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Mon chemin vers Staline, par Youri BELOV

08 Jan

La réhabilitation de Staline avance en Russie

Un texte fondamental pour comprendre pourquoi 70% des Russes regrettent l’Union soviétique et pourquoi Staline est plébiscité par eux comme le plus grand homme de tous les temps depuis quelques années et les opinions continuent à monter dans ce sens. Non les Russes ne sont pas des gens particuliers ayant un goût immodéré pour les despotes, mais voilà l’expérience qu’ils ont faite et leur évolution vers cette opinion. Non ce n’est pas Poutine qui imposerait le culte de Staline, d’un côté il est vrai qu’il le préfère à Lénine qui selon lui aurait divisé l’empire russe, mais ses alliés directs ne cessent au contraire de combattre l’URSS et Staline aussi bien que Lénine, le thème du goulag est moins fréquent que celui des magasins vides, mais il est utilisé. Non si Poutine doit montrer un certain respect pour l’URSS c’est en suivant l’opinion publique. Ici c’est quelqu’un d’âgé qui décrit le vécu de la déstalinisation et après la fin de l’URSS, une vision différente… Mais ce qui est frappant c’est qu’après une période marquée par la différence entre ceux qui avaient vécu l’URSS et la jeunesse, nous assistons à l’engouement de la jeunesse pour l’histoire et un intérêt renouvelé pour l’URSS et Staline. A lire pour comprendre, imbéciles convaincus de tout savoir après excès de BMFTV, passez votre chemin (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)

La Pravda No 142 (30929) 20-23 décembre 2019

https://gazeta-pravda.ru/issue/142-30929-20-23-dekabrya-2019-goda/moy-put-k-stalinu/

 

Je suis de la dernière génération stalinienne. Quand, en 1961, Nikita Khrouchtchev «a dénoncé le culte de la personnalité» du grand dirigeant soviétique, ce dont nous parlerons plus bas, j’avais dix-sept ans (1). On aurait pu imaginer que l’esprit de l’éducation stalinienne demeurerait inébranlable en moi, ainsi que chez les gens de ma génération. Hélas, des doutes sur la légitimité historique de Staline m’ont rendu visite plus d’une fois et, d’ailleurs, je ne suis pas le seul. A ma grande honte, je dois avouer que cela s’est surtout produit pendant les années de la maudite perestroïka de Gorbatchev.

 

Un coup asséné contre ce que j’avais de plus cher dans ma jeunesse

 

Staline est entré dans mon âme d’enfant pendant les années de la Seconde Guerre mondiale. Il ne serait pas exagéré de dire qu’il était aimé de tout le monde comme un membre de la famille, et son nom était synonyme de foi en la victoire de notre patrie soviétique.

 

Ma famille a été évacuée de Leningrad assiégée vers la ville de Molotov (aujourd’hui Perm), où ma mère devint contremaître dans un atelier de couture où l’on recevait du front les uniformes des blessés pour qu’ils soient remis en état et renvoyés au front. Je me souviens qu’un jour ma mère est rentrée du travail avec un portrait de Staline. Il a été placé entre deux fenêtres de la petite pièce dans laquelle vivaient six personnes: notre mère et ses cinq enfants. Chaque matin, quand je me réveillais, je regardais le demi-profil stalinien plissant des yeux gentils et sages. Staline était alors pour nous, comme Pouchkine: notre tout. Bien sûr, nous ne connaissions pas ces mots ni ne prononcions de tels mots, mais nous sentions quelque chose de grand et de fort dans le mot «Staline».

 

Les années d’adolescence dans l’après-guerre se sont envolées rapidement. Imperceptiblement, nous sommes entrés dans notre jeunesse. Nous traitions Staline comme un père, strict, exigeant mais toujours juste et bon. Ni moi ni aucun de mes camarades et amis n’ont jamais pensé qu’un jour Staline ne serait plus avec nous.

 

Cependant, la vie suivait son cours normal, devenant plus lumineuse et plus heureuse. On se souvenait de plus en rarement de la faim des années de guerre et de la disette des années d’après-guerre. Enfants des vainqueurs, nous croyions fermement en notre heureux avenir. Nous étions vêtus plus que modestement. Une nouvelle chemise, un pantalon ou une jupe était un événement joyeux dans nos vies. Et de tels événements se produisaient de plus en plus souvent. Nous pouvions manger du pain blanc et du beurre tous les jours! Les graves pertes de la guerre – la mort de pères et de proches au front – n’avaient pas été oubliées, mais étaient estompées. Nous avons cru en nous – nous avions avec nous Staline, inflexible, invincible. La radio diffusait de la musique classique et des textes littéraires russes et soviétiques. On y célébrait le pays, le peuple, le Parti et Staline. Tout cela constituait pour nous une unité organique. Et soudain, cette unité a vacillé: dans les premiers jours de mars 1953, des informations alarmantes sur la maladie de Joseph Vissarionovitch Staline nous sont venues de la radio, et le 5 mars la radio a annoncé sa mort. Cette nouvelle m’a trouvé dans la ville de Kalinovka, région de Vinnitsa. Dans les premiers jours après la mort de Staline, j’ai découvert ce qu’est la douleur d’un peuple: des vieillards et des femmes pleuraient; des anciens combattants retenaient à peine leurs larmes. Beaucoup plus tard, en 1961, Alexandre Tvardovski, mieux que quiconque, a exprimé l’attitude du peuple soviétique envers Staline. Seuls les ennemis haineux du pouvoir soviétique, de tout ce qui est soviétique peuvent contester ces vers du poète:

 

Nous l’appelions (à quoi bon mentir)

Père dans notre pays-famille.

Il n’y a rien à retrancher ni ajouter, –

C’était ainsi sur notre terre.

 

Les leçons de bolchevisme de Zinaïda Nemtsova

 

Si je dois résumer en un mot mon attitude envers Staline dans ma jeunesse: je l’aimais. Je l’aimais comme une personne très chère.

 

Ce sentiment d’amour a été pulvérisé sous les coups d’une attaque pernicieuse en 1956 : le rapport du premier secrétaire du Comité central du PCUS «Sur le culte de la personnalité et ses conséquences», lu par Khrouchtchev lui-même lors d’une réunion à huis clos du XX Congrès du PCUS. Il n’y a pas eu de questions à l’orateur ni de discussion sur le rapport. La même procédure cynique concernant le grand chef décédé a été répétée dans chaque cellule du parti.

