comittee) et les fuites des mails du DNC en le qualifiant de « théorie du complot », tout en en accusant à la place la Russie, mais une nouvelle possibilité est apparue, écrit Joe Lauria.

Alors que les tensions entre la Russie et les États-Unis sont aussi dangereusement élevées qu’elles l’ont été aux pires jours de la guerre froide, il y aurait de nouvelles preuves que la Russie n’était pas à l’origine du piratage du DNC, même si le Congrès et les médias dominants des États-Unis acceptent comme un fait indiscutable l’accusation non prouvée de la culpabilité russe.

Le responsable du Comité national du Parti démocrate assassiné, Seth Rich.

La nouvelle preuve potentielle nous arrive sous la forme de la fuite d’une cassette audio du journaliste d’investigation chevronné Seymour Hersh. On y entend Hersh déclarer que la source des mails du Parti démocrate rendus publics par Wikileaks avant le début de la convention nationale du Parti démocrate, ce n’est pas la Russie, mais un élément intérieur au DNC.

Hersh affirme dans la cassette que la source de la fuite est l’ancien employé du DNC, Seth Rich, qui a été assassiné dans une rue sombre d »un quartier défavorisé du nord ouest de Washington deux semaines avant la Convention, le 10 juillet 2016. Cependant Hersh ne semble pas convaincu par la théorie selon laquelle Seth Rich a été assassiné en représailles pour les fuites. Bien plus, il partage l’avis de la police locale pour qui le meurtre n’est qu’une tentative de vol qui a mal tourné.

Des médias dominants ont tourné en dérision la possibilité de tout lien entre le meurtre de Rich et la divulgation des mails du DNC en le qualifiant de « théorie du complot », mais les commentaires de Hersh suggèrent une autre éventualité : le meurtre et les fuites n’ont aucun rapport, même si Rich peut avoir été à l’origine des fuites.

En rejetant l’éventualité que Rich ait été la source, les médias dominants passent souvent sous silence l’une des raisons principales pour lesquelles certains sont convaincus que Rich était la source. Peu après son assassinat, Wikileaks, qui a nié avoir reçu les mails du gouvernement russe, a posté un tweet qui offrait une récompense de 20 000 dollars pour tout renseignement qui résoudrait le mystère de l’identité de l’assassin de Seth Rich.

Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a évoqué, hors contexte, le meurtre de Rich lors d’une interview donnée à la télévision hollandaise en août dernier. « Les lanceurs d’alerte font d’énormes efforts pour nous faire parvenir des informations et courent souvent d’énormes risques », dit Assange. « Vous voyez, un jeune homme de 27 ans qui travaille pour le DNC a été abattu dans le dos, il vient d’être assassiné, il y a quelques semaines pour des raisons inconnues alors qu’il marchait dans une rue de Washington. »

Comme le journaliste insistait pour que Assange dise si Rich était la source des mails du DNC, il a déclaré que Wikileaks ne révélait pas ses sources. Toutefois cette réponse a semblé une façon indirecte de nommer Rich tout en poursuivant officiellement la politique de Wikileaks. On pourrait croire aussi que Assange utilise cyniquement la mort de Rich pour détourner l’attention de la vraie source.

Il est probable cependant que « Assange soit l’une des quelques personnes qui connaissent effectivement l’identité de la source. Ainsi son intérêt avoué pour le meurtre de Rich constitue-t-il un indice en ce qui concerne la source des fuites que tout média responsable devrait au moins prendre en compte, alors que cela n’a pas été le cas dans beaucoup d’articles récents de la presse dominante au sujet de la prétendue « théorie du complot » autour de Seth Rich.

Hersh enregistré à son insu

Les commentaires de Hersh qui ont été enregistrés ajoutent un autre élément au mystère, le journaliste ayant souvent et depuis longtemps mis au jour les crimes du gouvernement des États-Unis, ses mensonges et sa façon d’étouffer ces affaires. Il a révélé le massacre de My Lai pendant la guerre du Vietnam, dévoilé, dans les années 70, l’espionnage

Le journaliste d’investigation, Seymour Hersh.

Dans la cassette audio — ce que Hersh m’a dit a été fait sans sa permission — il a cité une source gouvernementale anonyme qui lui a dit que Rich a offert les courriels du DNC à Wikileaks contre de l’argent.

« Ce que je sais vient d’un rapport du FBI. Ne me demandez pas comment. Vous pouvez comprendre, j’y ai passé du temps », dit Hersh sur la bande. « J’ai quelqu’un à l’intérieur qui va lire un fichier pour moi. Cette personne est incroyablement précise et prudente, c’est un gars de très haut niveau et il me fera une faveur. Vous allez devoir me faire confiance. »

L’unité cybernétique du FBI s’est impliquée après que la police du district de Columbia n’a pas pu accéder aux fichiers protégés sur l’ordinateur de Rich, a déclaré Hersh. Le FBI a donc « trouvé ce qu’il avait fait. Il avait soumis une série de documents, de courriels. Quelques e-mails juteux du DNC, à Wikileaks », a déclaré Hersh.

