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L’université d’été du PCF, j’ai passé l’âge de la « tolérance », mais je vous fait confiance à tous ou presque…

20 Août

Il y aura mon livre à l’UNiversité d’été du PCF, mais d’autres restent censurés… Quant à moi je n’ai plus l’âge de me rendre dans des lieux où ma présence est seulement tolérée et où il a fallu une pression de masse pour que l’anesse du coin ne me flanque plus les coups de pied qu’elle adresse à tous ceux qui lui déplaisent. Surtout quand cette « tolérance » continue à s’assortir de diffamations injustifiées, de ragots et de bruits de couloir au lieu d’un débat politique sur l’histoire, la stratégie et son absence qui conditionne encore le présent.

Il est un âge où l’on ne saurait accepter un tel traitement et de s’introduire par le petite porte dans un lieu où l’on n’a pas été invitée. Alors même que cette université se réunit dans des locaux qui restent marqués par les luttes et l’activité de tous ceux qui comme moi seront absents, je pense en particulier à nannie Bellan. Si un jour je peux revenir dans de meilleures conditions ce sera à ses côtés.

Au fait n’oubliez pas sur le pont de l’Arc, à proximité de l’Université saluez la mémoire de mon compagnon Pascal Fieschi dans la rue qui porte son nom… Et dites vous bien qu’il y a une masse d’anonymes dont je suis qui ont fait que malgré les trois malheureux règnes qui se sont succédés et nous ont mis un baillon sur la bouche, le PCF n’est que d’avoir été, de leur désintéressement, de leur honneteté, ils ont été l’élite et les éboueurs de ce monde… les oublier est une vilenie… je me bats encore et toujours pour eux autant que pour ceux qui viennent. Mais à cause d’eux je ne peux pas accepter d’être « tolérée ».

Il en sera de même pour la fête de l’Humanité. A mon âge, alors que l’on vient de sortir un texte à la gloire du pCF, de ses militants, il n’est pas question d’accepter d’être marginalisée, interdite de la cité du livre et des débats autour des nouveautés. Là encore je rêve d’un jour où on adressera un hommage mérité à des dirigeants d’une autre envergure que moi qui ont été injustement écartés, je pense à Gisèle Moreau et à bien d’autres.des jours où l’on n’ inventera pas un Georges marchais anti-soviétique pour les besoins de négationnistes de notre histoire, un aragon pour les besoins d’une méchante cause… .

je dis cela sans la moindre amertume, je me réjouis des pas en avant accomplis depuis le dernier congrès et je suis sûre que ce soit à l’Université d’été ou à la fête de l’humanité, les camarades vont encore avancer dans la reconquête de la présence de notre parti sur la scène nationale autant qu’internationale.
*
Simplement je le redis ce n’est plus de mon âge de me battre en première ligne, on a le corps douloureux même s’il est actif et alerte et l’âme a déjà pas mal de bleus.

Mon âge, mon histoire comme la leur mérite le respect et nécessite un minimum de confort qui lui est refusé dans ces conditions. En revanche, c’est avec joie que j’irai au journées de venissieux sur le socialisme, ses réalisations et la défense de la planète. Ce sera avec la même joie que je participerai à des débats auxquels j’aurai été invitée pour un véritable dialogue.

La tolérance il y a des maisons pour cela.

Bons travaux et continuez à avancer nous en avons tous besoin.

danielle Bleitrach

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2 Commentaires

Publié par le août 20, 2019 dans mon journal

 

2 réponses à “L’université d’été du PCF, j’ai passé l’âge de la « tolérance », mais je vous fait confiance à tous ou presque…

  1. lemoine001

    août 20, 2019 at 11:32

    J’ai lu vos mémoires avec le plus grand intérêt. Elles m’ont beaucoup appris sur les obscurs débats qui ont conduit à l’effacement du PCF sans les rendre pour cela plus intelligibles, à cause d’une inconséquence que révèle le livre.

    Vous citez Marx longuement page 81. Marx fait du développement des forces productives la clé de compréhension de l’histoire et de la conscience de ceux qui en sont les acteurs. Ce développement aurait donc dû être la clé de compréhension des débats internes au PCF. Cela n’apparait pas dans votre texte comme si Marx avait été oublié au moment où il était le plus utile. Ce qu’un simple militant de base comme moi a vu dès le premier jour semble être resté invisible à notre direction.

