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les appareils hégémoniques : la répression et l’idéologie… Macron, l’Etat c’est moi…

25 Juil
Alexandre Benalla en avril 2016 (DR)

Le président s’estime trahi par son porte flingue.

De face et de profil, celui-ci illustrait en avril 2016 une enquête sur les gardes du corps. Il portait alors ce qui ressemble bien à un pistolet Glock.

Hier dans les débats à l’Assemblée, les questions écrites des groupes, André Chassaigne le président du groupe communiste a eu cette parole essentielle pour décrire la situation:«Ce qui est en cause, ce n’est pas le comportement isolé d’un seul homme, c’est la pratique du pouvoir, c’est la concentration des pouvoirs aux mains d’un monarque, qui affaiblit l’Etat de droit. […] Pour la majorité, l’opposition instrumentaliserait un fait divers pour empêcher la révision constitutionnelle. Si nous ne voulons pas de ce texte, c’est justement parce qu’il affaiblit le Parlement. […] Ce que révèle l’affaire Benalla, c’est avant tout la nécessité de réécrire complètement la Constitution, mais de la réécrire pour redonner le pouvoir au peuple.»

Ce résumé de la situation qui toujours selon le président du groupe communiste devait poser la question de la destitution du président de la République a été de fait illustré par la suite des événements.

le 21 juin 2016, la fête de la musi que à l’Elysée, les obligés du président

Le président  ne parle pas au peuple, mais à son clan: les délits du porte-flingue deviennent « déception » et « trahison »

Après une semaine où on découvrait de jour en jour l’étendue des pouvoirs et des avantages conférés par le pouvoir du monarque à un jeune homme de 26 ans qui faisait le coup de poing contre des manifestants dans une tenue de policier, casque, brassard,et talky walkie, le président a daigné parler.. Son silence sur les agissements de celui dont les syndicats de policier venaient témoigner de la peur qu’il faisait régner dans leur rang, interrogeait. Tout un défilé grotesque de gens, à commencer par le ministre de l’intérieur,  qui au nom de ce qu’ils devaient au président, on refusé de dire la vérité, mentant sur leur connaissance de l’affaire ou refusant la transparence qu’ils avaient pourtant voté comme une des premières réformes. Ce texte que le monarque avait signé face à la presse, dans le mépris de l’assemblée, a été renié. Après toute cette démonstration qui a passionné les Français, qui ont la tête politique et qui se sont sans doute comme nous interrogé non seulement sur la nature des liens qui unissait ce jeune homme à un maître auquel il devait des avantages exorbitants, mais aussi et surtout sur la constitution d’une police parallèle, avec appel à des statuts « officieux », il a paru trop dangereux de continuer à garder le silence.

Nous avons eu droit à la fin de la récré que Macron a voulu siffler à sa manière: non pas à l’Assemblée mais devant sa troupe de godillots méritants pour lui avoir obéi. L’affaire s’est résumée alors en un défi d’un gamin dans une cour de récréation au sein de sa bande, le refus de s’adresser au peuple et la volonté de faire « un coup médiatique:

Alors que depuis une semaine nous assistons au spectacle des silences, des demi-vérités de toute une chaîne de gens qui sont invités à faire un rempart autour du président. Celui-ci renverse la donne ou prétend le faire en fustigeant « La République des fusibles et  la République de la haine». Pas question de se réfugier derrière qui que ce soit pour se protéger. «On ne sacrifie pas des têtes de fonctionnaires, de ministres ou de collaborateurs sur l’autel des émotions populaires», a martelé Emmanuel Macron, en reconnaissant toutefois que «la République exemplaire» dont il s’était fait le chantre pendant la campagne présidentielle, «n’empêche pas les erreurs». À commencer par celle commise avec le choix d’Alexandre Benalla.

L’erreur a bien sur ses limites et Macron a fait applaudir par SES députés la fidélité de son porte-flingue, la loyauté au président passant au-desus de tous les délits, voilà qui laisse mal augurer de la suite des travaux de la commission parlementaire:

« Alexandre Benalla, c’est quelqu’un qui nous a accompagnés pendant la campagne avec beaucoup de courage et d’engagement. Et c’est quelqu’un qui a permis, à un moment où, sortant de nulle part, n’étant protégés et aidés – ce qui est sans doute normal – ni par l’État, ni par les services publics, il était légitime d’avoir des gens qui organisent des déplacements, des réunions publiques. Il a été engagé par le mouvement. Il m’a accompagné avec beaucoup d’engagement. Et quoi qu’il advienne, et quoi qui se passe dans cette affaire, je n’ai pas à oublier cet engagement ou à ne pas me souvenir de ce qu’il a fait. »

applaudissements unanimes de l’assistance émue…

Si Emmanuel Macron a assuré ne pas oublier «qu’il a été un militant très engagé pendant la campagne», il a toutefois expliqué avoir «ressenti les actes du 1er mai comme une déception et une trahison». Dans la foulée, il a démenti plusieurs rumeurs circulant sur le compte de son ancien collaborateur depuis une semaine: «Alexandre Benalla n’a jamais détenu les codes nucléaires, Alexandre Benalla n’a jamais occupé un appartement de 300 m2, Alexandre Benalla n’a jamais eu un salaire de 10.000 euros, Alexandre Benalla n’est pas mon amant».

Cette prise de parole du chef de l’État avait été préparée bien en amont et tenue secrète jusqu’à la dernière minute. Une façon de provoquer un effet de surprise et de continuer de refuser de répondre aux voix qui ne cessent de s’élever dans les oppositions pour que la Président de la République prenne la parole devant les Français, il a simplement remercié un groupe qui avait continué à opposer un deni à toutes les exigences du parlement et des citoyens. . La venue du chef de l’État était en réalité programmée depuis près d’un mois..C’est Ferrand, le patron de ses députés qui a accueilli le président de la République, mais par une porte dérobée, bien à l’abri des regards, pour éviter les journalistes présents à l’entrée de la maison de l’Amérique latine.  l’ensemble des membres du gouvernement avaient également été prévenus pour pouvoir assister à cette mise au point du chef de l’État. «Ils rêvent tous d’une affaire d’État, alors qu’il s’agit en réalité d’une petite affaire Benalla», commentait d’ailleurs le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, peu avant la prise de parole d’Emmanuel Macron.

Et nous avons eu droit à ce puéril défi d »un gamin dans une cour de récréation : « C’est moi le seul responsable qu’ils viennent me chercher! »

On peut douter de l’efficacité d’une telle déclaration, mais elle mérite néanmoins une analyse sur ce qu’elle révèle de ce pouvoir et de ses buts autant que ses méthodes.

 

Mais le fondamental, ce qui in fine a obligé Marcon à intervenir fut-cce sous cette forme c’est que la pression de l’opinion publique ne s’est pas relaché, pas plus que la pression sociale et toute analyse de la réponse à apporter doit partir de ce fait: si la résitance n’est pas à la hauteur des coups portés, elle n’est pas non plus négligeable. Et ce n’est sans doute pas un hasard si l’on peut dire la même chiose de l’existence d’un syndicat comme la CGT et d’un parti communiste qui bien qu’affaibli demeure une force qui n’a pas d’équivalent (à part au Portugal) en Europe. 

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La conquête de l’hégémonie selon Gramsci, où Macron nous mène-t-il?

La déclaration de Macron fait étrangement songer à celle de Benito Mussolini en 1925 et par voie de conséquence on pense au chef du parti communiste italien que le dictateur avait fait emprisonner et qui en mourut, non sans avoir écrit une part importante de son oeuvre théorique.

« Je déclare ici, en présence de cette Assemblée et en présence de tout le peuple italien, que j’assume, moi seul, la responsabilité politique, morale, historique de ce qui s’est produit.
Si les phrases plus ou moins déformées suffisent à pendre un homme, sortez le gibet et sortez la corde ! Si le fascisme n’a été que huile de ricin et bastonnade et non en fait une passion superbe de la meilleure jeunesse italienne, la faute m’en revient ! Si le fascisme a été une association de criminels, je suis le chef de cette association de criminels ! »

(Benito Mussolini, dans un discours à la Chambre des députés le 3 janvier 1925)

le culte du chef fonde la légalité…

Pour Gramsci qui écrit dans sa prison dans laquelle l’a réduit Mussolini,le pouvoir est le produit d’un processus d’appropriation et de transformation des valeurs,  il faut passer de la guerre de mouvement symbolisé par la révolution française et par la dictature du prolétariat des bolcheviques à la guerre de position, celle qui s’empare des  valeurs et les représentations, bref, le système culturel qu’il faut faire évoluer. Toute prise de pouvoir doit nécessairement être précédée par un long travail d’influence idéologique de la société civile. Il faut, par le consentement, installer les valeurs que l’on défend dans le domaine public afin de s’assurer d’une hégémonie culturelle avant et dans le but de prendre le pouvoir. Conquérir les cœurs et les esprits…

Gramsci distingue en effet la « société politique » (institutions, police, armée, justice…) régie par la force de la « société civile » (universités, médias, intellectuels, artistes…) qui diffuse, subrepticement ou ouvertement, une idéologie d’Etat qui permet de maintenir une forme de domination de la population, mais une domination consentie. Dans les sociétés démocratiques comme les nôtres, c’est la société civile qui organise la domination. C’est donc en son sein que la bataille doit être menée.

