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Puisque nous sommes en vacances, permettez-moi une confidence qui de surcroît est heureuse… épicurienne…

17 Juil

la pièce dans laquelle j’écris…

Au retour du festival d’Avignon et d’un séjour dans le comtat vénaissien, j’ai dû faire des courses parce que mercredi j’accueille d’autres amis chez moi… Sur le marché, un de ces marchés de provence aux couleurs et aux senteurs réjouissantes, il y avait un brocanteur qui estimait les objets et se proposait de le faire chez vous… Comme je l’interrogeais sur le prix possible de certains de mes objets familiers, il a insisté pour venir les voir chez moi.

Quelques heures après, il sonnait à ma porte et en entrant s’est exclamé: » je vois que j’ai affaire à quelqu’un qui aime l’art… » Et il s’est accroché à la lionne de bronze que j’ai sur la cheminée en me proposant 800 euros, puis 1000 et voyant que je refusais, il a énoncé moitié rieur, moitié sérieux, 2000 , 3000… j’ai ri à mon tour et je lui ai dit « Allez jusqu’à 10.000 ce sera en vain. Cette lionne est la manière dont mon père voyait ma mère, mon seul héritage… Je ne vendrai rien… Je n’ai pas besoin d’argent, ma pension de retraite me suffit pour une vie simple et modeste, je ne me prive de rien parce que je me contente de peu. J’ai la chance de me passionner encore pour le monde qui m’entoure et cela à un coût dérisoire…je vais recevoir des amis qui me sont chers, je consacrerai à leur accueil un petit budget mais qui me permettra de leur offrir le meilleur. Que ferais-je de plus avec vos 2000 euros, c’est trop ou trop peu pour l »ordinaire? Je sais que je n’ai aucun héritier qui appréciera ce que j’aime mais mes yeux s’en gorgeront jusqu’à mon dernier souffle. »

Tout à coup, j’étais confrontée au bilan heureux d’une vie, une sagesse épicurienne au sens où Marx comprend Epicure, se libérer des peurs nées de la supertition et faire du plaisir un principe de vie à la condition de ne pas se laisser engloutir par l’envie, le vide, une ascèse mais aussi un désir ouvert et toujours jeune du meilleur. je n’ai jamais envié les capitalistes en les combattant, pas plus que les repas ridicules des ministres, mais je voudrais simplement que chacun ait de quoi dire non au brocanteur à l’affut des souvenirs de famille…

Même le manque la plus terrible celui des êtres aimés qu’aucune éternité ne nous fera revoir s’est apaisé pourtant il a été biern douloureux tout au long de l’écriture de ces mémoires, j’ai été orphée allant chercher Eurydice aux enfers et la perdant une dernière fois pour avoir osé me retrourner sur leur absence définitive. Puis, il y eut ce constat : c’était déjà si beau ce que cette vie m’avait offert, l’amour et l’amitié comme une évidence du merveilleux et cette leçon de mes deux héros bien -aimés: inutile de te lamenter cherche la solution et elle est toujours dans l’oubli de soi-même et le sacrifice pour les autres. c’est là qu’est ta survie et ton épanouissement personnel. Il y eut cette lettre que vous lirez peut-être et qui dit l’amour et plus que ça…

cette vie m’a laissé seulement un goût de trop peu et je suis prête en assumer des tas d’autres sur le même mode… Cela aussi je le souhaite à chacun, avoir pris tant de plaisir à vivre qu’il en reste le souci de ne pas en perdre une minute… s’endormir comme le souhaitait Diderot, épuisé par une vie vécue pleinement… Mais que l’on se rassure ou on le déplore, ce sera dans une vingtaine d’années, je suis d’une race de centenaires et qui conservent leurs facultés… Alors sachez que je suis déjà au sortie de ses mémoires en train de me demander de quelle manière aborder la Chine, pour ce blog autant que pour mes lombaires défectueuses.

Ceux qui liront mes mémoires découvriront à quel point ce bilan heureux d’une vie a à voir avec le communisme tel que je l’entends, des luttes qui rendent la vie passionnante, vous intégrent à un collectif qui décuple vos joies et dans le même temps une sagesse née de la conscience de la matérialité, du refus des illusions, quand cela est au zénith on ne peut l’oublier, même dans les temps de la dissolution où tout à coup vous êtes envahis par ce que vous n’avez cessé de combattre au point de parfois le croire abattu et qui ressurgit odieux, destructeur au coeur même de vos espérances. …

Johnny Clegg est mort, le zoulou blanc lui aussi a eu une belle vie… Il suffit pour cela de refuser la vie que l’on tente de vous imposer comme un destin, de vous conformer à la haine et l’envie, le conformisme que l’on attend de vous… Ce n’est pas difficile…

Voilà je crois que ce bonheur là pour celui qui l’a vécu ne peut être oublié et une vieille dame en reste à jamais nourrie. Avouez que c’est un beau constat dans cet été dont on sait que les combats devront reprendre plus forts que jamais à la rentrée.

Bonnes vbacances…

Danielle Bleitrach

mon chat rêve de vastes horizons…

 
1 commentaire

Publié par le juillet 17, 2019 dans COMPTE-RENDU de LIVRE

 

Une réponse à “Puisque nous sommes en vacances, permettez-moi une confidence qui de surcroît est heureuse… épicurienne…

  1. Nicolas

    juillet 17, 2019 at 8:08

    Très bonnes vacances à vous aussi, j’aime bien votre philosophie de vie et votre bibliothèque, on dirait du feng shui.

     

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