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MEXIQUE : López Obrador, qui sera-t-il ? Que fera-t-il ? 

10 Juil
Cet article dit l’espérance d’un continent ‘l’Amérique latine) face à l’élection de Lopez Obrador, mais il dit aussi la violence entretenue par le puissant voisin américain, ce qu’un tel président peut avoir à craindre des Etats-Unis, depuis les coups d’Etat à apparence légale comme au Brésil, les assassinats comme Chavez et Allende, la déstabilisation par des voyous d’extrême-droite que l’on baptiste opposition démocratique comme au Nicaragua et la corruption comme en Equateur. Toujours plane l’ombre victorieuse de Fidel Castro et Cuba comme une voie d’espérance (note de danielle Bleitrach)
LAPUPILAINSOMNE.WORDPRESS.COM

De nombreux analystes parlent et écrivent sur le profil que prendra le gouvernement du nouvel élu Andres Manuel Lopez Obrador. Sera-t-il de gauche, de centre-gauche ou de centre-droit ? Ce qui est certain, c’est que la réalité transcende ces efforts de classification et montre deux choses essentielles qui sont très claires dans ses discours, dans ses livres et dans sa trajectoire : AMLO est anti-néolibéral et nationaliste, et être ces deux choses à la fois en Amérique latine, en 2018, est suffisant. Le chemin des nationalistes et des anti-néolibéraux est pavé de défaites populaires presque toujours dues à des interventions étrangères, sournoises ou non.

Dans son livre « La mafia qui s’est emparée du Mexique … et 2012″, publié en 2010, un minutieux et impressionnant parcours de Lopez Obrador sur trois décennies de politique mexicaine, fixait dix objectifs pour gagner l’élection dans l’année reprise dans le titre :

1. Sauver l’état et le mettre au service du peuple et de la nation.

2. Démocratiser les médias.

3. Créer une nouvelle économie

4. Combattre les pratiques monopolistiques.

5. Abolir les privilèges fiscaux.

6. Faire de la politique un impératif éthique et mettre en œuvre l’austérité républicaine.

7. Renforcer le secteur de l’énergie.

8. Atteindre la souveraineté alimentaire.

9. Établir l’état de bien-être.

10. Promouvoir un nouveau courant de pensée. »

Dans son discours de victoire, certes conciliant, prudent et équilibré, AMLO a été plus modeste, comme tous ceux qui arrivent au gouvernement et doivent faire face à une machinerie diabolique prête à déstabiliser le pays qu’ils vont diriger, mais s’engage aussi à balayer la corruption – « la transformation que nous allons effectuer consistera essentiellement à bannir la corruption de notre pays » – il n’a cessé de dire des choses comme :

« Pour le bien de tous, d’abord les pauvres »
Et
« En politique étrangère, le retour aux principes de non-intervention, d’autodétermination des peuples et de règlement pacifique des controverses »

Malheureusement, proposer ce qui devrait être normal et même nécessaire, est déjà une menace : Fernando Lugo a-t-il prétendu plus que cela dans le petit et pauvre Paraguay ? Sans parler des autres grands pays dont les dirigeants sont aujourd’hui persécutés par la judiciarisation de la politique, tant à la mode dans la région, ou qui subissent des coups d’état plus ou moins clandestins et plusieurs fois réussis.

Alors, pourquoi AMLO a-t-il pu arriver au gouvernement ? N’était-il pas plus facile de l’empêcher de l’atteindre plutôt que de le faire échouer, ou de chercher mille et une façons de le faire sortir de là ? Au Mexique, quatre périodes électorales ont utilisé la première méthode de manière plus ou moins évidente mais toujours sale : l’une avec Cuauthémoc Cárdenas et les trois autres avec López Obrador.

La violence, le trafic de drogue et la corruption qui les ont accompagnées ont transformé le Mexique en un État détruit, et cela ne convient ni à son puissant voisin du Nord, ni à ceux qui ont besoin d’être rassurés pour leurs investissements. L’échec de la stratégie mise en œuvre par Felipe Calderón et maintenue par Peña Nieto, a rempli de morts un pays où, en moyenne, 85 personnes par jour sont tuées.

Au cours de ces 24 années, le néo-libéralisme a avancé au Mexique sous la férule du traité de libre-échange avec les États-Unis et le Canada, ce qui a permis aux élites de retarder l’arrivée du point critique d’une crise qui ne peut plus être gérée, parce que ce même traité a créé plus de problèmes qu’elle n’en a résolus, de sorte qu’une partie de ces élites est d’accord avec AMLO, me rappelant ainsi un intellectuel mexicain qui affirmait que la gauche latino-américaine était devenue l’ambulance de la droite, en ressuscitant un système moribond et en le lui livrant pour qu’elle continue à en profiter. Peut-être pense-t-elle qu’avec le chef de Morena, elle pourra faire la même chose.

Au cours des deux dernières décennies, de nombreux gouvernements anti-néolibéraux en Amérique latine sont arrivés au pouvoir et sont tombés. Seuls ceux qui ont réussi à faire les transformations les plus profondes ont survécu, mais aucun d’entre eux a dit, le lendemain de sa victoire, qu’il abolirait le capitalisme ni qu’il affronterait Washington.

Si on lit les discours de Fidel dans les premières semaines de 1959, on trouvera les aspirations de Lopez Obrador : L’honnêteté dans l’administration publique, le bénéfice populaire et des relations respectueuses avec tous les pays, y compris les États-Unis, mais ni l’oligarchie cubaine, ni son puissant protecteur du Nord, étaient prêts à tolérer le partage des terres et la distribution de logements entre les mains d’un petit nombre, pour combattre la misère, ce que Fidel avait revendiqué lors de son procès pour l’attaque de la caserne Moncada six ans plus tôt.

Près de soixante ans ont passé et les « victimes » de la révolution ont appris quelque chose. Contrairement à ce qu’Eisenhower a fait avec Fidel, au moins Trump recevra et parlera avec AMLO, comme Bush a également reçu Lula… mais le temps passe et les choses se compliquent quand elles commencent à affecter les intérêts si, comme le président élu du Mexique l’a promis, les contrats d’énergie signés avec les particuliers sont revus pour prévenir tous actes illégaux ou de corruption.

Certes, en ce qui concerne la possibilité, que beaucoup évoquent, d’une mort violente de López Obrador, ou même d’un coup d’Etat militaire au Mexique, il ne faut pas oublier que le suicide d’un leader socialiste dont la devise était « honte à l’argent » et son symbole un balai pour balayer la corruption, suivi d’un coup d’Etat, a ouvert les portes à un jeune politique du même parti, appelé Fidel Castro, pour faire la révolution la plus radicale de l’hémisphère occidental.

Muchos analistas hablan y escriben sobre el perfil que tendrá el recién electo gobierno de Andrés Manuel López Obrador, si será de izquierda, de centro-izquierda o de centro-derecha
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1 commentaire

Publié par le juillet 10, 2018 dans Amérique latine, INTERNATIONAL

 

Une réponse à “MEXIQUE : López Obrador, qui sera-t-il ? Que fera-t-il ? 

  1. jehaislescookies

    juillet 10, 2018 at 5:39

    une mort violente, ou une mort lente comme Chavez (les services secrets savent comment susciter des cancers depuis au moins les années 60, alors …)

     

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