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Archives d’Auteur: rodriguealteras

JUIN 1848 : La République bourgeoise s’instaure sur le cadavre de milliers de prolétaires !

C’est dans  » Les luttes de classe en France …  » et à chaud dans la Gazette Rhénane que Karl MARX procède à l’analyse et tire les leçons de cette véritable guerre civile que livre la bourgeoisie au prolétariat en juin 1848 pour préserver et garantir son ordre … et ses intérêts.
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Marx, présent en France est un témoin de premier plan et son analyse constitue  » sa première tentative d’explication d’histoire contemporaine à l’aide de sa conception matérialiste … » comme l’expliquera Friedrich ENGELS en 1895.
La Révolution de Février 1848 qui chasse la monarchie de juillet est conquise par les ouvriers avec l’aide passive de la bourgeoisie.
Le prolétariat conscient de son rôle dans la victoire contre l’ordre monarchique entend marquer la période ouverte par cette victoire de ses revendications sociales, socialistes.
Mais la bourgeoisie et ses différentes factions effrayées par ces aspirations, entend régler par la force le conflit qui l’oppose aux prolétaires :
 » De même que la République de Février avec ses concessions socialistes nécessita une bataille du prolétariat uni à la bourgeoisie contre la royauté, de même, la seconde bataille était nécessaire pour détacher la République de ses concessions socialistes, pour mettre en relief la République bourgeoise, détenant officiellement le pouvoir.
C’est les armes à la main qu’il fallait que la bourgeoisie réfûtat les revendications du prolétariat. Et le véritable lieu de naissance de la République bourgeoise  n’est pas la victoire de Février, c’est la défaite deJuin.  »

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La journée du 15 mai marquée par l’envahissement de l’Assemblée nationale, l’attaque contre les ateliers nationaux provoquent l’insurrection du 21 juin et des jours suivants suivis d’une impitoyable répression et du massacre de milliers d’ouvriers combattant héroïquement et tenant tête à l’armée et à la garde nationale 5 jours durant!
Marx en conclura que « seule la défaite le [ prolétariat ] de cette vérité que la plus infime amélioration de sa situation reste une utopie qui se change en crime dès qu’elle veut se réaliser. »
Enseignement qui demeure valable sans doute à notre époque où la Cinquième République et sa constitution monarchique restent des instruments aux mains de l’oligarchie et de ses représentants pour aujourd’hui tenter de remettre en question TOUS les conquis issus d’un autre rapport de force international et national.

On trouvera également ci-après des réflexions et des repères historiques indispensables à une compréhension de ce qui s’est passé alors et de ce qui demeure assimilable à notre époque :
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SOURCE : Le blog de Roger Colombier
http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2018/06/juin-1848-il-y-a-170-ans.une-revolution-du-peuple-que-la-republique-des-bourgeois-ecrase.html

La Révolution de 1848, qui renverse lamonarchie de Louis-Philippe, ne fait l’objet d’aucune commémoration. De ce fait, l’écrasement sanglant dans laquelle elle est noyée et l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, à la présidence de la République sont méconnus.
A cette époque, la France a faim. Les paysans se sont révoltés contre les »accapareurs de grains ». Les ouvriers s’organisant en « sociétés de résistance » contre le chômage qui s’accroit. Va naître une conscience révolutionnaire. Les républicains organisent des banquets pour demander le suffrage universel aux élections. Le roi interdit celui du 22 février 1848 à Paris.
Une immense manifestation secoue la capitale et des barricades apparaissent dans les rues. La troupe tire sans sommation sur un groupe d’ouvriers chantant la Marseillaise: 52 morts et de nombreux blessés. Cinq cadavres sont hissés sur un chariot. Le peuple traîne ses morts toute la nuit. Thiers, futur fusilleur de la Commune de Paris, devient premier ministre. Mais la foule marche vers les Tuileries. Mises à sac, Louis-Philippe s’enfuit en Angleterre.
Le peuple a gagné, mais pas pour longtemps. Les bourgeois vont lui ravir sa victoire. Les mêmes banquiers, qui avaient soutenu Louis-Philippe, organise la contre-révolution avec la bourgeoisie industrielle et commerçante. Ils adoubent le gouvernement provisoire de la république dès que celui-ci en chasse les progressistes.
Le 24 juin, l’Assemblée constituante, expurgée des républicains, transmet ses pouvoirs au ministre de la Guerre, le général Cavaignac. L’Assemblée proclame la dictature militaire et l’état de siège. Le 26 juin 1848, à midi, commence une répression méthodique dans Paris :  4 000 morts et des milliers de blessés; 12 000 arrestations et 4 000 déportés aux colonies. Ainsi se termine la Révolution de 1848.
L’histoire apprend qu’il y a République et République. Celle des forces de l’argent et du patronat et celle du progrès et de la justice sociale.
Comme il n’y a que deux côtés dans une barricade. 
Hier en juin 1848, comme aujourd’hui avec un ex-banquier d’affaires à l’Elysée.

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D’après Hérodote

Le 23 juin 1848 éclatent à Paris de violentes émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux. Leur répression, très brutale, consacre la rupture entre la classe ouvrière et le régime républicain issu des journées révolutionnaires de Février.
Généreuse République
Les Ateliers nationaux ont été créés le 28 février par le gouvernement provisoire de la IIe République en vue de procurer aux chômeurs un petit revenu en échange d’un travail symbolique.
Là-dessus se déroulent les élections législatives, les 23 et 24 avril. Ce sont les premières élections au suffrage universel (masculin). Contre toute attente, elles amènent à l’Assemblée une forte majorité de notables provinciaux très conservateurs…
La République trahit les ouvriers
Le 10 mai, dans l’attente d’une Constitution, le gouvernement provisoire cède la place à une Commission exécutive issue de l’Assemblée.
Cette Commission compte cinq membres, des républicains de mérite qui vont être dépassés par les événements et surtout écrasés par la pression de l’Assemblée : François Arago, président de la Commission et chef d’État virtuel, Garnier-Pagès, Marie, Lamartine et Ledru-Rollin.
L’administration des Ateliers nationaux est confiée à un conservateur, Marie, qui va s’employer à les disqualifier. Tandis que les effectifs employés croissent de 25.000 à près de 120.000, on ne leur confie aucun travail susceptible de concurrencer une entreprise privée. Les bénéficiaires pavent et dépavent les rues en contrepartie d’un franc par jour. Désoeuvrés, ils refont le monde et cultivent qui les idées bonapartistes, qui les idées socialistes.
La Commission décide donc le 20 juin 1848 de supprimer les Ateliers nationaux avec l’espoir d’étouffer ainsi l’agitation ouvrière. C’est le contraire qui se passe. 20.000 ouvriers descendent dans la rue le 23 juin 1848 et forment jusqu’à 400 barricades.
Le général Cavaignac engage une terrible répression, à la mesure de l’effroi qu’éprouvent les bourgeois de l’Assemblée.
Monseigneur Denis Affre, archevêque de Paris (55 ans), s’interpose entre les insurgés et la troupe, sur une grosse barricade.
Un crucifix à la main, cet homme d’un naturel timide appelle les frères ennemis à la réconciliation. Les coups de feu s’interrompent. Mais un roulement de tambour réveille les pulsions de mort. Les coups de feu reprennent. L’archevêque s’écroule. Il murmure avant de mourir : «Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis».
Au total, du 23 au 26 juin, trois jours de combats feront 4.000 morts parmi les insurgés et 1.600 parmi les forces de l’ordre.

