Source : La Voix du Nord, H. D., 11-06-2019

En 2014, Murtaja Qureiris, a été arrêté en Arabie saoudite pour avoir participé à une manifestation lorsqu’il n’avait que dix ans. Depuis, il est incarcéré. En août dernier, il a été condamné à mort. Désormais majeur, cette sentence risque d’être mise en application alerte Amnesty International.

Murtaja Qureiris a participé plusieurs fois à des marches de protestation et a été mis en détention alors qu’il était âgé de 13 ans. Capture Twitter document CNN

Le plus jeune prisonnier politique d’Arabie saoudite, Murtaja Qureiris, risque de voir la sentence à laquelle il a été condamné en août dernier être exécutée : la peine de mort. Il avait été arrêté en 2014 par la police des frontières, il était âgé de 13 ans. Depuis vendredi, Murtaja Qureiris est majeur et la sentence risque d’être appliquée alerte Amnesty International.

Accusé à tort selon CNN

Le jeune homme est accusé par le régime d’être un opposant membre d’une organisation terroriste. En 2011, alors qu’il était âgé de 10 ans, il se trouvait au premier rang d’un cortège bien original dans la province orientale de l’Arabie saoudite avec une trentaine d’enfants, comme en attestent les images retrouvées par CNN. Dans le mégaphone, l’enfant, fils d’un défenseur des droits chiites, s’exclame ensuite : « Le peuple exige des droits humains ». Des droits pour le peuple chiite dont il fait partie dans cette Arabie saoudite sunnite.

À 13 ans, Murtaja Qureiris assiste aux funérailles de son frère Ali Qureiris, tué en 2011 dans une manifestation au cours de laquelle des cocktails Molotov avaient été lancés sur un poste de police. Selon CNNl’enfant est accusé à tort d’avoir confectionné les cocktails Molotov et d’avoir tiré sur les forces de l’ordre. On lui reproche également de s’être rendu à l’enterrement de son frère.

En 2014, la famille est arrêtée par la police des frontières alors qu’elle se rend au Bahreïn. L’enfant de 13 ans a ensuite été placé à l’isolement pendant un mois dans un centre de détention pour mineurs dans la ville de Dammam, selon Amnesty International. Au total, il y aurait passé 15 mois pendant ces quatre années de détention rapporte CNN pendant lesquels il n’a pas pu voir un avocat. Alors que la peine de mort a été requise en août, Murtaja Qureiris attend la suite de son procès, assure Amnesty, qui souhaite faire réagir l’opinion pour lui éviter la peine capitale.

Source : La Voix du Nord, H. D., 11-06-2019