Ce n’est donc pas un hasard si Gramsci jouit une telle faveur chez les sociaux démocrates puisqu’il est envisagé par eux comme prônant une économie de la prise du pouvoir. Pourtant le fascisme dont il analyse la conquête a utilisé à plein conquête du pouvoir et imposition par la terreur la distillation des idées et l’émergence de points de vue y compris sur la nature du pouvoir. la brutalité, le bellicisme, l’esthétique de la guerre font partie de l’arsenal du fascisme des années trente. Peut-être faut-il  aussi comprendre l’apport de Gramsci comme une réflexion sur la manière dont la conquête du pouvoir d’Etat passe par la nécessité de briser l’appareil d’Etat existant, ses résistances en accomplissant un travail en profondeur sur ses appareils répressifs mais aussi idéologiques. C’est à cette prise de pouvoir, cette manière de briser l’Etat républicain à laquelle nous assistons avec macron.

Macron a surgi sur un fond de discrédit d’une alternance droite-gauche pratiquant la même politique anti-sociale dans la même conception de l’Europe et des expéditions néo-coloniales et une montée des idées xénophobes de l’extrême-droite, un sentiment national dévoyé. C’est sur ce désaveu et le quasi effacement des communistes qu’il a pu devenir président et imposer un groupe à l’assemblée nationale, mais sans pour autant être présent dans tous les rouages de la société civile. La conquête a été opérée est en train d’être opérée à marche forcée.

Il s’est imposé à la fois par peur du fascisme et grâce à un dévoiement de l’aspiration au changement qui a lui aussi d’étrange ressemblance avec le fascisme: mouvement derrière un chef et négation des partis, le tout pour créer les conditions d’une collaboration de classe et étouffer la démocratie, l’expression des antagonismes de classe. Il a prôné « la Révolution » dans son ouvrage, pas nationale européenne. Mais comme la manière d’efface ce que la nation française doit à la lutte des classes, à l’intervention des masses et à l’existence d’une autonomie politique de la classe ouvrière que Marx analysait comme une spécificité française.

Nous assistons à la transformation des appareils de répression, à leur lien direct avec un pouvoir monarchique assorti de formes de privatisation à l’américaine. Mais cette mutation n’est pas la seule, l’appel à la jeunesse se fait dans une révision du passé.

Il y a la nécessité d’analyser les modifications culturelles, dans la la société civile autant que les résistances et leur nature.

Stephen Bern a droit à une émission culte, recréer le Grand échiquier de Jacques Chancel… le dit Stephen Bern flanqué de Lorent Deutsch c’est l’équivalent à la culture de Benella à la mise en place d’une police aux ordres du seul Elysée pour mieux répondre aux intérêts du capital…

Un peu tiré par les cheveux pas du tout… Dans les appareils hégémoniqiues de l’Etat, il y a la répression mais il y a aussi l’aliénation culturelle…selon Gramsci…

Partout, qu’il s’agisse de la représentation nationale, de la police, de ses missions ou du patrimoine national,de la recherche, de la formation, de l’interprétation de l’histoire, nous avons le même cas de figure, des favoris, des gens qui doivent tout au prince et qui doivent lui manifester une totale fidélité dans la réforme accélérée qu’il prétend,d imposer au pays.Partout de la SNCF à la réforme territoriale en passant par la sécurité sociale et les retraites, il faut non seulement offrir des opportunités au Capital, mais aussi mettre à mal l’hégémonie constituée à la Libération et dans les luttes sociales.

Là encore, le système Macron est né sur la manière dont le PS de Mitterrand a transformé les artistes, les intellectuels en courtisan, les a coupé du monde du travail autant que des grands commis de l’Etat. Nous avons désormais une censure poussée très loin sur la création et les couches intellectuelles, mais cette censure là n’est que le reflet de ce qui est infligé aux couches populaires en particulier dans la culture de l’entreprise, la soumission totale au chefs et aux petits chefs. la brutalité que ne désavouerait pas un Benalla. Son modèle se trouve dans l’entreprise, le mépris de macron pour les « perdants », les « illletrés », les ouvriers, « les édentés » disait déjà Hollande..

