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Chine : la remarxisation des universités sous Xi Jin-ping vu

17 Mai

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Il est intéressant de comparer la manière dont cet article qui n’est pas particulièrement favorable – c’est une litote- à l’affirmation de marxisme par Xi jinping – et qui l’analyse simplement comme une reprise en main de « l’appareil »- avec le compte-rendu de Monika. En lisant attentivement ce qu’elle voit et entend d’une manière certes encore empirique et qui devra certainement être approfondie, mais en percevant bien la manière dont elle a, selon moi, très finement perçu les différents courants présents à l’université, y compris une radicalisation, mais aussi une tendance au libéralisme, le rôle joué par des éléments venus de l’armée et du parti.Notez que l’article insiste comme de bien entendu sur la surveillance dont seraient victime à l’étranger, il y a quelque chose encore plus intéressant que cette habituelle référence au « totalitarisme »(sic) chinois, c’est la manière dont la diaspora chinoise y compris les scientifiques se sentent de plus en plus concernés par la Chine et le partage des recherches et ressources entre la Chine et le pays où ils sont installés. Le phénomène est particulièrement marqué en matière de nouvelles technologies et intelligence artificielle.  En outre, l’article insiste sur l’excellence de l’enseignement chinois et voit la un paradoxe avec l' »imposition » du marxisme, Il est clair que nous sommes devant la manière dont la CHine ne cesse de surprendre le monde. Le jour où elle se réveillera disait Napoléon, c’est fait et depuis la Révolution, ses continuités et ses mutations. (note de danielle Bleitrach)

affiche à la gloire de la remarxisation par Xi Jin-ping

En ligne le 15 décembre 2016

Une Conférence nationale de travail idéologique et politique s’est tenue les 7 et 8 décembre à Pékin. Xi Jinping, en cette occasion, a prononcé un discours important : « Comme l’enseignement supérieur est un facteur clé dans le potentiel de développement d’un pays, il est urgent pour la Chine d’améliorer sa qualité ».

« Améliorer » dans un tel contexte, cela signifie une seule chose : réaffirmer la doctrine, ce « socialisme aux caractéristiques chinoises ». C’est « l’histoire unique de la Chine, sa culture et ses conditions nationales » qui en dictent le besoin. « Les institutions d’enseignement supérieur de la Chine sont sous la direction du Parti communiste chinois : l’enseignement supérieur doit être guidé par le marxisme et les politiques du parti en matière d’éducation doivent être pleinement appliquées. »

L’idée du régime chinois est ainsi de faire des écoles, des collèges, et des universités chinoises « des bastions de l’enseignement du Parti ».

Depuis plusieurs années, les médias d’État déploraient que les étudiants aient perdu de l’intérêt pour l’idéologie officielle. Les jeunes chinois, pourtant, de l’école primaire à l’université, doivent suivre des cours de « politique » ou de « marxisme », donnant lieu à des examens. Mais ce n’est pas suffisant. Comme les médias, les écoles et les universités font partie de ces zones où le parti communiste veut maintenir son contrôle…

Xi Jinping affirme donc : « la responsabilité principale » de l’enseignement supérieur : cultiver des successeurs à la cause socialiste. Et pour cela, il doit obligatoirement, plus que jamais, « adhérer à une orientation politique correcte ». Les enseignants doivent être à la fois les « diffuseurs de l’idéologie et de la culture avancées » et de « fidèles partisans de la gouvernance par le Parti. »

Reprenant les termes mêmes d’un de Staline en 1932, le président chinois a déclaré à son auditoire que les enseignants étaient des « ingénieurs de l’âme humaine » dont la « mission sacrée » était d’aider les élèves à « améliorer leur qualité idéologique, leur conscience politique, leurs caractéristiques morales et leur qualité humaniste ».

Le travail est à réaliser sur les individus eux-mêmes. La théorie marxiste doit devenir « le fondement idéologique de leur vie ». Il faut qu’ils aient une confiance sans faille dans « les grands idéaux communistes et le socialisme aux caractéristiques chinoises. »

Expert en droit chinois et en politique de l’Université Fordham à New York, Carl Minzner, juge ainsi que les choses sont claires : « Ce que vous voyez est une réaffirmation du contrôle idéologique parce qu’ils estiment que les collèges et les écoles sont les foyers d’idées qui pourraient être problématiques : idées de constitutionnalisme, idées de libéralisme. Il s’agit d’un effort pour répondre à la question, « comment pouvons-nous contrôler plus étroitement tout ça ? » Et il semble que c’est très certainement ce qui va être mis en place à travers toutes les écoles de la Chine au cours des dix prochaines années. « C’est capital ».

Depuis l’arrivée de Xi en novembre 2012, aux commandes de la Chine le processus de remarxisation totalitaire s’est aggravé.

En 2013, le professeur d’économie Xia Yeliang connu pour avoir prôné des réformes politiques démocratiques, est limogé de Beida, la grande université de Pékin. Les autorités universitaires s’étaient alors engagées à « renforcer le contrôle idéologique sur leurs enseignants et étudiants, pour défendre la pensée marxiste ». Les étudiants et les professeurs allaient être désormais « aidés » afin de conforter leurs capacités de jugement des valeurs démocratiques occidentales. Les pensées « néfastes » au parti communiste chinois doivent être éradiquées.

Quelques mois plus tard, des journalistes furent même envoyés dans les salles de cours pour dénoncer les universitaires qui ne soutenaient pas suffisamment le système politique du pays.

En 2015 Chen Baosheng ministre de l’Éducation annonce que les manuels scolaires faisant la promotion des « valeurs occidentales » seraient désormais bannis des universités.

Carl Minzner souligne le paradoxe qui consiste à vouloir en même temps donner aux établissements d’enseignement chinois un statut d’institutions de classe mondiale et certaines de ses écoles de premier plan sont déjà assez bien notées à ce niveau. Le classement 2016 des meilleures universités des pays émergents établi par le Times Higher Education accorde à la Chine les deux premières places du podium. Le régime chinois continue également à développer 481 « écoles internationales » fournissant un programme partiellement ou totalement en anglais.

Et le gouvernement surveille de façon intense tous ses étudiants qui partent étudier à l’étranger. Un étudiant chinois étudiant à l’Université de Géorgie confiait ainsi : « Tout ce que nous disons en dehors du pays ou toute activité politique dans laquelle nous nous impliquons pourrait être utilisé comme preuve pour des accusations criminelles contre nous à notre retour.

Revenir au fil de nos chroniques →  R

 

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