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Chili: sécheresse historique et terrible dans un pays où l’eau est privatisée

26 Déc

Ils ont impitoyables quand ils nous refusent le droit à la santé et à l’éducation, alors imaginez ce dont ils seront capables, dont ils sont déjà capables pour nous refuser le droit à l’eau. Au Chili un des slogans des manifestants est « l’eau appartient à tous »  (note de Danielle Bleitrach)

Chili: sécheresse historique et terrible dans un pays où l'eau est privatisée
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Photo AP / Esteban Felix

Au Chili de l’épidémie sociale, il y a une raison pour laquelle on parle peu: l’eau, ou plutôt, le fait que 80% des ressources en eau sont privatisées, alors que le pays souffre de la pire sécheresse de son histoire.

La situation, déjà considérée comme critique, affecte les trois quarts du territoire. À Putaendo, à une centaine de kilomètres au nord de la capitale, Santiago, le bétail meurt de soif et de faim dans les champs secs, au désespoir d’agriculteurs comme Alfredo Estay, qui à quatre-vingts ans, n’a jamais rien vu de tel.

« Je ne les compte pas (vaches mortes), car chaque jour une mort se lève, deux, trois (…) Et je n’en donne pas plus, je n’ai plus comment les nourrir « , déplore-t-il.

Lagune d’Aculeo: de l’attraction touristique à la tombe d’animaux morts

L’image la plus frappante de la sécheresse est celle de la lagune Aculeo, au sud de Santiago. Il y a peu, c’était une grande attraction touristique pour les habitants de la capitale. Aujourd’hui, elle a complètement séché. Il ne reste que des sources fantômes et des animaux morts.

AP / Esteban Felix
Aculeo Lagoon complètement à sec AP / Esteban Felix

« Nous parlons de désertification » et cela pose « un défi économique »

Selon Felipe Machado, directeur de l’Institut technologique de résilience aux catastrophes.  » Nous parlons d’un processus de désertification et non d’un problème de sécheresse temporaire ou de manque de précipitations. Nous parlons d’une tendance qui est restée. »

Au réchauffement climatique s’ajoute une mauvaise gestion de l’eau. La privatisation des ressources en eau au Chili était un modèle imposé par l’ultra-libéralisme de la dictature d’Augusto Pinochet. On estime qu’aujourd’hui seulement 2% est destiné à l’usage humain, tandis que 98% est utilisé pour les activités minières, agricoles et énergétiques.

« Tout ce que nous exportons du Chili, du vin au cuivre, dépend fortement des ressources en eau. En ce sens, le scénario de désertification et de changement climatique doit également poser un défi au niveau économique », ajoute Machado.

« L’eau appartient à tous », la devise des manifestations

« L’eau appartient à tous », « l’eau est un droit, ce n’est pas une entreprise et un commerce » sont quelques-uns des slogans entendus depuis deux mois au Chili, où en principe il était prévu de tenir la COP25 contre le changement climatique.

L’une des revendications des manifestants est que dans une future Constitution, l’eau retourne à l’État et que sa jouissance soit reconnue comme un droit humain.

 

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