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Publié par le juin 29, 2018 dans Uncategorized

 

Russie : des nouvelles de la campagne électorale

Le vice-président du Comité central du KPRF, Youri Afonine, participait à une émission  de la station de radio « Ici Moscou ». Mais cette émission normalement d’une heure  a été interrompue après seulement 25 minutes ! Marianne qui a fait cette traduction me signale la pression incroyable qui s’exerce sur les communistes et leur candidat, elle m’annonce d’ailleurs la traduction d’un article de Ziouganov qui dénonce les diffamations, dont ce candidat est l’objet. Il semble que cette candidature sème la panique dans le rang de la droite qui ne craint pas d’interpeller les communistes sur ce candidat qui ne serait « pas assez communiste » (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop).

https://kprf.ru/party-live/cknews/173061.html

Service de presse du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie

15-02-2018

La conversation dans le studio a commencé par un point sur la campagne présidentielle. Youri Afonine a noté que le scénario des élections en tant que référendum sur la confiance au président sortant est déjà battu en brèche. Dans de nombreux sondages sur Internet, le candidat des communistes et patriotes Pavel Groudinine mène invariablement. Mais dans l’un de ces votes – sur le site president-rf.ru – près de 200 000 personnes ont déjà participé! Bien sûr, les votes sur Internet ne sont pas entièrement représentatifs. Mais leur échelle est telle qu’il est devenu impossible de les ignorer. Aujourd’hui, ce sont Pavel Groudinine et Vladimir Poutine qui se battent pour la victoire aux élections. Et personne d’autre.

 

Youri Afonine, qui a fait des déplacements avec Pavel Groudinine dans de nombreuses régions du pays, a déclaré qu’aucun autre candidat aujourd’hui n’est capable de remplir des salles pouvant accueillir 1,5 à 2 000 personnes. En même temps, pour des centaines de personnes qui ne rentrent pas dans la salle, nous devons organiser une retransmission vidéo de la réunion dans le hall, et parfois même dans la rue. Alors que les autres candidats, comme le montrent les informations télévisées, se rendent dans les marchés, parlent dans la rue avec cinq grand-mères, au mieux dans un amphi à quelques centaines d’étudiants, réunis par des moyens administratifs.

 

Ce large soutien à Groudinine provoque une réaction sous la forme d’une forte pression d’information des médias dépendant des autorités. Pratiquement toutes les histoires sur Groudinine apparaissant sur les chaînes de télévision ont un caractère strictement négatif. Compte tenu de cette partialité évidente, le KPRF a envoyé un certain nombre de déclarations à la CEC [Commission électorale centrale] sur les violations de la loi par les médias. Mais la CEC a longtemps « classé » ces réclamations, sans en tenir compte, et a ensuite déclaré que le Parti communiste… n’avait pas le droit de les présenter, car il ne participe pas aux élections. « Nous avons reproduit ces déclarations au nom de Groudinine, mais la CEC continue à traîner », a déclaré Youri Afonine, « et avant de déposer une plainte contre l’inaction de la commission électorale, nous devons attendre qu’elle prenne une décision. »

 

« Mais le plus important est qu’on parle de vous? » – a demandé le présentateur Vladimir Karpov, suggérant que, en attaquant constamment Groudinine, les médias ne font que l’aider. « Peut-être », a répondu le vice-président du Comité central du Parti communiste. – Mais la loi doit être respectée, notamment par les organes de l’Etat. Comment pouvons-nous nous attendre à ce que nos citoyens se conforment à la loi si elle est violée par les autorités elles-mêmes? Mais vous avez raison à bien des égards: les mauvais procès intentés par les adversaires de Groudinine ne vont pas les aider.  » Youri Afonine a noté qu’un certain nombre de technologies politiques, qui sont maintenant utilisées par les autorités pour combattre Groudinine, remontent aux campagnes de diffamation contre le Parti communiste en 1996 et 2003. Mais elles sont restées « coincées » à cette époque. On pense toujours qu’en «lavant» le cerveau des gens à travers la télévision, on peut atteindre le résultat désiré. C’est oublier que maintenant l’information se répand rapidement sur Internet. Une seule interview avec Pavel Groudinine sur la chaîne YouTube de Youri Doud’  a déjà été vue plus par de 4 millions de personnes!

 

Comme l’a souligné Youri Afonine, les hommes de télévision avec leur rengaine sur les «comptes étrangers de Groudinine» ont complètement abandonné la discussion sur l’avenir du pays pour les 6 prochaines années. Cependant, les gens s’intéressent à leur avenir. Nous diffusons largement le programme «20 étapes de Pavel Groudinine», et aimerions voir sa comparaison avec le programme du président sortant dans un débat télévisé entre les candidats.

 

Ils ont également évoqué l’initiative d’Alexandre Chokhine, président de l’Union des industriels et entrepreneurs russes (également connu sous le nom de «syndicat oligarchique»): libérer tous les entrepreneurs de la fraude fiscale s’ils acceptent de «sortir de l’ombre».

 

Youri Afonine a noté que les communistes aujourd’hui distinguent clairement entre les petites et moyennes entreprises d’une part et la grande entreprise oligarchique de l’autre. Les petites et moyennes entreprises subissent clairement trop de pression administrative. Il y a une situation absurde : l’État dépense plus d’argent pour contrôler une petite entreprise que ce qu’il reçoit sous la forme de taxes et de frais. En même temps, l’entrepreneuriat est brimé et des milliers de fonctionnaires supplémentaires sont maintenus. Ici, pour les petites entreprises, il est possible d’envisager une amnistie pour les infractions fiscales. De plus, ces violations sont souvent associées au manque d’argent «supplémentaire» pour que les petits entrepreneurs puissent embaucher des comptables et des conseillers fiscaux qualifiés. Youri Afonine a déclaré que lors d’un voyage à travers le pays, un entrepreneur est venu lui dire: «Nous créons des emplois pour nos familles, pour nos amis, mais dès que nous nous enregistrons en tant qu’entrepreneurs, l’État commence à nous considérer comme des ennemis. Et quand l’Etat soutient malgré tout l’entreprenariat, alors presque tout le soutien va aux grandes entreprises. Ainsi, dans l’agriculture, la plus grande part des subventions est perçue par les plus grandes exploitations agricoles, étroitement liées aux autorités. Cette attitude de l’Etat conduit à ce que les petites entreprises se tournent de plus en plus vers le Parti communiste et ses candidats. Le vice-président du Comité central du Parti communiste a souligné que le Parti communiste voit dans le développement des petites entreprises une alternative au capitalisme oligarchique, que la combinaison des différentes formes de propriété est l’un des secrets du développement rapide de la Chine moderne.

 

Mais une telle position du Parti communiste, a déclaré Youri Afonine, ne signifie pas du tout qu’il faille amnistier toutes les violations des plus grandes entreprises qui ont sorti des dizaines de trillions de roubles offshore. Une telle « indulgence » serait perçue par eux comme la permission de continuer à faire partir l’argent à l’étranger. Au contraire, il est nécessaire d’étudier soigneusement toute l’histoire de la privatisation des années 1990, lorsque l’immense propriété publique a été privatisée pour une part insignifiante de sa valeur réelle. Et si certaines entreprises, par exemple, n’ont pas rempli pas leurs obligations en vertu des ventes aux enchères qui ont joué un rôle clé dans cette privatisation, c’est certainement la base de la nationalisation de leurs biens.

 

Youri Afonine a noté que dans les jours à venir le KPRF soumettra à la Douma d’Etat 12 projets de loi visant en réalité à respecter les dispositions les plus importantes du programme de Paul Groudinine. L’un d’entre eux sera une loi sur la nationalisation, qui décrira clairement quelles entreprises devraient revenir à la propriété publique.

 

Mais à l’évocation de ce paquet d’initiatives législatives du Parti communiste de la Fédération de Russie, le programme a été soudainement interrompu, bien que la moitié du temps de transmission habituel ne soit pas encore écoulé. Le présentateur a justifié cela par « un changement dans la grille de diffusion ».

