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Du bon usage de Marx en cas de défaite des révolutionnaires et mon expérience cubaine

07 Mai

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Rien sinon l’imbécilité qu’il appréciait modérément y compris dans son rôle de dirigeant politique (« les ânes disait-il supportent difficilement les âniers ») ne semblait décourager Marx d’être un Révolutionnaire. C’était je le crois une preuve supérieure d’intelligence.

Voici ce qu’il écrivait en octobre 1850, tandis que se confirmaient partout reflux et répression des mouvements qui avaient embrasé l’Europe en 1848.

« Les agitations politiques des six derniers mois se distinguent fondamentalement de celles qui les ont précédées directement. Partout,le parti révolutionnaire se trouve rejeté de la scène, et les vainqueurs se disputent les fruits de la victoire. Ainsi, en France, ce sont les multiples fractions de la bourgeoisie, et en Allemagne les divers princes. les démélés se poursuivent dans le plus grand vacarme, et la rupture déclarée, la décision par les armes paraît inévitable; toutefois, ce qui l’est moins, c’est que les armes restent tranquillement dans leur fourreau et que l’indécision se dissimule sans cesse de nouveau derrière des traités de paix, pour préparer un autre simulacre de guerre.

Considérons d’abord la base réelle sur laquelle se déroulent ces remous superficiels. »

Ce que produit donc la défaite c’est le rejet à la périphérie, la marginalisation des révolutionnaires. Dans un précédent article à propos de la contre-révolution de 1991 et de la chute de l’URSS, j’ai décrit la perte de centralité et d’universalité qu’avaient subi les communistes français et qui se poursuit, il faut considérer que c’est effectivement le fruit de la défaite plus ou moins bien affrontée. La seconde caractéritique c’est que les vainqueurs ou ceux qui se croient tels se disputent les fruits de leur victoire sur le mouvement ouvrier, la bourgeoisie divisée en multiples fractions, de la droite au Parti socialiste ne cessent de se diputer pour bénéficier du pillage, la politique n’est plus que manoeuvres, jeux de sérail, dans lesquels les moeurs de spadassion tiennent lieu de perspective politique pour la nation, des aventuriers à la Tapie ou à la Cohn Bendit, sont censés parodier le peuple. Celui-ci se replie et s’abstient, tandis qu’une partie des déçus et de la toute petite bourgeoisie peut refluer vers l’extrême-droite. Comme l’avait remarqué un militant communiste à cette époque : la lutte des classes devient la lutte des places.

Autre notation saisissante, au niveau international, chacun s’agite pour élargir ses propres prérogatives dans le pillage, l’affrontement paraît inévitable mais se déroule sur des terres étrangère, comme au plus beau temps du colonialisme on se fait la guerre dans des lieux de sous développement, des zones arrachées à l’ennemi vaincu, de la Yougoslavie à l’Irak, en passant par la libye, la Syrie, la Géorgie, l’Ukraine et la Corée dans le Pacifique, partout l’affrontement n’est pas direct mais cela se rapproche.Nous sommes depuis 1991 dans les simulacres de guerre dont les victimes réelles sont comme hier les peuples du Tiers monde, ceux dont l’exploitation se poursuit.

Le conseil de Marx est le meilleur : « Considérons d’abord la base réelle sur laquelle se déroulent ces remous superficiels »

Si l’on n’est pas ce titan de la pensée, on a du mal à considérer le fond des choses, alors que l’on se débat dans la vague réactionnaire, que contre vous s’instaure une censure systématique qui se poursuit aujourd’hui. Heureusement que j’ai bénéficié de l’aide intellectuelle de ce qui se faisait de mieux à l’époque en matière de résistance révolutionnaire à savoir les dirigeants et le peuple cubain.