« Il a offert un échantillon, un gros échantillon, vous savez que je suis sûr de dizaines de courriels et il disait : « Je veux de l’argent. » Plus tard Wikileaks a obtenu le mot de passe, il avait un Dropbox, un Dropbox protégé », a déclaré Hersh.

« Wikileaks a eu accès, et avant qu’il ne soit tué… il a aussi, c’est également dans le rapport du FBI, il a aussi fait savoir avec qui il traitait… je ne sais pas comment il a géré Wikileaks et le côté technique mais… la consigne fut passée selon le rapport de la NSA : « J’ai également partagé cette boîte aux lettres avec quelques amis afin que si quelque chose m’arrive ça ne résolve pas votre problème. » » Hersh affirme ne pas savoir quel était ce « problème ».

Soit Hersh s’est mal exprimé quand il a mentionné un « rapport de la NSA », au lieu de dire un rapport du FBI, soit la NSA peut avoir fourni un enregistrement de la communication de Rich au FBI. Le FBI et la police de Columbia ont nié que le FBI était impliqué dans l’affaire.

L’enregistrement a fuité

La cassette audio de Hersh a été publiée sur un site Web appelé Big League Politics, qui affiche des liens vers Project Veritas, un groupe de droite dirigé par James O’Keefe, bien qu’il n’y ait aucune preuve que Veritas soit impliqué dans la cassette de Hersh. Veritas réalise clandestinement des enregistrements audio et vidéo de sujets sans méfiance et a été accusé de les avoir falsifiés. Mais une récente vidéo secrète d’O’Keefe sur un intervenant de CNN medical, disait que la couverture de l’histoire du Russie-gate était une « connerie » confirmée par CNN, qui n’a pris aucune mesure contre le producteur.

Le président Donald Trump prête serment le 20 janvier 2017. (Copie d’écran de Whitehouse.gov)

Ceux qui croient que les révélations présumées de Hersh pourraient réduire les tensions russo-américaines lui réclament une confirmation de ses propos. La célèbre blogueuse Caitlin Johnstone a publié : « Si Hersh a la moindre information indiquant que les révélations de Wikileaks de l’année dernière ne provenaient pas de hackers russes mais d’une source interne, il est moralement obligé de fournir toutes les informations dont il dispose. Même la plus petite possibilité que ses informations puissent aider à stopper le conflit entre les USA et la Russie, en mettant fin au soutien public d’une nouvelle escalade dans la guerre froide, rend son mutisme totalement inexcusable. »

On n’entend que la voix de Hersh sur l’interview enregistrée et effectuée par Ed Butowsky, un riche donateur républicain et partisan de Trump. Jusqu’à ce jour, le seul commentaire public de Hersh à ce sujet a été fait à National Public Radio : « J’ai entendu des ragots, a-t-il dit. [Butowsky] a ajouté deux et deux et a trouvé cinq. »

Vendredi j’ai contacté par mail Hersh. Il m’a confirmé que c’était bien sa voix sur l’enregistrement mais a fermement condamné ceux qu’il a accusés de l’avoir enregistré à son insu, sans donner leur nom. Il ne m’a pas répondu quand je lui ai demandé s’il pensait que l’enregistrement avait été modifié. Il a refusé de faire plus de commentaires.

Le 2 juin, lors d’un échange de mails entre Hersh et Butowsky, Hersh a nié avoir connaissance du rapport du FBI. Ceci se déroulait deux mois avant qu’il ne découvre avoir été clandestinement enregistré, lorsque l’enregistrement a été rendu public le 1er août par le site Big League Politics. Une capture d’écran de l’échange de mails a été publiée par ce même site la semaine dernière.

« Je suis curieux de savoir pourquoi vous n’avez pas approché le comité de la Chambre en leur disant ce que vous m’avez lu de votre ami du FBI, en rapport avec Seth Rich », a écrit Butowsky.

Hersh a répondu : « Ed, vous avez une mauvaise mémoire… je n’ai rien lu de mon ami du FBI… Je n’ai pas d’informations de première main et je souhaite vraiment que vous arrêtiez de donner des informations que vous m’attribuez… Je vous en prie, cessez de transmettre des informations qui ne vous appartiennent pas… et que je n’ai aucune raison de croire… »

Sans le prévenir qu’il avait été enregistré, Butowsky répond : « Je sais que ce n’est pas une connaissance de première main, mais vous avez clairement dit, je m’en souviens parfaitement, que vous aviez un ami au FBI qui vous a lu, ou qui vous a dit ce qu’il y avait dans le dossier sur Seth Rich. Et je me demande pourquoi vous n’êtes pas en train d’aider votre pays en partageant cette information sur son identité ? »

En suggérant en outre que Rich peut avoir été la source des courriels du DNC, Wikileaks a publié un lien vers la cassette audio sur Twitter.

