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« Médias: LA GUERRE FROIDE CULTURELLE: LES INTELLECTUELS AU SERVICE DE LA CIA

04 Août

http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2015/03/medias-la-guerre-froide-culturelle-les-intellectuels-au-service-de-la-cia.html

Par Ernesto Carmona

traduction Françoise Lopez

La guerre froide a repris si elle a jamais cessé et on trouve toujours les mêmes belles âmes, en général « ennemis officiels du stalinisme » pour prétendre attaquer les ennemis désignés par la CIA sous couvert de défense des droits de l’homme, que ces gens-là aient appuyé les pires expéditions néo-coloniales, celle qui ont dévasté tout le moyen orient et l’Afrique, l’Asie centrale ne leur a pas servi de leçon, ils remettent ça et se lancent dans des campagnes contre les dirigeants progressistes d’Amérique latine pour appuyer les tortionnaires du plan Condor et les Pinochet, que ces gens-là aient été la masse de manœuvre d’un Robert Ménard ne change rien à leur crétinisme droit de l’hommiste, anti-totalitarisme, stalinien… Jusqu’où pousseront-ils leur stupidité collaborationniste avec les tortionnaires de la CIA, je l’ignore, mais je commence réellement à ne plus pouvoir les supporter. Sans parler de ceux qui nous ressortent périodiquement cette fripouille intégrale d’Orwell qui a dénoncé à la CIA non seulement les communistes, mais les homosexuels surtout s’il s’agissait de « nègres ». (note de Danielle Bleitrach)

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22 mars 2015

Les 600 pages de « La CIA et la Guerre Froide Culturelle » de Frances Stonor Saunders, rapportent les millions d’efforts des Etats-Unis pour s’imposer sur la culture et sur l’art du camp socialiste.

Saunders caractérise la Guerre Froide comme la lutte pour le contrôle des esprits dans les blocs politiques – socialisme contre capitalisme – qui se sont affrontés jusqu’à la fin des années 80. L’efficacité du lavage de cerveau mis en place par la CIA expliquerait la soumission européenne d’aujourd’hui à la politique impériale de George W. Bush.

« … Et la vérité vous rendra libres (Juan 8:32)” dit-on sur les murs de la CIA à Langley, Virginia. Cependant, l’agence a élevé le mensonge au niveau d’un idéal philosophique. Elle a forgé la doctrine du « mensonge nécessaire », mis les dollars et a amené la rhétorique sur les thèmes de la « liberté » et de la « culture ».

Ce prêche libertaire a inondé l’Europe et l’Amérique Latine tandis que les Etats-Unis appliquaient encore l’apartheid et expérimentaient des médicaments de « contrôle mental » sur des patients psychiatriques. Dans ces années-là, le FBI conduisit à la chaise électrique Ethel et Julius Rosenberg, lors d’un procès truqué tandis que le maccarthysme ruinait la vie de milliers de citoyens accusés d’être pro communistes.

La CIA soutenait que l’Union Soviétique persécutait les artistes et les intellectuels dissidents, juste quand aux Etats-Unis la même chose se passait sous l’empire de la délation et de la chasse aux sorcières. Le passé qu’a abordé l’auteur est pratiquement identique au présent. Sauf que maintenant, le « communisme » est remplacé par le « terrorisme ».

Le Congrès pour la Liberté de la Culture (CLC) a été l’instrument central de l’opération idéologique de la CIA, constitué comme une organisation située à Paris avec le soutien des services de renseignement français et britanniques. Washington « a payé la musique »… sans regarder aux dépenses. Parmi les crimes et les coups d’Etat, la CIA s’est donné le temps de fonctionner aussi comme ministère de la Culture.