 

En tant que secrétaire du Komsomol de l’école n ° 139 de Leningrad, j’ai été invité à écouter le rapport Khrouchtchev. Tous ceux qui assistaient à la séance étaient tétanisés et consternés. Après la lecture du rapport, nous sommes restés assis dans un silence de mort, sans nous regarder, sans prononcer un mot.

 

Deux ou trois minutes s’écoulèrent. Le secrétaire de notre organisation principale du parti s’est levé, il a dit: «C’est tout, camarades», et s’est dirigé vers la sortie de la classe où notre réunion silencieuse s’était tenue. Tous les participants se sont immédiatement levés et l’ont suivi… Je n’ai pas dormi de la nuit. J’ai repassé en mémoire toute ma vie et elle était imprégnée d’un sentiment d’amour pour Staline.

 

Toutes mes tentatives pour poser la question: «Comment est-ce possible?» ont été interrompues par mes camarades supérieurs, des membres du parti, avec la même réponse: «Le congrès du parti en a décidé ainsi.» Aucun de nous ne savait alors que le décret du vingtième congrès du PCUS « Sur le culte de la personnalité de Staline et ses conséquences » avait été adopté à l’unanimité sans qu’il y ait eu discussion du rapport de Khrouchtchev (?!). Le Présidium du Comité central du PCUS n’a pas non plus statué sur cette question. Molotov, Kaganovitch, Vorochilov s’étaient prononcés contre la proposition de lire le rapport Khrouchtchev au congrès du parti. Mais leur «contre» n’a pas été mis aux voix. Khrouchtchev a fait le rapport mentionné au nom du Présidium du Comité central du PCUS, en s’appuyant sur la majorité silencieuse des membres du Présidium.

 

Les années ont passé et la question: «Comment est-ce possible?» – est restée sans réponse. Elle a perdu de son acuité, pour finalement être diluée dans la vie quotidienne.

 

Mais un jour cette question,à ma grande surprise, a refait surface dans ma conscience. J’avais déjà fait l’armée et étais secrétaire du Komsomol à l’école (lycée) 139 de Leningrad, que j’avais terminée en 1957. J’avais 26 ans lorsque j’ai rencontré ZinaïdaNikolaievna Nemtsova, une vétérane du parti, réprimée en 1937 et qui avait purgé une longue peine dans un camp de prisonniers du Goulag. Elle travaillait dans le département de propagande et d’agitation du comité du parti de l’usine Métallique de Leningrad. Cette usine parrainait notre école depuis de nombreuses années, et mes rencontres avec Zinaïda Nikolaievna n’étaient pas fortuites. Lors d’une de ces réunions, je me suis permis d’aborder la question des «répressions staliniennes», étant sûr qu’elle les condamnerait.

 

Ce que j’ai entendu d’elle m’a plongé dans la confusion. Comme on dit dans de pareils cas, cela m’a fait comme un choc électrique. Je vais tenter de reproduire fidèlement ce qu’elle a dit,pas mot pour mot, mais en substance. «Vous pensez, jeune homme», dit-elle en martelant chaque mot, «que je vais parler de Staline comme Khrouchtchev?» Oui, je ne vous permettrai jamais de dire une seule mauvaise parole sur Iossif Vissarionovitch. Oui, nous avons été en camp pendant de nombreuses années, et toutes ces années nous avons cru en lui. Des prisonniers il y en avait de toutes sortes. La majorité dans le camp où je purgeais ma peine comprenait quel fardeau de responsabilité pour le sort du pays et du Parti avait endossé Staline. Nous soupçonnions que nous étions en captivité non sans l’aide de ceux qui le détestaient. Chez nous, les politiques, ils étaient en minorité. Mais quelle activité folle ils déploient maintenant!  »

 

J’ajouterai de moi-même: à propos des victimes innocentes de la vive lutte idéologique et politique qui a eu lieu dans le parti à la fin des années 1920 et dans les années 1930, Staline et le PCUS (b) se sont exprimés directement et honnêtement dans le Décret du Sovnarkom de l’URSS et du comité central du PCUS (b) du 17 novembre 1938. Il est incomparablement plus profond et plus fondamental dans son contenu que le décret idéologiquement vague du Comité central du PCUS « Sur le culte de la personnalité et ses conséquences » du 30 juin 1956.

 

Nous soulignons que les opposants à Staline n’étaient pas seulement des opposants, mais ses ennemis. Dans le «Bulletin de l’opposition» publié par Trotski à l’étranger, dans les années trente, le slogan «Éliminer Staline!» a été proposé. Il n’est pas difficile de deviner quelle était la signification politique de ce slogan. En 1937, le NKVD était dirigé par Iagoda, partisan de Trotski et de Boukharine. C’est lui qui a déclenché la répression, notamment contre les cadres staliniens.

 

Quand je repense à cette époque communément appelée Dégel, je suis de plus en plus convaincu qu’il s’agissait plus d’un dégel pour les antisoviétiques qui à l’époque se cachaient encore, que pour les victimes de la calomnie et de l’excès de zèle de la bureaucratie soviétique et du parti. À cause de ce zèle, des gens dévoués à leur patrie et au parti ont payé de leur vie. Quant aux antisoviétiques cachés, ils ont montré leur vrai visage pendant la perestroïka de Gorbatchev : le visage des ennemis du pouvoir soviétique, des ennemis du peuple. Ayant reçu une liberté totale pour leurs actions antisoviétiques, ils ne se sont pas fait attendre longtemps.

 

Leurs actions se distinguaient par un primitivisme raffiné, une simplicité pire que le vol. Voici, par exemple, comment le magazine Ogonyok présente Zinaïda Nikolaievna Nemtsova au lecteur lambda: « Le vétéran du parti Z.N. Nemtsova, qui a traversé les horreurs des camps staliniens, essaie de nous faire croire dans son entretien avec le magazine Ogonyok que la répression de 1937-1938 était organisée par les gardes blancs et les gendarmes infiltrés dans les rangs du NKVD à Moscou et à Léningrad.  » Oui bien sûr, il y en avait, mais c’était d’une rareté exceptionnelle.