Hersh n’a pas confirmé avoir l’intention de publier quoi que ce soit sur la base des données de son informateur qui, a-t-il précisé, a vu le rapport du FBI. Aux cours des années précédentes, il a rencontré des difficultés à être publié aux États-Unis. Il a écrit pour la London Review of Books, jusqu’à ce qu’au début de cette année ce magazine refuse un article remettant en cause les supposées preuves américaines concernant l’attaque aux armes chimiques en Syrie, ayant mené à la décision de Trump du bombardement d’une base aérienne syrienne. Son récit fut publié alors dans un grand hebdomadaire allemand, Die Welt.

Un mépris de la presse mainstream

La réaction unanime des grands médias a été de traiter l’option « Seth Rich est la source Wikileaks » comme conspirationniste, alors qu’ils ont majoritairement ignoré les soupçons de Julian Assange et maintenant l’enregistrement de Hersh. Les plus importants organes de presse américains ont couvert le Russie-gate comme si l’interférence russe dans les élections américaines de novembre dernier était prouvée, plutôt que fondée sur une évaluation peu fiable d’analystes « triés sur le volet » issus de trois (et non des dix-sept existantes) agences de renseignement américaines.

Le présentateur Bill O’Reilly de Fox News interviewant le président Donald Trump.

Si le procureur spécial du Russie-gate, Robert Mueller, est vraiment déterminé à connaître la vérité sur l’identité de la source de Wikileaks, plusieurs pistes s’offrent à lui. Il pourrait vérifier les comptes bancaires de Seth Rich afin de voir s’il y eu un transfert d’argent d’un représentant de Wikileaks. Il pourrait essayer de découvrir à quels amis Seth Rich a donné son mot de passe de DropBox. Il pourrait essayer d’interroger Hersh.

« Quelqu’un devrait demander à Robert Mueller, s’il avait la moindre intégrité (ce qu’il n’a pas), pourquoi il ne montre pas ces rapports du FBI et/ou de la NSA à son grand jury, ce qui reviendrait à étaler au grand jour le Russie-gate dont l’enquête lui a été confiée », m’a écrit dans un mail l’ancienne agent du FBI et lanceuse d’alerte Coleen Rowley. « Il est dommage que le FBI puisse garder cela secret. Mais je pense que la famille [de Seth Rich] pourrait engager une procédure judiciaire pour obtenir le rapport du FBI mentionné par Hersh. Ou alors maintenant que Fox est poursuivie en justice, leur avocat pourrait essayer d’exiger la production des documents du FBI durant l’enquête ». Elle a ajouté que le FBI combattrait cependant une telle assignation.

L’action en justice mentionnée par Coleen Rowley a été présentée par Rod Wheeler, détective privé de Washington, contre Butowsky et Fox News. Il avait été engagé par Butowsky pour la famille Rich afin de trouver l’assassin. Le 16 mai sur la chaîne Fox News, Wheeler fut cité mentionnant une source de Fox au gouvernement fédéral qui affirmait que Seth Rich était la source de Wikileaks.

Fox News démentait l’information la semaine suivante, arguant de vagues violations de sa politique éditoriale. A l’époque, Fox avait subi un boycott publicitaire lorsque son président, Roger Ailes, et son présentateur vedette de l’époque, Bill O’Reilly, avaient été les cibles d’accusations de harcèlements sexuels. Tous les deux démissionnèrent plus tard. Sean Hannity, un autre présentateur vedette, avait continué à suivre l’affaire Rich jusqu’à ce qu’à ce qu’il soit menacé de boycott publicitaire, Fox démentant alors toute l’affaire.

Wheeler affirme maintenant que ses propos ont été déformés et que le but de Fox News était de détourner l’attention des liens de la Russie avec les mails du DNC. Le site Big League Politics a posté un document audio de Wheeler où celui-ci affirme qu’Aaron Rich, frère de la victime, l’avait empêché de poursuivre des pistes sur l’ordinateur de Seth Rich.

Il n’est pas évident de savoir si la source de Hersh est la même que celle de Fox (ou si Fox se servait de Hersh de façon détournée). Butowsky a un lien avec Fox en tant que commentateur. La date de l’enregistrement audio de Hersh n’est pas encore connue, bien qu’on puisse supposer qu’elle soit antérieure à ses échanges de mails avec Butowsky le 2 juin.

Si un rapport du FBI indiquant que Seth Rich était bien la source des mails du DNC existe et qu’il soit rendu public, cela pourrait apaiser les tensions avec la Russie que le Congrès a fait monter d’un cran la semaine dernière en instaurant des sanctions progressives (une forme de guerre économique) contre la Russie en punition pour son rôle supposé dans la divulgation des mails du DNC et d’autres affaires liées à John Podesta, le directeur de campagne de Hillary Clinton.

Les mails du DNC montraient au grand jour des représentants du DNC interférant de manière irrégulière dans les primaires démocrates pour affaiblir le rival de Mme Clinton, le sénateur Bernie Sanders. Dans les mails de John Podesta on trouve les discours de Mme Clinton à Wall Street et à d’autres groupes d’intérêts, ainsi que des méthodes d’extorsion de la fondation Clinton.