L’apport des Cubains à la manière de faire face à la défaite et la lâcheté des « dirigeants » français

Quand en 1994, je rencontre Jorge Risquet qui dirige la délégation cubaine au Congrès du parti Marxiste léniniste de l’Inde à Chandigar alors que je suis la représentante français, il m’invite à Cuba, nous sommes en janvier et je réponds à son invitation en août de la même année. Grâce à Cuba, je découvre une manière de résister à la contre-révolution qui a déferlé en 1991 et la « base réelle » sur laquelle s’opère cette incroyable résistance. Quand je parle de Cuba à mes camarades français de la direction du parti, au meilleur des cas comme Henri Malberg ils me traitent de romantique et me disent « danielle dans 6 mois, ce sera la fin, nous ne pouvons pas supporter le choc d’une nouvelle déception! » Au pire, ils agiront comme le directeur de l’humanité Patrick le Hyarec, ils parraineront « un dissident cubain » que leur présente Robert ménard, alors président autoproclamé de reporter sans frontière, et qui partout se fait une spécialité de traquer les dictatures communistes. Comme lui il publient les billets assez écoeurant de Régine desforges qui ne parlent que de la prostitution à Cuba, alors que moi je vois l’héroisme des femmes cubaine, elles n’ont rien pour nourrir leurs familles, pour les habiller, les médicaments manquent, on soigne un staphylocoque doré avec de l’eau chaude. Heureusement les enfants ont droit à du lait, de la nourriture en priorité. Mon ami Jorge Risquet qui souffre mille morts de ce que subit son peuple, m’explique le soir qu’il a du choisir entre une cargaison de lait en pourdre pour les enfants et de l’engrais pour la canne à sucre. Il  me fait vivre en tant que dirigeant la manière dont il partage le malheur de son peuple. Il a une vieille lada et il doit prendre dans celle-ci ceux qui font du stop puisque sa plaque montre qu’il bénéficie de l’essence de l’Etat. Ses chaussures sont trouées et pour partir en délégation en Chine, le comité central finit par lui en payer une paire neuve. Une famille reçoit au début du mois les produits quasiment gratuits de la libreta, avec un demi litre d’huile pour le mois, du riz, des haricots rouges et quelques protides animales. Je partage la vie héroïque des cubains et je deviens folle de rage quand à l’occasion du cyclone Michelle qui dévaste l’île je découvre dans l’humanité un article imbécile de Lavilliers devenu rédacteur d’un jour qui se moque de Fidel castro en faisant référence au roman de Gabriel Garcia Marquez, « l’automne du patriarche« . L’histoire d’un dicataur devenu sénile inspiré par Trujillo. C’est d’autant plus une infamie, que « gabo », l’auteur de ce roman, et du magnifique « cent ans de solitude » demeure, comme les peuples de l’Amérique latine et ceux d’Afrique, Mandela en tête, aux côtés du peuple cubain dont ils peuvent apprécier les qualités de désintéressement et d’honneur. Je pourrais accumuler les récits d’expériences catastrophiques de la manière dont les dirigeants communistes français traitent le Cubains à cette époque. par exemple, à la fête de l’humanité, Jorge Risquet participe à un débat sur l’Afrique. Il a dirigé les contingents cubains en Afrique, il a négocié avec Kissinger la libération de l’Afrique du sud, c’est un homme considèrable, la pécore qui dirige le débat au nom du journal, lui coupe la parole, manifeste son impatience quand il vante la manière dont Fidel castro a mené de fait la plupart des combats pour la libération de l’Afrique. Il faudra que plusieurs Africains dans la salle se dressent pour dire leur indignation devant un tel traitement pour que cette imbécile lui laisse prononcer quelques phrases sans l’interrompre.

Je dois dire que cette attitude autant que la manière dont le parti est désorganisé, coupé de sa base ouvrière, par Robert Hue au congrès de Martigues jouent un rôle décisif dans mon entrée en dissidence. J’ai adhéré en 1956 et pour la première fois en 1996, je suis en désaccord avec le parti, au bout de 40 ans. C’est une analyse politique mais aussi un réflexe moral, je supporte pas la manière dont on laisse tomber les amis dans le malheur, c’est le contraire de ce qu’on peut attendre d’un communiste.

Comme le décrit Marx, le parti Révolutionnaire est « rejeté de la scène », c’est le fruit de la défaite, mais ce rejet n’est pas du simple fait de l’ennemi, le mouvement a été accompagné par ce que je considère comme une trahison des principes . Mon interprétation est qu’avec l’eurocommunisme, la participation au gouvernement mitterrand, le ver était déjà dans le fruit. Ce qu’a combattu Marchais à partir de 1985 et qui l’a poussé à sortir d’un gouvernement qui désindustralisait, soutenait les monopoles financiarisés dans la conquête de la planète, alors que s’appliquait le plan européen dit Davignon,a suscité la rage des madias et des révoltes au sein de la partie la plus faible des dirigeants et des adhérents.. Une fraction du parti avait déjà rejoint la social démocratie et ce sont eux qui ont pris le pouvoir sous Robert Hue. les effets en furent nombreux, il y eut la destruction du parti, de son organisation, la rupture avec l’entreprise, mais également l’abandon de toute autonomie en matière de l’Europe et de la politique extérieure de la France. le parti n’avait pas de politique propre simplement celle d’Hubert Vedrine. Commence une adhésion sans principe aux interventions humanitaires sous couvert de la lutte contre la tyrannie. Cuba était dans le lot. Il fallait faire oublier que nous avions pu être proches de l’URSS. La situation n’a guère évoluée.