 

Remarquez le contraste entre le jugement moral sur l’ère stalinienne («après les horreurs des camps staliniens») et le simplisme du compte-rendu de ce que dit Nemtsova sur ses aspects négatifs(«la répression de 1937-1938 a été organisée par les gardes blancs et les gendarmes»). L’objectif étant de créer chez les lecteurs et auditeurs qui, dans les années de la perestroïka étaient encore obnubilés par l’hystérie anti-Staline, une illusion d’objectivité de la part des rédacteurs d’Ogonyok, une revue qui déjà alors était devenue antisoviétique, et de l’incapacité à cette « objectivité » chez la victime de l’époque, Zinaïda Nikolaievna Nemtsova. Les paroles de la rédaction ont été mises dans sa bouche. Une technique utilisée pour couvrir et blanchir les héritiers idéologiques de Trotski, Kamenev, Zinoviev, Boukharine, qui avaient repris vie et s’étaient multipliés comme des punaises, principalement parmi l’intelligentsia universitaire et académique. Pour cela, les gardes blancs et les gendarmes étaient mis à profit.

 

La leçon que m’a donnée Zinaïda Nikolaievna s’est fixée dans ma mémoire pour le reste de ma vie. Mais, à mon grand regret, elle n’a eu effet sur moi qu’après mon cinquantième anniversaire. Pendant les années de ma jeunesse, parmi mes camarades et amis se trouvaient des enfants de parents fusillés en 1937. Il y en avait très peu, et pourtant, et pourtant… La douleur que l’on éprouve pour un proche qui n’est pas mort pour la Patrie, mais suite à la trahison de ses amis, ou la cruauté de personnes indifférentes à votre destin, ne passe jamais. Même chez ceux qui ont réussi à surmonter la tragédie de leur famille. L’écho de cette douleur résonnait dans mon âme. Même si, comme l’écrasante majorité des personnes de mon âge, je n’ai pas eu de parents qui aient souffert injustement. Mais bien que ceux-ci fussent seulement une minorité, cela n’en fait pas une tragédie de la minorité, mais une tragédie générale.

 

Staline comprenait-il cela? Bien sûr, il le comprenait et cela ne le réjouissait pas, comme en témoigne la résolution susmentionnée du Conseil des commissaires du peuple de l’URSS et du Comité central du PCUS (b.) de 1938. Mais il fallait préparer le peuple à une guerre inévitable. Peut-être Staline a-t-il été le seul parmi les dirigeants du pays à savoir quels énormes sacrifices cette guerre nécessiterait. C’est ce qui l’a décidé à la collectivisation accélérée de la paysannerie, sans laquelle l’industrialisation du pays,garantie de victoire sur l’Allemagne nazie,aurait été impossible. Avec son sens de l’aphorisme, il qualifiait la guerre imminente de guerre motorisée.

 

Il a fallu du temps,celui des réflexions et des expériences douloureuses avant de comprendre tout ce qui avait été dit. Il en a été de même pour moi.

 

Une reconnaissance tardive

 

Pour revenir à l’époque de ma jeunesse (les années 60-70 du siècle dernier), je me souviens de la littérature de ces années-là : les nouvelles et romans de Constantin Simonov, de Youri Trifonov, Youri Bondarev, G. Baklanov, Danil Granine, Valentin Raspoutine, Vassili Choukchine, les piècesd’Arbouzov, deRozov… Je ne suis pas critique littéraire, mais, à mon avis, le réalisme critique prévalait en prose, poésie et dramaturgie. Mais combien ce dernier manquait à la vie du parti, et surtout à l’éducation politique, domaine danslequel j’ai travaillé pendant près de vingt ans, à l’Université du marxisme-léninisme de Leningrad. J’y donnais des cours du soir sur la méthodologie de la propagande du parti. Les étudiants étaient principalement des ouvriers. Ils nous bombardaient impitoyablement de questions. Des questions idéologiques, peut-être plus que des questions économiques. Par exemple: «Qu’est-ce que le« socialisme développé »et quels sont ses manifestations dans l’économie, la politique et la culture?», «Comment comprenez-vous cela : « l’économie devrait-elle être économe? », Etc. Et nous, liés par la discipline de parti, ne pouvions pas répondre grand-chose.

 

Il y avait aussi des questions au sujet de Staline: «Pourquoi Winston Churchill, un antisoviétique enragé, a-t-il fait cet éloge de Staline:« C’était une personne exceptionnelle… Peu importe ce que l’on dit de Staline, des gens comme lui, l’histoire et les peuples ne les oublient pas », tandis que les dirigeants soviétiques et du parti gardent le silence sur le rôle historique de Staline? »« Vous avez probablement remarqué que sur le pare-brise des camions, on peut souvent voir des portraits de Staline? Comment expliquez-vous ce phénomène? »

 

L’intérêt pour Staline et son époque a commencé à augmenter fortement après la publication des mémoires des maréchaux de l’Union soviétique, à commencer par «Mémoires et réflexions» de Joukov. Cet intérêt s’est encore accru après la sortie de l’épopée « Libération » de Youri Ozerov (1968-1972). Le renouveau de l’esprit de l’ère stalinienne parmi le peuple est devenu tangible. N’est-ce pas pour cette raison que la «cinquième colonne», déjà constituée au sommet du parti, au Politburo du Comité central du PCUS (Gorbatchev, Yakovlev, Chevardnadze, Medvedev)s’est précipitée pour faire la perestroïka ?

 

Dans le même temps, la vie idéologique était tellement dogmatisée qu’il n’y avait pas de place pour une nouvelle pensée. C’est la raison de la formation d’un phénomène que l’on pourrait définir comme une dissidence interne dans la société et dans le parti (oui, dans le parti aussi). Pour la plupart, les dissidents de l’intérieur comprenaient des gens fidèles au pouvoir soviétique et aux idéaux du communisme, mais qui critiquaient sévèrement la direction idéologique et politique du PCUS. Personne ne créait de structures organisationnelles: cela ne serait pas venu à l’idée. Je partageais pleinement cette attitude critique envers la vie idéologique du parti. Les architectes de la perestroïka spéculèrent sur cette disposition d’esprit.

 

Le dogmatisme au sein du parti était perçu par la plupart des jeunes communistes comme l’héritage de Staline. Les antistaliniens libéraux n’avaient pas ménagé leurs efforts en ce sens. Comme l’a montré la perestroïka, après la mort du dirigeant, ils avaient pris pied non seulement dans la littérature et l’art, mais aussi dans les sciences sociales. En tant que conseillers et consultants, ils ont su obtenir la confiance des plus hauts échelons du parti. Léonid Brejnev avait cette expression indulgente à leur sujet: « Mes sociaux-démocrates ». Ici, dans l’appareil du Comité central du parti, ils ont fait alliance avec les dogmatistes. Ensemble, ils présentaient Staline à la société comme l’antithèse de Lénine.

