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Manifestations à Hong Kong : Washington, partie prenante des événements ?

16 Août

dans le contexte de la guerre commerciale et monétaire, celui également du suraremement des « alliés » des Etats-Unis, c’est une « révolution de couleur » plantée là selon le modèle souvent utilisé… La France d’en marche, celle de Castaner s’en émeut…  quand le drapeau de Trump devient celui de la démocratie j’ai du mal à suivre…  (note de Danielle Bleitrach)

Manifestations à Hong Kong : Washington, partie prenante des événements ?© Manan VATSYAYANA Source: AFP
Un manifestant brandit un drapeau américain à Hong Kong, le 11 août 2019.

 

Le mouvement de contestation à Hong Kong se poursuit. Alors que des manifestants revendiquent leur sympathie pour les Etats-unis et que des élus américains les encouragent, se pose la question des liens entre Washington et la mobilisation.

Au début du mois de juin 2019, en réaction à un projet de loi de l’exécutif hongkongais pro-Pékin visant à autoriser les extraditions vers la Chine, d’importantes manifestations ont vu le jour au pied des gratte-ciels de la mégapole. Après un recul du gouvernement sur son projet de loi, le mouvement s’est rapidement structuré autour d’autres revendications, comme par exemple la démission du chef de l’exécutif local, Carrie Lam, et l’élection de son successeur au suffrage universel.

En partie du fait de l’accumulation de scènes spectaculaires (affrontements devant le Parlementblocage de l’aéroport internationaletc.), la mobilisation urbaine a vite trouvé une place médiatique de choix, où elle a souvent été décrite comme «le mouvement des parapluies». Une référence à «la révolution des parapluies», terme utilisé par les médias occidentaux pour parler de la vague de manifestations qui a secoué Hong Kong entre les mois de septembre et de décembre 2014.

Le 14 août, en faisant référence à des images diffusées par les autorités chinoises, qui montraient des véhicules blindés alignés dans les rues de Shenzen, à quelques dizaines de kilomètres de Hong Kong, Washington annonçait être préoccupé par «ces mouvements paramilitaires», et a appelé Pékin à respecter le «haut niveau d’autonomie» de Hong Kong. En outre, un porte-parole de la diplomatie américaine cité par l’AFP a déclaré que les Etats-Unis apportaient leur «soutien à la liberté d’expression et à la liberté de réunion pacifique à Hong Kong».

Des références à l’Occident au sein de la mobilisation

Entre autres éléments marquants de la contestation, les références à l’Occident ont été relevées par la presse. Le 1er juillet déjà, à l’occasion du 22e anniversaire du transfert de Hong Kong du Royaume-Uni à la Chine, des manifestants installaient par exemple un drapeau colonial britannique dans le Parlement de Hong Kong dans lequel ils venaient de pénétrer de force.

Le drapeau américain est le symbole de la liberté, des droits de l’Homme et de la démocratie

Plus récemment, c’est l’apparition de drapeaux américains qui a pu être observée au sein des cortèges de manifestants. Une image de l’agence Reuters montre un manifestant arborant une casquette «Make America Great Again» («rendre à l’Amérique sa grandeur», le fameux slogan de la campagne présidentielle de Donald Trump) et brandissant un drapeau américain, lors d’une manifestation à Hong Kong, le 3 août.

Manifestations à Hong Kong : Washington, partie prenante des événements ?© Kim Kyung-Hoon Source: Reuters
Un manifestant porte un drapeau américain lors d’une manifestation du 3 août à Hong Kong.

«Puisque le drapeau américain est le symbole de la liberté, des droits de l’Homme et de la démocratie, nous espérons faire savoir au gouvernement de Hong Kong que nous avons besoin [de ces valeurs]», expliquait de son côté en anglais (l’une des langues parlées à Hong Kong) un autre manifestant interviewé à ce sujet, dans une vidéo postée le 11 août sur Twitter par un compte de l’agence Bloomberg.

Bloomberg TicToc

@tictoc

🇺🇸 Why are you carrying the American flag?

Here’s what this Hong Kong protester says

Vidéo intégrée

477 personnes parlent à ce sujet

D’autres contestataires encore, masqués pour la plupart, sont allés jusqu’à se faire filmer en train de chanter l’hymne national américain, drapeau des Etats-Unis à la main, dans les rues de la mégapole. «Et l’éclat rouge des fusées, les bombes explosant dans les airs [nous prouvaient tout au long de la nuit que notre drapeau était toujours là]», peut-on en effet entendre, chanté en anglais, dans une vidéo relayée par un internaute.

Carl Zha@CarlZha

Hong Kong protesters in Hong Kong proudly sing US National anthem “The Star-Spangled Banner” O say can you see … What so proudly we hailed …brings tears to my eyes 😂🤣💀

Vidéo intégrée

335 personnes parlent à ce sujet

Les Etats-Unis encouragent les «pro-démocratie»

Parallèlement à l’apparition de signaux pro-Etats-Unis au sein des cortèges déambulant dans le territoire semi-autonome chinois, nombre de personnalités politiques américaines ont exprimé leur soutien à la mobilisation de ceux qu’ils estiment être les porte-paroles de la démocratie. «Puissions-nous tous être solidaires du peuple de Hong Kong lorsqu’il se prononce en faveur de la démocratie, de l’absence de répression et d’un monde qu’ils aspirent à voir», a par exemple tweeté, le 13 août, l’ancienne rivale de Donald Trump, la démocrate Hillary Clinton.

