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N’écoutez pas France culture mais lisez Georges Duby ! mon combat pour l’Histoire

22 Sep

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France culture nous propose de lire Marc Aurèle, il serait d’actualité… je leur conseille de lire Charles Parrain – qui demeure à ce jour celui qui a écrit la meilleure biographie de Marc Aurèle –  et la manière dont il démontre à quel point l’empereur Marc Aurèle est un réactionnaire, proche du sénat romain et des  patriciens latifundiaires qui ne voient leur salut que dans le retour en arrière, alors que nous sommes dans l’ère de Spartacus et de la révolte des esclaves, et de toute cette revendication que traduit à sa manière le christianisme… Alors que les limes gardées par les barbares s’effondrent, il est le représentant de l’impuissance verbeuse d’un monde qui meurt, d’un empereur qui vit dans les ors et les apparats et nous la raconte sur sa soif de pureté, d’austérité… Charles Parrain qui a travaillé avec Leroi-Gourhan était un marxiste, spécialiste des techniques productives, pour lui la fin du monde romain, du mode de production esclavagiste est aussi celui de l’apparition du moulin à eau, un autre rapport à la production que celui de l’esclavage et le monde que s’obstine à vouloir défendre Marc Aurèle contre celui qui veut naître est en train de crever comme le nôtre… Son stoïcisme n’est qu’impuissance… On a les penseurs que l’on peut…

Cela ne m’étonne pas que notre monde dans le même état avec ses Macron, ses intellectuels courtisans des puissants, le coeur en écharpe mais avides de privilèges s’y reconnaissent… leur propre chute doit être celle de l’humanité toute entière…

Après nous avoir fourgué la très réactionnaire Olympe de Gouges, soutien de la royauté contre la révolution comme héroïne du féminisme, décidément France culture promeut toutes les outres creuses contre les prolétaires… Ces sociaux-démocrates qui assurent la promotion des Lorent Deutsch sont incultes ils confondent l’histoire avec les bonnes oeuvres de Stéphane Bern. Et non contents de ne pas voir l’avenir, de ne le vivre que comme leur propre régression, ils falsifient le passé dans ce qu’il montre de capacité pour l’humanité à se révolutionner dans le social comme dans la science ou l’art.

ce n’est pas un hasard si l’idéologie dominante ne nous propose que de tels héros: le capital n’a rien d’autre à proposer que sa propre fin devenue l’apocalypse de l’humanité : « la pensée bourgeoise dans son ensemble s’est éloignée des matières dont elle traite. Elle a pour fondement une économie qui, comme le dit Brecht ne s’intéresse jamais au riz mais à son prix (…) Ainsi la technique bourgeoise n’entretient plus avec les forces naturelles dont elle se sert pour opérer de l’extérieur qu’une relation marchande étrangère à leur contenu véritable. Et le contact avec ce contenu est d’autant plus réduit que la technique a évolué de l’attelage du cheval organique au moteur à explosion ou encore a élu domicile sur le volcan ultra-violet de l’énergie nucléaire. De toute façon la société bourgeoise n’a qu’une relation abstraite avec le substrat des choses qui sont soumises à sa pensée et à son action. Ce qui revient à dire qu’un certain substrat à l’oeuvre dans la nature n’est pas pris en considération par elle. Or c’est justement ce problème de relation qui est le plus urgent pour toute technique qui évolue vers le concret; car c’est ni plus ni moins celui de l’espérance technique.(Ernst Bloch le principe espérance T2.p.267)

Cette espérance qui apparait comme la fin, comme une chute est celle dont Charles parrain nous parle dans sa description de la chute de l’empire romain et des affres de son empereur,  mais aussi la nouveauté du moulin à eau et la fin de l’esclavage. Ce que prône la bourgeoisie comme toute classe en déclin c’est une indépendance rêvée à l’égard des lois de la nature comme forme de liberté alors que la liberté réside dans cette connaissance des lois de la nature et la capacité de les orienter vers des fins determinées en vue de l’émancipation humaine. Il y a donc dans l’attitude de ceux qui choisissent d’aller cueillir des simples et de les faire cuire sur un feu de bois, quelque chose de juste, la volonté de retrouver le concret au delà de la marchandise mais aussi une impasse dans le refus de la maîtrise collective de ce que nous offre la science.

Face à ce qui monte contre leur « ordre » ce n’est donc pas un hasard si ceux qui nous gouvernent ne savent qu’opposer de simples conventions chiffrées, celles de leurs profits et du taux d’exploitation qu’ils peuvent espérer. Il est naturel qu’une telle pensée impuissante engendre un desespoir qui confond sa propre régression, son impuissance au concret avec un brâme élitiste sur un pseudo stoïcisme. Entraîner la jeunesse qui refuse ce monde-là dans une telle absence d’issue où l’humanité apparaît comme l’ennemi de la nature et le progrès social comme celui des sciences et des techniques comme le pire des dangers est une des formes de leur destruction la plus pernicieuse. La fin de l’histoire et celle de l’humanité comme seule chance de survie pour eux. la jeunesse est un enjeu essentiel.

Leur conception de l’histoire ne sait plus que nous dire les états d’âme et les gémissements des puissants confrontés à la fin de leur règne, les valeurs qui seraient celles de l’humanité celle d’une élite raffinée confrontée à la brutalité populaire.

Une bonne nouvelle la pléiade édite les oeuvres de Georges Duby, non seulement sa conception de l’histoire n’a jamais failli, je vous conseille de relire son discours à l’inauguration de sa chaire au collège de France, il nous parle justement de ce temps que l’on dit barbare mais où déjà un autre monde est là, son Moyen-âge est vivant, en gestation continuelle… Il est lui même resté dans son propre siècle, son amour de l’art, ses choix politiques souvent faisant le lien… il a toujours refusé de distinguer entre la sciences et l’art pour expliquer les hommes et les femmes du temps jadis. C’est un très grand historien et un grand écrivain dont nous devons relire l’oeuvre. J’ai eu l’honneur de passer l’équivalent de mon mémoire de maîtrise sur l’iconographie des cloîtres provençaux sous sa direction, ce fut un autre temps, mais il nous reste ses écrits. et cette video. Toujours Duby tente de restituer la parole de ceux qui ne l’ont pas nécessairement, les taiseux qui font l’histoire en deça des chroniques, en étudiant comme il le fit au départ la pausannerie de son Maconnais et puis ici les femmes au XIIe siècle.

Danielle Bleitrach

P.S. excusez ma franchise: mais il y  manque l’essentiel, une demande populaire de savoirs. j’ai connu le temps où ce qui se faisait de plus exigeant en matière intellectuelle rencontrait dans le parti communiste une classe ouvrière éprise de savoirs, d’intelligence du réel, le dialogue était passionnant. Nous communistes  avons abandonné la dictature du prolétariat mais dans le parti désormais semble régner la dictature de bobos qui se croient cultivés sur des retraités ouvriers résignés à se taire.

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Publié par le septembre 22, 2019 dans Uncategorized

 

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