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Cinéma : L’autorité moribonde dans une société qui se désagrège

12 Sep

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Quand le cinéma était muet un piano jouait parce qu’autrment l’aspect fantomatique de l’écran empêchait que l’on croit au réel de la représentation. Un film reste dans le souvenir comme une pierre dans un étang dont les ondes ne cessent de se renouveler et « Vous » plonge dans le rêve du déchiffrage d’un message, celui de la toute puissance du metteur en scène qui renonce à vous le livrer et vous laisse seul, sans espoir de sortir de la nuit..

Dans «Un message impérial» de Kafka, un empereur est sur son lit de mort; il n’e pas le droit à l’intimité, les murs ont été abattus, il est entouré non seulement par les princes de sa cour mais par une multitude qui contemple son agonie. L’empereur fait signe à un homme grand et fort qui porte un soleil sur sa poitrine, il lui dit quelque chose et le fait qu’il doit porter à « Vous »cet ultime message, et comme pour insister sur le caractère essentiel de ce qu’il veut transmettre il lui demande de le lui répéter à l’oreille, et il approuve d’un hochement de tête, c’est ça. Ce chuchotement contraste avec l’exhbition le spectacle public auquel l’empereur est contraint. Le messages’est adressé à « Vous », une ombre effrayante et insignifiante comme si l’empereur tentait de joindre par ce moyen dans la masse informe de ceux sur qui s’exerce son pouvoir, le plus misérable d’entre eux. Aussitôt le messager se met en marche mais la foule l’enserre de toute part, il est fort et infatigable et il désigne le soleil qu’il a sur sa poitrine pour qu’on lui cède le passage, mais ce qui le sépare de l’humble sujet auquel il doit peut-être porter le message est non seulement l’immensité des gens assemblés mais un espace qui se démultiplie, un labyrinthe d’escaliers, de palais qui s’enchevêtrent les uns dans les autres, il ne peut pas sortir du palais et même s’il y arrivait il y aurait encore la capitale impériale, encahi par les déchets de l’autorité, cela dépasse le temps d’une vie et le message de l’empereur ne peut atteindre celui auquel il est destiné. En conclusion, Kafka invite le lecteur qui rêve le soir à sa fenêtre à être ce vous, celui que privilégie l’empereur mourant peut-être comme son sucesseur ou plus surement pour prendre conscience que le message ne peut arriver, signe de l’impossible autorité sur une société qui se désagrège parce qu’il n’y a plus aucun lien direct entre la forme mourante de son autorité impériale et la dite société, entre vous et ce qui justifie votre obéissance, une incommunicabilité entre la foule et l’empereur moribond, peut-être ce dernier a-t-il supplié cette ombre effrayante et insignifiante, en vain.

Je réfléchis encore et toujours à ce film qui me hante « Roubaix, une lumière, de quelle autorité moribonde Douad est-il m’impossible messager? Peut-être simplement ce chuchotement « tu cas enfin te reposer en prison, il y aura même une télévision, soumets-toi, et tu auras enfin le repos », mais c’est une illusion, un pacte qui n’a pas de sens.Vous qui acceptez d’entrer ici abandonnez toute espérance.

danielle Bleitrach

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Publié par le septembre 12, 2019 dans Uncategorized

 

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