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Macron : misère de l’imbecilité technocratique ou la métaphysique républicaine sacrificielle du profit

06 Mai

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Thomas Mann a écrit : » il y a plusieurs sortes d’intelligences dont la bêtise n’est pas la moindre. » Et qui a vécu l’expérience d’un bureaucrate borné ayant  décidé de faire votre malheur, peut effectivement considérer que ce type d’individu possède une efficacité redoutable dans l’art  d’exercer un pouvoir minable. Donc cela dépend de la définition de l’intelligence, mais s’il s’agit d’adaptation, c’est indéniable.  Ce constat peut être renversé, et on peut tout aussi bien affirmer qu’il y a mille sortes de bêtises dont une certaine intelligence n’est pas la moindre manifestation. L’intelligence du technocrate au service du capital peut a contrario prendre  toutes les apparence de la limitation de  l’entendement face à la réalité. Macron se dévoile de plus en plus comme une assez bonne illustration de ce type  de pensée.

Il vient en effet de faire une nouvelle déclaration qui témoigne de son caractère décidemment « hors sol ». La journaliste Sonia Devilliers dans l’instant M sur France inter le 4 mai,  est revenue sur le nouveau documentaire de Bertrand Delais, consacré au président de la République (c’est son troisième): Emmanuel Macron, la fin de l’innocence. Il a pu réaliser plusieurs interviews avec le chef de l’Etat; Sonia Deviliers a en diffusé en avant première quelques extraits.

Ainsi, pour étayer son propos, selon lequel « le sacrifice du colonel Bertrame ça, c’est la France», le fondateur de La République en marche a  pilonné ceux qui contestent sa politique de réformes, et il l’a fait en utilisant un discours  pour le moins révélateur de ses incapacités. Par parenthèse, ce caractère « hors sol » est souvent partagé par ses thuriféraires journalistes, qui ne voient pas plus malice que lui dans des déclarations,  pourtant scandaleuses pour un nombre grandissant de gens ordinaires(1)..

«Les gens qui pensent que la France c’est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus, une République dont on ne connaît plus l’odeur et des principes qu’il faiu bien d’évoquer parce qu’on s’est habitué à eux, et qui pensent que, en quelque sorte, le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays. L’histoire de notre pays, c’est une histoire d’absolu, c’est ça la France», a-t-il déclaré.

En ce jour ,où était célébré la naissance de karl Marx, il y a deux cent ans, on ne peut pas s’empêcher  de penser à l’actualité du penseur Révolutionnaire, ne serait-ce que la manière dont il n’aurait pas manquer d’ironiser  sur pareils propos. Il suffit de relire misère de la philosophie qui répond à Philosophie de la misère de Proudhon, en dénonçant « la métaphysique de l’économie: »

« Certes, le langage de Ricardo est on ne peut plus cynique. Mettre sur la même ligne les frais de la fabrication des chapeaux et les frais de l’entretien de l’homme, c’est transformer l’homme en chapeau. Mais ne crions pas tant au cynisme. Le cynisme est dans les choses et non dans les mots qui expriment les choses. Des écrivains français, tels que MM. Droz, Blanqui, Rossi et autres, se donnent l’innocente satisfaction de prouver leur supériorité sur les économistes anglais, en cherchant à observer l’étiquette d’un langage “ humanitaire ”; s’ils reprochent à Ricardo et à son école leur langage cynique, c’est qu’ils sont vexés de voir exposer les rapports économiques dans toute leur crudité, de voir trahis les mystères de la bourgeoisie.

Si l’Anglais transforme les hommes en chapeaux, l’Allemand transforme les chapeaux en idées. L’Anglais, c’est Ricardo, riche banquier et économiste distingué; l’Allemand c’est Hegel, simple professeur de philosophie à l’Université de Berlin. »

Effectivement, Macron, dans son intelligence absconse,  manifeste une extraordinaire  capacité à opérer la synthèse de toutes les tares du discours  bourgeois des  nations européennes les plus « développées » que sont l’Angleterre, l’Allemagne  et la France.   D’abord  l’innocent cynisme dans les mots – et dans les choses de sa politique-  mis à révéler les mystères de l’avidité capitaliste  comme le ferait, selon Marx, Ricardo, un riche et distingué banquier anglais se piquant d’économie.  Comme pour ce dernier, le commis du  banquier devenu président,  aurait  tous les droits à  traiter les autres comme des objets que l’on vend et on achète, « des chapeaux ». . Mais dans le même temps, le même Macron  s’exalte sur le mode de  l’idéalisme allemand de Hegel, qui au contraire transforme  les hommes en  idées, pour hypostasier l’Etat dont il est l’incarnation, en référence au   » sacrifice » supposé d’un gendarme. Ce terme de sacrifice à connotation religieuse, comme l’agneau de dieu révèle simplement la nature moutonnière qui est attribué au  héros. La famille du colonel a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas eu « sacrifice » mais exercice d’une profession dans le service public avec l’espérance d’être plus aprte à affronter un criminel qu’un citoyen ordinaire. sa mort n’a rien d »un « sacrifice », elle témoigne effectivement d’une concetion élevée du service de la nation. Alors même que Macron  démantèle ce service public, le président « des riches » se croit obligé de l’hypostasie en absolu. ce qui lui permet  d’opposer  l’ idée « Français » à la trivialité des gueux qui se plaignent d’être saignés de 50 euros, Le tout avec la propension française à ne maitriser ni l’économie, ni la philosophie et donc à exiger l’étiquette d’un langage « humanitaire »convenant aux idéaux républicains (2),. Et nous voici avec une République « en marche » dont  Macron affirme d’autant plus le caractère idéal qu’on détruit ce qui la fonde, l’égalité, la liberté et la fraternité, l’énigme de la citoyenneté considérée comme égalitaire alors mêmes que sont aggravées les conditions de l’inégalité, de la contrainte et de la violence.. Ignorer que 50 euros c’est beaucoup pour des gens qui le 15 du mois se demandent comment ils vont nourrir leur famille. ou encore qu’ une femme de ménage à Marseille, non déclarée travaille 5 heures pour 50 euros et proclamer la mesquinerie de ceux qui se plaignent est déjà une forme subtile d’imbécilité . Mais opposer à cette réalité, dont on ne peut faire abstraction que dans l’imagination d’un nanti,  « le sacrifice du colonel Beltrame », c’est y compris caricaturer ce dernier pour ldonner prétexte à une exaltation un tantinet hystérique d’idéalisme technocratique. auquel périodiquement le président paraît céder    Macron se veut lexpression la plus haute d’une République idéale où « l’homme » accepte tous les « sacrifices » qu’exige de lui le profit capitaliste confondu avec le destin national