Traduction MD pour H&S

 

 
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Publié par le février 21, 2018 dans INTERNATIONAL, Russie

 

Haro sur les cheminots pour préparer la contre-réforme de la SNCF !

la campagne du pouvoir et des médias

espère dresser l’opinion contre les cheminots !

En écoutant ce jour les grands médias audios, télévisuels … ce qui frappe c’est qu’à leur manière ils ont déjà engagé la bataille contre les cheminots.

En essayant de faire croire que les cheminots vont se battre SEULEMENT pour conserver leur statut .

C’est que depuis des mois et des mois, des années ils présentent ces garanties collectives issue d’une histoire et d’une spécificité professionnelle comme une anomalie et comme un privilège.

Opération de division classique mais qui mérite d’être contrée fortement : ils jugent en effet que contrairement à 1995 l’opinion aurait évolué et ne serait pas prête à soutenir les cheminots dans un conflit dur.

C’est ainsi que ce dimanche sur le plateau de l’émission « C politique » Thomas Snégaroff qui indique que par le passé les cheminots avaient pu mettre en échec toutes les tentatives de réformes expliquant selon sa grille de lecture que 3 facteurs avaient concouru à ces victoires :

une capacité dit-il de nuisance, de blocage

un front syndical relativement uni

et puis l’image exceptionnelle des cheminots héritée de la seconde guerre mondiale : le cheminot résistant illustrée dans le film de Clément : « La bataille du rail » , la légion d’honneur accordée à la SNCF pour faits de résistance … « toucher aux cheminots c’est toucher à un héros de la patrie »

Pour conclure au présent selon notre brillant analyste que si les 2 premières conditions sont toujours actuelles, ce qui a changé c’est l’image des cheminots :

«  le problème c’est l’image du cheminot, le temps a fait son oeuvre, le cheminot n’est plus le héros de la résistance, d’ailleurs même en 2011 pour clore la boucle Guillaume Pépy a reconnu le rôle de la SNCF dans la Shoa, donc l’image même de la SNCF a été un peu déconstruite de ce héros de la résistance, et puis plus concrètement et ça inquiète beaucoup la CGT et les cheminots, les cheminots sont aujourd’hui accolés, attachés, reliés aux pannes, aux retards, aux accidents et c’est peut-être cette image là, l’importance de l’opinion publique dans les mouvements sociaux qui risque de faire changer les choses, on le verra le 22 mars  »

Bien sûr notre brillant analyste ne dira rien de la récurrente mise en garde des organisations syndicales sur la dégradation effective du service public, les suppressions de postes, l’abandon de la maintenance du réseau sur de nombreux points du territoire, précisément les fameuses petites lignes … et en amalgamant la responsabilité des dirigeants de l’entreprise, celle des politiques de droite et PS à celles des cheminots qui eux ne dirigent pas la SNCF!

Et surtout que ces mauvais fonctionnement sont la conséquence des politiques que précisément ils veulent poursuivre et aggraver utilisant ici comme ailleurs les conséquences de leur politique, le sentiment dans le public que « ça ne va pas » pour tenter d’aller encore plus loin dans le démantèlement des biens publics conformément à leurs intérêts et aux directives de Bruxelles.

En soulignant au passage que parmi les arguments employés par le commentateur attitré (présent sur de nombreux plateaux) Thomas Snégaroff, il y a l’odieuse allusion de collusion avec la Shoa nazie. Mais bien sûr quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage!

C’est donc dire que face de surcroît à leur volonté d’aller très vite la question de l’opinion publique, de son soutien au conflit qui s’annonce est bien la question décisive pour l’emporter.

D’autant que l’ensemble des médias aux mains de 9 milliardaires, et le service public d’information comme en atteste l’émission de la 5 ce dimanche va entonner la même chanson et se saisr de toutes les occasions pour tenter d’isoler les cheminots et les agents publics de manière plus générale.

Car c’est bien à une guerre de classe à quoi nous avons affaire!

L’opinion publique doit leur être disputée parce que ce combat c’est aussi fondamentalement un combat pour la défense du service public ferroviaire et que la possibilité de convaincre est forte, en premier lieu parce que c’est l’ensemble des services publics qui sont agressés : fonction publique d’état, système de santé, hôpitauX, EHPAD …

Faire comprendre très largement que nous avons affaire à une agression globale contre nos garanties collectives égalitaires : le droit au transport, le droit de se soigner, le droit de se loger décemment …

Et ce sont toutes les forces conscientes des enjeux majeurs de l’heure qui doivent se porter au devant des travailleurs, des usagers des transports, dans les quartiers, dans les entreprises, dans les gares, sur les médias alternatifs, les réseaux sociaux … qui doivent disputer âprement à l’oligarchie le sens de ce qui s’engage dans ce combat!

 
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Publié par le février 20, 2018 dans Uncategorized

 

Institutionnalisation des syndicats : et si la question essentielle était celle du pouvoir des travailleurs ?

C’est hier qu’avait lieu au siège de la CGT à Montreuil un débat à propos de  l’institutionnalisation du syndicalisme de quoi parle -t- on ? « .

Animé par Sophie BEROUD politiste de l’université de Lyon 2 et Gilbert GARREL ex secrétaire général de la fédération CGT des cheminots et à présent président de l’Institut d’Histoire sociale de la CGT.

Dans l’introduction au débat il s’agissait de faire état des travaux d’un colloque antérieur à Lyon sur le sujet réparti en 5 séances.

Au travers d’une relation historique,

de la diversité des positionnements syndicaux (périodisation de Stéphane SIROT de 1884 à 1945, multiplication de lieux institutionnels après 1945 avec les comités d’entreprise, la mise en place de la Sécurité sociale …),

de l’évolution de la CGT après 1995 faisant référence à l’appréciation de Maryse DUMAS (éviter à la fois le risque d’intégration ET le risque de marginalisation),

du rôle chez les fonctionnaires de structures comme les Commission Administratives Paritaires (CAP), de l’expérience dans la métallurgie de l’usage de la loi de 1950 (comité de gestion des entreprises et expérience toulousaine)

comme à l’échelle internationale de l’expérience au sein de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) .

On pourrait résumer la conclusion des animateurs de la réunion aux point suivants :

les processus d’institutionnalisation des syndicats sont complexes et ambivalents et l’institutionnalisation peut être un élément constitutif du progrès social.

Le débat avec la salle allait faire apparaître des positions beaucoup plus tranchées,.

Notre camarade Roger Silvain faisant état de sa propre expérience comme administrateur à la Régie Renault et concluant que pour l’essentiel dans le cadre du capitalisme ça ne sert à pratiquement rien de siéger dans les conseils.

REMARQUES :

 

A plusieurs reprises dans la discussion il a été question de la période 1945-46 et de la mise en place des institutions de la sécurité sociale et de la participation plus que positive des travailleurs et de la CGT à ces instances.

MAIS précisément la question de la participation syndicale aux institutions de la gestion sociale est étroitement dépendante du contexte et du rapport de forces :

En 1945, au sortir de la résistance la CGT est forte de 5 millions d’adhérents et le Parti communiste frise les 30%, tandis que le patronat et la bourgeoisie sont considérablement affaiblis par leur attitude sous l’occupation. Les réformes et notamment celle de la sécurité sociale ont un contenu révolutionnaire (voir Bernard FRIOT) en soustrayant au marché les sommes considérables de la protection sociale et en confiant aux travailleurs et à leurs représentants  la gestion des caisses.

Et donc dans ce cas il ne s’agit pas de paritarisme : au départ les syndicats, seuls (sans le patronat), désignent les membres des conseils d’administration. C’est cela qui ne sera jamais accepté par la classe dominante et par de Gaulle et les ordonnances de 1967 outre la séparation des risques instaurent un mode de gestion paritaire entre représentants des assurés et des employeurs.