Sartre n’a pas été contaminé

La revue Encounter – Rencontre – fut le « cuirassé enseigne » de cette opération. Ou mieux, le transatlantique de luxe du Congrès nord-américain parce qu’elle a payé des voyages, des hôtels, des bourses, des articles, des éditions, des concerts et des expositions. Peu d’artistes et d’intellectuels ont résisté à apparaître dans les 50 revues « culturelles » de la CIA et du CLC, à publier leurs livres avec de grands tirages, à ce que leurs morceaux de musique soient exécutés par l’Orchestre Symphonique de Boston ou que leurs oeuvres soient montrées dans des expositions itinérantes du Musée d’Art Moderne de New York.

La CIA a dupé ou a utilisé sciemment les intellectuels européens et latino-américains pendant plus de 20 ans. Quand The New York Times dévoila le pot au rose, en mai 1967, tous ont dit: « Je ne savais pas ». Encounter fit naufrage, lentement, cette même année, comme le Titanic mais… en 1996, elle fut remise à flot en Espagne sous le nom d' »Encuentro. »

Sauf Jean Paul Sartre, Albert Camus et quelques autres, l’Europe pensante est tombée dans les rets de la façade culturelle de la CIA, ourdie par l’agent Michael Josselson. Les intellectuels se montrèrent disposés à avaler le discours de « liberté culturelle » et à repousser tout ce qui sentait l’Union Soviétique. L' »anarchiste » anglais George Orwell, qui fit office de militant actif recrutant des intellectuels qui hésitaient à intégrer cette mafia, mérite une mention spéciale dans ce livre.

Depuis le philosophe pacifiste britannique Bertrand Russell à l’idéologue démocrate chrétien Jacques Maritain, les esprits les plus brillants du Vieux Monde se sont mis au service des Etats-Unis. La croisade culturelle fut financée avec des parties secrètes du Plan Marshall et de l’argent blanchi par la CIA à travers une douzaine de fondations étasuniennes.

Bertrand Russell présida la toile d’araignée du CLC international. Il démissionna quatre fois jusqu’à ce qu’en 1956, il s’éloigne pour toujours. Le centre, à Paris, eut aussi des succursales dans d’autres pays d’Europe, d’Amérique Latine et en Inde, en plus de l’American Committee for Cultural Freedom, qui fut dissout à New York en 1957 après de grandes luttes internes entre « durs » et « doux ».

Le CLC accueillit comme directeurs, membres actifs ou sympathisants Igor Stravinsky, Benedetto Croce, T.S. Elliot, Karl Jaspers, André Malraux, Ignacio Silone, Jean Cocteau, Isaiah Berlin, Ezra Pound, Claude Debussy, Laurence Oliver, Salvador de Madariaga et beaucoup d’autres. Le leader du CLC au Chili fut Jaime Castillo Velasco, idéologue de la DC et courageux défenseur des droits de l’homme pendant la dictature.

Quand le CLC s’est constitué à Berlin, en 1950, la CIA a payé les frais de 200 délégués et de 4 000 assistants reçus par le maire Ernest Reuter, un ex communiste qui avait connu Lenine. Entre autres, accoururent Arthur Koestler, Arthur Schlesinger Jr. (ensuite conseiller de J.F. Kennedy), Sydney Hook (ex membre de la gauche radicale), James T. Farrel, Tennessee Williams, l’acteur Robert Montgomery, David Lilienthal (chef de la Commission de l’Energie Atomique des Etats-Unis), Sol Levitas (éditeur de New Leader), George Schuyler (éditeur du Pittsburg Courier) et le journaliste noir Max Yergan. La présence de « gens de couleur » arrêtait les critiques européennes sur la ségrégation raciale.

Y ont aussi participé:

– les britanniques : Hugh Trevor-Roper (qui resta critique et dès le début suspecta l’ingérence de la CIA) Julian Amery, A.J. Ayer, Herbert Read, Harold Davis, Christopher Hollis, Peter de Mendelssohn.

– les Français: Malraux, Jules Romain, Raymond Aron, David Rousset, Rémy Roure, Ander Phillip, Claude Mauriac et George Altman.

