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Macron-Poutine: premier round, Macron n’est pas à la hauteur des enjeux

20 Août

Sur la rencontre  Poutine Macron: Je suis totalement d’accord avec l’estimation de Fabien Roussel sur le caractère positif d’une telle rencontre et sur l’objectif de la fin des sanctions, et c’est là effectivement l’essentiel que d’exiger du gouvernement français une politique étrangère indépendante qui renoue avec une volonté de paix et de non alignement sur le bellicisme des Etats-Unis.

La conférence de presse a montré à quel point Macron était peu en état d’une telle visée..  Macron est loin de l’aspiration défendue légitimement par Fabien Roussel et qui correspond à ce que souhaite la majorité de notre peuple dans ce domaine: désavoué de toutes part, il tente de retrouver une stature européenne mise à mal actuellement. Non seulement il y a le brexit, les insultes de Trump, le mépris dans lequel il est tenu, lui et Angela merkel, par le maître américain, l’Europe déchirée par des années d’une politique a contrario des intérêts populaires et dont Macron continue à se faire le champion en provoquant dans son propre pays un mécontentement grandissant.

Dans un espace dévasté européen dont les leaders sont soit la proie d’un jeu de quille soit de plus en plus infréquentables, macron erre tel Soubise à la recherche de son armée et tente de prendre la place de grand leader bien aimé, rôle auquel personne ne le désigne. Poutine lui laisse entendre qu’il jouera ce jeu là jusque dans certaines limites.

Sur la Syrie, quand Macron juge « impérieux » un cessez-le-feu à Idleb, car « des enfants sont tués », Poutine, lui, réitère son soutien aux « efforts de l’armée syrienne en vue d’éliminer les menaces terroristes ».Effectivement la France qui n’a cessé de jouer la politique du pire est mal placée pour défendre les enfants qui meurent.

Bref, Macron  n’est pas en position de force mais feint de l’ignorer. C’est une vieille tradition française que de s’aliéner leurs hôtes par leur morgue et Macron qui a perdu la grandeur conserve l’incapacité diplomatique. Celui qui a organisé la répression des gilets jaunes et qui prétend imposer aux 75% des Français qui ne l’ont pas choisi des réformes dont ils ne veulent pas, une destruction de leurs droits et de leurs services publics n’était vraiment pas en état de montrer à quel point une politique d’ouverture était le meilleur moyen d’encourager la dissidence en Russie, c’est pourtant ce à quoi il s’est livré. Les questions de la presse sont allées dans le même sens, celui d’une ingérence indécente et Poutine n’a pas joué à fleurets mouchetés en faisant état de blessés et de morts gilets jaunes, ce à quoi Macron a évoqué le respect de la Constitution et le non bourrage des urnes. Ambiance…

Poutine a logiquement à la fois fait état de relations historiques privilégiées, celles de la guerre contre le nazisme et là on ne peut s’empêcher de repenser à la manière différente dont les Russes et les Français ont « donné » dans cette lutte, aux relations complexes entre De gaulle et Staline. Macron propose de se rendre à Moscou en mai 2020 pour les commémorations de la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie, boudées par les Occidentaux depuis l’annexion de la Crimée à la Russie en 2014.

Poutine a surtout montré que le monde désormais ne se limitait pas au G 7 ou G8 suivant l’humeur des Etats-Unis et de leurs vassaux. Il a fait état du G20 comme beaucoup plus représentatif ou encore des BRICS, de l’organisation de coopération de Shanghai et chaque fois il insistait sur le partenariat privilégié avec la Chine.

Il y a eu des instants dont je me demande si Macron a apprécié la subtilité… Quand il a dit que la Russie était européenne de Brest à Vladivostok, Poutine a repris la citation exacte du général De gaulle : de Brest à l’Oural… sous entendu ne nous annexez pas en totalité à vos rêves et il restituait la dimension eurasiatique d’une possible et nécessaire évolution. Macron une fois de plus a fait la preuve de son incapacité à être autre chose que le fort en thème qui se croit capable de manipuler ses intelocuteurs en se rengorgeant comme un coq alors qu’il n’a que très peu de cartes en main. La seule dont il bénéficie est qu’effectivement Poutine ne veut pas couper les ponts avec l’Europe et que la France au nom de son passé a encore quelques bijoux de famille idéologiques à brader, mais il n’a cessé de corriger son interlocuteur en minimisant les actuels intérêts de tels liens alors que la mondialisation est en train de faire monter d’autres acteurs et d’autres enjeuxy compris de nouveaux rapports sud-sud dans lesquels la France reste totalement subordonnée à la politique américaine avec une presse aux ordres.

Danielle Bleitrach

 

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