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Les Allemands iront-ils sur le « front chinois » ? par Vassili Fedortsev, politologue, germaniste

17 Déc

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16 décembre 2019. Trump au sommet de l’OTAN a réussi à commencer à mobiliser ses alliés de l’OTAN, l’Allemagne en particulier contre la Chine: propagande sur Hong Kong et le Xinjiang, qui permet d’envoyer la Bundeswehr sur le flanc indo-pacifique comme cela s’est passé avec la Russie, quitte à provoquer un coup d’Etat avec des néo-nazis en Ukraine. Le tout pour empêcher la Chine d’arriver à la première puissance mondiale s’il le faut par la guerre (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop pour histoire et société).

https://vz.ru/opinions/2019/12/16/1012937.html

 

Lors du sommet de Londres, l’Alliance a pour la première fois tenté de déterminer son attitude envers la Chine. Mais il s’est avéré que ce n’était pas très clair: la déclaration finale de la réunion de Londres indique simplement que le renforcement de la Chine comporte à la fois des opportunités et des défis, et que les pays de l’OTAN doivent travailler ensemble sur ce problème.

 

Néanmoins, les Américains peuvent se réjouir : ils ont longtemps poussé leurs alliés européens à prendre fermement position contre Pékin, et maintenant ils marquent un premier point. Pour les États-Unis, on est encore loin du compte, mais ce succès est un premier pas vers l’objectif.

 

Cet objectif est assez transparent – mobiliser l’Union européenne pour une guerre avec la Chine, jusqu’ici «froide», puis selon l’évolution des choses. Et certains se sont déjà inscrits comme volontaires, comme Varsovie, qui a abandonné il y a un an sa coopération avec Huawei pour augmenter le contingent militaire américain sur son territoire.

 

Mais vous ne peut pas faire grand chose avec la Pologne seule. Les Américains ont principalement besoin de l’Allemagne, qui représente près du tiers des échanges de l’UE avec la Chine.

 

Même avant la crise ukrainienne, on avait doucement laissé entendre à Berlin que la situation dans le monde était en train de changer et qu’il était temps de désactiver les partenariats stratégiques avec des adversaires potentiels, Moscou et Pékin, afin de ne pas avoir à choisir entre les intérêts des entreprises et ceux de l’Occident. C’était le choix auquel l’Allemagne se trouvait confrontée en 2014.

 

A l’époque, Berlin, après avoir un peu hésité, a tout naturellement choisi l’Occident. Les affaires, dans la mesure où les sanctions le permettaient, ont continué, mais le partenariat stratégique russo-allemand a pris fin, et avec lui le projet européen «de Lisbonne à Vladivostok». Au lieu de cela, il existe désormais un «flanc oriental» de l’OTAN, défendu notamment par la Bundeswehr.

 

Dans le cas de la Chine, tout, apparemment, se passera selon un scénario similaire. D’abord, une crise politique, puis des sanctions, et tout se terminera avec l’envoi de troupes – désormais sur le «flanc d’Extrême-Orient». Les raisons de l’aggravation sont suffisantes: manifestations à Hong Kong, accusations contre Huawei, publication du dossier du Xinjiang.

 

Ce dernier a d’ailleurs été réimprimé dans la Süddeutsche Zeitung avec tous les détails, présentant le matériel dans des tons extrêmement sombres, avec le titre « Scène du crime : le Xinjiang » et ajoutant une recommandation au gouvernement allemand de reconsidérer ses relations avec Pékin.

 

L’Allemagne est à nouveau confrontée au même choix entre les affaires et l’Occident: on lui intime de soutenir les étudiants de Hong Kong, on lui conseillefortementd’abandonner les produits Huawei et de poser des questions gênantes sur les usines des sociétés allemandes au Xinjiang.

 

Jusqu’à présent, Berlin se dérobe devant le choix, mais tôt ou tard, de même que l’Union européenne, ils devront choisir leur camp, et ce camp ne sera bien sûr pas chinois. Ne serait-ce que parce que les Américains, même avec Trump comme président, sont plus proches et plus compréhensibles pour les Européens.

 

Bien sûr, il existe une alternative à ce choix – maintenir la neutralité dans le conflit imminent entre les États-Unis et la Chine, ce qui est très pratique et bénéfique du point de vue des affaires justement. Mais la neutralité doit encore pouvoir être défendue, et sur les deux fronts, sinon, comme l’a récemment déclaré le nouveau président du Conseil européen Charles Michel, il existe un risque de devenir une «perte collatérale». L’Union européenne n’est pas capable de se protéger malgré toutes ses ambitions mondiales et sa prétention à une « autonomie stratégique ».

 

Puisque c’est ainsi, les Européens devront survivre dans ce monde avec l’aide de l’OTAN, et l’entrée de l’Union européenne dans la guerre froide entre les États-Unis et la Chine n’est qu’une question de temps. La ministre allemande de la Défense, AnnegretKramp-Karrenbauer, a récemment proposé de démontrer la présence de la Bundeswehr dans la région indo-pacifique – en signe de solidarité avec leurs alliés locaux soumis à la pression de la force croissante de la Chine.

Kramp-Karrenbauer est souvent critiquée pour la témérité de ses initiatives, mais la ministre n’est pas du tout stupide et comprend très bien ce qui se passe. Seulement en raison de son inexpérience politique, elle a tendance à anticiper.

 

 

 
 

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