– les Italiens: Ignacio Silone, Guido Piovene, Altiero Spinelli, Franco Lombardi, Muzzio Mazzochi et Bonaventura Tecchi.

Au festival Berliner Festwochen, organisé en 1964 par le maire de Berlin, Willy Brand, le CLC a financé la participation de Günther Grass, Jorge Luis Borges, Langston Hughes, Roger Caillois, Woly Soyinka, Cleant Brooks, Robie Macauley, Robert Penn, Warren James Merrill, John Thompson, Ted Hughes, Herbert Read, Peter Russel, Stephen Spender, Pierre Emmanuel, Derek Walcott et beaucoup d’autres parmi lesquels Keith Botsford, chargé de la CIA-CLC pour l’Amérique Latine.

La Fondation Fairfield fut la principale couverture de la CIA pour couvrir les frais. Dans la rubrique « Voyages et études », il y eut une multitude de bénéficiaires, parmi lesquels Mary McCarthy, le peintre chilien Víctor Sánchez Orgaz, le poète Derek Walcott, Patricia Blake, Margerita Buber-Neumann, Lionel Trilling et Alfred Sherman, collaborateur de The Spectator.

Les leaders du Comité Americano furent Hook, Irving Kristol – ensuite fervent partisan de Reagan- et Sol Stein, un trio d’ex membres de la gauche. Parmi les « doux » ont figuré Schlesinger, Koestler, Reinhold Niebuhr, Henry Luce, patron de Time-Life, James T. Farrel, Richard Rovere, de The New Yorker, Norman Thomas, ex président du Parti Socialiste et 6 fois candidat à la Maison Blanche et Phillip Rahv, directeur de Partisan Review.

Le CLC préférait des intellectuels de gauche non communistes ou, au moins, anticommunistes modérés comme Bertrand Russell. Mais à New York se sont imposés les « durs » comme Lionel et Diana Trilling, et les relations sionistes de Jason Epstein, James Burnham, Arnold Beichmann, Peter Viereck, Clement Greenberg, Elliot Cohen, directeur de Commentary, et les membres de la gauche Mark Rothko et Adolph Gottlieb. Peu d’écrivains et d’artistes n’ont pas écouté les appels du CLC, parmi eux Arthur Miller, Norman Mailer, Erskine Caldwell, Upton Sinclair, Howard Fast, Ben Shahn, Ad Reinhart, Paul Robeson, George Padmore et John Steinbeck, qui a succombé, à la fin de sa vie, en soutenant la guerre au Vietnam.

La CIA a payé la musique

Les Etats-Unis ont estimé que la musique muselle l’esprit et la sensibilité plus rapidement que d’autres arts. C’est pourquoi le lavage de cerveaux a commencé avec de grands concerts organisés par l’agent Nicolas Nabokov, un compositeur russe médiocre et raté – cousin de l’auteur de Lolita – qui a organisé des concerts et des festivals en recrutant des musiciens allemands sans être gêné par leur passé nazi. Bien payés, l’Orchestre Symphonique de Boston et la soprano noire Leontine Pryce ont joué. Yehudi Menuhin, son maître roumain Georges Enesco et les deux ex nazis Herbert Von Karajan et Wilhelm Furtwängler ont reçu des bourses et de l’argent.

Après son premier festival musical de 1951, Nabokov a obtenu des oeuvres ou des actions de Stravinsky, Aaron Copland, Samuel Barber, du New York City Ballet, de l’orchestre Symphonique de Boston, de James T. Farell, W.H. Auden, Gertrude Stein, Virgil Thompson, Allen Tate, Glenway Westcott, la participation du Musée d’Art Moderne de New York et de beaucoup d’autres.