Le 6 janvier, avant de quitter leurs fonctions, les chefs du renseignement du président Obama ont supervisé des analystes de la CIA, du FBI et de la NSA « triés sur le volet » qui avaient rédigé une étude accusant la Russie du piratage des mails sans pour autant présenter la moindre preuve concrète. Les représentants russes ont nié avoir fourni les mails à Wikileaks et Wikileaks a nié les avoir reçus de la Russie.

Craig Murray, ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan et collaborateur de Julian Assange, a formellement affirmé que la source de Wikileaks venait de l’intérieur et n’était pas un hacker. Dans un mail de la semaine dernière adressé à l’ancien analyste de la CIA Ray MacGovern, que celui-ci m’a montré, Murray a écrit : « A ma connaissance, ni DNC ni John Podesta n’ont fait fuiter vers Wikileaks de quoi impliquer la Russie. Alors que j’étais à Washington j’ai rencontré quelqu’un qui, d’après les informations dont je dispose, est une réelle source. »

Néanmoins les accusations dénuées de preuves sur l’interférence russe dans les élections ont fait monter la tension entre les deux puissances nucléaires à des niveaux jamais atteints depuis les jours les plus sombres de la guerre froide, et vraisemblablement au-delà. Stephen Cohen, un expert américain de haut niveau de la Russie, a affirmé que l’épreuve de force actuelle pourrait être encore plus dangereuse que la crise des missiles cubains.

« Je pense que c’est le moment le plus dangereux des relations américano-russes, au moins depuis la crise des missiles cubains. Et c’est sans doute plus dangereux car bien plus complexe », a-t-il dit à la chaîne internet Democracy Now ! en avril. « Par conséquent, nous avons à Washington ces accusions, à mon avis sans fondement, selon lesquelles Donald Trump aurait été d’une manière ou d’une autre compromis par le Kremlin. »

Lors de la crise des missiles, « il n’y avait aucun doute sur ce que les Soviétiques avaient fait : mettre des silos à missiles à Cuba », ajouta-t-il. « Aucune preuve d’aucune sorte n’a ce jour été présentée. Imaginez si Kennedy avait été accusé d’être un agent secret du Kremlin. Il aurait été bloqué. Et la seule façon qu’il aurait eue de prouver qu’il ne l’était pas aurait été de déclarer la guerre à l’Union Soviétique. Et à l’époque, la guerre nucléaire était la seule option. »

Comme ça l’est toujours aujourd’hui.

Joe Lauria est un journaliste chevronné spécialisé en affaires étrangères. Il a travaillé pour le Boston Globe, le Sunday Times (Londres) et le Wall Street Journal parmi d’autres titres.

Source : Joe Lauria, Consortium News, 08-08-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Les-crises.fr DT | 16 septembre 2017 à 1 h 59 min | Étiquettes : Seth RichUSA | Catégories : Médias | URL : http://wp.me/p17qr1-NGx
 
 

La Corse Insoumise et le PCF confirment leur volonté d’aller unis à l’élection territoriale des 10 et 17 décembre 2017

 

Communiqué de la CI et du PCF

Ce mardi 12 septembre les délégations mandatées par la CI et le PCF se sont rencontrées une quatrième fois depuis le 17 juillet.

Ce cycle de discussions, débuté à l’invitation de la CI, à laquelle le PCF a répondu favorablement le 3 juillet, a toujours eu pour objectif de dégager un accord et un contenu partagé politiques en vue de la prochaine élection territoriale des 10 et 17 décembre.

Au cours de ces échanges, et au-delà d’approche différentes sur certaines questions spécifiques, il s’est exprimé de part et d’autre, une volonté commune de construire un projet antilibéral, contre les politiques d’austérité, pour la Corse et de constituer une liste commune pour le porter aux prochaines territoriales.

A l’issue de cette quatrième réunion les délégations de la CI et du PCF confirment publiquement cette volonté commune d’aller unis à la bataille pour offrir une perspective de progrès répondant aux attentes sociales et populaires de la Corse.

Cet élan unitaire nous permettra de formaliser notre projet politique antilibéral et la liste pour le porter : la voie pour y parvenir a été dégagée. Il s’agit désormais de finaliser dans la première quinzaine d’octobre l’une et l’autre.

Affirmer ensemble, aujourd’hui, cet engagement commun suscitera, nous en sommes sûrs, un grand espoir à gauche. Nous sommes au travail pour la Corse et pour la gauche. Nous allons réussir.

Chaque délégation retournera devant ses adhérents ou ses militants pour les informer du contenu de la réunion et décider en connaissance de cause.

