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Espagne. Investiture de Pedro Sánchez, nouveau chef du gouvernement espagnol

05 Juin

encore une fois l’Espagne présente une situation originale, un fort mouvement populaire et une union d’un parti communiste régénéré, débarrassé de l’Eurocommunisme,renouant avec les fondamentaux, qui a fait l’union avec la partie non anti-communiste de Podemos, propose son analyse de l’éviction de Rajoy et des tâches à accomplir (note de danielle Bleitrach)

Communiqué PCE. 1er juin 2018
Source : http://www.pce.es/docpce/pl.php?id=6316

Le PCE (Parti Communiste Espagnol) a soutenu la motion de censure qui a expulsé le PP (Parti Populaire) du gouvernement de l’Espagne après 7 ans de restrictions budgétaires et de corruption, et a investi comme nouveau chef du gouvernement, le secrétaire général du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol), Pedro Sánchez. Nous l’avons fait pour des raisons que nous considérons partagées et comprises par la majorité de la société espagnole : Le besoin d’expulser du gouvernement le parti de la corruption et du pillage.
La motion de censure a mis fin à la situation que nous avions cherché à éviter après les dernières élections générales, en travaillant alors pour constituer une gouvernement de progrès qui empêche le PP de continuer à gouverner l’Espagne et qui garantisse le respect de la démocratie. Cela n’avait pas été possible à l’époque et l’Espagne a payé un prix très cher : l’accroissement des mesures néolibérales qui ont aggravé les conditions de vie des travailleurs et travailleuses, une crise territoriale incontrôlable, un recul des libertés fondamentales et l’augmentation de la répression. Nous nous réjouissons d’avoir maintenant l’occasion d’inverser les conséquences tragiques du gouvernement du PP, alors que l’Espagne a perdu deux ans en étant gouvernée par le parti le plus corrompu d’Europe.

Les années de gouvernement du PP ont rendu habituelles et structurelles la corruption – Gürtel, Púnica, Barcenas, etc-, le pillage des deniers publics pour financer le parti et enrichir ses dirigeants, la manipulation des juges et des procureurs – pour se protéger et chercher à garantir l’impunité des corrompus, et la manipulation des médias de communication publics pour se couvrir et distraire l’attention, fort heureusement sans le réussir pleinement.

Il fallait expulser le PP à cause de ces corruptions multiples et nous y sommes arrivés grâce au travail d’enquête et d’alerte des journalistes, des pétitions populaires, de nombreux juges et procureurs, de policiers et de gardes civils. Grâce à leur travail on connait la vérité et on avance pour que justice soit faite sur les crimes commis par les élites politiques du pays et qui ont provoqué des dommages qu’il est indispensable de réparer maintenant.

Il fallait expulser le PP à cause de ses politiques économiques de restrictions budgétaires et de démantèlement de l’Etat Social, avec leurs conséquences tragiques pour la classe au travail et avec leurs attaques constantes et la compression des libertés démocratiques.

Et nous l’avons réussi, nous qui remplissons les rues et les places pour lutter contre les réductions des services publics, des droits sociaux et du droit du travail, contre la précarité et la corruption, contre les violences machistes, en défense du système de retraites publiques, contre les expulsions et pour le droit au logement, nous qui dans la rue avons dit « Non » à ce gouvernement, en démontrant que la société disait : Basta. Aujourd’hui nous avons une victoire, nous devons la célébrer.

Nous l’avons réussi grâce aux 67 sièges de députés de Unidos Podemos, fruits en grande partie de tous ces luttes populaires, comme le sont aussi les Mairies arrachées au bipartidisme, nouvelles institutions créées à partir de la mobilisation populaire et la convergence.

Les député.e.s de Unidos Podemos ont été la clef du succès de la motion de censure. Elles et ils sont la garantie que le nouveau gouvernement accomplira les tâches qui permettront de convoquer des élections générales dans un climat de normalité démocratique.

