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Comment je vois les perspectives politiques immédiates et à plus long terme

27 Juin

Je vais tenter de vous dire avec simplicité quels seraient mes priorités dans la situation actuelle: si j’intervenais dans les débats de ma section en espérant que ma parole soit prise en compte, ce que la conférence de section du congrès m’a démontré être parfaitement illusoire mais j’ai de la patience et j’attendrais que les conditions d’une vie démocratique existent. Pour moi il ne saurait y avoir de perspective de transformation sans l’existence d’un parti communiste en capacité de développer l’initiative populaire, c’est le sens de toutes mes préoccupations parce qu’il ya urgence.

A- Les élections municipales devant nous

– ne pas limiter la question des municipales à des déclarations générales sur la « nécessité  » de l’Union de la gauche, ces proclamations sont totalement contreproductives,il y a le dire et il y a le faire. Il y a des enjeux plus essentiels, d’abord d’effectivement construire une participation des citoyens aux décisions au plus près des problèmes, d’avoir un programme qui corresponde à cette capacité d’initiative citoyenne y compris sur la possibilité de nouveaux modes de vie, comme le choix des ressources locales en matière d’approvisionnement mais aussi d’intervention sur des questions d’intérêt national en terme de mobilisation, l’exemple type étant le rôle du rail et des diverses privatisations, la défense de la santé et de l’éducation en terme de services publics.
De ce point de vue, le rassemblement a un sens plus encore que les étiquettes politiques,je pense que dans le parti, un large consensus existe là dessus et  donc que tout le monde est d’accord pour dire que la priorité est le programme et il faut avancer en ce sens en tenant compte des terrains.

– Néanmoins, il s’agit d’éléctions politiques et les étiquettes à commencer par celles du PCF comptent parce qu’elle est  la garantie de l’application ou non du programme et elles permettent de remettre en cause au plus près des citoyens les carcans que la constitution de la Vème, les diktats de l’UE autant que la politique du capital imposent.
De ce point de vue, les élections municipales devraient empêcher le couple infernal de la République en marche et du Rassemblement national de s’implanter à la base. PLutôt que parler d’union de la gauche, d’union des partis au sommet, voir partout comment on peut empêcher cette double implantation qui nous enfermera toujours plus dans une absence d’alternative, un discours sur l’union de la gauche risque de les renforcer.-

– Comment pleinement jouer notre rôle de communistes: Pour nous communistes l’essentiel n’est pas d’avoir un strapontin où nous serions ligotés par l’appartenance à une majorité qui ne respecte pas ses engagements et d’être dénué de pouvoir mais d’obtenir des points d’appui, des mairiesne pas oublier à ce propos que désormais la classe ouvrière et les couches populaires ne sont pas seulement dans les grandes cités à la périphérie de l’Urbain mais aussi dans les territoires dits rutraux. Dans les grandes villes des mairies de secteur sur lesquelles nous pourrions effectivement donner la pleine mesure de notre investissement avec la garantie de voir le programme appliqué. Par exemple sur Marseille, ma priorité serait que s’il existe une liste correspondant à gauche à tout ce que je viens d’énumérer nous priviligions l’exigence d’une mairie de secteur, c’est le même cas à Paris et dans d’autres grandes villes. Nous ne devons pas souestimer ce que nous représentons et si nous n’obtenons pas ce qui est nécessaire pour que nous soyons des otages de ce que nous désapprouvons avoir le courage comme nous l’avons eu aux européennes de construire des listes qui correspondront à ce que nous estimons utile et nécessaire pour la classe ouvrière, les couches populaires et le monde salarié, une démarche de progrès social et pas d’alignement.

La meilleure solution est donc de construire dès aujourd’hui de telles listes et que l’on sache de plus en plus que comme à la Libération, les communistes ne participent pas à des fronts , à des gouvernements ppour avoir des places mais pour réaliser et ils enveulent les moyens, les engagements, si les conditions sont réunis ils se vbattront avec la loyauté qui est la leur mais d’abord à leurs mandants.

Y compris dans ce combat des municipales, qui n’est pas le plus favorable pour avancer dans notre reconquête de l’autonomie de notre parti et ce que nous avons commencé aux Européennes grâce à la très belle campagne de Iann Brossat, ne serait-ce que parce que dans une élection de ce type on ne refait pas le terrain mais on l’utilise tel qu’il est et qu’effectivement le fait de devoir empêcher l’implantation du couple infernal Le pen-Macron nous conduit à des compromis. Mais il faut aussi et ce que j’observe montre que c’est effectivement ce qui se met en place dans bien des lieux que le parti ne renonce pas à cette parole singulière du PCF, de ce point de vue on avance, il faut pousser plus loin.

B- Construire l’autonomie du PCF pendant et en dehors des élections

– Pour cela il faut que la direction nationale de notre parti sache se dégager du terrain des élections immédiates pour défendre l’originalité de sa politique et de sa propre reconstruction organisationnelle. Il ne doit pas y avoir un conseil national qui ne pose pas l’état du parti en priorité. En insistant sur le fait que notre parti n’est pas un parti comme les autres, ne peut pas l’être parce qu’il doit tout faire – a contrario des autres- pour favoriser l’intervention populaire, de la rendre toujours plus consciente et plus efficace. C’est pourquoi il est et demeure un parti de militants formés, organisés pas des simples courroies de transmission de la parole du chef, un parti de reflexion et d’action.

