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Diaz-Canel : « Soyez assurés que nous ne nous rendrons pas

01 Fév
Lors de sa visite gouvernementale dans la province de Sancti Spiritus, le président de la République de Cuba, Miguel Diaz-Canel Bermudez, a échangé avec la presse nationale et étrangère. Photo: Studios Revolution

« Soyez assurés que nous ne nous rendrons pas, que nous ne nous laisserons pas souiller et que nous ne nous agenouillerons pas. Peu importe le prix qu’il nous en coûtera. Nous avons la force, nous avons le soutien de la population. Notre peuple est endurci dans ces épreuves », a déclaré le président de la République de Cuba, Miguel Diaz-Canel Bermudez, dans la soirée du jeudi 23 janvier, à la presse nationale et étrangère qui accompagnait la visite gouvernementale dans la province de Sancti Spiritus.

À un moment donné, au cours de la visite nocturne du chef de l’État dans la ville, le groupe de journalistes l’a approché à la Gare routière nationale, inaugurée en février 2019, où le chef d’État s’était rendu pour inspecter les installations modernes et échanger avec les personnes inscrites sur la liste d’attente pour obtenir un billet.

En réponse à une question de la CNN concernant la possibilité de réélection de Donald Trump, Diaz-Canel a souligné que « Cuba est prête. Pour nous, ces situations ne sont pas nouvelles. Cuba est prête à affronter des moments difficiles, avec ou sans réélection ».

Nous disposons de toute une stratégie, a précisé le président, « nous avons toujours des réponses dans notre histoire, nous avons tout un héritage, face à des situations comme celle-ci, une histoire de résistance, de lutte, et nous avons toujours été capables, grâce à cette capacité de résistance et de lutte, de trouver des issues et des réponses émancipatrices ».

Nous continuons à insister, a-t-il ajouté, sur le fait que nous sommes ouverts au dialogue avec les États-Unis, que nous pouvons entretenir des relations civilisées, comme l’a déclaré le général d’armée Raul Castro Ruz. « Mais cela doit être sur la base de l’égalité, ils doivent nous traiter d’égal à égal, ils doivent respecter notre souveraineté, ils doivent respecter notre autodétermination », a souligné Diaz-Canel Bermudez.

En faisant une évaluation de l’état actuel des relations entre les deux pays, le chef de l’État a estimé que la manière dont Trump s’est comporté envers Cuba n’est pas seulement liée à un moment électoral.

Trois situations fondamentales se produisent, a-t-il dit. L’une est électorale, car il essaie sans aucun doute de gagner le soutien de la communauté cubaine la plus réactionnaire de Miami, que nous cataloguons de mafia cubano-américaine.

Selon notre façon de voir, a-t-il indiqué, « il commet une erreur de jugement, car la communauté de Miami avait apporté davantage de voix à Obama, qui avait adopté une position différente envers Cuba, qu’à Trump lui-même. Mais il s’obstine constamment à gagner le soutien de cette communauté, ce qui réellement signifie répondre aux intérêts d’une petite minorité de personnes qui s’opposent à une normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis. »

Le président a ensuite évoqué le fait qu’ « une partie importante de la politique des États-Unis a échoué en Amérique latine. Ils ont tenté de renverser plusieurs gouvernements progressistes et c’est le contraire qui s’est réellement passé ».

La Révolution bolivarienne elle-même est toujours debout, alors qu’ils tenaient pour acquis qu’elle n’existerait plus à l’heure actuelle. Par ailleurs, une série de manifestations de mécontentement populaires ont commencé à éclater dans les pays où le néolibéralisme a conduit la population à une situation très complexe, a affirmé Diaz-Canel.

« Face à l’échec de la politique des États-Unis envers l’Amérique latine, ils ont essayé de trouver des prétextes et l’un d’entre eux – qui est très injuste, manipulateur et mensonger – est de dire que Cuba en est la responsable, et ensuite ils nous incluent dans un axe du mal constitué par des pays comme le Venezuela, Cuba et le Nicaragua. »

Et comme troisième élément, a conclu le président : « il y a la façon de penser de Trump, sa politique envers Cuba, une partie de la politique que les États-Unis ont malheureusement menée pendant toutes ces années ».

Vous avez vu, a déclaré le chef de l’État aux journalistes, la façon ridicule dont les États-Unis appliquent presque chaque semaine une sanction contre Cuba et utilisent ensuite un langage manipulateur, en affirmant que c’est pour aider le peuple cubain.

« Qui aident-ils ? Ces mesures aident-elles le peuple cubain ? Ces mesures aident-elles la famille cubaine qui vit aux États-Unis ? Ces mesures aident-elles le peuple étasunien ? Elles vont à l’encontre de tout cela », a-t-il souligné. Nous restons sereins, au milieu de situations complexes, a-t-il assuré.

