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QUI EST JAIR BOLSONARO, LE CANDIDAT FASCISTE AUX ELECTIONS PRESIDENTIELLES DU BRESIL ET D’OU VIENT-IL ?

12 Oct

de la part des jeunes communistes de Boulogne sur mer : https://www.facebook.com/218972142071150/photos/a.218980455403652/273565759945121/?type=3&theater

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« L’erreur de la dictature a été de torturer au lieu de tuer ». « Ceux qu’il fallait arrêter, c’était les gens du MST (Mouvement des sans-terre), des canailles et des vagabonds. Il n’y aura plus de canailles de procureurs pour vous mettre des amendes. Les droits de l’homme, c’est du pipeau ».

Ces phrases, ce sont celles prononcées par Jair Bolsonaro. Il est candidat du Parti Social-Libéral, et derrière lui, presque toutes les forces de la bourgeoisie brésilienne se sont rassemblées. Il est l’héritier de la dictature militaire d’extrême-droite qui a dirigé le Brésil officiellement jusqu’en 1988. La dictature n’a été vaincue réellement qu’en 2002 par Lula, ouvrier métallurgiste et syndicaliste, membre du Parti des Travailleurs.

Arrivé au second tour, malgré les attaques répétées de la presse nationale et internationale contre le Parti des Travailleurs, Fernando Haddad, aura la tâche de vaincre Bolsonaro.

Il faut rappeler que c’est par un coup d’état déguisé en procédure constitutionnelle que la bourgeoisie brésilienne a chassé Dilma Roussef et le Parti des Travailleurs du pouvoir. Les putschistes ont ensuite enfermé Lula, figure la plus populaire du parti, de peur qu’il ne parvienne à rassembler derrière lui les travailleurs. Tout ceci s’est passé avec l’approbation des bourgeoisies du monde entier. Leurs médias ont déclenché contre le Parti des Travailleurs les mêmes campagnes de calomnie que celles qu’ils déchaînent aujourd’hui contre le gouvernement de Daniel Ortega au Nicaragua.

Résultat : aujourd’hui, les fascistes sont en tête du premier tour des élections brésiliennes avec plus de 45% des voix. Bolsonaro s’apprête à détruire tout l’édifice progressiste construit par le Parti des Travailleurs sous Lula et Dilma Roussef. Les déclarations racistes, sexistes et anti-ouvrières du candidat fasciste pleuvent chaque jour.

CELA DOIT NOUS ALERTER SUR CE QU’EST LE FASCISME.

La situation au Brésil est exemplaire de ce qu’est le fascisme. Les tergiversations des sociaux-démocrates européens et le recul des idées marxistes ont conduit beaucoup de progressistes à imaginer le fascisme comme « quelque chose à part », une sorte de peste tombée du ciel, une sorte de « maladie qui rend fou ». Et souvent, on se dit qu’il ne peut frapper que dans les pays les plus réactionnaires. D’autres prétendent que c’est le fait, simplement, d’une petite bourgeoisie déclassée et revancharde qui verrait dans l’autre tous leurs problèmes.

C’est évidemment faux. Le fascisme n’est pas « un coup de folie » des peuples. Le fascisme, c’est la réaction des capitalistes à la lutte des classes. Le fascisme, c’est « la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier ».

Cette définition est celle qui a été choisie par l’Internationale Communiste, sous l’égide de Dimitrov, et c’est celle qui caractérise le mieux ce qu’a été le fascisme en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Grèce, en Argentine, dans bien d’autres pays et, maintenant, au Brésil.

La montée du fascisme, c’est la réaction de la bourgeoisie. Elle démontre l’intensité terrible de la lutte des classes qui se joue entre ouvriers des villes et propriétaires d’usines, entre ouvriers agricoles et propriétaires latifundiaires (les domaines gigantesques possédés par des magnats de l’agroalimentaire, qui privent les paysans brésiliens de terres).

Sous Lula et Dilma Roussef, les travailleurs ont remporté de grandes victoires contre la bourgeoisie brésilienne. Leurs conditions de vie et de travail se sont améliorées, une réforme agraire a permis de diminuer le nombre de paysans sans terre, des droits fondamentaux pour la classe ouvrière (le droit de grève !) ont été protégés, la pauvreté a nettement reculé.

BOLSONARO EST MANDATE PAR LA BOURGEOISIE FINANCIERE BRESILIENNE POUR LIQUIDER LES CONQUETES DES TRAVAILLEURS.

Il ne s’en cache pas, et c’est de là que lui vient le soutien de toute la droite brésilienne. Même certains partis dits sociaux-démocrates refusent la création d’un front antifasciste destiné à combattre Bolsonaro : les différentes franges de la bourgeoisie ont choisi. Pour écraser les travailleurs, ils en appellent au fascisme.

Que dit le Parti Social-Libéral de Bolsonaro sur la classe ouvrière ?

« Le travailleur va devoir décider s’il veut moins de droits et de l’emploi ou tous les droits et le chômage. »
« C’est un malheur d’être patron dans ce pays, avec tant de droits pour les travailleurs. »

Comme Pinochet en Argentine, Bolsonaro est appelé au Brésil pour détruire les programmes sociaux lancés par le Parti des Travailleurs, privatiser, désétatiser, protéger par tous les moyens la propriété privée des moyens de production et, surtout, assurer le taux de profit le plus élevé possible aux capitalistes brésiliens et étrangers qui investissent dans le pays.

