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Julian Assange face à Anna Ardin en août 2010 – violé plutôt que violeur par Monika Karbowska

21 Août

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Cet article est le premier d’une série d’analyses du dossier juridique suédois contre Julian Assange. Je ressens la nécessité de publier mon analyse parce que je n’ai jamais cru à la culpabilité de Julian Assange déjà à cause des invraisemblables manipulations auxquelles s’est livrée la justice suédoise dans ce dossier. Ces manipulations seront détaillées dans un autre article, notamment la collusion entre l’accusatrice principale, Anna Ardin et Irmeli Krans, l’officière de police rédactrice des plaintes des deux accusatrices – Ardin et Krans étant amies proches et colistières sur les listes électorales de leur parti. Ce simple fait aurait dû faire tomber l’accusation immédiatement pour vice de procédure, et même un avocat commis d’office aurait pu arriver à cet effet.

J’écris ce texte pour mettre en lumière des éléments rarement publiés de ce dossier et jamais réellement analysés. Je commence donc non pas par l’accusation, mais par la défense – Accusé de viol par Anna Ardin et ayant eu connaissance de la plainte par un article de tabloïd le 20 août 2010, Julian Assange répond immédiatement à la convocation de la police suédoise. Il a un entretien et donne sa version des faits à la police suédoise le 30 août 2010. Ce compte rendu de sa déposition a été peu publié et quasiment jamais analysé. Or c’est un des rares textes où il parle spontanément et sans préparation. C’est pour cela qu’il me semble que ce dialogue contient les éléments les plus authentiques sur « l’affaire », une affaire qui a valu à cet homme presque 10 ans d’enfermement, aujourd’hui la prison de haute sécurité et demain avec certitude l’extradition ou les prisons secrètes à torture américaines. Faire la lumière sur l’obscurité de cette « affaire » est la seule façon de pouvoir libérer le prisonnier politique européen qu’il est devenu.

Un deuxième article analysera la défense de Julian Assange aux accusations de Sofia Wilem, mais cette défense datant de 2016 et étant largement rédigée sous l’influence d’avocats qui ont perdu tous ses procès, comme Jenny Robinson, elle est moins importante que la déposition du 30 août 2010 face à la plainte de Anna Ardin.

Ce qui frappe à la lecture de ce document est que Julian Assange est tellement sidéré qu’il ne se défend pas. Au début il croit à un malentendu, il n’arrive pas à croire que la personne avec qui il a partagé le lit, l’intimité et le foyer pendant une semaine l’accuse de viol.

L’officier de police le presse sans hostilité à dire les détails de sa relation affective et sexuelle avec Anna Ardin pour donner sa version des faits et constituer ainsi sa défense. Son avocat Leif Silbersky l’incite avec bienveillance à répondre aux questions précisément pour que ce ne soit pas uniquement la version des accusatrices qui soit prise en compte.

Nous apprenons ainsi qu’une seule une relation coïtale a eu lieu, la première nuit du 13 aout, et c’est cette relation qui est ressentie comme un viol par Anna Ardin. Mais les nuits suivantes ont été remplies de caresses appréciées par la maîtresse du lieu et du lit – elle ne l’accuse d’ailleurs pas pour ces autres nuits… Mais Assange n’est pas capable de faire des descriptions plus précises de ces caresses, autres que le très vague « nous nous sommes touchés mutuellement ». Cette petite phrase n’arrive pas à contrebalancer la version crue, réaliste et dure que nous livre l’accusatrice de la première nuit – sa version est celle d’un Assange se précipitant sur elle dès l’arrivée dans l’appartement et lui arrachant vêtements et bijoux avant de la clouer au lit de force. L’accusatrice tait par la suites les caresses obtenus de son amant pendant toute la semaine qui suit ce qui rend son récit de la première nuit plus que suspect.

N’arrivant pas à décrire les caresses prodiguées à Ardin, à peine à mentionner les deux orgasmes qu’auraient eu Ardin avec lui par la suite, celles-ci restent inaudibles et ainsi la version de l’accusation s’impose. Pourquoi Julian Assange n’arrive -t-il pas à parler, est-ce par honte ? Une honte qui n’est visiblement pas du tout du côté des accusatrices, qui elles se répandent dans leur plainte en descriptions sexuelles longues, imagées et suscitant une forme d’excitation chez le lecteur/trice. La honte se trouve ici visiblement du côté de l’accusé, chose anormale dans les affaires classiques de viol d’un homme sur une femme.

C’est la même chose pour le point central de l’accusation : le préservatif percé ou déchiré. Assange ne se défend pas. Il ne se souvient pas de qui a eu l’initiative du préservatif, il ne se souvient pas de qui l’a mis ni même qui l’a enlevé !

Il répond presque toujours aux questions : je ne me souviens pas. Il n’est pas non plus capable de dire l’heure à laquelle le rapport sexuel a eu lieu ni s’il y en a eu plusieurs… Une passivité, une sidération, un moment de régression qui lui coutera très cher car tous les détails « à décharge » comptent autant que ceux « à charge »… En l’absence de détails livrés à décharge, ne restera que l’accusation.

A un tel point que son défenseur s’en inquiète et lui demande à la fin s’il n’a pas été drogué ou alcoolisé. C’est bien l’impression qui se dégage pour un observateur extérieur : à ce stade d’imprécision, de manque de mémoire, le violeur présumé n’a-t-il pas été plutôt abusé, notamment avec une drogue ?  La drogue du viol ça marche aussi bien sur les femmes que sur les hommes et ces substances ont toutes pour conséquences d’effacer la mémoire des événements.

Je suis navrée et émue de lire la réponse de Julian Assange à la question de « qui a eu l’initiative du contact sexuel ? » : « Anna »

« Comment l’a-t-elle fait ? » Réponse de Julian Assange: « elle m’a dit que je devais dormir dans son lit ». Et elle a « rajouté des choses sur ce qu’un amant devrait faire au lit ». C’est elle qui décide, ce n’est pas lui. « Après tout, c’est son appartement » – dit-il.

Une image de passivité et d’obéissance qui me hante, en tant que spectatrice extérieure. Celui que des Etats et des médias mondiaux ont accusé de prédation fait en réalité figure de petit garçon obéissant et passif. Si Anna Ardin était aussi la personne qui lui avait prêté son adresse obligatoire pour sa demande de carte de séjour dans l’espace Shengen, l’image réelle de sa vulnérabilité apparait complète. Une vulnérabilité concrète face à l’accusatrice qui aurait du logiquement aider son avocat à mettre en doute l’accusation.

Quant à son avocat que l’on voit ici efficace et empathique, Leif Silbersky a été congédié au bout d’une semaine. Qui conseillait donc Julian Assange à ce moment-là et qui lui a conseillé de rompre avec Leif Silbersky ? Une réponse à cette question pourrait nous mettre sur la piste de ceux qui ont enfoncé Julian Assange dans une situation inextricable depuis 10 ans, qui lui ont fait perdre TOUS ses procès. Vont-ils lui faire perdre le dernier procès, celui dont sa vie dépend, le procès en extradition vers les Etats Unis ? Si nous, citoyens préoccupés par l’injustice ne nous mobilisons pas, c’est exactement comme cela que « l’inéluctable » va arriver.

 

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