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The financial Times (Londres) : la nouvelle guerre de cent ans

04 Juil

Tout est dit d’abord dans l’incipit, l’URSS manque au capital comme empire du mal, le terrorisme ce n’est pas ça… Heureusement maintenant il y a la chine, mais aussi dans la phrase « Par dessus tout il est illégitime de vouloir préserver la domination de 4% de l’Humanité (les USA) sur le reste du monde ». Comme quoi les capitalistes quand ils s’adressent aux leurs sont nettement plus clairs que quand ils tentent de nous enfumer, nous pauvres peuples imbéciles que l’on jette sur l’ennemi inventé de toute pièce. Ce texte est également intéressant parce qu’il reflète les vues d’une partie des membres de la City qui sont sans doute tentée par l’idée de faire un bout de chemin avec la Chine. cela dit la lucidité de ce type de commentateur a des limites, d’abord celle d’une profonde incompréhension d’un monde en développement autant qu’une vision idéaliste au sens philosophique du terme, ainsi quand l’auteur parle  des valeurs intangibles de liberté, de démocratie, de multilatéralisme et coopération mondiale, des « concepts » selon lui à l’origine du large soutien dont les Etats-Unis pouvaient se prévaloir dans le monde, il oublie tout simplement que la réalité s’est totalement inscrite en faux contre les dits concepts en particulier pour le Tiers-monde auquel la CHine appartient ce qui a toujours été selon moi la grande nouveauté de la situation actuelle . et que le fait ne se limite pas à Trump, mais est inscrite dans la domination elle-même à son stade impérialiste.  (note de Danielle Bleitrach)

La disparition de l’union soviétique a laissé un grand vide. La »guerre contre le terrorisme » n’a pas suffi à le combler. Mais la Chine est la candidate idéale. Elle peut être l’ennemi idéologique, militaire et économique dont beaucoup ont besoin aux Etats-Unis. Voilà enfin un adversaire valable. Telle est la principale conclusion que j’ai tiré de la dernière réunion du groupe Bildberg (un forum annuel d’une centaine de personnaélités politiques, médiatiques et des affaires). La concurrence de la Chine dans tous les secteurs est en train de dezvenir un principe organisateur de la politique économique, étrangère et sécuritaire des Etats-Unis.

Peu importe que ce soit ou non le principe organisateur de Donald Trump. Le président américain est instinctivement nationaliste et protectionniste. Le cadre et les détails sont fournis par d’autres. L’objectif est la domination américaine. Les moyens pour l’atteindre: soit contrôler la Chine, soit rompre avec elle. Tous ceux qui croient qu’un ordre multilatéral fondé sur des règles communes, qu’une économie mondialisée ou mêmes des relationsinternationales harmonieuses vont survivre à ce conflit se trompent.

Le stupéfiant livre blanc sur la guerre commerciale, publié le 2 juin par la Chine, en est la preuve. Le fait est que, sur beaucoup de points, les positions chinoises sont justes. La manière dont les Etats-Unis se focalisent sur les équilibres bilatéraux témoigne d’une ignorance totale de l’économie. L’idée que les vols de propriété intellectuelle ont causé d’énormes préjudices aux Etats-Unis est discutable. Affirmer que la Chine a violé de manière flagrante les engagements pris dans le cadre de l’accord d’accession à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est très exagéré.

Accuser la Chine de frauder est hypocrite quand presque toutes les mesures commerciales proses par le gouvernement TRump sont contraires aux règles de l’OMC- ce qu’il reconnaît d’ailleurs implicitement à travers sa déterminatuion à démanteler l’organe de réglement des différends. La position de négociation des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine est que « la force prime le droit ». Elle est particulièrement manifeste dans leur insistance pour que les Chinois acceptent que le rôle de juge, juré et bourreau revienne aux Etats-Unis dans l’accord|dans un projet de texte-cadre, Washington se réservait le droit de réimposer des droits de douane s’il jugeait que la Chine manquait à ses engagements].

Une querelle sur les conditions d’ouverture du marché ou sur la protection de la propriété intellectuelle pourrait être apaisée par des négociations approfondies. Un tel réglement pourrait même bénéficier à la Chine, car il allégerait le contrôle de l’Etat et encouragerait une réforme en direction de l’économie de marché. Pourtant les différends sont désormais trop vifs pour être réglés de la sorte. Cela tient en partie à la rupture abrupte des négociations. Mais c’est dû plus encore à l’évolution des débats aux Etats-Unis, où l’on se deamnde de plus en plus si des liens étroits avec l’économie chinoise, dominée par l’Etat, sont vraiment souhaitables. Les craintes suscitées par [le groupe de télécommunications chinois] Huawei concernent essentiellement la sécurité nationale et l’indépendance technologique. Le commerce libéral est de plus en plus perçu comme un « commerce avec l’ennemi ».

