RSS

Le paradoxe Trump : toute correction de la faute impérialiste est impossible, la décision est toujours criminelle

11 Oct
Donald Trump prétend dénoncer la manière dont son rival Joe Biden et ses amis démocrates sont intervenus en Ukraine et ailleurs pour y installer un système de corruption généralisé et dont eux et leur famille ont été les bénéficiaires, c’est parfaitement exact, mais cela se traduit par un scandale sur la manière dont il a choisi d’impliquer un pays étranger dans les élections américaines et un processus de destitution. Comme si le système impérialiste ne pouvait produire que sa propre caricature allant toujours plus loin dans l’autodestruction.
Il en est de même de ses dernières décisions au Moyen orient. Le retrait de la Syrie est a priori inspiré par une promesse à son électorat, mais aussi la découverte des motifs pour lesquelles des expéditions aussi ruineuses que catastrophiques ont été décidées par les mêmes corrompus qu’ils soient démocrates ou républicains.

Ainsi Trump appelle des décennies de présence américaine au Moyen-Orient « pire décision jamais prise » et sur le fond il n’a pas tort, mais le système qui a été créé, les dirigeants qui ont été à cette occasion mis en place, les alliés de l’OTAN, des membres clés pour ces guerres inutiles et monstrueuses sont comme des meutes déchaînées et il faut un maître chien pour les tenir.

Cela fait 18 ans que les États-Unis ont envahi l’Afghanistan à la suite des attaques du 9/11 et 14 ans depuis l’Irak en 2003. Cette semaine, Donald Trump a ordonné aux troupes de se retirer du nord de la Syrie, et a reçu une énorme vague de critiques, en particulier, il a été accusé de trahir la milice kurde soutenue par les États-Unis.

 » Nous sommes allés à la guerre sous une prémisse fausse et maintenant infirmée, des armes de destruction massive, il n’y en avait pas ! » a tweeté Trump. La raison du retrait n’est pas seulement la perte de millions de vies dans ces guerres mais le gaspillage d’argent, qui selon le président est de 7 milliards de dollars. D’autres rapports disent que c’était 3.6 billions de dollars sur la période entre 2001 et 2016.

Plus tard, le président a tweeté : « Au cas où les Kurdes ou la Turquie perdent le contrôle, les États-Unis ont déjà pris les 2 militants de l’EI liés à la décapitation en Syrie » c’est-à-dire que puisque ce qui est regretté n’est pas le massacre possible d’un petit peuple à qui l’on a fait miroiter une patrie pour qu’il soit le supplétif au sol non seulement contre Daech mais pour le pillage du Moyen orient et de la Syrie par « la coalition », une intervention sans aucune légalité dans et contre des Etats souverains, mais à qui on prétend réserver un rôle de garde chiourme de criminels dont personne ne veut et qui peut-être ne doivent pas parler. L’immoralité est totale, il y a certes une indignation réelle face à ce lâchage des Kurdes mais les calculs sordides se poursuivent quand on s’inquiète pour eux. Trump dit la réalité de ce que sont ces gens-là et il est insupportable moins par ce qu’il fait ou dit mais parce qu’il révèle de l’incapacité de l’impérialisme y compris de prétendre corriger ses pires travers…

Et ce petit peuple kurde que les Etats-Unis et les puissances occidentales ont transformé en figure héroïque voir féministe de leurs plus infâmes turpitudes néo-coloniales devient à leur propre yeux le symbole de leur déchéance morale… Les dirigeants européens s’identifient d’autant plus aux Kurdes qu’ils sentent bien que Trump, après que les Etats-Unis les aient utilisés dans toutes les aventures pillardes et leur ai demandé de fournir l’idéologie de ces « ingérences » sous le prétexte du droit de l’hommisme, est prêt à les lâcher et à leur faire payer le coût financier, sans parler de celui du « terrorisme » pour sauver l’Amérique et sa suprématie. L’intervention du pitoyable Hollande est caractéristique, mais il n’est pas le seul, c’est un sauve qui peut général qui tente encore de se donner des excuses humanitaires.

Il faut noter que le reste du monde qui contemple avec plus de lucidité ce que nous sommes, nous occidentaux a peu de larmes à verser sur les alliés de l’occident, occupés comme il l’est à tenter de se dégager partout de l’étreinte morbide.

D’un autre côté, vous reconnaitrez qu’il y a quelque chose de pas normal quand des gens de gauche, voir des communistes, en arrivent à exiger de l’impérialisme américain qu’il continue à maintenir des troupes sur un territoire sur lequel il est intervenu en toute illégalité et dans lequel il reconnait lui même n’avoir rien fait de valable.

Danielle Bleitrach
L’image contient peut-être : une personne ou plus
 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :