RSS

Résultats définitifs et premières analyses

12 Oct

par  pampopularité : 4%

Les résultats définitifs de la consultation des communistes pour le choix de la base commune ont été publiés dans Communistes du 10 octobre. Ils sont légèrement différents des résultats publiés le 6 octobre [1] :

Consultation Résultat % Évolution 37ème
Inscrits 49467 -6,3%
Votants 30999 62,66% +0,6%
Blancs et nuls 661 2,13% (3,18%)
Exprimés 30338 97,87% +3,9%
Texte 1 : Conseil national 11472 37,81% -12,8 points
Texte 2 : Printemps 3610 11,90% -12 points
Texte 3 : Manifeste 12749 42,02% le texte « Unir » faisait 12,95%
Texte 4 : Classe 2507 8,26% +1,3 point

Nos premiers commentaires sont confirmés, la direction nationale n’a pu unir les communistes autour du texte voté par le conseil national. En 2016, le texte proposé par le conseil national était en tête dans 80 fédérations, majoritaire dans 59, en tête dans 8 des 10 plus grosses fédérations représentant plus du tiers du parti. Il ne l’est plus en 2018 que dans 50 fédérations et seulement 4 des 10 plus grandes. Il n’est majoritaire que dans 28 fédérations.

Le choix des communistes est clair, il faut un congrès extraordinaire pour une nouvelle orientation !

Résultats définitifs par fédération

Les premiers constats :

les communistes se mobilisent pour tirer les leçons de leur affaiblissement…

En mettant le « Manifeste » en tête, les communistes ont confirmés qu’ils veulent un vrai bilan stratégique des dernières années pour comprendre ce que tous constatent, un affaiblissement continu, une perte de lisibilité, y compris pour beaucoup de communistes. La baisse du nombre de cotisants (-6,3%) fait partie de ce bilan nécessaire, une baisse plus forte hors région parisienne (-7,1%) qu’en région parisienne (-2,8%), avec une grande diversité de situation, de -47% dans la Somme à +52% en Vendée, avec de grandes fédérations comme le Nord [2], Paris ou l’Hérault en nette baisse, et d’autres comme la Seine-Maritime ou l’Essonne en nette hausse. Il y a certainement des dimensions sociologiques et territoriales à cette évolution, mais aussi des dimensions politiques dans la mobilisation des communistes sur la bataille des cotisations.

Mais les communistes se sont mobilisés un peu plus fortement que pour le 37ème congrès, 1000 communistes votants de plus, +6%, marquant leur volonté de relever le défi de l’existence du PCF. Cette mobilisation est elle aussi assez hétérogène, de -43% dans la Somme à +51% dans le Loir-et-Cher, avec de nettes baisses dans de grands fédérations comme la Dordogne, Paris ou l’Hérault et de fortes hausses en Seine-Maritime, Essonne, Nord et Pas-de-calais.

La carte des cotisants et votants par fédération illustre cette hétérogénéité de la mobilisation des communistes. Le fonds de carte colore les départements selon le nombre de cotisants, plus le bleu est foncé, plus les militants sont nombreux. L’évolution du nombre de cotisants est illustrée par un triangle dont la taille est proportionnelle et dont la couleur indique s’il s’agit d’une baisse (en rouge) ou d’une hausse (en vert). Enfin, le nombre de votants est représenté par un cercle orange dont la taille est proportionnelle aux votants. Il n’apparait pas de lien entre évolution des cotisants et votants, une part importante de la mobilisation semble donc relever de l’organisation de la fédération et de sa mobilisation.

La direction du PCF ne rassemble plus les communistes.

Dans cette tendance générale, la direction rassemble de moins en moins les militants, et elle est désormais nettement minoritaire. C’est ce que montre l’évolution des votes depuis 15 ans, que ce soit pour les congrès ou pour le choix d’un candidat aux élections présidentielles (consultation qui mobilise nettement plus que celles des congrès). Si l’écart au profit de la direction entre région parisienne et les autres départements se maintient, la région parisienne ne compense plus le point de vue critique des communistes, alors même qu’elle perd proportionnellement moins de cotisants.

