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L’affaire Benalla c’est l’affaire Macron, mais ce n’est pas tout

24 Juil

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Toute la presse étrangère ne s’y trompe pas l’affaire Benalla, c’est l’affaire Macron. Si l’on devait résumer les interventions de hier on dirait que monsieur Collomb, le ministre de l’intérieur ne sait rien et n’a aucune autorité sur ses services et que d’ailleurs il dégage en touche vers les sulbalternes mais aussi l’Elysée. Le préfet de police, Michel Delpuech refuse de jouer les fusibles pour le ministre et il l’accuse de fait d’avoir menti  (sous serment), en démontrant que ce n’est pas lui préfet qui devait prendre l’initiative de l’article 40 mais bien l’Elysée son « corps d’origine ».Un ministre qui ment et feint d’ignorer jusqu’à l »existence du trublion. Le préfet de police a refusé de porter le chapeau, mais il a bien été obligé d’avouer qu’il avait lui même cédé aux caprices élyséens et accordé un permis de port d’arme refusé par le ministère. L’audition la plus redoutable a été sans doute celle de Alain Gibelin, le subalterne du subalterne préfet de police, observateur des mœurs élyséenne et qui nous a expliqué froidement, un que monsieur Benalla n’avait pas la moindre autorisation y compris pour aller jouer les observateurs, et pour se trouver ni à la place de la Contrescarpe et donc au poste de commandement de la police le premier mai. Et il enfonce le clou du cercueil en disant que si l’Elysée a sanctionné son collaborateur cela n’était guère visible puisque celui-ci a continué à vaquer à toutes ses occupations.

Pour accroître le caractère ubuesque de la chose, nous avons le contexte hors champ de la commission en audition. ,Au titre des déclarations incroyables, nous avons celle de   monsieur Castaner sur un plateau de télé, qui a tenté de nous démontrer que lors du défilé des bleus monsieur Benalla était rétrograde au rang de simple bagagiste. Alors que sa mission était sans doute de faire que les bleus soient à l’Elysée pour le journal de 20 heures et donc de les arracher aux supporters massé sur les Champs Elysées. La seconde était la nouvelle révélation de l’Express décrivant les travaux pour le duplex de 100 m2 du quai Branly, travaux estimés à 180.000 euros. ces  faits n’étant que l’illustration des errances auxquelles cette affaire nous invite à assister.

le fin du fin est la prise de position des avocats du jeune Benalla. Une lettre qui mérite d’être lue à plusieurs niveaux. Nous avons la description d’un jeune homme qui se croit tout permis et utilise au gré de ses caprices et de ses pulsions l’appareil de répression de l’Etat et reste stupéfait qu’on puisse le lui reprocher, mais aussi plane quelque chose de l’ordre d’une menace: « en m’attaquant moi c’est la présidence que vous tentez de faire tomber. ». Étonnant effectivement.

Les turpitudes des favoris de l’empereur ou la fin de l’empire? 

Il y a deux manières historiques d’analyser ces délires, on a déjà vu ça dans le traitement réservé aux turpitudes des empereurs romains. Il y a les historiens complaisants et qui sont de grands conservateurs qui insistent sur les moeurs et les dépravations sexuelles, les accès de mégalomanie des empereurs.cette voie là aujourd’hui ne manque pas d’adeptes. Les réseaux sociaux bruissent de réflexions sur la nature des services privés rendus par le favori, l’homosexualité supposée de l’empereur. Comme d’ailleurs son côté jupitérien, mégalomane, narcissique. Une manière de prendre les problèmes assez proches de la description de la fin de l’empire romain, mais aussi de la fin contemporaine de l’empire américain tombé dans le caniveau de Trump.

Cela réjouit les amateurs de ragots et nous en sommes tous, mais cela n’a qu’un intérêt relatif pour la vérité qui devrait nous concerner, parce que cela évite de se poser des questions sur le rôle que l’Elysée attribue à ses propres services dans une manifestation contre sa politique anti-sociale. Politique, qui ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Dans la mire du président et de ses affidés, il y a les retraites, la sécurité sociale, ce qui intéresse les bailleurs de fond qui l’ont placé là. Jusqu’où seront-ils prêts à aller pour avoir la politique qui convient au capital. Macron a été un argument contre le fascisme qui nous menaçait mais si le maintien du capital et de son accumulation exigeait le fascisme?

Quand l’on se déguise en policier, il est aisé de se déguiser en « casseur ». Et c’est là que le « favori » prend sa véritable dimension puisqu’on a également appris que cet individu préparait une réforme de la police autour du président. Une réforme qui fait fi des services de la police, de la gendarmerie, de  la garde républicain, et qui dépendrait seulement de lui, une garde prétorienne, « à l’américaine », c’est-à-dire faisant appel à de nombreuses sociétés privées de sécurité. Cette réforme là complète  les autres; celles contre lesquelles protestaient les manifestants du premier mai. Elle annonce que pour aller exercer contre les travailleurs, le retraités une répression sans entrave légale, il fallait en finir avec les traditions républicaines, la légalité? Comme il faut en finir avec le contrôle du Parlement, avec les partis et tout subordonner à l’homme providentiel à qui les favoris doivent tout.  Qui a joué les gorges profondes dans cette affaire et au nom de quelle conception de l’Etat? En écoutant Alain Gibelin, on se dit que les candidats aux fuites ne manquent pas…

La réforme des institutions envisagées par Macron et qui renforce ses propres pouvoirs, était en débat au parlement, sa discussion a été interrompue par » l »Affaire ». Pouvait-on continuer dans cette voie alors qu’éclatait au grand jour la manière dont le zèle réformateur élyséen conduisait à l’arbitraire?  Il ne s’agit pas seulement de LUI, Macron, mais bien de ce vers quoi les tentatives d’échapper au déclin nous conduisent.  De quelle police ne voulons nous pas? Quelle société?