Comme toutes les formes de fascisme qu’a tenté la bourgeoisie le système mis en place par Macron passe par une corruption de la jeunesse, il est la « jeunesse » même…

Le capital a besoin d’un nouveau type de pouvoir, il doit briser les multiples manières par lesquelles la classe ouvrière, les travailleurs avaient la possibilité de s’exprimer. C’est un travail en profondeur qui s’opère et qui doit être analysé partout dans toute la société civile, dans la culture, en particulier noter le trafic opéré sur le passé mais aussi dans l’entreprise, la négation là encore de cette culture qui était à la base de la formation militante et qui reliait connaissance et refus de l’exploitation.

Le silence fait dans les médias sur les positions des députés communistes, comme la transformation de notre histoire vont dans le même sens. Les médias devenus instrument de propagande ne sont que la caricature de ce silence imposé partout à la classe ouvrière, au prolétariat, aux couches populaires.

Que faire ?

Macron est en train de tenter d’opérer à marche forcée une conquête des appareils hégémoniques de la police à la culture, en passant par la représentation nationale… mais la pire erreur serait de croire que cette avancée est irrésistible et  cette affaire Benalla en est la démonstration, autre chose est la nature de la réponse politique à y  apporter. Les communistes dans le cadre de leur Congrès s’interrogent là-dessus, échangent et dialoguent.

Face à cela il faut certes dénoncer cette destruction mais aussi voir à quel point il faut une alternative d’avenir.

On ne peut pas simplement exiger le rétablissement de la République. Comme on ne peut pas exiger que la police ait seule le droit de frapper les manifestants et pas les barbouzes de l’Elysée.

Parce que la Constitution telle qu’elle est a permis le démantèlement de la SNCF, sous couvert souvenez-vous des « privilèges du statut des cheminots », le démantèlement du code du travail et même en plein dans le blocage des derniers jours,.

Pour en finir avec les conquis de la classe ouvrière, il n’y a pas eu de fuite dans le Monde, ni de guérilla des députés avec à leur tête la droite…

Il ne s’agit pas de se limiter à une nouvelle constitution mais de bien mesurer que celle-ci n’aura de sens que dans un processus culturel au sens où l’entendait Gramsci et qui s’apparentait pour lui à quelque chose d’assez proche de l’appropriation d’une langue par un peuple, l’instrument d’une vision du monde qui plonge ses racines dans les couches populaires au sens que défendait un Pasolini. N’oublions pas la manière dont celui-ci voyait naître le nouveau fascisme, un fascisme abêtissant sans transcendance, sans la geste héroïque de son prédécesseur, ce qui définit assez bien le macronisme, simplement la fidélité au chef.

Seul un parti communiste peut envisager parce qu’il est le seul à parier sur un futur qui ne soit pas reproduction de l’ancien et au nom du prolétariat au sens marxiste du terme, qui correspond à un intérêt général.

Il ne s’agit pas comme l’a dit Chassaigne de défendre la Constitution mais d’en proposer une autre. pas un retour au parlementarisme garantie de la démocratie, non une Constitution qui en priorité s’interroge sur une manière de redonner la parole au peuple, partout, dans son droit à la santé, à l’éducation, à la protection sociale et à l’expression politique partout.

C’est pour cela qu’il faut l’autonomie de ce parti par rapport aux autres forces susceptibles de s’opposer à cette tentative autoritaire et anti-sociale qui sous des formes diverses surgit partout dans le monde.

l’expérience est là qu’il s’agisse de la gauche plurielle ou du Front de gauche, tout ce qui contribue à l’effacement du parti ruine les chances d’un véritable front populaire, nous avons fait ces expériences et l’on peut dire que Macron en est le résultat parce que l’effacement du parti derrière la petite bourgeoisie est incapable non seulement d’opérer la conquête du pouvoir mais d’opérer le travail idéologique, celui de l’hégémonie dans la société civile qui transformera la vision de l’avenir des citoyens.  Ces fusions du parti du prolétariat, du parti révolutionnaire avec la petite bourgeoisie n’ont servi qu’à imposer une contre révolution anti-peuple, anti-sociale et qui donc fait le lit au fascisme.

Pour lutter contre ce que représente Macron, il y aura des oppositions diverses, si se présentent des intérêts communs, il faudra se battre ensemble, mais il est inutile voir préjudiciable comme l’expérience l’a prouvé de constituer avec elles une force permanente, qu’il s’agisse de la gauche plurielle ou du Front de gauche.

danielle Bleitrach
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Publié par le juillet 25, 2018 dans POLITIQUE, THEORIE

 

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