Il faudrait également parler de l’assaut contre le syndicalisme et la manière dont après la disparition d’henri krasucki la CGT est attiré dans l’orbite du syndicalisme européen et de ses compromis, mais c’est un autre sujet.

Pourtant la description ne serait pas complète si je ne faisais pas état de ce qui résistait dans le parti, non seulement la multiplication de groupuscules gauchisant qui naissent immanquablement de l’opportunisme, mais la masse du parti celle qui apparemment approuve tout y compris le Congrès de Martigues. La masse du parti instinctivement et quoiqu’on lui dise refuse nanmoins la stigmatisation de Cuba, comme de tirer un trait sur l’URSS. Je ai vécu à la fête de l’humanité cette résistance de la base et des secrétaires de section quand avec Remi Herrera nous avons fait signer une pétition de soutien à Cuba. Pendant trois jours Rémi et moi, nous avons déposé des feuilles de pétition dans les stands où on les faisait signer, nous avons tourné pour rammasser les feuilles remplies et nous avons ainsi recueillie plusieurs milliers de signatures. Malgré l’Humanité, malgré la direction du PCF de l’époque, Marie georges Buffet. Il y avait une résistance communiste, ouvrière en particulier mais aussi une poignée d’intellectuels frappés alors de censure,  face à  l’organisation aux théâtre des Champs Elysées d’une grande manifestation par Robert Ménard sous le titre :  Cuba si , Castro no« , la grande masse des adhérents refusaient de condamner Cuba et accueillaient nos débats en sa faveur et les organisaient. Au théâtre des Champs Elysées, les intellectuels proches du PCF pesaient de tout leur poids pour que soit dénoncée la dictature, Bernard Lavilliers n’était pas le seul, Ariane Ascaride et bien d’autres criaient avec les loups et me faisaient la réputation d’une stalinienne. Ils furent très nombreux ceux qui se déshonorèrent en attaquant Cuba et Fidel Castro, mais je me souviens en particulier de certains dont la véhémence et la haine me sont encore aujourd’hui incompréhensibles.Nous étions quelques uns à partager solitude et stigmatisation, en général nous sommes toujours là, enfin ceux que la mort n’a pas fauché comme elle l’a fait de Jean salem le fils d’Alleg, qui sont demeurés fidèle. Il y avait c’est essentiel  à souligner également une majorité de communistes qui ne renonçaient pas quelle que soit leur attitude par rapport aux directions.

Ce refus instinctif , et non travaillé politiquement par l’existence d’un collectif, peut d’ailleurs y compris aujourd’hui empêcher de  percevoir ce qui est en train de changer dans le monde et qui constitue justement la base réelle sur laquelle se déroulent les remous superficiels de l’avancée « irrésistible » des vainqueurs de la guerre froide. Les camarades qui obstinément refusent que l’on brade leur passé révolutionnaire  mesurent mal  à l’inverse des Cubains, qui ont les mains dans le camboui, ce qui est en train de changer. Le meilleur exemple en est aujourd’hui la manière dont il est malaisé de leur faire admettre une analyse de ce qui se passe aujourd’hui en Chine. Ils conservent à l’égard de la Chine une certaine antipathie liée à la querelle sinosoviétique autant qu’une adhésion de fait aux analyses trotskystes devenues celle de la défaite pour mieux se ranger dans le camp de la bourgeoisie, qui veut que la Chine ce soit le capitalisme sous la direction d’une dictature communiste. Un grand retard est pris dans la manière dont nous pourrions et devrions analyser le passé en tant que communistes pour mieux affronter l’avenir. Cela contribue à l’inertie ambiante, à notre rejet dans la marginalité. On peut espérer que la participation aux luttes des classes d’aujourd’hui nous aidera à cette appropriation, combattre dynamise l’intellect, là encore nous sommes dansq les leçons de Marx: son approfondissement théorique a toujours bénificié des luttes concrètes qu’il devait mener contre les forces réactionnaires.