C’est ce que la bourgeoisie allemande attendait du parti nazi, qui ne l’a pas déçu : destruction des partis ouvriers, des syndicats, diminution des salaires réels et des salaires nominaux.

COMMENT S’Y PRENDRA T-IL ?

De nombreux exemples l’ont déjà précédé. Création de milices destinées à passer à tabac les ouvriers grévistes et les militants syndicaux, terrorisme d’état, torture… Les déclarations de Bolsonaro ne laissent pas de place au doute : en 1998, il affirmait que Pinochet aurait du tuer plus de gens.

D’ores et déjà, après le très haut score du candidat, les violences racistes, sexistes et homophobes ont explosé dans les grandes villes les plus favorables à Bolsonaro. Pendant la campagne, des militants ouvriers ont été passés à tabac et même tués par des militants fascistes.

Des vidéos diffusées sur internet par des habitants du Brésil montrent, dans les rues, défiler des centaines d’hommes, parfois armés, en rangs et en uniforme, dans des démonstrations de forces qui laissent présager de l’emploi de la violence physique et armée contre les travailleurs et contre tous les ennemis du fascisme dès la présidence conquise.

LA BOURGEOISIE LA PLUS REACTIONNAIRE.

Pour vaincre les travailleurs dans la lutte des classes qui les oppose, la bourgeoisie brésilienne a donc choisi le recours futur à une dictature terroriste ouverte. Pour cela, elle doit laisser la place aux éléments les plus réactionnaires, les plus violents de la bourgeoisie.

Bolsonaro est ainsi appuyé par les courants les plus radicaux des églises évangélistes mais aussi catholiques du pays.

Les droits des femmes en particulier sont sérieusement menacés, en témoignent les positions extrêmement réactionnaires du Parti Social-Libéral sur l’avortement ou sur le travail des femmes.

Les minorités ethniques sont également dans le viseur de Bolsonaro et ses alliés. Les noirs, extrêmement maltraités avant les années Lula, et les descendants d’amérindiens sont ciblés par les discours répugnants et racistes de l’extrême-droite brésilienne.

Quant aux homosexuels, déjà victimes de violence entre les mains de militants fascistes brésiliens, le PSL promet de les combattre fermement.

Le tout, donc, avec le soutien des catholiques mais surtout des évangélistes brésiliens, qui ont d’ores et déjà commencé à assembler une « armée chrétienne » destinée à dispenser la « justice divine »…

VAINCRE BOLSONARO EST UNE NECESSITE ABSOLUE !

La lutte des classes au Brésil est arrivée à une période de tension exceptionnelle. Les forces des deux camps sont entièrement tendues, et les élections sont centrales dans le dénouement de la situation. Lénine a montré que dans le capitalisme, l’appareil d’Etat est appareil de dictature de la bourgeoisie sur le prolétariat. Une victoire de Bolsonaro lui donnerait en main tous les outils pour écraser par la force la classe ouvrière.

Il ne faut surtout pas écouter ceux qui imaginent que « une victoire de l’extrême-droite radicaliserait les travailleurs et provoquerait la révolution » ou qu’il faudrait « ne pas choisir entre l’un et l’autre » pour des raisons pitoyables de pureté idéologique. Ceux qui avancent de telles propositions sont, de fait, des complices du fascisme. Jamais une victoire du fascisme n’a provoqué le « réveil ouvrier » qu’ils imaginent. Le socialisme et le syndicalisme allemand ont été écrasés par les nazis, il en a été de même en Italie, en Espagne, en Hongrie, en Argentine, dans tous les pays ou le fascisme a remporté des victoires.

Et ne nous imaginons pas qu’il y ait prescription : aucune conquête des travailleurs n’est assurée tant que le capitalisme n’est pas définitivement vaincu. Si les fascistes l’emportent, le retour en arrière sera brutal.

Tous les progressistes, tous les antifascistes, doivent soutenir inconditionnellement le Parti des Travailleurs et son candidat Fernando Haddad. Toutes les organisations communistes, ouvrières et progressistes du monde doivent apporter tout leur soutien à nos camarades brésiliens.

Nous devons tirer toutes les leçons de ce qui se produit aujourd’hui au Brésil, y compris pour comprendre la montée du fascisme dans l’Union Européenne, que les médias capitalistes présentent invariablement comme un simple effet d’une démence collective tombée du ciel.

Pour vaincre le fascisme, ce n’est pas de mièvreries idéalistes que nous avons besoin. Nous avons besoin que la classe ouvrière s’unisse, développe sa conscience de classe, s’assemble autour d’organisations combattives déterminées à affronter le capitalisme sous toutes ses formes.

Le Parti des Travailleurs et les victoires de la classe ouvrière au Brésil sont des exemples pour les classes ouvrières d’Amérique Latine, comme le sont les luttes difficiles des travailleurs vénézuéliens et nicaraguayens. Le Brésil de Lula et de Dilma Roussef était un allié sur lequel pouvaient s’appuyer les classes ouvrières de toute l’Amérique Latine. Notre tâche, à nous, en France, est aussi de devenir l’allié sur lequel pourront s’appuyer les classes ouvrières du monde entier.

Au Brésil, en France et partout dans le monde. Aujourd’hui, tous derrière Fernando Haddad ! Demain, dans tous dans les luttes de la classe ouvrière !

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Publié par le octobre 12, 2018 dans Amérique latine

 

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