 

Quant aux œuvres de Staline, nous n’y avions pas accès : elles étaient a priori considérées comme dogmatiques. Pour les œuvres léninistes, au contraire, leur étude se déroulait sous le signe de la déification de leur créateur. Quelle est la logique dialectique de la pensée léniniste? – Cette question n’était pas soulevée devant nous. L’approche de classe en tant que méthode matérialiste dialectique de cognition et d’évaluation des faits et des phénomènes sociaux n’était pas un sujet d’étude dans la formation des membres du parti et dans l’éducation politique. A partir de l’opposition entre Staline et Lénine, on pratiquait une idolâtrie vulgaire de ce dernier.

 

Le socialisme construit sous la direction de Staline a été jugé non créatif, totalement réducteur, ne répondant pas aux principes de base de la théorie marxiste-léniniste. Hélas, moi non plus je n’ai pas opposé de résistance à cette dépréciation du socialisme stalinien. Parmi l’intelligentsia, l’idéal social de l’avenir, défini par Lénine à une époque comme «socialisme intelligent», a gagné en popularité. On l’a plus tard appelé socialisme à visage humain. Comme nous manquions d’une étude approfondie des œuvres léninistes et staliniennes, qui enseignent la logique dialectique de la pensée! Je n’en ai pris conscience qu’avec beaucoup de retard, ayant dépassé la cinquantaine.

 

Ne pas oublier le nom de ceux qui ont eu le courage

 

Plus je vis (j’ai déjà atteint 80 ans), plus je ressens de culpabilité personnelle devant Staline. Au cours des trente dernières années, la Pravda et Russie soviétique ont publié bon nombre de mes articles historiques et théoriques à ce sujet. Le présent article est particulier : il est de nature personnelle, une confession, pourrait-on dire.

 

Je ferai remarquer qu’accuser Khrouchtchev d’avoir déchaîné l’anti-stalinisme ne demande aujourd’hui ni audace ni courage tant c’est devenu un lieu commun. Khrouchtchev savait que les collaborateurs de Staline se démarqueraient de lui: il était l’un d’entre eux. Et c’est ce qui est arrivé. Les interventions susmentionnées de Molotov, Kaganovitch et Vorochilov en défense de leur chef manquaient de conviction. Aucun d’entre eux n’a déclaré fermement son opposition. Comme tous les membres du Présidium du Comité central du PCUS, ils se sont finalement plongés dans un silence résigné lorsque Khrouchtchev a terminé de lire son rapport.

 

Tous se sont tus, absolument tous (!) Les membres du Comité central du parti et tous les délégués au congrès sans exception. Mais le plus inattendu était le silence du peuple soviétique. Sous ses yeux, une trahison avait été commise, un crime politique contre leur chef. À l’exception de la Géorgie, où des gens sont venus prendre la défense de Staline, dans les républiques restantes de l’URSS, tout était comme dans le drame de Pouchkine: le peuple se taisait. Je pense qu’on a affaire ici à un tragique paradoxe de l’histoire: la discipline stricte du parti, dans l’esprit de laquelle Staline a élevé le parti et a forgé la confiance en lui du peuple soviétique, s’est retournée contre lui au moment des troubles.

 

Mais les communistes ne peuvent échapper à la question du courage personnel et de la détermination à défendre l’honneur du grand révolutionnaire, qui a consacré toute sa vie au service des travailleurs, à la réalisation du plus grand phénomène de l’histoire mondiale : le socialisme soviétique.

 

C’est contre le socialisme soviétique qu’était dirigé le rapport de Khrouchtchev au XXe Congrès du PCUS, où l’on doit lire entre les lignes: ce socialisme stalinien a été construit sur le sang et le crime. L’opportunisme en Europe occidentale dans la seconde moitié du siècle dernier s’est nourri de la critique, ou plutôt du rejet du socialisme soviétique. La trahison idéologique a commencé avec le rejet parles collaborateurs de classe du stalinisme (sous-entendu, le socialisme soviétique) inventépar eux et s’est terminée par le rejet du léninisme. C’est toute l’essence de l’eurocommunisme : une nouvelle forme d’opportunisme.

 

La compréhension de ce qui précède m’est venue, comme déjà mentionné, avec beaucoup de retard. Ce n’est qu’en 1990, lorsque l’anti-stalinisme a évolué en rejet du socialisme soviétique, que la signification de la phrase de Gorbatchev disant «Plus de démocratie, plus de socialisme» est devenue claire pour moi. Avant cela, je croyais que le système de gouvernance dans la société soviétique était un commandement administratif, c’est-à-dire non démocratique. Je pensais qu’il ne fallait condamner que cet héritage de l’ère stalinienne, et nous – le parti et la société – emprunterions la voie large de la démocratie. J’en étais venu à comprendre le socialisme soviétique non pas à partir d’une analyse des conditions historiques concrètes de sa construction (dans l’inévitabilité d’une guerre destructrice contre l’URSS) et des caractéristiques nationales et historiques de la Russie (avec son souffle révolutionnaire russe et le rôle de premier plan du peuple russe), mais à partir de l’idéal d’un socialisme intellectuel abstrait, et dont j’ai parlé un peu plus haut.

 

La conscience de la grandeur historique de Staline et dece que la Russie avait eu la chance d’avoir un génie à côté d’un autre génie (Lénine et Staline) et que, en parlant de l’un, on ne peut que parler de l’autre, la compréhension de tout cela (ce n’est pas facile à admettre, mais il le faut) m’a pris un temps douloureusement long.

 

À la fin de cette publication, je ne peux pas, je n’ai tout simplement pas le droit d’ignorer le silence général, pour la deuxième fois après 1956, au sein du parti et de la société, quand, dans les années de la maudite perestroïka, une vague libérale s’est à nouveau levée contre Staline. Dans les conversations informelles, beaucoup étaient « pour Staline », mais personne aux réunions du parti, aux conférences du parti, au plénum du comité de district, du comité régional, sans parler des plénums du Comité central de chaque république et du Comité central du PCUS, n’osait s’exprimer en ce sens. Si cela est arrivé une fois, je n’en ai jamais entendu parler.

