UKRAINE, à la veille du 2nd tour de la présidentielle : « Un choix sans choix » selon Petro Symonenko (Parti communiste d’Ukraine)

Petro Symonenko est secrétaire général du Parti communiste d’Ukraine. Source : Bureau de presse du PCU, 19 avril 2019. Traduction de la déclaration par EN pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».

L’actuelle campagne présidentielle avait à l’origine comme objectif de maintenir au pouvoir le régime de marionnettes, oligarques, néonazis et criminels, mis en place après le coup d’Etat armé de 2014. Les soi-disant « nouvelles têtes », qui ont émergé parmi la liste des candidats, ne sont que les nouveaux masques des mêmes oligarques.

Dans un contexte d’explosion des inégalités de richesses, d’un fossé encore grandissant entre une poignée de richards et des millions de gens ordinaires qui peinent à joindre les deux bouts, cette campagne électorale a creusé la division du pays sous tous ses aspects : politique, historique, linguistique, des deux côtés d’une ligne est-ouest, à quoi s’ajoute une division spirituelle, avec la scission de l’église orthodoxe.

Ces réalités sont telles aujourd’hui que, quel que soit celui des deux candidats restants qui siègera à la présidence, aucun des problèmes clés qui touchent les gens ordinaires ne sera résolu. C’est bien pour cela que le candidat du Parti communiste, en violation de la Constitution et en vertu de la loi discriminatoire de « décommunisation », s’est vu interdire de se présenter à l’élection. Dans le même temps, les candidatures des forces néonazies et néofascistes ont été enregistrées sans aucun problème par la commission électorale.

A chaque élection, les partis de l’oligarchie et leurs candidats jouent sur les justes exigences et les attentes populaires. Ils arborent des slogans communistes : la sécurité de l’emploi et des hausses de salaires, une médecine de qualité et une éducation accessibles, des prix et tarifs publics justes, l’égalité entre les langues maternelles, le refus des discriminations ethniques, confessionnelles et idéologiques. Mais, comme l’expérience l’a montré, immédiatement après le vote, ils oublient tout cela.

On assiste à la même chose aujourd’hui. Si on analyse objectivement les discours électoralistes des candidats, avant le premier tour, comme avant le second, il devient évident que :

– La guerre civile dans le Donbass ne sera pas arrêtée;

– Les réformes de voleurs, suicidaires pour le pays, qui suivent directement les prescriptions du FMI et du département d’Etat américain, vont être poursuivies, dans l’intérêt des multinationales, aux dépens de la santé, des retraites, de l’éducation, de la collectivité, etc.

– La politique russophobe ne va pas être atténuée, bien que, selon les derniers sondages, plus de 57% des Ukrainiens aient une bonne ou une très bonne opinion de la Russie et 77% des Russes. Elle devrait juste être un peu voilée.

– De même, sur les plans politique et économique, aucun progrès vers la restauration de relations de bon voisinage avec la Russie n’est à attendre.

– Au vu des dernières déclarations de Zélensky, considérant Bandera comme un héros qui se serait battu pour l’indépendance du pays [Stepan Bandera, 1909-1959, politicien nationaliste, collaborateur des nazis] et, également, de l’oligarque qui se trouve directement derrière lui, le processus de fascisation de la société ne va pas s’arrêter et la glorification des criminels et des collaborateurs hitlériens va continuer.

En outre, nous devons voir que les deux candidats ont reçu chacun l’adoubement des États-Unis pour gouverner. Ainsi, quel que soit le vainqueur, l’Ukraine est vouée à être une néo-colonie et une « tête de pont brûlante » aux frontières non seulement de la Russie, mais aussi de l’UE, et ses citoyens à être de la «chair à canon» dans la lutte des États-Unis pour la domination mondiale.

En octobre, les prochaines élections à la Rada suprême peuvent arrêter cette oligarchie de gangsters sans foi ni loi et aux marionnettistes à l’étranger. Communistes, nous ferons tous les efforts pour cela.