danielle Bleitrach

.(1) Au titre de ce que peuvent affirmer  certains éditorialistes, il faut citer Laurent  Joffrin (de son vrai nom Laurent Mouchard ce qui ne s’invente pas) qui a dit « quand le ministère de l’intérieur déclare que la manifestation de la fête à Macron a été financée par le Venezuela, je n’ai aucune raison de mettre sa parole en doute ».

(2) La manière dont Hollande critique Macron est une assez bonne manifestation de la façon dont on peut être vexé de voir la politique au service des « riches » exposée dans toute sa crudité. Non seulement il lui a pris sa place mais révèle au grand jour « le mystère » de son « socialisme ».

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3 Commentaires

Publié par le mai 6, 2018 dans humour, POLITIQUE

 

3 réponses à “Macron : misère de l’imbecilité technocratique ou la métaphysique républicaine sacrificielle du profit

  1. Jeanne Labaigt

    mai 6, 2018 at 6:33

    Tu es une vraie péripatéticienne Danielle!
    Ta promenade, ta lecture, ta méditation, ton incorporation de Marx tout cela débouche sur un texte formidable, appliqué au présent, au plus profond des apories dans lesquelles nous nous débattons, ton style, tes rapprochements, ta langue sont marxistes, tu as saisis comme jamais l’ACTUALITE de Marx, pas le poussiéreux dépassé du dix-neuvième siècle, utopiste comme nous le présentent les Joffrin-Mouchard (merveilleux!) et tutti quanti, mais le vrai Marx de chair et de pensée qui transforme le monde et ne fait pas que l’interpréter.
    Continue tes promenades avec les livres à la main .

     
  2. histoireetsociete

    mai 6, 2018 at 6:54

    attention le féminin dans ce cas change le sens… je ne suis plus en état d’exercer le noble métier que tu cites.. Mais au masculin, il est vrai que j’ai toujours eu beaucoup d’intérêt pour Aristote, j’avais du mal avec sa métaphysique mais je connaissais quasiment par coeur l’éthique à nicomaque et le Politique, qui sont aussi des références de Marx dans le Capital. Et de surcroît marcher est indispensable à la réflexion, cela aère et fait surgir des analogies, des « dépassements », cela dialectise …

     
  3. Jeanne Labaigt

    mai 7, 2018 at 6:47

    D’accord Danielle ,mais au Lycée il y avait des femmes! et elle marchaient de long en large tout en devisant !!! (les libellistes bourgeois du XIXème ont fait changer le sens, avec leur culture étalée pour distinguer les prostituée des maisons closes de celles qui allaient et venaient dans les rues ).

    Aristote c’est formidable, le Moyen-Age a vécu une « Révolution aristotélicienne » quand il nous est arrivé par la « translatio studiorum » (comme dit Alain de Libera) de traductions en traductions ,de langues en langues, par les ateliers juifs pour l’orient musulman, puis pour l’occident musulman et enfin dans les ateliers juifs aussi de Tolède ou de Narbonne dans la chrétienté latine.
    Saint Thomas d’Aquin, la logique médiévale, tous ont reçu la « leçon » arabe pour le lire et cette lecture a produit l’immense révolution du XIIIème siècle.
    Et Marx! pour « dépasser » Ricardo et Smith c’est par Aristote qu’il passe, même si pour ce qui est de la Logique il a compris l’immense pas qu’a fait Hegel en concevant la dialectique (qu’Aristote refusait) comme : »le négatif comme immanent au positif ».
    Dans la théorie de la valeur c’est le schéma aristotélicien qui est entièrement repris, c’est le fondement même ,réduit à quelques lettres qui réfute l’utopie de Proudhon… et produit la théorie de la plus-value et de son appropriation par le Capital .

    Danielle passe une bonne journée, repose-toi, marche et pense.
    Courage.

     

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