 

Mais dans ce parti silencieux de plusieurs millions de membres, il s’est trouvé malgré tout deux communistes qui ont hardiment élevé la voix «pour Staline» et le socialisme soviétique,afin que tout le pays les entende! Leurs noms sont restés dans l’histoire de la lutte contre la trahison des libéraux effrontés et des indifférents indolents. Nommons-les: Nina Aleksandrovna Andreïeva (Leningrad), qui a écrit l’article «Je ne peux pas renoncer aux principes», et le rédacteur en chef de «Russie soviétique» Valentin Vassilievitch Tchikine, qui a eu le courage de le publier le 13 mars 1988. Car l’article de Nina Andreïeva avait été envoyé également à deux autres journaux, la Pravda et Sovietskaya Kultura, mais leurs rédacteurs en chef sont restés lâchement silencieux.

 

Disons également que de tous les membres du Bureau politique du Comité central du PCUS et des secrétaires du Comité central, seul Egor Ligatchev à la réunion des rédacteurs en chef des principaux médias de masse de l’URSS a fortement soutenu Nina Andreïeva. Deux jours après sa publication, le Politburo du Comité central du PCUS s’est réuni. Il était divisé pratiquement en deux parties égales et a émis un jugement de Salomon: pas pour prendre une décision sur le fait lui-même, mais pour réprimander la Pravda. Et c’est parti: l’hystérie antistalinienne a envahi la presse, la radio et la télévision.

 

Staline victorieux

 

La bataille pour la cause de Lénine et de Staline continue et sa fin ne viendra qu’avec la victoire de leur cause. Le monde du capital a été horrifié quand il a vu que deux génies révolutionnaires russes transformaient le «Manifeste du Parti communiste» de K. Marx et F. Engels d’une possibilité théorique en pratique de construction d’une nouvelle société. Cette horreur hante le monde bourgeois à ce jour. D’où la haine sauvage du capital et de tous ses serviteurs envers Lénine et Staline. Toute abomination est bonne, juste pour diffamer, les dénigrer dans l’esprit des gens. Le capital possède à son service non seulement l’industrie gigantesque des mensonges, des calomnies et des falsifications, mais aussi le philistinisme russe.

 

Les petits-bourgeois, comme l’écrivait M. Gorki, se distinguent par «le désir non seulement de rabaisser un homme exceptionnel au niveau de leur propre compréhension, mais aussi d’essayer de le jeter sous leurs pieds, dans cette saleté collante et toxique qu’ils ont créée, appelée« vie quotidienne ». Toute l’armée petite-bourgeoise, depuis les universitaires libéraux jusqu’aux philistins de la khrouchtchevka à côté de chez vous, a frénétiquement attaqué la mémoire populaire de Staline. Et pour quel résultat?

 

Le nombre d’opérations spéciales entreprises à l’encontre de cette mémoire au cours des 66 dernières années, depuis 1953, est inimaginable. Mais, comme le montrent les récents sondages, dans l’esprit de générations de pères et d’enfants, Staline est toujours gagnant.

(1) Il s’agit plutôt de 1956, même si la « déstalinisation » a commencé vraiment en 1961 (NdT)

 
 

4 réponses à “Mon chemin vers Staline, par Youri BELOV

  1. Jeanne Lagaigt

    janvier 8, 2020 at 11:59

    Quel texte! incroyable.
    Je relève une phrase minime mais qui m’ouvre un souvenir enfoui :
    « Cet intérêt s’est encore accru après la sortie de l’épopée « Libération » de Youri Ozerov (1968-1972). »
    Il se trouve que j’ai vu ce film « Libération- Osvobojdiénié » en 1970 un après-midi dans un cinéma de l’Arbat à Moscou. Dans une salle remplie de Soviétiques, j’étais avec 4 copains Français communistes qui sont tous devenus profs de russe ! sauf moi…
    Une scène du film : Le fils de Staline est fait prisonnier, après Stalingrad les Allemands proposent à Staline l’échange de son fils (qui sera exécuté) contre Paulus, réponse de Staline dans le film: « On n’échange pas un simple soldat contre un Maréchal du Reich », réaction de la salle (à notre étonnement absolu) : tonnerre d’applaudissements pendant de longues minutes.
    Je me suis fait redire ce que j’avais compris comme réplique, nous étions nous imbus de déstalinisation que nous croyions profonde dans le peuple soviétique et là nous avons été saisis. Nous en avons parlé au retour comme un truc incroyable et à vitesse grand V, j’ai compris ce que Y. Belov écrit , dans cet enthousiasme, dans le noir de l’ immense salle de tous les spectateurs.
    Du coup rentrés à la cité U. nous en avons parlé avec les Soviétiques beaucoup d’Ouzbeks et de Tadjiks parmi nos copains, tous nous ont dit la même chose, la révération pour Staline !
    Oui, ce film dont nous avons peu parlé ici a été untruc formidable pour nos générations de la « déstalinisation » , j’ai pourtant sept ans de moins que Youri Belov si je compte bien …
    Merci de ce texte.
    A faire circuler.

     
  2. lemoine001

    janvier 8, 2020 at 12:42

    Une chose qu’il faut connaitre si on veut comprendre quelque chose à l’URSS sous Staline. Le discours qu’il a prononcé au palais du Kremlin à l’occasion de la promotion des élèves de l’académie de l’Armée Rouge le 4 mai 1935 :

    « …. Vous savez que nous avons hérité du vieux temps un pays à la technique arriérée, un pays misérable, ruiné. Ruiné par quatre années de guerre impérialiste, ruiné encore par trois années de guerre civile, un pays avec une population à demi illettrée, une technique inférieure, avec quelques ilots d’industrie, noyés au milieu d’un océan d’infimes exploitations paysannes : tel était le pays que nous avons hérité du passé. La tâche consistait à faire passer ce pays de la sombre voie médiévale dans la voie de l’industrie moderne et de l’agriculture mécanisée. Tâche sérieuse et difficile, comme vous le voyez. La question se posait ainsi : ou bien nous accomplirons cette tâche dans le plus bref délai et affermirons le socialisme dans notre pays, ou bien nous ne l’accomplirons pas, et alors notre pays, techniquement faible et arriéré au point de vue culturel, perdra son indépendance et deviendra l’enjeu des puissances impérialistes.
    ….. Pour cela il fallait s’imposer des sacrifices et réaliser en toutes choses la plus stricte économie; il fallait économiser et sur l’alimentation, et sur les écoles, et sur les tissus, pour accumuler les fonds nécessaires à la création de l’industrie.

