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L’affaire Benalla et les choix des communistes dans leur congrès

30 Juil

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Cette semaine deux motions de censure, l’une de la droite, l’autre de la gauche (PS, FI et PCF) et la poursuite des auditions au sénat.

De toute manière il est clair qu’aucune motion de censure ne peut passer vu la majorité écrasante des « godillots » présidentiels d’en Marche. L’existence de deux motions est une bonne chose parce que, comme nous n’avons cessé de l’analyser ici, il y a ce qui a déclenché l’affaire Benalla et qui paraît bien être une inquiétude d’une partie du capital et de la haute fonction publique qui s’est rapidement rallié les mécontents de LR. Pourtant le silence de Wauquier interroge. S’agit-il d’un refus de se mêler au courant qui a déclenché les hostilités; ceux que l’on peut qualifier de gaullistes ou plutôt de chiraquiens à l’égard de celui dont ils n’ont pourtant pas dédaigné assurer le triomphe.

Premièrement il resterait à écrire sur le modèle de la Comédie humaine ce mouvement d’une partie du capital et de la haute fonction publique qui a trouvé les médias aptes à relayer cette fronde née avant tout de l’inquiétude devant la « méthode » Macron et qu’a résumée Alain Minc: « il nous conduit à l’insurrection ».

Deuxièmement, il n’en reste pas moins que ce que ce courant reproche à Macron ce ne sont pas « les réformes » qui touchent à la question sociale, c’est-à- dire le démantèlement des conquis, mais bien plutôt un assaut contre l’Etat, ses commis, et l’arrogance de parvenu qui accompagne cette délicate opération. Nous avons donc là les limites de l’unité des oppositions, la dimension de classe. Ce qui rend juste la distinction entre les deux motions de censure et que la FI et Mélenchon prétendent voter celle de la droite alors que même dans ce cas, ce vote ne peut renverser le gouvernement prouve la légèreté des insoumis en ce qui concerne ces positions de classe.

Tout cela rend d’ailleurs plus urgent que jamais le renforcement d’un parti communiste français et le refus de structures permanentes d’union de la gauche, quand il y a des intérêts communs on voit bien que l’union se réalise sans qu’il soit besoin de s’enfermer dans des structures permanentes sous la direction de la petite bourgeoisie qu’il s’agisse de la gauche plurielle ou du Front de gauche. En revanche et c’est l’objet même de ce congrès, le choix qui se présente devant les communistes entre deux bases communes, l’une celle de la direction qui n’a d’autre finalité que de créer des structures permanentes de la gauche et de faire du parti une force d’appoint et celle intitulé Manifeste pour un parti du XXI e siècle qui a choisi de renforcer le parti, de lui donner une stratégie autonome, ce qui n’interdit pas les rencontres avec d’autres forces quand l’utilité se présente.

Mais pour avoir pleinement conscience de l’utilité d’un parti communiste, il faut mesurer l’ancrage de ce parti dans ce qu’on a parfois appelé la France profonde, sa classe ouvrière, son histoire, tout ce qui à travers cette affaire Benalla se rebelle contre le fatras superficiel que révèle ce système de pouvoir. Il était frappant de voir combien le député communiste, cravaté avec sa veste avait de ressemblance avec le gendarme Alain Gibelin quand il parlait de ses origines modestes, pour qui serment et service de la patrie avait un sens. L’un était issu de la classe ouvrière, l’autre du monde rural, je ne pouvais m’empêcher de penser non plus à la Comédie humaine, mais à la débâcle de Zola où l’ouvrier allait être assassiné sous la Commune de Paris par son cousin paysan, ennemi du désordre, mais ils étaient la France. L’utilité d’un parti communiste inscrit dans l’originalité des luttes des classes en France mais aussi dans le mouvement du monde. La chute de l’empire américain, les médiocres et caricaturaux que le capitalisme à son déclin se donne. Là encore, il y a une très grande différence dans la superficialité du texte de la direction et les questions que n’évacue par le Manifeste.

Le manifeste a les signatures nécessairement mais on peut continuer à le soutenir publiquement ici

http://manifestecommuniste2018.fr/Soutenez-le-manifeste

Danielle Bleitrach

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4 Commentaires

Publié par le juillet 30, 2018 dans Congrès du parti 2018

 