Mais ce n’est pas seulement l’organisation, la formation des militants qu’il faille reconstruire mais bien ce qui fonde son existence, ses buts, ses moyens, sa stratégie. A ce titre j’apprécierai particulièrement que nous marquions notre originalité nationale en intervenant à travers notre secrétaire en particulier sur plusieurs grandes questions:

1)internationales sous l’angle de la paix en particulier, mais aussi de combats avec les partis frères contre les répressions anti-communistes en particulier en Europe, de ce point de vue il y a un très grand déficit. Dénoncer l’anticommunisme mais aussi soutenir ceux qui se battent pour nous informer, mener une lutte anti-impérialiste sans leur demander leur carte. Le rôle du parti c’est de  lutter contre le négationnisme, la monstrueuses équivalence entre socialisme et nazisme, la négation en général de l’apport du socialisme. Il est incroyable alors que se met en place un afrontement entre les Etats-Unis et la Chine, qui va bien au-delà de ce face à à face puisque c’est la fin du système issu de la seconde guerre mondiale qui est en train d’être remis en cause avec de nouveaux rapports sud-sud, l’Eurasie et les dangers de guerre, nous ayons encore des camarades qui se contentent de dénoncer le capitalisme en Chine sans mesurer ce fait : Le socialisme dans une société assez développée trés avancée technologiquement qui forme chaque année 60 000 ingénieurs où la population a cru de 500 millions (1949) à 1350 millions (2019) qui mangent à leur faim , où la population urbaine est majoritaire où le sol est propriété de l’Etat où il est nécesaire voire, indispensable de planifier pour gouverner un territoire de 8 millions de km2 comme les USA mais 4 fois plus peuplé…. et qui est contraint de prendre en considération, sauf à être gouverné par des irresponsables le fait que les Etats-Unis l’ont déclaré adversaire stratégique et agissent en conséquence. Allons nous sur cette question comme toutes les autres suivre des gens qui sont d’autant plus idéalistes face aux communistes et peuple, individus qui résistent qu’ils se coulent dans la politique de l’impérialisme et du capital.

2) sur le climat et l’écologie, montrer que l’urgence de cette bataille pour la planète passe aussi par une autre conception de la justice sociale, que l’écologie non pas « punitive » en général mais injuste et inefficace dont les mesures tendent toujours à déboucher sur des taxes supplémentaires pour la grande masse alors qu’elles générent des superprofits pour les autres sans que ces mesures apportent la moindre solution au contraire.Il est clair que Macron est en train de jouer la crise climatique en détruisant toujours plus nos services publics et en ménageant pour ces bailleurs de fond capitalistes des niches à profit juteux. Quelques questions de fond devraient être posées: sur le rôle du nucléaire mais surtout sur les transports qui sont le secteur le plus polluant et qui n’est pas conçu, c’est le moins que l’on puisse dire, pour favoriser l’approvisionnement local. Si la question écologique n'(appartient à aucun parti, seuls les communistes peuvent mener de telles campagnes à partir de la paix et de la justice sociale  ce qui dépasse  de loin la question de l’union de la gauche et des appareils. De ce point de vue il y a, à l’inverse de l’international, de grandes avancées et des propositions concrètes comme celle de nos députés, proposée par ANdré Chassaigne sur la gratuité des transports urbains, ou la récente bataille des cheminots pour le maintien de petites lignes et de dessertes. Il est à craindre que l’écologie politique qui se veut ni à droite, ni à gauche, soit un des moyens politicien  pour ne rien changer et contribuer à faire peser le réchauffement climatique due au mode de production capitaliste une fois de plus sur les mêmes. Il est clair qu’aux dernières élections son influence a été favorisée pour ne pas remettre en cause les équilibre européens en faveur du libéralisme, mais là aussi il faut voir ce qu’il en est au niveau local.

3)Il faut nous préoccuper de la carence essentielle dont ont témoigné nos résultats aux Européennes, notre rupture avec la classe ouvrière et les couches populaires dont certaines se sont réfugiées dans le vote d’extrême-droite mais dont l’essentiel s’abstient. Là encore depuis le dernier congrès il y a un bougé important et la volonté de s’attaquer à cette question. Le moins que l’on puisse dire c’est que n’est pas avec un discours sur la nécessité de l’union de la gauche que l’on affronte ce problème crucial.

Nous avions jadis une stratégie celle de concevoir notre propre rôle de parti se donnant pour but le socialisme, le passage de l’individualisme mortifère, de la concurrence, de la marchandisation des êtres humains, de la guerre de tous contre tous à la coopération, à la solidarité par une articulation de luttes et d ‘élections.

On ne peut pas plus négliger le débat d’idées qui préfigure un monde nouveau que les réalisations matérielles concrètes, les points d’appui sans lesquels les discours sur le communisme et l’émancipation humaine restent des songes creux. La reconquête dans les entreprises, sur les lieux de travail va nous confronter à nos abandons et à la manière dont nous pouvons reprendre pied, il faudra bien repenser la question des nationalisations et celles des services publics, comme celle de nouvelles formations, filières et rôle des travailleurs. Nous ne manquons pas d’atouts et de volontés dans ce domaines.

Voici ce que j’aurais à dire en tant que militante du PCF si ma parole avait la moindre chance d’être prise en compte.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le juin 27, 2019 dans actualités, POLITIQUE

 

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