Ce que révélaient les turpitudes d’un Néron vu par Suétone et d’autres c’était la fin d’un mode de production esclavagiste et la chute de l’empire romain, la pourriture des institutions. Nous en sommes là, non seulement en France mais dans le monde, les scandales privées abondent et les subalternes refusent de jouer les fusibles. L’affaire Benella c’est l’affaire Macron, deux pions que les sociétés d’assurance, le capital, la finance, les marchands d’armes, ont pu prendre dans le vivier du PS pour en faire leurs hommes lige dans la destruction des conquis français. Une Ve République qui porte à un niveau caricatural la toute puissance présidentielle et l’impossibilité pour le prolétariat de prétendre défendre politiquement son droit à la vie pour lui et ses enfants. Ou comment effacer parfois avec la complicité de ses dirigeants, le parti qui les représente et faire de la petite bourgeoisie ses obligés? La vague est profonde et ne concerne pas le seul Macron.

De quoi Macron est-il le nom ? 

La manière dont un tel système peut s’épanouir à partir de la gauche et de la droite pour mieux donner force à l’extrême-droite qui se repaît du « tous-pourris » effectivement peut désormais se concentrer dans la figure de Macron et de ses proches qui lui doivent tout, ce qui est la définition du favori. Que tout ce beau monde soit stupéfait quand il découvre qu’il ne jouit pas de l’impunité totale en dit long sur la nature des illusions qu’engendre un tel type de pouvoir. Il n’y a plus d’institutions, on change tout en fonction de soi-même, de la puérilité de ses désirs autant que des intérêts de ses bailleurs de fond. Notons le rôle de corrupteur et de corrompu que l’on fait jouer à la jeunesse, qu’il s’agisse de celle de Macron ou celle de Benella, c’est le portrait de Dorian Gray, ce portrait qui en secret vieillit et se décompose tandis que celui qu’il représente paraît vouer à une éternelle jeunesse qui en fait l’irrésistible corrupteur. Le politique c’est la mobilisation des énergies autour d’une personnalité qui symbolise le « renouveau » mais qui est en général issu de la décomposition la plus avancée du système.

Tout ce qu’il y a de plus pourri en France est désormais mobilisé pour la survie du système. De la dénonciation de la Révolution française, l’apologie de la royauté exigé des historiens à l’utilisation du passé colonialiste est utilisé pour la défense du capital et de son bras armé les Etats-Unis. On refait l’histoire au seul profit des exploiteurs et des féodalités.et la haine des Révolutionnaires.

Cela relève de la fin de la Ve République mais aussi de la mondialisation… C’est Trump et ses scandales auxquels on pense, mais c’est aussi la manière dont on tente par le racisme, le fascisme de diviser les victimes…

Il faudrait également pour que la description soit complète noter la manière dont l’ex-empire colonial -et toujours terrain du rôle de supplétif que l’on accepte de jouer pour l’empire américain-, se fait entendre. J’ai ici même noté les parentés qu’un Benalla avait avec un avocat algérien, Karim Achoui, radié du barreau et proche des gens comme Dumas, Vergés et fondateur d’une association contre  les discriminations judiciaires anti-musulmanes. Ce à quoi il a été immédiatement soulevé le fait par une faction du pouvoir algérien (voir article d’Alger patriotique), le rôle de Benalla auprès de Rabat, ce qui nous ramène aux barbouzes. Effectivement, ce gamin qui alors n’a qu’une vingtaine d’années, a œuvré dans une société de sécurité privée, voir dans les réseaux de nadja Belcacem mais aussi de Rachida Dati. Tout un enjeu qui rapproche le communautarisme de Sarkozy de celui d’un Valls, et dans lequel roi du Maroc mais aussi Tel Aviv sont présents. Il faut lire les commentaires de l’article d’Alger patriotique pour mesurer la manière dont Algériens et Marocains sont pris, comme nous, dans des enjeux nauséabonds.

Ce qui confirme non seulement le rôle de barbouze mais la manière dont un gamin de 20 ans, c’est son âge à l’époque peut être mêlé à tout cela en prenant pied dans une gauche « atlantiste », parce que là est bien le fond, c’est une certaine conception de l’UE mais aussi des bonnes œuvres de l’OTAN. Mais ce qu’il faut noter c’est la manière dont l’Algérie, le Maroc et les anciennes colonies sont elles mêmes pourries par  des enjeux communautaristes et avec lui le prolétariat français.  Et évidement, le Benalla en question est devenu « un juif » pour les antisémites algériens, encouragés par une certaine gauche comme par l’extrême-droite ce qui permet comme les questions sexuelles de masquer la nature de classe de telles alliances et de ne pas s’inquiéter outre mesure sur ce qui se passe en Europe et dans le Maghreb. . Là encore on remarquera que Algériens et marocains s’entendent au moins sur un point faire sauter le fusible juif pour masquer ce que toute cette racaille doit au maître américain que servent fidèlement depuis Sarkozy les présidences et leurs expéditions coloniales, avec toute la complaisance de figures bien connues de l’atlantisme comme BHL.Oui ici aussi la gauche et la droite ont longtemps oeuvré pour substier au droit y compris international la figure de l’ingérence légitime au nom de pseudos droits de l’homme…

OUi l’affaire benella c’est l’affaire Macron. Mais de quoi Macron est-il le nom ?

Danielle Bleitrach

 

 
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Publié par le juillet 24, 2018 dans actualités, POLITIQUE

 

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