Le capitalisme est condamné et la nécessité de lutter si l’on veut survivre

Si Cuba a résisté, ce n’est pas en pratiquant la politique de l’autruche pour se faire accepter, ni  se berçant de nostalgie mais en prenant très vite conscience de la situation nouvelle qu’ouvrait la chute de l’URSS et celle du socialisme européen. Si les Cubains n’avaient été que des romantiques révolutionnaires, ils n’auraient jamais tenu, ils devaient être réalistes et s’appuyer pour cela sur leur peuple, susciter sa participation à la résistance. Il y avait la volonté d’indépendance des Cubains, leur refus d’être annexé par les Etats-Unis dont les racines étaient profondes et pour construire cette unité il avait fallu lutter contre les racines esclavagistes de Cuba, recréer l’unité antiraciste contre l’ennemi extérieur qui voulait leur imposer divisions et exploitation. Il avait fallu faire le bilan de ce à quoi tenaient les Cubains en matière de conquêtes révolutionnaires ce qu’ils étaient prêts à sacrifier. L’aide du camp socialiste n’existait plus, Cuba n’avait que des ressources limitées, mais le peuple voulait maintenir la santé et l’éducation comme priorité de leur socialisme. il leur fallait inventer de nouvelles ressources et développer le tourisme, tout en étant conscient de la corruption qui ne pouvait manquer de naîtr face à un peuple qui manquait de tout. C’est vrai qu’il y a eu la floraison de la prostitution, pour un euro dit-on on pouvait avoir une gamine de 17 ans comme compagne tout le jour et la nuit. Les femmes cubaines discutaient, c’était difficile, une jeunesse avide de plaisir, des gens voleurs et âpres aux gains fleurissaient à proximité des zones touristiques, les USA payaient grassement de faux journalistes devenus des « dissidents » par la grâce de Robert ménard et hélas de la direction de l’Humanité. Mais la quasi totalité du peuple résistait, l’influence de l’armée, des syndicats, des femmes cubaines étaient déterminantes, plus que celle du PC cubain fortement bureaucratisé à la base.

Face à cette capacité de résistance d’un peuple il y a eu la direction intelligente de Fidel mais aussi de raoul dont la spécialité était d’ancrer la force politique, l’intelligence « diabolique » de Fidel grâce à son souci de l’organisation, du renforcement des collectif sur des bases matérielles concrètes. Ce qu’a apporté Fidel dans cette période c’est sa conviction, celle qui pour lui faisait que le capitalisme malgré son apparente victoire était condamné. Un système qui détruisait la planète et les êtres humain,s ne pouvait se maintenir qu’en allant jusqu’à la destruction totale de l’humanité. On ne pouvait pas se plier à un tel destin, il fallait résister.

Par ailleurs, il était clair que l’URSS, le socialisme tel qu’il était né au 20 e siècle avait constitué une immense expérience qu’il fallait défendre, mais aussi en concevoir les limites, il avait généré des exploits surhumains, des conquêtes sans équivalent dans l’histoire de l’humanité, mais il avait des faiblesses, il avait généré des illusions. On commençait à peine à savoir ce qu’était le socialisme.Celui-ci doit être retravaillé, créer les conditions d’un véritable dépassement du capitalisme tout en conservant ce qui lui attire l’adhésion du peuple.

Enfin, Fidel dans le prolongement de ce qu’avait été tout au long de la guerre froide son rôle chez les non alignés, a cherché les conditions nouvelles de l’affrontement avec le capitalisme dans ce qu’on appelait le tiers monde, an Amérique latine mais pas seulement. J’ai découvert en 1994, un rapport de lui prononcé en 1883 au sommet des non alignés intitulé : la crisis economica y social del mundo sus repercusiones en los paises subdesarrollados sus perspectivas sombrias y la necesidad de luchar si queremos sobrevir. » qui m’a été une véritable révélation en ce qui concerne « la base réelle des remous superficiels  » qu ‘en france on considérait comme la politique.