Eux non plus n’ont pas refusé leur collaboration: Cocteau, Malraux, De Madariaga, Oliver, William Walton, Benjamin Britten, l’Opéra de Vienne, l’Opéra de Covent Garden, la Troupe Balanchine, Czeslaw Milosz, Ignacio Silone, Denis de Rougemont et Guido Piovene. L’ensemble de 70 artistes noirs de l’opéra Porgy and Bess a été à l’affiche pendant presque 10 ans. Ont également joué Dizzy Gillespie, Marian Anderson, William Walfield et de nombreux artistes sélectionnés par un comité secret de représentations culturelles en coordination avec le Département d’Etat.

La promotion du livre et de la lecture

La CIA n’a pas détruit les livres. elle a publié des millions d’exemplaires en plus de lancer derrière le « rideau de fer » des milliers de bibles. « Les livres sont différents de tous les autres moyens de propagande – a écrit un des chefs de l’Equipe d’Actions Secrètes de la CIA – essentiellement parce qu’un seul livre peut changer de manière significative les idées et l’attitude du lecteur jusqu’à un degré qui n’est pas comparable à l’effet des autres moyens c’est pourquoi la publication de livres est l’arme de propagande stratégique (à longue portée) la plus importante. »

« Faire que soient publiés et distribués des livres à l’étranger sans qu’apparaisse l’influence des Etats-Unis en subventionnant secrètement les publications étrangères ou les libraires » fut l’un des objectifs de la CIA. « Faire que soient publiés des livres qui ne soient « contaminés » par aucun lien public avec le gouvernement des Etats-Unis, en particulier si la situation de l’auteur est « délicate ».

L’oeuvre de T.S. Elliot, « Les Quatre quatuors » a été lancée comme du riz sur les pays socialistes alors que « la Terre Vaine » est reproduite encore et encore. Il y eut des versions cinématographiques des livres de George Orwell et on a réédité « Retour d’Union Soviétique » et « Le Zéro et l’Infini »1 et le « Livre Blanc de la révolution bulgare » de Melvin Lasky, un ex marxiste qui a maraudé dans le Cominform, la contrepartie soviétique du CLC. En fin de compte, les soviétiques n’ont rien fait de plus que répondre à ce que faisait la CIA.

Ont également été publiés des ouvrages de: Herbert Lüthy, Patricia Blake, Max Hayward, Leopoldo Labedz, Bertrand de Jouvenel, Nicolo Tucci, Luigi Berzini, Boris Pasternak, Nicolas Machiavel, André Gide, Louis Fischer, Richard Wright, et… Anton Tchekhov, traduit et publié par la Tchekhov Publishing Co., une maison d’édition secrètement subventionnée. La CIA a aussi publié des agents faisant partie de ses rangs comme John Hunt, James Michener et William Buckley, à qui l’agence commanda « d’aider un autre intellectuel, le marxiste péruvien Eudocio Ravines, à terminer son livre influent  » El camino de Yenán. »

Les éditions de la CIA-CLC éditèrent aussi « La nouvelle classe » de Milovan Djilas, une étude sur la nomenklatura et d’autres textes « significatifs » édités par Frederick A. Prager Inc. Les « intellectuels eux-mêmes » publiaient des articles dans tous les médias influencés ou contrôlés par la CIA.

Compagnons de route

La CIA appelait « compagnons de route » les amis des communistes mais aussi a recruté les siens pour la CLC, de préférence des intellectuels progressistes bien vaccinés contre le virus du communisme. William Donovan, un des fondateurs de la CIA, se lia d’amitié en Europe avec Antoine de Saint-Exupéry et Ernest Hemingway. Hemingway, cependant, ne s’intéressa jamais au CLC et a fini par être espionné par le FBI pendant 25 ans jusqu’à sa mort, en 1961. Quand le Prix Nobel fut hospitalisé dans une clinique sous un faux nom pour soigner une dépression qui le conduisit au suicide, Edgard J. Hoover le sut.

Hanna Arendt, ex amie du philosophe allemand Martin Heidegger – qui ne s’ entendait pas mal avec les nazis – et son amie intime, Mary McCarthy, furent des compagnes de route notoires.