Le 12 septembre 2017

Signataires :

·        pour la CI : P.OLLANDINI, C.FRANCESCHI, F.PERETTI, X.BERNARDINI, B.BOUQUET

·        pour le PCF         : MJ FEDI, G LARNAUD, M NORDEE, P ROSSI, M STEFANI

 
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Publié par le septembre 13, 2017 dans actualités, POLITIQUE

 

Romain Mingus : Irma, la France et l´ALBA

L´ouragan Irma vient de passer sur les Antilles avec son cortège de tragédie, de vies humaines emportées, et de celles qui devront se reconstruire dans la douleur et dans les pertes matérielles.

Comme réponse politique à cette catastrophe naturelle, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, ordonna, le 10 septembre 2017, l´envoi d´aide humanitaire à Cuba, à Antigua-et-Barbuda ainsi qu´à Saint Martin.

Le ministre de l´intérieur vénézuélien, Nestor Reverol, annonça, depuis l´aéroport de Caracas, que ce don de 10 tonnes de vêtements, de matelas, d´eau potable, et d´aliments non périssables á la collectivité d´outre mer française, s´inscrivait “dans le cadre du respect mais aussi de la solidarité avec le peuple de Saint Martin” (1). Il précisa que l´aide humanitaire serait acheminée via “un avion des Forces Armées vénézuéliennes et que cette incitative faisait partie de la coopération international dans le cadre de l´Alliance Bolivarienne des Peuples de notre Amérique (ALBA) » (2).

Depuis Paris, bien peu de médias ont souligné le geste de la République Bolivarienne du Venezuela. Et pourtant, cela soulève plusieurs questions qu´aucun de nos éditorialistes n´a daigné relever. Eux qui, il y a quelques semaines, étaient si prompts à dénoncer le Venezuela bolivarien à longueur d´émissions. En effet, cette aide précieuse, venant pourtant d´un pays qui connaît une crise économique, révèle de grandes incohérences dans la politique menée par le président Macron.

Il y a 15 jours à peine, Emmanuel Macron qualifiait le gouvernement de Nicolas Maduro de dictature. Par quel mystère de notre diplomatie le pouvoir français approuve-t-il désormais des liens de coopération, quels qu´ils soient, avec un régime non démocratique ? Y´a t-il une quelconque cohérence dans la diplomatie de notre pays ou bien l´ouragan Irma a-t-il déboussolé la girouette de notre politique extérieure? Pourquoi le gouvernement français autorise-t-il un avion militaire en provenance d´une dictature à atterrir sur notre territoire ? Car le pouvoir français a donné son aval au gouvernement vénézuélien puisqu’il reste souverain tant dans sa politique de gestion des risques que dans celle des désastres naturels.

Dans le cas contraire, il s´agirait alors d´une invasion et notre armée aurait l´obligation de « mener les opérations de résistances militaires » (Article R*1421-1 du Code de la Défense) pour bouter le bolivarien hors de France. Si l´avion militaire n´a pas été autorisé à acheminer l´aide humanitaire, cela révèlerait surtout l´incapacité de notre gouvernement à protéger l´intégrité de notre territoire et notre population. Les conséquences en termes de sécurité pour nos concitoyens seraient tellement désastreuses que nous préférons penser que le gouvernement français a finalement coopéré avec un pays que le président a lui même définit comme étant une dictature.

 

Ce qui nous amène à la situation la plus probable. Si comme le déclarait le Quai d´Orsay le 30 août 2017, il convenait « d´évaluer les relations avec le Venezuela sur la base de l´Etat de droit et des libertés fondamentales » (3), alors les liens diplomatiques mis à jour dans les décombres du passage d´Irma semblent démontrer que Paris « évalue » de manière plutôt positive la situation politique vénézuélienne. Les récentes déclarations de notre ambassadeur à Caracas vont d´ailleurs dans le même sens (4).

Le gouvernement français sait donc très bien que le gouvernement vénézuélien n´a rien de dictatorial mais pour des raisons médiatico-politiciennes, le président a décidé de soumettre la diplomatie de notre pays à des tactiques politicardes contre la France Insoumise. Autrement dit, d´utiliser l´appareil d´Etat à des fins partisanes et électorales. Ce qui est extrêmement préoccupant.

Mais comment pourrait-il en être autrement ? Chaque jour qui passe semble donner raison aux propositions esquissées dans l´Avenir en Commun, le programme de la France Insoumise.

En effet, l´aide humanitaire envoyé par le Venezuela a été décidé dans le cadre de la solidarité régionale promue par l´ALBA, cette organisation de coopération qui regroupe plusieurs pays des Caraïbes. Cette fameuse ALBA à laquelle Jean-Luc Mélenchon voudrait faire adhérer la France, au même titre que d´autres processus de coopération régionale auxquels participe notre pays comme l’Organisation des Etats de la Caraïbe orientale (OEC), la communauté des Caraïbes (CARICOM), ou encore l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC). A notre connaissance, aucune organisation supranationale régionale autre que l´ALBA n’a envoyé de l´aide aux sinistrés de Saint Martin.