Les relations avec la Chine sont de plus en plus définies comme un conflit à somme nulle. Les récents commentaires  de Kiron Skinner, directrice du pôle de réflexion stratégique au département d’Etat (un poste précédemment occupé par le stratège de la guerre froide Georges Kennan), sant révélateurs. La rivalité avec Pékin, a-t-elle indiqué lors d’un forum, est « une lutte avec une civilisation et une idéologie très différentes, et les Etats-Unis n’ont jamais connu jusqu’ici« . Et d’ajouter que c’est « la première fois que [ les Etats-Unis] seraient confrontés à une grande puissance concurrente non caucasienne[c’est-à-dire non blanche]« .La guerre avec le Japon est oubliée. Mais le point important est que Kiron Skinner parle de la lutte en cours comme d’une guerre civilisationnelle et raciale, et donc un conflit insoluble. Ces parole ne sont pas fortuites. Et elle occupe toujours son poste.

D’autres présentent le conflit comme une lutte idéologique ou de pouvoir. Ceux qui l’expliquent par le premier facteur mettent en avant les dicours marxistes du président Xi Jinping et le rôle accru du parti communiste. Ceux qui privilégient le second insistent sur la montée en puissance de la Chine. Les deux optiques suggèrent que le conflit va s’éterniser.

Cette lutte est le fait géopolitique le plus important de notre époque. Notamment parce qu’elle est va contraindre les autres pays à prendre parti ou à défendre bec et ongles leur neutralité. Elle est également dangereuse. Elle risque de transformer une relation délicate mais gérable en un conflit global, sans raison valable.

Domination. La Chine ne représente pas la même menace pour la démocratie libérale que l’Union soviétique en son temps. Les démagogues de droite sont beaucoup plus dangereux. Toute tentative pour stopper la Chine dans son essor économique et technologique est pratiquement voué à l’échec. Plus grave encore, elle instillera une profonde hiostilité chez les Chinois. A long terme, les revendications d’une population de plus en plus riche et instruite pour prendre le contrôle de sa propre vie peuvent porter leurs fruits. Mais ce sera beaucoup plus difficile si la progression naturelle de la Chine est menacée. Les soi- disants vols de prrpriété intellectuelle traduisent les efforts inévitables d’une économie montante pour maîtriser les technologies actuelles. Par-dessus tout, il est illégitime de vouloir préserver la domination de 4% de l’humanité sur le reste du monde.

Non pas qu’il faille accepter tout ce qui se fait ou dit la Chine. Au contraire, le meilleur moyen pour l’Occident de traiter avec ce pays est d’insister sur les valeurs intangibles de liberté, démocratie, multilatéralisme et occopération mondiale. Ces concepts sont à l’origine du large soutien dont les Etats-Unis pouvaient auparavent se prévaloir dans le monde. Ils continuent à fasciner beaucoup de Chinois aujourd’hui. Il est tout à fait possible de de rester fidèle à ces principes, voire de les défendre avec encore bien plus de conviction, tout en coopérant avec une Chine  en plein essor sur des sujets essentiels comme la protection de l’environnement, le commerce ou la paix.

la bonne démarche est d’aller en compétition et coopération. Pour gérer la montée en puissance chinoise, il faut coopérer étroitement avec les alliés partageant les mêmes valeursque nous et traiter la Chine avec respect. Le drame, aujourd’hui, est que le gouvernement américain s’est engagé dans un conflit avec une grande puissance, tout en attaquant ses alliés et en démantelant les institutions de l’ordre américain d’après-guerre. le conflit contre la Chine est la mauvaise guerre, livrée de la mauvaise manière et sur le mauvais terrain. C’est malheureusement celle que nous sommes en train de vivre.

Martin Wolf.Publié le 4 juin 2019

 

 

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1 commentaire

Publié par le juillet 4, 2019 dans Chine, Etats-Unis, INTERNATIONAL

 

Une réponse à “The financial Times (Londres) : la nouvelle guerre de cent ans

  1. sylvain du villard

    juillet 4, 2019 at 5:24

    bien vu!

     

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