4 réponses à “L’affaire Benalla et les choix des communistes dans leur congrès

  1. Christine Chassain

    juillet 30, 2018 at 8:43

    Votre analyse me paraît bancale et un peu tronquée. Si elle évoque avec justesse les origines communes modestes du gendarme et du député comuniste en suggérant ( mais j’ai peut être mal compris) une forme « d’aveuglement de classe » du premier, elle néglige d’ évoquer l’attachement d’un certain nombre de Français ordinaires, qui ne font pas partie des puissants ni des parvenus et n’ en partagent pas les intérêts, aux services publics républicains ou du moins, s’ils se déclarent parfois déçus par leur efficacité, à l’idée de ce service de la fonction publique.
    L’idée que le service d’ordre et de sécurité, dans l’affaire Benalla, ait pu se trouver quelque part confisqué aux services publics de police de la République au profit d’agents privés dont les dérives se retrouveraient encore plus banalement sans contrôle possible, est apparue dangereuse et insupportable à beaucoup de Français  »lambda » qui tout compte fait ont une conscience intuitive fort juste que la complexité de l’administration française protège les valeurs égalitaires de notre démocratie autant qu’elle les dessert.
    Quant aux fonctionnaires, ils ont été dans leur ensemble ulcérés par ce camouflet qui blesse profondément, non pas tant leur sens de l’Etat ou du dévouement à la patrie – car ceci vaut presque exclusivement pour les policiers, les gendarmes, les militaires – mais surtout la dimension identitaire de leur travail. On ne peut pas penser l’exploitation des uns par les autres et le sentiment d’injustice qui l’accompagne, exploitation parfois réciproque comme on la lit dans les embourbements contradictoires des auditionnés devant la commission d’enquête, sans inclure cette perspective psychologique fondamentale que les travaux de Christophe Desjours pourraient éclairer.
    Je ne suis pas en train de dire que chez les communistes, on ignore la souffrance psychologique infligée aux professionnels qui font modestement leur travail.
    Mais j’ai le sentiment qu’à vouloir passer l’affaire Benalla par la grille restreinte de la lutte des classes et d’une fracture simpliste entre des parvenus de droite et des ouvriers, vous passez à côté de l’essentiel : à savoir des souffrances individuelles – même chez les puissants carriéristes, il suffisait de voir le malaise de Strodza dont l’ego semblait se déliter littéralement au moment de son audition devant le sénat- générées par le catactère hiérarchique terrorisant d’une administration qui organise à tous les niveaux l’exploitation des uns par les autres et saccage les identités humaines profondes à coup de mises en compétition au « mérite », de promotions oiseuses, d’allégeances lâches et de discours messianques manipulateurs. Est ce à dire qu’il faut pour autant supprimer l’administration publique française ? Je ne sais pas s’il existe de solution de rechange pour faire fonctionner un État de droit.
    Par conséquent, au delà des revendications identitaires que vous développez dans votre article, justifiant à vos yeux vos positions par rapport à la FI, tout cela m’échappant un peu je vous l’avoue, je voulais simplement vous suggérer de vous adresser plus fréquemment aux fonctionnaires qu’on dit si souvent « petits » en soulignant votre conscience de cette tutelle hiérarchique absurde et usurpatrice de prérogatives ou d’avantages infondés qui les humilie au quotidien et les détruit silencieusement puisque les médias en parlent si peu ou si vite sauf quand il s’agit de policiers, les plus touchés il faut bien le dire par les suicides.
    On peut toujours les regarder comme des « traîtres à leur classe inconscients de leur traîtrise et de leur état de soumission  » mais outre le fait que cette vision est réductrice et discutable – car beaucoup en sont conscients mais se sentent prisonniers de logiques qui les écrasent et les imobilisent – elle se prive peut être de nouveaux leviers d’action.
    Enrôler les fonctionnaires dans les luttes pour la défense de leur dignité au travail, de la valeur de leurs choix humains de servir la communauté et la reconnaissance objective de leur engagement sur la base des inégalités scandaleuses de rémunérations entre tous ces échelons hiérarchiques destinés à museler et faire tenir un système d’oppression dont les acteurs involontaires sont aussi les victimes, voilà qui pourrait être une piste pour le regain du PC.
    Pour illustrer mon propos plus concrètement je vous rappellerais qu’en 2018, beaucoup d’ouvriers qualifiés obtiennent en salaires et en primes bien plus de moyens de subsistance que beaucoup de fonctionnaires de la poste ou de l’enseignement. Ne les oubliez pas!
    Reconduire les clivages supposés entre des  » ouvriers en lutte » et de « petits intellectuels étriqués » bloquent à mon sens toute progression des mouvements d’émancipation. Vous m’objecterez pzut etre que les seconds n’ont pas d’excuses parce qu’ils possèdent plus d’instruction et de moyens de penser. Detrompez – vous. On leur confisque le temps de penser quand ils sont au travail et en les épuisant on les a spoliés de l’envie de se cultiver quand ils sont en vacances.
    Christine Chassain

     
  2. histoireetsociete

    juillet 30, 2018 at 9:03

    je pense que je n’ai pas été assez claire, je respecte ce que le gendarme et le député communiste ont en commun, je croyais avoir été claire pourtant… mais je dois sortir et je reviendrai à votre longue interventuion qui me sembler un contresens permanent…

     
    • Christine Chassain

      juillet 30, 2018 at 9:11

      Mais je n’ai pas été assez claire non plus. Je ne vous reproche pas de manquer de respect à ce qu’ils ont en commun. Au contraire je trouve le rapprochement judicieux.

       
  3. histoireetsociete

    juillet 30, 2018 at 1:46

    cher étoile rouge je t’ai demandé déjà une fois d’aller fourguer ailleurs ta propagande du PCRF… franchement je trouve leur démarche déloyale et sans intérêt, j’en dirai autant de la tienne… Si l’avenir est suspendu à un groupuscule et si nous devons laisser le PCF à la bourgeoisie pour vérifier les fantasmes de certains et leur adhésion à Mélenchon, nous n’irons pas loin… Alors je te prie puisque tu n’es pas membre du PCF de nous foutre la paix dans le cadre du COngrès. Il fait une chaleur d’enfer et cela me met de méchante humeur, mais si je ne veux pas me fâcher avec de vieux compagnons de combat, je dois dire que je n’apprécie pas du tout la manière dont il torpillent pour des raisons qui m’échappent mes combats. jamais je n’aurais osé me conduire ainsi envers eux et donc le mieux est de ne pas ouvrir de polémique sur LA NATURE DU PCF, parce que là est le sujet sur lequel nous divergeons. Qu’il s’occupent d’autre chose et qu’en particulier ils nous démontrent leur capacité à faire la Révolution sans jouer les gauchiotes qui passent leur vie à corriger le PCF, ce côté parasite étant ce qui les fonde (les gauchistes pas mes camarades du PRCF pour lesquels j’ai à l’ordinaire une plus grande estime).

     

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