Se sont également impliqués, ont participé ou ont bénéficié (de ses largesses), d’autres notables comme Alberto Moravia, qui a assisté à un événement « culturel » organisé par Nabokov en 1960 sur l’île vénitienne de San Giorgio, avec John Dos Passos, Julian Huxley, Mircea Eliade, Thornton Wilder, Guido Piovene, Herbert Read, Lionel Trilling, Robert Pen Warren, Stephen Spender, Isak Dinesen, Naum Gabo, Martha Graham, Robert Lowell, Robert Richman, Franco Venturi, Iris Murdoch, Daniel Bell, Armand Gaspard, Anthony Hartley, Richard Hoggart et l’ Indien Jaya Praksash Narayan, parmi beaucoup d’autres. La Fondation Ford fut l’organisation qui blanchit le plus d’argent pour les activités « culturelles » bien que la CIA ait aussi mis en place ses propres couvertures sûres comme la Fondation Farfield dont le « bâton blanc » fut “Junkie” Fleischmann, un millionnaire folklorique qui finit par se croire « mécène » aux dépends de l’argent d’autrui.

Ont également été utilisés les fondations et/ou les fonds Andrew Hamilton, Bacon, Beacon, Borden Trust, Carnegie, Colt, Chase Manhattan, Edsel, Florence, Gotham, Hobby, Hoblitzelle, Kentfield, Josephine and Winfield Baird, J.M. Kaplan, Lucious N. Littauer, M.D. Anderson, Michigan, Rockefeller, Ronthelyn Charibable Trust, Shelter Rock, Price, etc.

L’argent a circulé dans un enchevêtrement de sociétés culturelles dans les conseils desquelles revenaient les noms de directeurs de fonds, de fondations, de banques et même d’agents de la CIA. L’agence devint maître dans l’art de l’évasion fiscale pour ses « donations » secrètes et rendit difficiles les investigations que fit dans les années 60 la congressiste Wright Patman et le sénateur Frank Church dans les années 80.

Les revues

Les revues financées par le CLC-CIA ont donné du travail à une multitude de collaborateurs médiocres et inconnus. Le plan était « faire naviguer en première classe des figures de seconde » en compagnie d’intellectuels importants qui savaient ou non pour qui ils travaillaient. L’agence de presse Forum World Features et les radios Europa Libre et Liberty ont employé une multitude de journalistes et d’intellectuels. La première revue fut Der Monat, fondée à Berlin en 1949 comme « pont idéologique » avec les écrivains européens, dirigée par Lasky qui faisait partie du trio qui créa ces réseaux (avec Nabokov et Joselsson).

« Encounter » parvint à être la plus importante, aussi dirigée par Lasky, grand censeur des articles critiques envers les Etats-Unis écrits par des auteurs qui, de bonne foi, croyaient faire « du journalisme libre d’opinion ».  » Preuves » a été fondée à Paris en 1951 pour s’opposer à la revue « Les Temps Modernes » de Sartre et Simone de Beauvoir. « Paris Review » apparut en 1953, animée par George Plimpton et l’agent de la CIA Peter Matthiessen. Là, travaillait Frances Fitzgerald, la fille du chef de la CIA chargé de planifier l’assassinat de Fidel Castro.

En Italie apparurent « Liberta della Cultura » et « Tiempo Presente » (1956), animées par Silone et Nicola Chiaromonte, un défi à « Nuovi Argumenti » (1954), d’Alberto Moravia. « Nuova Italia », dirigée par Michael Goodwin, a seule reçu des subventions. « Otro grupo », dans lequel était aussi Silone, a aussi animé à Londres Censorship (1964-67), qui, en 1972, réapparut comme « Index on Censorship », financée cette fois par la Fondation Ford. Le périodique de gauche français  » Franc-Tireur » reçut des subventions du CLC quand George Altman, ainsi que « Le Figaro Littéraire ». En arabe apparut « Hiwar », en 1962. « Transition », en Uganda, 1968, « Quadrant », en Australie – existe toujours – , « Quest » en Inde, 1955; et Jiyu, au Japon. Il y en eut 4 autres qui firent partie de ce vaste écheveau : « Forum », « National Review », « Science and Freedom » et « Soviet Survey ».