    …. Il y avait parmi nous des camarades qui, effrayés par les difficultés, ont invité le Parti à battre en retraite.

    …. Mais ces camarades ne se sont pas toujours bornés à critiquer et à opposer une résistance passive. Il nous menaçaient de soulever une insurrection au sein du Parti contre le Comité Central. Bien plus : ils menaçaient d’une balle certains d’entre nous.

    …. Évidemment, nous n’avons même pas songé à dévier de la voie léniniste. Bien plus, une fois engagés dans cette voie, nous avons poursuivi notre marche avec encore plus d’élan, en balayant de la route les obstacles de toute sorte. Il est vrai qu’en cours de route il nous a fallu endommager les côtes à certains camarades. Mais on n’y peut rien. Je dois avouer que, pour ma part, j’ai mis aussi la main à la pâte. »

    Voilà qui devrait aider les professeurs d’histoire, invités à amalgamer l’URSS de Staline et l’Allemagne nazi sous le concept de « totalitarisme » à mieux comprendre les choses et à faire la différence avec l’Allemagne : pays développé, à la pointe de la technique (en particulier de l’industrie chimique) mais pays arrivé trop tard au partage colonial du monde et dont les grands industriels et capitalistes voulaient se soumettre l’Europe de l’Est pour s’emparer en particulier des riches terre d’Ukraine et des ressources pétrolières et minières. En allant avec Hitler (qu’ils ont porté au pouvoir) jusqu’au génocide et la mise en esclavage des populations. Tout cela avec la bénédiction des pays d’Europe de l’Ouest et des USA (qui l’ont laissé se réarmer et « se faire la main » en Espagne ! comme ils l’ont laissé s’emparer de la Tchécoslovaquie

     
  3. Berthe Poggiale Avidor

    janvier 8, 2020 at 9:42

    Bonsoir.
    Le texte ci dessus est à faire pleurer tant il me conforte. Alors que mon père était en camp de concentration ( arrêté en 1943 suite au Statut des juifs promulgué par Pétain) ma mère ne cessait de nous dire  » lorsque l’Armée Rouge rentrera en Allemagne votre père sera libéré.
    Je me permet de vous communiquer, ci-dessous, un commentaire qui a été publié sur RI, en réponse à l’outrage que représente la décision de l’Union Européenne de mettre sur le même plan l’URSS bolchévique et le nazisme

    ****

    Poggiale Avidor Berthe le 6 octobre 2019

    Des documents d’archives publiés en 2012 confirment l’organisation de la Seconde Guerre mondiale par des banquiers états-uniens et britanniques, couverts par le président Franklin Roosevelt et le Premier ministre Neville Chamberlain, dans l’espoir de détruire l’URSS.

    Mais avant d’aller plus loin, une mise au point sur ce qu’est vraiment l’Union européenne.

    L’Union Européenne a été conçue par le fascisme nazi et « accouchée » par les impérialismes Etats Uniens, Français et Allemands »
    Goebbels, chargé par Hitler de développer un programme européen écrivait « Le but de notre combat doit être toujours et encore, de créer une Europe homogène. Mais l’Union Européenne ne peut connaître une organisation claire que par les Allemands (Journal.p.157,ed Tallandier.2005) Les unités de waffen SS étaient d’ailleurs européennes ( belges, hongroises, albanaises, néerlandaises, françaises, baltes, etc.)
    Pierre Laval, chef du gouvernement français, a toujours été un partisan de la Nouvelle Europe (Das Neue Europa). Le 22 juin 1942, il prononce le discours suivant : « De cette guerre surgira inévitablement une nouvelle Europe. On parle souvent d’Europe, c’est un mot auquel, en France, on n’est pas encore très habitué. On aime son pays parce qu’on aime son village. Pour moi, Français, je voudrais que demain nous puissions aimer une Europe dans laquelle la France aura une place qui sera digne d’elle. Pour construire cette Europe, l’Allemagne est en train de livrer des combats gigantesques. Elle doit, avec d’autres, consentir d’immenses sacrifices. Et elle ne ménage pas le sang de sa jeunesse. Pour la jeter dans la bataille, elle va la chercher dans les usines et aux champs. Je souhaite la victoire de l’Allemagne, parce que, sans elle, le bolchevisme, demain, s’installerait partout. »
    Le 20 avril 1943, il est reçu par Hitler, avec Ribbentrop et l’Italien Bastianini.
    Sous-secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Bastianini avait proclamé le « programme Europe » qui fut massivement diffusé en Italie. Il s’agit d’un plan de future union ou confédération européenne, repris par Ribbentrop et relancé en avril par Musolini et Laval lors de leurs entrevues avec Hitler. (Journal, Goebbels,p. 174) »

    L’anticommunisme viscéral, la haine absolue de l’économie socialiste et des bolchéviques, qui étaient le trait dominant du nazisme n’ont pas été éradiqués avec l’écrasement du 3ème Reich nazi et ils sont devenus le trait dominant des pays européens, d’outre atlantique et du monde entier. En 1948 l’Allemagne fédérale a gracié et maintenu en poste tous les criminels de guerre et fonctionnaires qui avaient collaborés avec le nazisme ( certains ont fait quelques mois de prison puis sont sortis, blanchis, et ont repris, sans état d’âme une carrière fructueuse, )

    Ci-dessous quelques exemples :

    Un nazi est devenu premier président de la commission européenne.
    Walter Hallstein a été le premier président de la commission européenne. Concepteur en chef de la construction européenne, il fût un des pères fondateurs de cette Union Européenne fasciste , associé aux pro nazis et anticommunistes viscéraux Robert Schuman et Jean Monnet.
    Cet Allemand né en 1901 et mort en 1982 était professeur de droit en Allemagne. Il était un juriste nazi comme le prouve sa lettre datant du 30 septembre 1935 adressée au représentant du gouvernement nazi de l’université de Rostock. Il a d’ailleurs été nommé doyen de la faculté de droit et d’économie de Rostock par le gouvernement du IIIème Reich comme le prouve la lettre 18 mai 1936 signée par le chancelier de l’université de Rostock et d’un « Heil Hitler ». Walter Hallstein profite donc de l’ascenseur social du IIIème Reich lui permettant d’accéder aux plus hautes fonctions de l’Allemagne nazie.
    Adolf Hitler rencontre Benito Mussolini à Rome le 9 mai 1938 afin de créer « une nouvelle Europe » : une dictature européenne qui serait sous leur contrôle. Une équipe de juriste est alors constituée pour concevoir cette « nouvelle Europe » qui a vocation à supprimer les frontières, ligoter les pays dominés et créer un vaste Empire où l’axe Berlin-Rome appliquerait sa politique. Walter Hallstein est donc nommé personnellement par Adolf Hitler comme représentant nazi pendant les négociations d’Etat avec l’Italie fasciste entre le 21 et 25 juin 1938 afin de mettre en place un cadre juridique pour la « Nouvelle Europe ».

    Le premier chef suprême de l’Otan, fut aussi un nazi, à savoir Hans Speidel, sinistre spécialiste en élimination des résistants communistes français en 1940.( Résistants communistes arrêtés en 1939 par le ministre Daladier et livrés aux nazis après la défaite éclair de la France en 1940 )

    Le deuxième chef de l’Otan était aussi un nazi, à savoir Adolf Heusinger, nommé à Washington chef suprême de l’Otan par l’ensemble des chefs d’état major des pays membres de l’OTAN. Ce sinistre individu avait été chargé par Hitler, de concevoir l’opération d’invasion de l’URSS. Sa « guerre éclair » prévoyait d’éliminer des millions de soviétiques, d’incendier villes et villages, d’éradiquer toute la population de confession juive vivant sur les territoires de l’URSS sans omettre l’éradication totale des tziganes et autres communautés existant sur le sol de la Russie soviétique, en fait de ramener ce grand continent à l’âge de pierre. Au cours d’expéditions punitives sanglantes, les résistants devaient être pendus et les responsables politiques soviétiques systématiquement abattus sur place.
    En août 1942, le général Heusinger orchestre lui-même les exterminations. La Gestapo et les S.S. sont placés sous son commandement direct.

    Hjalmar Schacht, nazi, Président de la Reichsbank et ministre de l’économie d’Hitler, a joué un rôle de premier plan dans le contrôle de la machine économique du Troisième Reich en agissant comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du capital anglo-américain en Allemagne. En 1945, Schacht a été jugé à Nuremberg et acquitté le 1er octobre 1946. Schacht a repris sa vie professionnelle comme si de rien n’était et fondé la société Schacht GmbH à Düsseldorf.

    Les plans Dawes et Young, la création de la Banque des règlements internationaux (BRI), la suspension du paiement des réparations par l’Allemagne prévues par le Traité de Versailles et l’acquiescement des anciens alliés de la Russie à cette décision, les investissements étrangers massifs dans l’économie du Troisième Reich, la militarisation de l’économie allemande et les violations du Traité de Versailles sont autant de jalons sur le chemin conduisant à la guerre contre l’URSS. Derrière ce complot se tenaient des personnages-clefs : les Rockefeller, les Morgan, Lord Montagu Norman (gouverneur de la Banque d’Angleterre) et Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’Économie du gouvernement de Hitler).

    L’impérialisme, stade suprême du capitalisme,  confronté à sa propre crise ne peut laisser ressurgir l’idée qu’une alternative au capitalisme ait pu survivre plusieurs décennies et même venir à bout d’une des plus féroces puissances impérialistes, l’Allemagne nazie.
    Il lui faut toujours réaffirmer la légende noire tissée autour de l’histoire de l’URSS et pour cela il lui faut falsifier l’Histoire, à savoir effacer le fait incontournable que la victoire des peuples sur le fascisme-nazisme porte le sceau indélébile de l’Union Soviétique, de son Armée Rouge et des mouvements de Francs-Tireurs et Partisans au sein desquels les communistes ont été à l’avant-garde, en France et dans toute l’Europe occupée par le 3ème Reich nazi.
    Ayant d’abord rebaptisé le 9 mai, jour de la victoire des peuples en 1945, en “journée de l’Europe” dans le but d’effacer la photo du drapeau rouge flottant sur le Reichstag, ils poursuivent, aujourd’hui, leur plan d’identifier la victime avec le bourreau en prétendant que le pacte de non agression du 23 août 1939 est la cause de la guerre de 39/45. Les falsificateurs capitalistes et leurs thuriféraires, héritiers de l’hitlérisme, par des campagnes médiatiques déchaînées et répétées voudraient reporter les crimes d’exterminations massives commis par les nazis sur le compte de ceux qui les combattaient et ils développent sans vergogne une campagne tendant à assimiler le communisme au nazisme, Les bourreaux deviennent des victimes, les victimes des bourreaux. Hitler a ressurgi de sa tombe. Et on réhabilite en Russie, en Ukraine, en Roumanie et en Slovaquie, en Hongrie, Lituanie, …. les Vlassov, les Toukhatchevski, les Kalmikov, les Pétloura, les Wrangel, les Antonescu, assassins antibolchéviques et autres collaborateurs nazis, tous les bandits qui persécutèrent avec férocité les populations Russes, de 1917 à 1924, et de 1941 à 1945, qui assassinèrent froidement et consciemment les populations juives, les communistes, les opposants à la barbarie, Et en France, laquais des Etats Unis, on réhabilite les industriels et banquiers ayant collaborés avec l’occupant nazi et ont exonère les pétainistes and co de leurs infâmes turpitudes.
    Pour arriver à ses fins de négation de la réalité des faits historiques l’impérialisme doit blanchir le capitalisme qui, sous la houlette des Etats Unis, ayant, partout sur la boule terrestre, engendré le fascisme et la guerre hitlérienne, est, aujourd’hui, encore plus féroce et agressif qu’Hitler car ce dernier n’a jamais pu se permettre de narguer le monde entier en l’entraînant dans des opérations de conquêtes ( du pétrole ) sur presque tous les coins juteux de la planète en masquant ses visée hégémoniques sous le beau vocable de «  la défense des Droits et Libertés de l’être humain. Le capital mondialisé reprend la voie hitlérienne de conquêtes des ressources des autres car il se trouve devant des problèmes économiques insolubles. C’est la crise, de plus en plus inextricable, qui oblige l’impérialisme à essayer de s’en sortir par la guerre. C’est le même scénario qu’en 1914 et en 1939.
    Le 3ème Reich nazi a consciemment mené une guerre d’anéantissement des populations de l’URSS car il les considéraient comme des sous humains, uniquement destinés à l’esclavage au profit des aryens blonds !!!
    * En Septembre 1941 eut lieu le massacre de Babi Yar, où 30 000 soviétiques de confession juive, hommes, femmes et enfants ont été tués dans un ravin tout juste à l’extérieur de Kiev –
    * Lorsque les soldats soviétiques arrivèrent sur Auschwitz ce qu’ils ont découvert a bouleversé leurs sensibilités pourtant déjà bien aguerries. Peu parmi les 8000 survivants ont pu parler ou simplement bouger et encore moins accueillir les Soviétiques.
    Un colonel soviétique se souvient : «J’avais déjà vu beaucoup d’innocents tués. J’avais vu des gens pendus. J’avais vu des gens brûlés. Mais je n’étais pas encore préparé à Auschwitz ».
    IL se remémore aussi des premiers indices probants des assassinats de masse « Nous avons découvert des montagnes de dents artificielles, de lunettes et cheveux humains ».
    Dans la caserne des enfants, il y avait seulement deux survivants, le reste gazés ou morts comme des sujets d’expériences médicales horribles. Un autre officier soviétique a rappelé que lorsque les équipes de nettoyage sont allées inspecter les cheminées des crématoires, ils ont trouvé des dépôts de graisse humaine sur les murs de 115cm( 1m15) d’épaisseur.
    Ce que l’Armée rouge avait découvert à Auschwitz ce n’était pas un camp, mais un complexe de camps occupant une superficie de 20 km2. Ces dimensions attestent de l’ampleur de l’extermination de masse et du fait qu’Auschwitz était un site industriel de travail d’esclaves et de mort géré par les SS.