« Ils ont tenté de couper nos approvisionnements en carburant. Aujourd’hui, le pays fonctionne avec un déficit en carburant, mais vous avez vu, ici même, dans une province du centre du pays, que la vie continue, que les gens tiennent leur engagement, gardent de la vitalité dans toutes leurs aspirations et aussi dans leur vie quotidienne. Voilà, les Cubains, nous sommes ainsi. »

CONCEVOIR UNE ÉCONOMIE D’ÉQUILIBRES

Une journaliste de l’agence espagnole EFE, s’adressant au président cubain, a commenté la façon dont il a insisté pour « débloquer l’économie », ce qui est « très important pour son pays ». Diaz-Canel a souligné que de l’aide a été demandée à l’Université : « À l’Université, nous avons demandé la participation au peuple, et aussi aux groupes de travailleurs ». Il a ensuite rappelé l’indication donnée à tous les ministres du gouvernement de l’île de « travailler à un exercice de réflexion collective et d’essayer de disposer d’une banque de situations dans lesquelles il y a des obstacles, des situations dans lesquelles il peut y avoir de la bureaucratie, dans lesquelles il y a des décisions que nous devons mettre à jour, afin qu’ensuite, avec cette banque de problèmes, nous puissions commencer à chercher des voies, à partir de la gestion du gouvernement, des moyens nous permettant d’éliminer progressivement, de débloquer, de nous débarrasser de ces entraves ».

Le président Diaz-Canel a dit avoir insisté, notamment auprès des membres du gouvernement qui participent aux visites, sur le fait que chacun doit demander aux citoyens d’expliquer les problèmes qui les préoccupent le plus, et que toute personne pouvant formuler une proposition doit le faire afin qu’elle soit prise en compte.

Répondant à la journaliste de l’agence de presse EFE, Miguel Diaz-Canel a abordé plusieurs questions économiques sur lesquelles le pays travaille actuellement : il a parlé d’une matrice des relations entre les différents processus, dont les solutions ne viennent pas d’un seul coup ou qui ne dépendent pas d’une seule décision : « Vous devez les analyser (les décisions), car la décision que vous prenez dans un domaine affecte l’autre. »

Le président a souligné que pour cette prise de décision, on compte beaucoup sur le soutien des économistes, et il a rappelé qu’il y a environ un mois, il s’est réuni avec les membres de l’Association nationale des économistes et comptables de Cuba (ANEC), afin de « donner une continuité à ma participation à leur Congrès ».

De l’avis du président, ce que l’on cherche, c’est « sans freiner le secteur privé, il s’agit également de lever les obstacles dans le secteur de l’État, et trouver les dimensionnements adéquates que doivent avoir l’État, le secteur privé et les coopératives ».

De même, il s’agit de parvenir à des relations adéquates entre l’État et le secteur privé. « Je pense que tous les acteurs économiques à Cuba aujourd’hui sont importants », a souligné Diaz-Canel, qui n’a pas manqué de souligner le fait que « beaucoup de choses sont remises en ordre » et que des progrès sont réalisés en dépit de la complexité des processus.

C’est une situation complexe qui s’explique en partie « par la quantité de choses qui se sont accumulées » : le pays fait face au défi de l’unification monétaire et des taux de change, ce qui aidera à « stabiliser légèrement les conditions, et à partir de là, beaucoup plus de choses peuvent être faites, mais il y a beaucoup d’idées, il y a plusieurs groupes de travail réunissant des universitaires, des économistes, des personnes qui sont impliquées dans les processus fondamentaux, qui travaillent et font des propositions. »

Et d’ajouter : « Si vous regardez la liste des politiques qui ont été approuvées, des politiques qui ont été mises en œuvre, vous pouvez constater que le pays a beaucoup changé en dix ans, au cours des quinze dernières années, et il continuera à changer, il continuera à changer pour le mieux. »

« Nous avons également étudié les expériences de la Chine et du Vietnam », a souligné le président, qui a demandé de ne pas oublier que « ni la Chine, ni le Vietnam n’ont été victimes d’un blocus comme Cuba l’a été pendant plus de 60 ans, et ce n’est pas le blocus de n’importe qui : c’est un blocus exercé par le gouvernement des États-Unis, par la première puissance mondiale, et ce n’est pas un blocus rhétorique, c’est un blocus dans tout le sens du terme ! »

« Personne, aucun pays du monde ne s’est vu appliquer les choses qui nous ont été appliquées. N’est-il pas honteux qu’une puissance aussi grande que les États-Unis, si riche en ressources, interdise à une petite Île d’obtenir son carburant ? Est-ce un concept humaniste dans les relations politiques, dans les relations internationales, dans les relations entre pays ? Ou est-ce une position d’arrogance, d’offense, d’imposition ? », a-t-il demandé.

« Nous avons toujours dit, eh bien, je l’ai ratifié tout à l’heure : nous avons des différences idéologiques qu’à mon avis nous aurons toujours, mais nous pouvons établir une coexistence civilisée, mais elle doit être basée sur le respect », a-t-il conclu.

 
 

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