Et tout sera fait pour que dans le cadre de ce paritarisme l’influence de la CGT soit de plus en plus minorée en jouant en particulier sur les divisions syndicales (pendant longtemps rôle de FO puis de la CFDT).

Autrement dit la classe dominante, les représentants de l’oligarchie n’admettent la participation des syndicats et des travailleurs aux instances de gestion qu’à condition que ne soit pas menacée leur hégémonie sur la conduite de l’économie et de l’état, que la loi du profit ne soit pas remise en cause et que ne soit pas contesté leur monopole de décision sur les questions stratégiques et les choix décisifs : dans l’entreprise comme dans les structures globales de gestion.

Bien sûr, la question n’est pas de déserter toutes les instances dites mensongèrement de « dialogue social« , à condition de ne pas cultiver d’illusion chez les travailleurs, d’utiliser ces instances comme lieu d’information et de tribune, voire de concertation intersyndicale.

Sans jamais perdre de vue que comme le souligne Stéphane SIROT  » la République a toujours voulu faire des syndicats une béquille de l’état  » … et de la politique de ses grands commis et que la double besogne d’un mouvement syndical digne de ce nom consiste aussi à se battre pour le renversement du capitalisme et de ses rapports d’exploitation et d’aliénation.

Ce qui sépare ceux qui acceptent le cadre dessiné, structuré, défendu, justifié par les classes dominantes et ses chiens de garde, qui acceptent la domination de classe et cantonnent l’intervention des travailleurs à l’adaptation aux exigences du capital sous couvert de modernisation et ceux qui refusent cette soumission est plus que jamais actuel.

Que dire par exemple du rôle d’une CFDT aussi fortement partisane de la « concertation » et du « dialogue » avec le MEDEF et avec l’état et acceptant toutes les contre-réformes en échange des miettes concédées par un soit-disant donnant-donnant qui laisse sur le carreau tous les conquis issus de luttes séculaires?

Le réformisme syndical de l’acceptation de l’Union sacrée en 1914 à la participation active à toutes les scissions pour affaiblir et isoler le courant révolutionnaire ayant toujours accompagné toutes les régressions sociales!

A l’heure de la crise systémique du capitalisme et de la contre-révolution macronienne l’heure est plus que jamais à la défense des conquis de la Libération ET de la construction d’une alternative politique durable qui place les travailleurs aux commandes de la société à l’envers des mirages d’un partenariat raisonnable avec les bénéficiaires du système existant!

VOIR également l’article sur le site du Front Syndical de Classe :

http://www.frontsyndical-classe.org/-1

 
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Publié par le janvier 17, 2018 dans Uncategorized

 

La Sécu a été entièrement bâtie dans un pays ruiné grâce à la seule volonté militante

SOURCE : Le Comptoir, site Alizé Lacoste Jeanson, repris par Initiative communiste

17 novembre 2017

https://comptoir.org/2017/11/17/michel-etievent-la-secu-a-ete-entierement-batie-dans-un-pays-ruine-grace-a-la-seule-volonte-militante/

interview de Michel Étiévent

Avec Macron, la privatisation de la Sécu est en marche forcée : augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée), milliards d’euros “économisés” (et lits d’hôpitaux en moins), chasse aux fraudeurs, augmentation du forfait hospitalier… Pour comprendre pourquoi on devrait défendre la Sécurité sociale avec acharnement plutôt qu’accepter béatement sa destruction méticuleuse, nous revenons sur les conditions de sa création et son histoire avec Michel Étiévent – historien militant né dans la même maison que l’homme à l’origine de la Sécu – dans le numéro deux de notre revue. Construite envers et contre le Capital dans un pays ruiné par la guerre, la Sécurité sociale est probablement le service public qui a le plus changé la vie des Français au siècle dernier.

Le Comptoir : Comment les gens se soignaient-ils en France avant la création de la Sécurité sociale en 1945 ?

Illustrations de Quentin Chaillé pour La Revue du Comptoir (n°2)

Michel Étiévent : En 1938 en France, il y a sept millions de salariés. Cinq millions d’entre eux n’ont aucune protection sociale. Les deux millions restants ont de vagues assurances sociales. Celles-ci sont nées en 1930 et s’apparentent plutôt à de l’aumône. Certains ont aussi de vagues mutuelles mais elles sont épuisées à la moindre épidémie de grippe. La majorité des gens ne se soignent pas et attendent la mort. C’est l’insécurité totale du lendemain. Cinq millions de salariés n’ont pas de retraite non plus. La seule retraite à l’époque, c’est le cimetière. On imagine la rupture qu’apportât la Sécurité sociale en amenant simplement de la dignité. La Sécu, au final, ce n’est rien d’autre que le droit de vivre.

En 1945 en France, le taux de mortalité infantile est de 100 pour 1 000. Neuf ans après seulement l’institution de la Sécu, on passe à 30 pour 1 000. De 1915 à aujourd’hui, on a gagné près de trente années d’espérance de vie. On le doit essentiellement à la Sécu qui a apporté à tous la possibilité de se soigner et qui a mis à la disposition de tous les grands succès médicaux, comme la naissance de médicaments tels que la pénicilline, ou ceux pour soigner l’hépatite, qui ont pu sauver des vies.

« La Sécu, ce n’est rien d’autre que le droit de vivre. »

À la faveur de quoi le processus de création de la Sécurité sociale s’est-il enclenché ?

Après la guerre, le Conseil national de la résistance (CNR), un groupe de 18 jeunes résistants mené par Jean Moulin avant sa mort, a décidé d’en finir avec cette insécurité du lendemain. C’est l’idée de cotiser selon ses moyens et recevoir selon ses besoins. C’est le sens d’ailleurs de la première intervention d’Ambroise Croizat, ministre communiste de la Libération, à l’Assemblée nationale en 1945 : « Désormais, nous mettrons fin à l’insécurité du lendemain, nous mettrons l’homme à l’abri du besoin, nous ferons de la retraite non plus l’antichambre de la mort mais une étape de la vie et nous ferons de la vie autre chose qu’une charge et un calvaire. » Du programme rédigé par le CNR naît la fameuse ordonnance du 4 octobre 1945 qui institue la Sécurité sociale.

Qui est Ambroise Croizat ?

Ambroise Croizat est un fils d’ouvrier, un fils de manœuvre, qui naît le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon, en Savoie. Très vite, Antoine Croizat, son père, comprend que si on veut améliorer les conditions de vie extrêmement dures des travailleurs, il faut se bouger. Il lancera une grève en 1906. Ce sont les prémisses des revendications pour la protection sociale. Il s’agit de changer les rythmes, d’avoir des conditions de travail plus décentes et surtout d’obtenir une caisse de secours, l’ancêtre de la Sécu en fait, qui amènerait une couverture en cas de maladie ou d’accident de travail, puisqu’à l’époque, il n’y avait rien. Il se fera licencier pour ça. La famille va alors partir pour Ugine avant de rejoindre Lyon. Ouvrier depuis ses 13 ans, Ambroise va devenir un syndicaliste important de la CGT [Confédération générale du travail, NDLR]. Il adhérera au Parti communiste en 1920. En 1936, il est secrétaire de la fédération nationale CGT des métaux et il devient alors député de Paris. C’est le Front populaire. Dans les batailles menées à l’époque, c’est lui, avec d’autres, qui imposera les 40 heures, les congés payés, les conventions collectives.