Nous considérons que les tâches indispensables que doit aborder le nouveau gouvernement sont :

  • Clore l’étape de la corruption : En finir avec les pratiques corrompues depuis les pouvoirs publics, garantir les conditions et les moyens pour que la justice agisse de manière impartiale et garantisse qu’il n’y a pas d’impunité pour les crimes de corruption.
  • Régénérer la justice et garantir la pleine jouissance des droits civils et politiques. En finir avec les limitations à la liberté d’expression et de manifestation, et garantir l’impartialité des médias de communication publics.
  • Abroger les mesures réactionnaires du PP comme la réforme du travail, la LOMCE sur l’Education, la réforme des retraites et la loi « bâillon » sur les libertés publiques, garantir l’accès au logement, modifier la loi sur les hypothèques et mettre en route des mesures d’urgence contre le chômage, l’exploitation et la précarité croissante pour récupérer une partie des droits spoliés.
  • Normaliser la situation en Catalogne en commençant par un large dialogue pour arriver à des accords politiques qui reconstruisent le « vivre ensemble » où nous défendrons un modèle d’état républicain et fédéral.
Ce gouvernement peut servir pour réparer ce qui a été détruit par le PP. Mais nous ne croyons pas qu’un gouvernement du PSOE réunisse les conditions permettant de mettre en route les nouvelles politiques de changement pour construire une société plus juste, ni par son fragile poids parlementaire, ni par son programme politique. C’est un gouvernement provisoire, peut-être utile pour aborder les tâches urgentes évoquées ci-dessus, mais qui peut difficilement aborder les grandes transformations dont a besoin notre pays au niveau politique, économique et social. Notre soutien au président Sánchez dépendra de l’adoption par son Gouvernement des mesures urgentes que nous avons citées pour régénérer la démocratie et améliorer en urgence les conditions de vie de notre peuple. En cela nous serons exigeants.
Et Pedro Sánchez ne doit pas oublier qu’il est président deux ans après des élections générales, à cause de son erreur quand il a fait confiance à Ciudadanos, le parti qui considère que c’est « terrible » d’expulser les corrompus du gouvernement. « Terrible » vient de terreur et il semble bien qu’Albert Rivera exprime inconsciemment la terreur que provoque la démocratie chez les banquiers et les riches de notre pays, ceux qu’il représente si bien : la terreur de perdre le statut que ceux-ci leur ont fabriqué, la terreur de devoir suivre le chemin qu’a dû prendre Rajoy. La peur, sur laquelle croît le fascisme, qui se développe aussi à partir de l’ignorance que développent les moyens de communication derrière qui se cachent les banquiers et les patrons.
Effectivement, la peur va changer de camp et avec ses mots, Rivera démontre qu’il a peur de ces « espagnoles et espagnols » dont il parle tant. « Ciudadanos » a peur parce qu’ils savent que leur discours phalangiste et patriarcal, xénophobe et excluant, leur soutien inconditionnel au PP, parti le plus corrompu d’Europe, apparaît de plus en plus clairement. Il est clair que Ciudadanos est la même chose que le Parti Populaire, avec une plus grande dose d’opportunisme, c’est à dire un danger pour l’Espagne.

Alors que la majorité du peuple espagnol célèbre l’expulsion du PP ou l’accepte comme un acte démocratique, nous constatons également que les médias derrière lesquels se cachent les banques, parlent de « chaos » et de « catastrophe ». En voilà encore qui ont peur des « espagnoles et des espagnols ».

Dans ce nouveau contexte, nous réaffirmons la nécessité de renforcer l’unité populaire et la convergence des forces de gauche, de renforcer l’organisation populaire, celle de la classe des travailleuses et travailleurs pour continuer les luttes, unique garantie pour réussir les changements auxquels nous aspirons et qui doivent ouvrir le processus constituant ver la IIIème République des travailleuses et travailleurs de tous les peuples d’Espagne. Notre défi le plus proche est celui des prochaines élections municipales, autonomiques, et particulièrement les prochaines élections législatives que le PCE considère devoir être célébrées le plus rapidement possible, une fois que les institutions auront été décontaminées du mal immense qu’a engendré le Parti Populaire.

Aujourd’hui, nous célébrons le fait d’avoir expulsé le PP par la lutte et par les urnes.
Demain, il faut continuer la lutte pour faire le ménage dans les institutions de la corruption et pour récupérer les droits qu’ils nous ont volés.
Il faut continuer à construire l’unité populaire et la convergence politique vers la IIIème République.

Secrétariat du Comité Central du PCE

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