Que vont donc faire Patrick Cohen et tous les membres de la caste politico-médiatique ? Vont-ils protester contre l´aide humanitaire envoyé par l´ALBA à nos compatriotes ? Oseront-ils, après Irma, reparler de l´adhésion de la France à l´ALBA, lorsqu´ils auront en face d´eux un des cadres de la France insoumise ?

Et que va faire le président Macron lors de son déplacement dans les Antilles françaises ? Remerciera-t-il publiquement la « dictature vénézuélienne » ? Lancera-t-il un processus d´adhésion de la France à l´ALBA ?

Décidemment, il semblerait que la queue du cyclone Irma ait considérablement dévasté ce qui reste de cohérence à la tête de l´Etat.

Notes :

(1) « Tras paso de Huracán Irma | Venezuela envió 10 toneladas de insumos como ayuda humanitaria a la isla de San Martín », Venezolana de Television, 10/09/2017, http://vtv.gob.ve/tras-paso-de-huracan-irma-venezuela-envio-insumos-como-ayuda-humanitaria-a-la-isla-de-san-martin/

(2) Ibid.

(3) « Venezuela : Extrait du point de presse », France Diplomatie, 30 août 2017, http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/venezuela/evenements/article/venezuela-question-reponse-30-08-17

(4) Voir https://twitter.com/NadalDiplo/status/897279727442026496

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Macron veut remplacer le code du travail par le code du capital

Macron veut remplacer le code du travail par le code du capital

 http://lvsl.fr/macron-veut-remplacer-le-code-du-travail-par-le-code-du-capital

Les ordonnances Pénicaud s’inscrivent dans la continuité d’un vaste projet patronal de précarité de masse, sous couvert de lutte contre le chômage de masse. Le Code du Travail s’en trouve menacé. Le gouvernement tente de maquiller, derrière une communication axée autour de la modernité et de la liberté, une politique déjà datée qui ne servira en bout de course que les grands intérêts industriels et financiers. Et au détriment des conditions de travail et de la rémunération des travailleurs.

 

Des poncifs faussement modernes

Muriel Pénicaud affiche sa volonté de « rénover le modèle social français » qui, selon elle, « ne répond pas bien aux grands enjeux de notre temps. » Il faut « prendre en compte l’évolution du monde du travail », nous dit-elle, car « l’économie française a évolué. »

« La mondialisation, la transformation numériqueles nouvelles attentes [ndlr, lesquelles ?] des salariés […] et les besoins [ndlr, lesquels ?] des entreprises pour croître et créer des emplois » nous auraient donc propulsés dans un monde complètement « nouveau » auquel notre code du travail centenaire ne serait plus du tout adapté. En résumé, e code du travail, c’était bien avant mais il faudrait passer à autre chose.

Mais qu’est-ce que Madame Pénicaud reproche au juste au code du travail ? C’est assez simple : l’ancienne DRH de Danone le dépeint comme un carcan « qui, en gros, n’est fait que pour embêter 95% des entreprises et sanctionner les 5 % qui ne se conduisent pas dans les règles. »

Sous le vernis de la modernité, Muriel Pénicaud tient en réalité un discours aussi vieux que le code du travail lui-même, instauré en 1910. Les arguments du personnel politique pro-patronat de l’époque contre le code du travail étaient déjà les mêmes : « Vos lois sociales coulent une industrie déjà fragile ! », lançait en 1909 le sénateur Eugène Touron à René Viviani, le ministre qui a porté la loi instaurant le code du travail à l’époque. La bataille autour du code du travail, ce n’est pas le vieux monde contre le nouveau monde ; c’est le conflit continu entre le capital et le travail.

 

Un code du travail presque accusé d’être liberticide

« Liberté », Madame Pénicaud n’a que ce mot à la bouche. Et elle la promet aux patrons et aux travailleurs : Liberté « d’entreprendre, de créer, d’aller rapidement à la conquête des marchés, ce qui veut dire se réorganiser rapidement, liberté de négocier des règles avec des syndicats, liberté d’investir sur cette innovation sociale » pour les uns. Liberté de « participer plus aux décisions de l’entreprise, de choisir une formation, de choisir son métier voire d’entreprendre » pour les autres.

Elle leur promet également la sécurité. « Plus de liberté, plus de sécurité », voilà le nouveau slogan du concept déjà usé de « flexisécurité ».  C’est la « complexité », l’« épaisseur », la « rigidité » du code du travail qui brideraient ainsi la liberté des entreprises et des travailleurs et qui mettraient à mal leur sécurité.  Selon le premier ministre, le code du travail « est aujourd’hui relativement complexe, épais ». De même, il ne croit pas « qu’il puisse venir à l’esprit de quiconque de le décrire par son extrême simplicité ou par la capacité qu’il aurait eu à effectivement protéger les Français qui travaillent. »

Il s’en faut de peu que le gouvernement n’accuse le code du travail d’être liberticide. En tout cas, à les entendre, il constituerait l’un des « freins à l’emploi ». Ainsi, en guise d’exemple, la ministre du travail explique que « l’incertitude » liée au « manque de clarté des règles et sanctions […] dissuade les petites entreprises d’embaucher ou de transformer des CDD en CDI. » Muriel Pénicaud estime en toute logique que sa réforme, combinée à d’autres mesures, contribuera à faire baisser le chômage. Là encore, cet argumentaire n’a rien de nouveau.