Cette lecture en tendance est nécessaire pour interpréter le résultat lui-même. Certains veulent montrer des communistes divisé, et le résultat est bien évidemment marqué par une hésitation. Comment exprimer ses inquiétudes, le besoin de décisions nouvelles, sans jeter le bébé avec l’eau du bain ? sans mettre en cause le parti lui-même ? Les communistes ont souvent pesé longuement leur vote, et beaucoup de votes pour le texte du conseil national contiennent aussi des critiques et une attente de changement. Peu de communistes disent qu’il faut continuer comme avant… Certains ont parfois joué de cette peur d’une crise ouverte pour justifier un vote « légitimiste ». D’autres ont expliqué que les textes se valaient tous, qu’il y avait du bon à prendre partout et que donc, il ne fallait pas les opposer… et choisir celui du conseil national. Le texte proposé par le conseil national recule sur le précédent congrès dans 66 départements, et n’est souvent « sauvé » que par le soutien d’une partie importante des refondateurs, le total conseil national et printemps étant en recul dans 85 départements !

Le résultat qui peut sembler partagé marque ainsi pourtant une vraie rupture, surmontant le blocage d’une succession de congrès dans lesquels le besoin critique de nouvelle orientation ne trouvait pas le chemin de l’unité des communistes.

Le résultat place le manifeste comme la base commune capable de rassembler très largement les communistes

Au contraire, la « Manifeste », sans doute parce-qu’il était lui-même un premier rassemblement, est porteur d’une nouvelle unité des communistes, et son choix est réellement un évènement qui ouvre une nouvelle étape. Le « Manifeste » peut rassembler la très grande majorité des communistes en poursuivant l’effort pour un débat qui n’a plus aucune raison de se crisper sur des étiquettes ou des personnes, et permettre aux communiste de s’approprier collectivement une réorientation qui leur est vitale.

Il est clair que le « Manifeste » a notamment porté le choix des communistes qui s’étaient exprimés pour une candidature communiste en 2016, ce que montre la carte suivante, comparant les deux consultations.

Mais elle montre aussi que des fédérations qui avaient choisi la candidature Mélenchon ont soutenu le « Manifeste » et que dans d’autres, tous ceux qui avaient choisi la candidature communiste ne se sont pas reportés sur le « Manifeste ». Cela montre que le potentiel d’élargissement de la base commune du « Manifeste » est important. L’enjeu du congrès lui-même sera de construire une orientation qui unira beaucoup plus les communistes que lors des derniers congrès. En ce sens, le choix du « Manifeste » ouvre la perspective d’un congrès réellement extraordinaire.

[1Ils prennent en compte les résultats de la Haute-Saône qui n’étaient pas encore comptabilisés le 6/10

[2Le Nord était encore en 2016 la première fédération avec 3500 cotisants. Sa perte de cotisants est illustrative du décrochage du parti avec les milieux populaires.

Publicités
 
1 commentaire

Publié par le octobre 12, 2018 dans Congrès du parti 2018, POLITIQUE

 

Une réponse à “Résultats définitifs et premières analyses

  1. Frank

    octobre 12, 2018 at 1:14

    Bonjour Danielle,
    J’ai utilisé un article du parisien,a propos des idées huïstes de M.P Vieu,pour les Européennes,et j’ai eu la réponse suivante d’un ancien de l’entourage de LePors qui a quitté le PCF..Bises Frank
    [Une campagne politique, est aussi une affaire de symboles?]
    C’est surtout une affaire de symboles. Et c’est d’autant plus vrai pour un parti « de témoignage » comme l’est devenu le PCF. Parce que soyons lucides, matériellement le PCF ne pèse plus rien. Son action ne peut être aujourd’hui que symbolique. Et cela suppose justement de soigner les symboles.