Suite au pacte germano-soviétique d’août 1939, le PCF est dissous et ses militants incarcérés, dont les 36 députés communistes de l’Assemblée nationale. Croizat est ainsi arrêté et sera déporté au bagne d’Alger par Pétain. Il est libéré en 1943, après le débarquement anglo-américain sur les côtes algériennes et marocaines, et il rejoint le général de Gaulle dont le gouvernement provisoire est alors à Alger. Il fera ainsi partie de la commission consultative du premier gouvernement provisoire de la France, qui est en lien avec le CNR fondé la même année. Croizat est nommé président de la commission Travail par de Gaulle et il est chargé de préparer clandestinement la mise en œuvre du programme social du CNR.

Ambroise Croizat, au centre

En 1945, à la Libération, et suite au succès du Parti communiste aux élections législatives, il est nommé ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Il laissera un héritage social considérable : les retraites, les comités d’entreprise, la médecine du travail, le triplement du montant des allocations familiales, le doublement du congé maternité, la prévention dans l’entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles, et la mise en place de tous les statuts sociaux (de la fonction publique, des mineurs, d’électricien-gazier, etc.) avec Marcel Paul. Croizat a permis aux travailleurs d’avoir un rôle social, avec la création des comités d’entreprise notamment, dans la gestion et l’avenir de leur profession. Il va le payer très cher puisqu’il va mourir très jeune, en 1951. Il a 50 ans. Un million de personnes suivent le cortège dans les rues de Paris lors de son enterrement. C’est un enterrement à la Victor Hugo. Il n’y en a pas eu beaucoup. Les gens lui ont rendu hommage.

J’imagine qu’Ambroise Croizat n’a pas mené cet immense chantier seul. Sur le terrain, qui a bâti la Sécu ?

La Sécu va être bâtie par le peuple français, par un petit groupe de militants de base, essentiellement issus de la CGT en fait. Ces mêmes militants géraient la Sécu. La CGT avait d’ailleurs la majorité dans les conseils d’administration des caisses où 75 % des sièges étaient réservés aux travailleurs syndiqués et 25 % aux patrons. Ce sont donc des ouvriers comme Jolfred Fregonara, qui apparaît dans le film La Sociale, qui ont bâti en un temps très court la Sécu. On dit souvent que ça a pris 18 mois parce que ça correspond au temps qu’Ambroise Croizat, qui avait la maîtrise d’œuvre de ce chantier, est resté au gouvernement, mais en fait la création des caisses a eu lieu du 22 mai 1946 à août 1946. C’est un travail considérable. Ces militants vont construire 138 caisses de Sécu et 113 caisses d’allocations familiales, qui vont complètement changer la vie des gens. Il faut imaginer que les caisses de l’époque, c’est parfois une baraque en planches, parfois un wagon aménagé dans une gare, c’est un petite pièce ici ou là où des bénévoles, ramassent les feuilles de Sécu, payent les gens, etc.

On comprend l’enthousiasme indescriptible dans lequel ces militants ont bâti la Sécu, hors de leur temps de travail, pendant leur temps de congé et de manière totalement bénévole. Ils ont bouleversé la vie des Français en un temps très court, dans un pays totalement ruiné.

Au moment de la création de la Sécu, quelles ont été les résistances ?

Immédiatement, dès l’apparition de l’ordonnance d’octobre 1945 instituant la création de la Sécu, des défiances sont apparues. Elles viennent, naturellement, d’abord des patrons qui n’en veulent pas puisqu’il faut payer des cotisations sociales. Ensuite, ça vient de syndicats minoritaires, comme la CFTC [Confédération française des travailleurs chrétiens, NDLR], qui voulaient revenir aux anciennes caisses. Les oppositions proviennent évidemment des mutuelles dont la Sécu prend alors les biens puisque c’est elle qui va désormais tout gérer. Ça vient aussi des médecins, notamment du syndicat des médecins libéraux, qui s’opposent tout de suite à la Sécu parce qu’elle fixe leurs honoraires. Ils supportaient par ailleurs difficilement que la Sécu soit gérée par des ouvriers, qui plus est par des ouvriers de la CGT. Les assurances privées ont également lutté contre la Sécu, on comprend pourquoi. La droite française s’est battue farouchement bien qu’elle se refusait à le faire ouvertement puisque le rapport de force était contre elle. C’est d’ailleurs ce rapport de force au moment de la Libération qui a permis à la Sécu d’être mise en place : les cinq millions d’adhérents à la CGT, les 29 % d’adhérents au Parti communiste et les classes ouvrières sont sortis grandis de leur résistance alors que le patronat était totalement mouillé par la collaboration. Ce dernier pouvait difficilement dire quelque chose.

« Cotiser selon ses moyens et de recevoir selon ses besoins.« 

Quels sont les principes qui ont orienté la création de la Sécurité sociale ?

Il y en a quatre et ils ont tous été volés aujourd’hui.

Le premier, c’est l’unicité : dans une seule caisse, au plus proche des habitants, par

département, on va grouper tous les risques sociaux (maladie, vieillesse, maternité). De la naissance jusqu’au décès, les gens peuvent disposer de tous leurs droits sur place et au même endroit.

Le deuxième grand principe au moment de la fondation de la Sécu, c’est celui de l’universalité. On le doit principalement à Croizat. Tout le monde sera soigné. Ceux qui ne le veulent pas, c’est parce qu’ils l’ont refusé, comme les fonctionnaires ou les cheminots qui ont décidé d’avoir leurs propres caisses.

Le troisième, et il constitue l’exception française, c’est la solidarité. La Sécu est financée essentiellement par la cotisation sociale par répartition et par solidarité, qu’on soit bien portant ou malade, vieux ou jeune, actif ou non actif. Ce qui est formidable dans la cotisation sociale, contrairement à l’impôt, c’est qu’elle va directement du cotisant au bien-être des gens. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle aujourd’hui, on voudrait supprimer les cotisations sociales, parce que cet argent ne passe par aucun actionnaire, aucune banque, il va directement aux gens qui en ont besoin.

Le dernier pilier de la Sécu, qui est à imputer à Croizat aussi, c’est la démocratie. Si on veut permettre l’accès au droit de la santé pour tous, il faut que l’institution soit gérée par les intéressés eux-mêmes. C’est l’idée des conseils d’administration à majorité ouvrière.

Comment la Sécurité sociale a-t-elle évolué depuis ?

Dès 1947, les mutuelles qui géraient certaines des anciennes caisses sont arrivées à imposer leur existence grâce au retour de la droite au pouvoir après l’expérience gaullo-communiste de 1945-47. Et puis, la même année, les Américains vont s’en mêler en proposant le plan Marshall, c’est-à-dire en offrant une aide financière colossale à condition qu’on arrête l’invention sociale. Les communistes sont alors évincés du gouvernement. Au même moment, la classe ouvrière va se diviser, notamment avec l’invention de FO [Force ouvrière, NDLR], qui est d’ailleurs directement le fruit de la CIA1 [Central intelligence agency, les renseignements américains, NDLR]. Elle est destinée à casser l’unité ouvrière de manière à ce que les caisses n’appartiennent plus entièrement à la CGT. Ça a notamment été reconnu par George Meany, le chef des syndicats américains, qui a financé FOi. Cette époque correspond aussi au début de la Guerre froide, où une répression formidable est menée contre les communistes mais aussi contre les syndicalistes – les grandes grèves de 1947 seront d’ailleurs durement réprimées.

Ce mouvement s’est amplifié avec les années puisque dès 1953, les premières vraies batailles contre la Sécu apparaissent. On essaye d’abord de miner la retraite des fonctionnaires. Puis, en 1959, on va essayer d’imposer ce qu’on appelle les franchises, c’est-à-dire que les gens ne seront remboursés qu’à partir d’une certaine somme dépensée en soins médicaux, à l’époque c’était 3 000 francs. L’opposition a été si forte qu’elles n’ont pas pu être mises en place.

En 1958, c’est la première attaque forte contre la Sécu par le général de Gaulle, pourtant porteur de l’idée en 1945 quoiqu’elle lui ait été imposée par le rapport de force. Les directeurs de caisses seront dès lors nommés et non plus élus. Puis, il revient sur l’idée même de Sécurité sociale en imposant les ordonnances Jeanneney d’août 1967. Celles-ci imposent le contrôle préalable des budgets et le paritarisme, supprimant ainsi la gestion de la Sécu par les travailleurs puisque 50 % des sièges du conseil d’administration passent alors aux mains des patrons, laissant 50 % aux ouvriers. Il suffira alors d’un syndicat patronal minoritaire (mais unique) pour faire basculer la gestion vers le patronat. De Gaulle casse aussi la Sécu en plusieurs branches : auparavant tout était lié, les accidents de travail, la maternité, la maladie, la vieillesse. C’est comme un saucisson, quand on le coupe c’est plus facile de le manger. Le principe de solidarité est supprimé.

« Aujourd’hui, alors que la France est la 5e puissance du monde, 32 % des Français hésitent ou renoncent à se soigner pour des raisons financières. »

Et puis, il y aura toute une succession d’attaques. Avec le plan Barre, l’État commence à vouloir faire des économies sur la Sécu. Le ticket modérateur – le reste à charge pour l’assuré – était très mince sous Croizat et, dès lors, il ne cessera plus d’augmenter sous tous les gouvernements successifs dans le sillage de la privatisation rampante de la Sécu via le contrôle de l’État. Rocard impose ensuite la CSG (Contribution sociale généralisée), qui est un impôt et plus du tout une cotisation sociale prélevée sur le salaire. Georgina Dufoix va essayer d’imposer des franchises dans les années 1980. Et l’ensemble des plans Juppé, Raffarin, Chirac vont allonger la durée de travail et de cotisation. Et ça continue jusqu’à aujourd’hui avec l’ANI (Accord national inter-professionnel) de 2013 que la CGT n’a pas signé mais que la CFDT [Confédération française démocratique du travail, NDLR] a avalisé. Celui-ci impose une mutualité dans l’entreprise et constitue une rupture d’égalité puisque tout le monde n’est pas concerné, mais uniquement ceux qui travaillent (vieux, chômeurs et précaires ne l’ont pas). La mutuelle est au choix du patron. L’ANI impose aussi une rupture de confidentialité dans la mesure où les patrons peuvent potentiellement connaître le profil pathologique de leurs employés. Tout ça participe à privatiser la Sécu.

Il ne faut pas oublier que la Sécu a été entièrement bâtie dans un pays ruiné grâce à la seule volonté militante. Aujourd’hui, alors que la France est la 5e puissance du monde, 32 % des Français hésitent ou renoncent à se soigner pour des raisons financières [chiffres Insee de 2007, NDLR]. Tout ça est imposé par les réductions budgétaires décidées par l’État et votées par les députés. Si on voulait en finir avec le “problème” du “trou” de la Sécu, pourtant, on le pourrait. Celui-ci est de 10 milliards d’euros et dû au fait qu’il y a de moins en moins de recettes. Ceci est notamment imputable à la baisse de l’emploi : alors que plus de trois millions de personnes ont été mises au chômage, 100 000 emplois en plus en France correspondraient à deux milliards de plus dans les caisses de la Sécu. Aujourd’hui, il y a 40 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales pour le patronat, obtenus par le chantage à l’emploi. Il y a 20 milliards de fraude aux cotisations, principalement obtenues par le travail au noir. Il y a 80 milliards d’évasion fiscale. Enfin, il y a 312 milliards d’euros de revenus financiers en France qui ne sont soumis à aucune cotisation sociale. L’État vient d’employer 270 personnes pour courir après les chômeurs. Est-ce qu’on ne pourrait pas plutôt employer ces gens-là pour courir après l’évasion fiscale, c’est-à-dire après les gens qui ne payent pas de cotisations ?

Le problème du prix des médicaments est scandaleux par ailleurs : un traitement pour l’hépatite C aujourd’hui coûte 100 dollars à la fabrication et est vendu 48 000 euros à la Sécu. On pourrait très bien créer un Pôle public du médicament avec des médecins et des usagers qui géreraient tout ça. Un autre moyen “d’économiser” serait de faire enfin de la prévention : par exemple, on connaît la toxicité de l’amiante depuis 1967 mais il a fallu attendre 1997 pour l’interdire. Entre temps c’est 30 000 morts et on en annonce 100 000 nouveaux. Il y aurait beaucoup de choses à faire avant de vouloir supprimer la Sécu. Il faudrait seulement un peu de courage politique. Et c’était la vertu cardinale de certains de nos représentants au moment de la Libération : ils plaçaient l’humain au centre de tout leur champ politique. Ce n’était pas les banques qu’ils voulaient sauver, c’était l’homme.

Note :

1 George Meany a déclaré peu après “l’opération” au club de presse de Washington : « Je suis fier de vous dire, parce que nous pouvons nous permettre de le révéler maintenant, que c’est avec l’argent des ouvriers de Detroit et d’ailleurs qu’il nous a été possible d’opérer la scission très importante pour nous dans la CGT, en créant le syndicat ami Force ouvrière. » (cité dans E… comme espionnage, de Nicolas Fournier et Edmond Legrand, éditions Alain Moreau, 1978).

 

SYNDICALISME : une histoire de l’institutionnalisation … une réflexion pour aujourd’hui !

Dans cette conférence, Stéphane SIROT décrit l’institutionnalisation comme un processus utilisé par les classes dominantes avec l’objectif principal de domestiquer la classe ouvrière et le mouvement syndical.

Très tôt, dès la fin du 19ème siècle !

Et où en es-t-on aujourd’hui ?

Une réflexion éclairée par l’histoire pour agir et décider maintenant !

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Une conférence de Stéphane Sirot à l’Université populaire de Toulouse

Stéphane Sirot est historien, spécialiste de l’histoire des grèves et du syndicalisme. Il enseigne l’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’Université de Cergy-Pontoise et l’histoire des relations sociales à l’Institut d’administration des entreprises de l’Université de Nantes. Il a donné une conférence sur l’institutionalisation du syndicalisme à l’Université populaire de Toulouse.

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« L’institutionnalisation du syndicalisme. Etapes et problèmes »
Le jeudi 26 octobre 2017 l’UD CGT 31 en partenariat avec l’Université Populaire de Toulouse recevait Stéphane Sirot à la Bourse du Travail.

Conférence sonore consultable à l’adresse :

http://syndicollectif.fr/une-conference-de-stephane-sirot-a-luniversite-populaire-de-toulouse/

Contenu synthétique de la conférence

Définition, de quoi parle-t-on ?
Premier aspect pour un sociologue : il existe des structures sociales qui sont pérennes, s’inscrivent dans la durée.
De facto les syndicats sont des institutions.
L’autre aspect : l’institution est un instrument de régulation : rôle attribué dans un champ par l’ordre dominant.
Abord à présent de l’institutionnalisation comme processus : reconnaissance du fait syndical par le droit avec 2 grands objectifs : l’intégration des syndicats à leur environnement, leur affiliation à l’ordre dominant (objectif prioritaire) et le second : participation des syndicats à l’organisation et aux besoins de normalisation de la société.
Processus piloté par le droit.
La macro- institutionnalisation ou  institutionnalisation par le haut (ex. négociations nationales inter-professionnelles) ; elle existe dès la fin du 19e.
Plus récemment, une micro- institutionnalisation à l’échelle de l’entreprise pour l’essentiel, surtout depuis 1980.
Loi de 1884 : les 2 attitudes
Loi de décembre 1968 reconnaissance section syndicale dans l’entreprise.
Les lois Auroux de 1982 ont plombé le syndicalisme, bien accueillies au départ (obligation de négocier dans les entreprises destinées à orienter les organisations vers des formes de régulation plus pacifiées);

Les 5 objectifs de l’ordre dominant :

  • transformer les rapports de force en rapports de droit
  • l’assignation à résidence professionnelle des organisations syndicales et donc leur exclusion de l’entre soi du champ politique : il s’agit de circonscrire l’action syndicale à ce qu’on pourrait appeler la spécialisation travail = autonomisation de la sphère travail (les parlementaires des années 1880 discutent de la manière de séparer le champ syndical du champ politique)
  • faire des syndicats ce que Pierre Rosanvallon « des relais et des béquilles de la généralité, cette généralité étant le champ politique = syndicats apparentés à des structures d’accompagnement, de cogestion du système en place en vue d’une auto-régulation partenariale des rapports sociaux.
    On retrouve ces objectifs avec la loi LARCHER.