Jacques Le Goff, professeur émérite de droit public, rappelle qu’en 1910, les partisans de l’orthodoxie libérale s’opposaient à l’instauration du code du travail. Et ce, « par réticence de principe à tout droit du travail réputé entraver le libre fonctionnement du marché en finissant par se retourner contre ses destinataires par un effet pervers constamment souligné ». Leur argument pouvait se résumer par la formule « Plus de droit du travail, moins d’emplois ».

Et Jacques Le Goff d’ajouter : « Tel est l’argument dont on mesure la remarquable constance à travers une histoire qui l’infirme crûment. » En effet, cet argument tient plus de la croyance et du dogme que d’une démonstration par les faits. Dans l’émission C dans l’air (France 5), à la question d’un téléspectateur « Y a-t-il des exemples de dérégulation du travail ayant permis de réduire le chômage et la précarité des salariés ? », le silence gêné des « experts » majoritairement libéraux sur le plateau en dit long … « – Non – Non, à ma connaissance » finiront-ils par lâcher.

 

Un rapport de force défavorable au salarié sciemment occulté

Le grand absent dans le discours de Macron, c’est le rapport de force défavorable au salarié dans les négociations. Un rapport de force structurellement défavorable au salarié en raison du lien de subordination qui l’unit à l’employeur que le contexte de chômage de masse et le chantage à l’emploi qui en découle, viennent accentuer. Or, Macron et ses soutiens mettent sur un même pied d’égalité salariés et patrons et misent sur « l’innovation sociale » des individus.  Dans la bouche des néolibéraux, c’est tout un lexique qui gomme méthodiquement l’antagonisme entre le travail et le capital et masque leur projet politique au service des intérêts capitalistes.

On ne dit pas lutte sociale mais « dialogue social » où l’on discute entre « partenaires ». On ne dit pas patronat mais « les entreprises ». Le gouvernement de Valls n’était pas pro-patrons mais pro-business en anglais dans le texte et il aimait l’entreprise, pas le capital. La précarité devient de la flexibilité. L’égalité de droits entre les salariés ? Non, la « rigidité du droit du travail » !

De même, ne dites pas libéralisme économique, parlez plutôt de « modernité » et de « liberté ».  Ne dites pas « uberisation » mais plutôt « mutation du travail ». Rigide/flexible, moderne/archaïque, pragmatique/idéologue, ouvert/fermé, contestataire/réformiste sont autant de clivages invoqués à tort ou à travers pour occulter le clivage fondamental entre le capital et le travail.

Un accord d’entreprise ne peut déroger aux accords de branche que s’il améliore la condition des salariés, lesquels accords de branche ne peuvent déroger au code du travail que s’ils améliorent les conditions des salariés : c’est le principe de faveur. C’est le fruit de plus d’un siècle d’âpres luttes sociales, syndicales et politiques qui ont permis de déplacer bon nombre de négociations hors du cadre de l’entreprise où le rapport de force est le plus exacerbé, afin de garantir un minimum d’égalité de droits d’ordre public entre tous les travailleurs (35 heures, congés payés, etc.).

On a ainsi érigé une hiérarchie des normes, avec, à son sommet, le Code du travail, qui s’applique de la même manière dans toutes les entreprises dès lors qu’il s’agit d’un domaine dit d’ordre public. Qu’est-ce que le progrès social ici si ce n’est d’étendre ces domaines d’ordre public en favorisant le plus-disant social ? Les ordonnances Pénicaud et d’autres lois qui les ont précédées, vont dans le sens exactement inversepuisqu’il est prévu, au contraire, de restreindre les domaines dits d’ordre public.

Ainsi, les 5 ordonnances Pénicaud permettront demain que des accords de branche sur la durée, le nombre de renouvellements et le délai de carence des CDD prévoient des règles plus défavorables aux salariés que ce que leur accorde le Code du travail. Les CDI de chantier pourront également être introduits par accord de branche dans tous les secteurs. Dans la même logique, la nature, le montant et les règles des primes (d’ancienneté, de vacances, de garde d’enfant, etc.), aujourd’hui fixés par les conventions collectives, pourront désormais être négociés entreprise par entreprise. Aussi, l’agenda social des négociations, le contenu et les niveaux de consultation seront désormais déterminés par les entreprises et non plus par les branches.

Les ordonnances Pénicaud multiplient donc les dérogations au principe de faveur dans de nombreux domaines. Elles amplifient ainsi un mouvement d’inversion de la hiérarchie des normes qui place, dans de plus en plus de domaines, l’accord d’entreprise au centre de la législation du travail, au détriment des conventions collectives et du code du travail. En fait, il s’agit d’une sorte de retour en arrière graduel vers l’époque où le code du travail et les conventions collectives n’avaient pas encore été arrachés au patronat.