    [Au Parti communiste, on souhaite pour être original, présenter un attelage qui serait représentatif des luttes sociales, du monde du travail, ouvert sur la société civile et pas seulement composé de communistes, pourquoi? Née dans l’esprit de l’eurodéputée Marie-Pierre Vieu : (…)]

    Tiens, tiens, tiens… Marie-Pierre Vieu, ce « bébé Hue » qui disait lors de la « mutation » que « on ne fera pas le nouveau PCF avec les militants de l’ancien » ? La Marie-Pierre Vieu qui s’était « pleinement investie » (c’est elle-même qui l’a dit) dans la liste « bouge l’Europe ! » ? Elle exerce encore ?

    Marie-Pierre Vieu est peut-être le plus bel exemple de la « haine de soi » qui a traversé le PCF sous le règne du père UbHue. Il s’agissait alors de se frapper la poitrine, d’oublier qu’on était communiste, de « s’ouvrir » quitte à accueillir les épaves comme Fodé Sylla ou Roland Castro (protégés par Jack Lang), les carriéristes comme Clémentine Autain ou Michaela Friggiolini. Comme disait Einstein, la folie consiste à répéter la même expérience en espérant un résultat différent. Marie-Pierre Vieu n’a tiré aucune leçon de la « mutation », ou du désastre de « bouge l’Europe ! ». Elle est prête à recommencer en se disant que « cette fois-ci, ce sera différent ».

    [(…) cette idée d’ inviter sur la liste communiste l’un des dix « prisonniers politiques » catalans, ces ex-dirigeants nationalistes arrêtés pour rébellion, après le référendum d’indépendance illégal de la Catalogne, vous semble-t-elle pertinente?]

    Non, elle me semble idiote. Je vois mal en quoi les « prisonniers politiques » catalans, tous issus des « classes moyennes » et politiciens professionnels jusqu’au dernier formeraient « un attelage représentatif des luttes sociales et du monde du travail ». S’il s’agit de représenter des combats sociaux ou le monde du travail, je trouve qu’il y a pas mal de combats bien plus dignes d’être représentés que celui pour l’indépendance de la Catalogne. L’indépendantisme catalan est l’indépendantisme d’une région richissime qui ne veut plus payer pour les régions pauvres. C’est le genre de combat que le PCF entend « symboliquement » promouvoir ?

    [L’idée plaît elle aux militants de base du PCF comme moi? Pas du tout une liste du PCF ne doit elle pas rassembler que des PCF?]

    Pour moi la question ne se pose pas. La liste PCF doit être composée de personnalités qui portent les combats du PCF. S’il se trouve des personnalités qui sans avoir leur carte portent ces combats, pourquoi pas les prendre ? Mais la recherche obsessionnelle de personnalités dont le « non-communisme » est porté en bandoulière comme un gage de… de quoi, au juste ? De sérieux ? D’ouverture ? Si les communistes sont eux-mêmes persuadés que le fait d’avoir sa carte vous rend « fermé » et idiot, alors pas la peine de continuer.

    J’ajoute que je trouve très drôle que le PCF dénonce les dangers du « nationalisme » quand il est français, mais envisage de mettre sur sa liste des personnages qui revendiquent un combat « nationaliste » catalan. Y aurait-il des « nationalismes de gauche » et des « nationalismes de droite » ?

    [Le chef de file des communistes pour les Européennes, l’adjoint (PCF) à la mairie de Paris, Ian Brossat, verrait cette option catalane d’un œil favorable.]

    C’est ce que dit « Le Parisien » – dont votre commentaire est presque totalement pompé, encore une fois sans indiquer la source, c’est une manie chez vous. Pour le moment, tout ça ressemble à un « coup de com » de Marie-Pierre Vieu. Ni Brossat, ni personne dans la direction à ma connaissance ne s’est exprimé sur le sujet.

    [Tout ceci n’est-il pas le signe de l’extrême incohérence de la direction du PCF?]

    Peut-on encore parler de « direction » dans un Parti ou chacun fait ce qui lui plait avec qui il veut sans rendre compte à personne, et surtout pas aux militants ?

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :