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L’Espagne déclare son soutien à l’opération militaire turque en Syrie

13 Oct

L’Europe otanesque n’en finit pas de nous surprendre. L’actuel président du gouvernement est Pedro Sánchez, du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Après avoir déclaré son soutien à Lenin Moreno réprimant au nom du FMI le peuple équatorien, maintenant c’est le soutien au boucher turc, mais lisez plutôt, on mesure mieux avec quel cynisme le sacrifice du peuple kurde a été envisagé de longue date dans le cadre de l’OTAN. On peut mettre tout sur le compte des errances de Trump mais il est clair que le noeud du problème est l’OTAN et ses visées. Fabien Roussel a eu raison de centrer son soutien au peuple kurde sur l’OTAN (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Des chars des forces armées turques sont envoyés de Hatay le 11 janvier 2019 pour soutenir les unités situées à la frontière syrienne d'Idlib, à Hatay, en Turquie [Agence Erdal Türkoğlu / Anadolu]

Des chars appartenant aux forces armées turques sont envoyés à la frontière syrienne le 11 janvier 2019 [Erdal Türkoğlu / Anadolu Agency]

 

L’Espagne a annoncé son soutien à l’opération militaire prévue par la Turquie dans le nord de la Syrie, ce qui en fait le premier pays européen à le faire.

Le compte Twitter officiel espagnol de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) l’a annoncé lundi dans une série de tweets. « Le soutien de l’OTAN à la Turquie vise à contribuer à une désescalade de la crise le long de la frontière de l’Alliance. »

En utilisant le hashtag #SupportToTurkey, l’Espagne a souligné le fait que la Turquie est un État membre de l’OTAN et un allié promettant «un engagement et une solidarité avec notre Turquie alliée», ainsi que des séquences d’exercices conjoints de l’OTAN.

La déclaration de soutien de l’Espagne fait suite aux critiques de masse formulées par d’autres pays européens et occidentaux à l’encontre de l’opération envisagée, notamment du Royaume-Uni, de la France et de la République tchèque. L’Union européenne (UE) a également exprimé ses préoccupations concernant les effets potentiels de l’opération, tels qu’une éventuelle nouvelle vague de réfugiés, et les États-Unis ont déclaré qu’ils ne soutenaient pas l’opération et avaient menacé de faire de la Turquie une économie extrêmement décimée si ses forces militaires nuisaient à des troupes américaines.

Ceci malgré le fait que les Etats-Unis ont donné leur bénédiction dimanche à la Turquie de poursuivre l’opération et de retirer ses troupes des zones situées au nord-est de la Syrie. Le changement soudain dans la position de l’administration du président Donald Trump a semé la confusion parmi de nombreuses parties, reflétant les décisions de politique étrangère erratiques  pour lesquelles il est connu depuis longtemps. Les États-Unis ont également sévèrement limité l’accès de la Turquie à l’espace aérien au-dessus du nord-est de la Syrie hier, paralysant sa capacité à fournir une couverture aérienne tout au long de l’opération.

L’opération militaire turque a pour principal objectif de dégager les milices kurdes de sa région frontalière, telles que les Unités de protection du peuple (YPG) en Syrie, actuellement retranchées à l’est de l’Euphrate et que la Turquie considère comme une menace pour la sécurité nationale, ainsi que l’établissement d’une zone de sécurité dans le nord-est du pays. L’opération permettrait d’atteindre deux objectifs à la fois: la lutte contre les milices kurdes soutenues par les États-Unis et le placement d’au moins deux millions de réfugiés dans cette zone de sécurité, offrant ainsi aux Syriens déplacés un nouveau foyer dans leur pays d’origine.

Des enfants syriens marchent dans la boue après la forte pluie tombée dans un camp de réfugiés en Syrie le 6 février 2016 [Bulent Kilic / AFP / Getty Images]

Le mouvement fait suite à un avertissement par Erdogan samedi que l’opération pourrait être lancée « peut-être aujourd’hui ou demain » , et vient après des mois de menaces faites sur une base régulière. Cela fait également presque deux mois que les États-Unis et la Turquie ont conclu un accord de coopération et de coopération dans la création d’un centre de coopération conjoint près de la frontière syrienne afin de créer une zone de sécurité dans le nord-est de la Syrie.

L’opération militaire qui devrait avoir lieu est la troisième incursion turque dans le nord de la Syrie, à la suite de l’opération Bouclier de l’Euphrate en 2016 et Opération Olive Branch en 2018.

Suite à l’annonce de l’opération turque hier, les groupes d’opposition syriens – ainsi que les forces syriennes et turkmènes – ont également annoncé leur soutien à l’opération et devraient y participer une fois lancée.

De nombreux membres de la communauté internationale craignent que l’opération n’entraîne l’occupation du territoire syrien par la Turquie, mais la Turquie dément cette affirmation. Le porte-parole de la présidence, Ibrahim Kalin, a affirmé que «la Turquie n’a aucun intérêt à occuper une partie de la Syrie. Nous ne l’avons pas fait à Jarablus lorsque nous nous sommes battus contre Daesh et avons éliminé 3 000 terroristes… ou lorsque nous sommes entrés dans Afrin, nous n’avons occupé aucune partie de la Syrie, nous avons rendu ces lieux aux propriétaires et aux résidents locaux, nous n’avons aucune intention d’occuper une partie de la Syrie à l’est de l’Euphrate non plus, et nous n’avons aucun intérêt à changer la démographie dans cette région. « 

Une autre crainte est que l’opération constitue une méthode de persécution du peuple kurde, apatride et dispersé dans divers pays du Levant. Kalin a également contré cette affirmation en déclarant que «Ce n’est pas une manœuvre contre les Kurdes. La Turquie n’a aucun problème avec les Kurdes. Nous luttons contre une organisation terroriste qui a également tué et opprimé le peuple kurde. « 

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Publié par le octobre 13, 2019 dans Asie, Europe, GUERRE et PAIX

 

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