    J’ai fait mes premiers pas au PCF à Conflans-Sainte-Honorine sous la conduite d’un vieux militant, résistant de la première heure, et une chose m’a frappé tout de suite. Nous faisions la tournée de Huma dimanche, allant porter le journal de porte en porte. J’ai vu tout de suite que nos sympathisants étaient tous âgés, anciens ouvriers ou artisans. Tous fiers de leurs enfants qui s’étaient élevés dans la société (professeurs, médecins ou au moins cadres dans quelques sociétés connues). Alors que la ville se développait rapidement, nous étions repliés sur une petite frange de la population, celle des quartiers historiques sur le bord de la Seine. Nous n’avions aucune présence sur le plateau où s’implantait une population comprise comme « de classe moyenne », travaillant sur Paris (certains étant les enfants de nos sympathisants). Nous semblions considérer que ceux-là étaient la clientèle « naturelle » du Parti Socialiste. On pouvait même l’entendre dire. Nous nous proclamions parti de la classe ouvrière, mais nous n’avions aucun relai auprès des véritables ouvriers qui se trouvaient de l’autre côté de la Seine dans l’immense bidonville de la plaine d’Achères (ouvriers chez Simca Poissy). Cette classe ouvrière était fait de travailleurs immigrés. Nous ne parlions pas leur langue et restions impuissants, pris entre une « classe moyenne » à qui nous n’avions rien à dire et une classe ouvrière qui nous échappait.
    Après un intervalle à l’UEC, j’ai retrouvé le même problème à Paris dans le 11ème arrondissement sous la forme de la gentrification. J’ai déjà dit comment nous étions censé nous adresser à des « masses populaires » dans lesquelles personne ne se reconnaissait, comment nous avions tenté d’échapper à cette impuissance en éditant notre propre matériel, comment cela nous a été interdit pas la direction et comment tout cela a conduit le Parti à tenter de sauver les meubles en bourrant les urnes. C’était le fait de Jacques Chambaz dont je lis qu’il était un grand intellectuel. Je l’ai vu moi comme un parfait crétin !

    La solution du problème était pourtant simple. Elle est dans le texte de Marx cité. Le développement des forces productives bouleverse les rapports de production parce qu’il se traduit par l’apparition de nous nouvelles classes sociales (une dans le pôle bourgeois et une autre dans le pôle prolétarien). La classe nouvelle qui apparait au pôle prolétarien est la classe montante. Elle est nouvelle et donc faible idéologiquement. C’est elle qui bouleverse les rapports de production mais elle est en même temps la plus instable et morcelée politiquement. C’est vers elle qu’auraient dû porter les efforts du PCF. Il ne s’agissait ni d’abandonner Marx ni de le corriger mais de voir que quand il écrivait la classe ouvrière était la classe montante. C’est seulement un peu plus complexe aujourd’hui. Il faut articuler notre rôle de parti de la classe ouvrière avec l’ouverture à la classe montante (ce que semble faire le PC Chinois sans l’exprimer clairement).

    Faute de voir cela le PCF s’est réduit à en discuter les conséquences politiques lointaines sous la forme de débats autour de nos relations avec le PS et autour de l’eurocommunisme. Il ne fallait pas renoncer à la dictature du prolétariat et encore moins à Marx mais mieux comprendre ce qu’est le prolétariat et lire Marx pour l’appliquer à notre temps.

    https://lemoine001.com/2017/10/23/sur-le-transhumanisme-et-la-dictature-du-proletariat/

    https://lemoine001.com/2015/05/07/proletariat-et-lumpenproletariat/

     
    • histoireetsociete

      août 20, 2019 at 12:06

      je vous remercie du soin que vous avez pris à me lire… Nous avons eu ici et ailleurs bien souvent le même débat, je partage certaines de vos remarques mais pas toutes, votre référence à Marx est trop « économiste » dans sa définition y compris des classes sociales mais nous y reviendrons.

      J’ai voulu insister sur l’aspect constitution politique de la classe révolutionnaire et de son parti, formation sociale, etc… le Marx de la lutte des classes en France.

      Ce matin je me suis dit par exemple: dans le fond ils se croient opposés mais comme ils sont Français ils sont tous d’accord. leur horizon politique indépassable c’est le programme du CNR, y compris avec De gaulle jouant une politique un peu plus indépendante des Etats-Unis. Que vous preniez Gastaud, fabien Roussel ou Lucien Sève, sans parler des refondateurs, ils en sont tous là et résultat toute la discussion porte sur le rassemblement ou autre…

      leur stratégie s’est fossilisée autour de ce qui s’est passé à la Libération, les uns veulent bien reconnaître le rôle joué par l’URSS, les autres non… la sécurité qsociale serait sortie alors du mouvement ouvrier français rien à voir avec ce qui s’était créé en URSS ou avec le rapport de force créé par la victoire de l’armée rouge… les autres le reconnaissent, quant à Lucien Sève dans le fond c’était ça le communisme…

      Ce que je tente de montrer c’est que ces convictions autour de cette stratégie se sont trouvées de plus en plus en porte à faux, par l’évolution des rapports de force dans le monde, par la contre offensive du Capital de 1973-74 (Chuili et crise pétrolière) et y compris avec ce mouvement du capital. Ce que vous analysez c’est ce qu’engendre ce mouvement du capital, cette nouvelle phase d’accumulation, voir le livre II du capital ou comment une nouvelle phase d’accumulation produit ses exclus et ses alliés du capital. Bref je pense que votre analyse doit être intégrée mais qu’elle ne saurait suffire à nous constituer une stratégie.

      les Chinois ont une stratégie, les Russes aussi, les Cubains, l’Amérique latine, mais nous demeurons très démunis dans ce domaine. Bien sur je suis un peu rapide, mais c’est de ça qu’il est question avec la mise en perspective de la mondialisation.J’ai été confrontée à l’importance d’une stratégie avec les Cubains et je suis convaincue que quand celle-ci n’existe pas quels que soient les analyses que l’on peut faire de l’évolution des classes sociales ou des questions sociétales on ne va pas trés loin.
      Danielle Bleitrach

       

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