On l’association des syndicats aux décisions recherchées par l’ordre dominant .

Illustration : le père de Giscard dans les années 50 « la manière la plus efficace c’est de faire comprendre et accepter par les organisations ouvrières la nécessité de cette politique … car il n’y aura pas de meilleur relais au sein du monde ouvrier pour faire accepter la douleur des décisions qu’on voudrait voir prises »

  • ​​​​​​​dernier objectif ; affiliation des contre pouvoir aux institutions

l’ordre des institutions est d’une extrême fragilité : il repose avant tout sur des représentation symboliques ; il leur faut le renfort des structures destinées à l’encadrement de la société = mise en place de dispositifs d’amarrage des corps intermédiaires au système en place pour lui assurer sa survie .
C’est pour tout cela qu’à la fin du 19e siècle les républicains légalisent le fait syndical .
Pour sa propre survie la République a besoin de cela (pas encore tout à fait stabilisée).

Mise en place des dispositifs en vue de ces objectifs :

  • légalisation/autorisation
  • admission syndicat comme porte-parole d’un collectif pour favoriser processus de négociations à la place de rapports de force (lois sur les conventions collectives)
  • mise en place régulation pacifiée via représentation plus solide au sein des entreprises (1917 dans usines de guerre, 1936, 1968 avec reconnaissance section syndicale dans l’entreprise)
  • dispositif permettant présence représentants syndicaux dans structures d’état : dès fin 19e siècle en 1890-1891 MILLERAND  et mise en place du Conseil Supérieur du Travail.

EN 1925 le Conseil Economique et Social émane de’une initiative de Léon JOUHAUX = dispositifs de mise en connivence

Colégislation orientée par l’état avec discours sur l’autonomie des partenaires sociaux. Le dialogue social vise à faire participer les syndicats aux décisions douloureuses, pas aux décisions stratégiques.
Exemple les licenciements cogérés

L’institutionnalisation a de puissants effets sur le syndicalisme lui-même :

  • dépolitisation des organisations = prise de distance vis a vis des systèmes de pensée utopique et d’alternatives à imaginer et penser la vie en société

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Les dirigeants de la CGT d’avant 14 perçoivent cet écueil : syndicalisme révolutionnaire, GRIFFUELHES, POUGET,  PATOUX pour les électriciens écrivent un livre sur une Révolution fiction : on le fait par ce que si on le fait pas il est sûr que l’on va être absorbé par les logiques qui sont celles de l’adversaire .
POUGET dans ouvrage en 1908 « La CGT » explique cela ; «  le rapport entre l’utopie et le rapport de force constitue une manière d’échapper au seul aménagement apaisé du quotidien dans un cadre défini par les frontières de l’existant, qui si d’autres horizons n’apparaissaient pas, constituerait une adaptation du syndicalisme au milieu capitaliste, voie vers laquelle les pouvoirs publics voudraient voir s’aiguiller les organisations corporatives »

  • péril d’obéissance alors que le syndicalisme se construit comme instrument de transgression de la loi. Comme syndicat on est en train de forger une contre-société.
  • Affiliation du syndicalisme aux institutions (de l’état, des entreprises)

Albert DETRAZ en 1963 de la CFDT dans un colloque met en garde contre installation dans les institutions : développement syndicalisme d’expertise et production d’une forme de distanciation par rapport aux salariés

  • mise en exil progressif de la pratique gréviste : apprentissage manifeste aujourd’hui (déclaration d’Edmond Maire CFDT)

  • déplacement des logiques de légitimation du syndicalisme : légitimation dans les profondeurs du mouvement social contre l’acte électoral (loi de 2008 mise en place avec l’intervention active de B. THIBAULT) : AVANT la loi de 2008 le critère de représentativité c’était leur capacité à mobiliser, à faire adhérer

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Au bout de 10 ans très clairement la légitimité, la survie est indéxée sur les résulats électoraux aux élections professionnelles accompagnée donc d’une déconstruction du syndicalisme français construit sur le mandatement impératif, le refus de la démocratie libérale sans recherche d’un adoubement institutionnel délégataire = syndicats machines à assurer des élections

  • dévitalisation des appareils syndicaux alors même qu’ils n’ont jamais été aussi pléthoriques. L e processus d’institutionnalisation  participe de la fabrique d’une espèce d’oligarchie syndicale voire parfois d’ailleurs d’une présidentialisation de la fonction de secrétaire général de confédération qui sont des processus étroitement imbriqués à l’institutionnalisation
  • Parallèlement gonflement des appareils au niveau des fédérations et des confédérations.

Quelques chiffres :

entre fin des années 60 et fin 2000 le nombre de personnes œuvrant au siège des confédérations auraient grosso modo quintuplé à la CGT et multiplié par 6 à la CFDT alors même que le nombre d’adhérents a lui fortement décru.

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Au sein de la CFDT le noyau central réuni quelques 3000 permanents qui se répartissent entre les sièges parisien de la confédération, les fédérations, les UR et les UD …
Autre exemple entre 1965 et 11985 le nombre de secrétaires confédéraux de la CGT est passé de 14 + 33 collaborateurs à 18 entourés de 145 collaborateurs .
Collaborateurs qui (c’est la CFDT qui a commencé) qui peuvent être des experts hors syndicalisme (c’est ça aussi l’institutionnalisation).

A la CGT qui a ma préférence, j’en fait partie, ce n’est plus l’époque de Krasucki qui lors d’un congrès à la proposition d’embaucher quelqu’un pour la presse confédérale répond : « Mais NON, toi militant tu vas être journaliste ». C’est ça le syndicalisme !
On fabrique par soi-même ce dont on a besoin !

  • Processus qui obère l’autonomie financière
  • intégration du vocabulaire dominant

A force d’intégrer les logiques de l’ordre dominant on intègre aussi son vocabulaire, sa manière de s’exprimer, sa manière de penser et à partir des années 80 les termes de dialogue social, partenaires sociaux, concertation qui ne sont pas du vocabulaire syndical MAIS qui le sont devenus !

Pourtant, à certains moments les syndicats ont été en capacité d’instrumentaliser l’institutionnalisation … à des moments où ils étaient portés par des mouvements sociaux d’ampleur : exemple, le Front populaire.
But de  l’institutionnalisation : déconstruire la logique de contestation du mouvement social pour la remplacer par une logique d’intégration

ORDONNANCES 2017 :

On y trouve les 2 aspects, poursuite ou arrêt du processus car le champ d’institutionnalisation du syndicalisme se réduit lui aussi avec ces ordonnances en recherchant d’autres interventions pour assurer la défense du monde du travail si on ne peut plus le faire via des structures dont on dénie désormais l’existence  comme le CHSCT .