Ce texte annonçait que la crise n’épargnerait pas l’URSS, malgré sa planification, et qu’elle serait dramatique pour le tiers monde. Dans les pays développés, le chômage continuait à exercer ses ravages et la croissance stagnait, que leur choix économiques seraient particulièrement nocifs pour les pays sous dévellopés qui dans de telles conditions de stagnation ne pouvait rien attendre d’une impulsion émanant du centre capitaliste entré dans une crise profonde. ce serait toute la planète qui ferait les frais de la stagnation et de l’épuisement du capitalisme. Il fallait donc trouver le moyen de générer des rapports sud-sud pour y faire face.

J’ai expliqué par ailleurs à quel point cet aspect visionnaire avait impulsé les profonde transformations qui avaient secoué l’Amérique latine, le rôle de Chavez mais aussi de Lula, dans cette cohésion sud-sud. Un livre a été écrit qui résume ce que pouvait apporter l’analyse et l’action de Fidel à la vague qui a soulevé l’Amérique latine (1).déjà j’y notait le rôle que pouvait jouer la Chine et le phénomène qui deviendra celui des brics.

La critique constructive de l’expérience socialiste et les tâches à affronter 

L’autocritique de Fidel concernant la période précédente, celle de la guerre froide, de l’URSS mériterait d’être mieux explicitée que je ne le fais ici. Notons qu’il a toujours analysé la chute de l’URSS en liaison avec deux phénomènes, le premier est celui que décrivait le rapport précédemment cité: la manière dont le capitalisme en crise allait reporter sur les pays sous développés sa propre stagnation y compris sur l’URSS et les pays socialistes encore largement dominés au plan international par le système capitaliste et ce d’autant plus que la querelle sino-soviétique avait créé un affaiblissement mortifère du camp socialiste et étouffé l’économie de l’URSS au lien de lui offir les conditions d’une expansion, qui redoublait l’effort de guerre exigé (à la fin de l’uRSS 40% du budget était consacré à l’armement) par la surenchère de reagan.

Une autre critique résidait dans la manière dont le socialisme existant de l’URSS à Cuba avait cru pouvoir exporter la révolution y compris armée. Il y avait eu le CHe prétendant crer des foyers révolutionnaires. Fidel qui avait perdu avec lui le compagnon le plus cher, avait eu à sa mort un trait de génie. Le Che était un médecin, il ne fallait pas apporter un savoir faire révolutionnaire mais une aide en matière de santé à tous ceux qui souffraient. Indépendamment de qui étaient les dirigeants des pays qui subissaient un drame sanitaire. Comme il fallait apporter l’alphabétisation. je me souviens encore de ce discours de Fidel au peuple argentin traumatisé leur disant l’importance de la santé et de l’éducation.

On retrouve cette idée d’une intervention non pas humanitaire au sens où l’entendent les envahisseurs pilleurs occidentaux, mais d’où chacun sort gagnant en respectant la souveraineté de chaque pays dans les propositions chinoises. Dès cette époque là, Raoul est passionné par le Chine et risquet qui est métissé chinois est envoyé en Chine pour développer les relations avec Cuba. Il me parle longuement de la réalité chinoise, de la manière dont il ne faut pas juger trop vite de cette immense civilisation, de ses ressources.

J’ai fait ce que j’ai pu pour transmettre ce que m’avaient appris les Cubains, je me suis heurtée à la fois à l’étroitesse imbéciles de dirigeants communistes et à l’attention passionnée d’autres communistes qui ont trouvé leur propre voie dans l’approfondissement d’une réalité qui était partiellement cachée par le cirque médiatique et les disputes sordides des apparents vainqueurs.

cela continue, c’est parfois désespérant mais sur le fond, il y a de la tranquilité, l’assurance que ce système est condamné et qu’il produit ses propres fossoyeurs, que dans le fond le seul véritable problème est d’empêcher une guerre où l’humanité ne survivrait pas. Si une force, un parti est véritablement révolutionnaire, il en fera la preuve malgré l’apparent rejet de la scène politique des forces révolutionnaires.

danielle Bleitrach

(1) Les etats Unis de mal empire ou ses résistances qui montent du sud. Aden editeur. 1994.

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3 réponses à “Du bon usage de Marx en cas de défaite des révolutionnaires et mon expérience cubaine

  1. etoilerouge

    mai 7, 2018 at 8:06

    lus que vivifiant comme toujours et sans flagornerie.

     

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