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Douleur et gloire.

19 Mai

 

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à 10 h 25, ce matin je suis allé dans le quartier voir ce film d’Almodovar avec Antonio Banderas.

Un jour à propos d’un film que Cronenberg avait fait sur Freud, Jung et la psychanalyste Epstein, un prof de cinéma s’était lancé dans une interprétation sur la question du double au cinéma… Je lui avais dit que d’après moi Cronenberg posait aussi la question de savoir si l’on peut être psychanalyste en étant non juif comme Jung. Freud déchiré était obligé de répondre par la négative. Le prof de cinéma m’avait alors rétorqué : « est-ce que l’on peut être cinéaste sans être juif? »

S’il a vu le dernier film de Pedro Almodovar où se joue sans cesse la question du transfert entre le metteur en scène et l’acteur, il doit pouvoir répondre qu’un goy issu du franquisme et formaté par l’église sainte et apostolique est lui aussi désormais nanti d’une mère juive et se vautre dans la dépression de l’homme et son double.

La fête de l’après franquisme, celle dans laquelle l’Espagne a voulu tout oublier pour jouir de la liberté recouvrée s’est terminée par une gueule de bois et la mémoire revient de ce que l’on cru pouvoir ignorer.

Peut-être est-ce à cause de cela que c’est le premier film de Pedro Almodovar auquel j’adhère réellement ou alors est-ce une question d’âge et d’état des lombaires ? le fait de reconnaitre que la fête est finie et que l’on est prisonnier d’un corps sans pathos excessif, avec une manière d’austérité… Ce qu’il faut de sanglot pour la moindre chanson… Les yeux qui se ferment pour cause de migraine et de l’épuisement à se laisser éblouir par des flashs, les fragments de vie qui remontent en vous. Qu’est-ce que l’amour, un éblouissement, un don perpétuel, une addiction…

Bref c’est un beau film… qui est comme l’appartement du metteur en scène plein de tableaux qui sont les seuls avec lesquels il puisse échanger et qui se met à nu avec dignité dans un acteur qui accepte de parler pour le metteur en scène de l’essentiel, de le lui restituer en se lavant de tout ce qu’il sait, de tout ce qu’il a lui-même vécu pour être la page blanche sur laquelle Almodovar tente de se retrouver, de ré-apprendre à écrire comme le maçon analphabète dont il retrouve comme chez Edgard Poe le dessin, le message enfin parvenu à son destinataire.

Danielle Bleitrach

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1 commentaire

Publié par le mai 19, 2019 dans CINEMA

 

Une réponse à “Douleur et gloire.

  1. Nena

    mai 24, 2019 at 8:01

    quelconque « grain à moudre« .

     

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