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Une journée où la souveraineté populaire n’a cessé d’être en question

04 Déc

Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes à la télévision"

Au titre de ce qu’est la souveraineté populaire, il y a des gestes qui disent son exercice dans un monde qui ne change pas assez vite à mon grè. Le geste c’est celui de ces dockers de la CGT qui étaient réunis avec le prefet des Bouches du Rhône et qui apprennant que les lycéens de Montgrand (un lycée proche de la préfecture) venaient de subir des gaz lacrymogène ont quitté la réunion. « On ne peut pas négocier quand on gaze nos enfants » ont-ils déclaré.

Comme je les comprends. A un moment où il faut savoir refuser ce qui n’est plus un dialogue. L’impossibilité d’un tel dialogue, le refus de le pratiquer dans des conditions égalitaires nous est infligé avec une arrogance qui ne désarme pas.

Hier chaque fois que j’ouvrais la télé pour consulter les chaînes dites « d’information » il y avait des débats en présence d’un gilet jaune. Avec un unique propos : démontrer que la France était à feu et à sang comme le quartier de l’étoile, nos monuments détruits et l’économie mise en péril par des vandales.Ce à quoi il était tenté de résumer le mouvement des gilets jaunes.

Jamais question de la violence subie par ces gens là, le fait que la seule morte du premier décembre était une octogénaire marseillaise victime collatérale d’une charge policière avec envoi de projectil.Ce meurtre dans le contexte marseillais d’un assassinat pour cause d’habitat insalubre de dix pauvres gens étouffés sous les gravats sans aucune inculpation, expliqué peut-être le réflexe des dockers marseillais, les conditions du dialogue ne sont pas réalisées.

Ce que l’on peut également comprendre c’est le refus de la masse des gilets jaunes de s’estimer représenté, le besoin de laisser la parole s’épanouir entre soi. Je n’ai pas eu le courage de suivre les « débats à l’Assemblée nationale après deux ou trois interventions sur la dénonciation du « vandalisme »… Sans le moindre mot pour la souffrance qui avait poussé ces gens à protester, à occuper les places et les rues… mais de temps en temps je me laissais prendre sur les chaînes à l’un d’entre eux où un gilet jaune etait mis sur le gril par un aéropage de clients habituels de la chaîne, députés de droite et de LERM, journalistes, éditorialistes plutôt, mes contemporains, on ressort Serge July et quelques autres anciens gauchistes de mai 68, passé du col mao au rotary depuis des lustres.

Mais le plus odieux était sans contexte les pécores de LREM qui parlaient à toute vitesse, ne laissaient pas d’espace à leur interlocuteur. Quand celui-ci comme le représentant de Montreuil arrivait déjà à sortir du cercle infernal des mondanités narcissiques des représentants de la presse et de cette bavarde créature, il fallait vite l’interrompre. Il fallait reconstruire le terrain habituel sur lequel se déploie la « communication » du pouvoir, refuser le mal vivre, la situation des hôpitaux, les maternités que l’on ferme pour laisser la pécore affirmer que l’un des députés en charge du dossier de la LERM était justement urgentiste alors il savait mieux ce qui se passait que le gilet jaune. Et les narcissiques autour d’elle, à savoir un député, J.F.Kahn, entre pieds dans le plat et caprice, se rengorgeaient pour expliquer qu’effectivement il se disait des choses fausses, que notre pays avait un système de santé que tout le monde lui enviait (pour combien de temps?) Bref que tout ce que réalisait le pouvoir souffrait d’un déficit d’information et que les gilets jaunes n’étaient que de stupides victimes des réseaux sociaux et de leur fake news.

Toute parole qui passe par ce filtre là, par ce micro climat des idées reçues de l’élite du capital est une parole confisquée et le gilet jaune de base la considère non sans raison comme une trahison.

C’était fantastique d’arrogance, nous sommes en état de quasi insurrection, des hommes et des femmes qui pour la plupart n’ont jamais  manifesté se regroupent pour parler, l’extrême droite croit y trouver aliment, mais leurs revandications tournent souvent au communisme basique… Alors il faut faire peur aux petits bourgeois, les voitures qui brulent ça a beaucoup servi en mai 68. La grande peur des « partageux » et de la violence… Celle subie par eux doit être une fois de plus ignorée…

Comme doivent être ignorées les manifestations de la CGT, c’est si énorme que cela devient risible, on passe en boucle les échaffourées de la place de l’étoile et pas la moindre image sur les cortèges pacifiques et nombreux de la CGT. Il est vrai que quand on saisit le parallélisme des discours de la CGT, les interventions des députés et dirigeants du PCF et les discours des gilets jaunes ont ne peut qu’être frappé par les convergence, l’identité même. C’est cela qui ne doit surtout pas apparaître, justement que cette parole est souveraine parce qu’elle renvoie à un majorité du peuple.

La parole des gilets jaune et celle de classe des syndicalistes, des communistes a d’intestables ressemblances, le brouillage est donc indispensable… Faire taire…

Oui il y a  donc dans cette parole, le caractère incontournable des revendications et pourtant un au-delà des revendications, iune exigence démocratique, ne plus subir les diktats de gens trop éloignés des préoccupations populaires et en revanche très proches (comme cela se voit sur les plateaux de télévision) des intérêts financiers, c’est-à-dire dans le fond la revendication de la souveraineté populaire avec son droit à la destitution des élus, et àl’insurrection (comme dans la constitution de l’an II). Cette souveraineté populaire se dégageait de l’abstraction de la souveraineté nationale. Mais comme me le faisait remarquer un ami hier, ce qu’a démontré l’exemple de la Grèce c’est que sans souveraineté nationale, il n’y a pas de souveraineté populaire. Ils ont voté contre le mémorandum de l’Europe et Tsipras l’a appliqué.

Ce qui avec l’expérience commence à apparaître c’est donc la manière dont la souveraineté populaire, celle qui s’exprime ou tente de s’exprimer dans ce mouvement a aujourd’hui besoin de la rencontre avec les organisations de classe, parti, syndicats aptes à traduire la volonté majoritaire du monde du travail, mais aussi d’un cadre national dans laquelle cette souveraineté majoritaire ne soit pas confisquée. La France c’est une histoire, un vieux fond égalitaire qui est différent de celui des pays baltes, et même de l’Italie… La charge révolutionnaire de notre hymne national par exemple;..A cause de cette double exigence, du mépris des « élites » ou présentées comme telles, on les pousse dans le giron de Marine Le pen et celle-ci s’évertue…

Cela dit comme tous ces gens là à la base font très vite leur expérience, il ne leur restera plus qu’à créer des soviets pour exprimer cette souveraineté populaire dont on les dépossède… Et on peut toujours espérer que Fabien Roussel, aux côtés de Martinez, et de Iann Brossat proclameront « la catastrophe imminente et les moyens de la conjurer » en revendiquant « le pouvoir aux soviets » pour la paix, le pain et des services publics et des salaires décents. Nous n’en sommes pas là, mais on peut rêver en se disant que visiblement il y a eu une sorte d’accélération…

Danielle Bleitrach

L’image contient peut-être : 3 personnes, personnes souriantes, personnes debout et plein air

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Une réponse à “Une journée où la souveraineté populaire n’a cessé d’être en question

  1. RV

    décembre 4, 2018 at 5:47

    Bonjour
    je voudrai bien savoir si des GJ visitent cette page.
    Je vous invite à visionner cette vidéo réalisée par l’un d’entre eux, un de leur « {porte-parole autorisé} » à ce que j’en crois.

     

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