Hillary Clinton

@HillaryClinton

May we all stand in solidarity with the people of Hong Kong as they speak out for democracy, freedom from repression, and a world they long to see.

43 k personnes parlent à ce sujet

Le monde regarde

Un constat visiblement partagé en haut lieu dans le camp républicain. En témoigne la réaction du chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, qui la veille, félicitait le peuple de Hong Kong pour «se défend[re] bravement contre le Parti communiste chinois alors que Pékin tente d’empiéter sur son autonomie et sa liberté». Et le sénateur de droite de mettre en garde l’exécutif chinois : «Toute répression violente serait totalement inacceptable. Comme je l’ai dit au Sénat : Le monde regarde.»

Leader McConnell

@senatemajldr

The people of Hong Kong are bravely standing up to the Chinese Communist Party as Beijing tries to encroach on their autonomy and freedom. Any violent crackdown would be completely unacceptable. As I have said on the Senate floor: The world is watching. https://www.republicanleader.senate.gov/newsroom/remarks/mcconnell-on-democracy-and-autonomy-in-hong-kong-the-world-is-watching 

McConnell on Democracy and Autonomy in Hong Kong: “The World Is Watching”

U.S. Senate Majority Leader Mitch McConnell (R-KY) delivered the following remarks on the Senate floor regarding protest

republicanleader.senate.gov

15,3 k personnes parlent à ce sujet

Outre les multiples messages en ce sens provenant des Etats-Unis, une rencontre entre des figures étudiantes du mouvement protestataire et la diplomate américaine Julie Eadeh, chef de la section politique du consulat général américain, a attisé des tensions entre Washington et Pékin déjà vivaces. Une photo montrant les protagonistes côte à côte dans un hôtel de la mégapole, a été relayée par la presse chinoise.

Chen Weihua

@chenweihua

This is very very embarrassing. Julie Eadeh, a US diplomat in Hong Kong, was caught meeting HK protest leaders. It would be hard to imagine the US reaction if Chinese diplomat were meeting leaders of Occupy Wall Street, Black Lives Matter or Never Trump protesters.

Voir l'image sur Twitter
2 882 personnes parlent à ce sujet

Réagissant à cette rencontre, Pékin avait mis en garde le 8 août le consulat américain, l’exhortant à «couper immédiatement tout lien avec des émeutiers anti-Chine», et à «cesser immédiatement toute interférence dans les affaires de Hong Kong». Washington a pour sa part affirmé que la diplomate ne faisait ni plus ni moins ce que ses collègues faisaient «chaque jour autour du monde» : «Ils rencontrent des responsables gouvernementaux, des opposants, des manifestants, pas seulement à Hong Kong ou en Chine».

Quant au président américain Donald Trump, loin de se montrer le plus interventionniste pour l’heure, il s’est interrogé sur les raisons qui poussaient certains commentateurs à le rendre coupable des événements de Hong Kong. «Beaucoup me reprochent, aux Etats-Unis et à moi, les problèmes qui se posent à Hong Kong. Je n’arrive pas à imaginer pourquoi ?», a tweeté le chef d’Etat le 13 août. Une interrogation qui a provoqué une avalanche des réactions sur Twitter – particulièrement chez ceux qui se montrent favorables à une intervention de Washington au nom de la démocratie en Chine. «Les personnes qui luttent pour la liberté et la démocratie à Hong Kong et en Chine ont tellement besoin de votre aide», a par exemple répondu l’un d’entre eux au président américain.

Dialogue au point mort, manifestants toujours déterminés ?

Le 9 juillet, le projet de loi déclencheur des premières manifestations a été annoncé comme «mort» par le gouvernement hongkongais, qui a proposé, dans la foulée, de rencontrer les représentants du mouvement contestataire en public. Toutefois, cette esquisse de dialogue n’a pour l’heure pas permis d’endiguer la poursuite des manifestations. Celles-ci ont rapidement été marquées par des scènes de violences entre certains protestataires et les forces de l’ordre, les premiers mobilisant parfois des équipements et techniques impressionnants (lanceurs de grenade M320 selon LE média public chinois CCTV, lasersmultiples projectiles dont des briques), les seconds répliquant en usant notamment de gaz lacrymogènes et de tirs de balles en caoutchouc. Par ailleurs, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient certains protestataires qui prenaient à partie des journalistes ou encore des policiers.

Difficile de prédire de façon claire la tournure que prendront les événements. Pour autant, à la faveur de la confusion qui prédomine actuellement à Hong Kong, les traditionnels partisans d’une intervention américaine au nom de la démocratie considèrent d’ores et déjà que les conditions sont réunies pour un changement institutionnel. Si la configuration géopolitique actuelle rend inimaginable quelque opération militaire étrangère contre la Chine, certains éléments de la mobilisation rappellent en revanche le concept des Révolutions de couleur, décrites entre autres comme des soulèvements populaires soutenus par l’Occident.

Fabien Rives

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