La formation et la carrière des représentants formés par des universités …
Le syndicalisme envisagé comme une carrière professionnelle : bilan de compétence renforcé prévu   … formation d’une task force composée de binômes  anciens représentants syndicaux/DRH ou DRS   chargés d’aider les entreprises de la branche qui n’en n’ont pas à négocier.

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Les réactions syndicales face à ces ordonnances sont symptomatiques des effets de l’institutionnalisation : d’un côté syndicalisme de lobbying très clairement assumé (CFDT ) qui n’est plus un syndicat ça veut dire des coups de téléphone, aller dans des rencontres bilatérales, utiliser ses réseaux pour essayer de peser sur l’écriture d’un texte SAUF que si satisfaction n’est pas obtenu sur l’essentiel on ne sait plus quoi faire derrière parce qu’on a désappris les pratiques de mobilisation, le lobby étant un instrument d’influence.

Cf l’interview de BERGER qui conduit à un pourrissement de l’institutionnalisation.

Les journées d’action : une ritualisation

De l’autre côté, là où on veut encore mobiliser on est confronté aux pratiques d’institutionnalisation  qui sont bien ancrées dans le mouvement ouvrier et que l’on appelle les journées d’action.
Les journées d’action c’est de mon point de vue une espèce de ritualisation de la contestation qui n’existe qu’à partir du milieu des années 30, qui va s’installer fortement après la seconde guerre mondiale à un moment où globalement gouvernement et patronat dans les 30 glorieuses (compromis fordien) jouent leur rôle, c’est-à-dire dans un espace conflictuel des rapports sociaux.
La journée d’action s’inscrivait dans ce cadre .
Mais si l’un des 3 ne joue plus son rôle cela ne fonctionne plus et il faut en tirer les conséquences d’où la nécessité de réfléchir à d’autres modalités de mobilisation sauf à produire des effets proches de ceux qui se limitent au syndicalisme de lobbyiste.
Dans les 2 cas c’est l’échec car le pouvoir n’est plus réceptif, d’où des défaites permanentes depuis 22 ans, depuis 1995.
Même avec des mobilisations pourtant puissantes comme en 2003 avec risques de désyndicalisation (preuve d’inefficacité du syndicalisme)
Risque du délitement des appareils confédéraux chacun jouant sa partition dans son coin : routiers … = affaiblissement de ce que POUGET appelait « le chef d’orchestre confédéral »

Intérêt de la connaissance de l’histoire et reconsidération d’éléments naturels du pouvoir syndical : principes de politisation, de transgression et de culture de grève.

 
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Publié par le novembre 19, 2017 dans Uncategorized

 

IRMACRON… Cette tempête (médiatique) dans un coui d’eau !

A noter qu’après avoir relayé copieusement le déplacement de Macron aux Antilles le jour même des grandes manifestations contre la loi travail, les médias (France inter) commencent à faire état de l’accueil plutôt hostile des populations.

Notre camarade Philippe BELAIR fait état de ses réflexions à propos de ce déplacement :

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GUADELOUPE

Cà y est, sa sainteté néolibérale a posé les pieds en Guadeloupe – tremplin vers Saint-Martin et Saint-Barthélemy, habemus papam ! Branle-bas de courbettes dès 05 heures du matin à l’aéroport « Pôle Caraïbes », une exception pour un gros porteur venant d’Europe car l’idée première aurait été de passer une journée complète sur les trois iles et de repartir le soir pour présider le conseil des ministres du lendemain… Quel travailleur hein ? Prenez-en de la graine, fainéants !

L’autre idée première aurait été de zapper la presse (surtout locale), histoire d’éviter les questions de cyniques, et puis voilà qu’après une longue réunion filmée partiellement mais avec les mêmes images retransmises en boucle, nous avons eu droit à une conférence de presse dont l’unique but semble bien de marteler l’engagement sans faille de l’Etat dès le début et d’annoncer que finalement on campe à Saint-Martin… Quel comédien hein ?

Mais c’était sans compter sur l’acuité intellectuelle des extrêmes qui veillaient au grain et scrutaient le moindre mot prononcé et le moindre geste qui contredirai la pensée présidentielle sortie enfin de son hermétisme. Rien à faire, même avec l’appui des politiques locaux qui ont ravaler leur rancœur d’avoir été mis de côté dans la gestion de la crise pour avaler la couleuvre, personne n’a été dupe au point de croire un traître mot.

Malgré toute la mise en scène, sur du papier à musique, et le tapage d' »experts » autoproclamés dans les médias nationaux, deux actualités s’imposaient : l’organisation de la solidarité par des initiatives extra-gouvernementales et le mouvement social contre les ordonnances anti code du travail. La malhonnêteté des médias au service de la campagne de communication de Monsieur le Président vas jusqu’à nier le droit aux travailleurs de se mobiliser en pareille circonstance.

Oui ! La gestion de cette crise a été très mauvaise, en amont comme en aval, non pas par incompétence des fonctionnaires de l’Etat mais parce que ce dernier est tétanisé par l’idéologie néolibérale qui lui interdit l’initiative politique comme il se doit en République (Res publica – Chose publique) au nom d’une vision comptable de la société. Cette manière de toujours comptabiliser les moyens d’action, même l’aide d’urgence est déjà comptabilisée à 50 millions d’euros (Dixit Jupiter), et de faire des prévisions risquées jusqu’à la dernière minute afin d’éviter les pertes de journées par les entreprises, est à l’origine de ce chaos.

Le Vénézuela, prétendue Dictature (Dixit les mêmes médias il y a encore peu), a été le premier Etat a porter secours à toutes les îles touchées y compris Saint-Martin. Quelle frustration de se voir voler la vedette par un pays honni parce qu’il a opté radicalement pour une politique opposé : le partage de la richesse même avec les voisins ? Quelle autre frustration de constater qu’un autre pays socialiste, Cuba, ne dénombre que 10 morts sur près de 12 millions d’habitants alors que la France est incapable de certifier le nombre véritable de victimes à Saint-Martin… 35 000 habitants sans compter les non-recensés ? Cuba se permet même le luxe d’aider les autres malgré sa « pauvreté » et les effets d’Irma, sans aucune comptabilité infecte et inhumaine.

Non ! Monsieur Macron vous avez tort de nous appeler à l’unité nationale pour couvrir vos erreurs, après nous avoir honteusement traiter de fainéants – cyniques et extrêmes. Vous avez tort de vouloir éviter la controverse en la qualifiant de polémique inutile. Vous aurez, de vous même, constater que nul ne vous a attendu pour initier la solidarité nécessaire et si unité nationale il doit y avoir ce sera sans vous et vos communicants médiatiques qui ne faites pas honneur à la république.

Votre parti pris idéologique est la source même du chaos post-cyclonique, n’en déplaise à ceux qui vous soutiennent mordicus sans l’acuité intellectuelle des extrêmes. Quant aux fainéants, ils sauront s’entraider et les cyniques, eux, ils continueront à vous tenir rigueur d’aller au charbon pour vos maîtres financiers qui n’ont cure de la planète.

C’était bien joué, vous avez voulu transformer le malheur d’autrui en tremplin politique pour étrangler la contestation sociale mais elle monte, elle monte, elle monte ! A n’en point douter, vous saurez mettre les moyens musclés pour tenter de la mater mais en vain. Pendant votre cynique entreprise, 500.000 travailleurs et fainéants étaient dans les rues, même en Guadeloupe, et ce n’est que le début car l’extrême viendra à vous vaille que vaille.

Basse-Terre, le 12 Septembre 2017,

BELAIR Philippe

1)  Coui : Récipient pour recueillir de l’eau ou un aliment, fabriqué avec la moitié d’une calebasse.

 
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Publié par le septembre 13, 2017 dans Uncategorized