Nier le rapport de force défavorable aux travailleurs, c’est aussi remettre en cause et affaiblir le rôle des syndicats dans la défense des intérêts des travailleurs. Les ordonnances Pénicaud prévoient notamment que, dans les entreprises de moins de 50 salariés, le patron puisse signer un accord d’entreprise sur tout type de sujet avec un employé non mandaté par les syndicats, voire non élu dans les TPE de moins de 20 salariés, alors que jusqu’ici, seul un délégué syndical pouvait signer un accord. Dans les entreprises de moins de 20 salariés, après négociations, le patron pourra toujours soumettre l’accord à referendum sur n’importe quel sujet et non plus seulement dans quelques domaines (travail dominical). Par ailleurs, le comité d’entreprise, le CHSCT (hygiène et sécurité) et les délégués du personnel fusionneront en un seul et même « comité social et économique ».

Et puisque l’employé est mis sur un même pied d’égalité que l’employeur, le délai de recours aux prud’hommes sera limité et ramené à 1 an pour tout type de licenciement, et les indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif seront plafonnées. Les employeurs pourraient ainsi plus sereinement « budgéter » des licenciements illégaux.

Ce qui menace les conditions de travail et la rémunération des travailleurs, c’est le poison lent du nivellement par le bas (« dumping social »). Pour rester dans la course, les entreprises devront s’aligner sur leurs concurrents qui auront réussi, grâce notamment au chantage à l’emploi, à obtenir de leurs salariés, par accord d’entreprise, qu’ils acceptent les conditions de travail et de rémunération les plus « compétitives », c’est-à-dire les plus précaires.

Une loi qui s’inscrit dans un projet global de « précarité de masse »

Muriel Pénicaud détaille le plan d’attaque du gouvernement dans le JDD : « Cette réforme, ce n’est pas seulement celle du Code du travail, mais c’est un ensemble : droit du travail, retraites, pouvoir d’achat, apprentissage, formation professionnelle, assurance chômage. Quatre de ces réformes sont dans mon champ de responsabilité. Aucun de ces six éléments ne peut se comprendre sans les autres. C’est un Rubik’s Cube : on ne réussit pas un côté sans réussir l’autre. »

En effet, ces ordonnances ne sont que la énième étape d’un grand projet patronal de « précarité de masse » qui suit son cours et dans lequel s’inscrivaient déjà les lois Macron et El Khomri. Au nom de la lutte contre le chômage de masse, les gouvernements pro-patronaux qui se succèdent accompagnent un grand mouvement de précarisation généralisée des conditions de travail et de rémunération.

Dans une note pour la banque Natixis, Patrick Artus s’inquiète d’une possible « révolte des salariés » face aux « inégalités des revenus toujours plus fortes, la déformation du partage des revenus en faveur des profits, la hausse de la pauvreté, la faible hausse du salaire réel depuis 2000 et la hausse de la pression fiscale ». Cette révolte aboutirait à une hausse des salaires. Celle-ci bénéficierait aux ménages, mais pas aux actionnaires, ni aux finances publiques, ni aux grands groupes.

Il n’est donc nul besoin d’être marxiste pour constater que salariés et actionnaires ont des intérêts contradictoires. Les gouvernements « pro-business » ont conscience de cet antagonisme social bien qu’ils l’occultent volontairement, voire le nient dans le débat public ; c’est la raison pour laquelle ils procèdent graduellement par « réformes » successives. Le voilà, leur pragmatisme.

Richesse et pauvreté en Allemagne

L’une des sources d’inspiration de Macron, c’est l’Allemagne où, avec les lois Hartz, le chômage de masse dans les statistiques a été remplacé par une précarité de masse dans les foyers suite à la prolifération de l’infra-emploi (temps partiel subi, mini-jobs, etc.). On mesure aujourd’hui l’ampleur des dégâts sociaux d’une telle politique : la hausse de la pauvreté est telle outre-Rhin que même le FMI, cheval de Troie du néolibéralisme dans le monde, s’en est inquiété et a alerté Berlin en mai dernier.

Tel est l’horizon de la « modernité » d’Emmanuel Macron et de Muriel Pénicaud. Parce que c’est leur projet.

Crédit photos :

http://www.rtl.fr/actu/politique/pierre-gattaz-les-patrons-sont-les-heros-du-pays-emmanuel-macron-fait-de-la-pedagogie-7781470626

http://www.europe1.fr/politique/muriel-penicaud-la-complexite-ca-protege-pas-mieux-les-salaries-3384428

http://www.liberation.fr/france/2017/05/17/muriel-penicaud-une-patronne-au-ministere-du-travail_1570187

http://foed.over-blog.com/2017/05/reforme-du-code-du-travail-meme-bruxelles-estime-que-macron-n-en-a-pas-besoin.html

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/code-du-travail-le-grand-bazar-177132

http://www.kiosque.leparisien.fr/

https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/allemagne-riche-pauvre