Aux Etats-Unis, il y eut des publications propres et d’autres subventionnées par l’achat d’exemplaires que la CIA-CLC distribuait en Europe et dans le reste du monde:

« Partizan Review », « Daedalus », « Hudson », « Kenyon », « Poetry », « Sewanee » et « The Journal of the History of Ideas ». La CIA amenait les plumes de Kostler, Chiaromonte, Mary McCarthy, Alfred Kazin et d’autres pour le compte de l’American Committee. « New Leader », à la charge de Levitas, recevait des subventions de Times Inc. en échange « d’informations sur les tactiques et les personnalités du communisme dans le monde entier ».

Un livre à fin ouverte

« Cuadernos » fut lancé à Paris en 1953 pour pénétrer le monde intellectuel de l’Amérique Latine. Son premier directeur fut Julian Gorkin, dramaturge et romancier espagnol, co-fondateur, en 1921, du Parti Communiste de Valence (Espagne) et ex activiste du Cominform. Après que Cuba ait popularisé la revue « Casa de las Américas », « Cuadernos » devint dans les années 60 « Mundo Nuevo », sous la conduite de l’Uruguayen Emir Rodríguez Monegal. Les grands de la littérature régionale, comme l’Argentin Julio Cortázar, refusèrent de publier dans ses pages.

Le CLC n’existe plus mais la CIA n’a pas abandonné sa mission. En 1996, elle a lancé à Madrid la revue « Encuentro », dirigée par le Cubain Jesús Díaz, avec un financement de la Fondation Ford et du Fonds National pour la Démocratie, « une organisation privée sans but lucratif » créée en 1983 « pour promouvoir la démocratie à travers le monde ». Elle finance aussi au Venezuela les organisations patronales qui conspirent contre le gouvernement d’Hugo Chavez ».

« Il y a toujours la possibilité qu’un livre de fiction projette une certaine lumière sur les choses qui auparavant ont été racontées comme des faits » écrivait Hemingway dans le prologue de « Paris est une fête ». Saunders a fait le contraire: elle a relaté des faits véridiques pour démonter une fiction qui concerne aussi le présent. Une fois de plus, la réalité dépasse la fiction. Comme le sale jeu n’est pas terminé, l’histoire a une fin ouverte.

L’Espagnol Javier Ortiz se pose une question inévitable: Quels sont les professionnels espagnols de la communication qui travaillaient pour la CIA? Je ne parle pas des gens qui l’ont fait sans en avoir conscience – de ceux-là, il peut y en avoir des tonnes – mais de ceux qui le font en pleine connaissance de cause parce qu’ils sont sur la liste du personnel ». Les doutes d’Ortiz sont valables sur toute la planète et pour toutes les professions liées à la culture.

Source: La Haine

1 Naturellement, le Zéro et l’Infini n’est pas d’André Gide comme il est dit dans le texte original mais d’Arthur Koestler. J’ai rectifié dans ma traduction. C’est bien « Retour d’Union soviétique » qui est de Gide. »

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2 réponses à “« Médias: LA GUERRE FROIDE CULTURELLE: LES INTELLECTUELS AU SERVICE DE LA CIA

  1. Jeanne Labaigt

    août 4, 2018 at 8:10

    [« Le CLC accueillit comme directeurs, membres actifs ou sympathisants Igor Stravinsky, Benedetto Croce, T.S. Elliot, Karl Jaspers, André Malraux, Ignacio Silone, Jean Cocteau, Isaiah Berlin, Ezra Pound, Claude Debussy, « ] .
    Claude Debussy est mort en Mars 1918.
    Il doit y avoir une erreur. Il n’a eu aucune influence durant la guerre froide…

     

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