    Comme un nez au milieu de la figure, le Parti communiste bolchévique de Lénine et Staline n’a pas à rougir de son bilan.
    Car d’un pays en 1917 misérable semi-féodal, formé d’une paysannerie appauvrie et illettrée, et dont l’industrie avait été détruite par la Guerre (1914-1917). le parti communiste bolchévik est parvenu, en moins d’une décennie, a en redresser l’économie ; à le doter d’une puissante industrie mécanique capable d’insuffler un dynamisme colossal à toute les branches d’industrie ; capable de produire la machinerie agricole permettant de sortir la paysannerie de sa condition misérable et à donner des perspectives d’avenir et un idéal à un peuple multi-ethnique autrefois divisé par les pogroms, le racisme et la pauvreté abjecte.

    Mais la trêve fut brève, en 1933, Hitler prenait le pouvoir en Allemagne Il avait clairement exprimé ses visées sur l’URSS « ghetto » du « judéo-bolchévisme », disait-il. Les soviétiques avaient depuis longtemps compris le message . Hitler et les puissances occidentales passaient accords secrets sur accords secrets dans le dos de l’URSS.
    Sur la base de ces informations, l’industrie lourde fût donc mise au service de la production d’armement. Les peuples de l’URSS sont entrés dans une période d’économie de guerre dont l’enjeu était tout autant la destruction du premier État à économie socialiste qu’un nouveau partage du monde (affaiblissement de l’impérialisme anglais et montée en puissance de l’impérialisme états unien).

    Avant, pendant et après la guerre, qui dura cinq ans, les puissances occidentales jouèrent en permanence un double jeu, laissant porter l’effort de guerre par l’URSS dans l’espoir ouvertement déclaré de voir Hitler « faire le sale travail » de destruction de l’État socialiste.
    En 1945, l’URSS était toujours debout – ayant brisé définitivement les reins de l’hydre NAZIE –, le capital international dû s’incliner. Le Parti Communiste bolchévik de l‘URSS avait su mobiliser les peuples soviétiques, vaincre le nazisme et maintenir l’État socialiste prolétarien. Les peuples du Monde avaient là un modèle éclatant. Un exemple trop dangereux pour les impérialistes. La puissance anglaise rabaissée, laissait désormais la place à l’impérialisme états unien et ce dernier marquait son hégémonie sur la scène internationale capitaliste en larguant les premières bombes atomiques sur les populations civiles du Japon. Ce crime contre l’humanité prenait une intense signification avec l’approbation tacite de la « communauté internationale » (ONU) déjà assujettie à son nouveau maître.
    En URSS, Avec 28 millions de victimes (civils pour les 2/3), il fallait tout reconstruire, former de nouveaux cadres, rétablir l’économie. Depuis 1917, ce pays n’avait connu que 16 années de paix (1924/1940), ses cadres avaient été décimés par la guerre, ses infrastructures détruites. Staline, et la direction du Parti Communiste de l’Union Soviétique, conscients de cette problématique se mirent à rédiger des documents essentiels qui nous permettent encore aujourd’hui de saisir la justesse des orientations, avant la guerre autant qu’après la guerre, tant sur le plan politique, idéologique, qu’économique. Mais Staline meurt en mars 1953. …….

    La « résolution » de l’Union Européenne fasciste est une insulte intolérable envers la mémoire de toutes les victimes de la barbarie du 3ème Reich, mortes sous les balles nazies ou dans les camps de déportation. et en particulier envers la résistance implacable des peuples de l’URSS et de son gouvernement conduit par l’intègre et brillant Joseph Staline, face à l’envahisseur nazi assassin, ses hordes de waffen SS, et einsatzguppen.
    Et je n’oublie pas, dans cet hommage du coeur, les résistants communistes Allemands qui furent pratiquement exterminés par la répression féroce mise en œuvre par le troisième Reich nazi.

    In fine, l’Union Européenne n’est qu’un instrument minable, fasciste, complice et à genoux devant l’impérialisme des Etats Unis, impérialisme américain assassin, assassin en Lybie, assassin en Irak, assassin en Afganisthan, assassin en Syrie, assassin au Viet Nam, assassin en Afrique, assassin en Amérique du Sud, ….. dans tous les lieux où il peut s’approprier, sans débourser un sou, les multiples richesses des pays qu’il colonise.

    Les assassins de masse,  dans un monde plongeant dans le chaos et les guerres, à la mesure de la concurrence de tous contre tous que prône le capitalisme, hier comme aujourd’hui, c’est l’ impérialisme Etats Uniens avec ses laquais serviles Allemands, Français, et l’État sioniste assassin bras armé dudit impérialisme Etats Uniens. Leur but commun créer le grand Israël et s’approprier toutes les richesses de la boule terrestre, paupériser à outrance les peuples, les terroriser avec l’instauration officielle du fascisme ainsi que le dénonçait Georges Dimitrov il y a quatre vingts ans.

     

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